*SOMMAIRE /TABLE DES MATIERES/
Pour info : En règle générale; mes remarques, réflexions, articles personnels, récits, témoignages, synthèses et résumés sont souvent en bleu. Les textes (des autres), enseignements, extraits de livres, citations, sutta ect.. sont en noir.
* LIENS : présentation des sites et blog favoris

mercredi 31 octobre 2007

Birmanie, pas à pas

Mise à jour au 3 novembre




Les robes colorées des 500 000 moines que compte la Birmanie ont pratiquement disparu des rues de Rangoon. La junte ne laisse sortir que les moines les plus âgés, ou les très jeunes novices, et l’armée occupe toujours les temples....






Ci après, vous trouverez les rubriques et articles suivants:

1) Soutenir et Agir (suite)

Le 3 novembre:
  • Le Pape et le Dalaï-Lama vont se rencontrer sur la question birmane
Le 1er novembre:
  • Nous devons nous mobiliser
Le 31 octobre:
  • Marche pour la paix le 17 novembre
  • Création de l’Organisation Internationale des Moines, en réaction aux évènements de Birmanie


2)Articles et Reportages(suite)

Le 3 novembre:

  • La chasse aux opposants continue
  • Deux opposants birmans racontent la "révolution des moines" à Pagan (Très bon article du Monde)
  • Arrivée ce jour de l'émissaire de l'ONU Ibrahim Gambari
  • Internet : problèmes techniques ou limitation volontaire ?

Le 2 novembre:

  • Le double jeu de la junte
  • un émissaire de l'Onu va être expulsé
  • - La junte birmane libère de nouveaux opposants mais restreint de nouveau internet.
  • Pour 15 dollars, les enfants birmans sont vendus à l’armée
Le 1er novembre:

A lire et à relire : Un article remarquable, écrit par deux moines:
  • Pleure, Birmanie chérie !

  • Des opposants libérés
  • La flamme de la révolte brûle encore parmi les bonzes birmans
Le 31 octobre
  • Une centaine de moine ont défilé ce jour
  • L'impasse démocratique
  • Les monastères de la révolte (TB article du monde)
  • Des enfants enrôlés de force dans l'armée
  • Il faut sauver Min Ko Naing (TB article du monde)
  • Traque sur Internet à la recherche de "Mister X", reporter de la radio birmane en exil



1)Soutenir et Agir (suite)




Le 3 novembre
  • Le Pape et le Dalaï-Lama vont se rencontrer sur la question birmane
Le 13 Décembre, les deux leaders religieux vont se rencontrer pour harmoniser leurs actions en faveur de la Birmanie. Ce sera leur deuxième rencontre.
L’audience serait déjà fixée mais la confirmation définitive n’a pas encore été faite. C’est la deuxième fois que le dirigeant spirituel des bouddhistes rencontre Benoît XVI mais cette fois l’audience aura un sens bien précis, celui de l’engagement du Dalaï Lama sur la question birmane.
Source : ICI


Le 1er novembre

  • Nous devons nous mobiliser
Le rédacteur en chef du Point, lance un cri d'alarme pour que l'opinion internationale se mobilise pour la Birmanie. Il était l'invité de RMC.

"Les moines sont redescendus dans la rue alors que la répression de la junte a été terrible. Nous devons nous mobiliser! "



Le 31 octobre (Mise à jour au 2 novembre)





  • Création de l'Organisation Internationale des Moines (International monks’ organisation established)



Selon
Democratic Voice of Burma:

Les moines birmans vivant en exil dans le monde entier ont formé une organisation afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation birmane et faire pression sur les gouvernements internationaux.

L’Organisation Internationale des Moines Birmans a été formée à Los Angeles, en Californie, le 28 octobre durant une réunion de 49 moines d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Europe.

Le directeur du nouveau groupe est U Kaweida, un moine conférencier du monastère Masoeyein à Mandalay, détenu par le gouvernement birman après les manifestations de 1988, et qui vit maintenant à New York.

C’est un autre moine renommé, U Pyinya Wuntha, qui en est le président.

Les moines ont originellement prévu de se rencontrer samedi pour célébrer les 80 ans d’U Pyinya Wuntha et les 50 années de travail dédiées à la promotion du Bouddhisme à travers le monde.

Mais à la lumière des manifestations birmanes emmenées par des moines et au su des mesures prises à l’encontre des moines manifestants et des civils, le but de la réunion a été changé.

U Pyinya Wuntha a affirmé que l’organisation a été formée en réponse au harcèlement, à la détention et au mauvais traitement des moines en Birmanie, de la part du régime.






2)Articles et Reportages (suite)


Le 3 novembre



  • La chasse aux opposants continue (source :ICI )

Si la Birmanie ne fait plus la une des médias internationaux, le régime pourchasse toujours les participants au mouvement de protestation de septembre.
C'est ce que montre le reportage, que Rue89 publie en partenariat avec le collectif "Les yeux dans le monde".

Manon Ott et Grégory Cohen ont notamment recueilli le témoignage de proches de Min No Kaing, une des icônes du combat pour la démocratie, ainsi que d'autres opposants, aujourd'hui en exil en Thaïlande.

Min Ko Naing, actuellement emprisonné dans la tristement célèbre prison d’Insein, vient en effet de "fêter" ses 45 ans derrière les bareaux, rappelle Bo Kyi, membre d'une association d’anciens prisonniers politiques birmans basée en Thaïlande (AAPP).

Alors que les Nations unies peinent à agir et que l’attention internationale diminue, ces opposants rappellent que, chaque jour depuis les manifestations de septembre, de nouveaux prisonniers politiques viennent remplir les geôles birmanes.

Avec d’autres membres du mouvement "Génération 88", issu du soulèvement de 1988, Min Ko Naing a été arrêté dès le 21 août, deux jours après avoir participé à l'organisation d'une marche pacifique de protestation contre la hausse des prix du carburant.

Lire la suite ICI


  • A LIRE : Deux opposants birmans racontent la "révolution des moines" à Pagan: lemonde


Min Naing Aung a 27 ans ; son père, U Shinbo, 66 ans. Le premier, oeil vif et bagarreur, est l'un des leaders étudiants de Pagan (aujourd'hui orthographié Bagan), ville aux 2 000 temples, capitale de la laque et du tourisme, à 690 kilomètres au nord de Rangoun. Le second, ridé et fripé, relève sa chemise pour résumer ses sept ans de prison après les manifestations de 1988 : six côtes cassées sur son torse amaigri.

Bon anglais, longyi traditionnel noué à la taille, tous deux ont quitté, le 22 octobre, le poste de police de Palet, près de Mandalay, à huit heures de camion de chez eux. Ils y ont été détenus pendant trois semaines, à huit dans 9 mètres carrés, battus à coups de pied - "les trois premiers jours et deux nuits" - et nourris d'un seul bol de riz quotidien pour les punir d'avoir participé ou soutenu les manifestations qui ont embrasé leur ville.

Depuis le temps - dix-neuf ans ! - qu'ils l'attendaient, cette révolution, ils n'allaient quand même pas rester chez eux !

U Shinbo a le même âge ou presque qu'Aung San Suu Kyi ; le fils a, lui aussi, rejoint la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et sort de son portefeuille la photo de son père avec la "dame", au temps où elle pouvait encore aller et venir, et tenir meeting à Pagan. Pourtant, ils le savent sans se l'avouer : ils n'ont pas été à l'origine de ce mouvement, mais ont seulement rejoint le grand cortège des robes safran qui confluaient vers les pagodes. "La nouveauté, ce sont les moines", reconnaît le plus âgé des deux.

En bon militant professionnel, le plus jeune a tenu un calendrier précis des "événements" qui ont secoué sa ville et d'autres alentour. Le 19 août, quatre jours après que le régime du généralissime Than Shwe a augmenté le prix de l'essence de 66 %, de petites manifestations éclatent dans tout le pays. L'annonce qu'un moine a été tué le 5 septembre à Pakkoku, à une heure de Pagan en passant le fleuve Irrawaddy, fait basculer le mouvement. "C'est en l'apprenant à la BBC que j'ai su que ça allait prendre, dit Min Naing Aung. On ne tire pas sur un religieux. Chez les bouddhistes, c'est interdit."

Le premier défilé a lieu le 24 septembre : de l'aube à la nuit, le cortège passe de "5 à 223 moines, de 25 manifestants à 1 000". Le 25, la manifestation gagne un village voisin. "C'est ce jour-là que des miliciens ont pris des photos et des films avec leurs caméras", souligne Min Naing Aung. Le 28, le gouvernement organise une contre-manifestation ; le 29, les cortèges s'étirent sur 18 kilomètres et paralysent la ville. Des policiers tirent. "Pas des Birmans, des kachins", un régiment venu du nord du pays et de religion catholique.

Père et fils sont arrêtés chez eux dans la nuit du 1er octobre, comme six autres habitants de la ville. "Je savais qu'ils allaient m'attraper", raconte le plus jeune. Au poste de police, on étale devant lui les preuves de son délit : vingt-cinq photos attestant de sa présence dans la rue. "Vingt-cinq photos, juste de moi !", répète-t-il, encore surpris. Leur libération les laisse perplexes. "C'est peut-être parce que ici viennent les touristes", avance le père. "C'est à cause de la pression internationale. Pour moi, ça ne fait pas de doute", ajoute son fils, qui se cache dans son échoppe pour raconter son histoire, mais insiste pour qu'on cite son nom dans la presse française.

Lire en ligne ICI



- Arrivée de l'émissaire de l'ONU Ibrahim Gambari

L'envoyé spécial de l'ONU, Ibrahim Gambari, est donc arrivé ce jour en Birmanie pour une nouvelle mission de médiation dans ce pays


- Internet : problèmes techniques ou limitation volontaire ?

Comme je l'indiquais déjà le 2 novembre, internet est de nouveau limité. Il s'agirait selon la junte d'un problème technique !

Mais, Reporters sans frontières proteste contre la nouvelle censure par les autorités birmanes, du réseau Internet. Depuis le 1er novembre 2007, les connexions Internet du pays sont coupées une fois de plus. Seuls les sites locaux sont accessibles. L’un des principaux fournisseurs d’accès à Internet du pays, Mynamar Teleposts (BaganNet), contrôlé par l’Etat, évoque cette fois encore un "incident technique".

"La Birmanie est en train de créer un réseau Intranet afin d’isoler le pays de la communauté internationale. La coïncidence est frappante entre ce prétendu problème technique et l’arrivée de l’envoyé spécial pour l’Onu Ibrahim Gambari samedi 3 novembre. Sans image ni témoignage, la situation birmane sera beaucoup plus difficile à évaluer pour la communauté internationale mais il sera beaucoup plus aisé au régime militaire d’agir à sa guise", a déclaré l’organisation.





Le 2 novembre :


- La junte procède à des nouvelles libération mais restreint de nouveau l'accès à internet
:

La junte birmane a procédé à des nouvelles libérations, juste avant la venue de l'envoyé spécial de L'ONU, mais 24 après la nouvelle manifestation de moines ; l'accès à internet a été brusquement limité et, vendredi, les utilisateurs birmans étaient dans l'impossibilité de se connecter à des sites internationaux et de recevoir ou d'envoyer des e-mails à l'étranger.
Elle vient donc de libérer 46 opposants, ce qui porte à près de 200 le nombre de libération cette semaine.
Mais selon la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d' Aung San Suu Kyi, qui reste assignée à résidence, des dizaines de membres de la LND se trouvent toujours dans les geôles birmanes.


  • Le double jeu de la junte


La junte birmane n'a pas inventé les règles du double jeu mais applique une tactique qui a fait ses preuves ces 15 dernières années.

En temps de crise, les généraux savent à merveille apaiser les tensions et faire croire que le régime est prêt à négocier.

Après la répression de 1988, la junte birmane avait accepté la tenue d'élections libres. Deux ans plus tard, elle refuse pourtant d'entériner la victoire de l'opposition démocratique.

Les généraux birmans n'ont jamais toléré la moindre contestation. Et la communauté internationale a beau s'époumoner, se dire inquiète de la situation en Birmanie, les condamnations du régime n'ont jamais vraiment eu d'effet sur l'exécutif birman.

Protégés par la Chine, les généraux reprennent d'une main ce qu'ils ont offert de l'autre, privilégiant l'autarcie à l'ouverture.

Un peu plus d'un mois après une nouvelle répression sanglante, le dictateur Than Shwe se dit prêt à rencontrer l’opposante Aung San Suu Kyi et autorise la visite d'Ibrahim Gambari, le rapporteur spécial des Nations unies.

Preuve que la junte birmane poursuit une logique irrationnelle. A la veille de l'arrivée d'Ibrahim Gamabari, ses responsables ont décidé, ce vendredi, de ne pas prolonger le mandat du plus haut fonctionnaire de l'Onu en poste à Rangoun. Et donc à terme de l'expulser.

source : RFI


  • Pour 15 dollars, les enfants birmans sont vendus à l’armée

Des centaines de jeunes Birmans sont capturés dans des lieux publics, pui enrôlés de force dans l’armée. Pire, ils sont souvent vendus aux force armées, parfois juste pour un sac de riz. Un business cautionné par la junt militaire et que dénonce Human Rights Watch dans un rapport publié (1) New York. L’avocate Jo Becker, qui a coordonné cette enquête, explique ce phénomène

Lire l'article : liberation


  • Un émissaire de l'Onu va être expulsé
Le représentant des Nations unies à Rangoon, Charles Petrie, devrait prochainement être expulsé par la junte militaire au pouvoir en Birmanie. Ce dernier avait souligné le mois dernier la pauvreté croissante de la population du pays, apprend-on vendredi de source diplomatique.
Source : lexpress.fr



Le 1er novembre:


Un article à lire ou à relire :
  • Pleure, Birmanie chérie ! Pleure mon pays bien-aimé....
Le commentaire de U Gambira, l’un des dirigeants de l’All Burma Sangha Coalition et d’Ashin Nayaka, fondateur de la Société missionnaire bouddhiste:

Depuis l’introduction du bouddhisme dans notre pays il y a plus de 1 000 ans, les bonzes constituent l’un des principaux visages de la Birmanie.

L’éthique du bouddhisme theravada interdit à un bonze de s’engager politiquement ou d’occuper un poste politique.
Mais en Birmanie aujourd’hui, alors que les bonzes remettent en question l’hégémonie de la junte militaire, cette philosophie spirituelle qui s’enracine dans la compassion et la non-violence a fini par acquérir une certaine dimension de défi et de réticence à l’égard du pouvoir.


Nous sommes tous deux bonzes : l’un de nous est universitaire, il enseigne aux USA, et l’autre dirige l’All Burma Sangha Coalition à l’origine des récentes manifestations. Ce dernier se cache, parce que le gouvernement militaire birman a répondu aux manifestations pacifiques de nos frères bouddhistes par la violence et la brutalité.

Beaucoup de bonzes et de nonnes ont été victimes de cette violence et les milliers de personnes qui ont été arrêtées continuent à la subir. Plus de mille personnes ont disparu, beaucoup d’entre elles sont probablement décédées.


Il y a quelques semaines, les bonzes de Birmanie ont commencé à manifester, à prier et à répandre une forme de bienveillance dans une tentative de résolution pacifique des problèmes de notre pays.

La Birmanie est riche en ressources naturelles, mais la population est misérable. Elle a été touchée de plein fouet et son désespoir a atteint un abîme lorsque le gouvernement a augmenté brutalement et arbitrairement le prix de l’essence, multiplié par cinq du jour au lendemain.

En tant que bonzes, dans le cadre de nos vœux, nous estimons de notre devoir de soulager la souffrance, où que nous la voyions. Nous ne pouvions fermer les yeux sur la misère de notre peuple. Quand nous avons constaté que les bonzes étaient unis, nous avons formé la Sangha Coalition.


Ceux d’entre nous qui étudient ou enseignent actuellement à l’étranger sont également unis et soutiennent ceux qui se trouvent en Birmanie. Mais ce ne sont pas seulement les bonzes qui sont unis. Car lorsque nous avons commencé à manifester pacifiquement en faveur du changement, les étudiants, les jeunes, les intellectuels et les citoyens ordinaires se sont joints à nous sous la pluie.

Nous pensions que certains des généraux, peut-être même tous – ils sont eux-mêmes bouddhistes – qui contrôlent le pays auraient été un tant soit peu à notre écoute pour tenter de remédier aux nombreux maux qui affligent la Birmanie.

Au début, nous avons montré notre désapprobation à l’égard du régime militaire en refusant de recevoir leurs dons. Nous avons porté en position renversée les bols dans lesquels nous recevons les dons de nourriture, ceci pour traduire nos sentiments.

Nous n’avons pas perdu notre bienveillance à l’égard des simples soldats ni même à l’égard des chefs qui leur ont donné l’ordre de brutaliser leur propre population, mais nous voulions les appeler à changer alors qu’il était encore temps.


Nous savons qu’au sein de l’armée et dans des organisations proches du régime, certains étaient réticents à employer la violence contre les bonzes. Nous disons à ceux qui exercent des violences contre leurs compatriotes d’arrêter et de se demander si leurs actes sont en accord avec le dharma (l’enseignement du bouddhisme) et s’ils agissent pour le bien de la population birmane.

Des soldats qui avaient reçu l’ordre d’utiliser la violence contre nous et de nous empêcher de marcher ont refusé, car ils avaient compris ce que nous faisions.


Pour sauvegarder l’unité du pays, nous espérions ouvrir une voie de sortie aux dirigeants militaires, le moyen d’entamer un véritable dialogue avec les véritables dirigeants du peuple et les dirigeants des différents groupes ethniques. Mais cet espoir a été de courte durée. Le régime pourchasse maintenant ceux qui ont participé aux manifestations et commet des actes d’une violence indicible. Ils ont assiégé les monastères et arrêté des bonzes et des nonnes. Policiers et soldats sont partout, dans les rues, autour des pagodes et dans les quartiers résidentiels.

Des manifestants blessés auraient été enterrés vivants dans des charniers et des informations fiables font état de cadavres dans les eaux à proximité de Rangoun.

Tandis que le régime brutalise le peuple birman, il ment au reste du monde. Le général de brigade Kyaw Hsan, un représentant des militaires, a récemment déclaré à l’envoyé spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari, que les manifestants étaient de « faux bonzes ». Mais nous sommes de vrais bonzes, et des milliers d’entre nous – à Rangoun, Mandalay, Pegu, Arakan, Magwe et Sagaing – ont manifesté en faveur de la paix. On a dit que le soulèvement de Birmanie était terminé. La junte veut que l’opinion publique internationale croit qu’il en est ainsi. Mais nous pensons que ces manifestations constituent le début de la fin du régime dans notre pays. Les généraux qui ont ordonné la répression ne s’en prennent pas seulement au peuple birman, mais aussi à leur propre cœur, à leur propre âme et à leurs valeurs spirituelles. Les bonzes sont les gardiens du dharma. En s’en prenant à eux, les généraux s’en prennent au bouddhisme lui-même.
Nous savons que la communauté internationale essaye de nous aider, mais cette aide doit être plus efficace. Nous remercions les nombreuses personnes et organisations à l’étranger qui nous aident à regagner nos droits bafoués depuis plus de 40 ans. Nous appelons aussi la communauté internationale à un soutien plus concret et plus vigoureux. Le régime militaire fera tout ce qu’il pourra pour rester au pouvoir, aussi sa violence doit-elle être exposée au monde. Ils peuvent bien contrôler la rue et les monastères, ils ne pourront jamais se rendre maîtres de nos cœurs ou étouffer notre détermination.

Par U GAMBIRA et Ashin NAYAKA
Pour l'Orient LE JOUR



  • Des opposants et un artiste libérés

Un célèbre comique birman, Par Par Lay, et 31 autres membres du parti de l'opposante Aung San Suu Kyi ont été libérés après avoir passé plus d'un mois en détention, a annoncé jeudi un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie

Ces personnes avaient été arrêtées fin septembre lors de la répression par le régime d'un mouvement de protestation populaire emmené par des bonzes. Environ 100 membres de la LND, le parti de Mme Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, restent en prison et "j'espère qu'ils seront libérés bientôt", a ajouté Nyan Win.

Deux des "Frères Moustache", Par Par Lay, 59 ans, et son cousin Lu Zaw, 54 ans, ont déjà passé près de six ans en prison pour avoir raillé la junte lors d'un rassemblement en janvier 1996 au domicile de Mme Suu Kyi. Par Par Lay avait une nouvelle fois été arrêté le 25 septembre après s'être joint à une manifestation de quelque 30.000 moines bouddhistes qui avaient défilé contre la junte à Mandalay, la deuxième ville du pays.

Au total, près de 120 personnes ont été libérées par le régime au cours de la semaine écoulée, mais des centaines d'autres seraient encore détenues, selon des diplomates. Les libérations sont intervenues alors que l'envoyé spécial de l'ONU Ibrahim Gambari doit retourner en Birmanie samedi.

source : courrierinternational

  • La flamme de la révolte brûle encore parmi les bonzes birmans

Extraits

Hier, la première manifestation de bonzes en Birmanie depuis la fi septembre a confirmé que le mouvement de contestation n’est pas détrui malgré un mois de répression tous azimuts. Une centaine de bonzes a défil calmement hier matin dans la ville de Pakokku, à 350 km au nord d Rangoun, en chantant des prières bouddhiques traditionnelles, avant d réintégrer leur monastère. C’est dans cette ville – un des deux centre importants de formation des bonzes du pays, avec Mandalay – que s’étai allumée, début septembre, l’étincelle qui avait ensuite enflammé le pays...

La sangha (la communauté monastique) a été laminée par la répression. Des centaines de bonzes ont été arrêtés, forcés à quitter le froc, interrogés et humiliés par leurs geôliers. «Nous suspectons un usage fréquent de la torture. Les conditions sanitaires dans les centres de détention sont épouvantables. Il y a un manque de soins et de médicaments», indique un enquêteur d’Amnesty international après une mission de deux semaines. Win Shwe, un militant de la Ligue nationale pour la démocratie, le principal parti d’opposition, est mort pendant un interrogatoire le 27 septembre. L’ambassade britannique à Rangoun estime qu’entre 2 000 et 2 500 personnes étaient encore détenues à la fin octobre, parmi lesquelles de nombreux moines....

Prises d’otages. Ces dernières semaines, beaucoup de familles ont retiré leurs enfants qui étudiaient dans des monastères de peur qu’ils soient inquiétés par les autorités birmanes ou impliqués dans une nouvelle vague de révolte. Seules quelques centaines de bonzes résident encore dans le monastère Mahagandhayon, à Mandalay, le plus grand du pays...

Mais si le mouvement des jeunes bonzes est en déroute, le sentiment de colère engendré par les violences commises contre les religieux est plus vif que jamais, tant au sein de la communauté monastique que parmi les laïcs....

LIRE l'article en entier : liberation




Le 31 octobre


  • Une centaine de moine ont défilé ce jour

Une centaine de moines (peut-être plus) ont défilé ce mercredi dans une ville du centre de la Birmanie

Les moines ont marché pendant environ 30 minutes dans la ville de Pakokku (environ 500 kilomètres au nord de Rangoun) en récitant des prières mais sans proférer de slogans hostiles au pouvoir. "C'est très étrange, ces moines défilaient pour la première fois depuis la répression" a indiqué une habitante de cette ville source : courrierinternational

Pour Rappel, Pakkoku, où se trouvent plus de quatre-vingts monastères bouddhistes, a été le point de départ de la première vague de manifestations. Les heurts entre les forces militaires et les manifestants bouddhistes, le 6 septembre, avaient provoqué des manifestations dans d'autres villes birmanes.


Remarques

- Les moines bouddhistes de la tradition théravada ne récitent pas de prière, pas au sens religieux du terme. Bouddha n'était pas un Dieu alors les moines ne prient pas, ils méditent ou récitent des chants Metta, donc rien à voir avec la prière comme on l'entend en occident.

Extraits du Metta sutta :

...Toute chose qui est vivante,
Faible ou forte,
Longue, grande ou moyenne,
Courte ou petite, visible ou invisible,
Proche ou lointaine, née ou à naître,
Que tous ces êtres soient heureux.

Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être
Si peu que ce soit;
Que nul, par colère ou par haine,
Ne souhaite de mal à un autre.

Ainsi qu'une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant,
Ainsi avec un esprit sans limite doit-on chérir toute chose vivante,
Aimer le monde en son entier,
Au-dessus, au-dessous et tout autour,
Sans limitation,
Avec une bonté bienveillante et infinie.

Étant debout ou marchant,
Étant assis ou couché,
Tant que l'on est éveillé on doit cultiver cette pensée.
Ceci est appelé la suprême manière de vivre.

Abandonnant les vues fausses,
Ayant la vision intérieure profonde,
Vertueux, débarassé des appétits des sens,
Celui qui est perfectionné ne connaîtra plus la renaissance.



- Comme par hasard ce matin de nombreux journaux du web ou blogs parlent de nouveau de la Birmanie, alors que ces derniers jours c'était le silence ou presque....

Les moines birman ont bien compris cela, et sans doute, ont ils de nouveau défilé, pour qu'on ne les oublie pas.



  • Birmanie, l'impasse démocratique : ICI

Plus d'un mois après les violentes répressions des manifestations pro-démocratiques en Birmanie, la situation ne va pas en s'améliorant. Les moines bouddhistes ont repris les manifestations, la junte recrute des enfants-soldats, et Bernard Kouchner peine à convaincre les voisins asiatiques du pays à oeuvrer pour la réconciliation nationale.


  • Les monastères de la révolte (Lire l'article en entier : monde.fr)
Extraits :

Genoux repliés sous lui, recroquevillé au fond de son fauteuil en rotin, le jeune moine mâchouille mécaniquement sa boule de bétel rouge sang. On devine son corps tout frêle sous les trois robes safran qui se superposent dans un joli nuancier de couleurs.

Il a 27 ans, en paraît presque dix de moins, et vit au monastère depuis onze ans déjà, au rythme des réveils à 4 h 30, de l'aumône du matin, de la méditation du soir.
Il est l'un de ces 500 000 bonzes - souvent jeunes - qui se sont jetés dans les rues, en septembre, pour protester contre la hausse des prix. L'un de ceux, aussi, qui ont choisi de braver la peur et l'hostilité de la junte en retrouvant leur monastère. Mais il est bien davantage que cela encore.

Ce moine-là - on taira son nom - a une histoire. En témoignent, sous son crâne rasé, ses yeux comme rétrécis par le poids de ses récents souvenirs, et une fatigue lourde. Autant que les traces rouges dessinées derrière son cou, stigmates des coups de bambou qu'il a reçus, ils racontent les deux journées des 5 et 6 septembre, et leur scénario impensable : lui, attaché à un poteau électrique, en pleine rue, avant qu'on ne le force à troquer sa robe contre le traditionnel longyi noué autour de la taille. Pour la première fois depuis le coup d'Etat et la mise en place d'un régime militaire, en 1962, l'armée birmane s'est levée contre les moines, les fusils se sont dressés contre les robes...

.....Ces dernières années, la pauvreté croissante, surtout dans ces contrées arides qu'on appelle la "zone sèche", a conduit des parents de plus en plus nombreux à envoyer leurs jeunes garçons chez les bonzes. En Birmanie, le monastère est vraiment la maison du Bon Dieu : cantine pour tous les affamés, garderie pour les enfants, colonie de vacances, école pour tous ceux qui ne peuvent payer les indispensables dons à une école d'Etat prétendument gratuite. On y apprend tout par coeur, en répétant et répétant pendant des heures, comme dans toutes les écoles du pays. Chaque Birman y a séjourné pendant plusieurs mois, au moins deux fois dans sa vie : à 11 ans, puis plus tard vers 20 ans. Chaque Birman a en lui une part de moine...


...Le 6 septembre, les supérieurs se retrouvent dans le plus grand monastère de la ville, Maha Visutarama, qui compte même un dispensaire et abrite entre 700 et 1 000 religieux en temps ordinaire. En ce mois d'octobre, ils ne sont plus que 180 - certains sont prudemment rentrés au village, d'autres ont disparu, laissant des couches vides entre les tissus tendus des dortoirs...

...La marche marque le début d'une drôle de campagne de résistance passive : l'aumône des militaires est refusée. "Mes moines ont posé le couvercle sur le bol, ou l'ont retourné", explique-t-il. On appelle ça le "patam nikujjana kamma", littéralement : "retourner l'aumône"...

Durement réprimé fin septembre, le mouvement de rue a pris fin. De l'autre côté de la rivière, dans l'exceptionnel site de Pagan, où 2 000 temples dorés huit fois centenaires s'étendent sur 42 kilomètres carrés, le supérieur du monastère de Yatana Mang, 36 ans, assis en tailleur sur le lino devant l'autel où trônent Bouddha et trois coupes de fruits, raconte qu'il a refusé "par deux fois" l'aumône des autorités militaires de la ville, avant d'accepter la dernière offrande : "La troisième fois, j'ai dit oui, sinon, c'était la prison. Mais je donne aux gens les plus pauvres du village."

Des robes sont étendues sur les fils à linge aux premiers rayons de soleil de la saison sèche. Seuls quelques moinillons traînent dans la salle de prière. "Si les prix remontent, les manifestations reprendront. Nous n'avons pas aimé que les militaires rentrent dans les monastères", assure le supérieur. Non sans malice ni gourmandise, il raconte que, il y a quelques jours, une délégation d'une vingtaine de militaires est venue le trouver. Ils se sont prosternés, et lui ont demandé, à genoux, si, pour le Festival des moissons, en décembre, ils pourraient loger au monastère. Yatana Mang accueille d'ordinaire 80 moines. En cette fin octobre, ils ne sont plus que vingt. "Désolé, pas possible. Nous n'avons pas de place", a pourtant répondu le supérieur.
Lire cet article en entier ICI





Dans mon Message précédant sur la Birmanie, j'ai déjà évoqué le fait que des enfants sont enrôlés de force dans l'armée.
Ci après, un nouvel article sur ce sujet qui me tiens particulièrement à cœur :

  • Reportage au pays des enfants soldats






Sur 300 000 enfants soldats estimés dans le monde, 70 000 au moins sont en Birmanie, enrôlés de force par la junte militaire et par son armée, la Tatmadaw. Depuis sa prise du pouvoir en 1962, la dictature mène une guerre acharnée contre les minorités - surtout contre les Karens - suspectées de vouloir déstabiliser l’unité du pays. Dans les rangs de la Tatmadaw comme dans ceux des milices minoritaires, on prend les armes et on combat quel que soit l’âge… Et contrairement à d’autres pays où des enfants sont soldats, aucune instance internationale de protection de l’enfance et des droits de l’homme ne peut intervenir en Birmanie.

Dans un rapport publié aujourd’hui, Human Rights Watch dénonce le recrutement forcé d’enfants soldats par l’armée birmane, la Tatmadaw. Qui recrute toujours plus d’enfants afin de former sur le terrain les futurs cadres de son armée.
Basé sur une enquête menée en Birmanie, en Thaïlande et en Chine – trois pays frontaliers où des enfants qui ont déserté se réfugient - le rapport révèle que des primes sont versées aux recruteurs et aux intermédiaires pour chaque nouvelle recrue. En effet, quand un soldat de la Tatmadaw enrôle une jeune recrue (âgée de 9 à 11 ans), il reçoit une récompense : le plus souvent, 20 dollars US et 150 kg de riz, de quoi nourrir sa famille pendant six mois.

Lire l'article : lepoint





  • Il faut sauver Min Ko Naing ( un article du monde.fr, à lire en entier )
Extraits :
La junte militaire birmane est en train de gagner son pari : réinstaller le silence, l'oubli et la mort après la "preuve de vie" lancée à la face du monde, il y a quelques semaines, par son peuple et par ses moines.
Nous constatons chaque jour, partout ou presque, une démobilisation des énergies, des émotions et des protestations - et ce, alors même qu'un millier d'opposants politiques, au moins, endurent probablement le pire dans des prisons infectes.

Nous ne connaissons même pas le lieu de détention du plus emblématique de ces opposants martyrs : Min Ko Naing, arrêté en 1988, à 26 ans, libéré en 2004 après seize années de torture et arrêté de nouveau le 22 août, dès le début des manifestations. "Disparu", nous dit-on. Juste "disparu". Et nul ne bronche, nulle chancellerie ne proteste ni ne s'interroge plus avant, quand on annonce que Min Ko Naing, cette autre incarnation de l'esprit de résistance en Birmanie, aurait "disparu"...

Lire l'article en entier ICI




  • Traque sur Internet à la recherche de "Mister X", reporter de la radio birmane en exil

Extraits :

Depuis des semaines, Moe Aye, rédacteur en chef de Democratic Voice of Burma (DVB), radio birmane en exil en Norvège, est sans nouvelle de trois de ses reporters birmans qui travaillent sur place en clandestins. La plupart des cinquante autres journalistes de son équipe en Birmanie font "silence radio". Ou plutôt silence Internet...


.... Le 17 septembre, Mister X transmet un article sur les bonzes qui marchent et prient à Kyauk Pa Daung : "Les forces du gouvernement les suivent. Pas d'arrestations, pas de tir. Les bonzes ont fait le tour de la ville et sont retournés à leur monastère." Le 19 septembre, il envoie des photos de la première marche de bonzes. Le 20 septembre, les bonzes d'autres villes tentent de venir à Rangoun : "Le gouvernement bloque les routes, contrôle les bus et les trains et regarde s'il y a des bonzes à bord et les fait sortir. Il y a des rumeurs disant que l'armée pourrait tirer très bientôt sur les bonzes." Le 26 septembre, un courriel très court : "Ils commencent à tirer, ils frappent. Je m'enfuis, à bientôt si j'ai de la chance." Dans un fichier audio en pièce jointe, on entend une voix haletante, des cris...

Lire l'article en entier : ICI

lundi 29 octobre 2007

Karuna; Bouddhisme engagé





Karuna : Un site sur le Bouddhisme engagé : la compassion en action


Tout bouddhisme socialement engagé ne nécessite aucune autre justification que celle d’être une amplification d’éthique bouddhiste traditionnelle, une éthique sociale amenée par les besoins et potentialités de la société contemporaine... L’analyse révolutionnaire du Bouddha de la condition humaine comporte des implications sociales qui sont beaucoup plus radicales que tout ce qui est imaginable dans la mentalité séculière. ( Ken Jones: The Social Face of Buddhism)


Pourquoi Karuna ?

Karuna, c'est la compassion (différent de Metta qui est l'Amour Universel)

"L’essence de l’amour (Metta) et de la compassion (Karuna) est la compréhension, la capacité de reconnaître les souffrances physiques, matérielles et psychologiques d’autrui, de nous mettre dans la peau de l’autre. Nous pénétrons son corps, ses sentiments et ses formations mentales et ressentons en nous sa souffrance" Thich Nhat Hanh



Sans Metta (Amour) et sans Karuna (compassion) pas de Véritable Bouddhisme
Metta et karuna sont des termes pali:
(Le Pali est la langue des textes anciens ou canon pali sur lequel se fondent les bouddhistes de la tradition théravada, dont la Birmanie fait partie)



Grâce au succès du Bouddhisme en occident ces dernières années (et les évènements en Birmanie n'ont fait que renforcer cette notion) on parle de nouveau de compassion.
Mais la compassion du Bouddhisme n’a rien à voir avec la charité ou la pitié. Il s’agit ici d’une forme de sensibilité. Cette sensibilité « se mue en compassion dès lors que nous ressentons les exigences et les devoirs que la souffrance de l’autre nous impose. »
Autrement dit, la véritable compassion est aussi action.
Comme le souligne Frédéric Lenoir : « Contrairement à une pitié passive et méprisante, la compassion est active et respectueuse. Elle consiste à se mettre à la place de l’autre, à rentrer en sympathie avec lui jusqu’à comprendre sa souffrance et l’aider, dans la mesure du possible, à la surmonter en trouvant le geste ou la parole juste »


Ce sont les évènements en Birmanie et surtout la réaction des Bouddhistes de différentes traditions qui nous ont donné envie de créer ce site.

Les bouddhistes du Monde entier, toutes traditions confondues sont sortis de leur réserve habituelle.

La compassion passive est devenue la compassion active...

C'est finalement grâce aux moines qui ont manifesté par compassion ( karuna) et par amour (metta) pour le peuple Birman, que les bouddhistes de toutes les traditions, se sont exprimés et ont osé prendre position en soutenant ouvertement le mouvement pour la démocratie en Birmanie.

J'ai envie de dire que les birmans ont réveillé les "bouddhistes"du monde entier, ils ont réveillé leur compassion...et le site Karuna est né de cet élan.


L'être humain possède la merveilleuse faculté d'être capable de supporter les souffrances inhérentes à la vie et de les transformer en une immense compassion. Cette compassion se manifeste lorsque notre cœur est ouvert et que nous lui permettons d'être sensible à la douleur des autres. C'est un flot de bonté et d'empathie pour tous les êtres.



Ce site à pour vocation de devenir un site "participatif": au départ nous étions que deux, aujourd'hui il y a deux aministrateurs , et 4 rédacteurs.


Et puis surtout les bouddhistes "engagés" sont des bouddhistes comme les autres..
Le bouddhisme nous enseigne le détachement mais pas l'indifférence.

J'ai même envie de dire qu'un bouddhiste est obligatoirement engagé, de la même manière qu'on ne peut pas se dire bouddhiste si on ne pratique pas.
Bouddha était en réalité le premier bouddhiste engagé.


En résumé, on peut dire que l'enseignement du Bouddha doit nous amener à

- cessez de commettre de mauvaises actions.
- apprendre à faire le bien ;
- purifiez notre esprit (citta).








Ce site se propose de faire un lien entre toutes les informations, pétitions et actions non violentes engagées pour le bien de tous les êtres...

Tout bouddhisme socialement engagé ne nécessite aucune autre justification que celle d’être une amplification d’éthique bouddhiste traditionnelle, une éthique sociale amenée par les besoins et potentialités de la société contemporaine... L’analyse révolutionnaire du Bouddha de la condition humaine comporte des implications sociales qui sont beaucoup plus radicales que tout ce qui est imaginable dans la mentalité séculière. Ken Jones (The Social Face of Buddhism)



De nombreuses rubriques ont été créés.

Et comme le dit si bien Tinh'y, à l'origine de ce site :


Karuna c’est l’empathie, cette attitude qui nous fait communiquer avec la souffrance de l’autre et parfois même éprouver cette souffrance. C’est la capacité de se mettre à la place de l’autre mais pas celle de mettre l’autre à notre place...

Compatir c’est reconnaitre la souffrance de l’autre sans y projeter la nôtre.

Défendre la victime sans condamner le « bourreau »... Les enseignements bouddhistes nous enseignent que le bourreau est lui même, victime de son ignorance... Est-ce pour autant que nous n’avons pas à nous lever et à agir contre l’injustice certes non...

En manifestant notre désapprobations de l’injustice nous sommes tout autant au service de la victime que du tyran... C’est un éveil de l’esprit pour qui veut l’entendre...

Il n’y a pas à faire de compromis. Les choses sont simples : tout homme a droit à sa dignité, à sa liberté, à se nourrir lui et sa famille, à se loger, à avoir le temps de se distraire ou de méditer... C’est simple, tellement simple que je n’ai même pas de mots pour le dire... c’est d’une évidence tellement absolue...

Pourquoi avoir des états d’âme face à cette réalité... ça ne se discute même pas... Ce n’est pas un acte de bravoure...

Karuna finalement, c’est être humain sans entrave... le bouddha ne nous a pas enseigné la déshumanisation mais la libération...


Si vous souhaitez participer à cette aventure, merci de vous inscrire sur le site via l'encadré : "Vous inscrire sur ce site": ICI

Nous comptons sur vous, sur votre capacité à agir ou réagir sans haine et sans rancœur, juste avec Metta ou par Compassion.







dimanche 21 octobre 2007

Birmanie : Agir,soutenir,écouter,voir, lire...

Mise à jour au 31octobre











Les deux derniers messages (ou billet) de ce blog:

Birmanie ce n'est pas fini : ICI
Un moine peut-il manisfester : LA

Mieux comprendre la Birmanie : Plan détaillé de tous les messages sur la Birmanie (13 en tout) : ICI
Pour chaque message (ou billet), vous trouverez le résumé de son contenu avec le titre des rubriques et articles développés.




Vous trouverez ci après les rubriques suivantes et dans cet ordre:

1)AGIR: Mise à jour au 26/10
2)-SOUTENIR : Mise à jour au 30/10
3)-ECOUTER : Mise à jour au 26/10
4)-VOIR: Mise à jour au 22/10
5)LIRE: Mise à jour au 30/10
6)- Articles et Reportages (suite): Mise à jour au 31/10

7)des (nouveaux) LIENS









1) AGIR :
Mise à jour au 26/10






  • Appel du Conseil Mondial du Sangha (= de la communauté bouddhiste)

Le conseil Mondial du Sangha et l’Organisation Internationale des Moines Bouddhistes ont appelé les Nations Unies à prendre des mesures immédiates afin de contraindre le gouvernement birman à se maîtriser ainsi qu’à mettre fin aux assassinats, tortures et détentions de moines innocents et de manifestants civils.

Le Conseil a également appelé les Nations Unies à s’assurer que les personnes détenues étaient traitées humainement et en accord avec les lois internationales. Un communiqué de presse provenant du Secrétaire Général (section anglaise) du Conseil du Sangha, Vén. Bellanwila Wimalaratana Thera explique : Nous vous avons envoyé cette lettre d’appel dans le but d’exprimer notre inquiétude, notre ferme condamnation ainsi que notre mécontentement concernant les incidents malheureux ayant cours au Myanmar, un important pays bouddhiste. En premier lieu, nous exprimons notre sympathie à tous les concernés et nous partageons la peine et la souffrance endurées par d’innocents moines bouddhistes aux côtés des masses civiles.

Les moines bouddhistes qui sont intervenus sur le devant de la scène pour porter la voix des épreuves continuelles du peuple, au travers de protestations pacifiques menées afin d’inciter le Gouvernement à prendre des mesures pour soulager la souffrance du peuple. Nous sommes horrifiés d’entendre à travers les médias internationaux, la manière sévère, brutale et inhumaine dont les dirigeants continuent à écraser et supprimer ces manifestants non-armés, en usant de leur puissance militaire.

Source : The Buddhist Channel



  • MERCREDI 24 OCTOBRE 2007 : JOURNEE DE MOBILISATION INTERNATIONALE pour LES 12 ANS D'ASSIGNATION A RESIDENCE D'AUNG SAN SUU KYI.





La communauté birmane de France, Info Birmanie, la FIDH, la Ligue des droits de l’Homme, l’Alliance des femmes, Europe solidaires et la LCR organisent un rassemblement le mercredi 24 octobre 2007, devant le siège de Total, de 15h00 à 16h00, 1 rue du général Leclerc 92047 Paris La Défense

La journée internationale pour la Birmanie coïncide avec la journée mondiale des Nations unies. Les manifestations organisées dans 12 villes de tous les continents, auront pour objectif de demander la libération immédiate d’Aung San Suu Kyi – prix Nobel de la paix, leader de la Ligue Nationale pour la Démocratie, vainqueur des dernières élections démocratiques du pays en 1990. Celle que l’on surnomme la dame de Rangoun entamera le 24 octobre sa douzième année d’assignation à résidence. De plus, les manifestants exigeront le soutien accru de l’ONU aux démocrates birmans.

Dans un entretien accordé au Monde en juillet 1996, Aung San Suu Kyi n’hésitait pas à qualifier Total de « plus fort soutien du système militaire birman ».


  • Appel à manifester mercredi 24 octobre devant les ambassades de Chine

Des organisations des droits de l'homme ont appelé à manifester mercredi devant les ambassades de Chine de douze villes afin de protester contre l'assignation à résidence par la junte militaire au pouvoir en Birmanie d'Aung San Suu Kyi, figure de proue de l'opposition.
Des manifestations sont prévues devant les ambassades de Chine de Londres, Paris, Berlin, Dublin, Vienne, Sydney, Washington, Toronto, New York, Brasilia, Bangkok et Cape Town. Les participants sont invités à porter des masques à l'effigie de l'opposante birmane.


L'appel, lancé par une coalition d'organisations des droits de l'homme telles Amnesty International et Burma Campaign, vise à faire pression sur la Chine, fidèle alliée de la junte birmane, pour qu'elle soutienne des sanctions contre le régime.

La campagne est destinée à "marquer les 12 ans de détention d'Aung San Suu Kyi", selon les organisateurs.
Le monde : lire ICI



  • Une marche pour la Paix le 17 novembre à PARIS

Une Grande Marche silencieuse pour la Paix et pour soutenir la Birmanie aura lieu à Paris, le 17 novembre 2007.






2)SOUTENIR :
mise à jour au 30/10


  • Birmanie : Campagne : Menace pour la Paix

Signer la pétition ICI




  • Un mois après la répression de la révolte des bonzes, RTL consacre; mardi 30 octobre; une journée spéciale à la Birmanie avec une série de reportages réalisés dans la clandestinité à Rangoon et en province, par Rémi Sulmont, grand reporter au service politique étrangère de RTL.
En savoir plus sur ce programme : ICI



- PETITIONS:

  • Free Burma Action center : ICI

Nombreuses pétitions répertoriées : 14 à ce jour.


  • Pétition : Birmanie le Monde est avec toi

Les rues de Birmanie paraissent calmes... mais, derrière cet apparent retour à la normale, des milliers de Birmans sont chaque jour maltraités et torturés. Pourtant les forces s'organisent, et l'opinion mondiale fait partout entendre sa réprobation : les gouvernements s'efforcent d'amener les généraux au dialogue.

Nous avons envoyé des dizaines de milliers de messages aux ministres des affaires étrangères d'Europe et d'Asie, nous avons réuni des fonds pour des groupes birmans de défense de la démocratie, nous avons publié notre campagne dans des journaux internationaux. Nous avons remis notre pétition au Royaume Uni, un membre-clé du Conseil de Sécurité de l'ONU, qui a condamné le Birmanie pour la première fois.

Nous souhaitons à présent que notre pétition atteigne 1 million de signatures pour la remettre au Conseil de Sécurité et lui demander d'être le médiateur des discussions. Vous pouvez signer cette pétition et en parler autour de vous. Le combat est loin d'être terminé : avec votre aide, la population birmane peut gagner.

Au président chinois Hu Jintao et aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU : Nous soutenons les citoyens birmans manifestant pacifiquement. Nous vous demandons de vous opposer à la répression violente envers les manifestants, et nous sommes en faveur de la réconciliation et de la démocratie en Birmanie. Nous vous tiendrons responsables de toute nouvelle effusion de sang.

Signer la Pétition : avaaz.org




- Quand le monde virtuel soutien la Birmanie :

  • Mandala-Bouddha sur "second Life" : ICI



On m'informe par mail que :

Pour la toute première fois, le Mandala de sable du Buddha de médecine construit chaque année à Paris, sera diffusé en simultané sur Second Life.

Dans le Bouddhisme tibétain, le Mandala est une oeuvre éphémère construite par des moines tibétains pour promouvoir la paix et la guérison.

Cet événement inédit manifeste la solidarité avec les nonnes, les moines et le peuple birmans qui subissent la répression de la junte au pouvoir en Birmanie.

Unfrozenmind et Community Chest ont collaboré avec le MindScience Institute pour diffuser le Mandala en simultané sur Second Life afin de donner une dimension mondiale à cette rencontre interactive pour la promotion de la paix et de la solidarité.

En savoir plus : ICI









  • Six femmes Prix Nobel de la Paix ont exhorté le monde à maintenir la pression sur la junte du Myanmar pour que la liberté et la démocratie soient rétablies dans le pays.

"Il ne faut pas laisser le régime birman continuer de perpétrer ses violations flagrantes des droits de l'homme. La détention d'Aung San Suu Kyi est la manifestation la plus visible de la brutalité du régime, mais ce n'est que le pointe émergée de l'iceberg", disent les six Prix Nobel dans une lettre publiée mercredi par le journal Guardian.

La lettre est signée par Jody Williams, Shirin Ebadi, Wangari Maathai, Rigoberta Menchu Tum, Betty Williams et Mairead Corrigan Maguire. Elle précise que l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright y a apporté son soutien.
source : lexpress.fr





"La force d’une brute ne parviendra jamais à soumettre le désir humain basique de liberté"
  • Une nouvelle intervention du Dalaï Lama : Washigton Post, 21 octobre 2007







Washington, USA —
Les milliers de personnes qui ont défilé dans les villes d’Europe de l’Est ces dernières décennies, cette inébranlable détermination des gens dans mon pays au Tibet et les récentes manifestations en Birmanie sont un puissant rappel de cette vérité.

La liberté est la source même de la créativité et du développement humain. Elle n’est pas suffisante, comme le prétend le système communiste, à fournir de la nourriture aux gens, un foyer et des habits. Si nous avons ces choses mais manquons de l’air précieux de la liberté pour subvenir à notre profonde nature, nous ne demeurons humain qu’à moitié.

Par le passé, des peuples oppressés ont souvent eu recours à la violence dans leur lutte pour la liberté. Mais les visionnaires tels que Mahatma Gandhi et le Rév. Martin Luther King Jr. nous ont démontré que les changements couronnés de succès peuvent être engendrés par la non-violence. Je crois qu’ à un niveau humain basique, la plupart d’entre nous souhaitons être pacifiques. Au plus profond, nous désirons une évolution fertile et constructive, et méprisons la destruction.

Beaucoup aujourd’hui, s’accordent à dire que nous avons besoin de réduire la violence dans notre société. Si nous sommes vraiment sérieux, nous devons donc nous confronter aux racines de la violence, en particulier celles qui existent à l’intérieur de chacun de nous. Nous devons étreindre le "désarmement intérieur", réduire nos propres sentiments de suspicion, de haine et d’hostilité envers nos frères et soeurs.

En outre, nous devons réexaminer la manière dont nous nous réferrons à la question de l’usage de la violence dans le monde actuel profondément interconnecté. On peut parfois avoir le sentiment de pouvoir résoudre un problème rapidement en usant de la force, mais un tel succès est souvent réalisé aux dépends des droits et du bien-être d’autrui. Un problème est peut-être résolu, mais la graine d’un autre a été semé, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans le cycle de la violence et la violence collatérale.





3)ECOUTER:
Mise à jour au 26/10



  • Envoyé spécial d'Europe 1, Nicolas Tonev a dû regagner Bangkok après avoir été contraint de quitter la Birmanie. Son témoignage avec Guillaume Durand. ICI

Nicolas Tonev était parti enquêter sur un possible charnier à 40 kilomètres de Rangoun, indiqué par des témoins birmans. Les militaires se seraient débarrassés de 150 à 200 corps de bonzes dans ce crématorium. Surveillé pendant cette enquête puis arrêté et fouillé, Nicolas Tonev a préféré quitter la Birmanie face à la pression du régime qui menaçait de l'accuser de trafic de drogue, un des pires chefs d'accusation possibles dans le pays. Même si les forces de l'ordre sont moins visibles dans les rues birmanes, il a en tous cas constaté que la population locale préférait se taire pour éviter les représailles. Une auto-censure plus efficace que la censure.


  • Podcast ( format MP3) :La Birmanie entre ange et démon : ICI
Extraits :

... vous êtes allé en Birmanie, qu'est-ce qui vous a poussé à aller là-bas?

Avant d'aller en Birmanie, j'avais déjà visité d'autres pays en Asie. Je crois que tous les pays asiatiques ont leur propre charme et je souhaitais visiter la Birmanie, un pays énorme avec beaucoup de choses intéressantes à voir. En même temps, j'étais bien au courant de la situation politique et j'ai bien compris qu'il était possible de le visiter en soutenant les Birmans et d'éviter de soutenir les militaires.

Vous voulez dire en soutenant le peuple, les Birmans, sans soutenir cette junte militaire, c'est bien cela ?

Oui, bien sûr, il faut payer le visa, payer quelques petites choses pour entrer dans le pays. Après cela, on est libre par exemple de choisir l'hôtel où on dort, de choisir où on mange, où on achète les choses. On a vraiment toujours choisi de le faire seulement avec les Birmans dans de petites localités en évitant les grands hôtels, les grands restaurants et les lignes aériennes pour éviter de soutenir la dictature militaire.

Et vous qui êtes devenu amateur photographe par passion, qu'est-ce que vous avez trouvé de particulier en Birmanie, que vous n'avez pas observé dans les autres pays d'Asie ?

Je crois que la chose qui m'a le plus frappée en Birmanie, c'était cette omniprésence des moines. Il est vrai que l'on voit des moines au moins aussi en Thaïlande et d'autres pays asiatiques. Mais en Birmanie, ils sont partout ils font partie de la vie quotidienne de base. Ce n'est pas possible d'aller une demie heure sans voir au moins un moine et peut-être beaucoup plus. Pendant ma visite en Birmanie, les moines étaient partout.

Nous savons qu'en Birmanie le Bouddhisme est d'une manière prédominante de la tradition Theravada qui est mêlée avec des convictions locales. Selon le gouvernement militaire il est pratiqué par 89% de la population. Lors des derniers événements où des moines bouddhistes ont commencé à être frappés par la junte militaire début septembre. Avez-vous senti cette main de fer quand vous, vous étiez en Birmanie il y a quelques années ?

Quand j'y étais, pour moi le pouvoir militaire était complètement invisible. En plus, j'avais l'impression que l'on avait donné beaucoup de liberté aux moines, pour se pré-noter d'un avis public pour, peut-être donner au peuple une possibilité de continuer à suivre leur religion et peut-être aussi d'éviter une résistance des Birmans. Donc peut-être, on a utilisé la religion comme une défense contre le peuple. En ce qui concerne les événements de septembre, maintenant j'ai repensé à ma visite ; évidemment les militaires sont un pouvoir invisible et peut-être presque anonyme pour celui qui visite le pays. Mais pourtant ils sont très forts et très efficaces.....
Lire la suite ICI
Site de l'auteur : LA




4)VOIR :






  • Des moines et des militants au Myanmar ont parlé à Amnesty International de la brutale répression que subissent les personnes qui manifestent contre le gouvernement dans le pays- Vidéo de amnestyinternational : ICI


  • A voir absolument : dans le cadre d'une émission : "Birmanie, les militaires contre les moines": ICI, Arte a diffusé un documentaire : "Birmanie, la guerre secrète", que vous pouvez voir ICI, jusqu'au 23 octobre


Il s'agit d'un documentaire d’Evan Williams. Ce reporter britannique, qui n’hésite pas à critiquer les généraux, figure sur leur liste noire. Se faisant passer pour un touriste, il a rencontré des opposants au régime et accompagné une unité sanitaire des Free Burma Rangers, organisation humanitaire indépendante qui tente de venir en aide aux Karens, une ethnie minoritaire persécutée par la junte.
Evan Williams pointe également l’implication d’entreprises occidentales qui, tacitement, soutiennent le régime militaire, permettant ainsi aux généraux de continuer à maltraiter, à exploiter et à réprimer brutalement le peuple birman. Arte


Birmanie – les militaires contre les moines:

Aujourd'hui, On parle de centaines de morts et de plusieurs milliers d’arrestations en Birmanie. Mais ces chiffres restent approximatifs. Rien d’étonnant quand on sait que la junte militaire de Rangoon a immédiatement fait disparaître les cadavres et que les rafles sont menées en toute discrétion. Dès la tombée de la nuit, c’est le couvre-feu.

Alors qu’une lourde chape de silence s’abat sur les rues de la métropole birmane, des milliers de citoyens tentent à nouveau de fuir vers la Thaïlande. Les moines bouddhistes, à l’origine de la « révolution safran », se sont depuis longtemps retranchés dans leurs monastères. Mais ils ne sont nulle part à l’abri de la vindicte de la junte. En effet, ce soulèvement populaire initié par les bonzes a une fois de plus montré au grand jour le visage de ce régime sanguinaire. En réponse aux manifestations pacifiques des moines bouddhistes, la junte a ordonné des arrestations massives et une répression brutale. Même les tentatives d’apaisement d’Ibrahim Gambari, émissaire des Nations Unies, n’auront eu aucun effet sur les généraux birmans qui, depuis onze ans, assignent Aung San Suu Kyim, chef de file de l’opposition, à résidence dans sa villa. Source : Arte

(je n'aime pas trop ce genre de clip, mais ce n'est pas une raison pour ne pas donner le lien..)

  • Voir : Un nouveau reportage de France 24: ICI
En Birmanie, les bonzes se terrent dans leurs villages, au milieu de la jungle, fuyant les violentes répressions de la junte militaire. (Reportage : L. Menget, A. Renard)




5)LIRE :
Mise à jour au 30/10



  • Une junte hermétique, richissime et sans pitié




Derrière le vert olive, le billet vert. La haute caste militaire qui dirige la Birmanie depuis près d'un demi-siècle, notamment la génération au pouvoir depuis les émeutes de 1988, n'a eu de cesse de s'assurer le contrôle des ressources naturelles du pays et de pans entiers de l'économie.

Dans un pays où il n'est pas rare de voir un colonel à l'allure débonnaire diriger un petit hôtel, où certaines livraisons de teck vers la Thaïlande et la Chine se font à bord de camions de la Tatmadaw (armée) et où des commerçants doivent verser, mensuellement ou hebdomadairement, une dîme aux officiers supérieurs de leur district, le mariage entre le glaive et l'écu est solide.

Ceux qui connaissent de près les généraux birmans les décrivent comme sans pitié et corrompus, mais aussi pragmatiques, disciplinés et charmants en privé. S'ils n'accordent presque jamais d'interviews, ils apparaissent en tout cas longuement chaque soir dans les journaux de la télévision d'État...

LIRE l'article en entier ICI






  • Le Myanmar enrôle des enfants dès l'âge de 10 ans dans l'armée: ICI


La junte militaire birmane recrute chez les plus jeunes pour servir dans les rangs de l'armée, achetant et retirant de force à leurs familles des garçons dès l'âge de 10 ans, dénonce l'organisation Human Rights Watch dans un rapport publié mercredi.

La junte, confrontée à des taux importants de désertion et à un manque de volontaires, permet à des recruteurs d'acheter et de revendre des enfants pour étoffer les effectifs de l'armée, explique l'organisation de défense des droits de l'homme.

«Les généraux du gouvernement tolèrent l'embrigadement caractérisé d'enfants et ne punie pas ceux qui l'exécutent», a indiqué Jo Becker, chargée de la défense des droits de l'enfant à HRW.

«Dans cette atmosphère, les recruteurs militaires se livrent à souhait à un trafic d'enfants», a-t-elle ajouté.

Les recruteurs, qui cherchent désespérément à satisfaire les quotas imposés par leurs supérieurs, repèrent des enfants dans les gares ferroviaires et routières, sur les marchés et sur d'autres places publiques et les menacent s'ils refusent de les suivre.

Certains enfants sont battus jusqu'à ce qu'ils acceptent, ajoute le rapport intitulé «Vendus pour être soldats».

L'organisation basée à New York indique que des milliers d'enfants sont ainsi enrôlés dans l'armée et dans certains nouveaux bataillons.

Plus d'une trentaine de groupes armés non étatiques y ont également recours dans une moindre mesure.

«Ils ont rempli les formulaires et m'ont demandé mon âge, et quand j'ai répondu 16 ans, ils m'ont giflé et m'ont dit: +tu as 18 ans, réponds 18+», a raconté Maung Zaw Oo à HRW, relatant la deuxième fois qu'il avait été embrigadé.

«Les bataillons versent des pots de vin aux officiers chargés du recrutement pour grossir les effectifs», explique un autre enfant-soldat, Than Myint Oo. «Les officiers sont corrompus et les bataillons doivent obtenir des recrues, donc c'est un business», a-t-il dit.

Un autre enfant explique comment il a été enrôlé de force dans l'armée à l'âge de 11 ans, avec une taille d'à peine 1,30 mètre et un poids de moins de 31 kilos.

Le récent mouvement de protestation populaire en Birmanie, réprimé par l'armée, pourrait rendre les enfants encore plus vulnérables, l'armée risquant de «trouver encore plus difficilement des volontaires», ajoute HRW.

Bien que le Conseil de sécurité de l'ONU ait menacé de sanctions les régimes qui exploiteraient des enfants-soldats, l'organisation mondiale n'a toujours pas pris de sanction, déplore l'organisation de défense des droits de l'homme.

HRW appelle le Conseil de sécurité à envisager des interdictions de livraison d'armes et d'aide militaire ainsi que des restrictions de voyage pour les responsables de tels régimes.

«Vu les records phénoménaux de la Birmanie en matière d'enfants-soldats, des sanctions contre le gouvernement militaire birman s'imposent tout à fait», a ajouté Jo Becker.


  • OpenNet Initiative publie un rapport sur le black-out de l’information en Birmanie

Le 29 septembre 2007 en Birmanie, le conseil de l’Etat pour la paix et le développement (SPDC) a coupé les connexions Internet du pays. Le rapport de Stéphanie Wang, "Pulling the plug", publié lundi 22 octobre 2007, décrit le processus d’isolement dans lequel est entré le pays. Durant deux semaines, un black-out de l’information a été instauré et la plupart des Birmans captaient des informations via la télévision par satellite ou la radio.

Le contrôle d’Internet est facilité dans le pays car les deux seuls fournisseurs d’accès, BaganNet et Myanmar Posts and Telecom (MPT), sont contrôlés par l’Etat. OpenNet Initiative dresse un tableau très précis du black-out birman, du 28 septembre au 16 octobre, selon l’heure et le fournisseur d’accès et analyse la méthode de censure du régime militaire. "La junte a tenté de couper le flot d’informations à la frontière du pays afin que ne parviennent que des rumeurs à ce sujet. De fait, la censure s’est durcie très vite. De sites critiques envers la junte, elle s’est étendue à tout moyen de témoignage potentiellement lié à Internet (caméra, appareil photo, téléphone portable etc)".

LIRE l'article en entier sur Reporters sans Frontières




  • Y a-t-il un général birman réformateur ? ( un article de Sylvie Kauffmann ,pour lemonde)

Le 18 octobre 2004, le chef du renseignement militaire birman, le général Khin Nyunt, accessoirement aussi premier ministre et numéro trois de la junte au pouvoir, venait d'arriver à l'aéroport de Mandalay, deuxième ville de Birmanie, lorsqu'il fut arrêté par d'autres officiers. Remis dans un avion à destination de Rangoun puis placé en détention, il n'a pas été vu en public depuis.

Dans la bonne tradition des régimes totalitaires, c'est de l'étranger qu'arriva la nouvelle, le lendemain. Des sources indiennes puis un porte-parole du gouvernement thaïlandais annoncèrent son arrestation "pour corruption". Le surlendemain, les médias officiels de Birmanie confirmèrent sa mise à l'écart, d'une manière plus anodine : le général, expliqua-t-on, avait été "autorisé à prendre sa retraite pour raisons de santé".

L'argument ne tint pas très longtemps, si tant est qu'il eût jamais convaincu qui que ce soit, ou alors les problèmes de santé de Khin Nyunt étaient fâcheusement contagieux, car une vaste purge suivit son arrestation. Le ministre des affaires étrangères, Win Aung, considéré comme un proche du général, fut aussitôt limogé, des centaines d'officiers du renseignement militaire arrêtés, interrogés, accusés de corruption et de divers délits économiques. Neuf mois plus tard, un tribunal spécial condamna Khin Nyunt, alors âgé de 65 ans, à quarante-quatre ans de prison, tandis que ses deux fils écopaient respectivement de cinquante et un et soixante-huit ans. Le sort de sa femme n'a jamais été précisé.

Peut-être vit-elle avec son mari, qui, par d'étranges égards, purge en fait sa peine chez lui, en résidence surveillée - une sorte de spécialité locale. Certains experts de la Birmanie croient savoir que c'est la Chine qui a pesé pour qu'il puisse bénéficier de ce traitement, normalement réservé aux filles de héros de l'indépendance.

L'éviction du général Khin Nyunt et le durcissement qui a suivi ont, en tout cas, contribué à créer autour de son nom une aura de réformateur. Privés de visibilité et convaincus qu'une éventuelle ouverture en Birmanie ne se fera qu'à travers les militaires qui, avec près de 400 000 hommes, "ne sont plus un Etat dans l'Etat, mais plutôt une armée qui abrite un Etat", selon une boutade en vogue, d'autres experts en viennent à se poser la question : le général évincé aurait-il un rôle à jouer ?

Cette question, le professeur David Steinberg, de l'université de Georgetown, ne s'est pas privé de la poser au cours de son tout récent séjour en Birmanie, un pays qu'il connaît depuis longtemps et sur lequel il a écrit quatre livres. "Khin Nyunt est notre meilleur espoir", aurait répondu un général birman à un diplomate asiatique, qui l'a rapporté à M. Steinberg, qui nous l'a répété.

Qui est Khin Nyunt ? Il est toujours délicat, dans une dictature, d'apposer l'étiquette "réformateur" à un haut gradé qui a assis son pouvoir sur la police politique. On imagine sans trop de peine les méthodes sur lesquelles il s'est appuyé quand on sait qu'elles lui ont valu le surnom de "prince des ténèbres", même si Aung San Suu Kyi elle-même a trouvé le surnom "excessif". L'expression austère derrière ses lunettes, sur les photos d'archives, n'évoque pas l'avenir radieux. Il fut le premier à féliciter le pouvoir chinois après le massacre de Tiananmen, en 1989.

Mais le général a à son actif quelques lettres de noblesse qui, par rapport aux deux hiérarques qui l'ont écarté, lui donneraient presque des airs de Jaruzelski.
C'est le général Khin Nyunt qui, entre 1989 et 1997, a négocié des accords de cessez-le-feu avec dix-sept groupes armés des minorités ethniques.
C'est lui qui, plus ouvert aux relations avec le monde extérieur que ses congénères, a favorisé l'intégration de la Birmanie dans l'Asean, l'Association des nations d'Asie du Sud-Est, en 1997. C'est lui qui a lancé la "feuille de route en sept étapes vers la démocratie" dès sa nomination comme premier ministre, en 2003.
Et c'est lui encore qui passe pour avoir été favorable à des contacts avec Aung San Suu Kyi. Est-ce pour ce pragmatisme politique qu'il est tombé, ou pour des rivalités d'intérêts avec d'autres branches de l'armée, puisque les militaires contrôlent aussi l'économie, formelle et informelle ? Impossible de le savoir avec certitude.

"C'est le plus intelligent du lot", affirme un ancien dirigeant asiatique, qui se souvient même avoir réussi à lui vendre "le modèle Suharto", du nom du général indonésien qui quitta l'uniforme, forma un parti politique et se fit élire président. Mais Suharto fut balayé par le mécontentement populaire en 1998, après la grande crise financière asiatique, et les généraux birmans firent machine arrière.

A près de 70 ans, Khin Nyunt peut-il encore incarner la relève ? Tout en scrutant les signes de division au sein de la junte, les opposants modérés birmans espèrent davantage, eux, des jeunes officiers, dont quelque 3 000 par an sortent de l'académie militaire, et qui ne portent pas les stigmates de la grave répression du mouvement étudiant de 1988.

Il existe, en Asie, des exemples de passage du pouvoir militaire à un pouvoir civil démocratique, en Corée du Sud, en Thaïlande (où les militaires sont revenus). David Steinberg les a étudiés mais n'en retire pas beaucoup d'espoir pour la Birmanie. Contrairement à Suharto ou aux généraux sud-coréens, dit-il, "les militaires birmans ne font pas confiance aux économistes civils". Et, pour la première fois, il y a deux semaines, en Birmanie, il a entendu des gens dire "je hais les militaires", après avoir vu la répression s'abattre sur les moines bouddhistes. "C'est un tournant", ajoute-t-il. Son pronostic est sombre : "Je vois plus de violence, un niveau de vie en baisse, et un contrôle militaire encore plus fort."




  • L'engagement bouddhiste:

L'image d'une Kwan-yin s'impose bien sûr lorsqu'on parle d'engagement au féminin, c'est en effet le symbole de la compassion féminine. D'innombrables femmes sont engagées et s'engagent quotidiennement dans toutes sortes de combats pour soulager la souffrance, que ces femmes soient bouddhistes, chrétiennes ou autres.

(...)nous sommes tout à fait conscientes de ce qui se passe en Birmanie et nous relaierons dans le magazine toutes les actions proposées en vue de soutenir les bouddhistes birmans dont nous aurons connaissance. L'actualité ne change pas fondamentalement notre réflexion et notre propos sur l'engagement, nous partageons ici avec vous une réflexion sur la notion d'engagement, sans la relier nécessirement liée au drame birman.

La doctrine bouddhiste a pour objectif l'Eveil, la libération du samsara et non l'amélioration immédiate mais éphémère des conditions qui prévalent dans le monde des phénomènes. Dans ce cas, pourquoi des bouddhistes s'engageraient-elles dans des actions humanitaires ?

C'est une question qui a toujours été largement débattue en Occident et que nous pourrions formuler en termes chrétiens en demandant : action ou contemplation ? Y-a-t-il une réponse simple et unique à cette interrogation ?

Il est intéressant de savoir que Maitre Cheng-Yen, l'une des femmes bouddhistes engagées que nous présentons dans ce numéro et qui est nonne se décida à entreprendre des actions humanitaires après s'être vu reprocher par des nonnes catholiques la passivité des bouddhistes face à la souffrance humaine. Et certainement, on ne peut nier que le christianisme soit, de ce point de vue, un exemple pour les autres religions.

S'engager profondément dans la pratique, comme l'a fait le Bouddha il y a deux mille cinq cent ans, en vue l'atteindre l'Eveil et d'aider ainsi tous les êtres, c'est certainement l'altruisme le plus pur. Le Bouddha, que l'on surnomme le Grand Médecin, n'a-t-Il pas aidé d'innombrables êtres depuis sa venue sur cette Terre ?

Lire la suite : bouddhismeaufeminin



  • dix-huit ans de persécution : ICI



Le 24 octobre 2007, Daw Aung San Suu Kyi aura passé douze des dix-huit dernières années en détention. Elle est probablement la prisonnière d’opinion birmane la plus connue, mais elle est loin d’être la seule. Amnesty International estime que, même avant la violente vague de répression qui vient de s’abattre sur les manifestants pacifiques, le Myanmar comptait plus de 1 150 prisonniers politiques. Parmi eux figurent des prisonniers d’opinion, notamment des représentants politiques des minorités ethniques ainsi que des membres de la National League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie) et de groupes militants étudiants.

Pour marquer le dix-huitième anniversaire de la persécution d’Aung San Suu Kyi par les autorités du Myanmar, Amnesty International souhaite braquer les projecteurs sur quatre personnes qui symbolisent toutes celles qui sont détenues et persécutées au Myanmar. Ces personnes sont Daw Aung San Suu Kyi; U Win Tin, le plus ancien prisonnier d’opinion du Myanmar; U Khun Htun Oo, qui purge une peine de quatre-vingt-treize années d’emprisonnement, et Zaw Htet Ko Ko, qui a été arrêté après avoir participé aux récentes manifestations dans le pays.



  • L'aide humanitaire est insuffisante pour les démunis Birmans

Un haut responsable du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a déclaré que l’aide humanitaire était actuellement incapable de répondre aux besoins des birmans et que le gouvernement doit immédiatement entreprendre des réformes essentielles en faveur de sa population extrêmement pauvre et démunie(...)

La Birmanie et son peuple possèdent un potentiel énorme. Mais à cause des politiques du gouvernement birman et des sévères restrictions sur les déplacements et le commerce, les taux de pauvreté et de malnutrition sont encore très élevés, même dans les régions de production agricole excédentaire comme le Shan » a estimé M. Banbury. « Tant de personnes ont cruellement besoin de l’aide alimentaire du PAM, mais pour l’instant, elle n’en atteint qu’une fraction »(...)

(...)même avec un financement plus important pour les agences internationales, l’aide humanitaire à elle seule ne suffira pas à changer la vie des millions de Birmans vulnérables. « Le gouvernement de Birmanie devrait immédiatement engager les réformes nécessaires pour sortir le peuple birman de la pauvreté et de la faim qu’il connaît actuellement, et lui permettre de réaliser son potentiel »

LIRE l'article en entier: ICI




  • Chroniques birmanes : BD

Guy Delisle raconte sa vie quotidienne à Rangoon :

Comment vous êtes-vous retrouvé à Rangoon ?
J’y ai vécu de 2005 au début de 2006. J’ai accompagné ma femme qui travaille pour Médecins sans frontières. On devait aller au Guatemala, ça a été jugé trop dangereux et on nous a envoyés à Rangoon ! C’est vrai qu’en 2005, c’était très calme. Malgré ce régime au-dessus d’eux, les Birmans se débrouillaient comme ils pouvaient. Ils vivaient très pauvrement, mais ils vivaient quand même.

Vous avez l’air d’avoir passé du bon temps, tout en restant lucide sur la junte…
Oui. A Rangoon, la vie est dure, mais elle n’est pas misérable. Je le montre avec ce que j’ai vécu, par les gens que j’y ai côtoyés. Je m’attendais à une dictature du même genre qu’en Corée du Nord, mais ça n’a rien à voir : les gens sont informés. La censure sévit sur papier, l’Internet est bridé, mais mon voisin avait une antenne parabolique, par exemple. Grâce à ça et à la radio, les Birmans ne sont pas dupes et savent très bien à quelle sauce ils sont mangés.

Comment avez-vous pris les événements récents ?
Ils étaient bien organisés, c’est ça qui fait peur… En 1988, ils ont tiré à la mitraillette, c’était l’horreur totale, et cette année c’était plus subtil, plus organisé. On a appris que des gens étaient planqués, qu’ils en filmaient d’autres pour constituer d’énormes dossiers, et on va les chercher la nuit, un par un, pour bien mettre la pression. C’est terrible, ce système.
source : metrofrance.com




  • En quels termes se pose le problème ethnique en Birmanie, et depuis quand ?

Ethnie largement majoritaire dont sont issus les dirigeants de la junte, les Bamars (Burmans en anglais), établis dans la grande plaine du centre, ont longtemps été les maîtres de l'espace géographique colonisé par Londres au XIXe siècle. Mais les pourtours montagneux sont peuplés d'ethnies distinctes, à forte identité culturelle et linguistique, historiquement rétives et méfiantes envers Rangoun. Ces ethnies ont pour la plupart pris les armes pour défendre leur territoire et s'assurer une autonomie de facto, entre l'indépendance et les années 1990. L'opium a fourni à nombre d'entre elles le nerf d'une guérilla devenue un mode de vie (...)

Comment les Britanniques avaient-ils géré le dossier ethnique ?

Cette question était déjà le talon d'Achille de la "Perle de la couronne impériale". La Birmanie a été incorporée à l'empire britannique des Indes en trois étapes jusqu'à former une colonie à part entière (...)

Lire l'article en entier : lemonde.fr

RÉFUGIÉS.

Plus de 140 000 réfugiés (karen pour plus de la moitié) vivent dans des camps en Thaïlande, le long de la frontière birmane. Les réfugiés birmans sont environ 30 000 dans les camps de Malaisie et 27 000 dans ceux du Bangladesh. Des dizaines de milliers de Birmans travaillent illégalement dans les zones frontalières indienne et chinoise.

CONTREBANDE.

Malgré les vastes ressources naturelles de la Birmanie (teck, gaz, pétrole, cuivre, rubis, diamant, jade, etc.), le produit national brut par habitant est de 192 euros par an. Le trafic de drogue et la contrebande de bois et de pierres précieuses procureraient au pays des rentrées bien plus importantes que les exportations officielles (3,8 milliards de dollars en 2005, selon l'Organisation mondiale du commerce, contre 1,9 milliard de dollars pour les importations).




  • Télécharger directement (clic droit ) ou LIRE (format PDF) le dossier spécial Birmanie du mensuel Liberté: ICI

  • L'enseignement du Bouddha et la Paix , extrait du Vadémecum bouddhique de M.H. Dufour ICI

Extraits :

L’Enseignement du Bouddha est généralement reconnu comme une voie royale vers la paix, car, de quelque côté que l’on se tourne dans les Textes, il n’est en fait jamais question d’autre chose que de pacification. Le Bouddha lui-même et tous les moines ou laïcs réalisés (les arahanta) nous démontrent, par leur vie, la possibilité de parvenir à une telle pacification.

Considérant le nombre important de personnes qui parlent de « paix » et que l’on en arrive à la situation paradoxale, et fondamentalement absurde, consistant à préparer la paix en faisant la guerre, la définition de ce terme est de toute évidence problématique. Dans la mesure où le but n’est pas toujours clairement défini comment est-il possible de mettre en oeuvre les moyens pour y parvenir ?

Dans le bouddhisme le but est par contre sans ambiguïté d’où toute la stratégie libératrice exposée par le Bouddha. Ses enseignements, considérés dans leur globalité, sont tous en interrelation au sein d’un système parfaitement cohérent de pensée et de pratique générant son unité de son but final, la réalisation de la libération de la souffrance, au sens le plus large. Il n’y aurait en fait de véritable paix que dans la réalisation du nibbana, assimilable, parmi autres connotations, à l’extinction de tous les conflits potentiellement générateurs de souffrance. La paix est donc beaucoup plus que le silence des armes ou l’absence de conflits ouverts, conception rassurante et apparemment confortable mais éminemment illusoire !




Et pourquoi pas apprendre le Birman....

  • Télécharger (clic droit et enregister sous) : ICI, un dictionnaire Français Birman ( format PDF), réalisé par le Vénérable Dhamma Sami, moine Franco-suisse de la tradition Théravada.




Pour mieux comprendre le Régime actuel : des articles de fond sur la Birmanie :


  • Mutations de la dictature birmane (juin 2005: Le monde diplomatique: ICI )

Extraits (article très intéressant de André et Louis Boucaud )

Les généraux au pouvoir sont plus que jamais les maîtres de la Birmanie. Après l’élimination brutale, au mois d’octobre 2004, du premier ministre, le général Khin Nyunt, et dans un climat de rivalités personnelles et de lutte de clans, ils ne s’embarrassent désormais plus d’arguties pour briser les illusions et les vagues espoirs de l’opposition démocratique et du monde extérieur. Lancés à la fin février 2005, les travaux de la Convention nationale, qui avaient repris en vue d’établir une nouvelle Constitution, ont été suspendus le 31 mars, – officiellement à cause de la saison chaude ! –, jusqu’à la fin de la mousson, en novembre.

Lire la suite : ICI







6) Articles et Reportages (suite)
Mise à jour au 30/10








  • Moscou, New Delhi et Pékin hostiles aux sanctions

La Russie, l'Inde et la Chine se sont prononcées mercredi à Harbin, en Chine, pour la poursuite du processus de démocratisation au Myanmar (ex-Birmanie) tout en s'opposant à l'adoption de sanctions contre ce pays.




  • La répression a été "brutale" en Birmanie

J'ai déjà évoqué dans les différents messages de ce blog de nombreux témoignage sur des violences, tortures et massacres de moines et de laïcs, mais il est bon de le rappeller régulièrement : "La répression a été "brutale" en Birmanie", je dirais même quelle a été mortelle.

BRUXELLES - La répression des manifestations de septembre en Birmanie a été "brutale et systématique" et la junte birmane continue à procéder à des arrestations dans les familles d'opposants en fuite, a indiqué mardi une mission des droits de l'Homme, demandant des sanctions renforcées.

Treize réfugiés birmans, ainsi que des représentants de mouvements birmans en exil, ont livré leurs témoignages à Bangkok et à la frontière birmano-thaïlandaise aux membres d'une mission conjointe de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Pour le Belge Gaëtan Vanloqueren, membre de la FIDH de retour de cette mission effectuée du 13 au 21 octobre, "la plupart des témoins rencontrés ont vu des personnes se faire tuer, ainsi que des personnes battues à mort".

Si la FIDH n'est pas en mesure de chiffrer précisément le nombre de tués, "nous pouvons affirmer que la répression a été brutale et systématique", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

"Des arrestations ont toujours lieu. Le régime prend désormais en otage des membres de familles lorsque les personnes recherchées ne sont pas à la maison", a-t-il affirmé.

Les témoignages anonymes recueillis reflètent la violence employée. "Le 27 septembre, j'ai vu des gens au sol. Un dirigeant étudiant avec un drapeau a été abattu et tout le monde a pris la fuite. Nous ne savons pas ce qu'il est advenu de son corps. Après cela, ils ont tiré une rafale. Des gens sont tombés", a raconté un poète.

"C'était la pire des manifestations. Des balles en plastique, des vraies balles, de nombreuses personnes battues, y compris des femmes. Certains ont été battus avec des crosses de fusils. J'ai vu un gars battu à mort, un autre grimper dans un arbre et se faire abattre", a rapporté un marchand de rue.

D'autres témoignages confirment aussi l'obligation faite aux Birmans de participer à des rassemblements pro-gouvernementaux. "Les gens devaient aller à ces réunions ou donner de l'argent aux autorités. C'est du travail forcé. Les enseignants devaient y aller ou perdre leur emploi", a indiqué un homme.

L'UE a approuvé à la mi-octobre le principe de nouvelles sanctions contre la Birmanie, incluant un embargo sur les bois et métaux birmans, même si elles pourraient encore être modifiées en fonction des résultats de la mission de l'envoyé spécial de l'ONU Ibrahim Gambari.

Pour Guy Ryder, secrétaire général de la CSI, ces sanctions "vont dans le bon sens, mais sont insuffisantes". "Il est difficile de comprendre pourquoi certains secteurs, comme le gaz ou le pétrole, sont exclus", a-t-il noté.

La CSI recense 400 compagnies étrangères présentes en Birmanie et vient de leur adresser une lettre de protestation. "Le pas suivant sera de mobiliser les syndicats pour manifester devant leurs sièges nationaux", prévient-il.

Source : AFP 23 octobre 2007



  • Les manifestations pourraient reprendre fin octobre:

The Irrawaddy a rencontré l'un des hommes les plus recherchés par le régime militaire birman. Ce bonze dénonce la propagande et les exactions du régime. Il annonce que les manifestations pourraient bientôt reprendre de plus belle.

Selon U Obhasa, l'un des quatre bonzes les plus recherchés par la junte birmane, les manifestations pourraient reprendre à la fin du mois d'octobre, et ce malgré la mort d'au moins 100 bonzes et l'arrestation de 1 200 autres lors de la répression du mouvement prodémocratique de septembre.

"Notre peuple vit dans la pauvreté. Comment les bonzes pourraient-ils se taire devant cette réalité ? Ils se trouvent dans une situation terrible. Mais nous continuons de lutter pour le ‘dhamma' [la justice]. Nous allons bientôt reprendre nos activités, peut-être à la fin du mois d'octobre? Le dhamma l'emportera sur l'‘ah-dhamma' [l'injustice]".

U Obhasa décrit sa nouvelle vie errante, les changements de refuge, parfois quotidiens. "Cela fait des semaines que je n'ai pas dormi. Notre futur, même proche, est incertain." Obhasa explique que de nombreux bonzes sont toujours portés disparus et qu'on ignore où ils se trouvent.

Une cinquantaine de religieuses ont été arrêtées pendant la répression militaire contre la "sangha" [communauté bouddhiste] de Rangoon, qui a commencé le 26 septembre dernier. Selon lui, les informations faisant état de viols et d'abus sexuels commis par des soldats sur des religieuses sont crédibles. "Les soldats sont très brutaux", dit-il. A Rangoon et ailleurs, les bonzes et les pagodes restent les cibles prioritaires du régime militaire. "Quand les soldats repèrent un bonze dans la rue, ils le suivent", explique Obhasa.

Ces derniers jours, la junte a diffusé dans les médias gouvernementaux des images de haut gradés venus exprimer leur soutien aux bonzes par toutes sortes d'offrandes. Mais c'est contraints et forcés qu'ils ont du accepter ces dons des militaires, explique Obhasa. Une sangha a d'ailleurs lancé un appel national incitant les bonzes à refuser les grâces venant de militaires, de leur famille ou de leurs partisans.

Obhasa dément les informations selon lesquelles un stock d'explosifs aurait été découvert dans une pagode de Rangoon et dénonce une manœuvre du gouvernement visant à les discréditer. Il affirme que l'attaque menée dans la nuit du 26 septembre par les forces de sécurité contre la pagode de Ngwe Kyar Yan, dans le nord d'Okkalapa, près de Rangoon, a entraîné la mort de 8 bonzes, laissant les couloirs et les chambres de la pagode ensanglantés.

Il espère également que l'envoyé spécial des Nations unies, Ibrahim Gambari, et la communauté internationale pourront faire pression sur la junte pour trouver un terrain d'entente avec le mouvement prodémocratique. Il s'est dit déçu par les positions de la Chine et de l'Inde. "Ils [la Chine et l'Inde] ne cherchent qu'à profiter du Myanmar. Ils devraient aider le malheureux peuple birman à combattre pour la liberté."

Selon les organisations de défense des droits de l'homme, près de 3 000 personnes ont été arrêtées à la suite des manifestations qui ont éclaté dans tout le pays. Les prisonniers seraient répartis en trois catégories : le groupe A pour les chefs du mouvement, les proches du groupe Génération 88 ou de la Ligue nationale pour la démocratie [mouvement et parti d'opposition] ; le groupe B pour ceux qui ont pris part aux manifestations et le groupe C pour ceux qui ont soutenu les manifestants.

source : courrierinternational



  • La junte birmane accepte la visite du Conseil des droits de l'Homme

Dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon vendredi, le ministre des Affaires étrangères birman Nyan Win propose que Paulo Sergio Pinheiro, expert de la Birmanie du Conseil des droits de l'Homme, se rende dans le pays avant le sommet de l'Association des nations du sud-est asiatique, qui doit avoir lieu le 17 novembre prochain.

Le Conseil des droits de l'Homme, qui n'a aucune autorité contraignante sur les pays-membres de l'ONU, avait condamné la répression des manifestations pro-démocratie en Birmanie fin septembre, lors d'une réunion extraordinaire le 2 octobre, appelant à l'ouverture immédiate d'une enquête sur la situation des droits de l'Homme dans le pays.

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, qui s'est déjà rendu en Birmanie après la répression des manifestations, ne devrait pas y retourner avant la mi-novembre, comme le Conseil de sécurité l'avait souhaité, faute de visa accordé par les autorités birmanes.
source : La presse Canadienne



  • Les Birmans sous la botte de leur junte:





En apparence; tout semble redevenu normal en Birmanie. Moins d’un mois après les manifestations de masse contre la junte militaire, et leur violente répression par l’armée, il ne reste presque aucune trace visible de ces événements. Dans les rues de Rangoun, l’ancienne capitale birmane, les petits commerces encombrent de nouveau les trottoirs, au pied des immeubles de l’époque coloniale à la splendeur décrépite.....

Sentiment diffus de malaise :
Quelques détails finissent cependant par apparaître au milieu de cette normalité apparente, faisant naître tout à coup un sentiment diffus de malaise.

Aux entrées de la grande pagode de Shwedagon, le principal lieu de culte bouddhiste du pays, qui dresse sa stupa dorée au centre de Rangoun, des militaires en faction surveillent attentivement les visiteurs. Des rouleaux de barbelés sont empilés à côté de leurs véhicules, et des boucliers antiémeute sont alignés, prêts à servir.
Autour du grand monument couvert à l’or fin, qui abrite, selon la croyance, huit cheveux de Bouddha, l’esplanade d’habitude occupée par une foule de pèlerins et de moines est anormalement déserte.
Le sanctuaire a été l’un des hauts lieux de la contestation religieuse, et l’armée y a procédé à des arrestations brutales de moines et de manifestants. La pagode de Shwedagon est restée fermée pendant plusieurs semaines avant de rouvrir, mais reste placée sous étroite surveillance militaire.

Lire la suite ICI


Le 26 octobre :


  • Aung San Suu Kyi rencontre un représentant de la junte: ICI

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a rencontré pour la première fois jeudi 25 octobre un haut représentant de la junte au pouvoir chargé des relations avec l'opposition. C'est la télévision d'Etat qui a annoncé la nouvelle.
Cette première rencontre jeudi entre l'opposante et un représentant de la junte survient alors que la pression internationale sur le régime militaire birman s'intensifie.

  • L'émissaire de l'Onu appelle à plus de dialogue : source : AFP

L'émissaire spécial de l'ONU, Ibrahim Gambari, a appelé vendredi à davantage de dialogue entre la junte birmane et Aung San Suu Kyi, au lendemain de la première rencontre de la dissidente avec un responsable birman.

"Ce n'est qu'une première étape", a-t-il dit à la presse après ses entretiens avec le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda. "Cela devrait permettre la reprise au plus vite du dialogue qui pourrait déboucher sur des résultats très concrets et tangibles", a dit l'envoyé spécial de l'ONU.

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, a rencontré jeudi à Rangoun le ministre du Travail Aung Kyi pendant un peu plus d'une heure.Elle a rencontré un représentant de la junte au pouvoir alors que la pression internationale sur le régime persiste et que l'émissaire spécial de l'ONU, Ibrahim Gambari, doit de nouveau se rendre en Birmanie début novembre.

Après la rencontre jeudi entre l'opposante birmane Aung San Suu Kyi et un représentant de la junte au pouvoir, il convient de rester "prudent" sur les intentions réelles du régime birman, ont estimé vendredi des analystes à Bangkok.Aung San Suu Kyi, assignée à résidence, s'est entretenue jeudi pendant une heure avec le ministre du Travail Aung Kyi, chargé le 8 octobre par la junte d'établir des contacts avec la dirigeante de l'opposition.

Chose rare, la télévision officielle a diffusé de brèves images des deux personnalités en train de parler, sans donner de détails sur la teneur de leur discussion. "Cette rencontre est significative dans le sens où le régime militaire et Aung San Suu Kyi ont enfin eu une discussion", a déclaré à l'AFP Chaichoke Chulsiriwong, spécialiste de la Birmanie à l'université Chulalongkorn de Bangkok.

"Mais il faut rester prudent (...) car on ne peut jamais faire confiance à la junte militaire", a ajouté M. Chulsiriwong pour qui "les généraux vont tout faire pour tenter d'atténuer la pression internationale, très forte après la répression" des manifestations de la fin septembre. "Le régime est sous pression, il doit montrer qu'il fait quelque chose, mais il n'y a pour le moment aucune avancée", a estimé Debbie Stothard, de l'organisation de défense des droits de l'Homme Alternative ASEAN Network on Burma.

"Fondamentalement, la situation (en Birmanie) n'a pas changé, la chasse aux sorcières se poursuit et des gens sont toujours emprisonnés", a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch s'est dite préoccupée jeudi par les "graves exactions" que l'armée birmane continue de perpétrer contre les minorités ethniques dans les zones rurales.

Lire l'article ICI






  • La police birmane s'est de nouveau déployée autour des principaux sites bouddhistes de Rangoun ( source : AFP)

Les forces de sécurité veulent prévenir de nouvelles manifestation.

Les forces de sécurités se sont massées, tôt ce matin, devant les pagodes de Sule et Scwhedagon.

Ce sont deux temples parmi les plus vénérés de Birmanie ; deux symboles de la révolte des moines.

C'est là que les bonzes se pressaient il y a tout juste un mois pour lancer leur révolte. Dans les rues de Rangoun, la police peut intervenir à n'importe quel moment.

Fusils d'assaut en main, fils de fer barbelés....tout est prêt pour empêcher le moindre rassemblement.

Les généraux inquiets


Après trois mois d'une vie stricte et austère, les bouddhistes peuvent à nouveau voyager et se déplacer dans le pays.

Voilà qui inquiète surement les généraux au pouvoir et qui peut expliquer la présence policière dans l'ancienne capitale coloniale.

Pour le moment, les autorités n'ont pas imposé de nouveau couvre feu. Le dernier a été levé dimanche dernier.

Les autorités birmanes veulent absolument persuader tous les observateurs que la situation est sous contrôle et que tout est redevenu normal.


Ainsi, si Rangoon est de nouveau en état de siège ce vendredi 26 octobre c'est bien que la junte mil taire au pouvoir en Birmanie craint de nouvelles manifestations Des centaines de policiers anti-émeutes armés de fusils et de gaz lacrymogènes ont pris position dans la capitale. La sécurité a été particulièrement renforcée autour de la pagode de Shwedagon.

Cela confirme donc les rumeurs à propos des "manifestations qui pourraient reprendre fin octobre" (voir article plus haut)


Le 27 octobre


  • Le leader des moines bouddhistes s'est échappé

Ashin Kovida, 24 ans, s'est caché pendant deux semaines dans une hutte en bois, sans eau ni lumière, narre le NYT. Quand il a appris que sa mère adoptive avait été arrêtée, il s'est enfui, à pied, s'est teinté les cheveux en blond, a acheté un crucifix et, coiffé d'une casquette de base-ball et doté de faux papiers, a réussi à franchir la frontière avec la Thaïlande.

Le lendemain, le New Light of Myanmar, le quotidien officiel de la junte birmane, l'accusait d'avoir stocké 48 cartouches de TNT dans son monastère. Ce moine bouddhiste avait été élu à la tête des 15 jeunes moines chargés d'organiser les manifestations pacifiques de septembre dernier. 8 ont disparu, 6 se cachent encore en Birmanie.

Il dit s'être inspiré des vidéos sur le soulèvement, en Yougoslavie, contre Slobodan Milosevic. Tous les soirs, il rencontrait la police birmane pour préparer les défilés du lendemain, et assurer leur sécurité, rapporte le Post. Quand le régime a vu des policiers refuser de tirer, et applaudir les manifestants, une unité d'élite a été appelée à la rescousse, et les soldats ont commencé à frapper, et tuer, les moines pacifistes.
source : ICI


Ashin Kovida aurait déclaré : ( source ICI )

"notre pays connait actuellement de grosses difficultés, nos droits humains sont bafoués, les gens sont affamés, les prix sont à la hausse et il y a tellement de violations des droits humains que nous allons poursuivre ces protestations pacifiques tous les jours jusqu'à ce que nous gagnons - il n'y a eu aucune violence jusqu'au 26 septembre date à laquelle la police anti émeute a bloqué et dispersé les moines violemment, ils nous ont ensuite tirés dessus, nous ont dépouillés, mis à nu et les détentions ont alors commencé, c'est alors que dans la confusion encore ambiante, j'ai réussi à m'échapper en escaladant un mur en brique - Dés le lendemain, j'ai changé de vêtements et adopté une chemise à manches courtes, j'ai alors fui vers un petit village à environ 65 kms de là où je me suis réfugié dans une petite baraque en bois abandonnée avec des amis ;
J'avais tellement peur qu'on nous repaire que j'ai du "étouffer" ma toux et ne plus quitter cet abri sans eau courante.... nous avons vécu durant 2 semaines dans le noir, seul un ami venait nous déposer un peu de nourriture - Le 12 octobre ma mère adoptive a été arrêté, j'ai alors fui dans la nuit .... petit matin, j'ai atterris dans la maison d'un ami ou j'ai à nouveau changé de vêtements et suis retourné vers Rangoon avec une casquette de base-ball sur la tête; C'est là que des amis m'ont aidé à me teindre les cheveux, j'ai alors pris un bus pour la frontière Thaïlandaise quelques jours plus tard et après un nombre incroyable de check point où je présentais toujours ma fausse carte d'identitée, nous sommes arrivé à "Myawadi " le 17 octobre - c'est le lendemain matin que j'ai traversé la rivière, soulagé...."






  • Où sont les robes safran ? (par Ariane Chemin pour lemonde)

Sous la lune pleine et rousse, on aperçoit quelques montgolfières de papier, gonflées par la flamme de la torche qui brûle à l'intérieur. Les petites filles alignent des bougies devant les maisons, les garçons font claquer des pétards, mais, vite, tout le monde va se coucher. "D'habitude, le jour de la Fête des lumières, le ciel est illuminé de ces lampions volants", raconte un badaud. C'est peu dire que, ce vendredi 26 octobre, une semaine après la levée du couvre-feu, le nouveau solstice est fêté sans enthousiasme en Birmanie. "Pas envie", sourit laconiquement une jeune fille. Comprendre : le coeur n'y est pas. La peur, en revanche, si.
(...)

Où sont les moines ? Lourde question. Certains sont toujours emprisonnés. D'autres ont été libérés des écoles, gymnases ou établissements publics où on les avait parqués, et souvent battus, selon les rares témoignages recueillis. "On les a laissés sortir à condition qu'ils retirent leur robe", confie un supérieur de monastère. Certains religieux ont été "reconduits" dans leurs villages d'origine par l'armée, ajoute Thierry Ribaux, délégué adjoint du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Birmanie. D'autres se cachent dans les villes. Jeune bonze de 24 ans, Ashin Kovida, un des leaders des marches, a trouvé refuge à Mae Sot, de l'autre côté de la frontière thaïlandaise, et réclame le statut de réfugié politique.

Qu'il s'agisse des bonzes ou des autres manifestants, le nombre d'arrestations reste invérifiable. Le CICR n'a plus accès aux lieux de détention birmans depuis la fin de l'année 2005, et reçoit juste les demandes de "plusieurs dizaines de familles" à la recherche de disparus. "Personne n'a une grande idée de ce qui se passe", confesse M. Ribaux. Jusqu'à ces derniers jours, des récits d'arrestations en pleine nuit ont été recueillis par des voisins. Il semble que les policiers n'emprisonnent pas forcément tous ceux qu'ils interpellent. L'essentiel, c'est de faire peur. Et c'est réussi.

Dans les postes de police, on ne fait guère de distinction entre ceux qui participaient aux manifestations, ceux qui applaudissaient le défilé, ou ceux qui, au balcon, le regardaient simplement. On les confronte et les confond avec les clichés pris dans les cortèges. "La junte, au fond, c'est une Stasi (police secrète de l'ex-RDA) avec des appareils numériques, dit un diplomate européen. Ils ont attendu quelques jours, ont contrôlé leurs tirs, finalement assez rares, et arrêté ceux qu'ils voulaient prendre."

"Je ne peux pas spéculer sur des chiffres officiels sous-évalués, mais je peux dire qu il y a eu des milliers d'arrestations, explique l'ambassadeur de France Jean-Pierre Lafosse. Pour la Ligue nationale pour la démocratie, les autorités ont avancé le chiffre de 276. Ils ont arrêté un porte-parole, Myin Thein, ainsi qu'un autre dirigeant, Ou La Peh. Les plus âgés, chefs de file de 1988, semblent avoir été épargnés." Comme si ces universitaires, aujourd'hui affaiblis par des années de prison, ne représentaient plus un danger.

Milices et militaires en civil sont partout et nulle part. Dans les échoppes en plein air où les Birmans boivent leur thé, les tabourets sont aux trois quarts vides. "On s'y sent épié", explique une habitante de Rangoun. Une bribe de conversation échangée sur un trottoir avec un touriste, et voilà le Birman qui prévient : "Je vais devoir arrêter. Après, "ils" viennent me voir, m'interrogent sur ce que j'ai dit, et me demandent de l'argent."

Le New light of Myanmar, quotidien de la junte, met en garde chaque jour ses lecteurs, dans deux pleines pages de placards publicitaires, contre les "mensonges" des médias "saboteurs", notamment de la BBC ou de la Voice of America. "Moralement, l'image des militaires est dégradée, note un professeur birman. Moi, je ne les aimais pas, mais maintenant je ne parle plus avec eux. Certains passent leur chemin sans les regarder, d'autres, les plus courageux, les fixent d'un air mauvais." Les jeunes, plus téméraires, assortissent leurs oeillades d'un discret petit signe de l'index le long du corps, en mimant le déclic d'une gâchette.

Quand, vendredi, les militaires sont passés dans les maisons vendre leur calendrier où s'affichait la photo d'un Bouddha, la jeune maman qui avait tant cru aux manifestations le leur a acheté sans broncher. La junte tente d'imposer un retour à la normale. Lien essentiel avec l'étranger, Internet a été rétabli. Tous les soirs, la speakerine de la télévision d'Etat distille, sans même essayer d'y mettre le ton, les "bonnes" nouvelles du jour. A Rangoun, les coupures d'électricité ont repris : une à deux par jour. La routine.

Seul détail qui gâche le tableau offert aux 264 000 touristes qui se rendent chaque année au Myanmar : les hôtels, d'ordinaire remplis en ce début de saison sèche, sont vides. Sous les néons jaunes des halls déserts, le voyageur peut lire sans risquer d'être dérangé le New light (il fait toujours bon en exposer une pile), voire un numéro de Newsweek. Mais délicatement amputé, au cutter, de ses articles consacrés à la "révolution safran".

Lire l'article en entier : lemonde.fr



Le 29 octobre


  • Tribune de M. Bernard Kouchner:

La tragédie birmane vient de connaître un nouvel épisode. Les manifestations pacifiques du peuple birman ont montré qu’il avait soif d’évolutions et de changements. Mais une nouvelle fois, le régime militaire est resté sourd à ses aspirations démocratiques. Une nouvelle fois, des hommes et des femmes de ce pays ont été tués, brutalisés et emprisonnés pour leurs idées et pour avoir réclamé de vivre dans la dignité.

La communauté internationale a unanimement condamné ces répressions. L’Union européenne a adopté de nouvelles sanctions afin que la junte subissent les conséquences de ses actes. Le Conseil des droits de l’Homme s’est prononcé à l’unanimité contre la répression. Enfin, le Conseil de sécurité des Nations Unies a exigé la libération des prisonniers politiques et l’engagement d’un dialogue avec l’opposition. La mission de bons offices de M. Gambari, émissaire personnel du Secrétaire général des Nations Unies, recueille ainsi le soutien de la communauté internationale tout entière. Toutes ces réactions sont salutaires.

Mais nous pensons avant tout au peuple birman. Il ne doit pas être pénalisé deux fois : payant déjà cher d’être soumis à un régime indifférent à ses souffrances, il ne devrait pas se voir, sous l’effet des sanctions internationales, privé de toute possibilité de contacts avec l’étranger. Depuis 1962, le pouvoir militaire veut le couper du monde. Ne l’y aidons pas.

Il est ainsi indispensable que le rapporteur des Nations Unies pour la situation des droits de l’Homme en Birmanie, M. Sergio Pinheiro, se rende sur place afin de faire toute la lumière sur les violations des droits de l’Homme.

Lire la suite de cette Tribune ICI

  • Bernard Kouchner propose la création d'un fonds pour le Myanmar

Le chef de la diplomatie française a proposé la création d'un fonds pour inciter le Myanmar à s'ouvrir à la démocratie, en appelant la Chine et l'Asie du Sud-Est à exercer davantage de pressions sur la junte au pouvoir à Rangoun.

Bernard Kouchner n'a pas donné de précisions sur le montant de ce fonds, ni précisé qui l'administrerait et qui en seraient les bénéficiaires. Il a toutefois suggéré l'idée que l'argent soit distribué au Myanmar sous forme de micro-crédits.


"Nous devons proposer des mesures incitatives. Des sanctions et des mesures incitatives", a dit le ministre français aux journalistes à Singapour, l'une des étapes de sa tournée en Asie

Lire l'article du monde ICI



Le 30 octobre


  • Un demi-million de déplacés au Myanmar. ( article ICI )

L'organisation HRW qui surveille le respect des droits de l'homme dans le monde entier affirme que plus de 500 000 personnes ont été obligées par l'armée de quitter leur domicile.

Des villages entiers se sont vidés, et les populations ont été regroupées dans des camps militaires construits à la hâte où elles vivent dans des conditions inhumaines.

De la même manière que la junte militaire s'est attaquée aux moines et aux manifestants, elle s'attaque aux minorités ethniques sous prétexte que certaines vivent dans des zones où sévissent de petites guérillas réclamant leur autonomie.

Alors que 500 000 personnes ont été évacuées de force, le HRW signale qu'une centaine de milliers d'autres personnes ont fui leur village et se cachent actuellement dans les montagnes de crainte des répressions militaires.

Le HRW rappelle aussi que l'ethnie Karen qui lutte depuis l'indépendance du pays pour son autonomie est victime d'un véritable génocide. L'armée attaque régulièrement ses villages, brûlants champs et maisons, contraignant les populations à fuir dans les montagnes.
40 000 membres de cette ethnie sont déjà internés depuis plus d'un an dans des camps militaires, tandis que 150 000 autres personnes se sont réfugiées en Thaïlande.

Selon le HRW la recrudescence de cet acharnement contre cette ethnie ne serait pas liée aux dernières manifestations, mais bien au projet du gouvernement de construire un gigantesque barrage hydroélectrique qui inonderait grand nombre de vallées fertiles occupées par les Karen.

Le HRW a saisi l'ONU, car cette chasse aux ethnies ressemble de plus en plus à un génocide et les populations déplacées se retrouvent dans des conditions de vies misérables...



  • Pour Bernard Kouchner : un changement abrupt du régime birman "impossible"

Bernard Kouchner estime, mardi 30 octobre, qu'un changement de régime en Birmanie est "impossible" à réaliser immédiatement. Le ministre des Affaires Etrangères se prononcerait ainsi pour que la communauté internationale encourage des réformes progressives dans ce pays.
"Nous lançons un processus", a déclaré Bernard Kouchner lors d'une conférence de presse à Bangkok, deuxième étape d'une tournée en Asie après Singapour (lundi) et avant Pékin (mercredi et jeudi).
"Nous ne voulons pas changer le régime (militaire en Birmanie) immédiatement, du jour au lendemain. C'est impossible, ridicule et contre-productif", a affirmé le ministre français après un entretien avec son homologue thaïlandais, Nitya Pibulsonggram.

Lire l'article entier : nouvelObs



Le 31 octobre:

  • Gambari attendu à la fin de la semaine pour une nouvelle mission: ICI

L'émissaire de l'ONU Ibrahim Gambari se rendra en Birmanie à la fin de la semaine pour une nouvelle mission de médiation, ont indiqué mercredi un responsable birman et un diplomate occidental.

Selon le diplomate occidental, M. Gambari séjournera en Birmanie du samedi 3 au jeudi 8 novembre.


  • Une centaine de moines manifestent ce jour


Une centaine de moines ont défilé mercredi dans une ville du centre de la Birmanie pour la première fois depuis l'écrasement du mouvement de protestation populaire fin septembre, selon des témoins.

Les moines ont marché pendant environ 30 minutes dans la ville de Pakokku (environ 500 kilomètres au nord de Rangoun) en récitant des prières mais sans proférer de slogans hostiles au pouvoir. "C'est très étrange, ces moines défilaient pour la première fois depuis la répression" a indiqué une habitante de cette ville.


source : courrierinternational


Remarque personnelle: les moines bouddhistes de la tradition théravada ne récitent pas de prière, pas au sens religieux du terme.
Bouddha n'était pas un Dieu alors les moines ne prient pas, ils méditent ou récitent des chants Metta, donc rien à voir avec la prière comme on l'entend en occident.





7) LIENS


Depuis le début de mes messages sur la Birmanie , j'ai donné de nombreux liens, en voici d'autres:

  • Burma Project ( En anglais) : Le « milliardaire philanthrope » George Soros finance, par le biais de son Institut pour une société ouverte (OSI), nombre de projets. Ce site est une mine d’informations et d’analyses.





vendredi 19 octobre 2007

Birmanie ce n'est pas fini...

Mise à jour au 21 octobre



"tout comme le vaste océan n'a qu'un seul goût, le goût du sel, de la même manière mon enseignement n'a qu'un seul goût,
le goût de la liberté"
le Bouddha






-Avant dernier message : Un moine peut-il manifester?

- Tous les messages de ce blog sur la Birmanie : Plan détaillé

- Naissance d'un site sur le bouddhisme engagé : Karuna, la compassion en action :
Ce site se propose de faire un lien entre toutes les informations, pétitions et actions non violentes engagées (dans le Monde) pour le bien de tous les êtres...








Les différents soutiens à la Birmanie (suite)-


  • Rassemblement à Paris pour les victimes de la répression en Birmanie

Un rassemblement est organisé dimanche place de la République à Paris à la mémoire des victimes civiles et religieuses de la répression en Birmanie, ont annoncé les organisateurs.

Ce moment de recueillement, dimanche 21 octobre à partir de 18H00, sera marqué par une minute de silence et des prières des diverses communautés religieuses invitées (bouddhistes, musulmans, chrétiens). Il se tiendra sous le portrait de la dissidente birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, qui est accroché place de la République.

Parmi les organisateurs figure l'Union Bouddhiste de France.


  • Le 21 octobre 2007, Info Birmanie organise un rassemblement à 15h00, Quai de la Tournelle sur la « Péniche de la paix ».

La Péniche de la paix, décorée aux couleurs des démocrates birmans et des moines bouddhistes, se déplacera sur la Seine, à titre de soutien symbolique envers le peuple birman. Elle sera visible depuis la passerelle de Bercy à partir de 14h00, contournera l’île Saint Louis et l’île de la cité jusqu’au Quai de la Tournelle où elle s’amarrera à 15h00.

Toutes les organisations, associations et citoyens sont appelés à se rendre au rassemblement en solidarité avec le peuple birman et son combat pour la liberté et la démocratie en Birmanie, Quai de la Tournelle de 15h00 à 16h00. La situation des droits de l’Homme, le combat mené par les démocrates et moines bouddhistes et, de façon plus générale, l’avenir de la Birmanie seront abordés lors de ce rassemblement.

D’autre part, un peu plus tard dans la journée, de 18h00 à 21h00, la communauté birmane de France, organise une veillée de prière en hommage à tous les prisonniers politiques, moines et civils arrêtés depuis le début des manifestations, devant le portrait d’Aung San Suu Kyi, Place de la République.
Source Info birmanie








Articles et Reportages (suite) - Mise à jour au 21 octobre


Le 21 octobre :


  • suite de : une «chasse aux sorcières» au Myanmar
Amnesty International a rendu publics de nouveaux témoignages audio et vidéo des descentes de police nocturnes, des arrestations arbitraires et des conditions de détention effroyables au Myanmar. L’organisation a également recueilli les déclarations de deux militants connus des droits humains peu avant leur arrestation

La diffusion de déclarations audio faites depuis le Myanmar et d’interviews filmées de Birmans forcés de fuir en Thaïlande au cours de ces derniers jours intervient après l’arrestation le week-end dernier de six personnes, parmi lesquelles des militants connus tels que Htay Kywe, Mie Mie et Aung Thu, tous membres du groupe étudiant Génération 1988. « Ces témoignages de domiciles perquisitionnés la nuit, de proches pris en otages et de personnes regroupées dans des centres de détention surpeuplés dans des conditions sanitaires plus que précaires démentent de façon flagrante les affirmations des autorités qui persistent à dire que la situation est redevenue normale au Myanmar. Les arrestations du week-end dernier contredisent aussi les affirmations des autorités qui prétendent ne détenir aucun prisonnier », a déclaré Catherine Baber, directrice du programme Asie-Pacifique d ‘Amnesty International.

Les derniers témoignages, filmés ou enregistrés à partir d’entretiens téléphoniques par une équipe de chercheurs d’Amnesty International à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar, incluent les récits de témoins oculaires de scènes de violence, au cours desquelles des manifestants et des passants ont été frappés sans distinction, lors du mouvement de protestation du mois dernier. Des enfants et des moines ont même été frappés.

Certains blessés saignaient tellement qu’il était impossible de dire d’où le sang coulait. Certains des moines avaient perdu le haut de leur tenue. J’ai vu des civils essayer de porter secours à un moine blessé. La plupart des blessés étaient touchés à la tête. Les policiers anti-émeutes visaient la tête », a expliqué un moine de trente et un ans, témoin d’affrontements violents entre des manifestants et des policiers à la pagode Shwe Dagon le 26 septembre. Source : amnestyinternational



  • Malgré la levée du couvre-feu, les habitants de Rangoun ont peur: ICI

Malgré la levée du couvre-feu instauré fin septembre, les habitants de Rangoun ne cachent pas leur inquiétude, voire leur peur, face à un régime militaire qui a violemment réprimé les manifestations d'opposition et sur lequel la pression internationale s'accentue.

"J'aimerais retourner à la pagode Shwedagon, mais je n'ose pas, j'ai trop peur".


  • La Chine discute du Soudan et de la Birmanie avec le secrétaire général de l'ONU: ICI

La Chine a échangé sur les tensions au Soudan et en Birmanie avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a déclaré dimanche le ministère chinois des Affaires étrangères.

La Chine a été vivement critiquée de ne pas avoir usé de son influence sur les gouvernements soudanais et birmans pour essayer de soulager les crises humanitaires majeures que connaissent les deux pays. Certains groupes internationaux défenseurs des droits de l'Homme ont appelé au boycotte des Jeux Olympiques de Pékin l'an prochain si la Chine n'agissait pas...

Les Chinois ont également été soumis à une pression internationale croissante en vue d'user de leur influence sur la junte birmane au pouvoir pour presser le régime à manifester de la retenue, après la violente répression des manifestants pro-démocratie...


du 19 au 20 octobre

  • La fin du couvre feu, mais je l'espère, pas la fin du mouvement pour la Démocratie.

La junte militaire a annoncé samedi qu'elle levait le couvre-feu imposé suite aux manifestations en faveur de la démocratie.


  • La mesure de la fin du couvre feu a été annoncée par des camions
La Mesure a été annoncée par des camions munis de haut-parleurs sillonnant les rues de la principale ville du pays.
On ignore pour le moment si l'interdiction de tout rassemblement de plus de cinq personnes a également été supprimée.

Le couvre-feu avait été décrété le 25 septembre, au début de la répression par l'armée du mouvement de protestation pacifique lancé par les moines et suivi par une bonne partie de la population. lemonde

La levée du couvre-feu à Rangoun intervient alors que le président George W. Bush a annoncé vendredi un durcissement des sanctions américaines contre la junte militaire et a appelé la Chine et l'Inde à renforcer leurs pressions sur leur partenaire birman.

Et comme par hasard, La junte militaire au pouvoir en Birmanie a intensifié ses efforts pour avoir des discussions avec l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, lançant samedi un très inhabituel appel au compromis dans la presse officielle.

Cette main tendue pour des discussions fait également suite à l'annonce, par le président américain George W. Bush, de nouvelles sanctions contre les militaires birmans.



  • Manifestation devant l'ambassade de Chine à Bruxelles:

Près de 300 personnes ont manifesté samedi après-midi devant l'ambassade de Chine à Bruxelles afin de marquer leur soutien à l'opposition birmane et engager la Chine à prendre ses distances vis-à-vis de la junte militaire birmane.


Les organisateurs ont affirmé que la répression allait crescendo et que la torture était devenue chose courante. Les opposants comptent sur l'appui de la Communauté internationale, ont-ils dit.

En tant que principal partenaire économique de la Birmanie, le poids de la Chine est primordial et elle devrait changer d'attitude et se joindre à la communauté internationale, ont ajouté les organisateurs, appelant à l'embargo sur la livraison d'armes à la junte birmane et au boycott économique du pays. Les manifestants ont aussi appelé les sportifs participant aux prochains Jeux Olympiques en Chine à y porter un bracelet jaune, en signe de soutien à l'opposition. source : ICI



  • Birmanie, heure par heure c'est fini ?

Depuis le début des manifestations en Birmanie, le site tempsreel.nouvelobs donnait des nouvelles jour par jour, voire heure par heure.
J'en avais d'ailleurs fait une sous rubrique dans la rubrique "Articles et Reportages".
Mais depuis le 16 octobre, plus rien...



  • Un opposant libéré au Myanmar en raison de son âge (82 ans)

RANGOUN (Reuters) - Un Birman de 82 ans, membre de la Ligue nationale pour la démocratie de l'opposante Aung San Suu Kyi, a été remis en liberté vendredi malgré une condamnation à cinq ans de prison pour sa participation aux manifestations du mois dernier.
"Ils ont dit que c'était en raison de mon âge", a déclaré Sein Kyaw, qui comptait parmi les cinq partisans de l'opposition condamnés cette semaine à de longues peines de prison dans l'Etat de Rakhine, au nord-ouest de Rangoun.


"Je pense qu'U Kyaw Khine sera également libéré bientôt. Il est encore plus âgé que moi", a-t-il ajouté, évoquant un autre membre du groupe condamné à sept ans et demi de prison, qui selon ses proches, n'était pas présent lors des manifestations durement réprimées par la junte au pouvoir depuis 45 ans. Source : lemonde


Cela veut donc dire que les militaires n'ont pas hésité à arrêter une personne de 82 ans qui aurait simplement manifesté et à le condamner à 5 ans de prison !



  • 1.200 prisonniers politiques au Myanmar avant la répression:

La junte birmane détenait 1.200 prisonniers politiques avant la répression du mouvement de contestation de septembre, selon le rapporteur spécial de l'Onu sur les droits de l'homme au Myanmar.
Le rapport que Paulo Sergio Pinheiro doit remettre la semaine prochaine aux Nations unies précise que le nombre de prisonniers politiques en ex-Birmanie est passé de 1.100 en 2005 à 1.192 fin juillet.

Décrivant une "culture de l'impunité qui prévaut au Myanmar", le rapport Pinheiro brosse sur 19 pages le portrait d'un pays où les crimes contre les droits de l'homme (arrestations arbitraires à des fins d'expropriation, conditions de détention cruelles, travail forcé) sont généralisés.

"Le rapporteur spécial a eu connaissance de nombreuses accusations de villageois sévèrement punis parce qu'ils refusaient le travail forcé", peut-on lire dans le rapport dont Reuters s'est procuré une copie.

Les exactions sont particulièrement fréquentes dans les régions orientales peuplées par les Karens, une ethnie représentée par un mouvement de rébellion, à proximité de la frontière thaïlandaise.

Lire l'article en entier ICI



  • Bush annonce un durcissement des sanctions contre la junte birmane
Le président George W. Bush a annoncé vendredi un nouveau durcissement des sanctions américaines contre la junte militaire birmane, et a appelé la Chine et l'Inde à se joindre à ses efforts pour forcer les généraux à une transition démocratique.

En annonçant des mesures de rétorsion contre la junte pour la deuxième fois en moins d'un mois, M. Bush signale qu'il n'entend pas relâcher la pression et il a signifié vendredi que d'autres sanctions pourraient encore suivre.

Mais il a lui-même reconnu en début de semaine les limites de l'action américaine si elle n'est pas soutenue par des partenaires de la Birmanie aussi importants que la Chine et l'Inde. Source : courrierinternational





Pas de changement sans l'armée:


L'émissaire des Nations Unies Ibrahim Gambari et
le ministre des affaires étrangères birman Syed Hamid Albar



Ex-haut fonctionnaire de l'ONU, Thant Myint-U vit entre New York et l'Asie. Historien, il est le petit-fils de l'ancien secrétaire général des Nations unies U Thant. Il s'exprime sur la crise birmane alors que l'émissaire des Nations unies, Ibrahim Gambari, doit se rendre à nouveau en Birmanie à la fin du mois de novembre. A Rangoun, un journal officiel a mis en cause, jeudi 18 octobre, le rôle des moines dans les manifestations qui ont entraîné une violente répression en septembre.


Après quelques signes de bonne volonté, la junte militaire birmane est apparemment en train d'intensifier la répression. Que faut-il comprendre ?

Il y a deux choses distinctes : il est clair que les militaires n'étaient pas prêts à laisser le mouvement de protestation s'étendre, donc ce qui se passe en ce moment est sans doute la poursuite de la répression, qui continuera jusqu'à ce qu'ils aient totalement rétabli leur autorité. Parallèlement, ils ont accepté de donner quelques signes d'ouverture à la communauté internationale. Que veulent-ils faire ensuite ? Probablement, ils ne le savent pas eux-mêmes. Leur attitude n'est pas fondamentalement pensée. Ils testent. Nous ne savons pas s'ils se sentent sûrs d'eux, à l'intérieur comme à l'extérieur. C'est un régime d'une extrême opacité. Mais si le passé peut servir de leçon, ils ne bougeront que lorsqu'ils se sentiront vraiment en sécurité.

Qu'est-ce qui peut les faire bouger ?

Je crois qu'on a tort de se focaliser seulement sur le mouvement de protestation, l'opposition et Aung San Suu Kyi. La situation est beaucoup plus complexe, il faut aussi prendre en compte l'économie, la militarisation du pays, les deux douzaines de minorités ethniques, le conflit armé dans certaines régions. Il y a un besoin urgent d'assistance humanitaire. Il ne faut pas oublier que le mouvement de protestation trouve son origine non pas dans la revendication politique mais dans le désespoir économique. Quelle que soit sa politique, ce pays a droit à l'aide internationale. L'Occident n'y a plus beaucoup d'influence, il peut en avoir par l'humanitaire. Il faut obtenir que le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) ait de nouveau accès aux détenus, on entend des accusations de torture et de mauvais traitements, il faut absolument s'occuper des prisonniers.

A long terme, je suis opposé aux sanctions. Aussi longtemps qu'on ne pourra pas faire bouger les choses économiquement et politiquement, on sera dans l'impasse. Il faut arrêter de frapper à grands coups sur la porte de devant et essayer d'entrer par la porte de derrière, faire preuve de créativité pour trouver des moyens d'influer sur la vie économique. On a perdu une occasion au début des années 1990, lorsque les militaires ont tenté d'ouvrir et de réformer l'économie ; si on avait participé à cette ouverture, on serait en bien meilleure position aujourd'hui pour peser sur un changement démocratique.

Donc les pays occidentaux se trompent de stratégie ?

Si le monde entier s'y mettait, alors oui, les sanctions pourraient être utilisées comme une menace efficace. Mais puisque les pays d'Asie ne vont pas s'arrêter de faire du commerce avec la Birmanie, la position de l'Occident n'a pas de sens. Il serait aussi très mauvais que l'Asie soit seule à entretenir des relations avec la Birmanie. Si la Birmanie reste coupée de l'Occident et ne peut avoir de relations commerciales qu'avec la Chine et l'Inde, elle deviendra une sorte de parent pauvre de ces deux géants, ce qui sera catastrophique.

Vous mettez en garde ceux qui prônent un "changement de régime" contre les risques d'anarchie, d'un scénario à l'irakienne. Il ne peut donc y avoir aucune transition sans les militaires ?

Absolument, et Aung San Suu Kyi elle-même le reconnaît. Aucun scénario de changement sans l'armée ne tient debout, car c'est la seule institution qui empêche ce pays de s'effondrer. Après, il faut planifier, prévoir d'autres possibilités. Il y a une chose qu'on ne réalise pas, c'est à quel point ce pays est au bord de la désintégration sociale, à quel point sa décomposition s'est accélérée. On atteindra bientôt un stade où la crise sera tellement aiguë que tout scénario politique sera irréaliste. En Birmanie, on traverse des villes et des villages où, en dehors de l'armée, plus aucune institution ne fonctionne, ou alors dans un état d'extrême faiblesse. Il n'y a pas d'administration, la santé publique n'existe plus, l'éducation s'est écroulée, l'économie est exsangue.
Propos recueillis par Sylvie Kauffmann pour lemonde.fr



  • Un simulacre de démocratie: La junte nomme une commission chargée de rédiger la Constitution

Le régime militaire birman a nommé les 54 membres de la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution du pays dont les grands principes ont déjà été approuvés par la Convention nationale à l'issue d'un processus de 14 ans, ont annoncé jeudi les médias birmans.

Le junte a promis d'organiser un référendum sur la nouvelle Loi fondamentale. Des élections pourraient ensuite être organisées.

La Convention nationale, processus de pourparlers contrôlé par la junte militaire et considéré comme un simulacre de démocratie par la communauté internationale, avait achevé ses travaux fin août. Elle avait pour tâche d'élaborer les principes d'une nouvelle Constitution. La Birmanie n'a plus de Constitution depuis 1988.

La junte au pouvoir n'a pas fixé de calendrier pour la suite du processus. Selon les analystes, la nouvelle Loi fondamentale ne fera qu'entérimer le rôle prépondérant de l'armée dans la conduite des affaires de l'État.

La commission, dont fait partie le ministre de l'Information, le général Kyaw Hsan, est présidée par le premier magistrat du pays, Aung Toe.

Selon les principes de la nouvelle Loi fondamentale, la dirigeante de l'opposition, Aung San Suu Kyi, pourrait être empêchée de se présenter à une élection présidentielle en raison d'une clause qui interdit aux candidats mariés à des étrangers de briguer cette fonction. Source : cyberpresse



  • Liberté de la presse

selon le classement annuel établi par Reporters sans frontières (RSF) la Birmanie arrive à la 164e place et RSF se dit "particulièrement inquiet" de la situation. "Les journalistes continuent de travailler sous le joug d'une censure implacable à laquelle rien n'échappe, même pas les petites annonces".
RSF s'inquiète également de la répression croissante dont sont victimes les blogueurs. source : lemonde



  • une «chasse aux sorcières» au Myanmar



Des moines et des militants au Myanmar ont parlé à Amnesty International de la brutale répression que subissent les personnes qui manifestent contre le gouvernement dans le pays.
Amnesty International a eu une série d’entretiens avec des militants de premier plan (dont Mie Mie, Htay Kywe et Nay Tin Myint), qui ont dénoncé la stratégie gouvernementale axée sur les opérations nocturnes, les arrestations arbitraires et les détentions dans des conditions épouvantables.

Ces témoignages directs sont publiés à la suite de l’arrestation, le week-end passé, de six personnes, parmi lesquelles figurent Htay Kywe, Mie Mie et Aung Thu, tous trois membres du mouvement Étudiants de la génération 88.

«Nous avons vu la police demander de l’argent à des familles de détenus en échange de la libération de leur proche. Les jeunes qui vont au bureau ou à l’école sont non seulement interpellés et soumis à des contrôles, mais aussi volés», déclarait Mie Mie, militante reconnue des droits humains, peu avant son arrestation le 13 octobre.

Des Birmans réfugiés à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar ont raconté les violences infligées par la police antiémeutes à des manifestants et à de simples passants, y compris à des femmes et à des moines.

«Certains blessés avaient tellement de sang sur le corps qu’il était impossible de dire d’où il venait. Certains moines avaient perdu la partie supérieure de leur robe. J’ai vu des civils essayer d’aider un moine blessé. La plupart de leurs blessures se situaient à la tête. C’est la tête que visaient les policiers antiémeutes», a indiqué un moine de trente et un ans témoin de confrontations entre manifestants et policiers à la pagode Shwe Dagon le 26 septembre.

Peu avant son arrestation, Htay Kywe avait déclaré, depuis sa cachette, que «la communauté internationale doit faire preuve de fermeté pour empêcher de nouvelles violations». Il avait aussi appelé «la communauté internationale à apporter toute l’aide possible» dans ce but.

Htay Kywe, Mie Mie et Aung Thu ont participé aux premiers défilés de protestation, au mois d'août. Ils ont rapidement été contraints à se cacher, lorsque les autorités ont lancé une chasse à l’homme pour traquer ceux qu’elles considéraient comme les organisateurs des manifestations, en particulier Htay Kywe. Le 21 août, 13 militants importants du groupe Étudiants de la génération 88 ont été arrêtés lors d’une opération nocturne.
source : amnesty.international



  • Birmanie : les écrivains face à la dictature

La littérature birmane au début du XXIème siècle semble presque anéantie du fait que le pays, la Birmanie devenue Myanmar depuis 1989, est tombé dans les mains d’une Junte militaire. Effectivement, « anéantie » est le mot qu’un célèbre auteur birman en exil a employé pour décrire sa situation d’écrivain en Birmanie. Le monde entier a pu voir lors des dernières répressions survenues notamment envers les moines bouddhistes birmans Theravada [1] manifestant calmement et d’une manière non-violente, que la Junte militaire contrôle consciencieusement tous les domaines de la vie...

Lire cet article en entier ICI


  • Un moine condamné à sept ans et demi de prison : ICI

La justice birmane a condamné un moine bouddhiste à sept ans et demi d'emprisonnement pour avoir participé aux manifestations contre la junte militaire au pouvoir, a révélé une source au sein d'un monastère. Le religieux risque l'envoi dans un camps de travail.
Le moine, âgé de 26 ans, a été jugé et condamné lors d'un procès à huis clos à Sittwe (nord-ouest). Il représente le premier cas connu de condamnation liée aux manifestations menées par les moines dans plusieurs villes du pays, a ajouté la source.




Birmanie, un univers "orwellien":


  • George Orwell en Birmanie


George Orwell lui-même n’en reviendrait pas : les Birmans qui connaissent son fameux 1984 – et ils sont nombreux – n’hésitent pas à dire que c’est un texte visionnaire. A leurs yeux, ce qui se passe dans leur pays depuis près d’un demi-siècle, c’est simplement la mise en pratique, grandeur réelle, de ce que l’auteur imaginait être une fiction. Toujours selon ces connaisseurs avertis, depuis le coup de force militaire de 1962 et la succession des généraux à la tête d’une junte sans visage, pas de doute, ils vivent dans un univers orwellien sous la férule d’un Big Brother aux traits insaisissables. Est-ce parce qu’Eric Blair a personnellement connu, dans les rangs de la police britannique, l’atmosphère étouffante et les turpitudes de la société coloniale que le jeune homme d’à peine 24 ans dégoûté de tout a claqué la porte de l’Establishment pour aller voir ce qui se passait ailleurs ? Ou bien, en prenant le pseudonyme de George Orwell pour entrer en littérature, le futur écrivain voulait-il – sans en avoir pleinement conscience, comme il n’est pas rare de le faire en Birmanie – changer de nom pour changer de vie ?

La vieille coutume est toujours d’actualité : il suffit de rappeler la décision des militaires, dans le sillage de la répression de 1988, d’imposer le nom de Myanmar au lieu de Birmanie et, plus récemment, de déménager au débotté la capitale de Rangoun pour la calfeutrer dans une vallée boisée au milieu de nulle part, la baptisant Naypyidaw pour mieux s’y terrer. Par crainte d’une réaction populaire autant possible qu’imprévisible ? En tout cas, nombre de Birmans assurent que ce n’est pas un hasard si 1984 a germé dans l’imagination d’un homme épris de liberté qui a passé cinq ans de sa vie parmi eux. Pourtant, en créant son univers de cauchemar totalitaire, Orwell à l’époque visait bien plus le nazisme ou peut-être le système soviétique qu’une société coloniale en déclin au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Toujours est-il que l’ordinaire de la population dans la Birmanie des généraux renvoie sans relâche à l’univers paranoïaque de 1984...


aux yeux de la junte, l’autarcie est le meilleur bouclier pour se protéger des influences extérieures traditionnellement considérées comme néfastes d’où qu’elles viennent. D’où aussi une surveillance constante et toujours plus sophistiquée, même à l’heure d’Internet : à peine 25 000 adresses électroniques personnelles pour plus de 50 millions d’habitants. La possession d’un fax ou d’un modem sans autorisation officielle préalable est passible d’années de prison : autant pour la liberté d’expression. Quant à la liberté de circulation, elle est chichement accordée, sauf passe-droits et privilèges officiels, aux marins, heureux possesseurs d’un passeport pour leur travail – et encore doivent-ils rendre des comptes dès qu’ils rentrent au pays. Lire l'article en entier: liberation: ICI




Rapport sur La torture dans les centres d’interrogatoire et les prisons en Birmanie. Format PDF : ICI

Ce rapport dénonce la torture et les mauvais traitements qui ont lieu dans les centres d’interrogatoire et les prisons en Birmanie. Le détournement du système judiciaire crée les conditions qui facilitent l’usage de la torture et des mauvais traitements sur les prisonniers politiques : cette torture et ces mauvais traitements se passent en totale impunité



  • Lettre des étudiants de la Génération 88, Rangoon, Birmanie, Au Secrétaire Général M. Ban Ki-Moon:
Et aux représentants des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Comme vous le savez, nous sommes recherchés par la police et risquons d’être arrêtés à n’importe quel moment. Même dans de telles conditions, nous continuons à nous engager pour l’avènement d’une réconciliation nationale pacifique en Birmanie. Il est probable que cela soit la dernière lettre que nous vous envoyons avant d’être arrêtés et torturés : cette lettre est d’une urgence capitale.
Nous nous réjouissons de la déclaration du Conseil de sécurité des Nations Unies du 11 octobre 2007 dans laquelle le Conseil « déplore vigoureusement l’usage de la force à l’encontre des manifestants pacifiques en Birmanie et met l’accent sur l’importance d’une libération rapide de tous les prisonniers politiques et détenus ». Le Conseil de sécurité « insiste également sur la nécessité de la part du Gouvernement birman de créer les conditions favorables à l’établissement d’un véritable dialogue avec Daw Aung San Suu Kyi et l’ensemble des partis politiques et des minorités nationales concernés, dans le but de parvenir à une réconciliation nationale prenant en compte l’ensemble des acteurs sous l’égide des Nations unies. »
Nous espérions que cette décision unanime des membres du Conseil de sécurité permettrait de contraindre le régime militaire birman à cesser toute violence et arrestation contre les manifestants pacifiques, à traiter avec humanité les détenus et à relâcher l’ensemble des prisonniers politiques dont Daw Aung San Suu Kyi. La réaction du régime militaire birman est, en réalité, diamétralement opposée. Alors que le régime annonce au monde entier qu’il souhaite dialoguer avec Daw Aung San Suu Kyi, il n’hésite pas à utiliser la violence et les arrestations arbitraires pour venir à bout des forces démocratiques.
Le régime militaire birman a rapidement rejeté la déclaration du Conseil de sécurité à travers le communiqué No.3/2007 publié le 12 octobre 2007 dans le quotidien officiel, le New Light of Myanmar. Dans sa réponse, le régime militaire a prétendu que la déclaration du Conseil de sécurité ne correspondait pas aux aspirations de la population birmane dans son ensemble et qu’il poursuivrait le processus initié par la feuille de route en sept étapes.

Le 13 octobre 2007, trois des derniers dirigeants de notre groupe des étudiants de la Génération de 88, Htay Kywe, Aung Thu et Thin Thin Aye (Aka) et Mie Mie, furent arrêtés par les forces de sécurité.

Les militaires ont procédé à de nombreuses arrestations d’activistes à travers tout le pays et obligé des milliers d’étudiants, fonctionnaires et civils à participer aux grands rassemblements de soutien à la Convention Nationale organisés par la junte et à dénoncer les opposants.

Des milliers de manifestants, dont des moines et des étudiants, souffrent toujours de mauvais traitements et sont atrocement torturés dans des centres de détention. Certains sont même décédés lors de leurs gardes à vue. De nombreux moines sont contraints de quitter la robe monastique et sont envoyés dans des camps de travail forcé. Le régime militaire cherche à maintenir un climat de peur et le peuple birman vit continuellement dans la terreur et la brutalité.

Il apparaît ainsi que la déclaration du Conseil de sécurité n’a pas eu les effets escomptés et que des mesures plus fermes doivent être adoptées dans les plus brefs délais.



C’est la raison pour laquelle nous demandons au Conseil de sécurité des Nations unies :

1° d’adopter une résolution contraignante assortie de sanctions ciblées telles que l’interdiction d’investir en Birmanie et un embargo sur les armes. Le Conseil de Sécurité doit également appeler le régime :

- à cesser immédiatement les arrestations ainsi que les violences à l’encontre des manifestants pacifiques ;

- à libérer tous les détenus et prisonniers politiques dont Daw Aung San Suu Kyi ;

- à engager un dialogue politique ouvert et sensé avec la Ligue Nationale pour la Démocratie et les représentants des minorités nationales afin d’établir une véritable réconciliation nationale et la démocratie ;

- à cesser les offensives militaires et les hostilités dans les régions peuplées par les minorités nationales ;

- à lever toutes les restrictions imposées au CICR et aux ONG humanitaires ;

Le Conseil de Sécurité devra avoir recours à des sanctions plus fermes si ces demandes ne sont pas satisfaites.



2° de mandater à nouveau l’envoyé spécial des Nations unies, M. Ibrahim Gambari, en Birmanie et de lui demander d’y rester aussi longtemps que nécessaire pour faciliter un dialogue politique réellement significatif.

La présence permanente des Nations unies en Birmanie pour surveiller et contrôler la situation ainsi que pour faciliter le dialogue politique est dorénavant plus que nécessaire.

Nous demandons également au Secrétaire général :

3° D’immédiatement rentrer en contact avec le Général Than Shwe afin de l’exhorter à mettre un terme aux tortures infligées actuellement aux détenus et à satisfaire sans plus attendre les exigences exprimées dans la déclaration du Conseil de sécurité. Le rôle de l’ambassadeur Gambari est crucial mais l’implication du Secrétaire général est fondamentale à l’heure actuelle.

4° De la même manière, nous appelons les gouvernements russe et chinois à ne pas user de leur droit de veto au sein du Conseil de sécurité des Nations unies lors de l’adoption d’une résolution sur la Birmanie. Nous souhaitons cependant réaffirmer notre volonté de travailler avec la Chine et la Russie. Nous considérons ces pays comme amis et leur demandons humblement de bien vouloir faire preuve de compréhension à l’égard de notre situation critique.



Aussi longtemps que l’effectivité des actions de la Communauté internationale sera retardée, la Birmanie continuera à être une société privée de droits et le régime poursuivra impunément la torture et l’assassinat systématique de manifestants pacifiques. Nous insistons sur le fait que l’absence de réelles mesures et pressions internationales en Birmanie assure à la junte militaire birmane un véritable permis de tuer.


Les Etudiants de la Génération 88


Tun Myint Aung
Nilar Thein
Soe Htun

source : http://www.info-birmanie.org/

mercredi 17 octobre 2007

Birmanie: un moine peut-il manifester ?

Mise à jour au 19 octobre



"La méditation n’est pas séparée du reste de la vie. Toutes les situations offrent l’opportunité de pratiquer, d’accroître la sagesse et la compassion"



"Faisons en sorte d'être totalement libérés de tout danger, de toute douleur, de la pauvreté et que la paix soit dans nos cœurs et dans nos esprits."






Pour moi, Il y a une telle osmose entre le peuple Birman et les moines, que les moines ont défilé pas compassion et amour pour le peuple et que de son côté le peuple birman a entouré et protègé les moines par amour.





Selon la junte, les moines seraient responsables de la répression et du chaos !






J'ai déjà évoqué ce point très important pour les Bouddhistes: Un moine peut-il manifester? , dans mon tout premier message sur la Birmanie: "Birmanie mon cœur saigne" ICI
Mais aussi dans "Birmanie ou le Retour du Bouddhisme engagé" : LA

J'aimerais toutefois relancer ce sujet, qui me tiens particulièrement à cœur en tant que Bouddhiste de la tradition Théravada et reprendre ici, la position et les différents messages de soutien de la communauté Bouddhiste, toutes traditions confondues.


Certains bouddhistes et certains moines Bouddhistes vivant en Europe, pensent qu'un moine ne doit pas manifester.



Pourtant, même Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France (CEF), a écrit à l'ambassadeur de Birmanie en France M. Say Hla Min, pour demander "le respect des droits de l'Homme".

Dans cette lettre diffusée vendredi par la CEF, Mgr Ricard affirme que les catholiques de France "ont été sensibles aux manifestations pacifiques dans lesquelles s'est exprimé le désir de démocratie et d'une plus grande liberté publique. Ils ont apprécié le rôle joué par les moines bouddhistes dans ces événements". "Ils ont été attristés et choqués par la répression violente qui a été mise en oeuvre pour enrayer le mouvement", ajoute-t-il.

"Nous voulons, Monsieur l'Ambassadeur, exprimer par votre intermédiaire à la population birmane notre sympathie et notre émotion devant cette difficile situation", poursuit l'archevêque.

Le cardinal Ricard ajoute qu'il "ne peut y avoir de paix civile authentique si les droits de l'Homme ne sont pas respectés et mis en oeuvre".

Ainsi, les catholiques seraient plus à même de comprendre et de soutenir les manifestations des moines bouddhistes que certains bouddhistes voire moines bouddhistes eux même!









Effectivement, on peut se demander si les Bonzes, en manifestant dans la rue, même de manière pacifiste, ne violent pas leurs préceptes. (227 règles rassemblées, décrites et commentées dans le Vinaya)

Voir ces règles ICI



Ainsi, telle personne considère que "les bonzes birmans, en tant que corps religieux, devaient rester à l’écart de tout engagement politique. leur rôle n’est pas de prendre partie dans un conflit, mais d’apporter un comportement éthique. Le danger de cette position, sans compter les violences, serait de réduire la dimension spirituelle du bouddhisme ou de la religion en général"




Mais, comme le dit Tinh Ý dans son commentaire :

Il n'y a pas que le Vinaya comme règle... mais aussi tout un ensemble de comportement qui sont lié aux cinq préceptes et aux enseignements des suttas... s'il est du devoir du moine d'enseigner le Dhamma, le moine sait comme tout le Bouddha que quelqu'un qui a faim ne peut ni méditer ni apprendre...

Une nourriture convenable et une vie décente sont les conditions de l'écoute du Dhamma...

Ce n'est qu'après s'être restauré que le Bouddha a atteint l'éveil...

en manifestant silencieusement les moines enseignent déjà le Dhamma...
Tinh Ý


J'ajouterai qu'en défilant tout en récitant des paroles de Metta, les moines enseignent aussi le Dhamma...
Le Bouddha a enseigné la voie du Milieu, mais pour suivre cet enseignement, ce chemin, encore faut-il que les conditions de vie permettent, effectivement, d'avoir une vie décente.









Cette question est d'autant plus importante que la junte veut, aujourd'hui, faire porter la responsabilité du conflit sur les moines. Pour cela elle n'hésite pas à affirmer : "Les moines, à l'origine des manifestations contre le régime, sont responsables de la violente répression qui a suivi"

ou encore : "Si ils n'avaient pas organisé des marches de protestation, demandant la libération des prisonniers politiques, la nation n'aurait pas connu le chaos", a rapporté mercredi le quotidien officiel.

Cette position de la junte est inadmissible!






Comment les moines ( bhikkhu) pourraient continuer d'accepter les dons de nourriture du peuple birman, tout en sachant que celui meurt de faim. C'est par compassion et par amour (Metta), qu'ils soutiennent ceux qui souffrent et qui, de surcroit, les nourrissent.


Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 5 millions de personnes souffrent de la faim en Birmanie, notamment en raison des dysfonctionnements de l'économie, aggravés par la politique répressive de la junte militaire au pouvoir. "Dans un pays comme la Birmanie, personne ne devrait avoir faim mais ils sont des millions à connaître la disette", a déclaré le directeur régional du PAM, Tony Banbury, après une visite de cinq jours dans le pays. "C'était autrefois le grenier de la région. Il peut produire très facilement un surplus de denrées alimentaires mais il n'est même plus capable de fournir le nécessaire à sa population", a-t-il ajouté. Le PAM tente actuellement de venir en aide à 500 000 Birmans.
source : lejdd.fr



Il est un constat fait par les équipes de Médecins du Monde sur le terrain : celui de besoins croissants en nourriture. Encore marginal il y a quelques années, le mauvais état nutritionnel des personnes accueillies dans nos dispensaires nous a conduit à intégrer un apport en nourriture dans nos programmes. Les acteurs locaux constatent également que l’age des personnes se prostituant diminue depuis quelques années, témoin indirect de la grande précarité dans laquelle vivent ces très jeunes filles pour lesquelles la prostitution dans les liquor-shops ou les guest-houses constitue le seul moyen de survie.
source: medecinsdumonde.






Ils ont par ailleurs, pour certains, en retournant leur bol à aumône, montré à la junte qu'ils ne voulaient plus recevoir de nourriture de la part de l'armée.

Ainsi, d'un côté ils soutiennent le peuple birman en défilant silencieusement ou en récitant des paroles de metta, d'un autre côté ils condamnent la junte qui affame le peuple birman , peuple avec qui les moines vivent en osmose.








"La Birmanie est tout entière dédiée à Bouddha, le monastère est le lieu où se perpetue sa parole, la pagode proclame l'achèvement de sa voie. De la plus simple demeure aux anciennes fondations royales, son image est partout présente.

L'osmose est telle entre la doctrine Bouddhique et la Birmanie, dans son histoire comme dans son quotidien que Heinz Bechert a pu écrire être Bouddhiste, c'est être Birman."
source : le pays des pagodes











En tant que Bouddhiste je me pose cette question : Que devaient faire les moines en Birmanie ?

- Continuer de méditer dans les monastères pendant que dehors, le peuple Birman souffre

ou

- défiler dans la rue de manière pacifiste, par compassion pour le peuple Birman?


La réponse c'est que les moines et le peuple Birman nous ont donné une véritable leçon de compassion(Karuna) et d'amour universel (metta)






Nous, bouddhistes, qui passons notre temps à dire que la Compassion et l'amour universelle sont essentiels, comment pourrions nous dire que les moines n'auraient pas dû défiler, que ce n'est pas leur rôle ?!


Rappelons que "La méditation n’est pas séparée du reste de la vie. Toutes les situations offrent l’opportunité de pratiquer, d’accroître la sagesse et la compassion" ajahn chah


Ainsi, en défilant de manière pacifique les moines de Birmanie ont pratiqué une forme de méditation.

En manifestant, la majorité des moines chantaient ou récitaient des "chants Metta" comme celui ci:

"Puissent tous les êtres, toutes les créatures vivantes, tous les individus, toutes les personnes, tous les hommes, toutes les femmes, puissent tous les êtres nobles, tous ceux qui ne sont pas nobles, toutes les divinités, tous les humains, tous ceux qui se trouvent dans les plans de misère, puissent-ils tous être libres de l'inimitié et du danger, libres de la souffrance physique, libres de la souffrance mentale, puissent-ils tous vivre avec bonheur ; puissent-ils tous être libres de la douleur, puissent-ils ne pas perdre ce qu'ils ont acquis, puissent leur kamma être leur véritable possession." ( chant Metta)



Les moines sont restés devant la résidence de Daw Aung San Suu Kyi pendant une quinzaine de minutes, récitant notamment les paroles suivante:

«Faisons en sorte d'être totalement libérés de tout danger, de toute douleur, de la pauvreté et que la paix soit dans nos coeurs et dans nos esprits.»




Les moines de Birmanie, en manifestant de manière pacifique, nous on donné une vraie leçon de compassion .



Selon le Bouddha, la première responsabilité de ceux qui gouvernent est de veiller sur le bien-être du peuple...
Quand ceux qui gouvernent commencent à abuser de leur autorité, à accumuler les richesses aux dépens du peuple et à créer ainsi des situations injustes qui sont source de souffrance pour lui, il est clair que l’institution bouddhiste doit non seulement prendre sa distance vis-à-vis d’eux mais aussi les critiquer ouvertement.




Voici un texte ( que j'ai déjà cité dans "Metta pour le peuple Birman") :


Le monde souffre, mais la plupart des hommes ont les yeux et les oreilles fermés. Ils ne voient pas l'intarissable courant de larmes qui va tout au long de la vie, ils n'entendent pas le cri de détresse qui traverse continuellement le monde. Leur petite peine personnelle ou leur joie leur ferme les yeux et les oreilles. Lié par l'égoïsme, leur coeur demeure raide et étroit. Leur coeur étant raide et étroit, comment pourraient-ils lutter pour un but plus élevé, pour réaliser ce qui seulement délivre du désir égoïste et qui peut les libérer de leur propre souffrance

"C'est la compassion qui soulève la lourde barre, qui ouvre la porte de la Liberté, qui rend le coeur étroit vaste comme le monde".

"La compassion nous réconcilie avec notre destinée en nous montrant la vie des autres, qui est souvent plus dure que la nôtre."





Et aussi un texte de Thich Nhat Hanh:

"L’essence de l’amour (Metta) et de la compassion (Karuna) est la compréhension, la capacité de reconnaître les souffrances physiques, matérielles et psychologiques d’autrui, de nous mettre dans la peau de l’autre. Nous pénétrons son corps, ses sentiments et ses formations mentales et ressentons en nous sa souffrance"




Rappel

Les huits nécessités du bonze : (différent des préceptes et des règles)

La règle bouddhique prescrit "huit nécessités" que prennent en charge la population active en plus des besoins quotidiens. Toutes ces fournitures sont renouvellées lors des diverses fêtes du calendrier bouddhique.

Le bol à aumônes, "thabeit" : il est porté autour du cou quand les moines vont mendier leur nourriture.

Le rasoir : il sert à la tonsure.

L'éventail : les moines s'en servent symboliquement pour dissimuler leur visage du monde exterieur pour ne pas être troublés par son agitation.

L'aiguille à coudre : elle permet d'entretenir la robe monastique, "thingan".

Les trois pièces de la robe : elles sont prescrites par le canon pâli. "Antaravasaka", le vêtement intérieur, est serré sur les reins par une ceinture et couvre les jambes. "Uttarâsangha", le vêtement mis par-dessus, est utilisé pour les activités ordinaires. il est porté sur l'épaule gauche au monastère et sur les deux épaules à l'exterieur. "Sanghâti", le vêtement en patchwork, est un grand manteau porté pour la quête oul voyage.

Les anciennes prescriptions indiennes, par esprit de dépouillement, proposaient aux moines de ramasser des haillons dans la poussière et de les teindre. Les terres mélangées ont donné cette couleur marron-rouge de l'habit d'aujourd'hui.





Devenir Bonze :

Connaître et respecter les 227 règles disciplinaires du code monastique permet de devenir moine, "pongyi". Ce choix ne peut être fait qu'à l'âge de 20 ans avec l'accord de ses parents. Lorsque le novice a réussi son examen, ses cheveux et sa barbe sont rasés et il doit promettre d'observer les voeux de pauvreté et de chasteté et de n'avoir recours qu'aux triple joyau : Bouddha, la loi de Bouddha,"dharma" et la communauté des moines, "sangha".

Les bonzes doivent respecter 10 préceptes( dont sept correspondent aux sept péchés capitaux de la Bible). Pour faciliter leur approche du nirvana, ils pratiquent le yoga. Ils n'ont pas le droit d'utiliser des parfums, de danser, de chanter de posséder de l'argent, de dormir sur un lit confortable, d'approcher les femmes.

Malgré tout, dans les zones rurales, le monastère fait office d'école et permet aux enfants d'apprendre des rudiments d'enseignement sur l'alphabet birman, les cinqs commandements bouddhiques (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commetre d'adultère, ne pas mentir, ne pas boire de boissons alcoolisées) et les formules utilisées lors des prières en pâli (langue ancienne de l'Inde) à la pagode.

L'ordination des bonzes demande beaucoup de temps et d'argent. Il faut recevoir convenablement les invités à la cérémonie, louer ou acheter un costume pour les futurs moines, acheter ce dont ils auront besoin durant leur vie monastique et faire un don généreux au monastère qui va les accueillir et prendre en charge leur éducation.

L'engagement n'est pas définitif. A tout moment le moine peut quitter la communauté mais peut également y revenir plus tard. Il existe d'ailleurs deux types d'ordination : "Upasampada" et "shinbyu".

Shinbyu serait pour un bouddhiste ce qu'est la communion solennelle pour un catholique. Cette cérémonie a lieu vers l'âge de 9-12 ans. Cette ordination leur donne le statut de novices. Ces petits bonzes n'ont que 10 règles à observer (dont celle d'aller, tous les matins pieds nus, mendier leur nourriture et de ne rien manger de solide l'après-midi). Cette retraite ne durera pour eux que de 9 à 21 jours.

La population monastique birmane est d'environ 300 000 bonzes.






Rappel des différentes positions et soutiens de la communauté Bouddhiste internationale




Comme le dit viriya du forum Metta:


En son temps, le Bouddha n'avait pas hésité à se mettre en médiation pour empêcher une guerre entre les Koliyas et les Sakyas en dispute sur l'utilisation de l'eau de la rivière Rohini qui séparait leurs territoires.
En une autre circonstance, le Bouddha a aussi persuadé le roi Ajatasattu d'abandonner son projet d'attaquer le royaume des Vajjis.

Les moines enseignent le Dhamma, mais la base du Dhamma est la Compréhension Panna, la Bienveillance Metta, la Compassion Karuna. Ils ne peuvent pas rester indifférents aux souffrances, à la misère de la population.
La Compassion poussera ceux qui en possèdent à agir, à manifester pacifiquement avec une paix intérieure face à ceux qui sont au pouvoir pour qu'ils comprennent les souffrances du peuple et changent de politique. (Par viriya du forum Metta)




- Selon Matthieu Ricard, Moine :

"Les bonzes sont dans leur rôle d’êtres humains qui agissent par altruisme et compassion."
Matthieu Ricard estime que les manifestations pacifiques menées par les bonzes en Birmanie sont "la seule façon de gagner, comme Gandhi a gagné en Inde".
En prenant la tête des protestations de masse en Birmanie, les bonzes "sont dans leur rôle d’êtres humains qui agissent par altruisme et compassion, parfois au risque de leur vie". "
Le peuple birman est opprimé et il a confiance dans les moines.
Ils font preuve de courage en se mettant au premier rang", a-t-il poursuivi.
"Il est certain que si le peuple avait commencé à manifester, cela aurait été Tiananmen en quelques heures."
"Le risque, c’est que le gouvernement envoie des provocateurs qui commettent des actes de violence pour donner une justification pour tirer sur la foule.
Ce serait la seule façon pour les généraux de s’en tirer et pour réprimer cela dans le sang", a-t-il analysé.



- De même le Dalai Lama a déclaré :


J’apporte mon soutien et me solidarise avec le mouvement pacifiste qui se développe en ce moment en Birmanie en faveur d’une démocratie.

Je soutiens totalement leur appel à la liberté et à la démocratie et saisit cette opportunité pour appeler tous les peuples aimant cette liberté à soutenir tous les mouvements non-violents dans le monde. J’en profite pour souligner combien j’admire sincèrement la lutte pacifique de ces moines en faveur de la paix et de la démocratie dans leur pays.

En tant que moine bouddhiste, j’appelle tous les membres de ce régime militaire qui à titre personnel sont bouddhistes à être en accord avec le Dharma sacré dans un esprit de compassion et de non-violence.

Je prie pour une heureuse réussite de ce mouvement pacifiste et pour la libération prochaine du Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi.





- Quant à l'Union Bouddhiste de France (UBE), elle a soutenu le mouvement dés le début, voici pour rappel un des ses communiqués:


L'Union Bouddhiste de France qui représente la grande majorité des communautés bouddhistes vivant en France, suit avec une très grande inquiétude les évènements dramatiques qui se déroulent actuellement en Birmanie.

Elle ne peut que désapprouver fermement et totalement l'usage de la force contre la population civile et la communauté des moines birmans qui a déjà fait plusieurs victimes.

Elle exhorte les autorités birmanes à la plus grande retenue et à la non-violence dans le règlement de cette situation, rappelant en cela les principes de bases de l'enseignement du Bouddha auxquelles ces mêmes autorités se réfèrent et semblent exprimer leur respect et leur dévotion.

L'Union Bouddhiste de France appelle toutes les communautés bouddhistes de France ainsi que tous les sympathisants de cette religion non-violente et bien sûr les autres religions à se rejoindre dans la prière pour qu'aboutisse le plus rapidement possible un règlement pacifique à cette crise.

L'UBF soutiendra sans ambiguïté toutes les actions, pétitions et manifestations pacifiques qui pourront de près ou de loin aider à apaiser les souffrances du peuple birman et de sa communauté religieuse.



- Autres soutiens :

Pour Rappel:

- Le numéro deux de l’église bouddhiste unifiée du Vietnam (EBVU), Thich Quang Do, appelle les Nations unies et tous les États membres à une action urgente, via tous les principaux organes de l’ONU, pour exhorter le gouvernement birman à arrêter toutes les attaques.



- Soeur Ariya Nani, none de la tradition Théravada, a formulé le message suivant :
« Dear friends
We need your help and support. With metta Ariya Ñani »




- Ensuite ce fût au tour du moine Thich Nhât Hanh et de Jack Kornfield, et bien d'autres de soutenir les moines et le peuple Birman

J'ai évoqué son soutien dans mon message : "Metta pour le peuple Birman"

Lettre de Thich Nhat Hanh en soutien au peuple birman

"En ces temps de grande souffrance, de répression et d’emprisonnement, nous soutenons de tout notre coeur les Birmans en pleine transition non-violente vers la démocratie.
Pour cela, nous exhortons les Nations-Unies à créer une robuste mission multinationale d’enquête, l’envoyer en Birmanie écouter les moines et tous les concernés, et dire au monde ce qu’il s’est passé et ce qui est nécessaire à la résolution démocratique.
Nous encourageons également le comité olympique international, organisateur des J.O de Beijing d’exiger que la Chine, principal partenaire commercial de la Birmanie, fasse de son mieux afin de soutenir les droits de l’Homme et une transition vers la démocratie pour la Birmanie maintenant."



Et si nous avons vu quelques photos et quelques vidéos ( qui ont fait le tour du web) de moines avec des battons, je rappelle que la junte a demandé à des militaires de se raser le crâne et de porter la robe des moines, afin de s'infiltrer parmi eux et de les discréditer en ayant des comportements violents.



- Le 6 octobre, dans le monde, des milliers de bouddhistes, de non bouddhistes et de moines ont manifesté pour soutenir les moines et le peuple Birman






Voir: Diaporama de amnesty international sur les manifestations du 6 octobre dans le monde

Et des photos de la journée internationale pour la Birmanie



Et comme l'a souligné Raphaël LIOGIER, professeur de sociologie, dans un article du Monde:

La cause birmane a réussi en quelques semaines là où la cause tibétaine a échoué pendant des décennies : fédérer les bouddhistes du monde entier :

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le mouvement insurrectionnel birman ne faiblit pas. Il s’intensifie au contraire, mais dans le silence des monastères et des pagodes. C’est une autre phase, physiquement moins violente mais psychiquement plus radicale, qui s’annonce, moins spectaculaire pour les Occidentaux parce qu’elle ne se déroule pas dans la rue, dans le bruit et la fureur des foules malmenées.

De toute façon, ce n’est pas dans la rue que la bataille pouvait se gagner contre une junte militaire surarmée. Rien ne sert, dès lors, de continuer un combat perdu d’avance sur ce terrain. Aller dans la rue a été certes utile : d’abord pour mobiliser la population, la sortir de sa torpeur, lui faire savoir que les moines sont en colère, pour que le lien entre le Sangha (communauté des moines) et le peuple se fasse, et ensuite pour alerter l’opinion internationale et déclencher cette pression à la fois symbolique (l’exclusion diplomatique de la Birmanie) et matérielle (les menaces d’embargo), qui ne doit pas, surtout pas maintenant, se relâcher.

Soulignons d’ailleurs que pour une fois, les bouddhistes du monde entier ont participé à cet encerclement, renouant avec leur grande tradition critique. La solidarité des bouddhistes s’est d’abord exprimée en Asie même, puisque le dalaï-lama et nombre d’autres personnalités appartenant aux écoles les plus variées se sont engagés derrière les moines birmans, mais elle s’est aussi exprimée - et là c’est un événement ! - entre les bouddhistes occidentaux et asiatiques.

La cause tibétaine a échoué en plusieurs décennies à faire ce que la cause birmane vient de réussir en quelques semaines : polariser les consciences des bouddhistes, toutes écoles confondues, derrière une «cause».

Chez nous, l’Union des bouddhistes de France (UBF) a condamné le comportement de la junte, de même que l’Université bouddhique européenne (UBE) et la plupart des associations d’habitude plus réservées, comme si soudain le bouddhisme occidental avait changé, sortant des brumes narcissiques qui l’ont pendant près de trente ans confiné à l’individualisme méditatif au détriment de tout engagement social.

Et c’est bien de ce soutien, patient et continu, dont les moines birmans ont besoin à l’extérieur, comme ils ont besoin à l’intérieur de se concentrer sur la nouvelle phase de lutte, plus essentielle et moins bruyante, qui peut conduire à la chute du régime ou à de vraies négociations.

La junte sait pertinemment, contrairement à nombre d’observateurs occidentaux qui ne considèrent que le nombre de manifestants dans les rues, que la partie n’est pas gagnée parce que les moines sont confinés dans leur quartier. Bien au contraire, car la guerre civile pourrait se poursuivre en silence, par le refus des offrandes venant des militaires et de leurs familles, par exemple. Les militaires de base ont une famille qui est en général proche des moines de base, une famille dont ils ne peuvent pas se passer dans le contexte de la culture birmane, et qui, dans ce cas, pourrait faire pression, voire rejeter le fils, le cousin, le mari, le neveu militaire, tenu pour responsable de cette condamnation religieuse à errer dans le «samsara», le monde de la souffrance, en raison d’un cruel manque de ces mérites qui sont obtenus contre les offrandes faites au Sangha.

Dans cette situation de désarroi, l’assise de l’armée se trouverait dangereusement ébranlée, ce qui est déjà le cas comme nous l’apprend le témoignage recueilli hier d’un jeune religieux récemment relâché, dans lequel celui-ci raconte que lors de sa détention, certains militaires venaient implorer discrètement le pardon des moines qui venaient d’être battus.

Cette situation d’insurrection silencieuse peut devenir intenable pour le pouvoir en place, parce qu’elle est insidieuse, incontrôlable, qu’elle sape les structures même de la hiérarchie militaire et administrative. L’action non-violente bouddhique à la birmane passe forcement par cette stratégie du refus. Si la junte cherche à couper les communications Internet, radio, télé, etc., c’est moins pour soigner son image à l’étranger - quoi que cela ait son importance dans le présent contexte de pénurie économique - que pour isoler les différents centres religieux, afin qu’aucune concertation ne soit possible pouvant conduire au refus des offrandes des soldats et de leurs familles qui serait vécu comme une excommunication massive. Voilà l’épée de Damoclès que les militaires sentent déjà au-dessus d’eux. Les défections, voire les actes de désobéissance ne manqueraient pas de se multiplier dans l’armée si le Sangha en arrivait à tourner ainsi le dos à ces hommes qui, s’ils sont soldats, sont aussi dans leur écrasante majorité de pieux bouddhistes.

Le plus difficile dans une telle crise pour le groupe des dictateurs habitués à la violence est de ne plus pouvoir agir par la répression systématique. A ce stade la mitraillette est impuissante. Seule reste la négociation, il faut tenter in extremis de se présenter comme un bon bouddhiste. C’est ce que fait d’ailleurs l’homme fort actuel, Than Shwe, en acceptant de rencontrer Aung San Suu Kyi ou des représentants occidentaux, parce qu’il sait que les armes ne suffiront plus en l’état actuel à sauver le régime.

Au fond, les militaires n’ont peur que de deux choses. D’abord de l’obstination, même silencieuse, surtout silencieuse, des moines, et ensuite des embargos internationaux qui deviennent intolérables dans ce pays littéralement affamé. Une famine qui renforce encore la position des moines (tant qu’elle ne les affame pas eux-mêmes) en leur donnant raison aux yeux du peuple. C’est pourquoi, malgré les souffrances supportées par le peuple, qui sont bien sûr objectivement plus aiguës que celles que supporte l’armée, Aung San Suu Kyi soutient l’embargo international. C’est pourquoi aussi la condition essentielle posée par le chef suprême du pays pour la rencontrer est justement le retrait de son soutien.

Le bras de fer, beaucoup plus radical qu’en 1988, a maintenant vraiment commencé, parce que les parties en présence ne sont plus à armes inégales dans cette ultime lutte symbolique, comme elles l’étaient lorsque la seule force physique était en jeu. Les Occidentaux doivent garder à l’esprit que si la junte montre des signes apparents de dialogue, ce n’est pas par bonne volonté mais par nécessité, pour lutter symboliquement dans cette nouvelle guerre intérieure, qu’elle risque de perdre sans soutien extérieur.








Le Bouddhisme "engagé" selon le moine Thich Nhat hanh:

Le Bouddha dit qu’il est possible de vivre heureux dans le moment présent, cela c’est déjà une base du bouddhisme engagé. La sagesse profonde c’est de prendre conscience que tout ce que nous avons c’est ce moment présent. Pendant la guerre du Vietnam nous avons vu la mort, la destruction, la colère, la discrimination, etc.
Avec la méditation bouddhique et la compréhension de l’interdépendance, on constate que des deux côtés les gens souffrent, les communistes comme les anticommunistes, les soldats et les civils américains également. Pour tuer il faut devenir moins que des hommes, on a besoin de discrimination, de colère, de haine pour plonger la baïonnette dans le corps de l’autre. Et la machine de guerre nous conditionne, elle nous nourrit de colère, elle nous fait décrire l’autre comme un monstre, un danger à éliminer. Or l’autre est un être vivant comme nous, il a peur de mourir, il a une famille dont il doit prendre soin, c’est la machine de guerre qui l’a placé là pour tuer et pour être tué. Le bouddhisme aide à maintenir vivace cette vision de l’autre, c’est pourquoi les deux parties belligérantes nous attaquent pour notre pacifisme, pour notre fraternité et pour notre compassion. Nos écrits sont interdits par les deux gouvernements du Sud et du Nord, les poèmes et la littérature anti-guerre circulent dans la clandestinité, grâce au Dharma nous avons pu rester humains dans cette machine de guerre. Les bombes tombent sur nos villages, causant des morts et des blessés, on a dû alors sortir des monastères afin d’aider les gens. La méditation c’est aussi être là pour témoigner de ce qui se passe dans le moment présent. Nous voulons soulager la douleur et la souffrance de nos compatriotes, tout en continuant notre pratique, le bouddhisme engagé est né de la situation de guerre, c’est la méditation en action, la compassion en action, et non pas dans l’imagination. La réconciliation est l’unique chance d’arrêter la guerre mais le mot même est banni par les deux camps. Il nous reste à alerter l’opinion publique internationale, en Amérique et en Europe, en lui fournissant des informations sur la réalité de la guerre au Vietnam, sur les aspirations authentiques du peuple vietnamien, composé d’une majorité de paysans et de gens pauvres qui ne veulent pas de la victoire d’un camp mais l’arrêt de la destruction. Les bombes et les mortiers pleuvent, les mass-média appartiennent aux belligérants, le suicide par le feu devient une méthode de communication afin que le message parvienne, et soit compris, en Amérique et en Europe. Il faut beaucoup de courage, de compassion, de sens du sacrifice pour accomplir cet acte, ce n’est pas la colère de la protestation. Je suis sorti du pays pour témoigner auprès des communautés religieuses et intellectuelles, on m’empêche de retourner au pays. Dans l’exil, pour survivre et pour vivre tout simplement, j’ai dû rassembler une sangha. Je continue ainsi à pratiquer le Dharma et je suis amené à le partager avec les autres. Vis-à-vis de nos amis occidentaux notre intention n’est pas de déraciner les gens, car notre propre vécu nous montre qu’une personne déracinée ne peut être heureuse. Nous exhortons donc nos amis, surtout les jeunes, à revenir à leurs traditions, à leur culture, à pratiquer la non-dualité bouddhique pour réintégrer leurs familles, leur propre milieu.








Toujours dans mon premier message sur la Birmanie ICI , j'ai cité un texte sur, La famille et la société selon le Bouddhisme théravada, dans la rubrique "Le pays des Pagodes",
le voici de nouveau :



La famille et la société selon le Bouddhisme théravada:


Les gouvernements de l’époque du Bouddha comme ceux de nos jours, utilisent les répressions et les châtiments pour endiguer ou limiter les crimes.
Bouddha dit que ces répressions n’ont aucun résultat positif. Il donne son point de vue en soulignant que la criminalité peut être réduite grâce à l’apport économique.
Il faut améliorer les ressources économiques et veiller à la répartition de ces ressources, répartition guidée par le souci de justice.

Bouddha n’était pas indifférent aux pratiques des pouvoirs publics utilisant des répressions, des exactions, des oppressions, des exploitations éhontées, prélevant des impôts excessifs.
Le problème du bon gouvernement se posait à l’époque du Bouddha comme à l’heure actuelle, mais en des termes différents.

Le point commun, dans le passé comme dans le présent, est le facteur humain.
Un pays va subir la corruption, la dégénérescence, le malheur quand les personnes formant l’équipe gouvernementale sont corrompues, vouées aux pratiques illicites.

Bouddha montre les « dix devoirs du roi » ou les « dix devoirs du gouvernant ».
L’homme qui détient la haute magistrature d’un pays, doit :

1) Avoir la libéralité, la générosité en accomplissant le don (dana).

2) Être imprégné d’un caractère moral élevé et guidé par la moralité appelée sila en pali ;
Il doit observer les Cinq préceptes moraux de base.

3) Être prêt à sacrifier tout au bien du peuple, conformément au terme pali pariccaga ; il risque même sa vie, pourvu que le bien ou la survie de son peuple soit réellement assuré.

4) Observer honnêteté et intégrité (ajjava) dans l’exercice de ses fonctions ; il prend soin d’écarter toute forme de favoritisme ; ses intentions doivent être claires et nettes, dans lesquelles toute forme de tromperie du public sera bannie.

5) Montrer avec sincérité, de l’amabilité (maddava). Son tempérament doit être régulier et doux.

6) Observer de bonnes habitudes empreintes d’une austérité (tapa), c'est-à-dire avoir une vie simple ; ainsi qu’il ne doit pas penser à entasser des privilèges pour lui-même et pour son entourage.

7) Exercer les pouvoirs publics dans l’absence de haine, de l’inimitié (akkodha) ; toute forme de rancune doit être écartée.

8) Pratiquer la non-violence (avihimsa) ; il doit favoriser les actions en faveur de la paix réelle et juste, en empêchant la guerre.

9) Observer la patiente, le pardon, la tolérance, la compréhension (khanti) tout en se fondant sur la raison et non sur l’instinct ou sur le sentiment.

10) Cultiver l’ouverture d’esprit empreint de générosité, c'est-à-dire ne pas pratiquer l’opposition ou obstruction (avirodha) ; il doit suivre de près la volonté du peuple-
Lire le texte en entier
ICI




Pour finir sur ce thème, voici un article du Monde que j'ai déjà également cité, mais qui prend ici, toute son importance :


Un courant engagé, en rupture avec une tradition de soumission :

Quand, dans les rues de Rangoun, les moines birmans ont retourné leur bol en signe de refus de l'aumône des militaires, ils ont commis un acte de désobéissance religieuse grave. Dans le bouddhisme, le moine ne vit que d'aumônes... ou il jeûne. En choisissant l'affrontement avec le régime militaire de leur pays, en 1988 et en 2007, les moines birmans participent de fait au "bouddhisme engagé", ce mouvement panbouddhique, non issu d'une école particulière, diffus et peu structuré, né du contact avec la modernité occidentale et l'histoire de ses luttes révolutionnaires.

Le terme a été forgé par le moine vietnamien Thich Nhat Hanh (né en 1926, exilé en France après la victoire communiste au Vietnam). Mais sa figure emblématique est celle du dalaï-lama, chef religieux et politique du Tibet en exil. Ce courant puise aussi ses modèles ailleurs que dans le bouddhisme, chez Gandhi ou les quakers américains.

Il est l'héritier des luttes d'émancipation anticoloniales, auxquelles les moines bouddhistes, dans les pays où ils représentent une force sociale, ont été engagés. A l'instar des moines sri-lankais qui, à la fin du XIX esiècle, ont fait la guerre au colonisateur britannique autour du slogan "Une île, une nation, une religion" . Ils sont encore en conflit avec les Tamouls hindous ou chrétiens.

Le bouddhisme engagé renouvelle l'approche bouddhiste de la compassion. Il considère comme légitime l'opposition aux structures politiques en place pour restaurer un idéal de société juste. Il ne remet pas en cause les notions clés de respect, de non-violence, de compassion, mais se refuse à faire de la souffrance l'état de la seule conscience personnelle. Il existe une souffrance liée aux inégalités sociales, aux crises économiques, à l'oppression politique.

Le bouddhisme engagé représente une rupture radicale avec l'histoire du bouddhisme faite de subordination et de collusion avec les pouvoirs politiques, jusqu'aux plus despotiques : des petits monarques locaux aux colonisateurs et aux régimes marxistes. Pour Eric Rommeluère, spécialiste du bouddhisme, le bouddhisme engagé représente "la prise de conscience d'une dimension politique autre que celle qui a toujours existé chez les bouddhistes, celle d'une entente tacite avec les pouvoirs en place : "Je vous protège ; vous me soutenez"" .

Cette prise de conscience n'est, bien sûr, pas la même dans tous les pays bouddhistes, mais pour beaucoup d'observateurs, le bouddhisme engagé est en passe de devenir la principale composante du bouddhisme moderne.
Henri Tincq pour Le Monde





mardi 16 octobre 2007

Le combat pour la démocratie en Birmanie




Mise à jour au 17 octobre



La junte se fiche éperdument des sanctions, prononcées ou à venir, de la Communauté Européenne. Elle l'a dit et répété : "Nous allons continuer. Il n'y a pas de raison de changer de direction" et "Nous écarterons tous les obstacles qui seraient placés devant nous".
La Junte a même affirmé, via le journal gouvernemental, qu'il n'y avait pas de prisonniers politique en Birmanie! Elle déclare :
"En réalité, il n'y a personne en prison pour des motifs politiques. S'y trouvent seulement ceux contre qui une action a été entreprise pour violation des lois existantes".
La junte a fait ces déclarations alors même que l'émissaire de l'ONU venait de qualifier d'"extrêmement troublantes" les informations sur la poursuite d'interpellations, d'interrogatoires et d'actes d'intimidation.


Il faut dire que la communauté internationale via l'ONU, n'a même pas condamné, mais simplement regretté, la répression. Pourquoi la junte devrait avoir peur de ces regrets frileux?
Dans ces conditions, la démocratie en Birmanie ce n'est pas pour demain.

Et même si l'Union Européenne a approuvé lundi, le principe de nouvelles sanctions contre la Birmanie, incluant un embargo sur les bois et métaux birmans, la junte semble ne pas s'inquiéter plus que ça...

C'est terrible, mais nous sommes impuissant; je me sens si impuissante, si petite, ma seule arme à ce jour contre cette dictature sanglante, c'est la parole...alors je parle et à vrai dire, ce soir, j'ai même envie de hurler.


À propos de la parole via internet, je viens justement de lire que:

L’association Reporters sans Frontières vient de rendre public son Classement mondial de la liberté de la presse 2007. Parmi les évolutions fortes, ils rapportent que la répression s’est élargie de façon significative à Internet. A côté des journalistes professionnels, les blogueurs sont désormais de plus en plus victimes des atteintes à la liberté d’expression et d’information.

Ils indiquent ainsi qu’un certain nombre de pays (Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Egypte, etc. ont reculé dans leur classement en raison d’« actions graves et répétées » à l’encontre de la diffusion de l’information menées sur le web. Cela peut aller de la fermeture temporaire d’un site jusqu’à l’arrestation de son auteur.

« De plus en plus de gouvernements ont pris la réelle mesure du rôle essentiel que peut jouer Internet dans le combat pour la démocratie et mettent en place de nouveaux moyens de censurer le Réseau. Les autorités des pays répressifs s’en prennent désormais avec la même force aux blogueurs et aux journalistes en ligne qu’aux employés des médias traditionnels. »
source : ecrans.fr

On peut ajouter la Birmanie, à la liste des pays qui censurent les bloggers....


Quant à la Chine, à mon humble avis, elle n'est pas prête de sanctionner la Birmanie. Elle préfère menacer , hurler au scandale et dire qu'elle est humiliée parce que le Dalaî lama, qui est pour elle "le symbole de la division chinoise" est reçu par les Etats Unis...







- Un nouvel album photo de niknayma à voir : ICI



- Poème : Sur la route de Mandalay

Ci après un poème en anglais trouvé sur le blog birman : ko-htike






That Road to Mandalay

By Doug Siva


A monk was killed today
On that road to Mandalay
A holy man he was
He stood up for a cause
That you and I hold dear
Yet we do not have to fear
To act and speak so free
We have this guarantee
In our country where we live
But for him he had to give
His life was all he had
To rid his world of bad
Injustice hunger and strife
For this he gave his life
Let’s help to set them free
For us with democracy
It’s everyone’s birthright
Yet for some they have to fight
And to pay the ultimate price
Just for a bowl of rice
I ask you is this fair
So show that you truly care
And help them to be free
Just like you and me
Walk that road to Mandalay
Let’s make it happen today


Pour voir tous mes messages (avec de nombreux témoignages) sur la Birmanie : Plan détaillé : ICI





Nombre de victimes et arrestations (suite):

16 octobre
  • Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé l'autorisation de rendre visite aux manifestants arrêtés et incarcérés en Birmanie pour avoir participé au mouvement de contestation du régime.
Le CICR est profondément inquiet du sort des milliers de personnes qui auraient été arrêtées en relation avec les événements récents survenus au Myanmar [Birmanie]", écrit Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR dans un communiqué rendu public mardi 16 octobre. L'organisme voudrait pouvoir "évaluer leurs conditions de traitement et de détention" et les aider à entrer en contact avec leurs proches. Des dizaines de familles birmanes ont contacté le CICR depuis le début de la répression, demandant de l'aide pour savoir ce qui été arrivé à l'un des leurs. Source : lemonde


La junte parle toujours de 13 morts alors que des sources diplomatiques font état de plusieurs centaines de victimes.
Par ailleurs, entre 6 000 et 7 000 personnes auraient été arrêtées dont six dissidents ,dont l'un d'entre eux serait mort sous la torture et les autres qui sont toujours, selon Amnesty International, "à la merci de tortures et de mauvais traitement"


17 octobre:


  • Les arrestations se poursuivent, selon la junte

Les autorités birmanes recherchent toujours certaines personnes ayant participé aux manifestations pro-démocratie, indiquant que près de 3.000 d'entre elles ont déjà été arrêtées.

La junte militaire birmane a annoncé mercredi 17 octobre qu'elle recherchait encore des personnes ayant participé aux manifestations du mois dernier, indiquant que près de 3.000 personnes ont été arrêtées depuis la répression, dont plusieurs centaines sont toujours détenus.
Lire l'article en entier ICI


  • Les condamnations pleuvent sur les dissidents birmans: source lemonde
Réunies à huis clos, des juridictions birmanes ont condamné à de lourdes peines cinq opposants arrêtés à la suite des protestations du mois dernier, tous membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, a-t-on appris mardi auprès de leurs familles.

Parmi les condamnés, figure un homme âgé de 85 ans, Kyaw Khine, dont les proches assurent qu'il n'a pas participé aux manifestations contre la junte, au pouvoir au Myanmar depuis 45 ans. Responsable de la LND dans la ville de Taunggok, à 400 km environ au nord-ouest de Rangoun, il a écopé d'une peine de 7 ans et demi.

Ko Ming Aung, un autre responsable de la LND a été condamné à la même peine.

La semaine dernière, Tun Kyi et Than Pe, également membres de la LND, ont été condamnés à 4 ans et demi de prison. La même juridiction avait infligé à un autre dissident, Sein Kyaw, une peine de cinq ans, a rapporté l'épouse d'un opposant.

Ces procès se tiennent alors que de nombreux appels ont été lancés en direction de la junte pour qu'elle relâche les opposants incarcérés depuis la répression des manifestations initiées par les moines.

Les militaires birmans restent sourds à ces suppliques ....




Articles et Reportages (suite): Mise à jour au 17 octobre

16 octobre
  • La junte :
Depuis maintenant près d’un demi-siècle, la junte contrôle les ressources naturelles du pays et surtout l’énorme marché du tourisme.
Dans un système de corruption avéré, il n’est pas rare de voir des véhicules de l’armée, la Tatmadaw, aidés des entreprises dans leur besoin de transport en tous genres (bois, meubles, matériels industriels...), entrepises dont les patrons ne sont autres que les généraux au pouvoir.
Les autres entreprises ou les simples commerçant doivent payer de force un impot spécial, qui tombent dans la poche des officiers de la région.

Ces généraux birmans se révélent sans pitié et corrompus, mais avec un sens de la communication aigue. Bien sûr, ils évitent soigneusement les interviews avec les médias locaux et encore moins avec la presse internationale, mais tiute une propagande les montrent chaque jour en action pour stimuler l’économie du pays ou lors d’une visite d’un temple. Ils se montrent aimables, débonnaires, et même recueillis en compagnie des moines et des fidèles. La presse mudelée a pour ordre systématiquement d’associer l’image des généraux avec celle des religieux.
Lire la suite
ICI


  • Birmanie, heure par heure (nouvelobs)

3h05 - Tokyo Le Japon décide d'annuler des projets d'une valeur de 552 millions de yens (3,4 millions d'euros) en Birmanie pour protester contre la mort le mois dernier d'un journaliste japonais lors d'une manifestation à Rangoun

  • Gambari exhorte l'ASEAN et la Chine à faire pression sur la Birmanie: ICI

L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, actuellement en Malaisie, a exhorté mardi les pays asiatiques à prendre le premier rôle pour tenter de résoudre la crise en Birmanie.

La Chine, alliée de longue date des militaires birmans et considérée comme un acteur clé pour les convaincre d'entamer un dialogue avec l'opposition démocratique, a affirmé soutenir la mission dans la région d'Ibrahim Gambari, qui doit partir mercredi pour l'Indonésie. Mais Pékin ne s'est jamais montré très coopératif sur le dossier.

Devant la presse, le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi Yang a jugé que le calme actuel en Birmanie était "le résultat d'un dur travail et de la coopération de toutes les parties".

Sur place, la répression se poursuit en silence. Selon la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, plus de 60 de ses membres ont été arrêtés la semaine dernière, portant à près de 300 le nombre de militants LND désormais dans les geôles de la junte. "Ce chiffre est susceptible d'augmenter, car nous attendons d'autres informations de districts" éloignés, a déclaré le porte-parole de la LND à Rangoon Han Tha Myint.

Des milliers de personnes ont déjà été arrêtées dans le cadre de la répression du mouvement démocratique. Les manifestations de masse dans les rues de Rangoon et Mandalay ont été réprimées dans le sang fin septembre, pour un bilan officiel de dix morts, mais peut-être de plusieurs centaines selon l'opposition.




  • Cruelle fin de partie pour les manifestants birmans :
«Comme les manifestations démocratiques de 1988, la « révolution safran » a misérablement échoué », constate l'opposition birmane en exil en Thaïlande. « Sans l'intervention de la communauté internationale, la Birmanie est condamnée aux spasmes autodestructeurs », estime Soe Aung, opposant birman basé à Bangkok.

Quatre semaines après l'espoir suscité par les marches de milliers de moines bouddhistes, Rangoun est comme tétanisé. Quelque 6 000 prisonniers sont entassés dans des geôles sordides. « Des tribunaux spéciaux expédient les jugements », rapporte la Voix démocratique de Birmanie, une radio d'opposition basée à Oslo qui dispose d'un réseau étoffé d'informateurs en Birmanie.

La junte qui répète que les manifestants sont « des traîtres qui seront détruits » a décrété « deux ans de détention pour ceux qui ont seulement crié »

Aujourd'hui, « le sang coule dans les prisons birmanes », explique Bo Kyi, membre de l'association d'assistance aux prisonniers politique, basée en Thaïlande. « Plusieurs dizaines de personnes ont été battues à mort. Treize vétérans du soulèvement national de 1988 pour la démocratie, arrêtés fin août, ont été tellement torturés qu'ils ont dû être hospitalisés ». Ils avaient initié les manifestations contre la hausse vertigineuse des prix du carburant.
source : lefigaro



17 octobre :

Les birmans ne sont malheureusement pas les seuls à souffrir à cause d'une dictature: Le tibet, qui a déjà tellement souffert à cause de la Chine, souffre toujours, et AMNESTY INTERNATIONAL dénonce ce jour que :

  • Des enfants tibétains menacés de torture et de mauvais traitements en détention:

Quatre enfants tibétains de quinze ans, détenus depuis le 7 septembre 2007 dans la province du Gansu, sont gravement menacés de torture et de mauvais traitements. Ils sont soupçonnés d'avoir écrit des slogans en faveur de l'indépendance du Tibet. Un cinquième enfant, âgé de quatorze ans, est hospitalisé pour les graves blessures à la tête qui lui ont été infligées en détention.

Le 7 septembre 2007, une quarantaine d'enfants ont été arrêtés par la police du canton de Xiahe, dans la préfecture de Gannan (province du Gansu) pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression. Tous sauf sept ont été libérés dans les quarante-huit heures. Parmi les sept restants, deux garçons de quatorze ans ont été libérés un peu plus tard, après versement par leur famille d'une somme d'argent qui avoisinerait les 2000 yuans (environ 190 euros). Un autre garçon du même âge, dénommé semble-t-il Lhamo Tseten, a obtenu l'autorisation, là encore après versement d'une somme d'argent à la police, d'être hospitalisé pour les graves blessures à la tête qui lui avaient été infligées en détention.

Des responsables du bureau de la Sécurité publique exigeraient le paiement de plus de 20000 yuans (environ 1900 euros) pour la libération des quatre derniers garçons. Il semble que la police ait décidé de ne libérer aucun de ces garçons tant que la totalité de la somme réclamée pour les quatre n'aura pas été versée. En outre, les enfants libérés après le versement d'une somme d'argent par leur famille risquent malgré tout d'être réarrêtés peu de temps après, selon un scénario déjà observé à plusieurs reprises par les habitants de la région.

D'après certaines informations reçues par Amnesty International, les policiers ont utilisé des aiguillons électriques contre les enfants, et l'un d'eux, Chopa Kyab, est emmené la nuit et est gravement traumatisé par les traitements qu'il subit.

Amnesty International dénonce depuis longtemps l'utilisation, au Tibet, de la détention arbitraire sans inculpation, procès ni contrôle d'une autorité judiciaire, ainsi que de la torture et des mauvais traitements en détention. Elle exige la libération immédiate des quatre enfants encore détenus et appelle les autorités chinoises à ouvrir une enquête sur les violences subies par ces enfants, ainsi que sur les pratiques corrompues de la police locale consistant à demander de l'argent aux familles en échange de la libération de leurs proches. Ces enfants doivent immédiatement recevoir des soins médicaux et être protégés contre tout nouveau mauvais traitement.

Nul ne doit être soumis à la torture ou à d'autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les autorités chinoises ont une nouvelle fois violé les obligations internationales qui leur incombent en tant que parties à la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, qui accorde une protection spécifique aux enfants. La manière dont elles traitent les détenus mineurs n'est pas non plus conforme aux dispositions de l'Ensemble de règles minima des Nations unies concernant l'administration de la justice pour mineurs (Règles de Beijing). La liberté de religion, d'expression et d'association demeure sévèrement restreinte au Tibet, où de nombreuses personnes sont emprisonnées pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux. Comme dans d'autres régions de Chine, les arrestations arbitraires, les procès iniques, la torture et les mauvais traitements restent monnaie courante.




Le pays des Pagodes (suite)


  • Destination controversée : Birmanie : paradis terrestre ou enfer totalitaire ?
Dirigée par une junte militaire, l'ex-Birmanie accueille peu de touristes étrangers. Faut-il boycotter ce pays ou s'y rendre pour établir des relations avec les Birmans, avides de contacts avec le monde extérieur ?
Lire cet article ICI


vendredi 12 octobre 2007

Birmanie, la répression se poursuit en silence...

























Mise à jour au 16 octobre



Pour voir tous mes messages sur la Birmanie : Plan détaillé : ICI

  • Une vidéo trouvée sur le site de Aung San Suu Kyi : ICI
ou lien direct Youtube : LA

  • Voir Biographie de Aung San Suu Kyi en bas de la page






INFO : Si vous avez manqué l'émission "Sagesses bouddhistes" du 14 octobre, sur le soutien de la communauté bouddhiste au peuple Birman; vous pouvez la voir LA



Remarques préalables :

Assurée du soutien de la Chine et de la Russie, la junte birmane peut poursuivre sa politique répressive sans craindre une condamnation de l'ONU. Les intérêts de ses partenaires asiatiques, et notamment de Singapour, protègent aussi la Birmanie de sanctions financières internationales




Vous trouverez dans ce message :

-Nombre de victimes (suite)
Du 12 au 15 octobre
- Articles et Reportages (suite)
Du 12 octobre au 15 octobre
- Soutiens du sangha (=communauté Bouddhiste) (suite)
- Une Biographie de Aung San Suu Kyi
- Le pays des Pagodes (suite)




Nombre de victimes (suite) et arrestations:

12 octobre
  • Les témoignages continuent:

- Un prisonnier dit avoir vu mourir de nombreux détenus dont un jeune moine : " je n'ai rien pu faire alors qu'il était en train de mourir à côté de moi, nous avons demandé de l'aide aux gardes de sécurité, mais ils n'ont rien fait jusqu'à ce qu'ils viennent pour emporter son cadavre"...


-Un autre moine s'est retrouvé lui aussi dans une petite salle dans laquelle ils étaient très nombreux, il dit qu'il était difficile de respirer tellement ils étaient serrés.
Autres témoignages dans les messages précédant : voir plan détaillé ICI


13 octobre:

  • Être prisonnier en Birmanie, c'est la torture ou la mort :

Le régime militaire birman a affirmé que sur 2.171 personnes, dont 533 moines, arrêtées après les manifestations, 1.215 avaient été libérées.

Des diplomates occidentaux en poste à Rangoun sont convaincus que ces chiffres sont minimisés. Avant le déclenchement de la révolte, il y avait déjà plus de 1.100 prisonniers politiques en Birmanie, selon l'ONU.

Peu d'informations filtrent sur les "suspects" appréhendés ces dernières semaines mais l'Association d'assistance aux prisonniers politiques birmans (AAPP), basée en Thaïlande, a annoncé mercredi qu'un membre du parti de l'opposante Aung San Suu Kyi était mort sous la torture lors d'un interrogatoire près de Mandalay, la deuxième ville du pays.

Dans tous ses communiqués, Amnesty International rappelle les terribles conditions de détention en Birmanie et les risques permanents de mauvais traitements.

"Cela comprend des punitions corporelles et l'utilisation de chaînes et d'autres entraves, combinée à l'isolement dans des cellules sombres", explique Catherine Baber, directrice d'Amnesty pour l'Asie-Pacifique. (AFP)


  • Arrestation d'un ancien leader étudiant
En dépit des pressions internationales appelant à la négociation avec l’opposition, la junte ne desserre pas son étau. Quatre dissidents ont été arrêtés d’après Amnesty, qui craint qu’ils soient victimes de tortures. Parmi eux Htay Kywe, figure de la dissidence birmane et chef de file du soulèvement de 1988, après une traque de deux mois.
Le dissident était recherché par la junte depuis le début de la contestation, qui a démarré à la mi-août à la suite de la hausse brutale des prix des carburants avant de prendre un tour plus politique.

14 octobre

Nouvelles arrestations :


Trois des interpellés ont été identifiés


  • six dissidents arrêtés depuis samedi:

Six dissidents ont été arrêtés depuis samedi par les autorités birmanes au cours de raids distincts menés à Rangoun, a affirmé dimanche Amnesty International.
L'organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres avait fait état la veille de quatre arrestations. "Amnesty International est très préoccupé pour la sécurité des six personnes lesquelles sont à la merci de tortures et de mauvais traitements", indique-t-elle dans un communiqué.

Trois des interpellés ont été identifiés (Voir photo ci dessus) selon un porte-parole d'Amnesty à Bangkok: Htay Kywe, Mi Mi, une mère de deux enfants âgée de 35 ans, et Aung Thu, un militant de 43 ans. Htay Kywe et Mi Mi avaient mené les premières manifestations du mois d'aôut contre le régime militaire à la suite d'une forte hausse des prix des carburants.
Les trois autres personnes n'ont pas encore été identifiées, selon le porte-parole, mais deux d'entre elles feraient partie du groupe des "Etudiants Génération 88", une référence au soulèvement contre le régime militaire de 1988 écrasé dans le sang. Source : 20minutes


15 octobre :





  • Les journalistes occidentaux rusent pour protéger leurs témoins:
De nombreux témoignages ont été communiqués, mais nous aurions dû en obtenir beaucoup plus, mais les gens ont peur de témoigner, ils ont peur pour leur vie .

Dilemme médiatique. Comment protéger les habitants de Rangoon de la junte militaire au pouvoir, tout en leur demandant de témoigner pour la télé française ? Hugues Huet, reporter de France 3 rentré vendredi de Birmanie, a eu maintes fois l'occasion de se poser la question, en deux semaines de travail sur le terrain. « Ce qui est paradoxal, c'est que l'on ressent chez les personnes rencontrées à la fois une grande peur et une grande envie de parler aux médias. » Pour ne pas nuire à leurs témoins, les journalistes ont usé de mille discrétions. « Nous retrouvions nos témoins dans des jardins privatifs ou des voitures, parce que les appartements, même privés, sont soumis à des contrôles sur les allées et venues. Nous filmions soit en contre-jour, soit en gros plan sur les mains. » Plus sûre que le floutage post-interview, cette précaution est essentielle, car la junte pouvait saisir le matériel à tout instant. Quant à la peine encourue en Birmanie pour avoir parlé à un journaliste occidental, elle s'élève à dix, voire vingt ans de prison. (20minutes.fr)


A ce jour, environ un millier de personnes seraient encore incarcérés








Articles et Reportages (suite) -Mise à jour au 16 octobre



12 octobre :

  • Incroyable défi à une dictature militaire: Une équipe de journalistes s'est immiscée au milieu des manifestants.
Lire le Reportage effectué du 27 au 29 septembre: ICI


  • Décès du Premier ministre birman: "Birmanie : mort d'un tyran"


Le Premier ministre Soe Win est mort vendredi d'une leucémie. Ce général était opposé à toute ouverture démocratique et avait participé à plusieurs opérations meurtrières contre l'opposition.
Il était considéré comme un dur du régime militaire et avait fait de l célèbre opposante birmane Aung San Suu Kyi sa principale cible. Le généra Soe Win, Premier ministre de Birmanie, est décédé vendredi d’un cancer
Lire l'article : liberation

  • Birmanie, heure par heure (suite) ICI
12 octobre:
11H15 - Paris La France "attend plus que des condamnations" de la junte birmane, après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une déclaration non contraignante "déplorant" la récente répression en Birmanie, déclare la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade.

15H00 - Rangoun Le Premier ministre birman Soe Win, considéré comme partisan d'une ligne dure du régime militaire, est décédé des suites d'une longue maladie, annonce les médias officiels.

16h30 - Paris La député européenne Marielle de Sarnez, vice-présidente de l'UDF-Mouvement démocrate (MoDem), approuve l'idée d'envoyer en Birmanie une délégation de parlementaires français, indiquant qu'elle s'y joindrait.

16h30 - Rangoun Le gouvernement birman déclare "regretter" que le Conseil de sécurité de l'ONU ait "déploré" dans une déclaration, la récente répression contre des manifestants pacifiques en Birmanie, a rapporté la télévision d'Etat.

17H15 - Miami La Maison Blanche demande à l'émissaire de l'ONU Ibrahim Gambari de se rendre directement en Birmanie sans s'arrêter au préalable dans d'autres capitales asiatiques comme prévu.

  • Le comble :
le gouvernement birman a déclaré vendredi «regretter» que le Conseil de sécurité de l'ONU ait «déploré» dans une déclaration, la récente répression contre des manifestants pacifiques en Birmanie. «La situation dans l'Union du Myanmar n'a pas menacé la paix et la sécurité au niveau régional et international», estiment les autorités birmanes.



  • Le gouvernement suivra sa propre «feuille de route» ICI

La télévision birmane a indiqué que le régime continuerait à suivre sa propre «feuille de route» annoncée en 2003 en vue de l'établissement d'une «démocratie disciplinée» en Birmanie. «Le gouvernement appliquera sans faiblir la feuille de route en sept points en coopérant avec la population, conformément à la volonté de la population» a-t-elle ajouté.

En août, alors que couvait la crise liée à des augmentations massives de prix en Birmanie, la régime avait mis un terme à plus d'une décennie de pourparlers constitutionnels au sein d'une Convention nationale, processus entièrement contrôlé par lui et qui constituait la première étape de sa «feuille de route». La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi, assignée à résidence depuis 2003, avait boycotté la Convention censée aboutir à un référendum sur une nouvelle Constitution et à des élections, dont les dates n'ont pas été fixées.



13 octobre :



Faut-il boycotter la Birmanie ? Poser la question déchire la communauté internationale institutions, ONG comme universitaires. L’Organisation internationale du travail (OIT) peut en témoigner. «On est allé aussi loin que possible, comme jamais dans notre histoire, résume Kari Tapiola, l’un des directeurs exécutifs de l’OIT, appelant depuis 2000 Etats comme entreprises à réexaminer leurs relations avec la Birmanie.»


  • La junte birmane mobilise ses partisans: Lire article en entier ICI
Plusieurs dizaines de milliers de personnes se rassemblaient samedi matin à Rangoun pour participer à un rassemblement organisé par le gouvernement en soutien à son projet constitutionnel, selon des témoins.

Des manifestations similaires pro-junte ont été organisées ces dernières semaines dans d'autres endroits du pays mais il s'agit de la première à Rangoun, la plus grande ville du pays, depuis l'écrasement par les militaires fin septembre du mouvement de protestation populaire.
La députée européenne Marielle de Sarnez, vice-présidente de l'UDF-Mouvement démocrate (MoDem), et le député PS Julien Dray ont approuvé vendredi l'idée d'envoyer en Birmanie une délégation de parlementaires français, indiquant qu'ils s'y joindraient.
"Il y a quelque chose de très menaçant, c'est que le silence est retombé sur le peuple birman", a déclaré Mme de Sarnez à l'AFP.



  • La junte birmane s’organise un rassemblement de soutien




Plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont une partie rémunérée par l’Etat, ont assisté samedi à un meeting dans un stade de Rangoun.

100.000 manifestants pro-junte réunis samedi pour conspuer les puissances occidentales et les médias étrangers accusés d'avoir fomenté les manifestations de l’opposition. La riposte des militaires au mois de défilés anti-gouvernementaux a été savamment orchestrée. Dès vendredi soir, des bus étaient garés aux abords de Rangoun pour convoyer les "manifestants" dont beaucoup de fonctionnaires et de miliciens favorables à la junte, vers le stade.
Mais pas seulement. Pour remplir les gradins, les autorités ont eu recourt à la contrainte. "Chaque usine de la zone industrielle devait envoyer au moins 50 personnes", a témoigné un résidant. Des responsables locaux ont déclaré avoir reçu l'ordre de trouver des participants rémunérés parfois 0,80 dollar (0,56 euro). Les autorités ont aussi profité de ce meeting pour vanter leur projet constitutionnel en vue de l'établissement d'une "démocratie disciplinée" en Birmanie.
source : lefigaro





Selon des habitants, la junte avait savamment orchestré l'événément et des bus étaient garés dès vendredi soir aux abords de la ville pour convoyer les "manifestants". "Chaque usine de la zone industrielle devait envoyer au moins 50 personnes", a témoigné cet autre résidant. Le rassemblement avait été annoncé vendredi soir par la télévision d'Etat. lemonde



  • Agir avant l'oubli

"Il est très important d'en parler, d'agir pour éviter l'oubli", a-t-elle indiqué. "C'est pourquoi je suis prête à me rendre en Birmanie avec une délégation de parlementaires. L'Europe et la France ont évidemment un message à faire passer sur les droits de l'Homme".

"Il faut éviter la chape de plomb qui est en train de tomber en Birmanie", a pour sa part estimé M. Dray.

Jeudi, plusieurs intellectuels et écrivains avaient appelé à "envoyer au plus vite" une délégation parlementaire en Birmanie, dans un point de vue publié à la une du Monde. Source : lemonde


  • Birmanie, heure par heure: (nouvelobs)

06h45 - Rangoun Plusieurs dizaines de milliers de personnes se rassemblent à Rangoun pour participer à un rassemblement organisé par le gouvernement en soutien à son projet constitutionnel, selon des témoins.

09h30 - Rangoun Les autorités avancent un chiffre de 100.000 personnes qui participent à des manifestations de soutien au régime parmi lesquelles beaucoup de fonctionnaires et de miliciens favorables à la junte de l'Union Solidarity and Development Association (USDA).

10h35 - Paris L'organisation Reporters sans frontières (RSF) juge "insuffisante" la déclaration du Conseil de sécurité l'ONU sur la Birmanie, où, selon elle, 13 journalistes et artistes sont toujours détenus.
"La déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU, qui 'déplore' la répression, est louable mais elle n'est pas suffisante (...) L'adoption d'une résolution non contraignante, qui ne condamne pas la violence de la junte envers les manifestants, laisse libre cours à la poursuite de la répression", affirme un communiqué publié conjointement par RSF et l'Association birmane des médias.

12h55 - Bangkok Un responsable du mouvement pour la démocratie, Htay Kywe, et trois autres dissidents (Mi Mi, une mère de deux enfants âgée de 35 ans, Aung Thu, un homme de 43 ans, et une autre personne non identifiée) ont été arrêtés par les autorités birmanes, a annoncé samedi Amnesty International.


14 octobre




  • La junte militaire birmane ne manque pas de fournisseurs d'armes:

Si les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé un embargo sur la fourniture d'armes à la Birmanie, pour les autres grands marchands d'armes du monde, la junte militaire est un client comme un autre.

L'Inde, la démocratie la plus peuplée du monde, et la Corée du Nord, la dictature la plus répressive d'Asie, fournissent ainsi des armes à la junte et aucune n'a donné signe de vouloir arrêter après la répression menée le mois dernier contre les manifestants pro-démocratie.

Comme pour les autres principaux fournisseurs de la Birmanie -la Russie, la Chine, la Serbie et l'Ukraine-, de telles ventes, peuvent certes être largement critiquées car elles aident le régime à se maintenir au pouvoir, mais elles ne violent pas clairement les lois, traités et accords internationaux.

"Ensemble, ces pays peuvent fournir tout ce que la Birmanie peut vouloir, et ils ont plus ou moins fait cela ces 15 dernières années", explique Siemon Wezeman, chercheur au "Projet de transfert d'armes" de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

La plupart des transferts d'armes vers la Birmanie sont légaux et certains sont même signalés aux Nations unies. Mais d'autres transactions sont moins claires, les pays plus sensibles à l'opinion de la communauté internationale essayant apparemment de dissimuler leurs activités. Selon des spécialistes, cela concerne l'Inde, mais aussi Israël et Singapour. Le gouvernement israélien a démenti toute vente d'armes.

Les seules restrictions sur les ventes d'équipement militaire à la Birmanie sont auto-imposées. Les embargos les plus stricts sont maintenus par les Etats-Unis et l'Union européenne, alors que plusieurs autres nations, comme la Corée du Sud, se montrent moins radicales.
source : web.ifrance


  • Si je ne lutte pas, qui va le faire?

Par Catherine WIENER, envoyée spéciale à Rangoun


Lwin, 45 ans, est un des opposants de la première heure à la junte birmane. Jeté en prison à plusieurs reprises au cours des vingt dernières années, battu et torturé, il se cache aujourd'hui, tout en participant activement à la résistance. Il n'a pas l'intention d'abandonner son combat, et le raconte:

Il paraît si calme, comme si plus rien ne pouvait l'atteindre. Lwin, 45 ans, est sorti en janvier dernier d'une de ces terribles prisons birmanes. Il est un des activistes politiques qui tentent depuis plus de vingt ans de lutter contre la junte. Un de ses hommes que les militaires rêvent de réduire au silence. Mais Lwin n'est pas homme à se laisser faire.

Après plus de vingt ans passés dans les geôles des alentours de Rangoun, le farouche opposant était dans les rues de la capitale la semaine dernière, aux côtés des milliers de moines. "En première ligne", assure-t-il. Il raconte, d'une voix posée, sans jamais s'enflammer, qu'il a filmé toutes les manifestations. Mais depuis il se terre, change régulièrement d'abri. "Ils veulent mes images." Ils veulent surtout le renvoyer en prison.

La première fois, c'était le 21 février 1989. Quelques mois plus tôt, il avait participé au rassemblement de 1988, qui a coûté la vie à des milliers de personnes. "J'étais un simple marchand de textile, se souvient-il. Mais après, j'ai tout abandonné, mon travail, ma vie d'avant." Lwin est entré dans la "résistance", en intégrant l'ABSDF (All Burma student democratic front). Sa fonction: diffuser des informations à l'étranger, importer des appareils de communication, et permettre aux gens de traverser clandestinement la frontière.

Ligoté, suspendu au plafond pendant trois jours

A l'époque, Lwin est interrogé pendant vingt-cinq jours par les services de renseignements birmans. Il est ligoté, suspendu au plafond par les poignets. "Ils m'ont laissé comme ça pendant trois jours. Ils me frappaient, mais je disais que je ne savais rien." Il finit par s'évanouir. A son réveil, Lwin est emmené dans une pièce. "Ils ont pris des photos de moi devant un arsenal militaire. Ils voulaient me faire passer pour un terroriste."

Le résistant a eu le droit à un procès: deux minutes pour le condamner à vingt ans. Il est envoyé à la fameuse prison d'Insein, puis celle de Tharawaddy. En 1990, après l'annonce des résultats des élections qui donnent vainqueur le parti d'Aung San Suu Kyi, les prisonniers se révoltent. "Mais les gardiens nous frappaient à la gorge avec leurs chaussures, nous coinçaient la tête dans des sacs qui avaient servi à transporter des piments et des oignons."

En 1997, après une réduction de peine (le gouvernement avait décidé en 1993 de réduire de moitié les condamnations), l'opposant politique retrouve enfin sa famille. Mais Lwin refuse de s'enfuir loin et aide encore des Birmans à passer à l'étranger, en Thaïlande surtout. Le 3 février 1998, il est de nouveau arrêté. Encore une fois, pas le droit d'obtenir l'aide d'un avocat. "On était 23 accusés, le procès a duré trente minutes." Le 10 avril 1998, Lwin retourne en prison, dort par terre, mange du riz mélangé à des pierres, du poisson complètement pourri. De cette époque, il garde une cicatrice sur la joue droite. Un coup de poing d'un soldat.

Trop de blessés, trop de morts

La semaine dernière, Lwin a enfin eu un espoir. Tant de bonzes dans la rue... Mais aujourd'hui il ne sait plus. Trop de blessés, trop de morts. Il est un des rares à savoir où les moines de Rangoun se cachent. Mais il ne sait pas lui non plus le nombre exact de victimes. Selon ses informations, une liste serait tenue par les moines eux-mêmes. Sur cette feuille qu'il dit avoir lu en début de semaine, près de 1 400 bonzes auraient été arrêtés, envoyés dans un stade de la capitale transformé en prison. Et 45 seraient morts ou disparus. "A Rangoun, nous sommes sûrs qu'il y en a eu au moins 18." Le 29 septembre, il raconte qu'un bonze a été retrouvé dans la rivière, tué à coups de fusil.

"Beaucoup de moines qui se cachent sont vieux et malades, s'inquiète-t-il. On ne sait pas comment leur apporter des médicaments, ni même de la nourriture." En l'absence de leader politique officiel et puissant parmi les opposants, Lwin cherche des solutions, envoie à l'étranger toutes les photos de moines blessés qu'il détient. Des preuves précieuses. Il n'a pas l'intention d'abandonner. "Si moi je ne lutte pas, qui va le faire ?"


  • Birmanie, une révolte pour rien? ICI

La communauté internationale peine à se mettre d'accord sur des sanctions contre la Birmanie. En l'absence de pressions sérieuses, la junte militaire reprend la main. Le vent de révolte, mené par les moines, est finalement passé sans causer trop de dégâts pour les généraux au pouvoir, qui continuent leur répression.


C'est à nous maintenant, de faire en sorte que la révolte n'ait pas eu lieu pour rien !



  • Birmanie, heure par heure (nouvelobs)


6h50 - Bangkok De nombreux touristes annulent leur voyage vers la Birmanie, répondant à des appels au boycottage. La compagnie aérienne nationale thaïlandaise n'assure plus que 2 vols par jour vers Rangoun.

10h30 - Rangoun La junte militaire assoupli le couvre-feu, ramené à quatre heures par jour entre 23h et 3h, et rétabli l'accès à Internet.

14h55 - Rangoun Alors que l'émissaire des Nations unies se rendait en Asie pour s'entretenir avec les dirigeants des pays proches, la junte militaire birmane critique une nouvelle fois les interventions de la communauté internationale par l'intermédiaire du journal officiel "Lumière nouvelle du Myanmar".

16h20 - Paris On apprend que l'Union Européenne devrait réclamer lundi, lors de son conseil mensuel, que la junte mette fin à "toute répression violente et intimidation" contre le mouvement démocratique et appeler à la libération des prisonniers politiques.

16h25 - Paris Le gouvernement birman en exil appelle, dans une lettre communiquée à l'AFP, l'Union européenne, dont le conseil se réunit lundi pour donner son feu vert à de nouvelles sanctions contre la Birmanie, au "gel ou à l'abandon" de toute activité liée au pétrole et au gaz.

18h40 - Bangkok L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, est arrivé dimanche à Bangkok, première étape d'une tournée de deux semaines en Asie, apprend-on sur place.


15 octobre:

  • L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, a appelé ce jour le régime militaire à mettre fin immédiatement aux arrestations d'opposants.

Dans des déclarations à la presse à Bangkok, Ibrahim Gambari a qualifié «d'extrêmement troublantes» les informations sur la poursuite d'arrestations, d'interrogatoires et d'actes d'intimidation.

«Ces actions doivent s'arrêter sur le champ», a-t-il déclaré, parce qu'elles «vont à l'encontre» de l'esprit de dialogue entre les Nations unies et la Birmanie. (Source : 20minutes.fr)

  • Birmanie, heure par heure ( source: nouvelobs)

1h30 - Londres Le Premier ministre britannique Gordon Brown assure dans un communiqué que Londres demandera de nouvelles sanctions de l'UE contre la Birmanie avant la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Luxembourg.

7h45 – Bangkok L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, appelle le régime militaire à mettre fin immédiatement aux arrestations d'opposants.
18h20 - Luxembourg L'UE approuve le principe de nouvelles sanctions contre la Birmanie, incluant un embargo sur bois et métaux birmans, même si elles pourraient être modifiées en fonction des résultats de la mission de l'envoyé spécial de l'ONU Ibrahim Gambari.

21h15 - Washington Le président George W. Bush réclame une "pression internationale énorme" sur la Birmanie pour obtenir que la junte accepte une transition vers la démocratie.


  • Des rubis rouges de sang:
La junte militaire en Birmanie avait annoncé jeudi qu'elle organiserait en novembre une nouvelle vente aux enchères de gemmes et de jade en dépit des appels internationaux au boycottage des pierres précieuses en provenance de ce pays. Le quotidien officiel birman New Light of Myanmar a précisé que la vente se déroulerait du 7 au 19 novembre.

D'abord le joaillier Cartier, filiale du groupe suisse Richemont, puis Bulgari, le plus célèbre bijoutier italien, ont demandé après cette annonce à leurs fournisseurs de certifier l'origine de leurs pierres afin d'écarter un achat en provenance de Birmanie. (Source: lematin)








  • Le rubis : L'or Rouge de la Birmanie .

Qui dit "Rubis" pense "Birmanie".
La pierre et le pays sont liés.
Historiquement, culturellement, humainement.
Lire l'article en entier : ICI


  • Birmanie, la pauvreté au milieu des rubis:

La Birmanie est célèbre à juste titre pour ces riches gisements de pierres précieuses, qui incluent les rubis, les saphirs et le jade. La ville de Mogok, située à l’extrémité Est de la division Mandalay, sur la frontière de l’état de Shan, a été le centre de l’extraction de rubis et de saphirs pendant huit cent ans...
Lire l'article en entier : anusati




16 octobre:


Rien ne devrait changer rapidement en Birmanie, puisque que :

  • En dépit des pressions internationales, la junte birmane n'envisage aucun changement politique.

Le régime militaire en Birmanie a affirmé, mardi 16 octobre, n'avoir aucune raison de "changer de direction" en dépit de toutes les actions internationales entreprises ou envisagées pour faire cesser la répression contre des opposants."Nous allons continuer. Il n'y a pas de raison de changer de direction", assure le quotidien officiel New Light of Myanmar, contrôlé par la junte, ajoutant : "Nous écarterons tous les obstacles qui seraient devant nous."

Le journal réaffirme qu'il n'y a pas de prisonniers politiques en Birmanie. "En réalité, il n'y a personne en prison pour des motifs politiques. S'y trouvent seulement ceux contre qui une action a été entreprise pour violation des lois existantes", affirme-t-il.
Lire l'article en entier : lemonde


  • «Les sanctions ne peuvent pas fonctionner» Un article de Renaud Egreteau, pour liberation

Hier, un Conseil des ministres européen a décidé de durcir les sanction contre la Birmanie notamment sur les importations de bois et de pierre précieuses. Auteur d’une thèse l’Inde, la Chine et l’enjeu birman : la rivalité sino-indienne en Birmanie et ses limites depuis 1988, Renaud Egreteau est docteur de l’Institut d’études politiques de Paris, post-doctorant rattaché au Ceri-Sciences-Po.

Pourquoi la question du boycott vis-à-vis de la Birmanie divise-t-elle ?

Cette question divise en effet la plupart des observateurs, y compris les rares universitaires qui travaillent sur la Birmanie. La situation interne du pays polarise leurs perceptions depuis près de vingt ans et les premières prises de position d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et icône du combat démocratique, contre les investissements étrangers en Birmanie ou la venue de touristes et de leurs devises. Toutefois, depuis son assignation à résidence en 2003, il est difficile de savoir si elle a gardé les mêmes convictions.

Est-ce que le boycott a marché et pourrait marcher avec la Birmanie ?

L’appel au boycott a fonctionné dans les années 90, comme le prouve le retrait de Birmanie de grandes multinationales occidentales ou japonaises (PepsiCo, Heineken, Nippon Oil ou Triumph), la junte perdant ainsi de nombreuses rentes financières. Mais l’émergence de la Chine et de l’Inde, sans parler de la Thaïlande, a changé la donne, puisqu’elles refusent le principe des sanctions économiques. Le ministre indien du Pétrole était d’ailleurs en Birmanie fin septembre, en plein cœur de la répression, afin d’y signer trois nouveaux contrats. A l’inverse de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid, les sanctions internationales ne peuvent donc pas fonctionner si les trois pays les plus influents autour de la Birmanie ne l’appliquent pas.

Faut-il appeler à un boycott des JO de 2008 à Pékin pour faire pression sur la Chine ?

C’est de l’illusion. Quelle chancellerie occidentale osera prendre le risque de boycotter un événement planétaire aux répercussions économiques si phénoménales que les Jeux olympiques ? Nous ne sommes plus au temps de la guerre froide et du boycott des JO de Moscou, en 1980, ou de Los Angeles, en 1984. La Birmanie n’est pas, aux yeux des puissances occidentales, un enjeu imposant une telle mesure, qui reste de portée symbolique. De même, l’influence de Pékin est, certes, primordiale mais il ne faut pas croire que les Chinois peuvent manipuler les généraux birmans comme des pantins. Ils pourront se replier sur eux-mêmes comme ils l’ont déjà fait.

Vous n’êtes donc pas favorable aux sanctions qui iraient jusqu’au boycott ?

Les sanctions économiques montrent aujourd’hui leurs limites. Sanctionner est efficace lorsqu’il y a matière à sanctionner et lorsque la cible s’y montre sensible. Ce n’est plus le cas en Birmanie. Face à un régime isolationniste et paranoïaque, c’est peut-être l’inverse du boycott qu’il faudrait tenter : quelle serait la réaction des généraux birmans, si xénophobes, si la communauté internationale se décidait à investir massivement dans l’économie, le social, la culture, l’éducation et l’humanitaire ?

  • Birmanie, heure par heure (nouvelobs):

3h05 - Tokyo Le Japon décide d'annuler des projets d'une valeur de 552 millions de yens (3,4 millions d'euros) en Birmanie pour protester contre la mort le mois dernier d'un journaliste japonais lors d'une manifestation à Rangoun







Soutiens du sangha (communauté Bouddhiste) suite:
Mise à jour au 15 octobre





Biographie de Aung San Suu Kyi:






Daw Aung San Suu Kyi, née le 19 juin 1945 à Rangoun en Birmanie (appelée aussi Myanmar), est la figure emblématique de l'opposition birmane à la dictature militaire. Elle s’est fait connaître du grand public en recevant le prix Nobel de la paix en 1991 pour ses actions non violentes. Elle est secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), opposée à la dictature en place. Elle ne peut exercer son activité politique car elle est actuellement emprisonnée par la junte militaire au pouvoir.

Lors des interviews qu'il lui a été possible de donner durant toutes les années où elle a été emprisonnée, elle a toujours mis en avant la force que lui donne sa pratique bouddhiste et sa détermination de lutter d'abord intérieurement, notamment contre la peur dans des conditions où sa vie est constamment en danger.

Aung San Suu Kyi est la fille du leader de la libération birmane, le général Aung San. C’est lui qui a négocié l’indépendance de la Birmanie en 1947. Il est assassiné par des rivaux la même année. Sa fille Aung San Suu Kyi a seulement deux ans lors de la mort de son père. Elle vit avec sa mère et ses deux frères à Rangoun (appelée parfois Rangoon ou Yangon), la capitale du pays. Aung San Lin, l’un des frères de Suu Kyi, est mort accidentellement alors qu’elle avait huit ans.

Sa mère, Daw Khin Kyi, commence à s'engager dans les milieux sociaux et publics, gagne peu à peu une certaine importance dans le paysage politique du gouvernement des années 50 et 60 puis est nommée ambassadrice de la Birmanie en 1960 à Delhi, en Inde. Suu Kyi étudie à l’École anglaise catholique de Birmanie puis rejoint sa mère en Inde afin de terminer ses études secondaires au College Lady Shri Ram à New Delhi en 1964.

Suu Kyi déménage ensuite en Grande-Bretagne, où elle suit un cursus de philosophie, politique et économie au St. Hugh’s College d'Oxford de 1964 à 1967.

En 1972, elle se marie à Michael Aris, rencontré à Oxford alors qu’il étudiait les civilisations tibétaines. En 1973, Suu Kyi donne naissance à son premier enfant, Alexander, à Londres. En 1977, elle a un second enfant, Kim, né à Oxford. Suu Kyi vit alors entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, pays où habite son mari, car il fait à cette époque une étude sur l’Himalaya et le Tibet

Lors des interviews qu'il lui a été possible de donner durant toutes les années où elle a été emprisonnée, elle a toujours mis en avant la force que lui donne sa pratique bouddhiste et sa détermination de lutter d'abord intérieurement, notamment contre la peur dans des conditions où sa vie est constamment en danger.

Débuts politiques

Âgée de 24 ans, la jeune étudiante déménage pour New York en 1969, entame un second cycle d'études supérieures et devient secrétaire-assistante du Comité des questions administratives et budgétaires des Nations unies.

Plus tard, en 1988, Aung San Suu Kyi retourne vivre en Birmanie afin de s’occuper de sa mère vieillissante. Cette année-là, le général Ne Win, leader du parti socialiste au pouvoir perd peu à peu le contrôle du pays. Des manifestations éclatent dans tout le pays afin d’obtenir plus de démocratie, elles sont violemment réprimées par l’armée. Une nouvelle junte militaire prend le pouvoir. Fortement influencée par la philosophie non violente du Mahatma Gandhi, Suu Kyi entre petit à petit en politique afin de travailler pour la démocratisation du pays. Elle participe à la création de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) le 27 septembre 1988, qui promeut des réformes politiques en Birmanie. Suu Kyi est ensuite présidente de la LND et devient un symbole du désir populaire pour la liberté politique.

Elle est arrêtée le 20 juillet 1989, le gouvernement militaire lui propose la liberté à condition qu’elle quitte le pays, ce qu’elle refuse. Elle est mise plus tard en liberté « surveillée ».

Détention en Birmanie:

En 1990, la junte militaire, sous la pression populaire, met en place des élections générales, qui sont gagnées très largement par le parti de Suu Kyi, la LND. Alors qu’elle doit occuper le poste de premier ministre, la junte militaire refuse le scrutin et annule le résultat des élections, malgré la réprobation internationale. Suu Kyi reçoit cette année-là le prix Sakharov et le prix Rafto, puis le prix Nobel de la paix l’année suivante. Elle reçoit la somme de 1,3 million de dollars qu’elle utilise pour établir un système de santé et d’éducation pour le peuple de Birmanie.

Elle est libérée de sa détention surveillée en juillet 1995, cependant il est clair que si elle quittait le pays afin de rendre visite à sa famille au Royaume-Uni, elle se verrait refuser le droit de revenir en Birmanie. En 1997, son mari Michael Aris est atteint du cancer de la prostate, le gouvernement birman lui refuse nénamoins le visa d’entrée pour visiter sa femme. La junte militaire essaie clairement de faire partir Suu Kyi afin de s’en « débarrasser ». Suu Kyi ne reverra jamais son mari qui meurt en 1999. De plus elle reste séparée de ses enfants, qui vivent toujours au Royaume-Uni.

Elle se voit refuser le droit de rencontrer les membres de son parti plusieurs fois. En septembre 2000, elle est mise une fois de plus en maison d’arrêt. Le 6 mai 2002, après une négociation secrète entre les Nations unies et la junte militaire, elle est libérée. Suu Kyi a alors déclaré : « C’est une nouvelle ère pour le pays ».

Cependant le 30 mai 2003, elle est attaquée dans le village de Depayin par un groupe paramilitaire payé par la junte au pouvoir. Beaucoup de ses supporters sont tués ou blessés durant cette embuscade. Suu Kyi réussit à s’échapper grâce à son chauffeur Ko Kyaw Soe Lin, mais elle est arrêtée un peu plus tard. Elle est alors à nouveau emprisonnée à la prison de Insein à Yangon. Elle est ensuite transférée en maison d’arrêt en septembre 2003 à cause de ses problèmes de santé et d’une hystérectomie.

En mars 2004, Razali Ismail, un envoyé spécial des Nations unies peut rencontrer Aung San Suu Kyi, Ismail démissionne de son poste l’année suivante en partie parce qu’il s’est vu refuser l’entrée en Birmanie par la suite.

Le 28 novembre 2005, sans surprise, la junte militaire birmane prolonge de six mois l’assignation à résidence de la chef de l’opposition. Une prolongation prise en vertu de la loi de 1975 de la protection de l’État (Article 10b) visant à « protéger l’État d’éléments destructeurs » qui permet à l’État d’emprisonner quelqu’un pendant cinq ans sans jugement. Le 20 mai 2006, Ibrahim Gambari, un autre envoyé spécial des Nations unies peut rencontrer Suu Kyi, la première visite étrangère depuis 2004.

Le 27 mai 2006, l'assignation à résidence de Aung San Suu Kyi est prolongée d'un an ce qui provoque l’appel de Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, à Than Shwe le dirigeant de la junte militaire. Le 9 juin 2006, selon un représentant des Nations unies pour un gouvernement de coalition nationale pour l'union de la Birmanie, Suu Kyi est hospitalisée suite à de sévères diarrhées. La junte militaire dénie l'information.

Le 19 juin 2006, Suu Kyi passe son soixante et unième anniversaire en maison d'arrêt, sa ligne téléphonique est coupée, son courrier filtré et elle n'a pas accès aux soins médicaux qu'elle désire. Des manifestations sont organisées devant les ambassades birmanes.

Le 14 mai 2007, un appel est lancé par une cinquantaine d'anciens dirigeants du monde entier pour la libération d'Aung San Suu Kyi. Son assignation à résidence actuelle expire le dimanche 27 mai.

Le 25 mai 2007, une nouvelle fois, le régime militaire birman prolonge d'un an son assignation à résidence.

Le 22 septembre 2007, l'opposante birmane assignée à résidence depuis 2003, est exceptionnellement sortie brièvement en pleurs de sa maison à Rangoun pour saluer des moines bouddhistes qui manifestent contre la junte militaire, pour la cinquième journée consécutive.

Soutien international :

Aung San Suu Kyi dispose d’un soutien assez important au Royaume-Uni et aux États-Unis, via la campagne pour une Birmanie libre (Free Burma Campaign).

En 2001, le groupe rock irlandais U2 a créé la chanson « Walk On », qui a été écrite et dédiée à Aung San Suu Kyi. « Walk On » est interdite en Birmanie. D’autres artistes comme Coldplay, R.E.M., Jane Birkin, Jim Carrey ou Damien Rice ont publiquement supporté Suu Kyi.

Elle a reçu le prix « Free your mind » (Libère ton esprit) par les MTV Europe Music Awards en 2003.

Le 17 juin 2005, plusieurs protestations ont eu lieu devant les ambassades birmanes partout dans le monde à l’occasion du soixantième anniversaire de Suu Kyi.

Plusieurs tentatives de pressions diplomatiques ont eu lieu de la part des États-Unis, des Nations unies et de plusieurs pays afin de libérer Suu Kyi.

Un film a été tourné par John Boorman sur la vie de Suu Kyi en 1995 : Beyond Rangoon (Au-delà de Rangoun).

Suu Kyi reçoit une assistance de l’association International IDEA depuis qu’elle est emprisonnée.

Le magazine américain New Statesman a élu en 2006 Suu Kyi « Hero of our time » (héros de notre temps). La même année, elle est classée comme la 47e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes.

L’université belge Vrije Universiteit Brussel (Université Libre de Bruxelles) lui a offert le titre de docteur honoris causa.

Le 14 mai 2007, une lettre signée par une cinquantaine d'anciens dirigeants du monde entier (Bill Clinton, Jimmy Carter, Jacques Delors) appelle la Birmanie à libérer Aung San Suu Kyi.

Source de cette biographie : ICI

Son site : ICI


On ajoutera que récemment, elle est sortie en pleurs de sa maison à Rangoon pour saluer des moines qui manifestaient contre la junte militaire.

Alors qu'il pleuvait, les moines sont restés devant la résidence de l'opposante pendant une quinzaine de minutes, récitant notamment la prière suivante: «Faisons en sorte d'être totalement libérés de tout danger, de toute douleur, de la pauvreté et que la paix soit dans nos coeurs et dans nos esprits.»





Le pays des pagodes (suite)


Début de cette rubrique : Lire ICI

  • Devenir Bonze :

Connaître et respecter les 227 règles disciplinaires du code monastique permet de devenir moine, "pongyi". Ce choix ne peut être fait qu'à l'âge de 20 ans avec l'accord de ses parents. Lorsque le novice a réussi son examen, ses cheveux et sa barbe sont rasés et il doit promettre d'observer les voeux de pauvreté et de chasteté et de n'avoir recours qu'aux triple joyau : Bouddha, la loi de Bouddha,"dharma" et la communauté des moines, "sangha".

Les bonzes doivent respecter 10 préceptes( dont sept correspondent aux sept péchés capitaux de la Bible). Pour faciliter leur approche du nirvana, ils pratiquent le yoga. Ils n'ont pas le droit d'utiliser des parfums, de danser, de chanter de posséder de l'argent, de dormir sur un lit confortable, d'approcher les femmes.

Malgré tout, dans les zones rurales, le monastère fait office d'école et permet aux enfants d'apprendre des rudiments d'enseignement sur l'alphabet birman, les cinqs commandements bouddhiques (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commetre d'adultère, ne pas mentir, ne pas boire de boissons alcoolisées) et les formules utilisées lors des prières en pâli (langue ancienne de l'Inde) à la pagode.

L'ordination des bonzes demande beaucoup de temps et d'argent. Il faut recevoir convenablement les invités à la cérémonie, louer ou acheter un costume pour les futurs moines, acheter ce dont ils auront besoin durant leur vie monastique et faire un don généreux au monastère qui va les accueillir et prendre en charge leur éducation.

L'engagement n'est pas définitif. A tout moment le moine peut quitter la communauté mais peut également y revenir plus tard. Il existe d'ailleurs deux types d'ordination : "Upasampada" et "shinbyu".

Shinbyu serait pour un bouddhiste ce qu'est la communion solennelle pour un catholique. Cette cérémonie a lieu vers l'âge de 9-12 ans. Cette ordination leur donne le statut de novices. Ces petits bonzes n'ont que 10 règles à observer (dont celle d'aller, tous les matins pieds nus, mendier leur nourriture et de ne rien manger de solide l'après-midi). Cette retraite ne durera pour eux que de 9 à 21 jours.

La population monastique birmane est d'environ 300 000 bonzes.


  • Les huits nécessités du bonze :

La règle bouddhique prescrit "huit nécessités" que prennent en charge la population active en plus des besoins quotidiens. Toutes ces fournitures sont renouvellées lors des diverses fêtes du calendrier bouddhique.

Le bol à aumônes, "thabeit" : il est porté autour du cou quand les moines vont mendier leur nourriture.

Le rasoir : il sert à la tonsure.

L'éventail : les moines s'en servent symboliquement pour dissimuler leur visage du monde exterieur pour ne pas être troublés par son agitation.

L'aiguille à coudre : elle permet d'entretenir la robe monastique, "thingan".

Les trois pièces de la robe : elles sont prescrites par le canon pâli. "Antaravasaka", le vêtement intérieur, est serré sur les reins par une ceinture et couvre les jambes. "Uttarâsangha", le vêtement mis par-dessus, est utilisé pour les activités ordinaires. il est porté sur l'épaule gauche au monastère et sur les deux épaules à l'exterieur. "Sanghâti", le vêtement en patchwork, est un grand manteau porté pour la quête oul voyage.

Les anciennes prescriptions indiennes, par esprit de dépouillement, proposaient aux moines de ramasser des haillons dans la poussière et de les teindre. Les terres mélangées ont donné cette couleur marron-rouge de l'habit d'aujourd'hui.
source : ICI


jeudi 11 octobre 2007

Actualité Birmanie : Table des Matières



Mise à jour au 14 février 2008



REMARQUE : Depuis le 14 février , pour plus de clarté, j'ai décidé de créer un nouveau blog  uniquement sur la Birmanie. Ainsi,  je continue de vous informer sur l'actualité en Birmanie, mais sur mon autre blog : Birmanie mon coeur saigne : ICI 

J'ai donc copié une bonne partie de mes messages sur la Birmanie sur ce nouveau blog. 



BIRMANIE : TABLE DES MATIÈRES



Table des matières par ordre chronologique : des plus anciens au plus récents messages sur la Birmanie ( du 27 septembre 2007 au 12 février 2008)




Cliquer sur les mots
surlignés en bleu pour accéder aux messages correspondant.


Pour chaque message ( ou billet), vous trouverez le résumé de son contenu avec le titre des articles développés. Pour voir le Message, cliquer sur son titre (qui est surligné en bleu)


Et, à la fin de ce plan, vous trouverez:
Des liens
de sites ou blog (parlant de l'actualité en Birmanie) et déjà cités, pour la plupart, dans mes différents messages sur la Birmanie


Rappel :
- Dans tous les messages de ce blog , quand le texte n'est pas de moi, ( citations, articles..) il apparaît:

avec une petite barre de chaque côté du texte, en retrait, (généralement en rose)

ou tout simplement en italique

- Pour les citations, j'indique lorsque je le connais, le nom de l'auteur
- Pour les articles, je mentionne toujours sa source avec la plus part du temps un lien direct vers l'article en question.








du 27 septembre au 3 octobre 2007

Vous trouverez dans ce message

Des Remarques préalables :

sur le nombre de victimes et la répression + réflexions sur la situation en Birmanie.

Le nombre de victime et répression:


  • L'armée traque les manifestants.
  • Rafles dans les monastères.
  • Plus de 200 corps auraient été incinérés.
  • Répression et Fuite.
  • Témoignage d'un massacre au monastère de "N.Kyar Yan.




1 - le soutien du sangha :(=soutien de la communauté bouddhiste):

avec notamment tous les messages de soutien du sangha et les avis des membres de la communauté bouddhiste, toutes écoles confondues, sur l'engagement pacifiste des moines:

  • 3 Communiqués de l'UBF.
  • Soutien de L'Association Terre d'Eveil.
  • - Message du Dalai Lama au peuble Birman.
  • Une vraie leçon de compassion.
  • Selon le Bouddha, la première responsabilité de ceux qui gouvernent est de veiller sur le bien-être du peuple.
  • Soutien de Matthieu Ricard, Moine.
  • Soutien de Soeur Ariya Nani, none de la tradition Théravada.
  • Pétitions.



2- Articles et Reportage : du 27/09 au 03/10/07

3 octobre: Titre des articles développés :

  • L'armée traque les manifestants.
  • brahim Gambari reparti, les arrestations reprennent au Myanmar.
  • La junte birmane décidée à briser la contestation malgré la médiation de l'ONU.
  • Près de 4 000 bonzes birmans auraient été arrêtés depuis le 27 septembre.
  • Rafles dans les monastères.
  • Où est passé la Birmanie.
  • Conseil des droits de l'homme: résolution sur la Birmanie adopté mais l'U.E se contente de Déplorer la répression.
  • Nouvelles arrestation.
  • L’ONU a achevé sa médiation en Birmanie.

2 octobre :

  • Birmanie - les photos satellites confirment les villages brûlés.
  • Que deviennent les moines arrêtés.
  • Le massacre des moines serait bien réel.
  • Les moines qui restent, sont faibles.
  • La Birmanie est vite, trop vite, sortie de notre champs de vision.
  • Selon l'opposition Birmane plus de 200 morts.
  • Où sont les Bonzes.
  • Plus de mille "disparus", selon les ONG.
  • Le numéro un de la junte birmane reçoit l'envoyé spécial de l'ONU.
  • La junte est hermétique à la notion de démocratie.
  • Depuis août, des centaines de birmans passent la frontière pour se réfugier en Tahïlande.
  • Un nouvel article fait état de plus de 30 morts en relayant la photo du moine mort dans une rivière birmane.


Le 1er octobre : Titre des articles développés :

  • La répression commence.
  • de nombreux moines ont été violentés et arrêtés en Birmanie.
  • la liste des monastères ayant subi un raid de l'armée.
  • Dans le silence médiatique maintenant installé, la junte assassine les moines.
  • La sollicitude intéressée des Etats-Unis.


Septembre :

  • Manisfestation et repressions en Birmanie.
  • La mission de l'Onu au Myanmar enveloppée de mystères.
  • Des militaires déguisés en moine.
  • Le régime de la honte.
  • Internet coupé, journaux fermés, journalistes étrangers sous surveillance : la junte militaire tente d’imposer un huis clos.
  • En Birmanie, l’étau se resserre autour des opposants au régime.

  • Myanmar: les manifestants continuent de défier les autorités malgré la répression avec Petite vidéo à regarder.
  • Chronologie du mouvement de contestation au Myanmar.
  • Un émissaire de l'ONU en Birmanie sur fond d'étouffement de la contestation.
  • - Les forces Birmanes reprennent les tirs de sommation.
  • - Les militaires perquisitionnent des hôtels où sont logés des journalistes étrangers et ferment des journaux.
  • Nouvelle escalade pour la dictature Birmane.
  • Grandir sous la dictature Birmane .

  • Les moines ont-ils des chances de sortir victorieux de ce bras de fer .
  • Entre religion et politique : un combat entre dhamma et ah-dammah.





3 - Le pays des pagodes :

Présentation de la Birmanie et de son importance pour les bouddhistes de la tradition Théravada.
Titre des articles :

  • La Birmanie c'est aussi le pays des pagodes :
  • La famille et la société selon le Bouddhisme théravada.
  • Petit rappel historique.
  • En savoir plus sur la Birmanie .
  • Histoire de la Birmanie selon amnesty international.




4- Portrait du Général Than Shwe





Message du 4 octobre

Si des blogger ont décidé, par solidarité avec la Birmanie, de ne pas alimenter leur blog ce 4 octobre, cette initiative peut avoir un intérêt pour les blogger qui n'ont pas encore évoqué sur leur blog, la Birmanie et qui parlaient ainsi de tout autre chose dans leurs billets précédant et auraient, sans cette initiative, encore parlé d'autre chose aujourd'hui...et parleront de tout autre chose demain..
Tout en soutenant cette initiative, je pense qu'en continuant de parler de ce qui se passe en Birmanie, j'exprime davantage ma solidarité avec le peuple Birman qu'en me taisant


Vous trouverez dans ce message du 4 octobre:


Articles et reportages (suite)
Avec les articles suivants:
  • Une longue et sourde répression commence.
  • Agir.
  • Premiers récits sur la brutalité de la répression en Birmanie.
  • Poursuite des arrestations massives en Birmanie, selon l'ambassadeur de France.
  • Birmanie: les interpellations se poursuivent, l'envoyé de l'Onu fait son rapport.
  • Crime contre l'humanité.
  • La traque aux manifestants continue.
  • La crise alimentaire menace.
  • Le Japon envisage de suspendre son aide à la Birmanie.
  • Un clip sur la Birmanie.
  • Le général Than Shwe se dit prêt à rencontrer l'opposante, Aung San Suu Kyi.
  • Un courant engagé, en rupture avec une tradition de soumission.

Une Pétition à l'initiative de Free Burma.






Message du 5 octobre


-Le nombre de victimes (suite)

-Des liens de Vidéos

-Positions Soutiens du sangha ( suite ):

  • Un moine peut-il "faire de la politique" même si c’est dans une situation d’urgence.
  • Un courant engagé, en rupture avec une tradition de soumission.
  • Le Bouddhisme "engagé" selon le moine Thich Nhat hanh


- Articles et Reportages (suite)
avec les articles suivants :

  • La junte purge dans la terreur.
  • Isoler ou non ? Le Myanmar alimente le débat sur les sanctions.
  • La Chine appelle à la modération sans condamner la répression en Birmanie.
  • L'ordre règne à Rangoun.
  • La Birmanie reconnaît des arrestations massives.
  • La junte entendra t'elle le message des moines.
  • Conséquences internationales grave.
  • Des pagodes sans moines en Birmanie.
  • Birmanie : ce n'est hélas pas la fin d'une époque.






Message du 6 octobre:


- Le nombre de victimes (suite) avec

  • Un nouveau témoignage.


- Articles et Reportages (suite)
avec :

  • -Témoignage d’une habitante de Rangoun sur la répression.
  • -ONU: projet de déclaration condamnant la répression en Birmanie.
  • -Le mouvement d'Aung San Suu Kyi, n'exclut plus de discuter avec la junte.
  • -manifestations dans le monde en réponse à un appel d'Amnesty.
  • -Des milliers de manifestants ont répondu à l'appel d'Amnesty.



- Le pays des pagodes : présentation de la Birmanie et de son importance pour les bouddhistes de la tradition Théravada (suite)


  • Birmanie : Le Royaume de Pagan- L'âge Flamboyant du Bouddhisme.



Message du 7 octobre

Rubriques et titres des articles de ce message =

- Blog Birman


- Photos


- Nombre de victimes:

  • Un jeune bonze raconte comment il a été torturé.



-Soutiens et positions de la communauté Bouddhiste:

  • Le Rassemblement bouddhiste à Vincennes.


- Articles et Reportages:
  • -D'anciens prisonniers politiques en Birmanie décrivent les tortures subies après leur arrestation
  • -L'armée desserre son emprise à Rangoun:
  • -La Birmanie, propriété privée de la junte militaire
  • -Birmanie, heure par heure
  • -Mobilisation mondiale contre la junte birmane
  • -Le sang va couler aussi en prison
  • -Le Conseil de sécurité sous pression pour agir
  • -Six journalistes détenus, trois autres libérés - Les autorités cherchent à identifier les "journalistes citoyens"
  • -"Battus pour dénoncer les meneurs", un moine raconte





Message du 8 octobre avec Mise à jour le 9 octobre


- Nombre de victimes

  • Un millier de personnes toujours détenues.
  • Les bonzes traqués de Mandalay.


- Articles et Reportages:
Le 8 octobre:

  • -la Birmanie toujours sous le choc.
  • -Les gens sortent de nouveau la journée, mais restent chez eux le soir.
  • -Regagner la faveur des moines.
  • -La junte a fait des dons aux moines.
  • -Les bonzes traqués de Mandalay.
  • -La junte birmane conditionne la libération d'Aung San Suu Kyi et des prisonniers politiques à l'adoption d'une nouvelle constitution.
  • -Birmanie, heure par heure.

Le 9 octobre:

  • La junte menace de prison 1.000 personnes.
  • La Chine amende le texte soumis au Conseil de sécurité.
  • Birmanie heure par heure.
  • Comment la junte a coulé la Birmanie.



En savoir plus sur le Bouddhisme Théravada (suite de "présentation de la Birmanie et de son importance pour les bouddhistes de la tradition Théravada")

  • - Le Kamma ( karma en sanscrit)
  • - Le bouddhisme théravada
  • - Les différents courants dans le bouddhisme





- Des textes et des poèmes


- soutien de Thich Nhat Hanh,







Du 9 au 11 octobre 2007

Vous trouverez dans ce message:


1-Nombres de victimes:

  • Mort d'un opposant sous la torture
  • Des nouveaux témoins parlent

2-Articles et Reportages:

10 octobre:

  • La cause birmane a réussi en quelques semaines là où la cause tibétaine a échoué pendant des décennies : fédérer les bouddhistes du monde entier.
  • Union Européenne : Les syndicats exigent des sanctions contre la Birmanie.
  • Dialogue de sourd.
  • Birmanie, heure par heure.
  • Birmanie, une histoire sanglante
11 octobre:
  • Birmanie : des sanctions, vite !
  • Birmanie, heure par heure


3- Des Vidéos


4- Blog Birman (suite)










Du 12 au 16 octobre

Titre des articles développés :


Nombre de victimes (suite)

12 octobre:
  • Les témoignages continuent
13 octobre:

  • Être prisonnier en Birmanie, c'est la torture ou la mort.
  • Arrestation d'un ancien leader étudiant.

14 octobre

  • six dissidents arrêtés depuis samedi.


15 octobre

  • Les journalistes occidentaux rusent pour protéger leurs témoins.





Articles et Reportages (suite)

12 octobre:
  • Incroyable défi à une dictature militaire.
  • Décès du Premier ministre birman.
  • Birmanie, heure par heure (suite).
  • Le gouvernement suivra sa propre «feuille de route».


13 octobre:

  • Les sanctions, une arme à double tranchant.
  • La junte birmane mobilise ses partisans.
  • Agir avant l'oubli.
  • Birmanie, heure par heure

14 octobre


  • La junte militaire birmane ne manque pas de fournisseurs d'armes.
  • Si je ne lutte pas, qui va le faire? Par Catherine WIENER, envoyée spéciale à Rangoun
  • Birmanie, heure par heure.

15 octobre:

  • L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, a appelé ce jour le régime militaire à mettre fin immédiatement aux arrestations d'opposants.
  • Birmanie, heure par heure.

  • Des rubis rouges de sang.
  • Le rubis : L'or Rouge de la Birmanie.
  • Birmanie, la pauvreté au milieu des rubis.

16 octobre

  • En dépit des pressions internationales, la junte birmane n'envisage aucun changement politique.
  • «Les sanctions ne peuvent pas fonctionner» Un article de Renaud Egreteau, pour liberation.



Soutiens du sangha (communauté Bouddhiste) suite:




Le 15 octobre:

  • Soyons prêt à agir dans la Paix




Biographie de Aung San Suu Kyi



Le pays des pagodes (suite):


  • Devenir Bonze.
  • Les huits nécessités du bonze.









Du 16 octobre au 17 octobre



-Remarques préalables

-Nombre de victimes et arrestations (suite)

  • Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé l'autorisation de rendre visite aux manifestants arrêtés et incarcérés en Birmanie pour avoir participé au mouvement de contestation du régime.


-Articles et Reportages (suite)

  • La Junte
  • Birmanie, heure par heure
  • Gambari exhorte l'ASEAN et la Chine à faire pression sur la Birmanie
  • Cruelle fin de partie pour les manifestants birmans


Le Pays des pagodes (suite)


  • Destination controversée : Birmanie : paradis terrestre ou enfer totalitaire ?





Message du 17 octobre, mise à jour au 19 octobre


J'ai déjà évoqué ce point très important pour les Bouddhistes, dans mon tout premier message sur la Birmanie: "Birmanie mon cœur saigne"
mais aussi dans "Birmanie ou le Retour du Bouddhisme engagé"

J'aimerais toutefois relancer ce sujet, qui me tiens particulièrement à cœur en tant que Bouddhiste de la tradition Théravada et reprendre ici, la position et les différents messages de soutien de la communauté Bouddhiste, toutes traditions confondues.

Vous trouverez dans ce message :

- Remarques personnelles


- Rappel des différentes positions et soutiens de la communauté Bouddhiste







Du 19 octobre au 21 octobre



- Les différents soutiens à la Birmanie (suite)

Rassemblement à Paris pour les victimes de la répression en Birmanie
  • Le 21 octobre 2007, Info Birmanie organise un rassemblement à 15h00, Quai de la Tournelle sur la « Péniche de la paix ».


- Articles et Reportages (suite)


21 octobre

  • Malgré la levée du couvre-feu, les habitants de Rangoun ont peur.
  • La Chine discute du Soudan et de la Birmanie avec le secrétaire général de l'ONU.

20 octobre :

  • La fin du couvre feu, mais je l'espère, pas la fin du mouvement pour la Démocratie.
  • La mesure de la fin du couvre feu a été annoncée par des camions.
  • Manifestation devant l'ambassade de Chine à Bruxelles.
  • Un opposant libéré au Myanmar en raison de son âge (82 ans).
  • 1.200 prisonniers politiques au Myanmar avant la répression.
  • Bush annonce un durcissement des sanctions contre la junte birmane.


19 octobre:

  • Pas de changement sans l'armée.
  • Un simulacre de démocratie: La junte nomme une commission chargée de rédiger la Constitution.
  • Liberté de la presse.
  • Rassemblement à Paris pour les victimes de la répression en Birmanie.
  • une «chasse aux sorcières» au MyanmarBirmanie.
  • les écrivains face à la dictature
  • Un moine condamné à sept ans et demi de prison.
  • Birmanie, un univers "orwellien":
  • Lettre des étudiants de la Génération 88, Rangoon, Birmanie, Au Secrétaire Général M. Ban Ki-Moon








Du 21 au 30 octobre


ce message sera mis à jour régulièrement avec des nouveaux éléments.


Vous trouverez dans ce message les rubriques suivantes:


-AGIR: Mise à jour au 26/10
-SOUTENIR : Mise à jour au 29/10
-ECOUTER : Mise à jour au 26/10
-VOIR: Mise à jour au 22/10
-LIRE: Mise à jour au 30/10
- Articles et Reportages (suite): Mise à jour au 30/10



AGIR
Mise à jour au 26/10

  • Appel du Conseil Mondial du Sangha (= de la communauté bouddhiste)
  • Une marche pour la Paix le 17 novembre à PARIS
  • Appel à manifester mercredi 24 octobre devant les ambassades de Chine.
  • MERCREDI 24 OCTOBRE 2007 : JOURNEE DE MOBILISATION INTERNATIONALE pour LES 12 ANS D'ASSIGNATION A RESIDENCE D'AUNG SAN SUU KYI.




SOUTENIR
Mise à jour au 29/10



  • Quand le monde virtuel soutien la Birmanie : Mandala-Bouddha sur "second Life":
  • Pétition : Birmanie le Monde est avec toi
  • Six femmes Prix Nobel de la Paix ont exhorté le monde à maintenir la pression sur la junte du Myanmar pour que la liberté et la démocratie soient rétablies dans le pays.
  • Une nouvelle intervention du Dalaï Lama : Washigton Post, 21 octobre 2007.

  • un mois après la répression de la révolte des bonzes, RTL consacre; mardi 30 octobre; une journée spéciale à la Birmanie avec une série de reportages réalisés dans la clandestinité à Rangoon et en province, par Rémi Sulmont, grand reporter au service politique étrangère de RTL.



-ECOUTER:
Mise à jour au 26/10


  • Envoyé spécial d'Europe 1, Nicolas Tonev a dû regagner Bangkok après avoir été contraint de quitter la Birmanie. ECOUTER Son témoignage
  • Podcast ( format MP3) :La Birmanie entre ange et démon


- VOIR:

  • Des moines et des militants au Myanmar ont parlé à Amnesty International de la brutale répression que subissent les personnes qui manifestent contre le gouvernement dans le pays- Vidéo de amnestyinternational
  • "Birmanie, la guerre secrète".
  • 1 Nouveau clip vidéo.
  • Un nouveau reportage de France 24


LIRE :
Mise à jour au 30/10


  • Une junte hermétique, richissime et sans pitié
  • Le Myanmar enrôle des enfants dès l'âge de 10 ans dans l'armée.
  • OpenNet Initiative publie un rapport sur le black-out de l’information en Birmanie
  • Y a-t-il un général birman réformateur ?
  • L'engagement bouddhiste
  • dix-huit ans de persécution
  • L'aide humanitaire est insuffisante pour les démunis Birmans
  • Chroniques birmanes: BD
  • En quels termes se pose le problème ethnique en Birmanie, et depuis quand ?.
  • Télécharger directement ou lirele dossier spécial Birmanie du mensuel Liberté.
  • L'enseignement du Bouddha et la Paix.




Articles et Reportages ( suite)
Mise à jour au 30/10



  • Moscou, New Delhi et Pékin hostiles aux sanctions
  • La répression a été "brutale" en Birmanie.
  • Les manifestations pourraient reprendre fin octobre.
  • La junte birmane accepte la visite du Conseil des droits de l'Homme.
  • Les Birmans sous la botte de leur junte

  • Aung San Suu Kyi rencontre un représentant de la junte
  • L'émissaire de l'Onu appelle à plus de dialogue
  • La police birmane s'est de nouveau déployée autour des principaux sites bouddhistes de Rangoun
  • Le leader des moines bouddhistes s'est échappé :
  • Où sont les robes safran ?
  • Tribune de M. Bernard Kouchner:
  • Bernard Kouchner propose la création d'un fonds pour le Myanmar
  • Pour Bernard Kouchner : un changement abrupt du régime birman "impossible"






Du 31 octobre au 3 novembre



1) Soutenir et Agir (suite)

Le 3 novembre

  • Le Pape et le Dalaï-Lama vont se rencontrer sur la question birmane

Le 1er novembre

  • Nous devons nous mobiliser


Le 31 octobre
  • Marche pour la paix le 17 novembre à PARIS
  • Création de l’Organisation Internationale des Moines Birmans


2)Articles et reportages (suite)

Le 3 novembre:



  • La chasse aux opposants continue.
  • Deux opposants birmans racontent la "révolution des moines" à Pagan (Très bon article du Monde)
  • Arrivée ce jour de l'émissaire de l'ONU Ibrahim Gambari.
  • Internet : problèmes techniques ou limitation volontaire ?



Le 2 novembre

  • Un émissaire de l'Onu va être expulsé.
  • La junte birmane libère de nouveaux opposants mais restreint de nouveau internet.
  • Pour 15 dollars, les enfants birmans sont vendus à l’armée.



Le 1er novembre
  • Pleure, Birmanie chérie !
  • Des opposants libérés.
  • La flamme de la révolte brûle encore parmi les bonzes birmans.


Le 31 octobre

  • Une centaine de moine ont défilé ce jour
  • L'impasse démocratique
  • Les monastères de la révolte
  • Des enfants enrôlés de force dans l'armée
  • Il faut sauver Min Ko Naing.
  • Traque sur Internet à la recherche de "Mister X", reporter de la radio birmane en exil











Un article courageux de Tinh'y : "La peur est-elle contagieuse"
Sommaire:
  • Une peur sournoise et destructrice.
  • Le simple fait d’être bouddhiste est un acte politique.
  • Une manière bouddhiste de faire de la politique.
  • Le bouddhisme engagé.
  • Cette peur qui nous fait douter.
  • La compassion ne connait pas la peur.
  • La compassion est ACTION.









Message du 4 au 10 novembre

  • Nouveaux éléments d’information concernant les détentions massives, les prises d’otages, les morts en détention et les disparitions forcées


1)Soutenir la Birmanie:
  • soutien d’Ajahn Sumedho ( moine théravada) au peuple de Birmanie:
  • L’UNEF et Info Birmanie organise, le 12 novembre, à 18h, une conférence sur la Birmanie
  • La Birmanie, on ne sait plus où c'est !
  • Marche silencieuse du 17 novembre à Paris et à Toulon, pour ne pas oublier la Birmanie

-Et si nous faisions de cette marche une forme de méditation pour la rendre plus sereine
- Récitons mentalement des paroles de Metta et pourquoi pas le Metta sutta



La compassion:
  • -La compassion par Charles GENOUD
  • - Compassion et bouddhisme par Walpola Rahula



2)Articles, Reportages et reflexions (suite)

le 10 novembre
  • Opération séduction en Birmanie

Le 9 novembre

  • Cimetière diplomatique


Le 8 novembre
  • Des bonzes en politique

Le 7 novembre:

  • Un entretien avec Thich Nhât Hanh : c’est au peuple de Birmanie et au monde de continuer..
  • Un article plein d'humour, sur la présence de Total en Birmanie : "La french Touch s'exporte en Birmanie
  • Invoquant la "souveraineté" de la Birmanie, la junte campe sur ses positions:
  • Comprendre la crise en Birmanie


Le 6 novembre


  • Liberté de pensée, liberté de religion : un magnifique témoignage de Mr Aung Ko, Representative of the National Council of the Union of Burma in Franc
  • Une carte postale de Birmanie : 'S’il vous plait, dites aux autres ce que vous avez vu ici"

Le 5 novembre:


  • La « prière » des moines bouddhistes théravada









Du 11 novembre au 14




1)Réflexions personnelles sur le bouddhisme engagé


2) Articles et reportages (suite)

Le 14 novembre
  • Le Conseil de sécurité de l'ONU exhorte la junte à faire davantage
Le 13 novembre

  • Des moines racontent: des moines meurent en détention

Le 12 novembre:
  • Une vidéo sur l'armée en Birmanie
Le 11 novembre
  • Birmanie, entre répression et espoir : Deux reportages à regarder
  • L'émissaire des Nations unies pour les droits de l'homme arrive en Birmanie.







Message du 14 novembre au ...


1) Pleure Birmanie chérie, pleure mon pays bien aimé.

L'auteur de "Pleure Birmanie Chérie" et leader "All Burma Sangha Coalition" ( l’Alliance de tous les moines bouddhistes de Birmanie) a été arrêté


2) Articles et Reportages (suite)

14 novembre
  • Situation toujours tendue en Birmanie
  • Bouddhisme engagé; Non-Violence; Pacifisme






1) deux marches à Paris pour la Birmanie:

-SOS Birmanie organise une marche silencieuse samedi 17 novembre 2007 qui débutera à 15h sous la Tour Eiffel.

-De son côté, le comité de soutien au peuple birman, organise une marche silencieuse et de lumière mais à 18 h




Articles et Reportages (suite)

19 novembre


  • Un ministre de la junte rencontre Aung San Suu Kyi, l'UE officialise ses sanctions
  • Le sommet de l'Asean s'ouvre à Singapour avec la Birmanie en ligne de mire


16 novembre
  • 53 détenus, dont 6 opposants, libérés en Birmanie après la visite de Paulo Sergio Pinheiro.
  • Le canada va renforcer ses sanctions à l'encontre de la Birmanie.
  • l'enquêteur de l'ONU déclare avoir déterminé le nombre de victimes de la répression de septembre.

15 novembre

  • Birmanie, La peur est-elle contagieuse (Rappel car déjà publié)
  • Des militants continuent d'être arrêté durant la visite du rapporteur de l'ONU







Du 19 au 29 novembre

  • Vidéo : Jeanne Moreau : Une minute pour ASSK
  • Diaporama : "Je n'oublie pas la Birmanie"

1) Articles et reportages (suite)

29 novembre

  • La junte birmane ferme un monastère, considéré comme contestataire.
  • Lettre à Monsieur le Président (Christophe Ono-dit-Biot, journaliste et romancier. Pascal Bruckner, écrivain. André Glucksmann, philosophe. Bernard-Henri Lévy, philosophe)
  • Amnesty condamne la poursuite des arrestations
28 novembre
  • Les moines Birmans incitent au BOYCOOTT des Examens d'état
Un article publié par le site (en Anglais) irrawaddy et traduit par isara pour le site KARUNA:

27 novembre:

  • A Rangoun, les moines oscillent entre résignation et espoir d’une remobilisation.

Une autre vision :
  • Birmanie : les conflits impérialistes

26 novembre:

  • Les sanctions? Avis partagés des Birmans

25 novembre

  • Birmanie : de la domination coloniale à la dictature sanglante.
  • Un des pays les plus secrets du monde : Paranoïa, répression et trafics en Birmanie
  • where are the monks ?
24 novembre

  • L'Onu appelle l'armée du Myanmar à ne plus recruter d'enfants

23 novembre:

  • Temps présent : Un reportage: le journaliste Claude Schauli, grand spécialiste de la Birmanie, a suivi cette crise, de sa genèse à ses derniers jours.
22 novembre:

  • Dans un entretien au "Monde", Ibrahim Gambari fait le point sur sa mission de conciliation:

21 novembre
  • La foire aux pierres précieuses attire les foules malgré les appels au boycott.
  • la répression de septembre enfin condamnée par l'ONU

20 novembre
  • C'est "honteux", a dénoncé le militant des droits de l'Homme Charm Tong.
  • Rappel : Le Sommet de l'ASEAN s'est ouvert lundi 19 novembre à Singapour:

19 novembre
  • Les nouveaux Bouddhistes


2) Concert Solidarité Birmanie : LES AILES DE L'ESPOIR

3) Présentation de SOS BURMA

4) Festival Urgence Birmanie

Les 24 et 25 novembre à PARIS






Du 3 au 12 décembre :



Le 12 décembre
  • Le Myanmar rejette le rapport de l'Onu sur la répression birmane
  • Bush accentue la pression sur la junte

le 10 décembre

  • l'ONU perd patience:

Le 9 décembre
  • Les yeux dans le monde: Dans le cadre du Festival ItinErrance “hors les murs”:
L’association Les yeux dans le monde a le plaisir de vous inviter à deux nouvelles projections de films documentaires Le jeudi 13 décembre à 19H

Le 8 décembre
  • Rappel : Au moins 31 personnes tuées
Le 7 décembre
  • Au moins 31 morts pendant la répression fin septembre:
  • Des monastères redistribuent les offrandes de la junte aux pauvres
  • Le pouvoir militaire campe sur une ligne dure
  • Selon un rapport de 130 pages paru ce jour : Une répression plus sanglante que ne l’admet le gouvernement.
  • Le bilan de la répression ( plus de détails ci dessus)
  • le ministère de l’Information Birman demande aux journalistes asiatiques de "rectifier les exagérations des médias occidentaux".

Le 6 décembre
  • Democratic Voice of Burma récompensé:
  • Ne pas laisser s'installer l'oubli
Le 5 décembre
  • L'Art au service de la Birmanie :
  • Passeur d’images de Birmanie
  • L'amnistie des prisonniers serait bidon.

Le 4 décembre:
  • Le régime birman amnistie plus de 8.500 prisonniers !
  • Une nouvelle Constitution sans Aung San Suu Kyi
  • Le parti d'opposition demande la libération de sa dirigeante

Le 3 décembre
  • La junte Birmane prépare sa nouvelle constitution
  • Des forces de sécurité ont investi le monastère de Weikzawtaryone à Rangoon









Du 12 au 14 décembre


1) Intervention du Vénérable ASHIN NAKAYA à la Commission des Etats-Unis, pour la liberté des religions dans le monde.

Le Vénérable ASHIN NAKAYA est membre dirigeant de l’Organisation Internationale des Moines Birmans


2) Réflexions personnelles: La révolte des moines a t'elle changé quelque chose?



3) Articles et Reportages ( suite):

14 décembre
  • Une association bouddhiste parle d'au moins 70 morts en Birmanie
13 décembre
  • Un dissident inculpé de troubles à l'ordre public en Birmanie
12 décembre
  • USA: la Chambre adopte des sanctions ciblées contre la Birmanie
  • Le général en chef de la police de Birmanie, Khin Yi, a ordonné aux forces de police de contrôler le nombre d’officiers qui déserteraient leur position.
  • Le Conseil des Droits de l'Homme : Rapport de Pinheiro et démentis de la junte- Article de Violet Cho (The Irrawaddy) et traduit en français par isara

4)Appel (info-birmanie): « Usez de vos libertés pour promouvoir les nôtres » -Aung San Suu Kyi








Du 15 au 26 décembre



-
Birmanie : ne pas laisser s'installer l'oubli: article de Dr Françoise SIVIGNON : Responsable de la mission Birmanie- Médecins du Monde

- Quelques liens

1) Articles et Reportages (suite): Mise à jour au 26/12


Le 26 décembre
  • Les Karens birmans rêvent d'une Terre promise
Le 23 décembre
  • Les garde-côtes thaïlandais repêchent les corps de 22 clandestins birmans
Le 21 décembre
  • La Commission Européenne maintient son aide humanitaire.
Le 20 décembre:
  • L'espoir des Birmans réfugiés en Thaïlande
Une centaine de Birmans qui avaient pris part aux manifestations de septembre se sont réfugiés en Thaïlande. Ils cultivent toujours l'espoir de démocratiser leur pays. Leur optimisme déroute.
  • Rappel : Retour de Birmanie d’une délégation de BPF (Bouddhist Peace Fellowship= Association Bouddhiste pour la Paix).
  • Le Sénat américain va sanctionner la Birmanie.
  • La Chine refuse de faire pression sur la junte birmane.
Le 19 décembre
  • RETROSPECTIVE La "révolte safran" en Birmanie

Le 18 décembre
  • Plus aucun signe de dialogue entre la junte et l'opposition
  • Peu d'espoir pour les réfugiés birmans en Thaïlande
  • Des moines expulsés de l'Université Bouddhiste de Rangoon.
  • Aung San Suu Kyi sur le point d'être récompensée par le Congrès américain.
  • Saisie d’opium en Birmanie
Le 15 décembre

  • le Conseil des droits de l'homme de l'ONU maintient la pression
  • le Canada accroît ses sanctions


2) La Révolution safran n'est pas terminée

L’ITUC (International Trade Union Confédération) et la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) ont rendu public un nouveau rapport sur la Birmanie intitulé : “Burma’s Saffron Revolution is not over” (« la révolution de safran n’est pas terminée »).
Traduction de Isara


3) Après la répression: L'enseignement du dhamma ou "dhamma talk" en Birmanie
Traduction de Isara






Du 27/12/07 au 6/01/08 : La suite dans le message suivant ( ci après)



Le 6 janvier:
  • Expulsé vers la Birmanie, Stanley Van Tha est de retour en Suisse.
  • Pour rappel : album photos et vidéos Birmanie.?

Le 5 janvier
  • Le dossier birman doit rester prioritaire
Le 4 janvier

  • Nouvel appel de Laura Bush
  • Les moines Birman vivant au SRI LANKA ont organisé une marche de protestation ce matin.
  • fermeté du numéro un lors du 60e anniversaire de l'indépendance
Le 2 janvier
  • Birmanie: la redevance pour la télévision a été multipliée par 166.
Le 1er janvier
  • Des affiches ont commencé à apparaître en Birmanie, appelant les moines à s'élever de nouveau contre la Junte.

Le 31 décembre
  • L'œil de Pékin à la frontière birmane
Le 29 décembre
  • sombres perspectives à court terme pour la Birmanie après la révolte
  • Le cheval de bataille de Jane Birkin: La Birmanie: Entretien récent de Jane Birkin

Le 28 décembre
  • Un membre de la Ligue Nationale pour la Démocratie; Ko Thein Swe, sera jugé en Birmanie le 2 janvier 2008.
  • 4 étudiants seront également jugés le 2 janvier
Le 27 décembre
  • Trois mois de répression silencieuse : censure, propagande et détentions






Message du 7/01/08 au 12/02/08


- Et Depuis le 14 février : la suite c'est par ICI 

Le 12 février
  • Génération 88 s'oppose au référendum.
  • La junte birmane accuse les opposants de diviser le pays.
Le 10 février
  • le calendrier électoral de la junte accueilli avec circonspection
Le 9 février
  • Rappel de la Chronologie depuis l'indépendance
  • Opposition: Pas d'élections sans Suu Kyi
  • La junte promet des réformes, l'opposition sceptique.
  • Birmanie: Référendum constitutionnel en mai
Le 6 février
  • Le rapporteur spécial des Nations Unies; M. Paulo Sergio Pinheiro, a exprimé sa "consternation" dans une déclaration publique à propos du maintien en détention de militants par le régime Birman
  • On ne sait toujours pas où le blogger, Nay Myo Latt, qui aurait été arrêté disparu se trouve
  • Nouvelles sanctions.
  • Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a invité des représentants des minorités ethniques favorables à la junte à une rencontre à son quartier général pour régler leurs différends.
Le 4 février
  • U Ohn Than, actuellement détenus dans la prison d'Insein, a été placé à l'isolement et privé de visites simplement parce qu'il a écrit une lettre dans laquelle il parle des dures conditions de vie dans la prison.
Le 2 février
  • La junte continue sa répression
Le 1er février
  • U GAMBIRA est inculpé d'association illégale
  • 1.864 prisonniers politiques en Birmanie
Le 31 janvier
  • Reporters sans frontières et la Burma Media Association condamnent fermement l’arrestation du blogueur et écrivain Nay Myo Latt.
  • Ban Ki-moon coordonnera l'action diplomatique pour les réformes

Le 30 janvier
  • Aung San Suu Kyi n'est "pas satisfaite" de ses entretiens avec la junte birmane
  • La junte joue la carte du chaos ethnique
  • La Birmanie affirme avoir puni 43 militaires pour avoir recruté des enfants
  • 1 blogger Birman arrêté.
  • Suu Kyi rencontre des cadres de son parti et un officier de la junte
Le 29 janvier
  • Inculpation de 10 meneurs des premières manifestations en Birmanie; certains encourent jusqu'à sept ans de prison, pour avoir violé une loi sur l'enregistrement des imprimeurs et éditeurs.
Le 28 janvier
  • La Chine continue de fournir à la Birmanie du matériel militaire
Le 27 janvier
  • Dans son rapport annuel, Freedom House souligne l'influence néfaste de la Chine, de la Russie, de l'Iran et du Vénézuéla
Le 26 janvier
  • CE SOIR, A 22H05 sur la chaîne parlementaire LCP/Public Sénat : BIRMANIE : "Les Karens : un génocide à huis clos"
  • Déclaration commune des ministres des Affaires étrangères britannique, américain et français sur la situation en Birmanie (Davos, 24 janvier 2008)
Le 25 janvier
  • Augmentation du nombre d’arrestations
  • Un vieux journaliste birman, emprisonné depuis 18 ans, opéré d'une hernie ou l'attitude criminelle du régime militaire à l'égard d'un vieil homme malade:
Le 24 janvier
  • Message codé contre la junte birmane dans un poème.
  • Les sanctions canadiennes contre la Birmanie ont un impact.Mais les atrocités continuent loin des regards

Le 23 janvier
  • La junte resserre son emprise sur la population en Birmanie

Le 21 janvier
  • La Birmanie appelle à renforcer les mesures de sécurité après une série d'attentats.
  • Un conseiller d'Etat chinois rencontre l'émissaire spécial birman
Le 19 janvier
  • La situation politique
  • Le facteur Chine.
Le 18 janvier
  • Un membre de la NDL (Ligue Nationale pour la Démocratie) a été menacé lui et sa famille.
  • Une ruche d'abeilles sur le visage d'une statue de Bouddha.
  • Une nouvelle fois,l'ONU déplore le peu de progrès vers la démocratie.
  • Le bureau de la censure menace et sanctionne, notamment le Myanmar Times.
  • 4e attentat en Birmanie.


Le 16 janvier
  • Au moins 4 prisonniers "politiques" détenus en Birmanie sont en mauvais santé et auraient besoin se soins médicaux rapides et appropriés.....
  • La Birmanie continue à vendre ses pierres
Le 15 janvier
  • Un film sur la vie de Aung San Suu Kyi
  • 15 minutes en Birmanie.
Le 14 janvier
  • Le président de la Ligue nationale pour la démocratie (la L.N.D.) U Thet Wei, a été arrêté par les autorités ,alors qu'il assistait à une audience devant un tribunal mercredi dernier.
Le 13 janvier
  • Explosion au cours d'un spectacle de cirque: un rebelle Karen tué
Le 11 janvier
  • Le bouddhisme en Birmanie est-il au service de la junte ?
Article copié dans un message à part ( voir ci dessous: Message N° 26) ou directement ICI
  • Nouvelle rencontre entre Aung San Suu Kyi et ministre nommé par la junte au pouvoir et chargé de nouer des relations avec elle.

Le 10 janvier
  • Un livre politique et historique écrit par le vétéran U Shwe Ohn, circule dans les milieux politiques de Rangoon

Le 9 janvier
  • Deux ans de prison pour 3 militants du mouvement de défense des Droits de l'homme en Birmanie : La Cour d'Appel confirme !
Le 8 janvier
  • L'indonésie demande au Myanmar de faire plus en faveur de la démocratie
Le 7 janvier :
  • Une bien triste célébration de l'Indépendance
  • Qui sont les perdants et la gagnants de la "Révolution safran"?
  • Un nouveau secrétaire général à la tête de l'Asean
  • 2007 Generation Students'Union
  • Un nouveau bulletin de l'opposition publié à Rangoon
  • Le cauchemard Birman continue


 Depuis le 14 février, la suite des articles et Reportages se trouve : ICI 




AUTRES MESSAGES de ce blog CONCERNANT LA BIRMANIE : 





Il s'agit d'un article datant du 16 décembre 2004 de "Micro-Hebdo" de l'UBE (Union Bouddhiste Européenne) et intitulé:

A la lumière des évènements récent, cet article est vraiment très intéressant à lire ou à relire.








Pour en savoir plus sur les moines birman, moines de la Tradition Théravada :








LIENS BIRMANIE


Et Des NOUVEAUX LIENS  : ICI 


Liens des sites ou blog (parlant de l'actualité en Birmanie) et déjà cités, pour la plupart, dans mes différents messages sur la Birmanie


Comme toujours, Il suffit de cliquer sur les mots surlignés en bleu




  • Liste des morts, prisonniers, disparus.. site ICI





Blog Politique Birman: (certains articles sont illisibles à cause des caractères birman)







- Informations générales



Informations sur la Birmanie:




Plus général

  • anussati: nombreux articles de fond sur la Birmanie mais pas seulement

  • Karuna : Un site sur le bouddhisme engagé et sur la souffrance dans le Monde.



mardi 9 octobre 2007

Le mouvement birman ne doit pas faiblir


Mise à Jour du 11 octobre











Plan de ce Message =

1-Nombres de victimes: Mise à jour au 11 octobre
  • Mort d'un opposant sous la torture
  • Des nouveaux témoins parlent
  • Mise à jour au 11/10 : 1 nouveau témoignage : Un moine témoigne de conditions carcérales terribles au Myanmar

2-Articles et Reportages: Mise à jour 11 octobre


10 octobre:

  • La cause birmane a réussi en quelques semaines là où la cause tibétaine a échoué pendant des décennies : fédérer les bouddhistes du monde entier.
  • Union Européenne : Les syndicats exigent des sanctions contre la Birmanie.
  • Dialogue de sourd.
  • Birmanie, heure par heure.
  • Birmanie, une histoire sanglante
11 octobre:
  • Birmanie : des sanctions, vite !
  • Birmanie, heure par heure


3- Des Vidéos


4- Blog Birman (suite)



INFO :

- "Sagesses Bouddhistes" présente sur France 2, le 14 octobre 2007 de 8h30 à 8h45
une émission spéciale sur la Birmanie et sur l’action profonde des bouddhistes
en présence du président de l’Union Bouddhiste de France.

Le sujet ne sera pas spécifiquement sur la situation en Birmanie mais sur la façon dont les bouddhistes en France, toutes communautés confondues réagissent à cet évènement.





Si vous ne pouvez pas voir cette émission le 14 octobre, vous pourrez la voir après: ICI
ou sur le site de France 2: LA




1-Nombre de Victimes (suite) :mise à jour au 11 octobre


Le 11 octobre

  • Un moine témoigne de conditions carcérales terribles au Myanmar: ICI

RANGOUN (Reuters) - Plusieurs centaines de moines bouddhistes arrêtés par la junte au pouvoir au Myanmar ont été passés à tabac et détenus comme des bêtes, sans toilettes ni eau potable, pendant les jours où ils étaient interrogés, a déclaré l'un d'eux, qui a recouvré la liberté.

"Au commencement, ça se passait très, très mal", a dit à Reuters un de ces bonzes, récemment relâché, qui a requis l'anonymat par peur des répercussions visant ceux qui parlent contre le régime.

Emprisonnés dans des cages pendant plus d'une semaine dans un ancien complexe de l'Institut technique gouvernemental, dans le nord de Rangoun, ces moines - figures d'ordinaire très respectées dans ce pays profondément bouddhiste - ont été privés de leurs tuniques safran et traités comme des prisonniers de droit commun.

"Lorsque l'un d'entre nous s'adressait à un autre en utilisant un pronom laissant entendre qu'il était moine, il était giflé", a-t-il dit. "Celui qui menait l'interrogatoire disait alors : 'Tu n'es plus un moine. Tu es un homme ordinaire avec le crâne rasé'".

Les moines - pour la plupart des jeunes gens, en qui l'armée voit la plus grande menace contre le régime en place, du fait de leur autorité morale - ont été entassés dans des chambrées bondées, au point qu'ils ne pouvaient pas s'allonger, et cela par une chaleur rendue étouffante par la mousson.

AUCUN SOIN AUX BLESSÉS

Pendant plusieurs jours, ils n'ont pas eu accès aux toilettes, n'ont pas pu se laver les mains et ont dû manger avec les doigts un riz à peine cuit.

"Nous n'avions ni cuillers ni fourchettes et devions manger avec les doigts", raconte le moine, qui a passé dix jours dans ce centre de détention improvisé. "La nourriture était dégueulasse."

Par moments, durant les interminables interrogatoires destinés à identifier les meneurs des manifestations, les moines devaient se tenir accroupis et les mains sur la tête, tandis que les militaires, eux, restaient assis sur leurs chaises.

Ceux qui répondaient faux ou mal étaient alors frappés à la tête. Aucun soin médical n'était prodigué pour ceux qui venaient à être blessés durant les interrogatoires musclés ou durant les descentes nocturnes dans les monastères de Rangoun, durant la dernière semaine de septembre.

Via les médias qu'elle contrôle étroitement, la junte a fait état de 10 morts dans la répression des manifestations, les plus importantes dans l'ancienne Birmanie depuis celles de 1988. Les pays occidentaux ont laissé entendre que le bilan réel de la répression était bien plus élevé.

Le témoignage de ce bonze recoupe d'autres comptes rendus de mauvais traitements faits par des détenus, dont la mort en détention d'un opposant près de la grande ville de Mandalay.

Selon une organisation de défense des droits de l'homme, l'AAPPB (Association pour l'assistance au prisonniers politiques en Birmanie), un homme de 42 ans est mort "des conséquences de tortures subies pendant un interrogatoire".





Le 9 octobre:

Pas de nouvelles informations sur le nombre réel de victimes, on reste toujours à 10 ou 13 tués (bilan officiel de la Junte) et au moins 200 de source non officielle.
Cependant, on reste sans nouvelle de centaines, voire des milliers, de bonzes et laïcs qui ont tout simplement disparu.

le 10 octobre:
  • Mort d'un opposant sous la torture
Selon une association birmane, un membre du parti d'Aung San Suu Kyi, qui avait été arrêté lors des manifestations, est mort pendant un interrogatoire mené par les forces de sécurité.
Les Etats-Unis réclament "une enquête complète".
L'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), composée d'anciens détenus exilés en Thaïlande, a déclaré avoir appris la mort de Win Shwe, 42 ans, décédé "sous la torture lors d'un interrogatoire" au centre de la police de Plate Myot près de la ville de Mandalay (centre de la Birmanie).
Win Shwe, membre de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, opposition), et quatre autres personnes avaient été arrêtés le 26 septembre "en raison de leur soutien actif et de leur participation" à des manifestations de moines bouddhistes, a précisé l'AAPP.
Lire l'article : ICI

On peut supposer qu'il y aura d'autres décès à cause de la torture...

  • Des nouveaux témoins parlent:

Des nouveaux témoignages viennent s'ajouter aux témoignages de meutre et de torture déjà mentionnés dans mes messages précédant.
Dans les extraits ci dessous, je ne reprends donc pas ceux que j'ai déjà mentionné précedemment

Extraits:

-Kwan Zwa Moe, survivant de la répression militaire de 1988, exilé depuis en Thaïlande : "Les militaires sont en train de ramasser les corps des tués pour les faire disparaître. Ils ont fait la même chose à l’époque et personne n’a jamais pu retrouver les cadavres. Les militaires ont réussi à nouveau à terroriser les moines et mes contacts me confirment que plusieurs monastères ont été saccagés, les moines arrêtés en pleine nuit et neutralisés." Les gens font preuve d’un courage étonnant. La conscience politique des Birmans étant beaucoup plus forte aujourd’hui, leurs frustrations aussi et, de même, leur colère, (le mouvement) s’est répandu comme une traînée de poudre. Les téléphones portables et Internet ont joué un rôle majeur dans la révolte intérieure et dans la diffusion des images au monde entier. Ce qui n’existait pas en 1988." (La Croix, lundi 1er octobre)

-Un jeune guide à la pagode Shwedagon, à Rangoun : "Les moines sont partis. Nous sommes inquiets pour eux. Nous ne savons pas où ils se trouvent. La situation est étrange maintenant. Nous ne pensons pas que l'armée soit dans le temple. Nous pensons que les bonzes ont été emmenés ailleurs. Nous pensons qu'ils sont en prison." (Témoignage recueilli par le quotidien britannique The Independent, mardi 2 octobre)

- Un moine bouddhiste, manifestant à Rangoun : "Nous ne pouvons pas faire marche arrière désormais. Nous ne nous arrêterons pas, même si ça prend un mois, une année ou plus". "En tant que moines, nous voyons tout ce qui se passe dans la société birmane. Nous allons partout, pour demander de la nourriture, et nous voyons comment les gens vivent. Nous savons qu'ils nous donnent à manger, même quand ils n'en ont pas assez pour eux-mêmes. Il n'y a pas de travail et le coût de la vie est si élevé… Nous voyons aussi comment les riches vivent. Nous voyons comment tout devient de pire en pire." "Nous avons déjà trop perdu et la population ne peut pas continuer à souffrir. Nous avions bien conscience des risques avant que nous commencions notre mouvement. C'est à nous d'agir. Nous devons avoir cela en tête jusqu'à la fin, quelle que soit la façon dont tout se terminera." (Témoignage recueilli par le quotidien britannique The Independent, lundi 1er octobre)

-- Tin Shwe Maung, jeune moine à Rangoun, raconte le moment où les soldats ont investi la pagode Shwedagon : "J'étais assis par terre avec environ 30 autres moines et nous priions. Les policiers sont arrivés très soudainement. Ils étaient certainement plus de 100, peut-être bien 200. Ils portaient des boucliers, des matraques et des fusils. Ils se sont déployés face à nous, certains frappant leurs boucliers, d'autres nous visant avec leurs armes."
"Sans prévenir, ils ont chargé. Ils tiraient au-dessus de nos têtes avec des balles réelles. Certains d'entre nous se sont levés et ont couru mais les policiers ont attrapé de nombreux moines. Ils les ont battus avec leurs matraques et les crosses de fusil. Ils ont battu très fort un moine et ont fracassé son crâne. Il n'avait que 15 ans, il venait de rejoindre le monastère." Un autre raid de la police a au lieu dans la soirée et de nombreux moines ont été emmenés dans des cars de police. "Ils ne sont pas dans des prisons normales mais dans des camps policiers et militaires. Nous entendons dire qu'ils sont à peine alimentés et qu'ils se voient interdire tout contact avec l'extérieur". (Témoignage recueilli par The Independent, lundi 1er octobre)

- Les forces birmanes "ont frappé les gens si violemment, je me demandais comment ces personnes pouvaient le supporter", selon un habitant de Rangoun. "J'ai vu les forces de sécurité interpeller cinq personnes dans la rue".
"Les membres des forces de sécurité dépassent en nombre les manifestants dans le centre-ville. Les manifestants n'osent plus venir dans le centre-ville, vu qu'ils risquent de façon certaine d'être sévèrement frappés et arrêtés". (Déclaration à l'AFP, samedi 29 septembre)

Lire la suite de ces témoignages ICI







2-Articles et Reportages (suite) : mise à jour : 11 octobre

le 10 octobre 2007 :


Vous trouverez ci après, un très bon article du Monde, de Raphaël LIOGIER, professeur de sociologie :

  • La cause birmane a réussi en quelques semaines là où la cause tibétaine a échoué pendant des décennies : fédérer les bouddhistes du monde entier :

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le mouvement insurrectionnel birman ne faiblit pas. Il s’intensifie au contraire, mais dans le silence des monastères et des pagodes. C’est une autre phase, physiquement moins violente mais psychiquement plus radicale, qui s’annonce, moins spectaculaire pour les Occidentaux parce qu’elle ne se déroule pas dans la rue, dans le bruit et la fureur des foules malmenées.

De toute façon, ce n’est pas dans la rue que la bataille pouvait se gagner contre une junte militaire surarmée. Rien ne sert, dès lors, de continuer un combat perdu d’avance sur ce terrain. Aller dans la rue a été certes utile : d’abord pour mobiliser la population, la sortir de sa torpeur, lui faire savoir que les moines sont en colère, pour que le lien entre le Sangha (communauté des moines) et le peuple se fasse, et ensuite pour alerter l’opinion internationale et déclencher cette pression à la fois symbolique (l’exclusion diplomatique de la Birmanie) et matérielle (les menaces d’embargo), qui ne doit pas, surtout pas maintenant, se relâcher.

Soulignons d’ailleurs que pour une fois, les bouddhistes du monde entier ont participé à cet encerclement, renouant avec leur grande tradition critique. La solidarité des bouddhistes s’est d’abord exprimée en Asie même, puisque le dalaï-lama et nombre d’autres personnalités appartenant aux écoles les plus variées se sont engagés derrière les moines birmans, mais elle s’est aussi exprimée - et là c’est un événement ! - entre les bouddhistes occidentaux et asiatiques.

La cause tibétaine a échoué en plusieurs décennies à faire ce que la cause birmane vient de réussir en quelques semaines : polariser les consciences des bouddhistes, toutes écoles confondues, derrière une «cause».

Chez nous, l’Union des bouddhistes de France (UBF) a condamné le comportement de la junte, de même que l’Université bouddhique européenne (UBE) et la plupart des associations d’habitude plus réservées, comme si soudain le bouddhisme occidental avait changé, sortant des brumes narcissiques qui l’ont pendant près de trente ans confiné à l’individualisme méditatif au détriment de tout engagement social.

Et c’est bien de ce soutien, patient et continu, dont les moines birmans ont besoin à l’extérieur, comme ils ont besoin à l’intérieur de se concentrer sur la nouvelle phase de lutte, plus essentielle et moins bruyante, qui peut conduire à la chute du régime ou à de vraies négociations.

La junte sait pertinemment, contrairement à nombre d’observateurs occidentaux qui ne considèrent que le nombre de manifestants dans les rues, que la partie n’est pas gagnée parce que les moines sont confinés dans leur quartier. Bien au contraire, car la guerre civile pourrait se poursuivre en silence, par le refus des offrandes venant des militaires et de leurs familles, par exemple. Les militaires de base ont une famille qui est en général proche des moines de base, une famille dont ils ne peuvent pas se passer dans le contexte de la culture birmane, et qui, dans ce cas, pourrait faire pression, voire rejeter le fils, le cousin, le mari, le neveu militaire, tenu pour responsable de cette condamnation religieuse à errer dans le «samsara», le monde de la souffrance, en raison d’un cruel manque de ces mérites qui sont obtenus contre les offrandes faites au Sangha.

Dans cette situation de désarroi, l’assise de l’armée se trouverait dangereusement ébranlée, ce qui est déjà le cas comme nous l’apprend le témoignage recueilli hier d’un jeune religieux récemment relâché, dans lequel celui-ci raconte que lors de sa détention, certains militaires venaient implorer discrètement le pardon des moines qui venaient d’être battus.

Cette situation d’insurrection silencieuse peut devenir intenable pour le pouvoir en place, parce qu’elle est insidieuse, incontrôlable, qu’elle sape les structures même de la hiérarchie militaire et administrative. L’action non-violente bouddhique à la birmane passe forcement par cette stratégie du refus. Si la junte cherche à couper les communications Internet, radio, télé, etc., c’est moins pour soigner son image à l’étranger - quoi que cela ait son importance dans le présent contexte de pénurie économique - que pour isoler les différents centres religieux, afin qu’aucune concertation ne soit possible pouvant conduire au refus des offrandes des soldats et de leurs familles qui serait vécu comme une excommunication massive. Voilà l’épée de Damoclès que les militaires sentent déjà au-dessus d’eux. Les défections, voire les actes de désobéissance ne manqueraient pas de se multiplier dans l’armée si le Sangha en arrivait à tourner ainsi le dos à ces hommes qui, s’ils sont soldats, sont aussi dans leur écrasante majorité de pieux bouddhistes.

Le plus difficile dans une telle crise pour le groupe des dictateurs habitués à la violence est de ne plus pouvoir agir par la répression systématique. A ce stade la mitraillette est impuissante. Seule reste la négociation, il faut tenter in extremis de se présenter comme un bon bouddhiste. C’est ce que fait d’ailleurs l’homme fort actuel, Than Shwe, en acceptant de rencontrer Aung San Suu Kyi ou des représentants occidentaux, parce qu’il sait que les armes ne suffiront plus en l’état actuel à sauver le régime.

Au fond, les militaires n’ont peur que de deux choses. D’abord de l’obstination, même silencieuse, surtout silencieuse, des moines, et ensuite des embargos internationaux qui deviennent intolérables dans ce pays littéralement affamé. Une famine qui renforce encore la position des moines (tant qu’elle ne les affame pas eux-mêmes) en leur donnant raison aux yeux du peuple. C’est pourquoi, malgré les souffrances supportées par le peuple, qui sont bien sûr objectivement plus aiguës que celles que supporte l’armée, Aung San Suu Kyi soutient l’embargo international. C’est pourquoi aussi la condition essentielle posée par le chef suprême du pays pour la rencontrer est justement le retrait de son soutien.

Le bras de fer, beaucoup plus radical qu’en 1988, a maintenant vraiment commencé, parce que les parties en présence ne sont plus à armes inégales dans cette ultime lutte symbolique, comme elles l’étaient lorsque la seule force physique était en jeu. Les Occidentaux doivent garder à l’esprit que si la junte montre des signes apparents de dialogue, ce n’est pas par bonne volonté mais par nécessité, pour lutter symboliquement dans cette nouvelle guerre intérieure, qu’elle risque de perdre sans soutien extérieur.



C'est vrai que les messages du sangha sont très nombreux.
Lire tous les messages de la communauté bouddhiste ICI , dans rubrique "Soutien du sangha". A tous ces messages, vient s'ajouter celui de Thich Nhat Hanh que j'ai cité : LA
J'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres.

Par ailleurs de nombreux sites ou blog sur le Bouddhisme, toutes traditions confondues, évoquent l'actualité en Birmanie.




  • Union Européenne : Les syndicats exigent des sanctions contre la Birmanie: ICI

La Confédération syndicale internationale (CSI) et la Confédération européenne des syndicats (CES) ont appelé aujourd'hui l'Union européenne à donner l'exemple en adoptant des sanctions sévères contre la Birmanie après la dernière phase de la violente répression perpétrée dans ce pays par la junte militaire.

L'Europe a déjà mis des sanctions en place, mais elles sont largement inférieures au type de pression requise pour convaincre les militaires qu'ils doivent autoriser la démocratie. Le secteur du gaz et du pétrole, qui constitue la principale source de revenu international de la junte, devrait figurer en tête de liste des sanctions.

Selon la CSI et la CES, tout régime de sanctions n'incluant pas le pétrole et le gaz perdrait de son efficacité et de sa crédibilité. « Les vrais bénéficiaires des liens commerciaux avec la Birmanie sont les militaires. Ils ont le contrôle total de l'économie du pays et l'utilisent pour s'enrichir aux dépens de la population.

Toute opération commerciale avec la Birmanie constitue en fait un soutien à ce qui est un des régimes les plus barbares et les plus oppresseurs du monde, et l'importance de ce commerce pour les généraux birmans est encore plus claire au moment où ils renouvellent leurs incessantes tentatives visant à contraindre Aung San Suu Kyi à se désolidariser de l'appel lancé par le mouvement démocratique birman en faveur de sanctions mondiales », a déclaré Guy Ryder, le Secrétaire général de la CSI. La CSI et la CES appellent plus particulièrement l'UE à :

- Interdire à toutes les entreprises enregistrées dans l'UE et à leurs filiales ainsi qu'aux citoyens de l'UE d'investir en Birmanie, tant en ce qui concerne les nouveaux investissements que les demandes de vente d'opérations commerciales existantes. Cette interdiction doit couvrir tous les secteurs, y compris le pétrole et le gaz, et inclure les investissements - sous forme de joint ventures ou d'accords similaires - réalisés par des entreprises enregistrées dans l'UE dans toutes les entreprises d'Etat birmanes (et pas seulement celles qui sont nommément "désignées") ;

- interdire à toutes les entreprises enregistrées dans l'UE de conclure des joint ventures ou des contrats ou de faire des affaires avec les militaires et les entités d'Etat ;

- interdire l'importation dans l'UE de biens et services en provenance de Birmanie, et de manière particulièrement urgente, interdire l'importation de biens fournis par des entités détenues et/ou gérées par les militaires birmans, le personnel militaire et/ou leurs parents, ou produits par des entreprises détenues par ces derniers ou associées à ceux-ci ; cela inclut l'interdiction des biens stratégiquement importants qui sont produits sous le monopole de l'état birman, tels que le bois et les pierres précieuses ;

- interdire les transferts financiers internationaux et les transactions provenant de Birmanie ou à destination de celle-ci, effectués par des citoyens, des entités officielles ou des entreprises de l'UE. Cela doit inclure l'interdiction pour les entreprises établies dans l'UE d'effectuer, d'approuver, de financer, de faciliter ou de garantir des transactions financières internationales avec des banques détenues par le gouvernement birman.

Des mesures destinées à garantir que des armes en provenance de l'UE ne soient pas vendues à la Birmanie par des pays tiers - comme on croit que cela a été le cas dans le passé ; et l'interdiction d'étendre les crédits à l'exportation accordés les gouvernements de l'UE à leurs entreprises dans le cadre de toute opération commerciale ou investissement en Birmanie. John Monks, le Secrétaire général de la CES, a déclaré : « Il est clair que l'engagement économique ne contribue pas à tempérer ce régime. Les ministres de l'UE doivent à présent agir de façon décisive et s'entendre sur des mesures sévères afin que les généraux prennent conscience de l'indignation des travailleurs et des citoyens européens ».




Aung San Suu Kyi



  • Dialogue de sourd :

Les gestes de la junte à l'égard d'Aung San Suu Kyi sont jugés hypocrites par l'opposition.
Une tristesse infinie sur le visage d'Aung San Suu Kyi et une moue disant toute l'irritation du généralissime Than Shwe : les photos officielles de la mission onusienne en Birmanie résument parfaitement la situation. « Aung San Suu Kyi est devenue un outil de chantage », explique le pamphlétaire Lwin Zaw, en exil en Thaïlande. « Quand la pression internationale devient trop forte, Than Shwe laisse entrevoir la perspective d'un dialogue avec sa prisonnière..

La démocratie est une menace à l'ordre établi, elle priverait les militaires de leurs privilèges. Ils sont prêts à supprimer tout mouvement prodémocratique comme ils l'ont fait en 1988 et aujourd'hui encore dans les rues de Rangoun », explique Bertil Lintner, auteur de nombreux ouvrages sur la Birmanie.

Les généraux n'ont aucun intérêt à la « réconciliation nationale ». La presse officielle ne parle d'ailleurs que de « reconsolidation nationale ». Bref, de renforcer la loi de la junte. Persuadés qu'eux seuls ont le pouvoir de maintenir l'unité du pays, les militaires ne répètent-ils pas avec lyrisme : « Nous écraserons tous les ennemis sur terre, sous-terre et sur mer. Nous les déracinerons jusqu'au dernier. Nous les décimerons ! »

Lire l'article en entier : ICI



  • Birmanie, heure par heure (suite au 10/09/07): ICI

8h50 - Rangoun La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Aung San Suu Kyi déclare ne pas avoir été contactée jusqu'ici par la junte en vue d'un dialogue politique.

12h20 - Rangoun Un membre du parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi est décédé après avoir été torturé par des forces de sécurité, annonce une association d'aide aux détenus.

14h20 - Washington Les Etats-Unis ont brandi la menace de nouvelles sanctions américaines contre la junte au pouvoir en Birmanie si elle ne cesse pas ses "atrocités" contre son propre peuple et ont réclamé une enquête exhaustive sur la mort en détention d'un membre de l'opposition








  • Birmanie, une histoire sanglante

La décolonisation était en marche quand, en 1947, le leader indépendantiste Aung San fut assassiné. Ce drame entraîna le pays dans une spirale infernale qui porta les militaires au pouvoir. Aujourd'hui, la junte s'accroche aux commandes d'un Etat exsangue, et l'issue du bras de fer avec les bonzes est incertaine.

Le grand drame de la Birmanie contemporaine s'est déroulé dans la matinée du 19 juillet 1947 quand une dizaine d'hommes en uniforme ont fait irruption dans le bâtiment du Secrétariat, au centre de Rangoon, et ont mitraillé Aung San, le jeune leader indépendantiste, et les membres de son cabinet. L'assassinat, organisé par un rival politique, priva la Birmanie, avant même son indépendance, du seul homme qui possédait l'intelligence politique, le charisme et la force de caractère pour guider le pays émancipé à travers les périls de l'édification nationale. Composée à plus de 30% de minorités ethniques, la Birmanie a une tendance naturellement centrifuge...

... Les défilés de bonzes et de laïcs du mois dernier semblent constituer une répétition du scénario de 1988. Un ress