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mardi 2 septembre 2008

La Claire Compréhension


La Claire compréhension  (Sampajañña en Pali), par Bhante Henepola Gunaratana

Voici la suite des enseignements (5e partie) donnés par Henepole Gunaratana durant une retraite au Centre Kanshoji, en mai 2007 ("Dhamma talk" Retranscrit par Emmanuel Mancuso traduit par Jeanne Schut)


Pour lire les autres dhamma talk :


Chers amis, cet après-midi j’aimerais parler de la Claire Compréhension ou sampajañña en pāli. La Claire Compréhension est une partie essentielle de la méditation de la tranquillité (samathā, la concentration) mais aussi de la méditation de la vision pénétrante (vipassanā).

Quand nous pratiquons la concentration, nous commençons par l’attention. Le Bouddha a mentionné quatre éléments de la méditation de la concentration :
- les principes moraux : l’observation de principes éthiques
- le contentement : se satisfaire de ce que l’on a
- la claire compréhension des choses
- la pratique de l’amitié bienveillante.

J’utilise certains termes qui sont généralement traduits différemment. Par exemple, je traduis mettā par « amitié bienveillante » et non « amour bienveillant » ou « bienveillance ». Pourquoi utiliser le mot « amitié » ? Comme je vous l’ai dit, j’aime rester au plus près des paroles originelles du Bouddha. Or le mot pāli mettā a pour origine un autre mot pāli : mitta et mitta signifie « ami ». Souvent le Bouddha a conseillé à ses disciples : « Associez-vous à des amis excellents » en employant le mot kalyānamitta, « excellent ami ». Donc mitta signifie simplement « ami » et mettā est la nature de mitta. Nous devons donc développer les qualités et la nature d’un ami.

Il existe un autre mot pāli, karunā, qui exprime la gentillesse envers autrui, la compassion. On trouve de nombreux passages dans les textes où le Bouddha parle de karunā dans ce sens-là.

 Donc traduire mettā par « amour bienveillant » ou « bienveillance », c’est le rendre presque synonyme de karunā. Comme le Bouddha a utilisé deux mots différents, nous devons garder deux sens séparés et dire « amitié » pour mettā et « compassion » pour karunā. 
Je pense que les premiers traducteurs du mot « mettā » n’ont pas tenu compte de sa racine en pāli.

Donc, quand nous pratiquons la méditation de la tranquillité, l’une des exigences premières est la pratique de l’amitié bienveillante. De même quand nous pratiquons la méditation de l’attention, l’une des exigences premières est la pratique de mettā. 

Dans la méditation de l’attention, nous avons ces quatre facteurs de la Claire Compréhension et quand nous pratiquons la méditation de la tranquillité, nous avons aussi cette Claire Compréhension. (...)  LIRE LA SUITE >>>>>>>


mardi 4 mars 2008

Ne pas être piégé par la Haine et l'Aversion



Extraits d'un enseignement de Sister Ariya Nani (Nonne bouddhiste de la tradition théravada birmane, disciple du Maître Sayadaw U Janaka )




(...)
Pratiquer mettâ signifie rayonner de la bienveillance et souhaiter que tous les êtres soient heureux

Parfois metta ( mot pali) est traduit par « amour ». Mais l’usage de ce mot est délicat car il fait le plus souvent référence à la relation que l’on peut avoir dans un couple, entre amants ou entre parents et enfants. Or ce type d’amour est le plus souvent basé sur l’attachement, la dépendance, le désir et de nombreuses attentes non exprimées. 

En d’autres termes, ce que l’on appelle généralement « amour » est attachement tandis que mettâ est détachement ou amour sans attachement.


Metta est un état mental que l’on peut développer par la pratique. 

C’est un état d’esprit pur et complètement désintéressé qui est bénéfique pour soi et pour les autres, dans l’ici et maintenant comme dans les existences futures. (...)


Cette pratique n’a pas pour but d’envoyer ou de transmettre quelque chose à l’autre personne

La méditation metta consiste à développer cet état mental qui souhaite le bonheur à tous les êtres. C’est une pratique qui ouvre le coeur et inclut chaque être vivant dans notre amour, de manière inconditionnelle. 

Cela signifie que nous devons développer cette qualité en nous-mêmes, en prenant une autre personne comme objet de notre méditation. Il doit être bien clair que cette pratique n’a pas pour but d’envoyer de l’amour bienveillant à l’autre personne pour la rendre heureuse. Nous n’essayons pas d’envoyer ou de transmettre quelque chose à l’autre personne. Nous la prenons simplement comme objet de méditation pour développer cette qualité en nous (...)


Je crois qu’il est important de remarquer que pratiquer l’amour bienveillant envers un être malfaisant ne signifie pas que nous approuvons ou que nous acceptons les actions qu’il a pu commettre. Si quelqu’un nous a blessé émotionnellement ou même infligé des sévices corporels, rayonner mettâ pour lui ne signifie pas que nous approuvons son comportement ni que son action était « bonne » ou justifiée. 


Ne pas réagir par la colère ou la haine

Nous essayons plutôt de ne pas réagir par la colère ou la haine, c’est-à-dire de ne pas fermer notre coeur à cette personne. Avec metta nous voyons plus clairement les choses parce que nous ne sommes pas piégés par la colère et l’aversion. Nous essayons simplement de considérer cette personne comme un autre être vivant qui désire autant que nous le bonheur. 

Un sentiment pur et authentique de metta ne dépend pas des circonstances et ne choisit pas les êtres en fonction de ce qu’ils nous ont fait ou pas fait. C’est un amour inconditionnel qui n’attend rien en retour. Notre capacité d’amour doit être réellement sans limites et infinie.

(...)

Les dangers de la haine 

Parfois, quand notre esprit est envahi par la colère ou l’aversion, dosa , et qu’il est difficile de ressentir mettâ pour quelqu’un, nous devrions réfléchir aux dangers de dosa et aux bienfaits de la patience. (...)

Quand dosa est présent dans l’esprit, nous sommes incapables de distinguer la cause de l’effet ni les bonnes actions des mauvaises.

En présence de dosa , nous ne savons plus ce qui est légal et ce qui ne l’est pas.

A cause de dosa , de nombreuses personnes peuvent nous haïr et nous aurons beaucoup d’ennemis.

Nous risquons de commettre de multiples erreurs et, au moment de la mort, notre esprit sera en proie à la confusion et aux tourments.

Mourir ainsi entraîne une renaissance en enfer.

Dans le monde, il n’y a pas de plus grand danger que dosa et dans l’esprit, il n’y a pas d’état mental capable d’ensorceler comme dosa .

Dosa peut mettre en pièce notre dignité et celle des autres. Si l’on se met en colère en réaction à la colère de quelqu’un, on devient pire que l’autre.

Une personne colérique vieillit plus vite et meurt souvent plus jeune. Elle perdra vite ses attraits physiques. Si on a beaucoup de dosa , on sera laid dans les existences futures ... Tels sont certains des dangers exposés dans les Ecritures.

De plus, au quotidien, dosa peut nous empêcher de manger et de dormir. A cause de dosa nous pouvons tomber en disgrâce de manière catastrophique ; nous risquons d’avoir beaucoup d’ennemis et de souffrir énormément ; nous risquons d’être séparés de notre femme ou mari et de notre famille ; nos amitiés s’effriteront, nos liens amicaux se dénoueront ; nous en perdrons notre santé ; nous aurons peut-être à payer des amendes ou à subir des châtiments comme l’emprisonnement ; nous serons sujet à l’hypertension, aux maladies cardiaques ou avoir une attaque.

L’énumération des dangers de dosa est sans fin tant ils sont nombreux. C’est ainsi que nous devrions réfléchir aux risques que présente cet état d’esprit négatif. Si nous réfléchissons souvent aux dangers de dosa , le dosa de notre coeur et de notre esprit diminuera puis disparaîtra peu à peu.

Source : "Vivre à l'ombre de metta" - Le refuge - Lire le texte en entier sur vivre le dhamma 


  • Lire sur ce blog tous les messages se rapportant à Metta : ICI 

vendredi 15 février 2008

Méditation guidée sur la Compassion (Karuna) et l'Amour Bienveillant (Metta)






Pensez à vous-mêmes. Vous vous souvenez peut-être de quelques-unes de vos difficultés, quelques-uns des conditionnements douloureux que vous avez intensément perçus (...)
A cause d'eux, vous avez peut-être eu du mal à rester stable. Et ils vous causent peut-être encore des difficultés, une certaine confusion, des doutes, de l'aversion envers vous-mêmes ou envers les autres.

Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à votre égard, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait de trouver la paix de l'esprit.

Faites que je puisse lâcher-prise, abandonner la colère, la peur, l'inquiétude et l'ignorance. Puissé-je aussi avoir la Patience, la Sagesse et la détermination pour affronter et surmonter les difficultés, les problèmes et les défis de la vie. Faites que je puisse trouver la Paix de l'esprit.



Maintenant imaginez, en face de vous, vos Parents ou un certain membre de votre famille.
Essayez de comprendre quelques-unes des difficultés qu'ils ont pu rencontrer ou qu'ils connaissent encore. Peut-être la confusion, le manque de sérénité, la peur de vieillir

Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à l'égard de vos parents ou de ce membre de votre famille, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la paix de l'esprit.

Puissent-ils apprendre à lâcher-prise, à abandonner la colère, la peur, l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils aussi avoir la patience, la sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés, les problèmes et les défis de la vie. Puissent-ils trouver la Paix de l'esprit.


Maintenant, pensez à d'autres méditants, (..) souvenez-vous peut-être de leurs visages. Ces méditants qui ont fait tout ce qu'ils ont pu, comme vous, pour être attentifs au moment présent. Essayez de vous identifier à quelques-unes de leurs difficultés.

Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à l'égard de ces méditants, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la Paix de l'esprit.

Puissent les autres méditants apprendre à lâcher-prise, à abandonner la colère, la peur l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils aussi avoir la Patience, la Sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés, les problèmes et les défis de la vie. Puissent les autres méditants trouver la Paix de l'esprit.



Continuez à élargir votre vision et vos pensées à tous les gens de l'île (votre région) ceux qui ne sont pas encore libérés des problèmes, qui sont encore sous le pouvoir de leur conditionnement négatif, qui se trompent encore.

Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à leur égard, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la paix de l'esprit.

Puissent tous les habitants de l'île (ma région) apprendre à lâcher-prise, à abandonner la colère, la peur l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils avoir la Patience, la Sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés,les problèmes et les défis de la vie. Puissent tous les habitants de cette île (remplacer île par le nom de votre région) trouver la Paix de l'esprit.



Étendez à présent votre vision et vos pensées à tous les habitants de Thaïlande, (remplacer thailande par votre pays ou le pays où vous vous trouvez en ce moment), jeunes, vieux, hommes, femmes, riches ou enfants, se levant, vivant leur vie de chaque jour, allant se coucher, et tous désirant être heureux et ne pas souffrir, mais se trouvant encore prisonniers de leurs problèmes.

Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à leur égard, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la paix de l'esprit.

Puissent tous les habitants de Thaïlande (remplacer par le nom de votre pays ou celui où vous vous trouvez) apprendre à lâcher-prise, à abandonner la colère, la peur l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils avoir la Patience, la Sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés,les problèmes et les défis de la vie. Puissent tous les habitants de cette île (remplacer par le nom de votre pays) trouver la Paix de l'esprit.

(...)


Continuez à élargir votre vision et vos pensées à plusieurs pays du Monde qui sont en guerre, Un pays où sévit la famine, où l'on se bat, où l'on tue, on mutile et on détruit. Parce qu'on agresse d'autres gens ou parce qu'on est agressé.
Essayez de ressentir la douleur de ces gens, des agresseurs et des victimes. Chaque jour ils se réveillent dans la douleur, la peur, la ruine et le désarroi.

Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à leur égard, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la paix de l'esprit.

Puissent ceux qui dans le monde vivent dans des pays déchirés par la guerre être libérés du désir ou du besoin de se battre. Puissent- ils voir que nous sommes tous parents par la naissance, la vieillesse et la mort. Puissent-ils un jour lâcher-prise, abandonner la haine, la peur, l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils aussi avoir la patience, la sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés, les problèmes et les défis de la vie. Puissent-ils trouver la paix de l'esprit.



Continuez à élargir votre vision ou vos pensées jusqu'à ce qu'elles incluent le monde entier.
Essayez d'imaginer devant vous une partie de l'immense multitude des êtres vivants. Des gens de toutes races, de tous âges. Des animaux, des insectes, petits et grands, vivant sur la terre, dans la mer et dans les airs. Naissant, vivant. La plupart se battant pour survivre. Certains opprimés et tués par les autres. Tous voulant vivre et ne pas souffrir.

Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à l'égard de tous ces êtres vivants.
Essayez de briser quelques-unes des barrières que nous avons créées entre eux et nous.
Puis faites le vœu de l'Amour Bienveillant, le vœu que tous les êtres soient libérés de Dukkha (souffrance) et trouvent la paix de l'esprit.

Puissent tous les êtres vivants êtres capables de lâcher-prise, d'bandonner la colère, la peur l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils aussi avoir la Patience, la Sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés,les problèmes et les défis de la vie. Puissent tous les êtres vivants trouver la Paix de l'esprit.


Source : J'ai "scanné" quelques Extraits du livre de Rosemary et Steve Weissman : "Compréhension-Compassion- Méditation Vipassana: l'enseignement de dix journées de retraite"
Remarque : Les mots (en bleu et entre parenthèse, ne sont pas dans le texte original)


  • Lire d'autres extraits de ce livre sur ce blog : ICI


dimanche 10 février 2008

Etre en relation avec soi






Extrait du livre "Etre une île" de Ayya Khema (Chapitre VIII : Etre en relation avec soi)


Remarque : Les extraits du Metta Sutta (en bleu) ne sont pas dans le texte original. 




Le Discours de l'amour bienveillant (Karaniya-Metta Sutta) nous explique comment nous comporter avec les autres. Nous devons les traiter comme nos propres enfants.

"Ainsi qu'une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant...."

Mais Ce sutta ne dit rien de particulier sur le comportement à tenir vis à vis de nous-mêmes ni comment agir.

Pourtant, la façon dont nous nous traitons est le plus vraisemblablement celle dont nous allons user avec les autres.

La manière dont nous agissons avec les autres est certainement la façon dont nous nous conduirons envers nous-mêmes. (...)


Nos espérances sont des désirs non fondés et nos peurs sont des inquiétudes sans fondement.

Le plus fort des sens est l'esprit, le dispositif du penser qui a, d'ailleurs, la facheuse tendance à échapper à notre contrôle. Nous ne sommes pas présents à ce qui se passe réellement pour la bonne raison que nous ignorons ce qui vraiment est en action. Nous sommes intéressés par ce que nous croyons qu'il se passe.

Deux façons de penser président aux choses pouvant arriver : soit les craindre, soit les espérer. Aucune des deux n'est réaliste. Nos espérances sont des désirs non fondés et nos peurs sont des inquiétudes sans fondement. Les deux créent du tumulte.

Les espoirs sont mêlés à la peur qu'ils ne se réalisent pas. Chaque aspiration vécue renferme une angoisse non encore matérialisée, qui peut être jamais, allez savoir! ne se matérialisera.

Nos peurs sont également liees à l'espérance. Peut être ne se produiront-elles pas si nous négocions les choses avec assez d'habileté. Et, de nouveau, nous avons peur de ne pas être assez intelligents.


Nous aimons soulager nos malaises par toute sortes de distractions


Nous nous trouvons ainsi dans une situation de tension et de malaise que nous aimons soulager par toutes sortes de distractions. Nous essayons d'amoindrir nos crispations par la nourriture, la boisson, les loisirs, la parole, le sommeil.

N'importe laquelle de ces disponibilités semble faire l'affaire. Dans le monde, nous avons les journaux, la télévision, le téléphone; sans pouvoir user de ces moyens, tout ce qui nous tombe sous la main fait l'affaire. S'il nous est impossible de trouver quoi que ce soit, nous devenons déprimés ou irrités.


Il y a dispersion  parce que l'esprit s'octroie la liberté de demeurer hors de contrôle.

Au lieu de s'occuper de ce qui se passe réellement, nous le laissons aller dans toutes les directions - penser au futur avec crainte ou espoir, penser au passé avec regret ou nostalgie.


L'attention consiste à demeurer attentif à chaque moment.

Mais l'attention parfaite est difficile à réaliser, parce que l'esprit a tendance à s'éparpiller. Nous devons faire plus que juste nous dire de rester attentifs. Si nous étions attentifs, parfaitement, à chaque moment, cette dispersion n'aurait pas lieu. Elle ne serait pas possible. Mais puisque nous ne sommes pas vigilants, nous avons besoin d'autres aides pour garder notre équilibre.


Un esprit sain n'est pas inquiet, ni déprimé, ni craintif ou exubérant

Un esprit sain est un esprit bien équilibré. Un esprit sain est un esprit qui ne prend pas la tangente. Il n'est pas inquiet, déprimé et craintif ou exubérant à propos de rien du tout.

Pour jouir d'un esprit bien équilibré, il ne suffit pas de nous dire : "sois attentif". Si nous en étions capables nous n'aurions besoin de rien d'autre. Tout irait.

Une des meilleures choses à faire pour nous aider est de ne pas nous sous-estimer. S'apprécier à sa juste valeur ne connote pas un quelconque sentiment de supériorité ni l'esprit de compétition (...)

Rien n'a d'importance mis à part ce que nous faisons vraiment (...) Mais ce que nous faisons vraiment porte à conséquence (...)

Il s'avère pour nous d'être personnellement content. Si nous ne sommes pas capable de créer un tel sentiment, nous ne le serons jamais nulle part ni avec qui que ce soit (...)



La première et principale priorité reste de trouver du plaisir à vivre avec soi-même.

Le Karaniya-Metta sutta exprime cela très bien. Ce texte conseille d'être pleinement content, et facilement satisfait. Il mentionne quinze conditions conduisant à la tranquillité. Sans trouver ces quinze conditions en nous même, nous ne trouverons la paix nulle part.

"Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, qui recherche le bien et a obtenu la Paix.

Qu'il soit appliqué, droit, parfaitement droit, ( 2 conditions)
Docile, doux, humble, content, (4 ")
Aisément satisfait;.... ( 1 )
Qu'il ne se laisse pas submerger par les affaires du monde, ( 1)
Qu'il ne se charge pas du fardeau des richesses, (1)
Que ses sens soient maîtrisés; (1)
Qu'il soit sage, sans orgueil (2)
Et ne s'attache pas aux familles, (1)
Qu'il ne fasse rien qui soit mesquin ( 1)
Et que les sages puissent réprouver ......" (1)



Etre assez content intérieurement signifie être satisfait de ce que nous possédons, de notre apparence, de nos paroles, de notre vie, de nos réactions (...)


(...) Nous défendons tous la notion erronée que le contentement dépendrait de certaines conditions ou de certaines personnes- une autre de nos lubies-. Comment peut-il dépendre d'une chose extérieure à nous? (...)

Les gens et les situations qui nous procurent de la satisfaction se transforment en une dépendance par le fait qu'ils nous rendent esclaves des autres. (...)

(...) Seule la gratitude pour les conditions positives crée le contentement. (...)

Quand les difficultés apparaissent, nous regardons autour de nous et cherchons de l'aide. ce soutien réside dans notre propre coeur (...)


Dépendre des autres pour notre bonheur est insensé

Nous devons apprendre à abandonner chaque pensée malsaine afin de ne garder en nous que ce qui est sain, habile, bienfaisant et positif. (...)

Avec un sentiment de chaleur et de sécurité au coeur, la méditation s'en porte mieux. Pas seulement la concentration mais l'existence même prend une texture différente (...)

Un amour certain pour soi-même a, bien sûr, tendance à rayonner à l'extérieur de nous. Nul besoin d'essayer d'être délibérement aimant avec les autres, cette modalité est une conséquence de s'aimer soi-même

S'aimer soi même dans ce contexte n'a rien à voir avec de la complaisance. Nous aimer signifie cultiver un sentiment positif envers nous-mêmes. Avoir de l'amour pour les autres devient alors facile (...)


Source : "Etre une Ile" de Ayya Khema (éditions dharma)


Lire le Metta sutta en entier : ICI



samedi 9 février 2008

Les 4 vertus






On parle aussi des "4 états sublimes"



Extrait d’un enseignement donné à Wat Pah Nanachat en Thaïlande, le 10 Mai 2000 par Vénérable Ajahn Jayasaro


Le Bouddha a enseigné une Voie qui passe par trois formes d’entraînement : la conduite morale, la concentration et la sagesse. C’est une éducation pour la vie, quelque chose que nous continuons à pratiquer jusqu’à notre dernier soupir.

Nous essayons tout le temps de parler et d’agir d’une façon qui exprime la bonté, la sagesse et la compassion, et nous développons sans cesse ces nobles qualités dans notre coeur.
Les quatre vertus cardinales que le Bouddha a enseignées pour que nous les développions dans notre coeur sont appelées les Brahmavihara.



1. Mettā : l’amitié bienveillante (ou amour bienveillant)

D’abord il y a mettā, un sentiment d’amitié (d'amour) bienveillante pour tous les êtres.

Mettā ne signifie pas que l’on doive aimer tout le monde. Bien que l’on puisse en faire un idéal, je crois que vous trouveriez très difficile de parvenir à aimer véritablement tous les êtres d’un même amour.

Par contre, avoir un sentiment de bienveillance, souhaiter aux autres d’être heureux, c’est quelque chose que l’on peut cultiver.

Par exemple, être capable de ne pas s’attacher à un sentiment de rejet que l’on pourrait éprouver pour quelque chose ou quelqu’un et, au contraire, l’accepter en le considérant comme une occasion d’exprimer de la bienveillance.

La bienveillance, c’est aussi résister à la tentation de tout casser et de se débarrasser de ce que l’on n’aime pas. C’est avoir de la sollicitude pour tout ce qui vit. C’est une qualité qui anoblit le coeur.


2. Karuna : la compassion

Plus nous comprenons la souffrance, plus nous sommes capables de la regarder en face et d’accepter le fait qu’elle soit partout, plus la compassion grandit dans notre coeur.

Ressentir de la compassion ne signifie pas souhaiter qu’il n’y ait pas de souffrance. La compassion ne voit pas la souffrance comme menaçante ou effrayante. Ce n’est pas non plus une espèce de pitié condescendante. La compassion apparaît naturellement quand on comprend profondément à quel point la souffrance est partout dans la vie.


3. Mudita : la joie altruiste

Mudita est la capacité à se réjouir du bonheur et du succès des autres. Son contraire, c’est se sentir opprimé, menacé ou vexé par ce bonheur.

Que ressentez-vous quand vous voyez les choses auxquelles vous aspirez dans votre vie être exprimées par d’autres plus parfaitement que par vous ? Il est peut-être assez naturel de ressentir de la jalousie ; c’est souvent le cas quand on n’a pas travaillé sur son coeur — mais ce n’est pas obligatoire.

Nous pouvons purifier ce type de réaction, cette mesquinerie du coeur, en cultivant mudita. Nous pouvons trouver merveilleux que quelqu’un soit aussi bon, aussi sage, aussi intelligent, aussi clair, etc. Nous pouvons utiliser cela comme objet de méditation, voir que les bonnes qualités et les réalisations des autres enrichissent chacun d’entre nous. Elles ne nous diminuent pas, elles nous enrichissent. Quand nous voyons cela clairement, toute mesquinerie, toute jalousie nous abandonne.


4. Upekkha : l’équanimité

Dans ce contexte, upekha signifie un état d’esprit égal, équilibré.

On peut le comparer à ce que l’on appelle le « point mort » dans la boîte à vitesse d’une voiture : avant de pouvoir passer à la vitesse supérieure, on passe par le point mort.

On peut souhaiter sincèrement apporter le bonheur aux gens, diminuer ou éliminer leur souffrance, mais se trouver impuissant à le faire pour une raison ou une autre. Peut-être parce que la situation ne s’y prête pas, peut-être que la personne ne nous respecte pas assez pour accepter nos conseils, peut-être que nous ne nous exprimons pas assez clairement ou que nos efforts sont maladroits, que ce n’est ni le bon moment ni le bon endroit — quoi qu’il en soit, cela ne fonctionne pas.

Quand quelqu’un fait preuve d’ingratitude ou de mépris alors que nous essayons de l’aider, cela peut faire très mal. Dans tous les cas, nous demeurons dans l’équanimité. Cela revient à reconnaître que nous sommes tous responsables de nos actes et que nous ne pouvons pas nous charger du fardeau de l’autre.

Par contre, nous pouvons rester prêts : si la situation change, si nous sommes en mesure de faire quelque chose de positif, nous le ferons. Mais si notre action ne fait qu’empirer la situation, nous restons tranquilles et en paix avec nous-mêmes dans l’équanimité.

Il ne s’agit pas d’une indifférence passive mais d’admettre humblement que, pour le moment, nous ne pouvons rien faire.

Mais il y a toujours cette promptitude, cette bonne volonté, cette générosité du coeur : on est prêt à faire le sacrifice, à faire ce qu’il faudra, quand on pourra le faire pour le bien-être et le bonheur de toutes les personnes concernées.



En savoir plus : Lire sur ce blog :

  • Les 4 états sublimes : - L'Amour bienveillant (mettâ); La Compassion (karunâ);La Sympathie joyeuse (muditâ) et L'Equanimité (upekkhâ)
  • Metta : un enseignement de Ajahn Sumedho à propos de METTA:
  • Lire tous les messages de ce blog parlant de Metta (8) : ICI

vendredi 18 janvier 2008

Metta




Remarques personnelles préalables:

Il ne faut pas confondre Metta; mot pali généralement traduit par "Amour Bienveillant" ; et Karuna , la Compassion.


Dans l'enseignement du Bouddha il y a de L'amour et de la Compassion. Les deux sont indispensables pour pouvoir avancer sur le chemin.
Il nous faut apprendre à éprouver Metta et Karuna pour nous même et pour les autres.


Toutefois, il peut arriver qu'on ne puisse pas encore éprouver Metta pour tout le monde, il nous faut alors chercher en nous même Karuna. En effet, tous les êtres vivants, même si ils ont commis des actes "monstrueux" ont le droit à notre compassion. Ils en ont besoin.
Pourquoi ? tout simplement parce que tous les êtres vivant souffrent, même ceux qui commettent des actes "criminels", sans doute encore plus que n'importe qui.
C'est donc pour leur souffrance que nous éprouvons de la Compassion. Nous pouvons ensuite avoir de l'amour bienveillant envers ces personnes...
Je suis persuadée que notre Metta, si il est "fort" peut transformer un "loup" en "agneau"..


Cela semble difficile de prime abord mais avec de l'entrainement on y arrive. Même si cela semble étrange; il faut s'entrainer à développer Metta et à Karuna, s'entrainer à assouplir notre coeur, c'est un entrainement comme un autre.


De la même manière qu'on s'entraine à vipassana, ou qu'on essaye de calmer notre mental, on doit s'entraîner à Metta.
Metta doit même exister avant.




Toutes nos séances formelle de méditation ne nous mènerons nul part si nous ne développons pas Metta.


Je pense que c'est plus facile d'éprouver de la compassion (karuna) que Metta.


Dans le Bouddhisme, la compassion est finalement un engagement de tous les jours....


Kathy 

Lire Ce que le Bouddhisme nous enseigne


Mais revenons à Metta.


Ci après, un enseignement de Ajahn Sumedho à propos de METTA:



En français le mot « aimer » se réfère souvent à une chose qui plaît. Ainsi quand nous disons « j’aime le riz gluant » ou « j’aime les mangues sucrées », ce que nous voulons dire, c’est que leur goût nous plaît.
Dans ce cas, aimer ne signifie pas éprouver de l’amour mais être attaché à quelque chose, comme la nourriture que nous avons vraiment plaisir à manger.

Par contre, metta veut dire « aimer » comme « aimez votre ennemi », non parce qu’il vous plaît ou que vous le trouvez sympathique — si quelqu’un veut vous tuer et vous dites : « Je
l’aime bien », c’est absurde ! — mais vous pouvez l’aimer dans le sens où vous pouvez éviter d’entretenir à son égard de mauvaises pensées, de la vindicte, le désir de lui faire du mal ou de l’anéantir. Même si vous ne l’aimez pas parce que c’est un misérable, vous pouvez tout de même vous comporter envers lui charitablement et avec bonté.

(...)

Metta devient une pratique immédiate de l’attention soutenue

Il y a parfois des choses que nous n’aimons pas en nous. Dans ce cas, metta signifie ne pas nous enfermer dans nos pensées, nos problèmes, nos sentiments et tout ce que le mental peut engendrer. Ainsi metta devient une pratique immédiate de l’attention soutenue. Pratiquer l’attention c’est offrir metta à la peur, la colère ou la jalousie qui habitent notre esprit.


Offrir Metta à sa peur

Metta signifie ne pas créer de problèmes autour des circonstances de notre vie, leur permettre d’exister puis de disparaître. Par exemple, quand vous prenez conscience qu’une peur vous habite, vous pouvez offrir metta à votre peur, c’est-à-dire que vous n’allez pas réagir négativement à ce sentiment, vous allez accepter sa présence et lui permettre de cesser.

Vous pouvez aussi minimiser la peur en voyant que c’est la même sorte de peur qui habite tout le monde, celle que tous les animaux éprouvent. « Ce n’est pas ma peur individuelle, elle ne m’appartient pas en propre, c’est une peur impersonnelle. »

La compassion pour les autres commence quand nous comprenons la souffrance qu’implique la réaction à la peur dans notre propre vie. La douleur, la douleur physique quand quelqu’un vous
envoie un coup de pied, par exemple, cette douleur est exactement la même que celle ressentie par un chien qui reçoit des coups de pied. Alors vous pouvez offrir metta pour la douleur, c’est-à-dire de la gentillesse et de la patience qui vous éviteront de vous enfermer dans l’aversion.

Nous pouvons travailler avec metta pour tous nos problèmes émotionnels.
Lorsque vous vous dites : « Je veux me débarrasser de cela, c’est affreux », voyez qu’il s’agit d’un manque de metta envers vous-même. Soyez conscient de ce désir de vous débarrasser de quelque chose. Cessez de vous appesantir sur ce que vous n’aimez pas dans les circonstances émotionnelles existantes.
Non qu’il faille approuver ses défauts et dire : « J’aime bien mes défauts ». Certaines personnes croient que leurs défauts les rendent intéressants : « Ce sont mes faiblesses qui font de moi
ce que je suis ».
Non, avec metta vous n’êtes pas censé vous conditionner à croire que vous aimez ce que vous n’aimez pas du tout, mais simplement cesser de vous appesantir sur ce qui ne vous plaît pas.


Il est facile d’offrir metta à ce que l’on aime : Mais là nous faisons fausse route

des enfants charmants, des gens aux manières affables, agréables à regarder, un petit chien, de jolies fleurs. On peut même ressentir metta pour soi quand on est en pleine forme :
« Je me sens heureux et satisfait ». Quand tout va bien, il est facile d’être bon envers ce qui est beau et bien.
Mais là nous faisons fausse route : metta ne signifie pas se contenter de faire des souhaits de bonheur pour tous, avoir de bons sentiments et des pensées élevées ; c’est au contraire très concret.

Si vous êtes très idéaliste et que vous détestez quelqu’un, vous allez vous dire : « Je ne devrais détester personne. Les Bouddhistes offrent metta à tous les êtres vivants.
Je devrais aimer tout le monde. Si j’étais un bon Bouddhiste, j’aimerais tout le monde. » Ce conflit intérieur est engendré par un idéalisme impraticable.

Offrez plutôt metta à cette aversion que vous ressentez, à la mesquinerie de l’esprit, la jalousie, l’envie.

Ainsi vous coexisterez pacifiquement avec vos sentiments au lieu de créer des perturbations, tant dans l’esprit que dans le corps, à partir des difficultés rencontrées dans la vie.

Quand je suis arrivé à Londres, j’avais beaucoup de mal à prendre le métro. Je détestais les horribles stations avec leurs affiches criardes et les foules de gens dans les trains souterrains. J’étais conscient de manquer cruellement de metta et je m’appesantissais sur ma résistance. Et puis, un jour, j’ai décidé d’en faire un exercice de méditation sur la patience et la gentillesse (metta) et dès lors j’ai commencé à aimer le métro de Londres au lieu d’y résister.
J’ai commencé à ressentir del’affection pour les personnes qui s’y trouvaient et bientôt mon refus et ma réticence ont complètement disparu.

Voyez que, quand vous n’aimez pas quelqu’un, vous avez tendance à en rajouter à son sujet : « Il a fait ceci et il a fait cela et il est comme ceci et il ne devrait pas être comme cela ».

Par contre, quand vous aimez quelqu’un : « Il sait faire ceci et il sait faire cela. Il est gentil et sympathique » et si quelqu’un disait : « Mais non, il est odieux ! », vous vous mettriez en colère. Même chose si vous détestez quelqu’un et que vous entendez chanter ses louanges. Vous ne voulez pas entendre dire du bien de votre ennemi.

Quand vous êtes animé par la colère, vous ne pouvez pas imaginer qu’une personne que vous détestez puisse avoir des qualités et, même si elle en a, vous ne vous en souvenez jamais. Vous ne vous rappelez que ses mauvais côtés.
Par contre, quand vous aimez quelqu’un, les défauts eux-mêmes sont charmants, ce sont « de petits défauts sans conséquences ».

Observez tout cela, soyez conscient, dans votre propre expérience, de la force de l’attirance et de l’aversion. La bonté patiente, metta, est un outil extrêmement utile et efficace face à toutes les sottises que l’esprit est capable de construire à partir d’un vécu difficile.


Metta est aussi un moyen de guérir les esprits très critiques qui jugent et ne perçoivent que les défauts des autres sans jamais voir les leurs,


Il est presque normal, de nos jours, de se plaindre constamment, que ce soit du temps ou du gouvernement. Des gens pleins de suffisance et d’arrogance se permettent des remarques franchement méchantes sur tout, ou vont mettre en pièces une personne absente de la manière la plus objective et la plus brillante qui soit. Ils analysent très bien les choses, savent exactement ce qu’il faudrait à cette personne, ce qu’elle devrait faire et ne pas faire et pourquoi elle est comme ceci ou comme cela.
Un esprit critique aussi aiguisé peut être très impressionnant mais en réalité, cela signifie simplement : « Je suis bien meilleur que les autres ».

Il ne s’agit pas non plus d’être aveugle aux défauts des autres mais plutôt de coexister paisiblement avec eux sans exiger qu’ils soient différents.

Donc metta a parfois besoin de passer par-dessus les choses qui ne sont pas parfaites chez vous
comme chez les autres. Vous voyez ce qui ne va pas mais vous n’en faites pas un problème. Vous arrêtez de vous lamenter en étant patient et gentil, en coexistant en paix avec la situation telle qu’elle est.



D'autres enseignements ou Textes sur Metta sur ce blog :
Lire Notamment :

dimanche 9 décembre 2007

Le bouddhisme nous enseigne...





Alors que sa fin approchait, le Bouddha a recommandé de ne pas pleurer sa disparition; car il laissait le bien le plus précieux qui fût : son enseignement; le dhamma, tel qu'il l'avait enseigné, telle que la communauté; le sangha, l'avait entendue.


( Lire : Bouddha cet inconnu )


Il annonça sa mort prochaine à son plus fidèle disciple, Ananda. Il gagna alors Kusinara. Il installa une couche entre 2 arbres, s'allongea sur le flanc droit et donna ses dernières instructions :
"Gardez le silence ô moines. Tous les éléments qui composent l'être sont destinés à s'éteindre"


Il avait demandé aux moines de conserver ses enseignements «pour le bien et le bonheur dans ce monde et dans celui à venir..»




Message de Michel Henri Dufour :



Dans la citation des « dernières paroles » du Bouddha quelle étrange traduction que celle de « gardez le silence », comme ultime injonction à la communauté monastique c’est tout de même assez incongru ! En fait le texte dit « vayadhammà sankhàrà appamàdena sampàdetha », ce qui signifie quelque chose comme : « il est dans la nature de tous les composés de disparaître, ne relâchez jamais vos efforts vers la libération) ».





Les textes précisent que le Bouddha a d’abord hésité à se lancer dans la prédication. A quoi bon, personne ne peut faire le chemin vers la vérité à la place d’autrui. S’il s’y résout finalement, ce n’est pas au profit de tous, mais de ceux qui peuvent entendre son message. Les hommes, dit-il, sont comme des lotus dans un étang. Quelques-uns sont en pleine floraison quand d’autres qui ont la tige trop courte restent au fond de l’eau ; et puis il y a ceux qui flottent entre deux eaux, n’attendant qu’un rayon de soleil pour émerger. C’est pour eux qu’il décide de prêcher sa doctrine.


En Grand médecin ... ayant trouvé - par lui même - la guérison totale à nos souffrances, Bouddha, a expose l'essentiel de ses enseignements en quatre nobles vérités








Le Bouddhisme nous enseigne également la compassion (Karuna) mais aussi l'amour universelle (metta)


Le Metta sutta est la plus belle preuve d'amour et d'engagement qui soit, envers soi même et envers les autres.


Souhaiter le bonheur des autres, de tous les autres y compris de ses ennemis c'est déjà magnifique, mais agir; tout en respectant les enseignements du Bouddha; pour que les autres soient heureux, ou tout du moins moins malheureux, c'est encore mieux. On passe alors de la compassion à la compassion active.






Certains bouddhistes pensent qu'on ne doit pas agir mais se contenter de pratiquer, tant qu'on a pas atteint l'éveil. Mais cela voudrait dire qu'on doit pratiquer durant de nombreuse années, ou même toute une vie, voire de nombreuses vies, avant de pouvoir faire quelque chose pour les autres?






Mais alors, que dire de toutes ces personnes non bouddhistes qui passent leur vie à aider les autres?


Que dire des bénévoles que je rencontre régulièrement au Resto du Coeur ou dans d'autres associations caritatives et qui passent leur jours fériés à aider les autres?
Pensez vous qu'il devraient rester chez eux et se mettre à la méditation pendant des années avant de pouvoir aider efficacement les autres?


La compassion n'est pas réservée au bouddhistes ni même la compassion active.


Mais c'est Justement parce que nous sommes bouddhistes nous devrions être encore plus à même d'aider et de soulager la souffrance des autres.


Lire: Le Bouddhisme nous enseigne le détachement, pas l'indifférence




Nous pouvons travailler à notre propre libération tout en agissant pour le bien être des êtres vivants.


Il est vrai que si l'on est pas en paix avec soi même, on ne peut pas répandre la paix et la sérénité autour de nous.


Comment aider véritablement les autres si on est incapable de s'aider soi-même?




A l'époque de Bouddha il n'y avait pas de "Bouddhistes", il y avait des personnes qui suivaient les enseignements de Bouddha et qui pratiquaient avec ardeur.




Un bouddhiste engagé est avant tout un bouddhiste mais finalement un bouddhiste est un bouddhiste engagé...


Un bouddhiste qui ne pratique pas n'est pas un bouddhiste.


Un bouddhiste engagé s'est déjà "engagé sur le chemin"


Ce même chemin emprunté par le Bouddha il y a 2500 ans....


Être bouddhiste c'est respecter Sila (la moralité)


Être bouddhiste c'est respecter au moins 5 préceptes.


Respecter les préceptes pour soi même mais aussi pour les autres: Ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas s'engager dans une conduite sexuelle inappropriée, ne pas ingérer de drogue.


Le but de tout bouddhiste c'est de surmonter les 3 poisons que sont l'attachement, la haine et l'ignorance.




Le 3e poison que le bouddhiste doit combattre est Avidya (en sanscrit) et avijja (en pali) ; c’est l’ignorance, l’illusion (mais aussi l’indifférence et le repli sur soi même) et peut aussi être traduit, selon Michel Henri Dufour par « la confusion mentale. »




Alors un homme qui est indifférent à la souffrance des autres ne peut en aucun cas se dire Bouddhiste.




Mais surtout, être bouddhiste s'est emprunter le noble oculpte sentier


Il s'agit de


-1 La compréhension juste ou la vision parfaite ou vision juste.
-2 La pensée juste ou émotion juste.
-3La parole juste
-4 L'action juste.
-5 Les moyens d'existence justes.
-6 L'effort juste.
-7 L'attention juste.
-8 La concentration juste.




Cela ne veut pas dire qu'on y arrive, il faut être un arahant pour pouvoir respecter ces 8 branches, mais nous devons au moins essayer et faire en sorte de ne jamais oublier les enseignements du Bouddha.




En résumé on peut dire que l'enseignement du Bouddha doit nous amener à


- cessez de commettre de mauvaises actions. - apprendre à faire le bien ; - purifiez notre esprit (citta).




Kathy ( Catherine)

lundi 8 octobre 2007

Amour (Metta) et compassion (karuna) pour le peuple birman



"Le monde souffre, mais la plupart des hommes ont les yeux et les oreilles fermés. Ils ne voient pas l'intarissable courant de larmes qui va tout au long de la vie, ils n'entendent pas le cri de détresse qui traverse continuellement le monde. Leur petite peine personnelle ou leur joie leur ferme les yeux et les oreilles. Lié par l'égoïsme, leur coeur demeure raide et étroit. Leur coeur étant raide et étroit, comment pourraient-ils lutter pour un but plus élevé, pour réaliser ce qui seulement délivre du désir égoïste et qui peut les libérer de leur propre souffrance

"C'est la compassion qui soulève la lourde barre, qui ouvre la porte de la Liberté, qui rend le coeur étroit vaste comme le monde".

"La compassion nous réconcilie avec notre destinée en nous montrant la vie des autres, qui est souvent plus dure que la nôtre."





"L’essence de l’amour (Metta) et de la compassion (Karuna) est la compréhension, la capacité de reconnaître les souffrances physiques, matérielles et psychologiques d’autrui, de nous mettre dans la peau de l’autre. Nous pénétrons son corps, ses sentiments et ses formations mentales et ressentons en nous sa souffrance" Thich Nhat Hanh



Sans Metta (Amour) et sans Karuna (compassion) pas de Véritable Bouddhisme
Metta et karuna sont des termes pali:
Le Pali est la langue des textes anciens ou canon pali sur lequel se fondent les bouddhistes de la tradition théravada, dont la Birmanie fait partie.




La compassion du Bouddha:

L'être humain possède la merveilleuse faculté d'être capable de supporter les souffrances inhérentes à la vie et de les transformer en une immense compassion. Cette compassion se manifeste lorsque notre cœur est ouvert et que nous lui permettons d'être sensible à la douleur des autres. C'est un flot de bonté et d'empathie pour tous les êtres.

L'infinie compassion est dans tous les cœurs. Mais si notre cœur n'est pas ouvert, c'est parce que nous souffrons et que nous ne voulons pas non plus voir la souffrance d'autrui.

C'est difficile de regarder la souffrance en face, tant en nous-mêmes que dans les autres. Nous avons tendance à tourner le dos à la douleur, à la peine, nous ne voulons pas voir pour ne pas souffrir.

La voie requiert d'observer notre souffrance et celle des autres et d'ouvrir notre cœur. En général, nous cherchons à éviter la souffrance et à résister. Mais quand on est attentif, on se rend compte que la résistance à la douleur augmente la douleur. Par contre, lorsque nous nous autorisons à être touchés par la douleur, nous nous ouvrons à elle et elle s'estompe ; nous en sommes soulagés.

C'est la compassion qui peut nous aider à supporter la souffrance et à ne pas nous sentir séparés des autres. Nous avons tous la capacité d'aimer, d'aider, d'être compatissant. Ces qualités font partie de nous. La véritable compassion n'exclut personne. Mais bien souvent nous nous jugeons, nous avons de l'aversion envers nous-mêmes. Nous devons d'abord nous pardonner nous-mêmes, être tendre avec nous-mêmes, avoir de la compassion pour nous-mêmes.
source : ICI



Mardi 9 octobre :

Et bien justement, Thich Nhat Hanh, (moine Bouddhiste "engagé") soutien à son tour l'action des moines Birman:


THICH NHAT HANH
depuis UCLA - USA
lors de la Conférence Conscience et Psychothérapie
Le 6 octobre 2007

A l’occasion d’une conférence réunissant près de 2000 professionnels de la santé mentale, Thich Nhât Hanh, Jack Kornfield, Larry Ward, Trudy Goodman et d’autres, ont rédigé ce compte-rendu, par solidarité avec les moines, nonnes et civils de Birmanie.

"En ces temps de grande souffrance, de répression et d’emprisonnement, nous supportons intensément les Birmans en pleine transition non-violente vers la démocratie.

Pour cela, nous exhortons les Nations Unies à créer une robuste mission multinationale d’enquête, l’envoyer en Birmanie écouter les moines et tous les concernés, et dire au monde ce qu’il s’est passé et ce qui est nécessaire à la résolution démocratique.

Nous encourageons également le comité olympique international, organisateur des J.O de Beijing d’exiger que la Chine, principal partenaire commercial de la Birmanie, fasse de son mieux afin de soutenir les droits de l’Homme et une transition vers la démocratie pour la Birmanie maintenant."





Pour Lire La suite de : Articles et Reportages au 9/10/07 c'est : ICI




Chant Metta :

Sabbe sattâ sabbe pânâ, sabbe bhûtâ sabbe puggalâ sabbe attabhavâpariyapannâ sabbâ itthiyo sabbe purisâ sabbe ariyâ sabbe anariyâ sabbe devâ sabbe manussâ sabbe vinipâtikâ avera hontu, abyâpajja hontu, anîghâ hontu, sukhî attânam pariharantu, dukkhâ muccantu, yathâ laddha sampattito mâvigacchantu kammassakâ. (En Pali, la langue de Bouddha)



Puissent tous les êtres, toutes les créatures vivantes, tous les individus, toutes les personnes, tous les hommes, toutes les femmes, puissent tous les êtres nobles, tous ceux qui ne sont pas nobles, toutes les divinités, tous les humains, tous ceux qui se trouvent dans les plans de misère, puissent-ils tous être libres de l'inimitié et du danger, libres de la souffrance physique, libres de la souffrance mentale, puissent-ils tous vivre avec bonheur ; puissent-ils tous être libres de la douleur, puissent-ils ne pas perdre ce qu'ils ont acquis, puissent leur kamma être leur véritable possession.



Télécharger ce chant Metta (enregistré durant ma retraite: le moine chante et les yogis répètent après lui ): ICI









Ci après un poème, écrit par un ami du dhamma, Pierre Langlais



Dhamma

A la fois seul, face au Dhamma,
Entier et assuré,
Et uni dans cette ronde,
Du changement et du dégout,

Nous sommes, -je suis-
Dans ces lieux externes,
Où le plaisir rôde et séduit,
Il touche encore les entrailles.

Puis seul dans les lieux internes,
Avec quelques uns dans le Dhamma,
Tel le phare guidant de sa lumière,
Quand les bougies s’éteignent vite.

Les jours sont fluctuants,
Les humeurs suivent le pas,
Mais le cœur de celui qui a compris,
Ne peut dévier de la voie sûre.

Le temps laisse son empreinte,
Les mauvaises habitudes sont visibles,
Et celui-ci donne raison à la doctrine,
De par des actions et de leurs résultats,
De la vieillesse et de la réflexion,
L’immense intuition de l’éveillé est réelle,
Le grand vainqueur de la mort l’a transmise.

Son esprit dirigé et construit,
Il a cheminé le corps immobile,
Vers l’expérience transcendantale,
Les choses, ainsi connus de toutes parts.

Le spectre des expériences douloureuses,
Et celui de la volonté de les sublimer,
De la fuite ou de la recherche de soi-même,
Aucun ne comprend l’ultime cité cachée.

La fin de la réaction conditionnée,
Le terme de la sensation, de l’émotion,
Cette réalité sera le refuge de ceux qui, en vain,
Ont vécu ont souffert, et enfin, ont rompu l’accord.

La paix est l’alternative,
La mesure est l’appréciation juste,
Le non attachement est l’attitude,
Chacun menant l’auditeur à l’attention.

Le bonheur me touche, et,
Je l’accepte comme le malheur,
Chacun de ces états existent,
Au niveau profond qu’en est-il ?





Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est le dhamma lire ce message ICI



Metta
Comment pratiquer la méditation Metta
Chant metta en Pali
Les quatre états sublimes
Bouddhisme théravada





dimanche 5 août 2007

Comment pratiquer Metta, Mudità, Uppekhà et Karuna





Voir aussi sur ce blog :
- Les quatre états sublimes : ICI
- Metta bhavana : Le développement de l'amour bienveillant : LA
- Chant metta durant la retraite : ICI
- Méditation guidée Metta : ICI 



Les différentes pratiques des "demeures sublimes":

Ci après :

1- Trois pratiques de Metta:
- Courte formule de Mettà:
-
Longue formule de Mettà:
-
Mettâ bhâvanâ


2- les pratiques pour Muditâ, Uppekhâ et Karuna



1-La présentation qui suit, détaille trois pratiques de Mettà.



1) Courte formule de Mettà:

Il est bon de pratiquer d'abord des respirations longues et courtes, dix fois pour chaque catégorie, en expirant et aspirant lentement et avec conscience. Les salutations au Bouddha, Dhamma et Sangha, peuvent être récitées d'abord. Lorsque les respirations sont redevenues normales, selon un rythme naturel pour le pratiquant, on doit mentalement se dire, dans un sentiment de bienveillance :

" Puissé-je être heureux,
Garder mon bonheur,
Et vivre sans inimitié.
Puissent tous les êtres animés
Grands ou petits,
Forts ou faibles,
Près ou loin,
Visibles ou invisibles, vivre heureux,
Et vivre sans inimitié."

Il faut arriver à se sentir rempli de bienveillance, ne pouvoir concevoir une autre idée que bienveillance pour tous, autour de tous, en tous. On doit avoir le coeur rempli de cette idée, et baigné de bienveillance jusqu'à ce qu'on ne soit conscient que de cette pensée d'amour, on imagine que l'on estpénétré d'amour bienveillant, saturé d'amour, absorbé dans l'amour.

2) Longue formule de Mettà:

Avant de commencer à employer la formule on envoie des pensées de bienveillance :

1. Un être qui vous est très cher (mais cela ne doit pas être quelqu'un qu'on aime avec passion, ni un mort).

2. Un être pour lequel vous ne sentez que de l'indifférence.

3. Un être qui est hostile ou un ennemi.

Ayant choisi les personnes et accompli les respirations habituelles recommandées, on se remplit de bienveillantes pensées pour soi-même.
Commencer la méditation ainsi, par les quatre personnes :
A. Soi-même:
Se dire :
« Puissé-je être heureux,
Garder mon bonheur,
Et vivre sans inimitié.
Je suis rempli d'une pensée d'amour bienveillant. »

B. L'être cher
« J'envoie des pensées d'amour à... (l'être cher)
Puisse-t-il (ou elle) être heureux,
Garder son bonheur, vivre sans inimitié. »

Continuer à entourer et à baigner cette personne de pensées d'amour bienveillant.

C. L'être indifférent
« J'envoie des pensées de bienveillant amour à. (personne ordinairement indifférente)
Puisse-t-il être heureux,
Garder son bonheur vivre sans inimitié. »

Continuer à entourer et à baigner cette personne de pensées bienveillantes.

D. L'être hostile.
« Telle personne m'a été hostile, inamicale,
Puissé-je me libérer de toute inimitié envers elle.
Je ne lui veux aucun mal.
Puisse-t-il (ou elle) être libre de souffrance et libéré d'inimitié.
Puisse-t-il être heureux et garder son bonheur »

Ignorer les poussées de sentiments hostiles qui surgiront, les écarter en répétant :
« Je ne suis que bienveillance, bienveillance, bienveillance. »
Si les pensées hostiles persistent, penser aux bonnes qualités de cet être, qu'il se fait du mal en
agissant avec hostilité ; penser « compassion », et reprendre Mettâ.

Synthèse:

Il faut maintenant tâcher d'envelopper dans une même et seule pensée d'amour bienveillant : soi même, l'être aimé, l'être indifférent et l'être hostile.
Essayer de les confondre dans une pensée d'amour, dans votre imagination, comme au cinéma faire paraître et disparaître rapidement l'image de l'un pour faire place à l'image de l'autre.
Il faut arriver à ne plus faire de distinction entre soi-même et autrui, car on n'est plus qu'une pensée de bienveillance. Quand les barrières de la personnalité sont abattues, la méditation a atteint son but.

Elargir le champ de la méditation:
Ne pas oublier d'englober tout ce qui vit, pas seulement l'homme, dans une pensée d'amour bienveillant.


3) Mettâ bhâvanâ:

Le développement - ou déploiement - de l'amour universel.
Envoyer une pensée d'amour :
- à l'endroit qu'on habite,
- la maison, la ville,
- le département, les pays entier,
- le continent où il est situé.

Laisser la pensée pleine de bienveillance parcourir ces divisions, en déversant sur elles une pensée d'amour, comme on le ferait sur un être aimé.
La méditation peut être arrêtée ici pour ne pas fatiguer un débutant. Celui qui est plus entraîné doit continuer par la méditation « par quartiers » puis à « l'univers tout entier ».

Par quartiers
Imaginer le monde divisé en quatre quartiers : est, ouest, nord et sud.
Envisager à tour de rôle chaque quartier comme vous étant cher. Déverser une pensée de
bienveillance sur chaque quartier comme sur un être qui vous est cher. Imaginer, si cela facilite votre effort, un être cher parmi les gens de ces quartiers. Imaginer que vous êtes parmi eux.
Se dire :
« Que tous les êtres dans l'Est,
Que tous les êtres dans l'Ouest.,
Que tous les êtres dans le Nord,
Que tous les êtres dans le Sud,
Soient heureux, gardent leur bonheur,
Puissent-ils vivre sans inimitié. »
La pensée, comme un effluve de bienveillance, doit couvrir chaque quartier - et les quatre quartiers intermédiaires (par sections - en croix), le zénith et le nadir.
Elargir toujours le champ de méditation.

L'univers tout entier:
Laisser votre pensée chargée de bienveillance encercler le globe, diffusant partout des pensées
d'amour. Tournant autour du globe, « comme un cheval tourne autour d'un cirque ».
Envelopper l'Univers entier d'une pensée d'amour bienveillant, diriger cette pensée en haut, en bas, à travers, tout autour.
Ne penser que bienveillance.
Faire les respirations courtes et longues (comme au début) et sortir de la méditation en récitant les trois Salutations (Hommage au Bouddha, Dharma, Sangha).
En dehors de la méditation, se rappeler ce que l'on a ressenti et pensé pendant cette méditation. En méditant, on doit obtenir une tranquillité mentale qu'il faut chercher à garder. Recommencer chaque fois qu'une distraction a rompu le cours de la pensée ou troublé le calme. A un moment donné, on sentira un étrange contentement, et de ceci une espèce de joie naîtra, le corps et le mental étant pénétrés de cette joie seront tranquillisés et baignés d'une sensation de de bienêtre.
Cette joie, née du détachement, quand il n'y a plus de désir ni de mauvaise pensée, doit imprégner tout l'être, la pensée deviendra alors étonnamment claire et active. Ce sont les caractéristiques du premier jhâna.

Source : UBE

2- Les mêmes méthodes peuvent être appliquées pour chaque autre « demeure » (Mudità, Uppekhà et Karuna)


- Mudità : La Sympathie Joyeuse:

La sympathie pour le bonheur des autres peut se méditer selon la même formule que celle employée pour Mettâ.
Cette méditation libère le coeur de l'envie, de la jalousie, et fait naître le contentement.
On doit ressentir la joie pour le bonheur d'autrui, autant que si un joyeux évènement avait eu lieu pour soi même. Il y a toujours de la joie, du bonheur quelque part dans le monde ; se réjouir de cela avec tous les êtres heureux.

Commencer par apprécier ce qu'il y a de bonheur dans votre propre vie, dans la vie d'un être cher, dans la vie d'un être indifférent, dans la vie de votre adversaire, se réjouir de ce bien-être et de ce bonheur.
Si l'image de l'adversaire éveille l'envie ou la jalousie dans votre coeur, réfléchir qu'il peut devenir malheureux, que toute joie est passagère, qu'il est encore dominé par l'ignorance ; éveiller ainsi la compassion, cette pensée chassera l'envie.
Confondre ces quatre êtres - vous-même et les autres - dans la même pensée de joie sympathique.
Diviser le globe en quartiers, imaginer un être heureux dans tel quartier, tel continent, continuer à déverser partout votre pensée de Sympathie joyeuse.

Sortir de la méditation par les respirations courtes et longues et les trois salutations.


- Upekkhà : La Sérénité (ou Èquanimité):

Désirer pour soi-même et les autres la Sérénité, indifférente à la peine comme à la joie, puisque toutes les deux sont impermanentes.
La sérénité est un avant-goût de la paix du Nirvâna (nibbanà), que certains peuvent atteindre ici même.
Penser que la sérénité est établie dans votre coeur, que vous êtes pénétré, saturé de sérénité, absorbé dans la sérénité.

Souhaiter la sérénité à un être cher, le voir baigner de sérénité.
Envisager aussi un être indifférent, puis un adversaire, baignés de sérénité.
A chaque quartier du globe, envoyer comme à un être que vous aurez entrevu, des pensées de sérénité.
Continuer à déverser cette pensée sur le globe et ensuite sur l'univers.
Imaginer la sérénité partout et que l'on n'est que cela : Sérénité.
Sortir de la méditation par les respirations courtes et longues et les trois salut

- Karuna : La Compassion:

La Compassion Bouddhique n'est pas un attendrissement sentimental. C'est un sentiment calme et raisonné, qui doit être médité d'une façon impersonnelle pour nous libérer des instincts de cruauté.

On doit se rendre compte que tout être désire le bonheur et que chacun a sa part de souffrance, tant qu'il est lié à la vie phénoménale. On doit désirer pour autrui, autant qu'on le désire pour soi-même, la libération de la souffrance.
On doit comprendre que la souffrance est toujours le résultat de l'ignorance (sous une forme ou une autre) dans la vie présente ou passée.

Tous ceux qui sont liés à des existences éphémères, tous ceux qui n'ont pas encore connu ou recherché la Paix du Nirvâna (état au-delà du désir), que la connaissance suprême peut nous procurer (même dans une vie terrestre), ont leur part de douleur physique ou morale. Il ne faut pas s'attrister, ni se lamenter, mais rechercher la lumière pour soi et les autres, ressentir une immense compassion, une tolérance illimitée.
La compassion mène à la compréhension, bannit l'intolérance, et diminue la cruauté latente en nous.

Après les salutations et les respirations :
Commencer par envisager les méfaits de la cruauté.
Se dire : « Je fais cesser une pensée de cruauté dans l'univers. »
Envisager le bienfait de la compassion qui diminue la souffrance.
Diviser le monde en quartiers (comme pour Mettâ).
Envoyer des pensées de compassion à tout être qui souffre dans chaque quartier, comme si on voyait là un malheureux, tombé dans la misère et privé de bien-être physique et moral.
Se dire : « Puisse-t-il échapper à sa mauvaise fortune"
Penser aussi que celui qui vit dans l'abondance, s'il ne produit que des actions, des paroles, des pensées égoïstes, n'augmente pas le bien dans l'univers et ne se purifie pas, donc il se prépare un avenir malheureux.
Lui envoyer une pensée de compassion pour son ignorance.
Penser à la compassion illimitée d'un Bouddha pour le moindre être vivant et à son immense tolérance et sa pitié de l'ignorant.
Envoyer à soi-même,
A l'être aimé,
L'être indifférent,
L'adversaire,
des pensées de compassion, avoir pitié de leur ignorance et de leur peine.
Tâcher de réunir ces quatre personnes dans une unique pensée de compassion, sans faire la moindre distinction entre eux et soi-même. Continuer à déverser la compassion sur les quatre également.
Se dire : « Puisse-t-on échapper à toute souffrance, Puisse-t-on être heureux, garder le bonheur vivre sans inimitié. »

Terminer par la résolution de soulager et diminuer la souffrance autant que possible, et de ne point en créer pour la moindre créature vivante.

Mais il est bon, pour des personnes très sensibles, que les réflexions sur la souffrance auraient pu troubler, de méditer sur la Sérénité avant de sortir de la méditation.

Pour terminer la méditation : répéter les respirations courtes et longues puis les trois salutations.
Source : UBE




Définitions des termes pali : mettá, karuna, muditá, upekkhá, par le Vénérable Dhamma sami :

Nombreux sont ceux d'entre nous qui confondent les trois états de conscience que sont mettá, karuna et muditá. L'explication suivante devrait désormais écarter tout risque de confusion...

mettá est l'état de conscience favorable à un quelconque bénéfice (ou défavorable à un quelconque malheur) pour un être en situation* similaire à la sienne, ou en situation inconnue.

L'expression française la plus proche est probablement la "bienveillance".

karuna est l'état de conscience favorable à un quelconque bénéfice (ou défavorable à un quelconque malheur) pour un être en situation inférieure à la sienne.

L'expression française la plus proche est probablement "la compassion".

muditá est l'état de conscience favorable à un quelconque bénéfice (ou défavorable à un quelconque malheur) pour un être en situation supérieure à la sienne.

L'expression française la plus proche est probablement "la réjouissance du succès d'autrui".

Un moyen permettant de saisir encore mieux le sens de ces trois états de conscience consiste à songer à leurs contraires respectifs...

mettá est le contraire de "la haine", qui est l'état de conscience favorable à un quelconque malheur (ou défavorable à un quelconque bénéfice) pour un être en situation similaire à la sienne, ou en situation inconnue.

karuna est le contraire de "la cruauté", qui est l'état de conscience favorable à un quelconque malheur (ou défavorable à un quelconque bénéfice) pour un être en situation inférieure à la sienne.

muditá est le contraire de "la jalousie", qui est l'état de conscience favorable à un quelconque malheur (ou défavorable à un quelconque bénéfice) pour un être en situation supérieure à la sienne.

Enfin, upekkhá est l'état où la conscience n'est affectée par aucune sensation, ni physique ni mentale. Il n'y a donc ni dosa (aversion) ni lobha (avidité), mais n'empêche toutefois pas le píti (joie pure, dépourvue de tout attachement, lié au progrès sur la voie de la purification mentale).

Notamment, avec upekkhá, le mental demeure imperturbable (dans un sens comme dans l'autre) quelles que soient la mettá, la haine, la karuna, la cruauté, la muditá ou la jalousie que les autres peuvent développer envers soi.

L'expression française la plus proche est probablement "l'équanimité".

*Le terme "situation" signifie ici n'importe quelle type de situation : avancement sur la voie du dhamma, mais aussi situation professionnelle, richesse matérielle, santé, sécurité, etc.

Source dhammadana