mercredi 8 août 2007

Le noble Octuple sentier





Remarque : Pour en savoir plus, cliquer sur les mots surlignés en bleu


L'Octuple Noble Chemin ou Noble oculpte sentier (que symbolisent les huit rayons de la Roue du Dhamma), constitue le coeur de l'enseignement du Bouddha et le modèle de toute pratique bouddhiste.

Il apparaît, avec les quatre nobles vérités, dans le premier discours du Bouddha, le discours de la mise en mouvement de la roue de la loi.

Le noble sentier octuple c'est la voie qui mène à la cessation de la souffrance, de l'attachement (dukkha). Il est aussi appelé Sentier du milieu, car il évite les deux extrêmes que sont la poursuite du bonheur dans la dépendance du plaisir des sens et la poursuite du bonheur dans la pratique de l'ascétisme et de la mortification.

Le Noble Chemin Octuple est la quatrième des Quatre nobles vérités

Dans son premier sermon, Bouddha nous présente les quatre Nobles Vérités :
La Noble Vérité de dukkha .
La Noble Vérité de la cause de dukkha : c'est-à-dire les impuretés mentales ( kilesa en pali) : Le désir, la colère, la jalousie, l'avidité, la peur, l'orgueil, etc.
La Noble vérité de la cessation de dukkha: c'est-à-dire nibbána, la cessation des impuretés mentales.
La Noble Vérité du chemin qui mène à la cessation de dukkha: c'est-à-dire dána, síla et bhávaná.


Il s'agit de :

1 La compréhension juste ou la vision parfaite ou vision juste
2 La pensée juste ou émotion juste
3 La parole juste
4 L'action juste
5 Les moyens d'existence justes
6 L'effort juste
7 L'attention juste
8 La concentration juste

le terme juste est aussi traduit par "parfait"

Mais malheureusement, sur les huit branches ou "entraînements" proposés, seule la «méditation» semble intéresser la grande majorité des pratiquants bouddhistes occidentaux. Or cette « méditation » ne recouvre que deux de ces huit branches à savoir : l'attention juste et la concentration juste mais les autres sont aussi importantes et sans elles, la méditation n'est pas une méditation bouddhique eu sens noble du terme.

J'ai déjà évoqué l'importance de sila dans de nombreux messages de ce blog et notamment dans la pratique au quotidien


Dans sa présentation traditionnelle, ces huit entraînements du Chemin sont proposés sous la forme de trois « rubriques » : Discipline (sîla), Méditation (samâdhi) et Sagesse (prajña), comme si la première favorisait la seconde qui, seule, permettrait d'atteindre la troisième... Or, dans l'exposé même du Chemin, c'est la Sagesse qui est présentée en premier.


  • La compréhension juste
Il s'agit de la compréhension ou vision juste de la réalité, des quatre nobles vérités, mais aussi des trois caractéristiques de l'univers : anicca , dukkha et anatta .

Il existe six formes de compréhension juste:

1. compréhension juste du kamma propre aux individus
2. compréhension juste des jhânas
3. compréhension juste de la vision pénétrante
4. compréhension juste de la Noble voie
5. compréhension juste du fruit de la Noble voie
6. compréhension juste de la remémoration

En savoir plus Lire sur ce blog : La compréhension juste : ICI


  • La pensée juste (sammâ sankappa):
ou émotion juste :
C'est avoir une pensée libre de jalousie, de mauvais vouloir, et de cruauté. Mais aussi dénuée de haine, d'avidité et d'ignorance

  • La parole juste (sammâ vâcâ):
S'abstenir de mensonges, de médisances, d'un langage grossier et s'abstenir de paroles futiles.
Mais aussi : ne pas semer la discorde par ses paroles, ne pas parler abusivement.


En savoir plus Lire sur ce blog La Parole juste : ICI

  • L'action juste (sammâ kammanta):
C'est le respect d'au moins 5 préceptes : Ne pas tuer, ne pas blesser, ne pas voler, ne pas avoir de méconduite sexuelle.

  • Le moyen d'existence juste (sammâ âjiva):
Gagner sa vie de manière digne en restant totalement honnête et en évitant d'exercer le trafic d'armes, d'êtres vivants ou de chair, ainsi que la vente de poison, de drogues ou de boissons enivrantes.

  • L'effort juste (sammâ vâyâma):
L'effort de surmonter ce qui est défavorable, l'effort d'éviter ce qui est défavorable, l'effort de développer ce qui est favorable, et l'effort de maintenir ce qui est favorable (Selon moine dhamma sami)
L'effort juste, c'est aussi l'idée d'un "certain travail à accomplir sur soi pour mettre en oeuvre les sept autres voies vers la cessation de dukkha. Il ne s'agit pas de s'anesthésier du monde ni de fusionner avec le monde, mais bien d'être soi-même"

  • En savoir plus sur Effort Juste lire ICI 


Les deux branches qui suivent, l'attention juste et la concentration juste font référence à la pratique de la méditation. Il n'y a donc que deux branches qui font référence à la méditation proprement dites:

  • L'attention juste (sammâ sati):
La contemplation du corps, des sentiments, de l'esprit, et des phénomènes.

- En savoir plus : Lire sur ce blog L'Etablissement de l'Attention ou les quatre Objets de l'Attention : ICI

- Lire aussi : La culture de l'esprit : ICI


  • La concentration juste (sammâ samâdhi)
C'est la fixation de l'esprit sur un seul objet.
La concentration juste renvoie à une technique de méditation particulière qui tend à mettre en application les quatre nobles vérités et l'octuple noble sentier au travers d'une connaissance rigoureuse des mécanismes percepto-sensitifs et cognitifs et qui vise à la sortie de l'enchaînement des causes et des effets.
source : geocities.com



Vous trouverez ci après :

- L'Octuple Sentier présenté par Ajahn Suriyo.

- Le noble oculpte sentier Présenté par Michel henri Dufour

- Versets sur le sentier





L'Octuple Sentier présenté par Ajahn Suriyo:

L'Octuple Sentier est parfois simplement appelé en pâli magga , ce qui signifie "sentier" ou "voie" et parfois cette voie est appelée "Voie du Milieu" parce qu'elle évite les deux extrêmes et même tous les extrêmes. Traditionnellement, on parle de deux extrêmes : d'un côté, s'adonner aux plaisirs des sens et, de l'autre, s'auto-mortifier , c'est-à-dire s'infliger des souf frances dans l'espoir que cela nous permettra d'atteindre la Vérité. La Voie du Milieu, elle, évite tous les extrêmes, toutes les fixations que nous pouvons avoir avec le monde de la dualité. Ceci inclut la dualité du bien et du mal, de l'homme et de la femme … Si nous observons bien les choses, nous constatons que nous vivons sans cesse à travers l'expérience des contraires - chaud et froid, petit et grand, jeune et vieux.
Nous parlons d'un sentier ou d'une voie, cela implique donc que nous allions quelque part et que nous ayons une idée de la direction que nous prenons. Pour bien comprendre l'enseignement de l'Octuple Sentier , nous devons nous rappeler dans quel contexte il apparaît - celui des Quatre Nobles Vérités. L'une des façons les plus simples d'envisager un enseignement spirituel, est de le comparer à quelqu'un qui est malade. Quand nous sommes malades, nous allons chercher de l'aide auprès d'un médecin et la première chose qu'il fera, sera de formuler un diagnostic en cherchant à connaître la nature de la maladie et sa cause ; ensuite, si le docteur est habile, il ou elle pourra également prescrire un médicament ; et puis, si le médicament prescrit est approprié, nous serons libérés de la maladie et recouvrirons une bonne santé.
Le Bouddha a dit que nous étions tous malades, nous souffrons tous d'une forme de maladie
mentale. Il s'agit là de la première des QuatreNobles Vérités. Elle consiste à admettre, à
reconnaître que nous souffrons d'un certain malaise ou d'une maladie mentale.
La seconde des Nobles Vérités correspond au diagnostic, c'est-à-dire la cause de la maladie.
Comme vous le savez certainement, dans cet enseignement, la cause est ce que l'on appelle tanhâ , mot pâli qui se traduit par "soif" ou "désir puissant". Donc le poison ou la toxine n'existe pas en dehors de nous mais à l'intérieur , dans notre propre coeur . S'il était facile de se libérer de ce poison, si ce n'était qu'une question de volonté, ce ne serait pas un problème, on déciderait de s'en débarrasser et on le ferait ; mais cette maladie est fortement enracinée au plus profond de nous ; c'est comme un mal qui envahirait le foie ou les reins. Et ce qui va nous permettre d'en guérir , c'est une ordonnance qui requiert beaucoup d'effort, de temps et de patience.
Mais le Bouddha a dit encore que si nous suivons ses instructions, nous pouvions nous libérer de cette maladie et même nous en libérer définitivement. La T r oisième Noble Vérité est donc la déclaration ou la reconnaissance et finalement la réalisation de cette liberté par rapport à notre maladie.
La Quatrième Noble Vérité est la voie progressive, la thérapie, pourrait-on dire, qui nous guérira.
L'Octuple Sentier est un autre terme pour décrire la Quatrième Noble Vérité. Le verbe que le Bouddha a utilisé pour l'Octuple Sentier est bhâvanâ qui signifie "développer" - on peut aussi dire "cultiver", mot qui s'applique à l'agriculture ou à la plantation d'un arbre par exemple. Si vous avez déjà essayé de planter et de faire pousser un arbre, vous savez que cela requiert beaucoup de soins. Il faut trouver la bonne dose de soleil, d'arrosage et d'engrais.

Il existe deux façons traditionnelles de décrire l'Octuple Sentier :

- La première est un enseignement en 3 points : dâna, sîla et bhâvanâ . Dâna signifie
"générosité" ; sîla signifie "intégrité morale", c'est-à-dire notre relation aux autres ; et Bhâvanâ est le développement de toutes les autres facettes et qualités du coeur .

- Le second enseignement s'intitule sîla, samâdhi et paññâ. sîla , comme nous l'avons dit,
concerne la relation aux autres. Samâdhi signifie littéralement "l'esprit centré sur un point unique", donc une certaine forme de concentration. Quant à paññâ , on le traduit généralement par "sagesse".

L'Octuple Sentier peut donc aussi être subdivisé en ces trois qualités de sîla, samâdhi et paññâ .
Les deux premiers facteurs du Sentier - la V ision Juste et l'Intention Juste - peuvent entrer dans la catégorie de paññâ , la sagesse. Les trois suivants - Parole Juste, Action Juste et Gagner sa Vie justement - entrent dans la catégorie de sîla , la qualité de relation aux autres. Quant aux trois derniers - Effort Juste, Attention Juste, Concentration Juste - ils entrent dans la catégorie de samâdhi , l'attention centrée.
Source : le refuge


Pour Michel Henri Dufour :

Après avoir exposé le problème existentiel et les causes de ce problème, le Bouddha, dans la
quatrième des « Vérités nobles », nous propose un chemin de pratique, Voie royale du juste milieu entre les extrêmes, permettant de se libérer de l’insatisfaction et de la souffrance.

On classe généralement les huit éléments constituant cette Voie en trois chapitres : Sagesse,
Éthique et Unification mentale. Bien que cette exposition, purement didactique, puisse sembler impliquer un ordre ou une progression, il n’en est rien.
À l’image de chaque brin contribuant à la solidité d’une corde, les différentes parties de la Voie s’interpénètrent à tous les niveaux et chacune contient toutes les autres et à la fois les génère et s’en nourrit.
Néanmoins, au départ, une certaine dose de sagesse (encore mondaine à ce niveau) est
nécessaire, sagesse consistant à savoir qu’il existe un chemin et des moyens pour accomplir ce
chemin. La « perfection » ou « rectitude » de ces moyens réside dans le fait qu’ils impliquent de vivre en accord avec la vertu, la méditation et la sagesse plutôt qu’en se fondant sur une position orientée sur soi, une vision égocentrique.

Dans les Textes classiques la Voie est ainsi présentée :
I. Sagesse

1. conception correcte
La vue, la compréhension non viciée. Elle implique une première appréhension des quatre
Vérités nobles et consiste, en un premier temps, à saisir l’insatisfaction, sa cause, son extinction et le chemin y conduisant, c’est-à-dire, en un mot, comprendre la nécessité de la pratique et sa nature.
2. pensée, résolution, intention correcte
L’intention correcte, les aspirations correctes, impliquent l’intention ou la résolution d’élever
l’esprit, de le libérer de l’attachement à la sensualité, de la malveillance envers autrui, de la violence envers autrui et soi-même. Elle se nourrit d’une pensée libre de convoitise, de mauvais vouloir et de cruauté.

II. Conduite droite, éthique

3. parole correcte
Elle concerne le contrôle de la parole sous tous ses aspects, en particulier s’abstenir de
mensonges, de racontars, de paroles dures et de paroles vaines. Elle incite à constamment observer l’intention avant de parler, à juger de la nécessité de parler et du moment opportun pour le faire, et à poser des paroles de concorde plutôt que de discorde.
4. action correcte
La conduite correcte implique, pour tout bouddhiste laïc, l’observance des préceptes de base
d’une façon globale : s’abstenir de toute action susceptible de générer la souffrance en soi et
autrui et d’excès en toutes choses.
5. moyen d’existence correct
Le mode de vie correct implique l’abstention de moyens néfastes, non éthiques, de gagner sa vie et la mise en oeuvre de moyens justes et honorables, ne lésant aucun être vivant. Les bouddhistes prenant à coeur leur pratique sont invités à ne pas exercer les activités suivantes : vendre des êtres vivants, des poisons, de la drogue, de l’alcool ou des armes.
6. effort correct
Cette pratique implique : l’effort d’éviter et l’effort de surmonter les
états néfastes et malsains, l’effort de développer et l’effort de maintenir les états bénéfiques et sains,

III. Unification mentale

7. vigilance correcte

Elle recouvre l’attention correcte, la présence totale. Sati implique une vigilance de tous les
instants en ce qui concerne les phénomènes intérieurs et extérieurs, physiques et mentaux et leur analyse. Elle inclut les quatre attentions fondamentales (satipa¥ ¥ hæ na), l’un des fondements de la pratique méditative dans la Voie bouddhique : attention au corps, aux sensations, à l’esprit, aux phénomènes.
8. harmonie mentale correcte
Elle est unification de l’esprit correcte, équilibre mental correct. Elle constitue la manière
correcte d’utiliser la méditation et ses résultats, uniquement pour le développement et et la libération personnelle et éventuellement comme base des quatre « absorptions »

source : vivekarama (Vade mécum bouddhique)




VERSETS SUR LE SENTIER

273 - Des sentiers, l'octuple est le meilleur
Des vérités les Quatre Déclarations sont les meilleures.
L'état sans passions est le meilleur des états
Des êtres à deux pieds, le voyant est le meilleur.

274 - Ceci est la seule Voie, il n’y en a pas d'autre pour la pureté de la vision, entrez dans ce sentier, c'est la déroute de Mâra.

275 - Entrant dans cette Voie, vous mettrez fin à la douleur.
L'ayant appris, je vous ai enseigné le sentier de l'enlèvement des épines.

276 - Vous, vous-mêmes, devez faire un effort, les Tathagata sont seulement des instructeurs, les méditatifs qui entrent dans la voie sont délivrés des liens de Mâra.

277 - « Impermanentes sont toutes choses conditionnées ».
Quand on discerne ceci avec sagesse, on est dégoûté de l'insatisfaisant.
Ceci est le sentier de la Pureté.

278 - « Insatisfaisantes sont toutes choses conditionnées ».
Quand on discerne ceci avec sagesse, on est dégoûté de l'insatisfaisant.
Ceci est le sentier de la Pureté.

279 - « Sans essence sont toutes choses » quand on discerne ceci avec sagesse, on est dégoûté de l'insatisfaisant. Ceci est le sentier de la Pureté .

280 - Le nonchalant qui ne lutte pas quand il doit lutter, qui, bien qu'il soit jeune et fort, est indolent, dont l'intention d'aspiration est affaiblie, qui est paresseux, ne réalisera pas la Voie par la Connaissance transcendante.

281 - Gardé en paroles, bien contrôlé en mental, qu'il ne fasse rien de non méritoire par le corps, qu'il purifie ces trois modes d'action et conquière le sentier réalisé par les Sages (isi).

282 - Vraiment! de la méditation naît la sagesse, sans méditation la sagesse s'évanouit.
Connaissant ce double sentier de perte et de gain, que l'on se conduise de façon à ce que la Sagesse puisse croître.

283 - Coupez la forêt (des passions) mais non les arbres réels.
Car de la forêt (des passions) naît la peur.
Coupant la forêt et les taillis, soyez « nibbânés », ô Bhikkhous

284 - Car aussi longtemps que le taillis (des passions) d'un homme envers les femmes, n'est pas coupé, restât-il un brin, aussi longtemps son mental est dans les liens, comme le veau qui tète encore est lié à sa mère.

285 - Coupez votre affection, comme avec la main un lilas d'automne.
Cultivez ce véritable sentier de Paix. Nibbana a été exposé par le bien allé.

286 - Je veux demeurer ici à la saison des pluies, là en automne et en été, ainsi le fou rêve, il ne réalise pas le danger (de mort)

287 - L'homme possédé par le désir ardent, dont le mental est fixé sur les enfants
et les troupeaux, la mort le saisit et l'emporte comme un grand flot le village endormi.

288 - Là, aucun fils comme protection, ni père ni même des parents.
Pour celui qui est vaincu par la mort, là, pas de protection des parents.

289 - Comprenant ce fait, que l'homme sage, moralement contrôlé, dégage rapidement la vole qui mène à Nibbana.


  • LIRE aussi : le sutta sur la Vérité (Sacca Vibhanga Sutta): la vérite de la voie menant à la cessation de la souffrance à savoir: le noble oculte sentier : ICI



1 commentaire:

Anonyme a dit…

BRAVO ! Ceci est une riche explication et je suis très heureuse de l'avoir reçue ainsi. Merci beaucoup. Je vais l'étudier, la pratiquer et la méditer ! Et... la transmettre du mieux que je peux, c'est à dire avec tout mon coeur en avant !
Yasmine S.