dimanche 22 juillet 2007

Saddhá, la foi.



« Notre vraie demeure se trouve ici et maintenant. Vivre dans l'instant présent est un miracle. La paix est autour de nous - dans le monde, dans la nature - et en nous - dans notre corps, notre esprit. Dès que l'on touche cette paix, guérison et transformation se réalisent en nous. Ce n'est pas une question de foi mais une question de pratique. » Thich Nhat Hanh



Saddhà, c'est la foi. C'est la confiance dans les enseignements de Bouddha.

Au début de la pratique, la foi peut exister, mais c'est une foi fondée sur l'enseignement théorique, donc c'est une foi, une confiance superficielle. Je dirais même, une foi "mondaine".

Personnellement, c'est en pratiquant que ma confiance est devenue profonde.
Et puisque le
dhamma se comprend essentiellement par la pratique, pour la foi ou la confiance c'est pareil: La Foi se renforce grâce à la pratique. Sans pratique, pas de foi réelle.



Lorsque l'on prend refuge on a Foi dans le Bouddha, le dhamma et le sangha

Rappel
: "Prise des Trois Refuges"

Namo Tassa Bhagavato Arahato Sammâ Sambuddhassa

Hommage â lui, l'Arahat, le Bienheureux, le parfaitement et pleinement éveillé (trois fois)


Buddham saranam gacchâmi
Dhammam saranam gacchâmi
Sangham saranam gacchâmi

Je vais vers le Bouddha comme vers un refuge
Je vais vers le Dhamma comme vers un refuge
Je vais vers la Sangha comme vers un refuge


Dutiyam pi Buddham saranam gacchâmi
Dutiyam pi Dhammam saranam gacchâmi
Dutiyam pi Sangham saranam gacchâmi

Pour la seconde fois,
Je vais vers le Bouddha comme vers un refuge
Je vais vers le Dhamma comme vers un refuge
Je vais vers la Sangha comme vers un refuge


Tatiyam pi Buddham saranam gacchâmi
Tatiyam pi Dhammam saranam gacchâmi
Tatiyam pi Sangham saranam gacchâmi

Pour ta troisième fois.
Je vais vers le Bouddha comme vers un refuge
Je vais vers le Dhamma comme vers un refuge
Je vais vers la Sangha comme vers un refuge


Plan de ce message :

Ci après vous trouverez :

1-Saddha dans le Bouddhisme en général:

2- Saddha et vipassana

3-
La Foi bouddhiste (Mise à jour du 23/11/07)



Saddhà dans le bouddhisme en général



Pas de foi aveugle

Presque toutes les religions sont basées sur la foi - une foi plutôt "aveugle", semble-t-il.
Mais dans le bouddhisme, l'accent est mis sur "voir", savoir, comprendre, et non pas sur foi ou croyance.
Dans les textes bouddhiques on rencontre un mot saddhâ (Skt. sraddhâ) qui est généralement traduit par "foi" ou "croyance".
Mais saddhâ, à vrai dire, n'est pas la foi comme telle, mais plutôt une sorte de "confiance" née de la conviction. Dans le bouddhisme populaire et aussi dans l'usage ordinaire qui en est fait dans les textes, le mot saddhâ contient, on doit l'admettre, un élément de foi dans le sens où il signifie dévotion pour le Bouddha, le Dhamma (l'Enseignement) et le Sangha (l'Ordre).

Selon Asanga, le grand philosophe bouddhiste du IVe siècle après J.-C., saddhâ comporte trois aspects :
1. conviction entière et ferme qu'une chose est,
2. joie sereine pour les bonnes qualités,
3. aspiration ou souhait d'avoir la capacité d'accomplir un objet en vue .

....Quoiqu'il en soit, la foi ou la croyance, telle qu'elle est comprise par les religions en général, n'a que peu de place dans le bouddhisme.....

source :
Walpola Rahula : L'enseignement du Bouddha, d'après les textes les plus anciens.



Prendre refuge

(....) Prendre refuge dans l’Eveillé (le Bouddha), l’enseignement (le Dhamma) et la communauté des disciples éveillés (la Sangha) contient une signification profonde. Un refuge est un abri, un endroit sûr. Il yen a très peu dans ce monde. Dans le monde profane il est en fait impossible de trouver où que ce soit, un abri tout à fait certain. Les habitats protecteurs brûlent, sont détruits, disparaissent. Le "Bouddha-Dhamma-Sangha" ne constitue pas un abri physique mais un abri spirituel, c’est pourquoi il peut et doit nous donner la sensation d’avoir enfin trouvé un havre, un havre où la tempête s’est calmée. Dans l’océan, la tempête, les vents et les vagues rendent la navigation très difficile. Mais lorsqu’ enfin le navire arrive au port, l’eau est calme. Dans l’abri du port toutes les vagues et les tempêtes sont apaisées. Le navigateur peut jeter l’ancre. Voilà ce que signifie prendre refuge dans le Bouddha-Dhamma-Sangha. Celui qui n’en comprendrait pas cette signification prendrait refuge en vain"
source « Etre une île » par Ayya Khema paru aux Editions Dharma en 1997.



Confiance dans l'enseignement du Bouddha; le dhamma

(...) Si on peut parler de "foi" dans le bouddhisme, c'est plutôt dans le sens d'une confiance dans l'enseignement du Bouddha et le témoignage de ses successeurs, qui assurent que chacun est capable d'échapper à la souffrance et d'expérimenter l'Eveil. Mais le Bouddha est un exemple à suivre : on ne le "prie" pas pour qu'il nous viennne en aide.
Des cérémonies ont lieu en son honneur : il s'agit de le commémorer, comme on honore un "grand homme". Les rituels (offrande d'encens, de bougies, de nourriture) ne sont pas destinées à s'attirer ses faveurs mais sont des marques de respect, une façon détournée d'offrir des offrandes aux moines ou une mise en pratique de son enseignement (le don est une manière de pratiquer le détachement).
Le rituel est aussi une pratique de méditation, qui facilite la concentration et détourne l'esprit des préoccupations quotidiennes. Les temples et les statues de Bouddha jouent aussi ce rôle : ils représentent, de manière symbolique, différents points de son enseignement, aident à les avoir toujours présents à l'esprit et contribuent à soutenir la motivation.Pour le Vénérable Narada Mahathera:
source : UBE


Pas de foi aveugle

Le Bouddhisme n'est pas non plus une religion dans le sens qu'on donne généralement à ce terme, car il n'est pas "un système de foi et d'adoration fondé sur l'allégeance à un être surnaturel".
Le Bouddhisme n'exige pas une foi aveugle de la part de ses adeptes. Ici, la croyance pure et simple est remplacée par la confiance saddha qui est basée sur la connaissance. La confiance qu'un fidèle place en Bouddha est comme celle d'un malade en son médecin ou celle d'un étudiant en son maître.
Bien qu'il cherche refuge dans le Bouddha comme Maître et guide, un bouddhiste est conscient qu'il doit travailler lui-même à sa libération. Il n'est pas dans le pouvoir d'un Bouddha de débarrasser les autres de leurs impuretés; de même, il n'est dans le pouvoir de personne de purifier ou de souiller une autre personne. Un bouddhiste ne fait ni de soumission servile ni ne sacrifie sa liberté de pensée, mais peut exercer librement sa volonté et développer sa sagesse jusqu'à devenir à son tour un Bouddha
Le point de départ du Bouddhisme est le raisonnement ou la Compréhension Juste samma ditthi.
A ceux qui cherchaient la vérité, le Bouddha disait :
-Ne vous fiez point à des ouï-dire (en pensant : nous avons entendu dire ainsi depuis longtemps).
-Ne vous fiez point à la tradition (en pensant : ceci nous a été légué depuis des générations).
-Ne vous fiez point aux bruits et rapports (en croyant ce que les autres disent est vrai).
-Ne vous fiez point à l'autorité des textes religieux.
-Ne vous fiez point aux suppositions.
-Ne vous fiez point aux déductions.
-Ne vous fiez point à la simple logique .
-Ne vous fiez point aux idées préconçues.
-Ne vous fiez point aux vraisemblances (en pensant : l'interlocuteur semble noble, donc nous devons le croire).
-Ne vous fiez point à ce que dit l'ascète (en pensant : nous le respectons, donc il est sage d'accepter ses paroles).
-"Mais quand vous avez vu par vous-même : ces choses sont immorales, ces choses sont mauvaises, ces choses sont blâmées par les sages, ces choses, quand elles sont exécutées et entreprises, conduisent à la ruine et à la souffrance, c'est alors que vous les repoussez".
-"Quand vous avez vu par vous-même: ces choses sont morales, ces choses ne sont pas blâmables, ces choses sont louées par les sages, ces choses, quand elles sont exécutées et entreprises, conduisent au bien-être et au bonheur, c'est alors que vous les pratiquez".

Ces paroles du Bouddha conservent encore leur force et leur fraîcheur premières.
La foi aveugle étant absente dans le Bouddhisme, un Bouddhiste n'adore pas l'image du Bouddha, il ne le "prie" pas non plus pour en obtenir des faveurs matérielles ou spirituelles. Les offrandes de fleurs et d'encens sont des gestes symboliques de respect et de gratitude.
En rendant hommage à l'image du Bouddha, le but d'un fidèle est de s'inspirer des vertus du Bouddha de stimuler dans son esprit le désir de cultiver de telles qualités en lui-même. L'image du Bouddha ainsi que l'arbre bodhi (qui est également le symbole de L'Eveil) aident seulement à fixer l'attention mais ne sont absolument pas indispensables à une personne intellectuelle qui pourrait facilement concentrer son attention et "visualiser" le Bouddha.
Le Bouddha attendait de ses disciples moins des marques de respect que l'observance concrète de son Enseignement. Il disait: "celui qui pratique le mieux mon Enseignement m'honore le mieux. Qui voit le dhamma me voit".
Le comte Kaiserling remarque : "Je ne vois rien de plus noble en ce monde que l'image du Bouddha. Elle est la personnification parfaite de la spiritualité dans le domaine visible".
Les prières sous forme de supplications ou d'intercessions n'existent pas dans le Bouddhisme. Même si nous adressons des prières au Bouddha, nous n'en recevrons pas des faveurs ni ne serons sauvés pour autant. Au lieu des prières, il y a la méditation qui fortifie le coeur et l'esprit, conduit au contrôle de soi, à la purification et à l'Eveil. Méditer ne signifie pas avoir l'esprit vide ou rêver, méditer c'est faire des efforts constants et réels. Selon le Bouddhisme, les prières sont inutiles et donne une mentalité servile. Un bouddhiste n'adresse pas de prières pour être sauvé, il compte sur lui-même pour parvenir à sa libération.
"Les prières prennent le caractère d'arrangements privés avec Dieu, de marchandages intéressés dont le but est la possession des biens terrestres, et qui exaltent le sens du "soi". La méditation en revanche, est la réforme de soi-même". (Sri RadhaKrishna).
Dans le Bouddhisme, il n'y a pas comme dans la plupart des autres religions, un Dieu Tout-Puissant qu'on doit craindre et servir. Le Bouddhisme nie l'existence d'un potentat cosmique omniscient et omniprésent, ainsi que celle de messagers porteurs de révélations divines. Un bouddhiste n'est pas l'esclave d'un quelconque pouvoir surnaturel qui, régissant sa destinée, le récompense ou le punit arbitrairement.
Cependant, on ne doit pas en déduire que le Bouddhisme dénigre les autres religions. Il ne prétend pas non plus qu'il détient le monopole de la Vérité. Le Bouddhisme fait surtout ressortir la dignité de l'homme et enseigne que la Libération de chaque individu est son œuvre personnelle, le but suprême que chacun peut atteindre par son propre effort.
Le Bouddhisme n'est donc pas exactement une religion, n'étant ni un système de croyance et d'adoration, ni les "rites et cérémonies par lesquels les hommes montrent qu'ils reconnaissent l'existence d'un Dieu ou de dieux maîtres de la destinée du genre humain, et à qui obéissance, hommages et honneurs sont dus".
Si, par religion on entend "un enseignement dont la vision de la vie est mieux que superficielle, un enseignement qui embrasse toute la vie et ne se contente pas seulement de l'observer, un enseignement qui donne à l'homme une règle de conduite en accord avec cette vision, un enseignement qui permet à ses adeptes de faire face à la vie avec courage et à la mort avec sérénité" (Bhikkhu Silacara) ou un système qui permet de se débarrasser des maux de la vie, alors le Bouddhisme est certainement la religion des religions.
Source= metta-kh.com



Le Theravada ou École du Sud - par Pierre Massein : Extrait :


(...) Comment parler de foi, alors que le Buddha a expressément rejeté la notion hindoue de révélation -la Sruti - et que lui-même ne s'est jamais considéré comme le bénéficiaire d'une révélation qu'il aurait reçue? Et pourtant, le Buddha joue un rôle de "révélateur" envers ses disciples qu'il tire de l'ignorance - l'avidya, état d'obscurité et d'illusion qui rend l'homme prisonnier de la souffrance - en leur dévoilant le sens de la vie. Seule la réalité absolue, permanente et non composée, peut combler l'aspiration au bonheur du cœur humain et par conséquent seul le fait de rejoindre l'absolu, de coïncider pour ainsi dire avec lui, peut sauver l'homme, c'est-à-dire le délivrer de toute souffrance. La révélation qu'il apporte est celle de la voie qui mène à la délivrance totale et définitive: le "Noble Octuple Chemin" qu'il avait découvert lors de son Éveil, et "qui conduit à la paix, à la sagesse, à l'Éveil et au nirvana ".

La foi - Sraddha (en pali: saddha) signifie donc la confiance avec laquelle le bouddhiste s'en remet au Buddha et à son enseignement (dharma), en raison de l'autorité qui lui vient de son Éveil (bodhi). La première qualité du disciple sera donc la docilité. Mais celui-ci est invité à vérifier par son expérience personnelle ce qui lui est enseigné; et progressivement la connaissance directe que procure l'expérience spirituelle remplacera la connaissance indirecte que donne la foi, qui fait encore confiance à un témoignage, à la connaissance directe d'un autre. Un texte du bouddhisme ancien éclaire bien ce processus:

"Celui, ô moines, qui a foi et confiance en cette doctrine de l'impermanence s'appelle un marcheur dans la foi... Celui, ô moines, chez qui, par sa pénétration, cette doctrine est modérément approuvée, s'appelle un marcheur dans la foi. Celui qui connaît vraiment, qui voit ces doctrines, est appelé "un homme qui a passé le fleuve" : il est destiné à l'illumination".
source: vipassana


Foi et compassion dans le bouddhisme, Par Jean-François Gantois

Dans le bouddhisme, la foi n’est ni un don de Dieu, il n’en connaît point, ni une révélation. Les textes parlent de confiance sereine et de science intérieure. Une confiance fondée sur une expérience spirituelle réussie, une confiance en les enseignements et en le Bouddha, qui sont indifférenciés : le Dharma (les enseignements) est le Bouddha, le Bouddha est le Dharma. Et cette confiance est sans cesse confortée par la validité de l’expérience. Et cette science intérieure qui est connaissance vécue permet, ultimement, d’éviter toute erreur et d’aller à la certitude.

Le bouddhisme n’exige aucune croyance inconditionnelle, aucune dévotion absolue, c’est pourquoi le Noble Sentier octuple ne débute pas par la foi mais par la vue correcte, qui n’est pas une simple compréhension théorique mais plutôt une constatation, une habileté à voir les choses telles quelles sont.

La foi n’a donc rien dune croyance ni d’une adhésion à un système de croyances.

Le Bouddha a dit : Ne vous laissez pas guider par les discours, les traditions, ou louï-dire ; ne vous laissez pas guider par lautorité des textes religieux, eux-mêmes objets de manipulations ; ne vous laissez pas guider par la seule logique ou dialectique, ni par la considération des apparences, ni par le plaisir de philosopher, ni par la vraisemblance ni par lautorité des maîtres et des supérieurs. Apprenez par vous-mêmes à reconnaître ce qui est mauvais, faux et méchant et, l’ayant observé et approfondi, ayant compris quil génère négativité et souffrance, abandonnez-le. Apprenez par vous-mêmes à reconnaître ce qui est utile, méritoire bon et, l’ayant observé et approfondi, ayant compris quil génère bénéfice et félicité, acceptez-le et suivez-le.

Source : buddhaline



Saddha et vipassanà 

La foi ou confiance c’est croire au Bouddha, au dhamma, à la sangha, au kamma et aux effets du kamma. Le fait de prendre refuge dans le Bouddha rend notre esprit clair et lucide. Nous prenons refuge dans le Bouddha qui possède la réalisation du stade le plus élevé du chemin, le stade final. Cet état élimine toutes les impuretés comme lobha, l'avidité, dosa, la colère et moha, l'ignorance. Le Bouddha possède également l'omniscience, la connaissance infinie, la connaissance de tout ce qui doit être connu. Et sa connaissance du monde, de tous les phénomènes, il l'a acquise par sa propre sagesse intuitive. Cette croyance, cette foi, c'est saddha. Cette croyance rend l’esprit clair et lucide.

Croire en la Sangha et prendre refuge en elle fait aussi naître la clarté d'esprit. La Sangha dans laquelle vous prenez refuge est l'héritière de la noble Sangha du Bouddha. Vous croyez en ses qualités positives, dans le fait que les moines pratiquent la vertu et que leur but est nibbana. En prenant refuge dans la sangha, votre esprit se calme car quand on a confiance, on se sent calme.

Vous croyez également au kamma, et en faisant des kusalas kamma, des actes positifs, votre esprit va se calmer. Les kusalas kamma, ne peuvent être ni vus, ni touchés mais ils vous accompagneront toujours. Ils contiennent en eux-mêmes la potentialité de produire leurs effets jusqu'au moment où vous atteindrez Nibbana. Cette conviction, cette certitude, c'est saddha. Les kusalas kamma sont des phénomènes mentaux, ce ne sont pas des objets matériels qui peuvent être vus, touchés, manipulés, détruits par une inondation, par un incendie, par une guerre ou par des voleurs.

Par contre cetana, l'intention qui est présente dans l'esprit de la personne au moment où elle agit, est quelque chose qui reste en sa possession, dans son santana, la continuité de conscience. Ce kamma n'est pas un phénomène matériel, c'est un phénomène mental. Bien qu’ils ne puissent être ni vus ni touchés, ces kusalas kamma sont votre possession. Cette croyance, c'est saddha. Vous êtes convaincu que ces kusalas kamma que vous avez produits resteront en votre possession tant qu'ils n'auront pas porté leurs fruits et cela jusqu'au moment où vous atteindrez Nibbana. Par conséquent l’esprit est calme lorsque vous faites des actions positives et aussi parce que vous avez la foi
L’esprit devient paisible et se clarifie. Les bénéfices des kusalas kamma sont innombrables. Vous les récolterez un jour, dans cette existence ou dans une existence future.

Saddha est le fondement pour vipassana. Si elle est forte, viriya, l’effort, le sera également. Vous pratiquez pour fermer définitivement les portes des mondes de souffrance et ouvrir celles de nibbana.

Lorsque votre attention aura atteint un niveau parfait et que vous pourrez noter sans interruption tous les mouvements comme par exemple : soulèvement, abaissement, assis, toucher, lever, avancer, pencher, étirer, prendre…, les portes des mondes de souffrance se fermeront, vous réaliserez nibbana, et deviendrez un sotapanna. La foi dans le dhamma est de toute première importance car viriya, l'effort pourra se renforcer. Soutenu par cette foi, vous pourrez méditer énergiquement et sans interruption.

Si vous méditez superficiellement, votre effort sera faible et insuffisant. Vous devez pratiquer avec la conviction qu'il est possible de fermer les portes des mondes inférieurs et que nibbana peut être expérimenté. Ainsi, vous serez capable d'un effort puissant et de noter de façon ininterrompue, sans vous reposer. Plus vous ferez d'efforts pour ne pas interrompre votre pratique, pour ne pas prendre de repos, plus l'attention, sati, se développera et mieux vous pourrez observer les différentes sensations qui se manifestent.

Lorsque l'attention se renforce, samadhi, la concentration s'approfondit et la sagesse, pañña, se manifeste. La sagesse ou vision pénétrante ne surgit que quand l’esprit est concentré. Lorsqu'on pratique la méditation, il faut d’abord développer la concentration. Quand celle-ci est solidement installée, la sagesse se manifeste automatiquement. Quand saddha est forte, viriya l’est également. Quand viriya est développée, sati se développe également. Quand sati est puissante, samadhi se renforce. Quand samadhi est profond, pañña apparaît.
Source : vipassanasangha
Pour écouter ce texte au format MP3 : ICI





La Foi dans le Bouddhisme:


Le Bienheureux est : Le Libéré, Le pleinement Éclairé, Le Parfait en connaissance et conduite, Le Sublime, Le Connaisseur du monde, L’incomparable Guide des égarés, L’Éducateur des dieux et des humains, L’Éveillé Et le Béni. Hommage aux éveillés du passé, présent et futur ! Pour moi, il n’y a pas d’autre refuge.

Il ne s’agit pas ici d’un exposé sur la religion bouddhiste... Juste un essai pour approcher, maladroitement sans doute, ce qui fonde la démarche du disciple du Bouddha...

Qu’est ce que la foi ?

Quand on parle de foi grand nombre de personnes s’empresse d’en rejeter simplement l’idée. Ils la rejettent pour plusieurs raisons :

  • Ils la confondent avec le corpus de la religion et de tous ses fastes, avec une crédulité naïve et magique, avec la subordination à un certain nombre de dogmes..

En fait ces bonnes raisons de ne pas croire cachent souvent...

  • La peur de se perdre et de s’engager... nos contemporains manquent de confiance dans les autres. L’individualisme et la méfiance permanente sont leur lot quotidien.

La foi est le coeur de tout homme adulte qui s’engage dans sa relation à l’autre en faisant confiance, qui a foi dans la possibilité d’améliorer les choses, et ne désespère pas de l’homme...

La vie de l’homme ordinaire est tout entière emplie de croyances, des croyances de toute sortes, et qui vont de la plus banale à la plus élaborée... On est croyant quand on fait son ménage ou sa lessive, la manière que nous avons de faire est une sorte de croyance subtile, on croit quand on fait ses courses, ... on croit à la médecine, à la science, etc..

il est impossible à l’homme de vivre sans croire puisque croire en la vie est l’essentiel de la vie...

Il arrive que la croyance s’approche de la foi quand nous croyons notre ami, notre conjoint ; quand nous avons (comme on dit) foi dans l’avenir...

Et pourtant la foi n’est pas tout à fait la croyance, tous les hommes croient à quelque chose... tous ne sont pas capables de foi. La foi suppose vraiment une certaine maturité de l’être et l’absence de peur... la foi c’est se jeter dans l’incertain , la foi vérifiée c’est le bonheur de la certitude de l’incertain.


Foi chrétienne et Foi bouddhiste :

Ressemblances

Le chrétien dit croire en Jésus, mais quand il a dit cela il n’a rien dit. Ce que Jésus a dit, bien d’autres l’ont dit avant et après lui... ce que Jésus a dit, dans son ensemble, n’est pas très original sinon qu’il se situe en opposition à certaines lois judaïques de justice et de vengeance... la personne de Jésus en elle même ne revêt pas une importance capitale. C’est pourquoi il est assez vain de faire des recherches historiques à ce sujet...

Ce qui fonde la foi chrétienne c’est un évènement. Cet évènement est la Résurrection du Christ..

Le chrétien a foi que le Christ est ressuscité des morts « Par la mort il a vaincu la mort »... La foi chrétienne c’est la lumière du feu pascal, le tombeau vide... « Il est ressuscité celui que vous avez crucifié » Jésus n’a d’intérêt que parce qu’il est Christ Ressuscité... « Il est Christ et Seigneur »

La foi bouddhiste elle aussi se fonde sur un évènement : c’est l’Eveil du Bouddha... Le bouddhiste a foi dans l’éveil du Bouddha... et c’est cela qui déterminera toute sa démarche.

Qu’il s’agisse du Christ-Jésus ou du Bouddha Shakyamuni c’est un évènement qui fonde la valeur de leur enseignement... .

Si le Christ n’est pas ressuscité des morts vaine est notre foi, dit l’apôtre Paul.

Si le Bouddha n’est pas Eveillé, ni les Quatre Nobles Vérités, ni l’Octuple Sentier n’ont de signification, sinon celle d’une vague hygiène de vie, et encore, nul n’est besoin de se torturer à comprendre dukkha...

Ce n’est vraiment plus la peine d’aller s’asseoir sur un coussin car sitôt passés les moments de bien être, les problèmes quotidiens surgiront et la méditation ne sera plus qu’une fuite... Il n’y aura plus guère de différence entre une autruche et un « méditant » .

Dans le bouddhisme comme dans le christianisme, il y a, à la base, un évènement fondateur dans lequel les disciples mettent leur foi..

Cela est aussi vrai de l’Islam et du Judaisme... Pour l’Islam il y a la nuit de la révélation du prophète Mahomet, dans le judaïsme l’appel d’Abraham et le buisson ardent de Moise avec la révélation du nom de Dieu : « je suis qui je serai »

Différences

La différence essentielle vient du fait que les chrétiens ne croient pas seulement que le Christ-Jésus soit ressuscité des morts mais qu’il est fils de Dieu et Dieu lui même, l’un de la Trinité :

« Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne dieu » (Athanase) « l’Un de la Trinité s’est rendu visible » (Jean Damascène)

Un Dieu qui pardonne et qui sauve, qui prend sur lui le pêché du monde. L’homme n’a qu’une vie et seule la grâce de Dieu peut le sauver du néant...

Le Bouddha n’est ni dieu, ni fils de dieu... Il est homme...

Mais comment un homme peut-il atteindre l’éveil complet et incommensurable ?

Ce sont les mérites et les connaissances accumulés au cours de ses innombrables vies qui ont fait du Seigneur Shakyamuni un Bouddha... Le kamma rend l’homme libre et responsable de lui même, capable d’atteindre l’éveil.. ; grâce au kamma l’homme peut atteindre la connaissance qui libère du néant..

Le Bouddhisme n’est pas une religion nihiliste mais une religion d’Eveil.

Les enseignements du Bouddha s’appuient sur la croyance en l’existence de la renaissance et du kamma... Le but essentiel du bouddhisme est la fin du cycle des morts et des renaissances... Nous ne nous attarderons pas ici sur un processus dont les bouddhistes du Théravada, en général, parlent peu. Qu’il suffise de dire que ce n’est pas l’âme qui renait mais la conséquence des actes ; nous admettons volontiers que certains actes que nous posons ont des conséquences plus ou moins prolongées dans le temps, le bouddhiste considère que cela dure au delà de la mort

La cessation...

Nibbana est la cessation de la souffrance de la naissance et de la mort...

Nibbana, ce n’est pas quelque chose et pourtant ce n’est pas rien.

Ce n’est pas le néant car le néant est quelque chose, une sorte de trou noir que nous ne cessons d’imaginer... Le Néant s’oppose au soi, il est son anéantissement. S’il n’y a pas de soi, il n’y a pas de néant non plus...

La démarche antinomique du Bouddha Shakyamuni...

Certains parlent d’un bouddhisme sans croyance ou de l’agnosticisme. C’est là une manière assez contraire aux enseignements du Bouddha lui même... Dans le bouddhisme il n’y a pas d’agnosticisme mais il n’y a pas de gnose non plus. On pourrait dire que le bouddhisme est antinomique.

La démarche du Bouddha n’est ni mystique ni métaphysique... Le Bouddha ne se lance pas dans de grandes explications sur l’origine du monde mais sur son fonctionnement et plus particulièrement sur l’origine des morts et des renaissances En ce qui concerne la libération du cycle des morts et des renaissances le langage du Bouddha est « cataphatique » c’est à dire positif... c’est ce qu’attestent les suttas...

Mais dès qu’il s’agit de définir l’aspect « existentiel », le langage du Bouddha devient à la fois apophatique et antinomique...

L’apophatisme et l’antinomie, ce n’est pas tout à fait la même chose... L’apophatisme définit ce qui est par ce qu’il n’est pas : c’est la démarche « négative » ... Ainsi nibbanna est absence de sensation ...

L’antinomisme n’est ni négatif ni positif... l’antinomisme ne cesse de nommer les choses et leur contraire... nous en avons un exemple dans le Brahmajala sutta ou dans les propos sur le soi... le Bouddha ne dit pas que le soi n’existe pas, il ne dit pas non plus que le soi existe...

Il ne faut pas confondre avec un non dualisme... car pour le Bouddha il y a une voie de libération et la matière ne cesse pas d’exister. Ce qui change ce sont les sensations et l’appréciation que nous en avons. Le nibbana n’est pas l’équivalent du samsara...

Le Bouddha adopte une démarche antinomique quand il parle de ce qui ne peut se connaitre expérimentalement et qui est sans concept... par cette démarche le Bouddha nous invite à interrompre le flot des folles pensées.

Former notre esprit

Former notre esprit à ce genre de démarche c’est déjà entrer dans une autre forme de pensée... Dans la démarche antinomique la pensée lâche prise, en quittant la logique elle s’approche de la sagesse.

Dans la démarche antinomique ce qui ne peut être perçu par la conceptualisation devient expérimental... la pensée antinomique évite le nihilisme, elle fait entrer dans une perception subtile de ce qui est, sans pour autant pouvoir le nommer... Elle libère l’esprit pour la certitude et la connaissance...


Le doute et la foi

La foi et le doute sont intimement liés. Il n’y a de foi que pour celui qui doute et de doute que pour celui qui croit...

Libéré du doute l’esprit accède à la certitude de la libération...

« L’aspect fonction de la sagesse est la non-confusion. Lorsque la sagesse est présente, l’esprit n’est plus confondu par des concepts erronés ni par une perception trompeuse de l’esprit et de la matière. Comme il voit clairement, sans être ni confus ni obscurci, l’esprit commence à accumuler une nouvelle sorte de confiance que l’on appelle la foi vérifiée ; ce type de confiance n’est ni aveugle ni fantaisiste, elle procède directement de l’expérience personnelle de la réalité ; c’est croire que les gouttes de pluie mouillent. Les écritures qualifient cette foi de « décision prise à partir d’une expérience personnelle. » On voit donc ici le lien très serré entre la foi et la sagesse. »La foi vérifiée ne se base pas dans une compréhension intellectuelle que vous auriez de certaines affirmations. Ni l’étude comparative, ni la recherche scolastique, ni le raisonnement abstrait ne peuvent la faire surgir. Ce n’est pas non plus quelque chose qu’un sayadaw, un roshi, un rimpoché ou un quelconque groupe spirituel vous aurait forcé à avaler. C’est votre expérience personnelle intuitive, directe qui amène ce type de foi ferme et durable


L’éveil de la foi est donc presque miraculeux.

« Il nous donne l’occasion de faire l’expérience d’un état de plénitude, d’acceptation. Il nous offre cette forme d’épanouissement. La plupart des religions reconnaissent et évoquent l’esprit du Divin, le Sublime, le Brahma, l’Atman ou le Dieu Tout-puissant mais l’esprit pensant peut se dire : « Mais comment puis-je l’atteindre ? ». C’est un mouvement de foi. Dans ce but, un rappel stimule la foi et l’énergie et, quand nous éprouvons la stabilité de leur force, nous reconnaissons que la simple aspiration d’être avec le Dhamma est le Dhamma. Elle est déjà cela. Si nous observons ce qui nous a amenés ici, nous pouvons nous demander : qu’est-ce qui nous fait souhaiter nous réunir pour une puja ou nous engager dans la pratique de la méditation ou prendre des voeux de moine ou de nonne ? Qu’est-ce que c’est ? Nous pourrions nous dire : « J’ai envie de le faire » ou « Je ne me sens pas capable de le faire ». Ces attitudes et ces pensées sont l’interprétation de l’esprit qui part du principe qu’un « moi » régit notre vie. Mais il ne s’agit là que d’un point de vue dû à l’habitude. Nous ne sommes pas obligés de fonctionner toujours à partir de là car ce point de vue ne va pas nous mener bien loin ; il n’est qu’une création psychologique. Qui est né ? Qui meurt ? Qui peut s’Eveiller ? Oui, demandez-vous ce qui vous pousse à l’Eveil. Cette impulsion est, en elle-même, un aspect de l’Eveil ; elle est un aspect essentiel du Dhamma ; c’est comme le potentiel d’Eveil qui cherche à se manifester. »Participer à une puja est une célébration, une reconnaissance et un contentement de notre aspiration. Nous sortons de notre histoire personnelle, de tout ce que nous croyons être, de nos idées sur ce qui se passera demain. Nous sortons de ce schéma où nous nous recréons une identité en fonction de nos défauts et de nos doutes. L’acte de foi est rafraîchissant, c’est un rappel, littéralement un « réveil » : nous cessons de fonctionner à partir de notre vieux mental habituel

Source : Vivre le dhamma



Aucun commentaire: