dimanche 9 décembre 2007

L'Attention : SATI






Pour rappel, autres messages de ce blog sur l'Attention :





Plan de ce message:

1) Résumé d'une correspondance entre Bhikkhu Bodhi et Alan Wallace à propos de:
"La Nature de Sati et son rôle dans la méditation bouddhiste" (dans la tradition théravada)


2) Attention et Libération par Ajahn Sumedho

3) L'utilité de L'Attention : AMBALATTHIKARAHULOVADA-SUTTA



1) Résumé d'une correspondance entre Bhikkhu Bodhi et Alan Wallace à propos de: La Nature de Sati et son rôle dans la méditation bouddhiste ( dans la tradition théravada)


Alan Wallace:

Quel est le sens du mot pali; sati :

Dans la Tradition Vipassana actuelle, telle qu’elle a été largement diffusée en Occident, sati est plus ou moins définie comme « attention nue » ou la conscience sans jugement, d’instant en instant, de tout ce qui se produit au moment présent.
Mais aucune source autorisée identifie sati à « attention nue » ?


La définition de Buddhaghosa :

« Au moyen de cela (sati), ils (c'est-à-dire les autres processus mentaux) se souviennent, ou elle se souvient elle-même, ou elle est simplement en train de se remémorer, ainsi est sati.
Sa caractéristique n'est pas l’instabilité, sa propriété n'est pas la perte ; sa manifestation consiste à garder, ou à être face à face avec un objet ; sa base consiste à noter avec force ou à appliquer de façon minutieuse l’attention au corps, etc. Il faudrait la considérer à la fois comme un pilier du fait qu'elle est fixée dans l'objet, et comme un gardien qui garde les portes des yeux, etc. » (Visuddhimagga XIV, 141)


Pour Nagasena :

« Sati a la caractéristique d'« appeler l'esprit» et celle de le «saisi ».

« Sati, quand elle apparaît, amène au mental de bonnes et de mauvaises tendances, avec défauts ou sans défauts, inférieures ou raffinées, sombres et pures, toutes avec leur contreparties. Sati, quand elle apparaît, suit les voies des tendances bénéfiques et non-bénéfiques. Ces tendances sont bénéfiques, celles-ci ne le sont pas. Ces tendances sont utiles, celles-ci non. Ainsi, celui qui pratique leyoga rejette les tendances non-bénéfiques et cultive les tendances bénéfiques. »
(Milindapanha 37-38)


Pour le Bouddha lui même :

« Ô moines, quelle est la faculté de sati ? Eh bien moines, le noble disciple a sati, il est rempli de la parfaite sati et d'intelligence, il est celui qui se rappelle, qui retrouve ce qui a été fait et dit il y a longtemps. »
(Samyutta-Nikaya V 197-8)



Bhikkhu Bodhi:


L’expression « attention nue » fut inventée, par le Vénérable Nyanaponika

Cela représente efficacement un aspect de sati.

Il me faut ajouter que le Vénérable Nyanaponika lui-même ne considérait pas « attention nue » comme traduisant la signification complète de satipatthana, mais comme représentant seulement une phase, la phase initiale, dans le développement de la méditation vers l’attention juste.

Il considérait que, pendant la pratique de l’attention juste, sati doit être intégrée avec sampajanna, la compréhension juste, et c’est seulement quand ces deux aspects fonctionnent ensemble que l’attention juste peut remplir l'objectif voulu.



Alan Wallace:

Ainsi, l’attention nue représente un aspect, ou une application de sati et qu’il s’agit bien d’une phase initiale dans le développement de l’attention juste.



Bhikkhu Bodhi:

Maintenant, voyons le sens de sati :


Il y a un mot souvent employé en relation avec sati, qui, je pense, met en avant une recherche faite pour donner un nouveau sens au mot ancien pali "upatthana".
Ce mot est étroitement lié à sati, d’ailleurs le plus connu des mots composés comprenant sati est le mot satipatthana.

Le mot upatthana
a le sens de « présence », « proximité », « service ».

Il semble que ce mot ait été choisi parce qu’il traduit l’impact que la pratique de sati apporte à son domaine objectif ; il rend le domaine objectif présent au mental, il lui permet d’être «près» du mental, de paraître clairement au devant du mental.
On pourrait même attribuer upatthana au côté subjectif de l’expérience plutôt qu’à son côté objectif ; c’est l’activité du mental qui s’occupe de l’objet, la conscience de l’objet.

Upatthana peut aussi vouloir dire « installer » et c’est ce que l’on fait avec la conscience.

Qui est conscient est défini comme upatthitassati : «quelqu’un dont la conscience est installée».
Le méditant qui a assumé la posture juste de méditation « installe la conscience devant lui » (parimukham satim upatthapetva).


Dans la Tradition Pali, on pourrait dire que le samadhi se développe sur la base des quatre satipatthana, au moins de façon sélective.

Dans un texte les quatre satipatthana sont appelés les samadhinimitta qui, je pense, sont les bases du samadhi.
Certains sujets de méditation parmi les satipatthana peuvent être considérés comme des avenues menant au samadhi, c'est-à-dire la conscience de la respiration et la méditation sur les parties du corps.
Celui qui adopte cette approche vers le samadhi devra aussi utiliser, dans les premiers stades, l’exercice du dhammanupassana, consistant à être conscient des cinq obstacles, de leur présence, de leur absence et du moyen de les empêcher de se produire.

On peut utiliser sati dans les exercices qui précèdent pour développer un samadhi puissant, du niveau de jhana, pour ensuite entreprendre la pratique vipassana en entrant dans la phase dhammanupassana où l’on contemple les cinq agrégats, leur apparition et leur disparition.

De cette façon, on pratique satipatthana d'une façon qui utilise samatha comme préliminaire au développement de vipassana.

Alternativement, on peut commencer par sati étendue aux quatre satipatthana, en utilisant peut-être anapanasati comme « objet racine » mais en laissant l’attention prendre n’importe quel objet qui se présente à n’importe quel sens. Une fois que la concentration devient modérément forte, on peut se concentrer sur la contemplation des quatre éléments, puis aller vers la contemplation des cinq agrégats.

Par ce chemin, on se dirige plus vite vers les connaissances vipassana mais sans le bénéfice de
samadhi fort de la première approche qui est dite celle de samathayanika qui utilise samatha comme véhicule pour la pratique.

L’autre approche est celle de vipassanayanika, ou suddhavipassanayanika, celle qui utilise la vision nue comme véhicule.


A considérer les textes des sutta, bien que nous n’y trouvions pas de définition formelle de sati
en termes d’« attention nue », si nous considérons comment sati doit être pratiquée, nous y trouvons un support considérable pour cette idée.
Prenons par exemple le tout début de la section sur l’attention à la respiration dans le Sutta Satipatthana (identique aux instructions sur la respiration ailleurs).

Quand le méditant s’assied, il tient le corps bien droit et il met son attention devant lui «simplement conscient qu’il inspire, qu’il expire » (sato va assasati sato passasati).
Ici, l’attention ne peut vouloir dire « se souvenir » c'est-à-dire « seulement se souvenant, il inspire, se souvenant il expire. » C’est exactement ce qu’il ne doit pas faire, il ne doit pas permette à son mental de s’occuper de souvenirs passés.

Dans la description suivante de cet exercice, il est dit que quand un moine inspire et expire profondément, il sait : « j’inspire et j’expire profondément » et de même pour les respirations courtes.
Ici le mot clef est pajanati « il sait». Cela suggère la présence de panna (le nom rattaché à pajanati) mais je ne pense pas qu’à ce moment panna soit présente comme la « sagesse qui pénètre les vraies caractéristiques des phénomènes ». Il s’agit simplement de la connaissance nue de la qualité de la respiration. L’attention, l’attention nue, amène la qualité de la respiration présente dans l'esprit du méditant – c’est upatthana – et ici s'installe une connaissance très simple de la qualité enregistrant cette qualité : c’est ce qu’indique pajanati.

L’attention, fonctionnant d’une façon simple comme « attention nue », ne se produit pas seule, isolée des autres fonctions mentales.
Une de ces fonctions mentales avec laquelle elle est liée est sampajanna, et ici nous pouvons dire que sampajanna opère comme la simple connaissance de la qualité de la respiration. En termes de commentaires, cela pourrait être gocara-sampajanna, compréhension claire de l’objet de méditation.


Dans le Bouddhisme Theravada classique (et plus largement dans toute la pratique bouddhiste classique), la pratique de satipatthana, pour devenir samma-sati, l’attention juste, doit se dérouler dans le contexte des Quatre Nobles Vérités, c'est-à-dire qu’elle doit être précédée et guidée par la vue juste, et motivée par les intentions justes, sans même mentionner qu’elle doit être associée avec les trois facteurs éthiques de la Voie.


Attention: Il ne s'agit que d'un résumé fait par mes soins; pour lire la correspondance en entier : source : lerefuge




2) Attention et Libération, par Ajahn Sumedho


Nous savons tous que l'attention est un des outils les plus précieux pour le développement spirituel. Nous savons peut-être aussi qu'il y a différentes sortes d'attentions.

En prenant comme perspective la libération spirituelle, nous pouvons dire qu'il y a deux sortes principales d'attention : l'attention juste et l'attention erronée.

L'attention juste mène à une libération du soi, tandis que l'attention erronée conduit à un emprisonnement encore plus profond dans le soi !

Ces deux sortes d'attention se distinguent par :

a) l'attitude qui motive son développement,

b) la manière dont elle est développée.

Pour correspondre à l'attitude juste, le développement de l'attention doit être pratiqué comme un outil pour la réalisation de la libération.

Cela ne veut pas dire développer l'attention simplement avec le désir d'atteindre la libération, mais plutôt développer l'attention dans le cadre juste conduisant à la libération.


Par exemple, dans les enseignements du Bouddha, l'attention (sati) est contenue dans la pratique du Noble Octuple Sentier.

Un des facteurs dans ce sentier est « l'attitude ou aspiration juste », c'est-à-dire, l'aspiration à la renonciation, l'absence de mauvaise intention et la non-violence, qui sont des qualités constituant l'attitude juste conduisant à la réalisation de la libération.

Notre pratique de l'attention est-elle motivée par ces mêmes valeurs ? Ou bien notre pratique est-elle motivée davantage par le désir d'accumuler l'agression et la violence envers nous-mêmes ?

La façon de développer l'attention est aussi très importante:

Souvent l'attention est développée comme si elle était un esclave de l'ego ou du sentiment d'un soi. Dans ces conditions les gens deviennent seulement davantage conscients de : « je suis en train de faire », « je suis en train de penser », « je suis en train de sentir », « je fais l'expérience de différentes choses ».

Ainsi, à la fin, est-on simplement en train de renforcer le concept d'un soi, étant celui qui fait, qui pense, qui ressent, qui fait des expériences, etc.


Bien sûr, initialement, l'attention se développe comme une extension de l'ego, mais, dans la pratique bouddhiste, il est nécessaire qu'elle continue à progresser jusqu'à l'état d'absence d'ego, d'attention transpersonnelle, pour pouvoir être appelée « attention juste » dans le sens bouddhiste.
Cela signifie être attentif à ce qui se fait, à ce qui est pensé, ressenti, expérimenté, plutôt qu'à celui qui fait, qui pense, qui ressent, qui expérimente !


Dans le Noble Octuple Sentier l'attention est également développée en relation avec le rassemblement mental (samâdhi).

Ceci donne une profondeur pénétrante à l'attention, lui permettant d'atteindre les niveaux plus profonds du mental, qui ne sont pas imprégnés de manière si insidieuse par l'influence de l'ego. Ce sont les niveaux où le « bavardage mental » est calmé. Sans concentration l'attention reste liée étroitement au domaine de ce qui intéresse l'ego - le domaine de ce que j'aime, ou de ce que je désire, ou de ce à quoi je veux bien être attentif !

Si l'attention n'est pas développée dans le contexte de la libération et n'est pas développée d'une façon qui aide et conduise vers ce but, elle est simplement réquisitionnée pour réaffirmer et renforcer l'ego.


source : vivekarama


3) L'utilité de L'Attention : AMBALATTHIKARAHULOVADA-SUTTA

(10.1) Ainsi ai-je entendu: En ce temps-là, le Bienheureux résidait à l'endroit appelé Kalandakanivapa, dans le bois de bambous, près de la ville de Rajagaha. L'Ayasmanta Rahula séjournait alors à Ambalatthika. Un après-midi, le Bienheureux, s'étant levé de son repos solitaire, se rendit à Ambalatthika pour voir l'Ayasmanta Rahula.
(10.2) L'Ayasmanta Rahula, apercevant de loin le Bienheureux qui s'approchait, lui prépara une place pour s'asseoir et de l'eau pour se laver les pieds. A son arrivée, le Bienheureux s'assit sur le siège préparé à son intention et se lava les pieds. L'Ayasmanta Rahula rendit hommage au Bienheureux et s'assit à l'écart sur un côté.
(10.3) En laissant une petite quantité d'eau dans l'écuelle, le Bienheureux s'adressa à l'Ayasmanta Rahula: "O Rahula, voyez-vous cette petite quantité d'eau qui reste dans l'écuelle?". "Oui, Bienheureux", répondit l'Ayasmanta Rahula. "De même, ô Rahula, il n'y a que très peu de qualité religieuse chez les religieux qui n'ont pas de honte à dire des mensonges délibérés."
(10.4) Puis, le Bienheureux jeta la petite quantité d'eau et s'adressa à nouveau à l'Ayasmanta Rahula: "Voyez-vous maintenant, ô Rahula, la petite quantité d'eau qui a été jetée ?" "Oui, Bienheureux." "De même, ô Rahula, la qualité religieuse des religieux qui n'ont pas de honte à dire des mensonges délibérés est abandonnée."
(10.5) Ensuite, ayant renversé l'écuelle d'eau, le Bienheureux , s'adressa à nouveau à l'Ayasmanta Rahula: "Voyez-vous maintenants ô Rahula, cette écuelle d'eau qui est renversée?" "Oui Bienheureux." "De même, ô Rahula, la qualité religieuse des religieux qui n'ont pas de honte à dire des mensonges délibérés est renversée"
(10.6) Finalement, le Bienheureux retourna l'écuelle et s'adressa à nouveau à l'Ayasmanta Rahula: "Voyez-vous maintenant, ô Rahula, cette écuelle vide?" "Oui, Bienheureux." De même, ô Rahula, la vie religieuse des religieux qui n'ont pas de honte à dire des mensonges délibérés est vide et néant.
(10.7) Supposons que l'éléphant du roi, aux défenses longues comme un bras de charrue dans la plénitude de sa maturité, bien nourri, soit digne d'être amené sur le champ de bataille et supposons qu'à la lutte il exécute des hauts faits, avec ses quatre pieds avec ses postérieurs, avec son avant-train, avec son arrière-train et aussi avec sa tête, ses oreilles, sa queue, ses défenses, tandis qu'il protège seulement sa trompe. Le cornac pense alors que malgré sa vaillance et les hauts faits variés qu'il exécute, la vie de l'elephant royal n'est pas en danger, car il protège toujours sa trompe.
(10.8) Cependant, ô Rahula, supposons que l'éléphant royal allant à la bataille, exécutant de hauts faits avec les différentes parties de son corps, ait aussi accompli de hauts faits avec sa trompe. Alors le cornac pense que la vie de l'éléphant royal est vraiment en danger. Car, désormais, il n'y a plus rien chez l'éléphant royal qui ne soit en péril.
(10.9) De même, ô Rahula, je dis que chez quelqu'un qui n'a pas de honte à dire des mensonges délibérés, il n'y a plus aucun mal qu'il ne soit capable de faire (pour soi-même et pour les autres). C'est pour cela, ô Rahula que vous devez vous discipliner ainsi: "Même pour m'amuser je ne dirai pas de mensonge."
(10.10) Puis le Bienheureux interrogea l'Ayasmanta Rahula: "Qu'en pensez-vous, ô Rahula? Quelle est l'utilité d'un miroir?" L'Ayasmanta Rahula répondit: "Le miroir sert à réfléchir, ô Bienheureux." De même, ô Rahula, c'est après réflexion que les actions corporelles doivent être accomplies; c'est après réflexion que les actions verbales doivent être accomplies; c'est après réflexion que les actions mentales doivent être accomplies.
(10.11) Quelle que soit l'action que vous voulez faire avec votre corps, ô Rahula, vous devez réfléchir: Cette action corporelle que je veux accomplir avec mon corps contribuera-t-elle à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties (pour moi-même et pour les autres)? Cette action corporelle dès lors maladroite amène-t-elle la souffrance et produit-elle le mal ?
(10.12) Si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous concluez: Oui, l'action corporelle que j'ai envie de faire contribuerait à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties; ou cette action corporelle maladroite amènerait la souffrance et elle produirait le mal", alors une telle action, ô Rahula, ne doit pas être accomplie.
(10.13) Par contre, ô Rahula, si, lorsque vous réfléchissez, vous concluez: "Cette action corporelle que j'ai envie de faire ne contribuerait ni à mon propre mal, ni à celui des autres, ni à celui des deux parties; en fait, c'est une action juste, elle amène le bonheur et elle produit le bonheur ", alors, ô Rahula, vous devez accomplir une telle action corporelle.
(10.14) Lorsque vous êtes en train de faire une action corporelle, ô Rahula, à propos de cette action, vous devez réfléchir: "Maintenant, cette action que je suis en train de faire avec mon corps contribuerait-elle à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties? Cette action est-elle maladroite, amène-t-elle la souffrance et produit-elle le mal?"
(10.15) Si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous concluez: "Oui, cette action que je suis en train de faire avec mon corps contribuerait à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties; en conséquence, cette action corporelle qui est maladroite amène la souffrance et elle produit le mal ", alors une telle action corporelle, ô Rahula, ne doit pas être accomplie.
(10.16) Par contre, ô Rahula, si, lorsque vous réfléchissez, vous concluez: "Cette action corporelle que je suis en train de faire ne contribuerait ni à mon propre mal, ni à celui des autres, ni à celui des deux parties, en fait, c'est une action juste, elle amène le bonheur et elle produit le bonheur", alors, ô Rahula, vous devez accomplir une telle action encore et encore.
(10.17) Lorsque vous avez fait une action corporelle, ô Rahula, à propos de cette action vous devez réfléchir: "Cette action que j'ai faite avec mon corps, a-t-elle contribué à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties? Cette action corporelle, a-t-elle été maladroite, a-t-elle amené la souffrance et a-t-elle produit le mal ?"
(10.18) Lorsque vous réfléchissez si vous concluez: "Oui, cette action corporelle que j'ai faite a contribué à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties et, en fait, cette action maladroite a amené la souffrance et a produit le mal ", alors, ô Rahula, une telle action corporelle accomplie par vous doit être confessée, doit être révélée. Vous devez la faire savoir au Maître, ou au sage ou aux confrères.
(10.19) Ayant confessé, révélé et fait savoir cette action, vous devez vous contraindre à ne plus l'accomplir dans le futur.
(10.20) Par contre, ô Rahula, si, lorsque vous réfléchissez, vous concluez: "Cette action corporelle que j'ai faite n'a pas contribué à mon propre mal, ni au mal des autres, ni au mal des deux parties et, en fait, cette action corporelle était juste, elle a amené le bonheur et elle a produit le bonheur", à cause de cette véritable raison, ô Rahula, vous demeurez dans la joie, dans la sérénité et dans le bonheur, jour et nuit, vous entraînant vous-même dans les états méritoires.
(10.21) Lorsqu'il y a une action que vous voulez faire avec votre parole, à propos de cette action verbale, vous devez réfléchir: "Cette action que je veux faire avec ma parole contribuera t-elle à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties? Cette action de parole est-elle maladroite, amène-t-elle la souffrance et produit-elle le mal?"
(10.22) Si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous concluez: "Oui, l'action verbale que j'ai envie de faire contribuerait à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties et, en fait, cette action verbale maladroite amènerait la souffrance et elle produirait le mal ", alors, une telle action verbale, ô Rahula, ne doit pas être accomplie.
(10.23) Ensuite, le Bienheureux explique à l'Ayasmanta Rahula, de la même façon, comment il doit réfléchir avant, pendant et après telle ou telle action de la parole.
(10.24) Lorsqu'il y a une action que vous voulez faire avec votre pensée, à propos de cette action mentale, vous devez réfléchir: "Cette action que je veux faire avec ma pensée contribuerat-elle à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties ? Cette action mentale est-elle maladroite, amène-t-elle la souffrance et produit-elle le mal?"
(10.25) Si, lorsque vous réfléchissez ainsi, vous concluez: "Oui, l'action mentale que j'ai envie de faire contribuerait à mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties et, en fait, cette action mentale maladroite amènerait la souffrance et elle produirait le mal ", alors, une telle action mentale, ô Rahula, ne doit pas être accomplie.
(10.26) Ensuite, le Bienheureux explique à l'Ayasmanta Rahula, de la même façon, comment il doit réfléchir avant, pendant et après telle ou telle action de la pensée.
(10.27) (...) Lorsque vous réfléchissez, ô Rahula, si vous concluez: "Oui, cette action que j'ai faite avec ma pensée a contribué a mon propre mal, ou au mal des autres, ou bien au mal des deux parties et, en fait, cette action maladroite a amené la souffrance et a produit le mal ", alors, ô Rahula, de telles actions mentales doivent être détestées, abandonnées et, ainsi, en détestant, abandonnant, méprisant de telles actions mentales, vous devez vous restreindre à ne plus les accomplir dans le futur.
(10.28) Par contre, ô Rahula, si, lorsque vous réfléchissez, vous concluez: "Cette action mentale que j'ai faite n'a pas contribué à mon propre mal, ni au mal des autres, ni au mal des deux parties et, en fait, cette action mentale est juste, elle amène le bonheur et elle produit le bonheur", à cause de cette véritable raison, ô Rahula, vous demeurez dans la joie, dans la sérénité et dans le bonheur, jour et nuit, vous entraînant vous-même dans les états méritoires.
(10.29) Dans le passé le plus lointain, ô Rahula, tous les religieux ou prêtres qui ont purifié leurs actions du corps, de la parole et de la pensée, tous l'ont fait de la même manière, c'est-à-dire par une réflexion constante.
(10.30) Dans le futur le plus éloigné, ô Rahula, tous les religieux ou prêtres qui purifieront leurs actions du corps, de la parole et de la pensée, eux tous aussi le feront de la même manière, c'est-à-dire par une réflexion constante.
(10.31) Dans le présent également, ô Rahula, tous les religieux ou prêtres qui purifient leurs actions du corps, de la parole et de la pensée, eux tous aussi le font exactement de la même manière, c'est-à-dire par une réflexion constante.
(10.32) C'est parce que vous, ô Rahula, vous devez vous entraîner ainsi: "Par la réflexion constante, nous purifierons nos actions corporelles. Par la réflexion constante, nous purifierons nos actions de la parole. Par la réflexion constante, nous purifierons nos actions de la pensée." Ainsi parla le Bienheureux. L'Ayasmanta Rahula ravi se réjouit des paroles du Bienheureux.




1 commentaire:

Nancy xx a dit…

Ce matin ce midi et ce soir
je suis heureuse de conscientiser
que j'étais dans l'intention pure... dans la pensée juste, dans la parole juste, dans l'émotion juste, et dans l'action juste. Dans la pratique de l'attention juste.
Comme je me sens bien, vraie, libre.
Etre contemplative et savourer la vérité de toutes choses qui m'entourent.

Nancy xx