jeudi 11 décembre 2014

Compassion pour les animaux






"Et si nous commencions par le commencement ? 
Si l’apprentissage de la tolérance, de la compassion, de la liberté, commençait par les tout petits, les « sans-défense » ? Si, de ces tout petits, nous agrandissions logiquement et graduellement notre respect aux cas les plus complexes, les plus difficiles : les humains ? Si le respect des animaux n’était pas le superflu d’un monde submergé de souffrances humaines, mais l’indispensable base pour la construction et l’éducation d’une humanité plus juste ? ( ...)
" 


(Extrait de "Yes vegan" aux éditions Collection V - L'Âge d'Homme)

dimanche 16 mars 2014

Kameraobjosenario Sutta



Nouvelle découverte dans le monde du Théravada : le dernier des Souttas, retrouvé  vingt-cinq siècles après l’extinction du Bienheureux.

Note : les redondances ont été remplacées par "(...)" pour être écourtées.


Version française du Kameraobjosenario Sutta rédigée le 25 février 2014 par isi Dhamma : 


Kameraobjosenario Sutta

Ainsi ai-je entendu,

Alors que le Bhagava séjournait à Savati dans le parc au bois de Jeta, le yogi Gurangaji du clan des Nazaris de la caste guerrière, s’en vint le voir. Après l’avoir respectueusement salué, il s’assit convenablement à son côté. Une fois bien assis, il s’adressa au Bhagava.

− Il y a quelque chose, Bhante, qui me rend perplexe au point de ne plus pouvoir m’asseoir sans y songer, de ne plus pouvoir aller sans y songer, de ne plus pouvoir me tenir debout sans y songer, de ne plus pouvoir m’allonger sans y songer.

− Et qu’est-ce, ami Gurangaji, qui te rend perplexe au point de ne plus pouvoir t’asseoir (...) sans y songer ?

− Alors que je traversais les montagnes de l’Est, en passant près de la grotte de Gajaratana, j’aperçus l’Ascète Dhamma qui en sortait pour aller collecter sa nourriture. Ayant entendu des points de vue divergents à propos de la pratique de cet ascète aux longs cheveux, j’ai saisi l’opportunité de le questionner directement. M’approchant de l’Ascète, je lui ai demandé : « Ô Samana, quelle est selon toi la chose la plus importante, qui plus que tout, mérite qu’on y accorde intérêt, qu’on y accorde effort, qu’on y accorde patience ? » S’étant immobilisé, l’ascète aux longs cheveux s’est retourné dans ma direction, et sans quitter son bol du regard, l’apparence paisible, il m’a répondu : « Ô Yogi, selon moi, la chose la plus importante, qui plus que tout, mérite qu’on y accorde (...) sa patience, est de composer un scénario correct, de choisir les acteurs qui conviennent, et de procéder aux bons réglages de la caméra. Si l’objectif n’est pas bien alimenté par la batterie de la caméra, l’image s’éteint. Si l’objectif n’est pas bien stabilisé, l’image saccade. Si l’objectif n’a pas la bonne vitesse d’obturation, l’image brûle. Si l’objectif n’a pas la bonne ouverture, l’image s’assombrit. Si l’objectif n’a pas la bonne mise au point, l’image est floue. En revanche, Ô Yogi, si l’objectif (...) a la bonne mise au point, l’image est nette. Seulement si l’objectif est alimenté, (...) stabilisé, (...) à la bonne obturation, (...) à la bonne ouverture, (...) à la bonne mise au point, il est possible de procéder au montage jusqu’à la réalisation d’un film, mettant ainsi fin au non substantiel, instable et infernal cycle des castings, des repérages, des recherches d’accessoires et de moyens de production. »

− Et pour quelle raison, ami Gurangaji, es-tu perplexe au point de ne plus pouvoir t’asseoir, (...) sans y songer ?

− La raison pour laquelle, Bhante, je suis perplexe (...), est due au fait que le Maître de maison solitaire Remi des terres de l’Ouest, réputé pour son excellente capacité à exposer les Enseignements du Bhagava, approuve la pratique de l’ascète aux longs cheveux, et même loue publiquement ses qualités de vision juste, de vertu juste et de développement juste de l’esprit. Or, par son discours, l’ascète aux longs cheveux m’a laissé voir qu’il entretenait des vues erronées.− Tu n’as pas bien vu, ami, tu n’as pas compris la signification des paroles de l’ascète Dhamma. L’honorable Maître de maison Nikola, du clan Korsika, ici présent, est capable d’expliquer la signification des paroles de l’ascète Dhamma, c’est donc à lui que je laisse la parole.

− Comment se pourrait-il, Bhante, que le Maître de maison Nikola me donne la signification d’un discours que je n’ai pas compris, alors que moi, Yogi Gurangaji, ait donné une fois au Maître de maison Nikola la signification d’un discours de l’Enseignement, que lui n’avait pas compris, et qui était basé sur l’allégorie de l’usage habile du corps pour neutraliser les attaques d’un homme de grande force ?

− S’il y a des choses que tu comprends mais qu’il ne comprend pas, ne peut-il pas pour autant y avoir des choses qu’il comprend mais que tu ne comprends pas ?

− Oui Bhante, s’il y a des choses (...).

− Ami, qu’est-ce qu’un ami dans le Dhamma ? Est-ce un individu à qui l’on explique ce que l’on comprend mais qu’il ne comprend pas ? Est-ce un individu qui nous explique ce qu’il comprend mais qu’on ne comprend pas ? Est-ce à la fois (...) et (...) ?

− Bhante, c’est à la fois (...) et (...). − Le Maître de maison Nikola n’est-il pas un ami dans le Dhamma ? − Si, Bhante, le Maître de maison Nikola est un ami dans le Dhamma. − Le Maître de maison Nikola ne peut-il donc pas t’expliquer (...) ?

− Si, Bhante, le Maître de maison Nikola peut m’expliquer (...). Je t’écoute, Maître de maison Nikola, tu peux m’expliquer (...), de telle sorte que je puisse en comprendre tous les détails.

− Oui, je suis capable d’expliquer (...), mais il serait bon d’entendre le Bhagava expliquer lui-même (...) et que nous en retenions le sens comme le Bhagava nous l’expliquerait.

− Dans ce cas, écoutez mes ami, écoutez bien car je vais parler.

La chose la plus importante, qui plus que tout, mérite qu’on y accorde (...) sa patience, est de composer le scénario d’une conduite vertueuse, où on l’on s’abstient de toute pensée inconvenante, où l’on s’abstient de toute parole inconvenante, où l’on s’abstient de tout acte inconvenant. Ensuite, assis au pied d’un arbre, on s’isole du sensoriel en choisissant les acteurs que sont les objets pour l’établissement de l’esprit en un point unique. Pour une utilisation correcte de la caméra de la méditation, l’objectif de l’esprit nécessite cinq réglages corrects, qui permettent de surpasser les cinq empêchements au développement du film de la méditation.
Si la batterie de l’effort n’est pas correctement chargée, l’esprit sombre dans la torpeur. Comme l’esprit sombre dans la torpeur, la méditation échoue. Si la batterie de l’effort est correctement chargée, l’esprit est énergique (...), la méditation se développe. C’est ainsi qu’est vaincue la torpeur.
Si le stabilisateur de la concentration de l’esprit en un point (...) est correctement stabilisé (...), l’esprit est stable, (...) la méditation se développe. C’est ainsi qu’est vaincue l’agitation intérieure.
Si la vitesse d’obturation du bonheur (...) est correctement appliquée (...), l’esprit est détaché, (...) la méditation se développe. C’est ainsi qu’est vaincu le brûlant désir sensoriel.
Si l’ouverture de l’enthousiasme (...) est correctement ouverte (...), l’esprit est apaisé, (...) la méditation se développe. C’est ainsi qu’est vaincue la colère.
Si la mise au point de la prise ferme (...) est correctement appliquée (...), l’esprit est net, (...) la méditation se développe. C’est ainsi qu’est vaincu le doute.
Seulement si (...), il est possible de procéder au montage de la vision intérieure.
On pénètre les images des objets visuels et l’on constate qu’ils ne sont pas permanents, pas plaisants, pas substantiels. De ce fait, on comprend qu’aucun d’eux n’est digne d’attachement.
On pénètre la bande son des objets auditifs (...). On pénètre les effets spéciaux des objets tactiles (...). On pénètre la saveur de l’intrigue des objets gustatifs (...). On pénètre l’atmosphère du film des objets olfactifs (...).
On pénètre les émotions des acteurs des objets mentaux et l’on constate qu’ils ne sont pas permanents, pas plaisants, pas substantiels. De ce fait, on comprend qu’aucun d’eux n’est digne d’attachement.
Enfin, on parvient à la réalisation du film de l’Inconditionné, mettant ainsi fin au non substantiel, instable et infernal cycle des castings, des repérages, des recherches d’accessoires et des moyens de production. Réalisant ce qu’il y avait à réaliser, on devient un grand Réalisateur.
Ainsi parla le Bienheureux. Le Yogi Gurangaji et le Maître de maison Nikola furent satisfaits des paroles du Bienheureux et ils s’en réjouirent.
Quand les deux amis prirent congé, le Bienheureux s’empara de son smartphone à l’aide duquel il surfa sur quelques forums et groupes de discussions afin de s’assurer que tout le monde prit bien soin de favoriser régulièrement l’effort de comprendre ce qui est convenable, l’humilité, l’entente cordiale, la bonne humeur, et par-dessus tout, l’importance de lire moins et de pratiquer plus.




mardi 6 novembre 2012

Le Bouddhisme est un « Art de vivre », ou plutôt un Art de ne pas vivre dans l’illusion.


Etre Bouddhiste, toutes traditions confondues, c’est tout d’abord prendre refuge dans ce que l’on appelle les trois joyaux : Le Bouddha, le Dhamma (ou Dharma en sanscrit) et la Sangha.

Bouddha n'est pas un nom propre, c'est une épithète, qui signifie « Èveillé ». Le Bouddha est un Homme qui s’est éveillé « du profond sommeil de l'illusion ».

Le « dhamma » ou dharma, ce sont les enseignements qu’il a dispensé.
Les hommes a dit  le Boudha, « sont comme des lotus dans un étang. Quelques-uns sont en pleine floraison quand d’autres qui ont la tige trop courte restent au fond de l’eau ; et puis il y a ceux qui flottent entre deux eaux, n’attendant qu’un rayon de soleil pour émerger » C’est pour ces derniers qu’il a décidé d’enseigner sa doctrine car il savait que tous les hommes ne seraient pas capable d’entendre et de comprendre son enseignement. Le dhamma est le rayon de soleil qui nous aide à émerger de l’illusion.

La Sangha ou la quadruple communauté, rassemble des religieux et laïcs, hommes et femmes.

Pour cela, il faut pratiquer, méditer, et petit à petit apprendre à vaincre les trois poisons de l’esprit que sont l’ignorance, la colère, et l’attachement.

· Commençons par la colère, la haine.

Je suis devenue végan parce que je ne supportais pas la souffrance infligée aux animaux.

Les images sur la barbarie envers les animaux que l'on peut voir ici et là sont d'une telle violence, qu'elles suscitent beaucoup de colère. Certains "défenseurs" de la cause animale éprouvent parfois une haine incontrôlable à l'encontre de ceux qui les font souffrir. J’avoue également que c’est un exercice permanent et difficile.

Cette haine est certes le chemin le plus immédiat, le plus humain, le plus légitime presque. Elle est parfois si dense, si immense, si douloureuse que le seul exutoire possible, la seule solution pour faire cesser cette foudre qui s’est abattue sur nous parait être le passage à l’acte, ou si on la refoule, une intense « auto-douleur ». Quel acte cependant ? Quelle solution si elle signifie devenir en miroir exactement semblable au bourreau ?

Etre aveuglée par la haine ne m’a jamais permis de faire avancer les choses, de trouver une solution juste.

La méditation m’aide à observer ce qui se passe en moi, elle me permet de garder un espace, une lueur même infime pour ne pas laisser la haine salir ma vie. Et si jamais la haine m’envahit quand même, je veux en être consciente afin de ne surtout pas m’identifier à elle, ni être dominée par elle. 

Ainsi, ce qui m’empêche de sombrer dans la haine envers mes semblables, c’est la pratique de la méditation bouddhique et l’enseignement du Bouddha. Même si je ne l’admets pas,  je peux comprendre que des personnes qui n’ont pas eu l’outil pour développer cet espace, tiennent des propos haineux à l’encontre des mangeurs de viande et de protéines animales, et finissent par déraper en souhaitant aux humains tout le malheur du monde.

Je ne veux pas être remplie de haine mais remplie d’amour bienveillant et de compassion. La haine nous emporte dans des tourbillons de souffrance et nous ne sommes alors plus capables d’agir efficacement.

Si nous véhiculons la haine autour de nous alors, nous sommes comme les bourreaux, comme les personnes qui maltraitent les animaux. Nous devons nous efforcer d’être meilleur qu'eux, nous devons nous efforcer de leur montrer qu’ils se trompent.

J’essaye de ne jamais souhaiter de mal à personne, même à ceux qui ont fait le mal autour d'eux, car plus ils seront en souffrance, plus ils continueront dans cette direction. Je souhaite en revanche, qu'ils soient jugés plus sévèrement par la Justice, que les sanctions qu’ils encourent actuellement.

En résumé, j’essaie de ne jamais confondre vengeance et justice, et je suis persuadée que seul l’amour peut vaincre la haine.


· L’ignorance. 

L’ignorance dans le Bouddhisme n’est pas une « non-connaissance ». Il ne s’agit pas ici d’un savoir intellectuel. L’ignorance consiste à ne pas voir les choses comme elles sont réellement parce que notre esprit est recouvert d’un voile.

Je prendrai l’exemple suivant. Amoureuse de la liberté et respectueuse d’autrui, je pourrai me dire à propos du fait de manger du cadavre ou non, que chacun fait comme il le veut. Mais en m’interrogeant plus loin, en cherchant à dépasser cette limite, et motivée par l’amour que j’ai pour les animaux comme pour les humains, je peux comprendre qu’une liberté basée sur le meurtre et la torture n’est pas une liberté, et n’a aucun droit d’être invoquée pour se justifier. La liberté basée sur un conditionnement erroné n’en est pas une non plus. C’est pour cela qu’en toute conscience je me permets de militer pour le « Véganisme », et de manière non violente.

Ce sont ces voiles qui, peu à peu, de méditation en questionnements, tombent, et « pèlent l’oignon » jusqu’à sa pureté. C’est ainsi que l’on reconnait les grands enseignants bouddhistes : ils sont humbles, parce qu’ils ont affronté beaucoup de leurs limites, beaucoup de leurs erreurs, beaucoup de leurs conditionnements.

· L’attachement : Le Bouddha a enseigné le détachement, pas l’indifférence,

L’attachement dans le Bouddhisme n’est pas une qualité, mais un poison. C’est une
saisie de soi-même obstruant la réalité.

Une étude récente de l'école de médecine de l'Université du Massachusetts, a montré que les personnes pratiquant la méditation souffraient moins de la solitude.

En effet, L’Homme, lorsqu’il se coupe de la réalité par une saisie trop forte de lui- même, devient pour lui-même et les autres une source de souffrance. A titre d’exemple, celui qui refuse de voir que le feu est rouge risque une collision pour lui- même, et celui qui passerait à ce même moment.

C’est ainsi que comme source de bonheur, le Bouddha a enseigné l’altruisme, pas le chacun pour soi. Un acte généreux nous éduque à nous dessaisir de notre attachement.

De la même façon, puisque la Vieillesse et la mort sont inévitables, nous devons apprendre à les accepter. Rien n’est permanent, nous ne pouvons pas nous attacher à une illusion, à tenter de saisir un arc en ciel.

En revanche, il est erroné d’accepter comme fait établi, qu’à notre époque des humains meurent de faim ou de soif ou de maladies liées à la pauvreté alors même qu’il existe des moyens pour les éviter. Il est erroné d’accepter comme fait établi que des animaux soient torturés par milliers pour notre simple plaisir.

Le Bouddhisme nous enseigne aussi la compassion (Karuna) et l'amour universel (metta)

Souhaiter le bonheur des autres, de tous les autres y compris de ses ennemis c'est déjà magnifique, mais agir pour cela, tout en respectant les enseignements du Bouddha, c'est encore mieux. On passe alors de la compassion à la compassion active.

Notre libération de la souffrance est indissociable de celle de tous les êtres vivants.

A suivre....


Catherine - novembre 2012 

mercredi 17 octobre 2012

Vegan! le choix de la vie : ma quête du Bonheur


• Ma quête du bonheur

Sur la planète Terre, les humains achètent des choses inutiles, et le plus drôle c’est qu’ils sont persuadés que c’est ce qui va leur apporter le bonheur. Et plus le temps passe, plus ils se créent des besoins nouveaux. S’ils savaient combien ils se trompent.
J’ai une vielle TV 4/3 que je ne regarde pratiquement jamais, hormis pour enlever la poussière qui s’y dépose régulièrement. J’ai un téléphone portable qui ne fait que téléphone, une petite voiture remplie de boue, de graviers et de poils de chiens.
Je me fiche complètement de la mode, ce qui m’importe c’est de me couvrir quand il fait froid et de me découvrir lorsqu’il fait chaud. L’hiver, la température chez moi, ne dépasse pas les dix-sept degrés et à peine quinze dans la chambre.
J’avoue que plus je vieillis et plus mon sentiment d’appartenance à la planète VEGAN se renforce.
Sur TERRE, même si j’ai des diplômes, un cabinet d’avocats, que je paie mes impôts et que je suis propriétaire d’une grande maison, je me sens en marge de cette société basée sur la consommation de masse.
J’essaye de me satisfaire de ce que j’ai, de ne pas vouloir toujours « plus », et de ne pas acheter de produits inutiles. Plus on possède, et plus on est condamné à souffrir. Plus on possède, et plus on a peur de perdre. On finit par n’avoir jamais que les limites de ce que l’on ne possède pas encore, alors que la seule chose que l’on perd vraiment dans une vie, eh bien c’est la vie elle-même. Cette vie si précieuse et si fragile, cette « propriété commune » qu’évoquait Claude Levi-Strauss.
Ma principale aspiration est la « pleine conscience » de l’instant présent, à laquelle j’accède peu à peu par la méditation. Parce que dans l’instant présent, il n’y a ni « bonheur, ni « malheur », ni « souffrance » ni « désir ». Parce que dans l’instant présent, je ne suis ni perdue dans le passé, ni projetée dans le futur, parce que j’y vois les choses comme elles sont réellement. Parce que mes pensées, responsables en partie de ma souffrance, y sont observées, je n’en suis plus l’esclave. Parce que les pires souffrances de ma vie, je les ai finalement vécues en pensées, et que lorsque je suis sans pensée, je suis sereine et en Paix.

Extrait du livre : "Yes Vegan, un choix de vie" 


dimanche 14 octobre 2012

Ma première retraite intensive "vipassana"




Ma Première retraite vipassanà
Ma première retraite intensive de 10 jours,  c'était en 2007,  et à l'époque j'avais écrit mes impressions sur ce blog mais aussi dans un petit livre, téléchargeable librement sur le site dhammadana. Ce récit est toujours disponible gratuitement au format pdf 

http://www.dhammadana.org/tel-livre/index.htm#ch13


"Catherine, une femme motivée par la recherche d’une pratique authentique du dhamma, nous offre le récit de sa première retraite intensive. L’ouvrage se compose essentiellement de ses expériences rencontrées jour après jour, ainsi que de ses prises de conscience et remarques diverses sur ce profond entraînement.
Utile à toute personne intéressée par vipassanā (avec ou sans expérience), riche en informations essentielles sur l’entraînement à l’établissement de l’attention, ce livre comporte aussi des enseignements délivrés par le moine Pañña Sāmi, disciple du moine Pandita (en fin d’ouvrage)."


Extrait

J’essaye juste de rester attentive à tout ce qui arrive à ma conscience et je commence à me sentir oppressée par la multitude d’objets qui apparaissent et qui disparaissent sans que je puisse rien faire, rien contrôler.
En réalité, je commence à expérimenter, dukkha, anicca et anatta. Ces trois mots palis, deviennent autre chose que des mots, ils deviennent la Réalité, presque palpable.
Durant les assises, mon dos se penche en avant. Dès que je m’en aperçois, je note : « penché penché » et là, soit mon dos se redresse tout seul, comme par magie, soit le dos est trop penché en avant et la note ne change rien. Alors je me redresse tout doucement, pour rester consciente de chaque mouvement : en observant le mouvement avec attention, je réalise que lorsque je me redresse, il n’y a pas qu’un seul mouvement vers le haut mais plusieurs mouvements successifs. (Chaque mouvement a un début et une fin).    







jeudi 23 août 2012

Juste des vers...




Je me souviens de l’histoire de ce yogi resté de nombreuses années dans une grotte, sans arriver à l’éveil. Il finit par perdre patience et en sortir. Alors qu’il marchait de nouveau parmi les hommes, il trouva une chienne gravement blessée, inconsciente sur le côté du chemin, les plaies grouillantes de vers et de pus. Mu par l’immense compassion qu’il ressentait, Il se pencha vers la pauvre bête, et commença à nettoyer ses plaies. Pour ne blesser ou tuer aucun des vers qui s’y trouvaient, il ne trouva pas plus doux instrument que sa langue. Dès qu’il eut terminé sa tâche, il atteignit l’éveil.






vendredi 15 juin 2012

Trois aspects du « moi »


On peut distinguer trois concepts différents du « moi » :

  1. le moi empirique ; 
  2. le moi illusoire ; 
  3. le moi transcendantal.



1. Le moi empirique (ou conventionnel) est celui que nous expérimentons constamment dans l’état de veille : le nāma-rūpa. C’est le phénomène (l’individu) qui est censé correspondre au pronom personnel « je » du langage courant (et que même un Eveillé utilise). Le Dharma le définit d’emblée non pas comme une entité autonome, mais comme un faisceau composé de différents éléments :

Sensations, notions, intention, contact, attention : voilà ce qu’on appelle nāma. Les quatre grands éléments et la forme qui dépend des quatre grands éléments : voilà ce qu’on appelle rūpa. Ce nom et cette forme sont appelés nāma-rūpa. (Sammādiṭṭhi Sutta : Sutta de la Vue juste)

Le CEDh inclut la connaissance discriminative (vijñāna) dans le nāma-rūpa 1 (comme le font d'autres textes du Canon pâli), ce qui donne les cinq agrégats bien connus. Même si on ne l’y inclut pas, il y a interdépendance entre connaissance discriminative et nāma-rūpa 2.

Le moi empirique ne devrait pas être considéré comme une entité, mais comme un flux de phénomènes. Il disparaît temporairement en sommeil profond et « se disperse » lors de la mort (de façon définitive en parinirvāna pour un Eveillé). C’est la corde qui subsiste quand le serpent a disparu, selon la comparaison bien connue. Il se distingue aussi de ce qu’on pourrait appeler, par opposition et d’un point de vue entièrement subjectif, « non-moi empirique », comme support d’une connaissance discriminative qui opère une distinction moi / non-moi dans le champ des phénomènes qui se présentent à elle − ou plutôt qu'elle « se représente ».

Il y a aussi une relation de réciprocité entre nāma-rūpa et karma, entre « existence » et « action » : le nāma- rūpa est ce qui agit, mais il est lui-même le résultat des actions (on agit selon ce que l’on est, et inversement ce que l’on est ou devient résulte de la façon dont on agit).

2. Le moi illusoire (sakkāya3, attā) est une illusion, une projection : le mental, par erreur, voit une entité permanente, éternelle, existant de façon absolue dans le moi empirique (d’où l’expression pañca-upādāna- khandhā: les cinq agrégats d’attachement) ou dans une partie de ce dernier (ou souvent même indépendamment de ce dernier, comme une âme immortelle). Cette projection est suscitée par une vue erronée (sk : satkayadrsti, pâli : sakkāya-diṭṭhi) qui est ébranlée quand on devient sotāpanna, mais subsiste encore pour une bonne part jusqu’à l’Eveil, même si ce n'est plus qu'à l’état de trace (asmi-māna) lorsque l’ascète ne voit clairement aucun soi dans les cinq agrégats (comme dans le cas de l’anagamin, explicité dans le Khemaka Sutta4).

Le moi illusoire, qui semble répondre à un besoin de sécurité irrépressible de l’individu non éveillé, est en réalité une inépuisable source de souffrance, car il est en permanence durement « éprouvé » par la caducité du moi empirique (la souffrance, la maladie et toutes les tribulations de l'existence), et par la certitude de la mort. Mais dès que l’on voit que « tout ce qui est sujet à apparition est sujet à cessation » (ce qui correspond en partie au « fruit » de l'éveil obtenu par le sotāpanna), le moi illusoire ne peut plus s’imposer comme une réalité valable : la vue est devenue juste, bien que les notions et le citta puissent encore rester obscurcis en raison des quatre méprises (viparyāsa).


3. Le moi transcendantal (voir la note au sujet de ce terme5) est un postulat du mental qui apparaît de la façon suivante : quand l’ascète se détache du moi empirique pour devenir pur spectateur des phénomènes, il ne trouve plus rien à quoi s’identifier : seul subsiste ce statut de spectateur, dont il ne peut douter (car pour qu’il y ait perception et connaissance, il faut bien « quelque chose » qui puisse percevoir et connaître).


Plusieurs philosophes ou mystiques parlent aussi de « l’œil unique du monde », du « miroir du monde », du « sujet pur de la connaissance », d’une « conscience auto-réflexive », de la « conscience-témoin », etc., qui se manifesterait ou préexisterait chez tout être sensible. Les philosophes en parlent seulement comme d’un concept, alors que pour les mystiques cela correspond à une expérience.

Le Vedanta va jusqu’à en faire un « Spectateur » transcendant qui pourrait être la seule raison qu’il y ait quelque chose plutôt que rien (car un spectacle requiert un spectateur, sinon ce n’est plus un spectacle), d’où une dualité transcendantale entre Puruṣa, pure conscience impassible « qui se tient au centre » (madhyastha), et Prakṛti, le spectacle de la nature qui évolue et tourbillonne « autour » du spectateur.

Le moi transcendantal est la notion la plus subtile de moi que l’on puisse concevoir, et elle accompagne l’ascète tout au long de sa progression dans les dhyānas, alors qu’intervient un raffinement de plus en plus poussé de la conscience, « pelée » successivement de ses différentes couches jusqu’à parvenir au bord de l’extinction, le corps physique « disparaissant » dans le premier dhyāna, la volonté s’effaçant complètement à partir du deuxième, et toute notion de forme, de corps ou de mouvement du mental dans les dhyānas du sans-forme6.

Cependant, même si ce moi transcendantal permet d’une certaine façon de s’élever au-dessus du moi empirique, il n’est pas plus réel que les autres « moi » parce que ce n’est qu’une fonction (ou une structure) imposée par la nature du citta : le paradoxe est que l’on définit quelque chose qui par définition ne peut être connu. On ne peut rien concevoir qui fonde un dualisme spectacle-spectateur strict, car les deux existent évidemment en dépendance l’un de l’autre.

Le moi transcendantal ici exposé n’est pas vraiment un concept bouddhique, encore que l’école Pudgalavāda ait soutenu la conception d’un soi qui ne serait ni identique aux agrégats ni différent des agrégats7 (cette conception est communément rejetée, le « pudgala » n’étant rien de plus que le moi empirique ou conventionnel, ou le moi illusoire si on le présente délibérément comme un « attā » éternel).

4. Conclusion

Les trois « moi » évoqués ici sont vacuité et n'ont soit qu'une existence relative, soit aucune existence du tout. Ce ne sont donc que trois conventions de langage, et l'on se gardera bien de croire à l’existence réelle de l’un ou de l’autre, ou des trois !

*******************

1 Vedanā, saṃjñā, saṃskāra et vijñāna formant ainsi le nāma. 
2 Comme décrit dans la Chaîne des origines interdépendantes, sk : pratītyasamutpāda. 
3 Sakkāya = sat+kāya : « existence-corps ». 
4 Khemaka y dit ceci : « Il n’y a rien dans les cinq agrégats d’attachement que je considère être un soi ou appartenant à un soi, cependant je ne suis pas un arahant. La pensée “je suis” relative aux cinq agrégats n’a pas été surmontée, bien que je ne m’identifie à aucun des agrégats. » 

5 Ne pas confondre "transcendantal" et "transcendant". Ce moi est "transcendantal" au sens de la philosophie idéaliste (Kant, Schopenhauer) ainsi que de la phénoménologie, parce qu’il est postulé comme nécessaire pour expliquer la possibilité de la connaissance : toute connaissance implique un « sujet » qui connaît un « objet », et ce « cadre a priori » (signification réelle du terme transcendantal) prévaut même quand le spectacle est vu sans attachement ni identification. 6 Nous nous fondons ici, avec toutes les réserves qui s'imposent du fait du caractère variable des dhyānas d'un individu à l'autre, sur le "Manuel de méditation" d'Ajahn Brahm pour les caractéristiques du premier et du deuxième dhyāna. Le CEDh enseigne qu’ils ne sont qu’un moyen de tranquillisation (śamatha), utile, mais pas nécessaire pour s’éteindre.
7 Le terme de pudgala (pâli : puggala), « individu séparé », apparaît dans le sutta du fardeau, le Bhāra Sutta : « Katamo ca bhikkhave bhārahāro : puggalotissa vacanīyaṃ ». Qui est le porteur du fardeau ? Celui qu’on doit appeler l’individu (puggala).

Source : Publication éditée par le C.E.D.h

vendredi 8 juin 2012

Comportement alimentaire/vestimentaire et "Action Juste"

Beaucoup (trop) de pratiquant bouddhiste se retranchent derrière le fait que Bouddha mangeait (rarement) de la viande pour continuer de manger des protéines animales tout en parlant de compassion. En tant que pratiquante bouddhiste de la tradition Théravada, je n'ai pas peur de dire que ce n'est pas une "Action Juste" et que si Bouddha vivait en 2012, il serait végétalien.




‎"Je ne tuerai pas, je ne blesserai pas d'êtres vivants, aussi petits soient-ils" est un des cinq préceptes bouddhistes que je m'efforce de respecter dans ma vie de tous les jours. 


Or, en mangeant de la viande ou du poisson, je laisse les autre tuer pour moi, où est la différence?


‎"Lorsque le Bouddha a défini l’Action juste comme s’abstenir de tuer, de voler et de l’inconduite sexuelle, il ne faisait que donner des exemples des outrages les plus 
flagrants que l’on puisse infliger aux autres." 


Bouddha a dit : 


"Tous les êtres vivants ont peur du bâton (de la violence)
Tous les êtres vivants ont peur de la mort.
Vous comparant vous-même aux autres,
Ne faites aucun mal ni n’entraînez un autre (à en faire)
(Dh 129)
"

De nos jours, vu l'horrible souffrance infligée aux animaux (conditions d'élevage, élevages intensif et abattoirs) et puisque en tant que laic nous avons le choix de ne pas manger de protéine animale et que c'est même meilleur pour la planète et pour notre santé, nous devrions dire, sans détourner la parole du Bouddha que manger des protéines animales ( viande, poisson, produits laitiers, oeufs et porter du cuir ou de la laine) dans ces conditions n'est pas une action juste d'autant plus qu'on a le choix d'acheter ou ne pas acheter tel aliment ou tel vêtement (Cuir, fourrure) Nous sommes responsable de nos actes.



Sans action juste pas d'éveil . Aujourd'hui si on tue des milliard d'animaux c'est parce que NOUS les mangeons. Si nous arrêtons de manger les animaux "ils" arrêteront de tuer. Alors ne me dite pas qu'en mangeant des protéines animales on ne participe pas au massacre : "Ne faites aucun mal ni n’entraînez un autre (à en faire) (Dh 129)"


De plus et puisque les protéines animales ne sont pas nécessaires pour notre santé (au contraire, les protéines végétales sont même meilleur pour notre santé que les protéines animales) en manger, c'est juste pour satisfaire un plaisir égoiste et futile. Alors ne nous cachons pas derrière ce que mangeait ou non Bouddha il y 2500 ans pour justifier un comportement alimentaire qui provoque une souffrance monstrueuse à des animaux.  


Qu'il y a t'il au dela de la satisfaction égoiste et passagère de manger des protéines animale ? RIEN, hormis de la souffrance pour votre simple plaisir gustatif. Alors non, manger des protéines animales c'est tout sauf une action juste . D'ailleurs travailler dans un abattoir ne serait pas une action juste mais manger ce que d'autres ont tué pour vous n'est pas une action juste non plus.


Voir les choses comme elles sont : Plus personne ne peut ignorer de nos jours ce qui se passe dans les élevages intensif et derrières les portes des abattoirs. Continuer de manger de la viande, tout en sachant la souffrance que cela provoque, c'est bien pire que d'avoir une inconduite sexuelle. 


Alors je veux bien comprendre que les personnes carnistes qui pratique la méditation bouddjiste , essayent par tous les moyens de dire que leur comportement alimentaire est bon car Bouddha lui même mangeait des animaux il y a 2500 ans. Pourquoi car elle ne veulent surtout pasde priver de leur petit plaisir 
égoiste. Et si vous mangez des animaux par habitude et non par plaisir alors changez vos habitudes. 


Mais ne comparons pas le mode alimentaire de Bouddha et de ses disciples il y a 2500 ans ( ils mangeaient ce qu'on leur donnait quand on avait pas tué pour eux) avec le mode alimentaire d'un homme moderne , pour tenter de justifier un comportement alimentaire qui n'est basé que sur le plaisir gustatif et/ou l'habitude et qui engendre tant de souffrance. 


Catherine (Juin 2012) 

jeudi 8 mars 2012

Pour parler du Bouddhime du Bouddha

Un groupe FaceBook

Un groupe pour parler du Bouddhisme du Bouddha

Qui dit "Bouddhisme" dit "trois joyaux", constitué par:

* - Un homme qui s'est éveillé à la vérité: le Bouddha

* - Les enseignements qu'il a dispensés; le dhamma

* - La quadruple communauté: le sangha, rassemblant des religieux et laïcs, hommes et femmes.





L’objectif premier de ce groupe est de faire connaitre ainsi que d’approfondir l’enseignement du Bouddha, tel qu’enseigné dans le canon pali. ( Le dhamma)

Mais loin des spéculations philosophiques, nous désirons parler aussi de la pratique, de ce que l’on appelle la Méditation (vipassana / samatha) car le Dhamma sans la Pratique n'est qu'une coquille vide.





https://www.facebook.com/groups/216262018400976/

vendredi 24 février 2012

Textes d’U Tejanyia : De quoi nourrir la réflexion

Les points suivants ont été soulevés au cours de discussions sur le Dhamma avec des douzaines de méditants. Certains étaient débutants, et d’autres étaient déjà des pratiquants expérimentés. En fonction de votre expérience personnelle de la méditation, vous allez peut-être comprendre certains de ces points. Ne vous faites pas de souci pour ceux que vous ne comprenez pas encore. Laissez-vous simplement imprégner. Avec le temps et le développement de votre pratique, leur sens s’éclaircira et vous les comprendrez à des niveaux de plus en plus profonds. Au fur et à mesure des progrès de votre méditation, vous finirez par les comprendre tous. Ces points ne sont pas arrangés dans un ordre quelconque, aussi vous pouvez en lire quelques uns à la fois lorsque vous ressentez le besoin d’avoir un peu d’information ou d’inspiration.

La méditation, ce n’est pas seulement s’asseoir sur un coussin. Quelle que soit la position de votre corps, si vous êtes présent avec bienveillance, vous êtes en train de méditer.

Si vous ne pouvez pas être dans l’observation, ne vous forcez pas à le faire. Dans un premier temps, apprenez à vous détendre et à vous sentir confortable.

De temps en temps, essayez la méditation en position allongée. Apprenez à développer la présence quelle que soit la position de votre corps. Soyez toujours présent à votre expérience et remarquez la différence d’effort mental nécessaire pour maintenir la présence dans des positions différentes.

L’effort juste demande de la persévérance. Cela ne veut pas dire qu’il faut se concentrer intensément, vous contrôler, vous forcer ou vous restreindre. La volonté de se concentrer intensément provient de l’avidité, de l’aversion, ou de l’ignorance de la pratique.

Vous pouvez être présent aux sensations corporelles, aux émotions, et aux activités du mental. Mais ne vous identifiez pas à ces expériences; elles sont juste ce qu’elles sont : – les sensations corporelles sont les sensations corporelles, les émotions sont les émotions, les activités du mental sont les activités du mental – c’est là leur nature essentielle. Essayez toujours de garder cette vision en tête ; dans le cas contraire, si par exemple j’en fais l’expérience en tant que « mienne », alors surgiront certainement de l’attachement ou de l'aversion.

Il est plus important d’apprendre à observer, examiner et comprendre la nature d’une expérience que de vouloir qu’elle disparaisse ou d’essayer de la faire disparaître. Vouloir la disparition d’une expérience, c’est une attitude erronée.
Lorsqu’il n’y a pas de souillures dans la conscience qui observe, c’est que vous êtes dans la présence juste.

La conscience qui connaît est un processus qui permet d’avoir la connaissance de tout ce qui se présente à la porte des sens. Cette conscience est toujours là, mais elle ne peut ni reconnaître, ni interpréter ; elle n’a pas de sagesse, pas de compréhension de ce qui se passe. La conscience qui connaît ne fait que prendre connaissance des expériences.

La conscience qui connaît, ou esprit vigilant, observe tout ce que vous éprouvez. Lorsque vous êtes conscient d’observer, vous êtes alors présent à la conscience qui connaît ou esprit vigilant.

On ne peut être présent à la conscience que par la présence à ses activités, à ses perceptions ou à ses contenus. Lorsque vous êtes présent aux pensées, ou à la colère, à la déception, au désir, etc., vous êtes présent à la conscience.  Il est important de reconnaître que c’est la conscience qui est en train de faire ou de ressentir tout cela.

Lorsque vous interférez avec la conscience qui observela vision pénétrante ne peut pas surgir. Apprenez à être présent de manière objective, avec une attention juste.

Lorsque vous tournerez votre observation vers l’intérieur, vous serez surpris, stupéfait et peut-être même choqué de découvrir en vous des idées fixes, des désirs, des peurs, des espérances et des attentes dont vous n’étiez pas conscient.

Toutes les activités mondaines (par exemple : lire, écouter de la musique, faire du sport) impliquent d’avoir des pensées et des concepts. Sans cela, les stimuli extérieurs (les objets) perdent leurs sens. Toutefois, si des concepts surgissent pendant la méditation, il faut simplement prendre conscience qu’il y a des pensées.

Si vous arrivez facilement à vous concentrer sur une expérience, c’est soit par attrait pour sa nature grossière, soit parce que votre attention est stable. Ne vous contentez pas d’être uniquement conscient des expériences de nature grossière. Votre méditation se renforcera en apprenant à observer des expériences subtiles.


Dès l’instant où vous n’aimez pas quelqu’un, une empreinte se crée dans votre conscience. Cette empreinte vous fait voir cette personne de manière figée et cela vous empêche de la voir telle qu’elle est réellement. C’est le travail de la confusion.

Lorsque la conscience est prête à faire l’expérience de la vision pénétrante, celle-ci surgira naturellement, spontanément. Ne la recherchez pas et n’espérez pas qu’elle surgisse; la rechercher conduit à de fausses créations de l’esprit.

Soyez ouvert à toutes les expériences. Ne tirez pas de conclusions hâtives. Continuez simplement à observer et à chercher en profondeur et de manière continue. Aller droit à des conclusions hâtives ne vous permettra pas d’approfondir votre compréhension.

Si vous essayez d’éviter les situations difficiles, vous ne pourrez pas apprendre, ni approfondir votre pratique. Ceci est particulièrement vrai avec les souillures. En apprenant à faire face aux souillures, cela vous amène à les questionner et à comprendre leur vraie nature, et vous permettra de vous en libérer.

Apprenez à développer de l’intérêt pour les situations difficiles. En étant présent sans forcer, vous pourrez tout à coup en comprendre les causes.

Il n’est pas besoin d’identifier ou de classer les perceptions en catégories telles que : agréables, désagréables ou neutres. Simplement, rappelez-vous qu’une perception, c’est juste une perception ; acceptez-la comme elle est.

Lorsqu’on regarde un film, chaque personne qui le regarde le percevra à sa manière, selon sa propre perspective. Ceux qui manquent un peu de maturité verront le film comme un simple divertissement. Ceux qui sont un peu plus matures essayeront également d’en comprendre le message. Il en va de même en matière de méditation, il est tout aussi important de comprendre ce qui se passe.

Plus vous vous concentrez sur une expérience, plus vous utilisez d’énergie. Ceci rend la pratique difficile et fatigante. Votre présence pourrait même diminuer. Si alors vous prenez conscience de cela, vous essaierez peut-être de remonter votre niveau de présence. Ce qui vous amènera à faire encore plus d’effort, avec pour conséquence un effet boule de neige qui peut vous mener à l’épuisement pendant une longue retraite.

Lorsque vous faites beaucoup d’effort pour être présent, vous dépensez votre énergie trop rapidement, et vous ne pourrez pas maintenir la présence tout au long de la journée. Si vous pratiquez de manière décontractée, vous pourrez conserver de l’énergie et garder une pratique constante pendant de longues périodes. Si vous êtes un méditant de longue date, vous ne pouvez pas vous permettre de gaspiller votre énergie. La méditation est la pratique de toute une vie ; c’est un marathon, pas une course de 100 mètres.

Percevez chaque instant comme une véritable opportunité de développer la présence, mais ne pratiquez pas de manière trop sérieuse. Si vous êtes trop sérieux, vous serez tendu et vous ne serez plus naturel.

Une fois que vous saurez comment vous détendre, vous deviendrez sensible à vos propres besoins. Vous reconnaîtrez les moments où vous faites trop d’efforts et vous saurez comment économiser votre énergie.

Lorsque vous lisez ou entendez les expériences de méditation d’autres personnes, il est possible que, consciemment ou inconsciemment, vous essayiez de les rechercher. Si vous faites alors une expérience similaire, vous allez peut-être croire que c’est une vision pénétrante. Mais vous n’avez eu qu’une expérience similaire. Une vision pénétrante est une véritable compréhension de la réalité.

Le fait d’être distrait est un phénomène naturel. Si on le repousse constamment, on n’accepte pas ce qui est naturel. Une fois qu’on accepte ceci, c’est-à-dire avec l’attitude juste, l’observation de la distraction devient plus facile. Il se peut qu’au début vous vous perdiez  souvent dans les pensées – c’est normal ; en pratiquant, au fil du temps, vous commencerez à percevoir la distraction comme étant « simplement des pensées », en vous y perdant de moins en moins.

Ne résistez-pas, ne créez pas d’attentes – acceptez les expériences telles qu’elles sont.

La distraction n’est pas un problème ; le problème, c’est l’ attitude qui considère que la distraction est un problème. L’objet de l’expérience n’est pas important ; c’est la manière dont vous l’observez, dont vous le considérez qui est importante.

Ce que vous observez, ou encore l’endroit d’où vous l’observez n’a pas d’importance ; c’est  votre présence qui est importante.

Chaque moment est le bon moment pour méditer.

Le but de la méditation samatha est d’atteindre certains états mentaux, alors que la méditation vipassana est un chemin de connaissance et de compréhension.

La méditation en présence peut être comparée à la façon dont on regarde un film. Vous êtes bien assis, détendu et vous observez. Le fil de l’histoire se déroule naturellement, et ce que vous percevez dépend de votre niveau de compréhension.

Si vous n’avez pas l’attitude juste, alors d’une façon ou d’une autre, la conscience est troublée.

La vision pénétrante en soi n’est pas si importante. : l’important est que cette vision amène une transformation à la conscience. Celle-ci vous permettra, dans le futur, de gérer des situations semblables sans confusion.

Il est important de reconnaître et d’accepter les souillures qui sont présentes à la conscience. Mais il est tout aussi important de reconnaître leur absence!

La compréhension n’est pas linéaire. Vous pouvez comprendre les choses de manières différentes, à des niveaux différents et sous des angles différents.

La sagesse entraîne vers le bien, mais elle n’y est pas attachée. Elle se détourne de ce qui n’est pas bien, mais elle n’a pas d’aversion envers ceci. La sagesse fait la différence entre ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas, et elle permet de voir clairement la nature indésirable de ce qui n’est pas convenable.

La confusion peut mettre vos idées sens dessus dessous ; elle vous fera voir ce qui est faux comme étant juste, et ce qui est juste comme étant faux.

Eviter les situations difficiles ou s’en éloigner ne requiert pas de grandes qualités ou d’efforts. Mais agir ainsi ne vous permet pas de tester vos limites, ni de grandir. Faire face aux difficultés peut être crucial pour l’approfondissement de votre pratique.  Cependant, si vous êtes face à une situation qui vous submerge, il vous faut prendre du recul et attendre jusqu’à que vous ayez rassemblé assez de force pour bien la gérer.

 Le but de la pratique, c’est d’approfondir la sagesse. Le développement de la sagesse ne peut se produire que si l’on arrive à reconnaître, comprendre et dépasser les souillures. Il est nécessaire de mettre vos limites à l’épreuve en vous donnant l’opportunité de faire face aux souillures. Si vous ne faites pas face aux défis de la vie, la conscience restera faible à jamais.

Le développement de la présence est le chemin  d’une vie. Il n’y a pas besoin de se presser ou de s’inquiéter. Il est important de pratiquer de manière juste, afin de pouvoir appliquer ses connaissances dans la vie courante, pas seulement au centre de méditation.

Plus vous essayerez de voir quelque chose, moins clair ce sera. C’est seulement lorsque vous serez détendu que vous pourrez voir les choses telles quelles sont. Ceux qui ne recherchent rien de particulier verront beaucoup plus.

Une présence forte n’a pas de pouvoir spécial. La présence est forte lorsque les souillures ne sont pas présentes, lorsque vous avez l’attitude juste.

suite : http://www.vimalakirti.org/?page_id=2050&page=5