lundi 9 juillet 2007

La pratique au quotidien



Je ne tuerai pas, je ne blesserai pas d'êtres vivants, aussi petits soient-ils


(Lire VELUDVAREYYA-SUTTA à la fin de ce message)



Pratiquer le Dhamma, ce n'est pas seulement méditer en posture assise ou en marchant, pratiquer le dhamma c'est aussi et avant tout développer et respecter Sila. Sila, c'est la base, les fondations.
Une personne qui pratique la méditation
vipassana chez elle ou durant une retraite et qui pourtant, vole, écrase des insectes intentionnellement, prononce régulièrement des paroles blessantes, trompe son conjoint et j'en passe, n'a rien compris et ne progressera pas.
Il est parfois impossible de suivre les 5 ou 8 préceptes que l'on s'est engagé à suivre, mais on doit faire le maximum pour les respecter le plus souvent possible.
L'intention est très importante.



Hier, alors que je voulais prendre une douche j'ai trouvé une vingtaine de minuscules bébés araignées dans le bac. Alors qu'il aurait été si rapide et si facile de les faire partir avec l'eau, je les ai enlevé un par un afin de ne pas les tuer.

j'ai toujours respecté la vie, bien avant de pratiquer la méditation vipassana. J'ai toujours pensé que je n'avais pas de droit de vie ou de mort, même sur un asticot.




Il faut développer
SILA.
L’aspect moral du Chemin Octuple qui se compose de trois facteurs : la Parole Juste, l’Action Juste et le Moyen d’Existence Juste – ce qui signifie que nous sommes responsables de nos paroles et de nos actes
Sans Sila, cela ne sert à rien de rester pendant des heures assis sur un coussin de méditation, la Sagesse ne viendra pas.
Mais d'un autre côté, la pratique va nous aider à renforcer sila:
Comme le souligne le Vénérable Pannathami :


À chaque moment d’attention, nous serons alors en mesure d’éliminer l’impureté. Notre esprit sera pur et aucun désir ne viendra le pénétrer; on aura éliminé l’avidité et la colère. Mais Pour l'instant, il ne s’agit que d’une élimination temporaire.
Un être ordinaire, un puthujjana a toujours des impuretés, son esprit n’est jamais pur. Si il apprend à être attentif, les impuretés ne pourront plus pénétrer dans son esprit et durant cette période, il connaîtra la paix. Il faut donc s’efforcer d’être attentif le plus possible.

Mais, si dans une vie, ou plusieurs, nous devons faire un choix entre Sila ou la pratique de la méditation formelle, sans hésiter, c'est le premier qui doit l'emporter.
Jamais nous ne comprendrons quoi que ce soit, si dans la vie de tous les jours, nous continuons d'écraser des insectes sous prétexte qu'ils nous dérangent.



La base de la pratique :

"La base de la pratique est la discipline. Elle porte sur le comportement extérieur, les actions physiques et verbales, la pensée intérieure, et l'entraînement à la méditation.
La discipline soutient la méditation qui soutient, à son tour, la discipline. Les deux sont soutenues par la motivation. Une pratique équilibrée et correctement motivée se fonde sur certaines convictions - qui peuvent résulter de tendances "innées" ou de réflexions nourries par l'étude - et sur des instructions demandées et reçues au cours d'un enseignement suivi avec un maître."



Comme le souligne Michel Henri Dufour:
La pratique de l’unicité de l’esprit doit s’appuyer sur des bases fermes d’éthique (siila) et ne peut réussir si l’on ne fait aucun effort réel pour être strict dans les Préceptes.








Nous devons être rempli de compassion pour nous même et pour tous les êtres vivants,
sinon la méditation n'a aucun sens.









VELUDVAREYYA-SUTTA: Conseils aux laïcs
(5.1) Ainsi ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux voyageant dans les provinces du pays Kosala, avec une grande troupe de disciples, arriva à Veludvara, un village de brahmanes. Les habitants de Veludvara, brahmanes chefs de famille, apprirent que le religieux Gotama, fils des Sakyas, qui avait abandonné sa famille sakyas, et quitté son foyer pour entrer dans la vie religieuse, en voyageant dans les provinces du pays Kosala, était parvenu à Veludvara.
(5.2) En effet, une bonne réputation s'était propagée à propos du Bienheureux Gotama: Il est le Bienheureux, l'Arahant, parfaitement et pleinement éveillé, parfait en sagesse et en conduite, bien arrivé (à son but), le Connaisseur des mondes, l'incomparable Guide des êtres qui doivent être guidés, l'Instructeur des dieux et des humains, le Bouddha, le Bienheureux.
(5.3) Ayant connu lui-même ce monde-ci avec ses dieux, avec ses Mara(s) et ses Brahma(s), avec ses troupes de religieux et de brahmanes, ses êtres célestes et humains, il le fait connaître.
(5.4) Il enseigne la doctrine, bonne en son début, bonne en son milieu, bonne en sa fin, bonne dans sa lettre et dans son esprit, et il exalte la Conduite pure parfaitement pleine, parfaitement pure. Rencontrer un tel Arahant est vraiment une chance."
(5.5) Les brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvara, rendirent visite au Bienheureux. En arrivant, certains parmi eux rendirent hommage au Bienheureux, puis s'assirent à l'écart sur un côté. D'autres échangèrent avec lui des politesses et des paroles de courtoisie, puis s'assirent à l'écart sur un côté. Certains, les mains jointes, se tournèrent vers le Bienheureux puis s'assirent à l'écart sur un côté. D'autres encore, ayant énoncé leurs noms et leurs noms de famille, s'assirent à l'écart sur un côté. D'autres s'assirent à l'écart sur un côté sans rien dire.
(5.6) S'étant assis à l'écart sur un côté, les brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvara, s'adressèrent au Bienheureux et dirent: O vénérable Gotama, nous sommes des gens qui ont telles passions, tels espoirs, telles intentions comme: "de vivre au milieu de beaucoup d'enfants", "d'utiliser le santal de Bénarès", "de porter des guirlandes et d'utiliser des parfums et des onguents", "d'accepter l'or et l'argent", "de renaître dans les destinations heureuses, dans les états célestes, après la dissolution du corps, après la mort".
(5.7) Nous vous demandons, ô vénérable Gotama, enseignez-nous une doctrine selon laquelle nous pourrions vivre avec telles passions, tels espoirs, telles intentions comme: "De vivre au milieu de beaucoup d'enfants, d'utiliser le santal de Bénarès, de porter des guirlandes et d'utiliser des parfums et des onguents, d'accepter l'or et l'argent, de renaître dans les destinations heureuses, dans les états célestes, après la dissolution du corps, après la mort."
(5.8) Le Bienheureux dit: O chefs de famille, je vous enseignerai donc un mode de vie qui procure un profit à chacun. Ecoutez-le. Rendez vos oreilles attentives". Entendu, ô vénérable Gotama", répondirent les brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvara.
(5.9) Le Bienheureux dit: Quel est, ô chefs de famille, le mode de vie qui procure un profit à chacun? Imaginons, ô chefs de famille, que le disciple noble réfléchisse ainsi: "J'aime la vie et je ne veux pas mourir. J'aime la joie et je répugne aux douleurs. Si je suis privé de la vie par quelqu'un, c'est un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi. Si, moi, je prive quelqu'un d'autre de sa vie, ce ne sera un fait ni agréable ni plaisant pour lui, car il ne veut pas qu'on le tue, et il aime la joie, et il répugne aux douleurs.
(5.10) Ainsi, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un d'autre?
(5.11) Le résultat d'une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s'abstient de tuer les êtres vivants. Il encourage les autres à s'abstenir de tuer les êtres vivants. Il parle et fait l'éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de son corps, il est complètement pur.
(5.12) Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble réfléchisse ainsi: Si quelqu'un prenait avec l'intention de la voler une chose m'appartenant que je ne lui ai pas donnée, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour moi. Si moi, je prenais avec l'intention de la voler une chose appartenant à quelqu'un d'autre qu'il ne m'aurait pas donnée, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour lui.
(5.13) Ainsi, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un d'autre ?
(5.14) Le résultat d'une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s'abstient de prendre ce qui ne lui est pas donné. Il encourage les autres à s'abstenir de prendre ce qui ne leur est pas donné. Il parle et fait éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de son corps, il est complètement pur.
(5.15) Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble réfléchisse ainsi: Si quelqu'un avait des relations sexuelles avec mes femmes, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour moi. Si moi, j'avais des relations sexuelles avec les femmes de quelqu'un d'autre, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour lui.
(5.16) Ainsi, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un d'autre?
(5.17) Le résultat d'une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s'abstient de s'engager dans les relations sexuelles illicites. Il encourage les autres aussi à s'abstenir de s'engager dans des relations sexuelles illicites. Il parle et fait l'éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de son corps, il est complètement pur.
(5.18) Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble réfléchisse ainsi: Si quelqu'un entamait mon bien-être par des mensonges, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour moi. Si moi, j'entamais le bien-être de quelqu'un d'autre par des mensonges, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour lui.
(5.19) Ainsi, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un d'autre?
(5.20) Le résultat d'une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s'abstient de dire des mensonges. Il encourage les autres aussi à s'abstenir de dire des mensonges. Il parle et fait l'éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de sa parole, il est complètement pur.
(5.21) Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble réfléchisse ainsi: Si quelqu'un me séparait de mes amis par la calomnie, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour moi. Si moi, je séparais un autre de ses amis par la calomnie, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour lui.
(5.22) Ainsi, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis je l'infliger à quelqu'un d'autre?
(5.23) Le résultat d'une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s'abstient de dire des paroles calomnieuses. Il encourage les autres aussi à s'abstenir de dire des paroles calomnieuses. Il parle et fait l'éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de sa parole, il est complètement pur.
(5.24) Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble réfléchisse ainsi: Si quelqu'un me traitait avec des paroles insensées, des paroles futiles, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour moi. Si moi, je traitais un autre avec des paroles insensées, des paroles futiles, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour lui.
(5.25) Ainsi, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un d'autre?
(5.26) Le résultat d'une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s'abstient de dire des paroles insensées, des paroles futiles. Il encourage les autres aussi à s'abstenir de dire des paroles insensées, des paroles futiles. Il parle et fait l'éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de sa parole, il est complètement pur.
(5.27) Puis, le disciple noble possède une confiance sereine à l'égard du Bouddha, en réfléchissant: "Il est le Bienheureux, l'Arahant, parfaitement et pleinement éveillé, parfait en sagesse et en conduite, bienvenu, le Connaisseur des mondes, l'incomparable Guide des êtres qui doivent être guidés, l'Instructeur des dieux et des humains, le Bouddha, le Bienheureux."
(5.28) Puis, le disciple noble possède une confiance sereine à l'égard de l'Enseignement, en réfléchissant: "Bien exposé par le Bienheureux est l'Enseignement, donnant des résultats ici même, immédiat, invitant à le comprendre, conduisant à la perfection, compréhensible par les sages en eux-mêmes.
(5.29) Puis le disciple noble possède une confiance sereine à l'égard de la Communauté, en réfléchissant: La Communauté des disciples du Bienheureux est de conduite droite, la Communauté des disciples du Bienheureux est de conduite correcte, la Communauté des disciples du Bienheureux est de conduite bienséante; ce sont en fait les quatre paires d'êtres: les huit êtres. Telle est la Communauté des disciples du Bienheureux, digne des offrandes, digne de l'hospitalité, digne de dons, digne de respect; le plus grand champ de mérite pour le monde.
(5.30) Désormais, ô chefs de famille, puisque le disciple noble a rempli ces sept conditions et ces quatre points d'avantage, s'il le veut, il peut déclarer avec certitude: "La voie vers l'enfer a été coupée, la voie vers les naissances animales a été coupée, la voie vers le monde des esprits malheureux a été coupée, la voie vers les mondes de malheurs, vers le malheur, vers les destinations malheureuses, a été coupée. Je suis entré dans le courant. Il est sûr que je ne suis plus destiné à retomber. Je suis destiné à atteindre l'état d'Eveil."
(5.31) Cela dit, les brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvara, dirent au Bienheureux: Merveilleux, ô vénérable Gotama, merveilleux, ô vénérable Gotama. C'est (vraiment), ô vénérable Gotama, comme si l'on redressait ce qui a été renversé, découvrait ce qui a été caché, montrait le chemin à l'égaré, ou apportait une lampe dans l'obscurité en pensant: "Que ceux qui ont des yeux voient les formes", de même le vénérable Gotama a rendu claire la doctrine de nombreuses façons.
(5.32) Nous prenons refuge dans le vénérable Gotama, dans l'Enseignement et dans la Communauté des disciples. Que le vénérable Gotama veuille bien nous accepter comme disciples laïcs de ce jour jusqu'à la fin de nos vies.




2 commentaires:

Franck. a dit…

" Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble réfléchisse ainsi: Si quelqu'un avait des relations sexuelles avec mes femmes, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour moi. Si moi, j'avais des relations sexuelles avec les femmes de quelqu'un d'autre, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour lui.
(5.16) Ainsi, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour quelqu'un d'autre. Donc, un fait qui n'est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis-je l'infliger à quelqu'un d'autre?
(5.17) Le résultat d'une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s'abstient de s'engager dans les relations sexuelles illicites. Il encourage les autres aussi à s'abstenir de s'engager dans des relations sexuelles illicites. Il parle et fait l'éloge d'une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de son corps, il est complètement pur."

Cette partie et toutes les parties sont à remettre dans leurs contextes historique. Et à actualiser. Qu'est ce que tromper mon ou ma conjointe? Est ce réellement d'avoir des relation charnelles avec une ou un autre alors que nous sommes en couple? Nous ne sommes même pas obligé d'aller jusqu'au charnelle.
Je pense que mon lien avec la personne que j'aime est fort et nous nous aimons même à des kilomètres de distance. Nous nous questionnons sur les relations exclusives, la tradition bouddhiste, chrétienne et musulmane à ce propos, la tradition lié aux anciens contextes historiques et ce que nous avons l'opportunité de vivre en ce moment.
Êtes vous capable de savoir votre amoureux-se dans les bras d'une autre personne simplement parce qu'il-elle juge important et peut être même vital de s'enrichir d'autres relations si cela se présente, humaine et à l'écoute de son plaisir, de notre amour et de votre couple ?
Qu'est ce que cela vous fait d'imaginer cela? De le vivre, c'est autre chose et c'est, d'après moi, important. Aller voir, par sois même, ce qui nous parait juste, ce qui nous dérange, dans l'écoute et la communication à et aux autres.
Je serai très heureux que ce partage se transforme en discussion.
Bien à vous,
Franck.

Hélène DOIZY a dit…

C'est ce que je me disais en lisant ces lignes: ce n'est pas parce que je ne veux pas être trompée par mon homme que je ne vais pas accepter des relations sexuelles autres mais parce que mon engagement pour lui, avec lui, est plus fort que toute autre rencontre. Si ce n'est pas le cas je change de partenaire et s'il change de son côté je lui souhaite longue route.
Je me fais les mêmes commentaires sur l'ensemble des propositions du texte: ce n'est pas parce que je n'aimerais pas être tuée que je ne tue pas mais parce que j'aime la vie et que cet animal en face de moi est mon ami mais si c'est un monstre je suis prête à le tuer...
Bien à toi
Brazil