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lundi 25 octobre 2010

Le Dalaï Lama condamne l'élevage des poules pondeuses en batterie


Appel du Dalaï Lama du 26 août 2010 à propos de l'élevage des poules pondeuses en batterie 






"Les mauvais traitements que nous infligeons aux poules ont toujours été particulièrement choquants pour moi, et j'ai toujours été particulièrement concerné par la façon dont ces animaux sont traités dans la production alimentaire industrielle. J'ai été troublé lorsque mes amis de HSUS (**) m’ont informé sur le système de confinement des poules pondeuses dans des cages minuscules.
Dans ces cages, les oiseaux ne peuvent pas se livrer à leurs comportements naturels, comme étendre leurs ailes, pondre dans un nid, se percher, gratter le sol, et même se tenir sur une surface solide. Chaque poule a moins d'espace pour vivre que la feuille de papier sur laquelle j‘ai écrit cette lettre.
Transformer ces oiseaux sans défense en machines à produire des œufs, sans la moindre considération pour leur bien-être est une dégradation de notre propre humanité. Le passage aux œufs de poules élevées hors cage permettrait de diminuer la souffrance de ces animaux.
Les Tibétains ont une riche tradition de protection des plus vulnérables de la société et d’opposition à la cruauté, c’est pourquoi il est naturel pour moi d’encourager le changement vers les œufs de poules élevées hors cage. Suivant cette tradition, j’espère que la compassion et la bonté prévaudront dans cette affaire très grave "

Source : Texte Traduit par L124 Ethique Animaux 






"Pour consommer de la viande, du poisson, des œufs, des produits laitiers, il faut faire naître des animaux, sélectionner ceux qui seront utiles, éliminer les autres, les enfermer, les mutiler, les engraisser, les capturer, les transporter, les tuer et les couper en morceaux"

mardi 12 août 2008

BOUDDHISME : LA CONFUSION


Par Tinh'y


« J’y comprends plus rien »

La « cause Tibétaine » et l’ambiguïté du Dalai Lama ne sont pas sans semer la confusion dans le bouddhisme occidental...

Les enseignements, la pratique disparaissent sous la cause. La hargne, la revendication, la haine de la Chine, le refus d’une analyse politique saine envahissent les esprits... les drapeaux flottent au vent et le Dhamma s’évapore avec eux...

Le Dalai Lama est à Nantes...là où j’habite et quelle ne fut pas ma surprise de m’entendre dire : « vous allez voir le Dalai Lama ? ». J’avoue que l’idée ne m’avait même pas effleurée... Le Bouddhisme du Dalai Lama n’est pas le bouddhisme que je pratique... mais voilà le problème, cet homme à la fois roi en exil et « chef » spirituel est présenté comme le chef des bouddhistes... Et lui-même se garde bien de démentir...

Les bouddhistes occidentaux eux mêmes sont ambivalents et n’hésitent pas à renier les enseignements en courbant l’échine... Cela est sans doute dû à la peur de n’être pas reconnu...

Personnellement je ne peux pas faire cette démarche, les enseignements du Bouddha me sont précieux et ils contredisent bien des propos du Dalai Lama.

Je ne confonds pas le bouddhisme tibétain avec ce qu’en dit le Dalai Lama ou Mathieu Ricard... Le Bouddhisme tibétain est lui même victime de cette politique et l’absorption des différentes lignées sous la houlette du Dalai Lama est déjà une trahison.. A force de refaire l’histoire, de l’embellir, de l’enjoliver, on finit par dire n’importe quoi et la vérité disparait... Les Karmapas de la lignée Kagyu ont eu à souffrir pendant des siècles de la domination Guélougpa, et ce de manière parfois très violente...

La non reconnaissance du XVIIéme Karmapa par le Dalai Lama n’en est qu’un signe...(1)

Peu importe toutes ces polémiques, ce qui importe c’est que tout cela contribue largement à la dégénérescence du Dhamma... Les bouddhistes tibétains s’en défendent puisque d’après leur doctrine le Dharma est éternel ... ce n’est pas l’enseignement du Bouddha...

Le refus d’aborder les divergences entre les différentes écoles bouddhistes mène tout droit à un bouddhisme confus, fer de lance de l’impérialisme américain... c’est bien dommage.

Un bouddhisme dont l’unique but deviendra la défense du Tibet et le soutien au Dalai Lama...

A mon avis, si le Dalai Lama est reconnu comme un sage c’est parce que souvent il ne fait que dire ce que les gens ont envie d’entendre, d’où des propos très contradictoires où tout le monde peut retrouver son compte...

Un chef mondial du bouddhisme cela n’existe pas... Il n’existe qu’une seule chose : le Dhamma.

« En conséquence, Ananda, soyez des îles pour vous-mêmes, des refuges pour vous-mêmes, et ne cherchez aucun refuge extérieur ; avec le Dhamma pour votre île, le Dhamma pour votre refuge, ne cherchez aucun autre refuge. »Et comment, Ananda, un bhikkhu est-il une île pour lui-même, un refuge pour lui-même, et ne cherche-t-il aucun autre refuge ; avec le Dhamma pour son île, le Dhamma pour son refuge, ne cherche—t-il aucun autre refuge ?

34. "Lorsqu’il demeure dans la contemplation du corps dans le corps, sincèrement, en état de comprendre clairement, et attentif, après avoir surmonté le désir et le chagrin par rapport au monde ; quand il demeure dans la contemplation des sensations dans les sensations, de l’esprit dans l’esprit, des objets mentaux dans les objets mentaux, sincèrement, en état de comprendre clairement, et attentif, après avoir surmonté le désir et le chagrin par rapport au monde, alors, en vérité, il est une île pour lui-même, un refuge pour lui-même, ne cherchant pas de refuge extérieur ; ayant le Dhamma pour son île, le Dhamma pour son refuge, il ne cherche aucun autre refuge.

35. « Ces miens bhikkhus, Ananda, qui maintenant ou après mon départ, seront ainsi une île pour eux-mêmes, un refuge pour eux-mêmes, ne chercheront aucun autre refuge ; qui, ayant le Dhamma pour leur île et refuge, ne chercheront aucun autre refuge : ce sont eux qui deviendront les plus hauts, s’ils ont le désir d’apprendre.
» (Mahaparinibbana sutta)



mercredi 9 avril 2008

La "voie du milieu" pour le Tibet, par le dalaï-lama


Depuis le 10 mars, nous assistons à des manifestations et à des protestations dans presque toutes les régions du Tibet, et même à des mouvements d'étudiants dans certaines agglomérations chinoises. Ces explosions de colère sont le résultat de l'angoisse mentale et physique des Tibétains depuis trop longtemps refoulée et du profond ressentiment qu'ils éprouvent face à la négation des droits du peuple tibétain, l'absence de liberté religieuse et la distorsion systématique de la vérité de la part des autorités chinoises.

Je suis attristé et préoccupé que l'on utilise des armes pour réprimer les manifestations pacifiques du peuple tibétain, occasionnant de nombreux morts, blessés et arrestations. Aussi tragiques que regrettables, cette répression et ces souffrances ne peuvent qu'arracher des larmes de compassion à toute personne sensible. Je me sens toutefois impuissant face à ces tragiques incidents. Je prie pour tous les Tibétains, mais aussi pour tous les Chinois qui ont perdu la vie dans la crise actuelle.

Les protestations récentes dans l'ensemble du Tibet contredisent la propagande de la République populaire de Chine selon laquelle, hormis une poignée de "réactionnaires", la majorité des Tibétains jouissent d'une existence prospère et satisfaisante. Ces protestations ont montré à l'évidence que les Tibétains des trois provinces du Tibet – l'U-Tsang, le Kham et l'Amdo – entretiennent les mêmes aspirations et les mêmes espoirs. Ces protestations ont également fait savoir au monde entier que le problème du Tibet ne peut plus longtemps être ignoré.

Elles montrent qu'il faut trouver un moyen de régler le problème en "parvenant à la vérité à partir des faits". Il convient de souligner la bravoure et la détermination des Tibétains qui ont, dans l'intérêt de leur peuple et au risque de leur vie, fait part de leur profonde angoisse et exprimé leurs espoirs. La communauté mondiale a d'ailleurs reconnu et soutenu leur action courageuse.

J'apprécie l'attitude de nombreux fonctionnaires et cadres tibétains du Parti communiste qui, sans perdre leur identité tibétaine, ont fait preuve de cran et de droiture au cours de la crise actuelle. A l'avenir, j'en appellerai à ces cadres et fonctionnaires tibétains du parti afin qu'au lieu de poursuivre leur intérêt personnel, ils œuvrent à préserver l'intérêt général du Tibet en transmettant à leurs supérieurs dans le parti les véritables sentiments du peuple tibétain et en s'efforçant de le diriger de manière objective.

Des présidents, premiers ministres, ministres des affaires étrangères, lauréats du prix Nobel, parlementaires et citoyens concernés du monde entier adressent aujourd'hui aux autorités chinoises des messages clairs et forts afin qu'elles mettent un terme à la brutale répression qu'elles exercent à l'encontre du peuple tibétain. Tous cherchent à convaincre le gouvernement chinois d'emprunter une voie par laquelle une solution mutuellement satisfaisante puisse être trouvée.

TENIR À NOTRE PRATIQUE DE LA NON-VIOLENCE

Nous devons créer les conditions permettant à leurs efforts de déboucher sur des résultats positifs. Je sais que l'on vous provoque par tous les moyens, mais il est important de nous en tenir à notre pratique de la non-violence.

Les autorités chinoises ont lancé des allégations mensongères à mon égard, m'accusant d'avoir provoqué et orchestré les récents événements. Ces allégations sont infondées. J'ai appelé à plusieurs reprises à la constitution d'un organisme international indépendant et reconnu afin qu'une enquête minutieuse soit menée sur cette question. Je suis persuadé qu'un tel organisme indépendant saura faire surgir la vérité. Si la République populaire de Chine dispose du moindre élément ou de la moindre preuve susceptible d'étayer ses affirmations, elle doit les présenter au monde. Se contenter d'allégations ne suffit pas.

En ce qui concerne l'avenir du Tibet, je suis déterminé à rechercher une solution dans le cadre de la Chine. Depuis 1974, je suis resté sincèrement attaché à l'approche de la "voie du milieu", la seule susceptible de nous être mutuellement bénéfique. Le monde entier le sait. La "voie du milieu" consiste en ce que les Tibétains soient gouvernés par une administration qui jouisse d'une authentique autonomie régionale nationale avec toutes les garanties afférentes, c'est-à-dire l'autoadministration et la pleine capacité de décision, sauf en ce qui concerne les questions touchant aux relations avec l'étranger et à la défense nationale. J'ai toutefois toujours affirmé que ce sont les Tibétains vivant au Tibet qui, en dernier ressort, auront le droit de décider de l'avenir du Tibet.

L'accueil des Jeux olympiques cette année est l'objet d'une grande fierté pour le 1,2 milliard de Chinois. J'ai, depuis le début, approuvé l'organisation de ces Jeux à Pékin. Ma position sur cette question demeure inchangée. Je pense que les Tibétains ne devraient en rien entraver le déroulement des Jeux. Il est légitime que les Tibétains luttent pour leurs droits et leurs libertés mais, d'un autre côté, il serait vain et inutile de faire quelque chose qui suscite la haine dans l'esprit des Chinois. Au contraire, nous devons renforcer la confiance et le respect dans nos cœurs afin de créer une société harmonieuse, car nous n'y parviendrons pas par la force et l'intimidation.

Le combat que nous menons est dirigé contre quelques individus au sein du gouvernement chinois, et non contre le peuple chinois. Aussi, nous devons nous efforcer de ne jamais susciter de malentendus ni faire quoi que ce soit qui puisse heurter le peuple chinois. Même dans cette situation difficile, beaucoup d'intellectuels, d'écrivains, de juristes chinois vivant en Chine ou dans d'autres régions du monde ont sympathisé avec notre cause et nous ont fait part de leur solidarité en publiant des déclarations, en écrivant des articles et en nous exprimant un soutien qui nous va droit au cœur.

Si la situation actuelle au Tibet devait perdurer, je crains beaucoup que le gouvernement chinois ne décide d'employer une force encore plus brutale et d'accentuer la répression à l'encontre du peuple tibétain. En raison de mes obligations morales et de ma responsabilité à l'égard du peuple tibétain, j'ai demandé à de multiples reprises à la Chine de mettre un terme à la répression dans toutes les régions du Tibet et d'en retirer ses forces armées et sa police. Si mes démarches devaient donner des résultats, je conseillerais également aux Tibétains d'arrêter toutes les manifestations.

Je voudrais exhorter mes amis tibétains, qui vivent dans la liberté en dehors du Tibet, à être très attentifs à la manière dont ils expriment ce qu'ils ressentent sur les événements en cours au Tibet. Nous ne devons nous engager dans aucune action qui puisse, de près ou de loin, être interprétée comme une action violente. Même face aux provocations les plus manifestes, nous ne devons pas laisser compromettre les précieuses valeurs auxquelles nous sommes attachés. Je suis convaincu que nous l'emporterons en continuant de suivre la voie de la non-violence. Nous devons avoir l'intelligence de comprendre ce qui nous vaut l'amitié et le soutien sans précédent dont nous bénéficions.

Du fait que le Tibet est pour l'instant presque hermétiquement clos, et qu'aucun organe d'information international n'y est autorisé, je doute que mon message parvienne aux Tibétains qui y vivent, mais j'espère que, grâce aux médias et au bouche-à-oreille, une majorité d'entre vous en prendra connaissance.

Source : lemonde

mardi 1 avril 2008

Appel au peuple chinois de Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama, 28 mars 2008


Je salue aujourd’hui chaleureusement mes sœurs et frères chinois du monde entier, et tout particulièrement ceux de la République populaire de Chine. A la lumière des événements survenus dernièrement au Tibet, j’aimerais vous faire part de mes réflexions sur les relations entre le peuple tibétain et le peuple chinois, et lancer à chacun d’entre vous un appel personnel.

Je suis profondément attristé par les pertes de vies subies lors des derniers événements tragiques au Tibet et suis conscient que des Chinois ont également trouvé la mort. Je compatis avec les victimes et leurs familles, et je prie pour elles. Les troubles récents démontrent nettement la gravité de la situation au Tibet ainsi que l’urgence de trouver une solution pacifique et mutuellement bénéfique par le dialogue. Même dans les circonstances actuelles, j’exprime aux autorités chinoises ma volonté de travailler avec elles pour établir la paix et la stabilité.

Sœurs et frères chinois, je vous assure que je ne désire nullement la séparation du Tibet. Je ne souhaite pas non plus enfoncer un coin entre Tibétains et Chinois. J’ai au contraire toujours eu à cœur de trouver une véritable solution au problème du Tibet, qui garantisse les intérêts à long terme des Chinois comme des Tibétains. Comme je l’ai maintes fois répété, mon principal souci est d’assurer la survie de la spécificité de la culture, de la langue et de l’identité du peuple tibétain. En tant que simple moine qui s’efforce d’observer chaque jour de sa vie les préceptes bouddhiques, je vous assure de la sincérité de ma motivation.

J’appelle les dirigeants de la République populaire de Chine à clairement comprendre ma position et à œuvrer au règlement de ces problèmes en "recherchant la vérité dans les faits".
Je presse les dirigeants chinois de faire preuve de sagesse et d’entamer un dialogue sérieux avec le peuple tibétain. Je les appelle aussi à déployer des efforts sincères pour contribuer à la stabilité et à l’harmonie de la République populaire de Chine et éviter de provoquer des tensions inter-ethniques. La couverture des derniers événements au Tibet par les médias publics chinois qui dénaturent la réalité et induisent en erreur pourrait semer des graines de tensions ethniques et avoir des conséquences imprévisibles à long terme. C’est pour moi un grave sujet de préoccupation. De même, en dépit de mon soutien répété aux Jeux olympiques de Beijing (Pékin), les autorités chinoises, dans le but de creuser un fossé entre le peuple chinois et moi-même, affirment que j’essaie de saboter les jeux. Il est toutefois encourageant pour moi de constater que plusieurs intellectuels et universitaires chinois expriment également les fortes préoccupations suscitées par les actions des dirigeants chinois et les risques pouvant en découler à long terme, notamment en matière de relations inter-ethniques.

Depuis des temps anciens, Tibétains et Chinois vivent comme voisins. Durant les deux mille ans de l’histoire connue de nos peuples, nous avons parfois entretenu des relations amicales, contractant même des alliances matrimoniales, alors que d’autres fois, nous nous sommes combattus. Le bouddhisme ayant cependant fleuri en Chine avant d’arriver au Tibet par l’Inde, nous, Tibétains, avons toujours accordé aux Chinois le respect et l’affection dus aux sœurs et frères aînés en dharma. Les membres de la communauté chinoise vivant hors de Chine le savent bien et certains d’entre eux ont participé à mes conférences bouddhiques, tout comme le savent les pèlerins venant de Chine continentale que j’ai eu le privilège de rencontrer. Ces rencontres m’encouragent et je crois qu’elles peuvent contribuer à une meilleure compréhension entre nos deux peuples.

Le vingtième siècle a été témoin de changements considérables dans de nombreuses parties du monde et le Tibet, lui aussi, a été entraîné dans ce mouvement. Peu après la création de la République populaire de Chine en 1949, l’Armée de libération du peuple pénétrait au Tibet, ce qui a finalement abouti à la conclusion de l’Accord en 17 points entre la Chine et le Tibet en mai 1951. Lorsque j’étais à Beijing en 1954-55, participant au Congrès national du peuple, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de hauts dirigeants, dont le président Mao lui-même, et de nouer des liens personnels d’amitié avec eux. De fait, le président Mao m’a donné des conseils sur plusieurs questions, de même que des assurances personnelles sur l’avenir du Tibet. Encouragé par ces assurances et inspiré par la ferveur de nombreux dirigeants révolutionnaires chinois de cette époque, je suis rentré au Tibet empli de confiance et d’optimisme. Certains membres du parti communiste tibétain partageaient le même espoir. De retour à Lhassa, j’ai tout mis en œuvre pour obtenir une véritable autonomie du Tibet au sein de la famille de la République populaire de Chine (RPC). J’estimais que c’était la meilleure façon de servir les intérêts à long terme des peuples tibétain et chinois.

Malheureusement, des tensions, qui ont commencé à monter au Tibet à partir de 1956 environ, ont finalement abouti au soulèvement pacifique du 10 mars 1959 à Lhassa et à ma fuite en exil. Même si nombre de changements bénéfiques se sont produits au Tibet sous le régime de la République populaire de Chine, ces changements, comme l’a souligné en janvier 1989 le précédent Panchen Lama, ont été assombris par d’immenses souffrances et des destructions à grande échelle. Les Tibétains devaient constamment vivre dans la peur, alors que le gouvernement chinois continuait de se méfier d’eux. Toutefois, au lieu de cultiver de l’animosité envers les dirigeants chinois responsables de la dure répression du peuple tibétain, je priais pour que nous devenions amis. C’est ce que j’exprimais dans ces quelques lignes d’une prière écrite en 1960, un an après mon arrivée en Inde. "Puissent-ils réaliser l’œil de la sagesse, savoir ce qui est à accomplir et ce qui est à abandonner, et demeurer dans la gloire de l’amitié et de l’amour". De nombreux Tibétains, parmi lesquels des écoliers, récitent ces lignes dans leurs prières quotidiennes.

En 1974, à la suite de graves discussions avec mon cabinet, le Kashag, de même qu’avec le président et le vice-président de l’Assemblée des députés du peuple tibétain, nous avons décidé de trouver une voie médiane visant à ne pas séparer le Tibet de la Chine, mais à favoriser le développement pacifique du Tibet. Même si nous n’avions pas de contact à ce moment avec la RPC – qui se trouvait alors en pleine Révolution culturelle – nous avions déjà admis que, tôt ou tard, nous devrions résoudre la question du Tibet par voie de négociations. Nous avons également reconnu que, du moins en ce qui concerne la modernisation et le développement économique, il serait grandement bénéfique au Tibet de demeurer au sein de la RPC. Bien que le Tibet possède un héritage culturel riche et ancien, il est peu développé sur le plan matériel.

Situé sur le toit du monde, le Tibet donne naissance aux plus grands fleuves d’Asie. C’est pourquoi la protection de l’environnement revêt une importance primordiale sur le Plateau tibétain. Notre préoccupation essentielle étant de sauvegarder la culture bouddhique tibétaine – enracinée dans les valeurs de la compassion universelle – tout comme la langue tibétaine et l’identité tibétaine unique, nous avons ardemment travaillé à l’obtention d’une véritable autonomie pour l’ensemble des Tibétains. La constitution de la RPC stipule que les ethnies, comme les Tibétains, jouissent de ce droit.

En 1979, le dirigeant suprême de la Chine à cette époque, Deng Xiaoping, a assuré mon émissaire personnel que "hormis l’indépendance du Tibet", toutes les autres questions pouvaient être négociées. Comme nous avions déjà formulé notre approche consistant à rechercher une solution de la question tibétaine dans le cadre de la constitution de la RPC, nous nous trouvions en bonne position pour saisir cette nouvelle occasion. Mes envoyés ont rencontré à plusieurs reprises des représentants de la RPC. Depuis que nous avons renoué contact en 2002, il y a eu six rondes de discussions. Cependant, nous n’avons abouti à absolument aucun résultat concret sur la question fondamentale. Néanmoins, comme je l’ai déclaré à plusieurs reprises, je demeure fermement attaché à la Voie du milieu et je réaffirme être prêt à poursuivre le dialogue.

Cette année, le peuple chinois attend avec fierté et impatience l’ouverture des Jeux olympiques. J’ai toujours soutenu l’idée que Beijing puisse accueillir les jeux. Ma position n’a pas changé. La Chine a la plus importante population du monde, une longue histoire et une civilisation extrêmement riche. Aujourd’hui, compte tenu de son impressionnant essor économique, elle émerge comme grande puissance. Il faut certainement s’en réjouir. Mais la Chine doit aussi gagner le respect et l’estime de la communauté internationale en bâtissant une société ouverte et harmonieuse, fondée sur les principes de la transparence, de la liberté et de la primauté du droit. Or, jusqu’à ce jour, les victimes de la tragédie de la place de Tiananmen, qui a bouleversé la vie de tant de citoyens chinois, n’ont reçu ni juste réparation ni réponse officielle. De même, lorsque des milliers de Chinois ordinaires des zones rurales subissent des injustices perpétrées par des fonctionnaires locaux corrompus qui les exploitent, leurs plaintes légitimes sont jetées aux oubliettes ou suscitent de violentes réactions. J’exprime ces préoccupations en tant que votre semblable, également prêt à se considérer comme membre de cette grande famille qu’est la République populaire de Chine. A cet égard, j’apprécie et soutiens la politique du président Hu Jintao visant à créer une "société harmonieuse" mais cette société ne peut s’édifier que sur la base d’une confiance mutuelle et dans un climat de liberté, dont la liberté d’expression et la primauté du droit. Je crois fermement que l’adoption de ces valeurs permettra de résoudre beaucoup de problèmes importants liés aux minorités, comme la question du Tibet, ainsi que celle du Turkestan oriental et de la Mongolie intérieure, où les autochtones ne constituent plus que 20% d’une population totale de 24 millions.

J’espérais que la déclaration récente du président Hu Jintao selon laquelle la stabilité et la sécurité du Tibet concernent la stabilité et la sécurité du pays annoncerait l’avènement d’une ère nouvelle pour le règlement du problème du Tibet. Malheureusement, en dépit des efforts sincères que j’ai déployés pour ne pas séparer le Tibet de la Chine, les dirigeants de la République populaire de Chine m’accusent d’être un "séparatiste". De même, lorsque des Tibétains, à Lhassa et dans de nombreuses autres régions, ont protesté de manière spontanée pour exprimer un ressentiment profondément ancré, les autorités chinoises m’ont immédiatement accusé d’avoir orchestré ces manifestations. J’ai demandé que cette allégation fasse l’objet d’une enquête minutieuse, menée par un organe respecté.

Sœurs et frères chinois – où que vous soyez – c’est empreint d’une grande inquiétude que j’en appelle à vous pour que nous puissions dissiper les malentendus entre nos deux communautés. J’en appelle aussi à vous pour que vous nous aidiez à trouver une solution pacifique et durable au problème du Tibet par le dialogue, dans un esprit de compréhension et de conciliation.

Mes prières vous accompagnent.

Tenzin Gyatso, Dalaï Lama
Le 28 mars 2008

Source :Tibet info


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lundi 24 mars 2008

TIBET : COMMUNIQUE DU DALAÏ LAMA


Communiqué du 18 mars


Je tenais à profiter de cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude auprès des dirigeants et de la communauté internationale, pour avoir exprimé leur préoccupation au sujet des événements qui ont eu lieu ces derniers jours au Tibet et pour leurs tentatives afin de persuader les autorités chinoises d’agir avec retenue face aux manifestations.

Puisque le gouvernement chinois m’a accusé d’être à l’origine de ces manifestations de protestations au Tibet, j’appelle à la constitution d’une mission d’enquête qui comprendra également des représentants chinois afin de vérifier le bien fondé de ces accusations.

Cette mission devrait pouvoir se rendre au Tibet ainsi que dans toutes les autres zones de populations tibétaines à l’intérieur comme à l’extérieur de la Région Autonome du Tibet, mais également auprès de l’administration centrale tibétaine en Inde. Il serait extrêmement utile, afin de connaître la véritable situation sur le terrain au Tibet, que les médias internationaux prennent part à cette mission d’enquête, d’autant plus que la communauté internationale et particulièrement plus d’un milliard de Chinois n’ont pas accès à des informations non censurées.

Je pense qu’une certaine forme de génocide culturel, intentionnellement ou non intentionnellement, a lieu au Tibet car l’identité tibétaine a constamment été attaquée. Les Tibétains sont réduits à une minorité insignifiante sur leur propre sol, à cause des transferts massifs de populations non tibétaines au Tibet. Le patrimoine culturel du Tibet, caractérisé par sa propre langue, ses coutumes et ses traditions, est en train de disparaître. Au lieu d’œuvrer pour l’unité des nationalités, le gouvernement chinois pratique des discriminations contre les minorités nationales dont les Tibétains.

Il est connu que tous les monastères tibétains, principaux centres d’apprentissage et trésors de la culture bouddhique tibétaine, voient leurs activités et leurs effectifs fortement réduits. Dans les monastères qui fonctionnent toujours, l’étude sérieuse du bouddhisme tibétain n’est plus autorisée. Et en réalité, le recrutement dans ces centres d’apprentissage est strictement réglementé. Bref, la liberté religieuse n’existe pas au Tibet. Même le simple fait de demander un peu plus de liberté risque d’être considéré comme séparatiste. Il n’y a pas non plus d’autonomie réelle au Tibet, même si ces droits fondamentaux sont inscrits dans la Constitution chinoise.

Je considère que toutes les manifestations et protestations qui ont lieu actuellement au Tibet sont l’expression spontanée des ressentiments dus aux années de répression par les autorités chinoises qui ne respectent pas le sentiment des populations locales. Les autorités chinoises croient à tort que les mesures répressives sont le moyen pour atteindre leurs objectifs d’unité et de stabilité.

Quant à nous, nous réaffirmons notre engagement pour l’approche de la voie médiane et nous poursuivons le processus de dialogue visant à trouver une solution mutuelle bénéfique au problème tibétain. J’appelle donc la communauté internationale à soutenir nos efforts pour résoudre le problème du Tibet par le dialogue. Je lui demande d’appeler les dirigeants chinois à agir avec une grande retenue face à la situation actuelle et à bien traiter les personnes qui ont été arrêtées.

samedi 22 mars 2008

Messages du Dalai Lama et de Sitou Rinpoche



Quelle que soit votre vénération pour les maîtres tibétains
et votre amour pour le peuple tibétain,
ne dites jamais de mal des Chinois.
Le feu de la haine ne s’éteint que par l’amour
et, si le feu de la haine ne s’éteint pas,
c’est que l’amour n’est pas encore assez fort.

(le XIVème DalaiLama)



Message de son éminence Sitou Rinpoche :

A la lumière des terribles nouvelles de la tragédie humaine qui se déroule actuellement au Tibet, le 12ème Khentin Tai Situpa a demandé immédiatement aux moines, nonnes ainsi qu’à la communauté laïque du siège monastique de Palpung Shérabling de prier pour chaque personne touchée par ce conflit.

« chaque personne et chaque être sensible souhaite le bonheur et personne ne désire souffrir .

Le seul but des enseignements du Seigneur Bouddha est de réaliser ce souhait. Il est donc de notre devoir comme disciples du Bouddha de prier et de rechercher la bénédiction du Buddha pour la même chose. Je vous demande à tous de prier très sincèrement pour tous ceux qui ont perdu leurs vies et pour ceux qui sont blessés ainsi que pour ceux qui souffrent au Tibet. Parce que cela arrive en ce moment, je vous demande aussi d’inclure tous les autres êtres humains et toutes nos mères, les êtres sensibles ailleurs en ce monde et au-delà. »

Les prières en cours incluent 100 000 prières à TARA ( Mère de Compassion) et un rassemblement spécial pour la prière de Souhaits (supplique sacrée des grands Boddhisatvas). Une offrande supplémentaire de 10 000 lampes à beurre a été conduite dans la cour principale du principal complexe monastique dans la soirée du 19 mars 2008.


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