jeudi 11 novembre 2010

L'importance et les bienfaits du végétarisme

Un précepte bouddhiste : "Je ne tuerai pas, je ne blesserai pas d'êtres vivants, aussi petits soient-ils" 

Or en mangeant de la viande ou du poisson, je laisse les autre tuer pour moi, où est la différence?

cathy 


Etude de Lama Cheudroup

 «  Le premier geste très simple et très profond que nous pouvons faire pour la planète est de devenir végétarien  » disait récemment Rimpoché lors d'une conférence à l'Université Laval de Québec. 
Quelle que soit la façon dont on l'envisage, l'alimentation animale est une atteinte à la vie et à la santé de la planète et de ses habitants. Contrairement aux idées reçues, le régime végétarien, loin d'être un moins, est un grand plus de tous points de vues : éthique, écologique, mais aussi sanitaire. Cet article examine en détail ces différents aspects au regard de sources spécialisées.


D'un point de vue éthique


"Du point de vue du Dharma, tous les vivants sont considérés comme égaux. Nous autres, êtres humains, sommes en mesure de nous passer de viande. En tant qu'être humain, je pense que notre nature profonde nous porte au végétarisme, ainsi qu'à faire tout notre possible pour éviter de nuire aux autres espèces ."
Le Dalaï Lama
 

De nombreux maîtres bouddhistes tels SS Dalaï Lama, SS Karmapa, Thich Nath Hanh, Lama Denys Rimpoché, et bien d'autres encouragent ainsi explicitement leurs disciples à arrêter ou au moins à réduire leur consommation de viande.
Le premier acte positif est celui de respecter la vie, toute forme de vie. La règle d'or de l'éthique dit « ne fais pas à l'autre la violence dont tu ne voudrais être la victime » ou bien « considère autrui comme toi-même » ou encore « considère tous les vivants comme tes parents ». Shabkar (1781-1851), un grand yogi tibétain semblable à Milarépa, a écrit un ouvrage entier sur le végétarisme : Les larmes du bodhisattva  - Editions Padmakara . En voici un extrait :
"La viande est une source d'obstacles sur la voie. La consommation de viande est très certainement une cause de souffrance pour les autres ; aucun autre aliment n'est la source d'une si grande souffrance (...) tous doivent s'abstenir de manger de la viande. Nous devons considérer la viande comme impure et comme la chair de nos propres parents et enfants. Nous devons considérer la viande comme du poison" .
Dans ce livre, Shabkar insiste particulièrement sur le lien de causalité qui existe entre le mangeur de viande et la mort de l'animal. Le boucher n'est qu'un intermédiaire, car il n'y a de bouchers que parce qu'il y a des mangeurs de viande… L'ignorance de cela vient souvent du fait que la viande que l'on achète au supermarché semble « propre » : bien découpée, bien emballée, bien présentée. Nous n'avons plus la conscience de la chaîne qui précède l'arrivée de la viande dans notre assiette. Si l'on veut se faire une idée précise de la question, il est très utile d'aller regarder des vidéos sur ce qui se passe dans les abattoirs (par exemple sur "Youtube" faites une recherche sur abattoirs ou slaughter house en anglais). Ces images valent mieux que n'importe quel commentaire, et l'on peut même dire qu'elles se passent de commentaires.
Une fois vu, on ne peut plus dire qu'on ne sait pas. On peut continuer à manger de la viande, mais on sait d'où elle provient, et elle a un goût différent...



     D'un point de vue écologique

La consommation de viande est l'une des plus importantes sources de pollution de la planète.




En 2005, Henning Steinfeld, directeur du Département Information et Politique de l'Elevage de la FAO ( Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture des Nations Unis ), écrit en introduction de son rapport (1) destiné aux dirigeants :
« Le secteur de l'élevage apparaît comme l'un des deux ou trois facteurs les plus significatifs des problèmes environnementaux les plus graves, à tous les niveaux, du niveau local au niveau global. Les découvertes de ce rapport suggèrent une politique majeure concernant les problèmes de dégradation des sols, de changement climatique, de pollution de l'air, de manque d'eau, de pollution des eaux et de diminution de la biodiversité. La contribution de l'élevage aux problèmes environnementaux est massive, et sa contribution potentielle à leur solution est d'égale importance. L'impact est tellement significatif, qu'il convient de s'en occuper d'urgence. »

Gaspillage de nourriture

Le bétail mondial consomme une quantité de nourriture pouvant subvenir aux besoins de 8,7 milliards d'humains.
Plus du tiers du rendement mondial en céréales est destiné aux animaux chaque année, de même qu'un quart de la production mondiale de poissons. (FAO). Aux Etats-Unis, c'est 70% de la production céréalière qui est destinée au bétail (USDA FAS-1991).
En l985, pendant la famine en Ethiopie, le pays exportait des céréales pour le bétail anglais… (Compassion in world farming).

Gaspillage de l'eau

 La pénurie d'eau potable menace à l'échelle mondiale : 40% de la population, répartie dans 24 pays, souffrent de pénurie d'eau, tant en quantité qu'en qualité. (Banque mondiale). Il faut 21 000 litres d'eau pour produire un kilo de viande. Il faut 210 litres d'eau pour produire un kilo de céréales.
On estime que la moitié de la consommation d'eau potable mondiale est destinée à la production de viande et de produits laitiers. Aux États-Unis, 80% de l'eau potable sert à l'élevage des animaux.


Effet de Serre

 "L'élevage dans tous ses aspects est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre" ( Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture des Nations Unis, FAO ), ce qui est une part plus importante que pour le transport, c'est-à-dire que toutes les voitures et les camions dans le monde.
Il émet aussi 37% du méthane mondial dont la majeure partie provient de la fermentation des excréments des ruminants. Le méthane est 23 fois plus polluant que le dioxyde de carbone quant à l'effet de serre.

 

Déforestation et gaspillage des terres

Actuellement, l'élevage occupe 70% des terres agricoles et 30% de la surface des terres de la planète. Sur 1 acre de terre : 20 végétaliens peuvent se nourrir ou l carnivore . "Plus de 200 millions d'hectares de forêts tropicales ont été détruites depuis 1950, notamment pour faire place à des pâturages ou des fermes de bovins" (Kaimonitz D.-1995. Livestock and Deforestation in Central America - 1995) . Pour un hamburger , on transforme en pâturage : 6 mètres carrés de forêts vierges, détruisant 75 kilogrammes de matière vivante, 20 espèces végétales, 100 insectes et des douzaines d'espèces d'oiseaux, de reptiles et de mammifères (Jeremy Rifkin) .
 

Substances toxiques dans l'environnement et la viande

"A cause du phénomène de la bioconcentration, la viande contient environ 1 4 fois plus de résidus de pesticides que les végétaux" ( Lewis Regenstein (3) ).
"Aux États-Unis, les fermes d'élevage ont généré 4 milliards de tonnes de déchets animaux en 1996 polluant les eaux plus que toutes les autres sources industrielles combinées" (Ministère de l'environnement américain). Ces déchets entrent dans les cours d'eaux et rivières, polluant les sources d'eau et contribuant à l'émergence de maladies qui affectent toutes les espèces.

Du point de vue de la santé

Devenir végétarien n'est pas un moins, c'est un plus pour la santé.



Voici quelques uns des principaux bienfaits :
- Les maladies cardio-vasculaires : l'Association Médicale Américaine a souligné que plus de 90% des maladies cardiaques pourraient être prévenues par une diète végétarienne. Les produits animaux sont la principale source de gras saturés et l'unique source de cholestérol dans l'alimentation.
- Le Cancer : de nombreuses études épidémiologiques et cliniques ont montré que les végétariens sont environ 50 % moins susceptibles de mourir d'un cancer que les non végétariens ; en particulier pour le cancer du colon car contrairement aux carnivores qui ont un intestin court, l'intestin humain est long ce qui ne permet pas à l'organisme d'éliminer rapidement la chair en putréfaction avant que celle-ci ne devienne toxique.
Enfin, un fait à remarquer : les peuples réputés pour leur longévité, comme les Hunzas, les Bulgares, les Caucasiens et les Indiens du Yucatan, présentent traditionnellement un régime alimentaire pauvre en viande..

Et l'équilibre alimentaire dans tout ça ?

Voici la position officielle de l'Association Américaine de diététique et des diététiciens du Canada (2) : «  Les régimes végétariens menés de façon appropriée sont bons pour la santé, adéquats sur le plan nutritionnel et bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies  ».
Le principe pour équilibrer son menu lorsque l'on est végétarien est d'avoir les 22 acides aminés, dont les huit essentiels qui doivent absolument se retrouver dans l'alimentation car l'organisme est incapable de les fabriquer. Alors que les protéines d'origine animale sont complètes en elles-mêmes, celles d'origine végétale se complètent entre elles. C'est-à-dire que le végétarien doit faire les combinaisons alimentaires qui s'imposent, notamment en associant certains aliments entre eux au cours d'un même repas. Il existe deux grands principes : associer un produit laitier à une céréale (ex : pâtes à la béchamel) ou associer une céréale à un légume sec comme cela se fait couramment en Orient (couscous pois chiche, riz dal, etc.).
Il y a aussi les germes de soja et la pâte de soja, appelée tofu, très riche en protéines végétales, utilisés depuis des siècles par exemple par les Japonais.
Concernant le fer, il est abondant dans les grains entiers, les légumineuses et les fruits. Son assimilation est d'autant plus facilitée que notre alimentation est riche en vitamine C.   


     L'importance d'un engagement

En conclusion, voici un extrait de lettre du Venérable Thich Nath Hanh, écrite en Octobre 2007 au monastère de Blue Cliff (4) :
«  Aller vers le végétarisme peut être la manière la plus efficace de combattre le réchauffement planétaire… Thây pense qu'il n'est pas si difficile de cesser de manger de la viande, quand on sait que, ce faisant, on sauve la planète. Les communautés laïques devraient se montrer courageuses et produire un engagement à manger végétarien au moins 15 jours par mois. Si nous pouvons faire cela, nous éprouverons un sentiment de bien-être. Nous aurons de la paix, de la joie et du bonheur dès le moment où nous formulerons ce vœu et cet engagement. (…)
Prenons soin de notre Mère la Terre. Prenons soin de toutes les espèces, y compris de nos enfants et de nos petits-enfants. Rien qu'en étant végétarien, on peut déjà sauver la Terre …. Etre végétarien signifie ici ne pas consommer de produits de l'élevage. Si on cesse de les consommer, ils cesseront de les produire. Seul un réveil collectif peur créer une détermination suffisante pour l'action.  »




Source : http://www.blog-rimay.net/ 

lundi 25 octobre 2010

Le Dalaï Lama condamne l'élevage des poules pondeuses en batterie


Appel du Dalaï Lama du 26 août 2010 à propos de l'élevage des poules pondeuses en batterie 






"Les mauvais traitements que nous infligeons aux poules ont toujours été particulièrement choquants pour moi, et j'ai toujours été particulièrement concerné par la façon dont ces animaux sont traités dans la production alimentaire industrielle. J'ai été troublé lorsque mes amis de HSUS (**) m’ont informé sur le système de confinement des poules pondeuses dans des cages minuscules.
Dans ces cages, les oiseaux ne peuvent pas se livrer à leurs comportements naturels, comme étendre leurs ailes, pondre dans un nid, se percher, gratter le sol, et même se tenir sur une surface solide. Chaque poule a moins d'espace pour vivre que la feuille de papier sur laquelle j‘ai écrit cette lettre.
Transformer ces oiseaux sans défense en machines à produire des œufs, sans la moindre considération pour leur bien-être est une dégradation de notre propre humanité. Le passage aux œufs de poules élevées hors cage permettrait de diminuer la souffrance de ces animaux.
Les Tibétains ont une riche tradition de protection des plus vulnérables de la société et d’opposition à la cruauté, c’est pourquoi il est naturel pour moi d’encourager le changement vers les œufs de poules élevées hors cage. Suivant cette tradition, j’espère que la compassion et la bonté prévaudront dans cette affaire très grave "

Source : Texte Traduit par L124 Ethique Animaux 






"Pour consommer de la viande, du poisson, des œufs, des produits laitiers, il faut faire naître des animaux, sélectionner ceux qui seront utiles, éliminer les autres, les enfermer, les mutiler, les engraisser, les capturer, les transporter, les tuer et les couper en morceaux"

vendredi 22 octobre 2010

La compassion : Un dialogue de sourd



Daw Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, a dit : « La peur est une habitude. Elle ne me fait pas peur ». 


Elle dit qu’elle n’a pas peur parce qu’elle est, elle-même, enveloppée de l’amour universel et de la compassion. 


la violence ne peut être stoppée que par la non-violence. La violence ne cesse jamais par la violence, comme la haine ne cesse jamais par la haine ; c’est seulement par l’amour que la haine cesse. C’est la Loi universelle enseignée par le Bouddha depuis 2 546 ans. C’est ainsi que la voie bouddhiste nous l’indique : « La sagesse et la compassion ne doivent pas être séparées ». C’est pourquoi un vrai bouddhiste, comprenant avec cœur et esprit les choses telles qu’elles sont, est plein d’amour et de compassion pour tous les êtres vivants.







Je réalise à quel point il est difficile de parler de compassion dans ce monde.


Je suis devenue végétarienne, puis végétalienne/végan car je ne supporte pas la souffrance que l'on inflige volontairement aux animaux :  conditions de l'élevage industriel, "maltraitance"...


Les images sur la "maltraitance" envers les animaux que l'on peut voir ici et là sont d'une telle violence envers les animaux, qu'elles suscitent beaucoup de haine. Les "défenseurs" de la cause animale éprouvent une haine incontrôlable à l'encontre de ceux qui font souffrir les animaux.


Et quand vous voulez leur expliquer que vous avez de l'amour et de l'empathie pour les animaux qui souffrent et de la compassion pour les criminels qui agissent de la sorte, c'est l'incompréhension totale, un vrai dialogue de sourd.


 Pour illustrer mes propos,  voici quelques exemples d'échanges sur Facebook.


Je ne reprend que les commentaires et pas les noms , mes réponses sont en italiques


Il s'agit de commentaires à propos d'images de personnes maltraitant des animaux 

-P : Qu'ils crèvent, ces connards d'humains !


-Réponse:  Non P , je ne peux pas laisser dire cela, la souffrance engendre la souffrance et je plains ceux qui font souffrir les animaux car il ne peuvent pas être heureux. J'ai de la compassion pour ceux qui font souffrir les animaux et de l'amour pour les animaux.
N'ayons pas de haine car la haine engendre la haine , seul l'amour peut combattre la haine. Alors essayons de plaindre les bourreaux pour avoir une chance qu'un jour il n'en soit plus

- S : Pourquoi pas de la compassion pour les violeurs d'enfants et tueurs de p'tits vieux aussi !!!!!!! sur quelle planète vivez-vous ???

-Réponse : Je vous invite à lire ce texte " Le boudha et le criminel"
je suis boudhiste et végétarienne et je ne veux pas être envahie par la haine. 

http://bica-vipassana.blogspot.com/2008/01/le-bouddha-et-le-criminel-angulimala.html

- S : Et vous, ayez de la "compassion" et tolérance pour mes idées et respectez mon souhait de JUSTICE !!!

- Réponse : Vouloir la justice est une chose avoir de la haine en est une autre
Avoir de la compassion pour un criminel ne veut pas dire qu'on ne veut pas qu'il soit puni, ça n'a rien à voir

- S : Alors, je vous invite à tendre l'autre joue quand vous serez victime !!!... :) vous vous perdez dans les "détails" à mon avis...


- Réponse : Vous n'avez pas compris, la compassion ce n'est pas tendre l'autre joue. J'essaye juste d'expliquer que nous ne devons pas tenir des propos haineux à l'encontre des bourreaux, cela ne sert à rien, au contraire, cela dessert notre cause qui est la fin de la souffrance. Ce n'est pas par la haine que nous arriverons à la faire cesser. C'est tout ce que je voulais dire,
Avec Bienveillance
cathy

-P : Je n'adhère pas à la naïveté : "tendre l'autre joue" est une manipulation du judéo-christianisme.
Je n'ai aucune compassion pour les pourritures.
La violence ne peut appeller qu'à la contre-violence.
Sortons des contes (des comptes) à l'eau de rose svp.
Ou c'est sans moi !


-S : Merci P. une fois de plus ! la loi du Talion point barre puisque point de justice faut bien la faire soi-même !!!

- N@ Catherine si un psychopate enleve ton enfant et le tue eprouveras tu de la compassion?




- S : Tendre l'autre joue, se flageller etc... ce sont des grands sado-maso au sein des religions !!! c'est glauque pour des croyants...




- B : Oui quil creve ces connard qui maltraite les pauvre bete


- Réponse : Hors sujet mais c'est un droit de réponse en quelque sorte : je suis bouddhiste de la tradition théravada et il est hors de question de tendre l'autre joue, le bouddhisme et la religion catholique non rien à voir , d'ailleurs le bouddhisme Théravada n'est pas une religion...
le bouddhisme c'est tout le contraire puisque par la pratique nous arrivons à voir les choses comme elles sont, nous changer nous même avant de vouloir changer le monde.
C'est un dialogue de sourd
Etre aveuglé par la haine n'a jamais permis de faire avancer les choses. 

S : L'amour de son prochain non plus !!! pas beaucoup de résultats...mais si vous voulez continuez à vivre en aveugle au pays de Candy et des Bisounours c'est votre droit !



Que faire devant tant d'incompréhension ? 

Pourtant , Etre aveuglé par la haine n'a jamais permis de faire avancer les choses. Apprenons à regarder ce qui se passe en nous avant de vouloir changer le monde. Comment pouvons nous espérer un seul instant mettre fin à la souffrance des hommes et des animaux si nous sommes rempli de haine et de colère.


Kathy (Catherine)










jeudi 2 septembre 2010

Bonjour, tout simplement

Cela fait quelques temps déjà que je n'alimente plus ce blog mais je continue de recevoir du courrier et je vous en remercie. Je n'ai pas toujours le temps ni l'énergie pour vous répondre, mais je suis toujours là, entre les lignes.... 

Je médite de moins en moins mais ce n'est pas pour autant que je ne suis plus "bouddhiste" ( en même temps, j'ai de plus en plus de mal avec ces mots en "istes") 

 Il m'arrive très souvent de penser à ce blog et à vous,  lecteurs . Je ne vous ai pas oublié, c'est juste que mon état d'esprit est différent , au moins j'en suis consciente.  Nous expérimentons l'"impermanence" à chaque instant.

J'essaye d'être attentive à ce qui se passe dans mon corps et dans mon esprit, mais j'y arrive de moins en moins et j'ai peur parfois de m'éloigner du chemin.

J'espère à bientôt et surtout ne faites pas comme moi, ne vous perdez pas en cours de route 


Kathy 




Commentaire de Gérard =



"Je comprend ce que tu veux dire.


En fait, ce qui nous intéresse c'est "l'Eveil" ou pour parler tout simplement "le Bonheur".


J'ai découvert le bouddhisme alors que j'avais 16 ans, et je m'y suis pleinement engagé. Je viens tout juste d'en avoir 60.
Et depuis une quarantaine d'années, je n'ai pas vraiment "pratiqué". Mais c'était toujours "là", si je puis dire ainsi.
Le "ISTE" de bouddhiste ne me convient plus depuis longtemps. je préfère dire autour de moi que je suis profondément sensible à l'enseignement du Bouddha et si on me demande ce que ça veut dire, ma réponse est celle-ci:
Ce que le Bouddha a enseigné, et beaucoup d'autres sages aussi, c'est principalement que le "moi" n'existe pas tel que la plupart des gens le vivent, tel que nous le vivons.
Et ces derniers temps, après 40 ans sans pratiquer, tout en sachant bien sûr que ce "moi" n'existe pas, j'ai découvert par internet des sages qui nous disent que l'Eveil est l'état naturel, que c'est ici, disponible, et qu'il faut arrêter de croire que c'est inaccessible... c'est l'état naturel.
Quand j'étais un adolescent très engagé, je n'avais pas entendu ça, peut-être qu'on ne me l'avait pas bien dit, ou pas dit du tout, ou peut-être que j'étais complètement sourd.
MAINTENANT, c'est vraiment différent et tout est en cours de transformation..."



Merci Gérard pour ton intervention.


Ne pas confondre bonheur véritable et bonheur "mondain" 

C'est vrai que je médite moins en posture assise , mais j'essaye de faire de ma vie de tous les jours une médiation, et c'est cela la vraie difficulté maintenant.  



C'est tellement plus facile d'être conscient de ce qui se passe dans l'instant présent lorsqu'on est tranquillement assis sur son coussin de méditation, alors que dans la journée ; au travail et dans son quotidien, on a vite fait d'oublier où l'on se trouve et ce qui se passe en nous ( notre mental nous joue des tours) 

samedi 14 novembre 2009

CE QUI EST par Ajahn Sumedho

Cet enseignement, extrait des deux premiers entretiens donnés par le Vénérable Ajahn Sumedho à la communauté monastique d’Amaravati, pendant la Retraite d’hiver de 1988, a été traduit par mon ami Hervé Panchaud 


Hervé a traduit de nombreux textes et enseignements pour le site le dhamma de la Forêt




*************




C’est aujourd’hui la pleine lune de janvier et le commencement de notre retraite d’hiver. Nous allons pouvoir passer toute la nuit en méditation assise pour commémorer la beauté de cet évènement. C’est une grande chance pour nous que d’avoir l’opportunité de consacrer ces deux mois à venir à la seule contemplation du Dhamma.

L’enseignement du Bouddha porte sur la compréhension des choses telles qu’elles sont, être en capacité de regarder, d’être « éveillé ». Cela implique de développer l’attention, la vision claire et la sagesse, et de suivre l’Octuple Sentier – tout ce qui constitue bhavana.

Quand nous observons les choses comme elles sont, nous les « voyons » au lieu de les interpréter au travers du filtre de notre ego. L’obstacle le plus important auquel chacun d’entre nous doit faire face est cette croyance insidieuse en un « je suis » – l’attachement au soi. Cette croyance est à ce point ancrée en nous que nous sommes comme un poisson dans l’eau : l’eau fait tellement partie de la vie du poisson que celui-ci ne la remarque même plus. Le monde des sensations dans lequel nous baignons depuis notre naissance est ainsi pour nous : si nous ne prenons pas le temps de l’observer pour ce qu’il est vraiment, nous mourrons sans développer la moindre sagesse.

Mais la chance que nous avons d’être nés en tant qu’êtres humains nous offre le grand avantage d’être en capacité de réfléchir – nous pouvons réfléchir sur l’eau dans laquelle nous baignons, c’est-à-dire observer le monde des sens tel qu’il est vraiment. Nous n’essayons pas de nous en extraire. Nous ne cherchons pas non plus à rendre les choses encore plus compliquées en y ajoutant nos projections ; nous sommes simplement attentifs à ce qu’il est. Nous ne nous laissons pas tromper par les apparences, par nos peurs, nos désirs et toutes les choses que notre esprit peut inventer à son propos.

C’est ce que nous voulons dire quand nous employons des expressions telles que : « C’est ainsi ». Si vous demandez à quelqu’un nageant dans l’eau : « Comment est l’eau ? », il y portera son attention et répondra : « Eh bien, elle est comme ça ; elle est comme elle est. » Vous pourrez alors préciser votre question : « Oui, mais comment est-elle exactement ? Est-elle froide, tiède ou chaude ? ... » Beaucoup de termes peuvent être employés pour décrire l’eau : elle peut être froide, tiède, chaude, agréable, désagréable … Mais, en réalité, elle est comme elle est, tout simplement. Le monde des sensations dans lequel nous baignons, tout au long de notre existence, est de même. Vous le trouvez comme ceci ou comme cela. Vous le ressentez. Parfois la sensation est agréable, parfois désagréable ; le plus souvent, elle n’est ni agréable, ni désagréable. Mais, dans tous les cas, elle est comme elle est, tout simplement. Les choses vont et viennent, elles changent ; il n’y a rien sur quoi s’appuyer qui soit vraiment stable. Le monde des sensations n’est qu’énergie, changement et mouvement, flux et reflux. La conscience sensorielle est ainsi.

Attention, nous ne jugeons pas ! Nous ne disons pas que c’est bien ou que c’est mal, que nous devrions apprécier ou rejeter les sensations : nous y prêtons simplement attention – comme pour l’eau. Le monde des sens est un monde que l’on ressent. Nous sommes nés dans ce monde et nous le ressentons. A partir du moment où le cordon ombilical est tranché, nous devenons des êtres physiquement indépendants ; nous ne sommes plus physiquement rattachés à personne. Nous ressentons la faim, nous ressentons le plaisir, la douleur, la chaleur et le froid. En grandissant, nous ressentons toutes sortes de choses. Nous ressentons avec les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps, et avec l’esprit lui-même. Nous avons aussi la capacité de penser et nous souvenir, de percevoir et concevoir. Tout cela est sensation. Ce peut être amusant et merveilleux, mais ce peut aussi être déprimant, dur et pitoyable … ou neutre – ni agréable ni douloureux. Toutes ces impressions sensorielles sont donc « ce qui est ». Le plaisir est ainsi, la souffrance est ainsi, et la sensation neutre, où le plaisir et la souffrance sont absents, est ainsi.

Afin de pouvoir mener une véritable réflexion sur ces choses, vous devez être vigilants et attentifs. Certaines personnes pensent que c’est à moi de leur dire ce qu’elles doivent ressentir : « Ajahn Sumedho, que suis-je censé ressentir maintenant ? » Mais on n’explique pas à autrui « ce qui est » ; nous devons êtres ouverts et réceptifs à ce qui est. Il n’est pas utile d’expliquer ce qui est à quelqu’un, quand celui-ci peut le découvrir par lui-même. Les deux mois à venir sont donc une occasion précieuse qui nous est offerte pour découvrir « ce qui est ». De nombreux êtres humains, semble-t-il, ne savent même pas qu’un tel développement de la sagesse est possible.

Qu’entendons-nous quand nous employons ce mot : sagesse ? De la naissance à la mort, les choses sont telles qu’elles sont. Il y aura toujours une certaine part de peine, d’insatisfaction, de désagrément et de laideur. Et, si nous ne sommes pas conscients que ces choses sont simplement comme elles sont, si nous ne les voyons pas comme des dhamma, nous aurons tendance à en faire un problème. Le temps qui s’écoule entre la naissance et la mort devient très « personnel », lourd de toutes sortes de peurs, de désirs et de complications.

Dans notre société, nous souffrons beaucoup de la solitude. Nous passons une grande partie de notre vie à tenter d’éviter cette solitude. « Parlons ! Echangeons ! Faisons des choses ensemble afin de ne pas être seuls. » Mais, à l’intérieur de ce corps humain, nous sommes irrémédiablement seuls. Nous pouvons faire semblant, nous pouvons chercher à nous divertir mutuellement mais c’est le mieux que nous puissions faire. Quand il s’agit de faire l’expérience réelle de la vie, nous sommes bien seuls ; et attendre que quelqu’un vienne nous libérer de notre solitude est trop demander.

Quand la naissance physique a lieu, voyez comment nous semblons soudain être des entités séparées. Bien sûr, nous ne sommes plus physiquement reliés à personne mais, en plus, du fait de notre attachement à ce corps, nous nous sentons isolés et vulnérables. Nous redoutons d’être seuls et nous inventons tout un monde dans lequel nous pouvons vivre. Nous y côtoyons des compagnons de toute sorte : des amis imaginaires, des amis réels, des ennemis – mais tous, vont et viennent, apparaissent et disparaissent. Tout naît et meurt dans notre propre esprit. Alors, nous commençons à réfléchir au fait que la naissance conditionne la mort. Naissance et mort ; commencement et fin.

Pendant cette retraite, je ne peux que vous encourager à pratiquer sur ce sujet : contempler ce qu’est la naissance. A cet instant, nous pouvons dire : « Ce corps est la conséquence de notre naissance. Ce corps est ainsi. Il y a de la conscience, il y a des sensations, il y a de l’intelligence, de la mémoire, des émotions. » Tout ceci peut être observé parce que ce sont là des objets de l’esprit ; ce sont des dhamma. Si nous nous attachons au corps en tant que sujet – ou à des opinions, des idées et des sentiments – comme étant « moi » ou « mien », alors nous connaîtrons la solitude et le désespoir, et il y aura toujours la menace de la séparation et de la fin. L’attachement à ce qui est mortel introduit peur et désir dans notre vie. Nous pouvons nous sentir anxieux et inquiets, même lorsque tout va à peu près bien. Tant que perdurera l’ignorance – avijja – quant à la vraie nature des choses, la peur dominera toujours la conscience.

Mais l’anxiété n’a pas de réalité ultime, c’est quelque chose que nous créons. Tout comme l’inquiétude. L’amour, la joie et tout ce qu’il y a de meilleur dans la vie, si nous nous y attachons, entraîneront avec eux leur contraire. C’est pourquoi, dans la pratique de la méditation, nous apprenons à accepter les sensations qui correspondent à ces sentiments. Quand nous acceptons les choses pour ce qu’elles sont, nous cessons de nous y attacher. Elles sont simplement ce qu’elles sont ; elles apparaissent et elles disparaissent, elles n’appartiennent pas à un moi.

Mais qu’en est-il du point de vue de notre contexte culturel habituel ? Notre société a tendance à renforcer cette conception selon laquelle tout est « moi » ou « mien ». « Ce corps est moi ; je suis comme ceci ; je suis un homme ; je suis Américain ; j’ai 54 ans ; je suis moine, etc. » Mais tout cela n’est que convention, n’est-ce pas ? Il ne s’agit pas de nier que je suis tout ce que je viens d’énoncer, mais seulement d’observer comment nous avons tendance à compliquer les choses en croyant qu’il y a un « je » dans tout cela. Si nous nous attachons à ces conventions, la vie devient plus difficile qu’elle ne l’est en réalité ; elle devient comme une toile dans laquelle on s’empêtre. Tout devient si compliqué ; nous restons collés à tout ce que nous touchons. Et, plus nous vivons, plus nous nous compliquons l’existence. Or les peurs et les désirs viennent tous de cette croyance en l’existence d’un moi : « Je suis quelqu’un ». Finalement, cela nous conduit à l’angoisse et au désespoir ; la vie nous paraît beaucoup plus difficile et douloureuse qu’elle ne l’est en réalité.

Mais quand nous observons simplement la vie telle qu’elle est, tout est bien : les joies, la beauté, les plaisirs sont comme ils sont. La peine, l’insatisfaction, la maladie sont comme elles sont. Nous pouvons, à tout moment, suivre le mouvement et les changements de la vie. L’esprit de l’être éveillé est souple et il sait s’adapter. L’esprit de la personne ignorante est rigide et conditionné.

Tout ce sur quoi nous nous bloquons dans la rigidité tournera mal. Se percevoir de manière figée rend toujours la vie difficile. Quelle que soit la catégorie à laquelle nous nous identifions – homme ou femme, classe moyenne ou ouvrier, américain ou européen, bouddhiste et théravadin … – si nous nous y attachons, nous connaîtrons une forme ou une autre de complication, de frustration et de désespoir.

Pourtant, sur le plan conventionnel, nous pouvons être toutes ces choses – un homme, un Américain, un Bouddhiste, un Théravadin ; ce sont des concepts tout à fait appropriés pour communiquer – mais rien de plus que cela. C’est ce que nous nommons sammuttidhamma – la « réalité conventionnelle ». Quand je dis : « Je suis Ajahn Sumedho », ce n’est pas en référence à un moi, à une personne ; c’est une convention. Etre un moine bouddhiste n’est pas être une personne, c’est une convention ; être un homme ou une femme n’est pas être une personne, c’est une convention. Les conventions sont comme elles sont. Si nous nous y attachons par ignorance, nous en devenons prisonniers. C’est comme la toile dans laquelle on s’empêtre ! Nous sommes aveuglés et trompés par ces conventions.

Quand nous lâchons ces conventions, nous ne les rejetons pas pour autant. Je ne vais pas me suicider ou quitter la vie monastique ! Les conventions sont très bien telles qu’elles sont. Elles n’occasionnent pas de souffrance tant que l’esprit demeure attentif et les perçoit pour ce qu’elles sont : de simples conventions. Elles sont un moyen pratique et utile en temps et en lieu mais pas au-delà.

Par la compréhension de la « réalité ultime » (paramatthadhamma), nous parvenons à la liberté du Nibbana. Nous sommes libérés des illusions du désir et de la peur ; cette libération de l’entrave des conventions est  « l’au-delà de la mort ». Mais pour parvenir à cette réalisation, nous devons vraiment voir la nature de l’attachement. Qu’est-il en réalité ? Par quel processus naît cet attachement à un « moi » et comment cela engendre-t-il la souffrance ? Il ne s’agit pas de nier sa propre existence ; d’ailleurs l’attachement à l’idée de n’être personne, c’est encore être quelqu’un ! Ce n’est pas une question d’affirmation ou de dénégation, mais une question de compréhension, de vision intérieure. Et, pour cela, nous devons développer l’attention.

Avec l’attention, nous pouvons nous ouvrir à la globalité. Au début de cette retraite, nous nous ouvrons pour les deux mois de sa durée. Dès le premier jour, nous acceptons en pleine conscience toutes les possibilités qui pourront se présenter : la maladie comme la santé, le succès comme l’échec, le bonheur comme la souffrance, l’Eveil comme la totale désespérance. Nous ne nous disons pas : « Je ne veux avoir que ceci, je ne veux connaître que cela, je ne veux avoir que de belles expériences. Et puis je dois me préserver afin de vivre une retraite idyllique, être en parfaite sécurité et bien tranquille durant les deux mois à venir. » Un tel état d’esprit serait plutôt déprimant, non ? Au lieu de cela, nous devons nous ouvrir à tous les possibles, depuis le meilleur jusqu’au pire, et nous devons le faire en pleine conscience. Ce qui signifie : tout ce qui va se produire durant ces deux mois sera partie intégrante de notre retraite – c’est notre pratique. « Ce qui est » est le Dhamma pour nous tous : le bonheur et la souffrance, l’Eveil et le désespoir total, vraiment tout !

Si nous pratiquons de cette manière, le désespoir et l’angoisse peuvent nous mener au calme et à la paix. Quand j’étais en Thaïlande, je ressentais beaucoup de ces émotions négatives – solitude, ennui, anxiété, doute, inquiétude et désespoir. Mais, quand je les ai acceptées pour ce qu’elles étaient, elles ont cessé. Et que reste-t-il quand il n’y a plus de désespoir ?

Le Dhamma que nous étudions aujourd’hui est subtil. Pas subtil dans le sens d’« élevé » ou « érudit » ; il est, au contraire, si simple et si présent que nous ne le remarquons même pas. Comme l’eau pour le poisson : l’eau fait tellement partie de sa vie, que le poisson n’en a même pas conscience, même s’il y nage. La conscience sensorielle est ici et maintenant. Elle est ainsi. Elle n’est pas loin. Ce n’est pas vraiment difficile, il suffit simplement d’y prêter attention. Le chemin qui mène à la fin de la souffrance est le chemin de l’attention : présence consciente et attentive à ce qui est – sagesse.

Nous devons sans cesse ramener notre attention à ce qui est. Si vous avez de mauvaises pensées ou si vous vous sentez plein de ressentiment, amers ou irrités, observez ce que ces sentiments éveillent dans votre cœur. Si vous vous sentez frustrés et en colère pendant ce temps de méditation, ce n’est pas un problème parce que vous avez déjà ouvert la porte à cette possibilité. Cela fait partie de la pratique ; c’est ce qui est. Souvenez-vous que nous n’essayons pas de devenir des anges ou des saints, nous n’essayons pas de nous débarrasser de toutes nos impuretés et imperfections pour être parfaitement heureux. Le monde des humains est ainsi ! Il peut être imparfait et il peut être pur. Pureté et imperfection vont de pair. Connaître la pureté et l’impureté : voilà ce qu’est l’attention doublée de sagesse. Savoir que l’impureté est impermanente et non personnelle est sagesse. Mais, dès que nous la rendons personnelle, que nous nous y identifions – « Oh ! Je ne devrais pas avoir de pensées impures ! » – nous sommes à nouveau prisonniers du désespoir. Plus nous essayons de n’avoir que des pensées pures, plus les pensées impures vont surgir. En fonctionnant de cette façon, nous sommes certains d’être malheureux durant les deux mois à venir, c’est garanti ! Par ignorance, nous nous créons un monde qui ne peut être que déprimant.

Ainsi, à la lumière de l’attention ou de la présence consciente, toutes les formes d’abattement et de bonheur sont d’égale valeur : nous n’avons pas de préférence. Le bonheur est ainsi ; l’abattement est ainsi. Ils apparaissent puis disparaissent. Le bonheur est toujours le bonheur, ce n’est pas l’abattement. Et l’abattement est toujours l’abattement, ce n’est pas le bonheur. Mais ils sont ce qu’ils sont. Ils ne sont à personne et ils ne sont que cela : des sensations, des sentiments. Nous n’en souffrons pas. Nous les acceptons, nous en sommes conscients et nous les comprenons dans leur véritable nature : tout ce qui apparaît, disparaît. Aucun dhamma n’est « soi ».

Je vous offre cet enseignement comme sujet de méditation.


vendredi 13 novembre 2009

Introduction à la Méditation par Charles Genoud


INTRODUCTION A LA MEDITATION



La méditation peut être abordée sous deux aspects : d'une part la technique, de l'autre l'état d'esprit. La technique peut varier. Elle joue un rôle secondaire. L'état d'esprit joue le rôle principal. Si l'état d'esprit n'est pas compris, quelle que soit notre capacité technique, la pratique ne pourra pas s'approfondir. D'où l'importance pour moi de chercher à transmettre de la manière la plus claire possible l'état d'esprit de la méditation.


L'état d'esprit de la méditation.

Demandons-nous d'abord pourquoi nous sommes ici, réunis dans cette salle, prêts à passer de nombreuses heures à pratiquer la méditation. Demandons-nous quelle force nous a poussés, à venir jusqu'ici, parfois de loin, pour passer un week-end assis à méditer.

Il est certain que si nous avons fait cet effort, c'est parce que nous cherchons quelque chose. On ne vient pas sans motivation. Un effort est requis. Notre présence ici n'est donc pas due au hasard. Si nous sommes là, c'est bien parce que nous cherchons quelque chose. Une quête nous pousse à nous placer dans la situation où nous sommes maintenant, pour explorer la pratique de la méditation.


Mais, qu'est-ce alors qui nous a poussés à venir ici ? Nécessairement, c'est un manque. S'il n'y avait aucun manque, si notre satisfaction était parfaite, l'énergie qui nous a poussés à chercher serait absente. Il est donc possible d'affirmer : parce qu'il y a un manque, il y a une recherche, et la recherche vise à combler le manque.

Pensons maintenant à la vie quotidienne. Nous y accomplissons aussi de nombreuses activités pour combler des manques. Quelle que soit la manière, l'endroit où nous pensons pouvoir trouver ce qui nous manque : en améliorant notre situation professionnelle ou familiale, en changeant de voiture ou de logement, en trouvant une meilleure harmonie dans nos relations… quelle que soit la façon dont nous cherchons à obtenir satisfaction, le souhait de combler un manque est présent. Mais, dans notre vie quotidienne, le fait de croire que ce qui nous manque se trouve dans les objets, les personnes, les situations… traduit une certaine confusion.


Rendons-nous bien compte de ce qui se passe en nous : nous pensons qu'en obtenant telle ou telle chose, qu'en nous trouvant dans telle ou telle situation… nous pourrons finalement combler ce manque. Il est donc possible que ce que nous cherchons dans la vie quotidienne, ne soit pas tellement différent de ce que nous venons chercher dans la méditation. Peut-être est-ce, alors, la façon de chercher qui sera différente ?



Simone Weil disait que ce que nous cherchons dans les choses, les évènements, les relations, n'est pas faux ; mais que c'est l'endroit où nous cherchons qui est faux. En d'autres termes, imaginer que nous pourrons parvenir à la plénitude au moyen d'objets, de situations, de personnes… revient à croire que nous parviendrons de l'extérieur de nous-mêmes à combler un manque intérieur. C'est une erreur. Nous cherchons au mauvais endroit. Ce n'est pas la recherche de la plénitude qui est fausse, mais l'endroit où nous la cherchons.

Un swami indien disait, lui, que le fait que nous ne soyons jamais lassés de cette quête, que nous cherchions constamment la plénitude au moyen de nouveaux objets, de nouvelles situations, de nouvelles relations, que nous soyons constamment mus par cette quête, prouve que nous savons intimement que la plénitude existe. C'est la preuve, disait-il, que nous avons l'intuition profonde qu'elle peut être atteinte et qu'il est juste de la chercher. Mais une confusion sur la manière d'y parvenir peut exister. Dans ce cas, nous demandons aux objets, aux personnes, aux situations ce qu'elles ne peuvent pas nous procurer : il est impossible à quelque circonstance ou objet extérieur que ce soit, de procurer une plénitude d'ordre intérieur.



La méditation, dans une certaine mesure, répond à notre aspiration de parvenir à la plénitude. Dans la tradition bouddhique, comme dans les autres traditions mystiques, elle permet d'aller plus loin, mais c'est une première étape. Dans la méditation, pour explorer cette dimension de nous-même, nous ne nous tournons plus vers l'extérieur, mais vers l'intérieur. C'est un renversement d'attitude essentiel : la plénitude ne pouvant jamais être obtenue en ajoutant quelque chose de l'extérieur, nous nous tournons maintenant vers l'intérieur. La plénitude est le fait de la plénitude de notre présence et non celle d'avoir. La plénitude est une dimension de l'être et non de l'avoir. Lorsque nous la concevons en termes d'avoir, notre démarche est évidemment vouée à l'échec. Mais si nous l'exprimons en terme d'être, nous nous rendons compte qu'il n'est pas possible d'ajouter à notre être quelque chose qui viendrait de l'extérieur.

Il y a donc renversement du mouvement. Ce n'est pas un mouvement vers l'extérieur, mais un mouvement vers l'intérieur. Cela signifie également que la plénitude de l'être, si elle est accessible, si nous pouvons l'atteindre sans rien ajouter de l'extérieur de nous-mêmes, est déjà et toujours complètement présente en sous. La plénitude n'est pas quelque chose que nous pouvons créer, organiser ou construire, elle est ce par quoi nous commençons, elle est notre être le plus intime. Dans la vie quotidienne, tout mouvement est, généralement, un mouvement qui nous sort de la plénitude, même si nous essayons sincèrement de trouver des satisfactions. Tous mouvements qui essayent d'acquérir, de recevoir, de garder, sont les mouvements mêmes qui nous font sortir de la plénitude.



Il y a quelque chose d'assez extraordinaire dans le fait que la plénitude soit ce par quoi nous commençons et que, lorsque nous la plaçons à l'inverse : ce vers quoi nous tendons, ce mouvement même nous en rende l'expérience impossible. Dans la méditation, cela veut dire qu'il ne s'agit pas de transformer, de manipuler : il ne s'agit pas d'adopter l'attitude qui, dans notre vie quotidienne, vise à transformer, à modifier, à obtenir, car c'est elle qui crée le sens du manque.

Il y a donc lieu, en méditation, de laisser tomber toute notre intelligence, toute cette intelligence qui permet de transformer le monde. Cette intelligence là est extraordinaire, très utile, mais elle est liée au temps, à l'accomplissement de quelque chose qui n'est pas présent. C'est donc bien un renversement d'attitude : ne plus chercher à accomplir ou à obtenir quelque chose qui ne serait pas là à cet instant même, mais rester dans l'instant présent. Et ce n'est que lorsque nous arrivons à faire cesser ces mouvements qui nous poussent vers le futur pour accomplir ou obtenir, ou qui nous tirent vers le passé pour retrouver - ce n'est que dans la mesure où nous n'adhérons plus à ces mouvements que nous pouvons rester dans l'instant présent. Là, il est possible d'être en intimité avec nous-même et de faire, dans cette intimité, l'expérience de la plénitude de notre être. Ainsi, le mouvement dans le temps nous sépare de la plénitude et le mouvement vers l'extérieur, dans l'espace, nous en sépare également.



Ces mouvements peuvent être grossiers, manifestes, dans le temps comme dans l'espace, mais ils peuvent aussi être beaucoup plus subtils. Dans la pratique méditative, il se peut que l'habitude de manipuler devienne très proche de l'attitude juste, mais qu'elle crée cependant une organisation dans laquelle existe encore ce lien à la temporalité qui, de nouveau, nous coupe de la plénitude que nous sommes, par laquelle nous commençons, et non vers laquelle nous tendons.

N'est-ce pas extraordinairement étrange que ce que nous cherchons avec tant d'acharnement, tant d'assiduité, soit ce par quoi nous commençons ? Mais, nous sommes tellement convaincus d'avoir à atteindre, à obtenir, que nous essayons constamment d'aller vers la plénitude et que ce mouvement nous en sépare !





La technique

Les techniques sont multiples. Elles ont toutes leur propre valeur, leur structure, leur intérêt.


Dans la pratique méditative, il s'agit de rester présent, de surseoir à nos mouvements vers l'extérieur, à nos mouvements dans le temps, pour rester dans l'instant présent. L'instruction suivante pourrait donc suffire : " Restons simplement dans l'instant présent ". Mais, nos habitudes sont tellement fortes qu'une instruction aussi vaste et aussi vague serait difficile à mettre en pratique pour beaucoup d'entre nous.



Afin d'ancrer notre présence dans une expérience stable, permettant peu à peu de faire cesser tous les mouvements vers l'extérieur et dans le temps, nous pouvons utiliser la présence au corps. Le corps a un certain poids, une certaine densité, une certaine température. Lorsque nous faisons l'expérience du poids, de la densité, de la température, nous sommes dans l'instant présent, car il est totalement impossible d'avoir une expérience sensorielle au passé ou au futur.

Explorez, si vous le voulez bien, cette affirmation avec moi. Faites simplement bouger votre main. Sentez le mouvement, la lourdeur de la main, celle de l'avant-bras, sa température… Est-il possible de faire ce mouvement au passé ? Est-il possible de le faire au futur ? Nécessairement, chaque expérience est au présent. Il est complètement impossible d'éprouver une expérience sensorielle dans le passé ou dans le futur. Ainsi, en ancrant notre méditation dans une expérience sensorielle assez simple, comme celle de la présence au corps, nous pouvons rester dans la qualité de l'instant présent.



On pourrait choisir tout autre type d'expérience sensorielle. Vous pourriez, par exemple, explorer les sons. Mais ils sont plus fluctuants. Par moments, ils peuvent surgir et être inaudibles, à d'autres. C'est pourquoi la présence au corps est une base d'ancrage très judicieuse. Le corps ne disparaît jamais. Il est là. Il n'y a pas de moment où, tout d'un coup, il aurait disparu. Je ne parle pas d'expériences méditatives dans lesquelles il serait perçu de manières différentes, mais du corps en tant que base d'expérience. Il est toujours présent.


Nous utilisons donc la présence au corps : sa densité, sa température, sa qualité vibratoire, pour ancrer notre présence. Il se peut que dans l'expérience sensorielle de la présence au corps se produisent des fluctuations dues, par exemple, au mouvement de la respiration : une plus grande densité par moment, une moins grande à d'autres, dans certaines zones corporelles. Il est également possible de leur être présent, d'être à chaque instant avec l'expérience qui surgit.

Aucune expérience sensorielle n'est extérieure à notre champ de méditation. Si, ayant choisi d'être présent aux sensations corporelles, j'entends le chant des oiseaux, ce n'est pas une distraction, ce n'est pas un obstacle à la méditation, c'est simplement une autre expérience dans l'instant présent : celle de l'audition du chant des oiseaux, comme ce pourrait être celle du son d'une cloche. Chaque expérience sensorielle n'est vécue que dans l'instant présent. Et, ce qui nous intéresse, n'est pas de faire l'inventaire des oiseaux qui se trouvent dans le parc, mais la qualité de présence dans chaque expérience sensorielle. C'est elle qui nous relie à nous-même, qui permet le développement de l'intimité. Non le fait de connaître le nom des oiseaux, mais celui d'être relié à l'expérience sensorielle d'entendre. Non l'inventaire des tensions que j'ai dans les épaules (c'est un autre travail), mais l'expérience de la qualité de présence dans les sensations corporelles.



Il s'agit donc pour nous, dans notre pratique, de rester à chaque instant en intimité avec nous-même, au moyen des expériences sensorielles. Cela signifie qu'il n'y a rien à changer, rien à manipuler. Dans l'instant présent il est impossible de changer quoi que ce soit. Pour changer quelque chose, transformer, la durée est nécessaire, il faut introduire le futur. Donc, rien à changer, rien à transformer, seulement se relier à chaque instant à l'expérience sensorielle qui surgit.


LIRE LA SUITE : Terre d'Eveil 






jeudi 12 novembre 2009

Merci à Charles Genoud pour son enseignement

Je voudrais juste dans ce message, dire un grand MERCI à Charles Genoud pour son enseignement sur la méditation.


Un enseignement simple et généreux, d'une grande efficacité.




Pour rappel : qui est Charles GENOUD : ICI 

et quelques enseignements AUDIO : LA

Sinon, à chaque fois que je participe à une nouvelle retraite j'ai le plaisir de rencontrer des lecteurs de ce blog. Le monde est petit 

L'association Terre d'Eveil envisage d'organiser en 2011,sous la "guidance" de Charles Genoud une retraite de un mois.


c'est rare de pouvoir suivre une retraite en silence d'une durée de 1 mois en France et si cette retraite se met en place, j'espère pouvoir y participer.




Que toutes les personnes puissent un jour connaître la joie de suivre une retraite de méditation en silence

lundi 19 octobre 2009

La vague du désir des sens

Extraits de

La vague du désir des sens

Ajahn Chah

Traduit par Jeanne Schut



la vague des stimulations sensorielles : être emporté par une vague d’images, de sons, d’odeurs, de goûts, de contacts. Emporté parce qu’on ne regarde que l’extérieur, on ne tourne pas son regard vers l’intérieur. Les gens ne se voient pas, ils se contentent de regarder les autres. Ils sont capables de voir tout le monde mais pas eux. Ce n’est pas que ce soit difficile ; c’est juste qu’ils n’essaient pas vraiment de le faire.


C’est un véritable esclavage car, dès lors, quelqu’un d’autre a tout pouvoir sur vous. Quand on vous dit de vous asseoir, vous devez vous asseoir ; quand on vous dit de marcher, vous devez marcher. Vous ne pouvez pas désobéir parce que vous êtes l’esclave. Etre l’esclave des sens est exactement la même chose : vous pouvez toujours essayer mais il semble impossible de vous libérer de vos chaînes. Et, si vous espérez que quelqu’un d’autre le fera pour vous, vous allez vraiment avoir des ennuis. Il faut que vous vous libériez seul.

C’est pour cela que le Bouddha a laissé la pratique du Dhamma, la transcendance de la souffrance, à notre discrétion. Prenez le nibbāna, par exemple. Le Bouddha était complètement et parfaitement éveillé, alors pourquoi n’a-t-il pas donné une description détaillée du nibbāna ? Pourquoi nous a-t-il dit de pratiquer et de le découvrir par nous-mêmes ? Certains sont troublés par cela. Ils disent : « Si le Bouddha avait vraiment su, il nous l’aurait dit. Pourquoi aurait-il gardé quoi que ce soit de caché ? »

LIRE LA SUITE : le dhamma de la forêt 



mercredi 14 octobre 2009

Retraite "vipassana" de 5 Jours

Bonjour


Pour ceux que ça intéresse :


du vendredi 6 novembre au mercredi 11 novembre 2009



Retraite résidentielle de 5 jours , 


Organisée  par l'association terre d'Eveil,
Conduite par Charles Genoud
à 28230 Epernon
Plus d'informations : ICI
Qui est Charles Genoud : LA 



Et Vous trouverez des enseignements audio (format mp3) de Charles Genoud : ICI 


Programme de la retraite :








- 06.15
Réveil

06.45
- 7.30
Méditation en posture assise
07.30
- 09.00
Petit-déjeuner

09.00
- 10.15
Instructions sur la méditation et assise guidée suivie de Questions & Réponses

10.15
- 10.45
Pratique en marchant

10.45
- 11.30
Méditation en posture assise

11.30
- 12.00
Pratique en marchant

12.00
- 12.30
Méditation en posture assise

12.30
- 13.00
Repas en silence

13.00
- 14.15
Repos

14.15
- 15.00
Méditation en posture assise

15.00
- 15.45
Pratique en marchant

15.45
- 16.30
Méditation en posture assise

16.30
- 17.15
Pratique en marchant

17.15
- 18.00
Méditation en posture assise

18.00
- 19.00
Repas léger

19.00
- 19.30
Méditation en posture assise

19.30
- 20.30
Exposé sur le dharma
20.30
- 21.00
Pratique en marchant

21.00
- 21.30
Méditation en posture assise

21.30

Fin de la journée