dimanche 7 octobre 2007

Birmanie toujours...

Photos

  • Regarder : 9 albums photos fait par un birman : ICI









  • Voir : Des photos de la journée internationale pour la Birmanie du 6 octobre ICI



Thailand



et aussi ICI



Barcelone





  • Diaporama de amnesty international sur les manifestations du 6 octobre dans le monde :
Voir : http://www.amnesty.org/resources/slideshow/Myanmar/eng




  • Photos du rassemblement pour la Birmanie du 29 septembre, Esplanade du Trocadéro : ICI





Nombre de Victimes et arrestations (suite)


  • Selon la junte, dix personnes ont été tuées lors de la répression mais les gouvernements occidentaux estiment que le bilan est bien plus élevé.

Incroyable : Avec la junte, au lieu d'augmenter, le nombre de personnes tuées baisse : de 13 ( bilan officiel de ces derniers jours) on passe à 10 !!!

  • Rappel : selon l'opposition au moins 200 personnes tuées et de nombreuses personnes toujours disparues à ce jour (sans compter les personnes qui ont été incinérées: avec les cendres, on aura bien du mal à compter le nombre de cadavres!)

  • La junte birmane a annoncé dimanche 7 octobre, 78 nouvelles arrestations, poursuivant la répression malgré les protestations et sanctions internationales.
  • Ces nouvelles arrestations viennent donc alourdir le total des personnes toujours en détention, au moins 1000 selon les déclarations de la junte elle même.

  • Un jeune bonze raconte comment il a été torturé :
un jeune bonze birman a raconté ce jour à l'AFP, comment, avec un millier d'autres moines, arrêtés lors des manifestations contre le régime militaire, il est resté parqué six jours durant dans un hangar surchauffé et a souffert de brutalités, de faim et de soif.

Le jeune bonze a reconnu parmi ses codétenus des moines du monastère de Ngwekyaryan, sévèrement battus par les soldats auxquels ils ont tenté de résister.

"Certains étaient grièvement blessés, les paupières fermées à la suite des coups répétés. D'autres étaient blessés à la tête et aux bras. Certains avaient même des fractures ouvertes", a assuré le moine.

Nous avons été battus, plusieurs fois, à coups de poings et de pieds ou avec des bâtons. Puis nous avons été répartis en groupes de 10 et interrogés un par un. Ils voulaient savoir si nous avions participé aux manifestations et qui était le meneur dans notre monastère, confie le moine.

A la fin des interrogatoires, les bonzes étaient enfermés par groupes de 60 dans des salles de classe, obligés de s'agenouiller et de faire leurs besoins à même le sol.
En attendant de regagner son village pour y retrouver calme et sécurité, il assure qu'il n'éprouve aucune haine vis à vis de ses tortionnaires: il dit :

"Je n'ai pas de colère contre les soldats. Je leur envoie un message d'amour, afin qu'ils retrouvent la paix, un jour".

(VOIR l'article en entier, plus bas : "Battus pour dénoncer les meneurs")


Actuellement, de nombreux moines sont hospitalisés





Puissent tous les êtres, toutes les créatures vivantes, tous les individus, toutes les personnes, tous les hommes, toutes les femmes, puissent tous les êtres nobles, tous ceux qui ne sont pas nobles, toutes les divinités, tous les humains, tous ceux qui se trouvent dans les plans de misère, puissent-ils tous être libres de l'inimitié et du danger, libres de la souffrance physique, libres de la souffrance mentale, puissent-ils tous vivre avec bonheur ; puissent-ils tous être libres de la douleur, puissent-ils ne pas perdre ce qu'ils ont acquis, puissent leur kamma être leur véritable possession.





Vidéos (suite)








Suite de : 1- Soutiens et positions de la communauté Bouddhiste








  • Le Rassemblement bouddhiste à Vincennes ICI

L'Union Bouddhiste de France avait appelé à une prière de solidarité avec le peuple birman dans la Grande Pagode du Bois de Vincennes.

Deux cents personnes se sont réunies samedi 6 octobre à la Grande Pagode du Bois de Vincennes, près de Paris, à l'appel de l'Union Bouddhiste de France (UBF) pour prier en solidarité avec le peuple birman, a constaté une journaliste de l'AFP. Les participants ont été invités à déposer des roses jaunes au pied de l'autel, que surplombe un immense Bouddha doré. Puis une méditation et des prières ont été menées par des moines bouddhistes en tenue safran.

Plusieurs tendances boudhistes présentes:

Plusieurs courants du bouddhisme étaient représentés comme le zen, le theravâda ou la branche tibétaine.
La non-violence ne signifie pas la passivité et n'exclut pas la fermeté, a affirmé Marie Stella Boussemart, nonne et membre de l'Union Bouddhiste de France.


D'autres manifestations ont lieu partout dans le monde samedi en réponse à l'appel d'Amesty International.




Jeanne Birkin était présente. Cela fait très longtemps qu'elle soutient le mouvement pour la Démocratie en Birmanie.





Suite de : 2- Articles et Reportages

Vous trouverez ci après et dans l'ordre:
-D'anciens prisonniers politiques en Birmanie décrivent les tortures subies après leur arrestation
-
L'armée desserre son emprise à Rangoun:
-La Birmanie, propriété privée de la junte militaire
-
Birmanie, heure par heure
-Mobilisation mondiale contre la junte birmane
-
Le sang va couler aussi en prison
-
Le Conseil de sécurité sous pression pour agir
-
Six journalistes détenus, trois autres libérés - Les autorités cherchent à identifier les "journalistes citoyens"
-
"Battus pour dénoncer les meneurs", un moine raconte









  • D'anciens prisonniers politiques en Birmanie décrivent les tortures subies après leur arrestation : ICI


MAE SOT, Thaïlande - Ancien prisonnier politique birman, aujourd'hui réfugié en Thaïlande, Thet Oo dit n'avoir rien oublié des tortures que lui ont fait subir des soldats. Lors d'un interrogatoire, explique-t-il, ils lui ont donné des coups de pied dans la tête jusqu'à ce qu'il perde connaissance, enchaîné les jambes marquées par la poliomyélite avant de le jeter dans une étroite et sombre cellule où il a passé la majeure partie des 12 années suivantes.

"Ils traitent les personnes comme des animaux", confie cet homme de 46 ans figurant parmi les dizaines d'anciens prisonniers politiques qui ont fui en Thaïlande. Plusieurs d'entre eux ont décrit cette semaine la façon dont ils avaient été emprisonnés et torturés par la junte birmane pour avoir milité en faveur de la démocratie.




  • L'armée desserre son emprise à Rangoun: lemonde


La junte militaire au pouvoir au Myanmar a réduit de façon spectaculaire dimanche la présence des forces de sécurité à Rangoun, la première ville du pays, apparemment convaincue d'avoir étouffé le mouvement de protestation emmené par les moines bouddhistes.

Les dernières barricades ont été levées dans le centre-ville autour des pagodes de Shwedagon et de Sule, qui étaient les points de départ et d'arrivée des manifestations de l'opposition réprimées il y a plusieurs jours.

Selon la junte, dix personnes ont été tuées lors de la répression mais les gouvernements occidentaux estiment que le bilan est bien plus élevé.

Les rues de Rangoun étaient pratiquement vides dimanche et les liaisons internet avec le reste du monde sont toujours coupées.

Les arrestations se poursuivent et des témoins ont rapporté dimanche que 78 personnes soupçonnées d'avoir pris part aux manifestations avaient été interpellées.



Un millier d'opposants ont été libérés après s'être engagés à ne pas participer à des rassemblements et 398 des 533 moines bouddhistes qui avaient été arrêtés ont également retrouvé la liberté.




  • La Birmanie, propriété privée de la junte militaire: ICI

Il s'agit d'un article du Monde Diplomatique, à lire ou à relire, datant du mois de novembre 1989:

Après plus d’un an de normalisation, les autorités birmanes issues du coup de force du 19 septembre 1988 n’ont pas encore réussi à établir totalement leur emprise sur ce pays de 40 millions d’habitants qui n’a guère connu que vingt-six jours de liberté (24 août-18 septembre 1988) depuis le putsch militaire de 1962. Les patrouilles armées continuent leurs rondes dans les rues de Rangoon et des camions hérissés de fusils gardent les carrefours. Le gouvernement de M. Saw Maung, entièrement composé de généraux - le poste de la santé mis à part, - n’a cure des principes humanitaires ni des droits de l’homme....
...
Pour emporter l’adhésion des indécis, les généraux jouent sur les cordes qui ont fait leurs preuves ailleurs : nationalisme (« seuls les Birmans peuvent lutter pour développer le pays »), xénophobie (« dénoncez les machinations des impérialistes visant à désintégrer la Birmanie »), racisme (« nous avons peur que notre race s’éteigne » ; quinze articles signés le Patriote sont parus sous ce titre), anti parlementarisme et traditionalisme.
L’utilisation du bouddhisme est systématique : les militaires visitent les pagodes, organisent des cérémonies pour les moines, collectent de l’argent pour la construction d’un temple à Rangoon, sollicitent les conseils des religieux....

....Ainsi, plus d’un an après le départ de M. Ne Win, la Birmanie continue de subir une dictature sans autre projet que d’assurer sa pérennité et de gérer le pays comme sa propriété privée. Son impopularité ne pourra que la pousser à se montrer de plus en plus répressive.


  • Birmanie, heure par heure : ICI

Dimanche 7 octobre:

9h50 - Rangoun La junte militaire réduit la présence des forces de sécurité, les dernières barricades ont été levées.

9h30 - Rangoun: Un moine raconte qu'ils ont été "battus puis interrogés pour dénoncer les meneurs" des manifestations.

13h00 - Rangoun Les autorités déclarent avoir saisis des armes à feu, des couteaux et des munitions dans des monastères.


  • Mobilisation mondiale contre la junte birmane: ICI
...Outre les religieux, qui ont sans doute été des milliers à avoir été arrêtés, et non pas environ 500 comme l'affirment les généraux, qui disent les avoir libérés à l'exception d'une centaine, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de Suu Kyi, annonce 210 arrestations dans ses rangs. Et les opérations contre les monastères se poursuivent: selon la presse officielle birmane de vendredi, 18 ont été perquisitionnés, le régime traquant particulièrement quatre bonzes considérés comme "meneurs"...


  • Le sang va couler aussi en prison

Mireille Boisson est coordinatrice pour la Birmanie à Amnesty International. Pour RFI elle évoque la répression des manifestations par la junte birmane et les difficultés de la communauté internationale pour faire pression sur le régime.

RFI :...Est-ce le scénario de 1988 qui se répète ?

M. Boisson : Qui saurait le dire ? La junte au pouvoir est tellement imprévisible qu’on ne saurait quoi dire. En tout cas les bonzes avaient bien « timé » leur manifestation, pendant l’Assemblée générale de l’ONU. On peut espérer que sous le regard de l’ONU et des institutions internationales, ils n’oseront pas tirer. Ce qui m’inquiète davantage, c’est les arrestations : le sang ne va peut-être pas couler dans la rue, mais le sang va couler dans les prisons. Les tortures sont systématiques. On dit déjà que parmi les jeunes leaders arrêtés le 22 août, certains ont été tellement torturés qu’ils seraient à l’hôpital de Rangoon. Tout cela est à mettre au conditionnel, parce qu’il est quasiment impossible de vérifier les informations en ce moment...
Lire la suite
: ICI



  • Le Conseil de sécurité sous pression pour agir: ICI

L'indignation croissante suscitée de par le monde par la violente répression du mouvement pro-démocratie en Birmanie met le Conseil de sécurité de l'ONU, qui se réunira lundi au niveau des experts, sous pression pour condamner la junte au pouvoir.
Les représentants des 15 pays membres vont se pencher sur un projet de déclaration condamnant "la répression violente" exercée contre les manifestants birmans et appelant à la libération des prisonniers politiques, dont le leader de l'opposition et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.



  • Six journalistes détenus, trois autres libérés - Les autorités cherchent à identifier les "journalistes citoyens"

Reporters sans frontières et la Burma Media Association dénoncent la détention de six journalistes depuis le début des manifestations et la répression qui a suivi. Les deux organisations redoutent de nouvelles arrestations de journalistes.

"Alors que l’envoyé spécial des Nations unies, Ibrahim Gambari, n’a pas réussi à faire cesser la répression, il est important que la communauté internationale continue à demander la libération des centaines, voire des milliers, de personnes arrêtées depuis mi-août. Parmi eux six journalistes.

Nous sommes éceurés par les méthodes de la police qui interpellent de nombreuses personnes, notamment de jeunes manifestants, sur la base de photos prises par des policiers présents en civils dans les cortèges", ont affirmé les deux organisations...

Lire la suite ICI





  • "Battus pour dénoncer les meneurs", un moine raconte: source = AFP


"On nous a battus puis nous avons été interrogés pour dénoncer les meneurs": un jeune bonze birman a raconté dimanche à l'AFP, comment, avec un millier d'autres moines, arrêtés lors des manifestations contre le régime militaire, il est resté parqué six jours durant dans un hangar surchauffé et a souffert de brutalités, de faim et de soif.

Un matin, les soldats sont arrivés à son monastère bouddhiste, expliquant aux bonzes qu'ils allaient les emmener prendre une collation offerte par l'armée.

Grossier subterfuge, derrière lequel se cache l'un des nombreux raids menés par les forces de sécurité contre 18 monastères: en arrivant sur un campus, les moines sont jetés dans un bâtiment surchauffé, sans fenêtre ni toilettes. Avant d'être obligés de se dévêtir, puis d'être battus à plusieurs reprises.

"Nous avons été forcés de nous agenouiller, la tête vers le sol, comme des prisonniers. Nous sommes restés deux jours comme cela, avant qu'on nous déshabille", témoigne ce moine de 18 ans, sous couvert d'anonymat.

"Nous avons été battus, plusieurs fois, à coups de poings et de pieds ou avec des bâtons. Puis nous avons été répartis en groupes de 10 et interrogés un par un. Ils voulaient savoir si nous avions participé aux manifestations et qui était le meneur dans notre monastère", confie le moine.

A la fin des interrogatoires, les bonzes étaient enfermés par groupes de 60 dans des salles de classe, obligés de s'agenouiller et de faire leurs besoins à même le sol.

Selon le jeune moine, des soldats bouddhistes ont avoué avoir eu honte du traitement infligé aux religieux.

"Des soldats bouddhistes sont venus s'excuser et implorer notre pardon. Ils nous ont dit que s'ils nous traitaient de la sorte, c'est parce qu'ils en avaient reçu l'ordre de leurs officiers", a raconté le bonze.

"Des moines ont alors prédit aux soldats qu'ils iraient en enfer, et certains militaires ont commencé à pleurer, car ils savaient que c'était vrai".

Afin d'obtenir la miséricorde, des soldats ont apporté de l'eau aux captifs.

Le jeune bonze a reconnu parmi ses codétenus des moines du monastère de Ngwekyaryan, sévèrement battus par les soldats auxquels ils ont tenté de résister.

"Certains étaient grièvement blessés, les paupières fermées à la suite des coups répétés. D'autres étaient blessés à la tête et aux bras. Certains avaient même des fractures ouvertes", a assuré le moine.

Les moines ont ensuite été répartis en plusieurs groupes: dans un premier, ceux soupçonnés d'avoir participé aux manifestations, dans un autre ceux accusés d'avoir mené les manifestations et enfin dans un dernier ceux soupçonnés de les avoir soutenues.

Le jeune moine a finalement été libéré en compagnie d'autres bonzes de son monastère, après avoir assuré aux militaires qu'il n'avait jamais manifesté.


En attendant de regagner son village pour y retrouver calme et sécurité, il assure qu'il n'éprouve aucune haine vis à vis de ses tortionnaires. "Je n'ai pas de colère contre les soldats. Je leur envoie un message d'amour, afin qu'ils retrouvent la paix, un jour".

samedi 6 octobre 2007

Birmanie, gardons les yeux ouverts...



Journée internationale pour la Birmanie



Pour rappel:

Birmanie première partie : ICI
Birmanie deuxième partie : LA
Birmanie troisième partie : ICI


Remarques préalables (suite)


  • C'est bien triste :

Il est clair qu'aujourd'hui, dans les médias, vous trouverez plus d'articles sur le match de Rugby que sur la Birmanie !

  • Nombres de victimes (suite)

Selon l'ambassadrice des Etats Unis :

Quant au nombre des morts, c'est en secouant la tête qu'elle a rappelé que.....les morts doivent être incinérés aussitôt que possible après la perte de la vie, inutile donc de dire que ce qui avait "facilité" la tache à l'armée lors du carnage il y a quelques années en arrière, risque bien une nouvelle fois d'avoir effacé nombre de traces… empêchant de savoir combien auront subis ce triste sort !
source : ICI

  • Un nouveau témoignage :

D'anciens prisonniers (dont certains sont d'anciens gardes du corps de ASSK) ont témoigné de la violence des tortures alors qu'ils sont désormais à l'abri dans un camp de réfugiés à Mae-Sod...ils racontent ce qu'ils ont enduré:

"lorsqu'ils vous frappe à coup de pieds, ils attendent que votre tête devienne noire, ensuite, on vous jette dans une cellule minuscule , les femmes sont violées, les hommes reçoivent des décharges électriques sur les parties génitales (une technique bien connu en Chine pour faire parler les Tibétains), sont presque noyés dans des bassines d'eau sales ou encore brûlés à la cire"...





suite de : 2- Articles et Reportages :

Vous trouverez ci après et dans l'ordre:
-Témoignage d’une habitante de Rangoun sur la répression
-
ONU: projet de déclaration condamnant la répression en Birmanie
-
Le mouvement d'Aung San Suu Kyi, n'exclut plus de discuter avec la junte
-
manifestations dans le monde en réponse à un appel d'Amnesty
-
Des milliers de manifestants ont répondu à l'appel d'Amnesty:





  • Témoignage d’une habitante de Rangoun sur la répression ! ICI

Ce blog reprend un témoignage , Mais Il s'agit du même témoignage que j'ai déjà donné, à plusieurs reprises, à propos du Raid dans le monastère de Ngwe Kyar Yan,

"Voici la traduction d'un courriel datant de lundi 1er Octobre 2007 reçu par l'intermédiaire d'amis bouddhistes :

Nous venons d’avoir un coup de téléphone de notre sœur qui habite à Yangon, il y a quelques heures.
Il a été dit sur la BBC WORLD que 200 moines avaient été arrêtés. « Arrêté » n’est pas une expression suffisante. La réalité est bien pire !!!!! Ils ont été matraqués à mort.

Par exemple le monastère d’un quartier peu connu de Yangon, qui s’appelle Ngwe Kyar Yan
( Rue Wei-za-yan-tar à Yangon) a subi une descente de police tôt ce matin.

Une troupe de ‘lone-tein’ (la police anti-émeutes constituée de voyous payés) protégés par des camions militaires ont fait une descente sur le monastère où étudient 200 moines.

Ils ont ordonné systématiquement à tous les moines de s’aligner, les ont frappés et leur ont écrasé la tête contre le mur de briques du monastère. Un par un, les moines pacifiques et sans résistance sont tombés par terre en hurlant de douleur. Puis les policiers leur ont arraché leurs robes rouges, les ont tous jetés dans les camions militaires (comme des sacs de riz) et ont emporté les corps.

Le moine principal a été attaché au milieu du monastère, torturé, matraqué et il est mort plus tard le même jour, aujourd’hui.


Des dizaines de milliers de gens se sont rassemblés devant le monastère, ont été repoussés par des militaires baïonnettes au canon, et ils ont été incapables d’aider leurs moines impuissants qui se faisaient massacrer à l’intérieur du monastère. Toutes leurs tentatives pour avancer se sont heurtées aux baïonnettes.
Quand tout fut terminé, il ne restait que 10 moines sur 200 en vie, cachés dans le monastère. Du sang tachait tous les murs et les sols du monastère.
S’il vous plait, racontez à votre public l’étendue réelle du sort des moines, s’il vous plait, s’il vous plait !!!!!!"


En fait, C'est le même témoignage que celui que j'ai copié dans mes précédents messages, avec des précisions en plus, mais à ce jour, n'ayant toujours pas pu être vérifié, il n'a toujours pas été repris intégralement par les Médias, en revanche la photo du corps du moine mort a elle, fait le tour du web.




  • ONU: projet de déclaration condamnant la répression en Birmanie : ICI
et LA



Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, les trois membres permanents occidentaux du Conseil de sécurité de l'ONU, ont fait circuler vendredi un projet de déclaration condamnant "la répression violente" exercée contre les manifestants par la junte birmane.
Par ailleurs, les liaisons Internet en Birmanie qui fonctionnaient à nouveau depuis vendredi soir ont été coupées samedi matin à l'issue du couvre-feu, ont indiqué des utilisateurs, une semaine après que la junte eut coupé les lignes pour empêcher la diffusion d'informations hors du pays.
La junte birmane avait coupé la principale liaison Internet la semaine dernière afin de restreindre le plus possible les communications avec le monde extérieur alors que se déroulaient dans le pays les plus grandes manifestations anti-gouvernementales contre la junte birmane depuis 20 ans. Elle avait également fermé les cybercafés de Rangoun.
Des citoyens s'étaient en effet rendus dans des cybercafés pour transmettre des photos et des vidéos, prises à l'aide de téléphone portable ou d'appareils photo numérique, de la répression de la junte militaire contre le mouvement de protestation populaire.
"Le Conseil de sécurité condamne la répression violente par le gouvernement de Birmanie de manifestations pacifiques, dont l'usage de la force contre des personnalités et des institutions religieuses", déclare le projet, soumis par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne aux autres membres du conseil de sécurité.
Le texte note "avec préoccupation la poursuite des détentions de masse et appelle le gouvernement de Birmanie de faire preuve de la plus grande retenue et de mettre fin aux mesures répressives, comme premier pas dans un désescalade de la situation".



  • Le mouvement d'Aung San Suu Kyi, n'exclut plus de discuter avec la junte: lemonde

Personnellement je suis septique et j'ai dû mal à croire que ce pseudo "dialogue" apportera quelque chose au peuple Birman.. mais bon il faut y croire.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND), le mouvement d'Aung San Suu Kyi, n'exclut plus d'étudier l'offre de la junte birmane d'engager des discussions, proposition que le parti d'opposition avait dans un premier temps jugée irréaliste. "Nous pouvons dire que c'est un progrès important par rapport à la situation antérieure. Ils (les dirigeants militaires) n'avaient jamais proposé auparavant de lui parler", a dit samedi 6 octobre le porte-parole de la Ligue, Nyan Win.

L'émissaire de l'Onu, Ibrahim Gambari, de retour à New York après une visite à Rangoun, voit également "une fenêtre d'opportunité" pour de possibles contacts entre la junte et l'icône de l'opposition birmane. "D'après la conversation que j'ai eue avec elle (Suu Kyi), elle semble très désireuse d'ouvrir un vrai dialogue" si aucune condition préalable n'est imposée, a-t-il dit vendredi.

Vendredi soir, pour la première fois depuis quatre ans, la télévision d'Etat birmane a diffusé des images de la prix Nobel de la paix 1991. Après la répression des manifestations à travers le pays, le général Than Shwe, chef suprême de la junte, a déclaré à Gambari qu'il était prêt à discuter sous conditions avec Suu Kyi. Parmi ces conditions, le général exige que l'opposante renonce à ses "pratiques d'obstruction" et abandonne son soutien aux sanctions internationales prises contre l'ex-Birmanie.


  • manifestations dans le monde en réponse à un appel d'Amnesty

Des défilés ont rassemblé samedi des milliers de personnes en Nouvelle-Zélande, en Australie, ainsi que dans plusieurs pays d'Asie et d'Europe, avant d'autres manifestations prévues aux Etats-Unis et au Canada, en réponse à un appel d'Amnesty International pour maintenir la pression sur le régime birman.





  • Des milliers de manifestants ont répondu à l'appel d'Amnesty: ICI

A Paris, Londres, Wellington ou Taïpei, plusieurs milliers de personnes ont répondu à l'appel d'Amnesty International et d'autres organisations de défense des droits de l'Homme. "Plus jamais de bain de sang", pouvait-on lire sur les bannières....







vendredi 5 octobre 2007

Birmanie ou le retour du Bouddhisme engagé?



Interlude N°6 : Birmanie, suite

Ce message est mis à jour régulièrement

Vous trouverez ci après la suite des rubriques 1 et 2

- Remarques préalables sur le nombre de victimes (suite)
1 - Positions et soutiens de la communauté Bouddhiste (suite)
suite de : 2- Articles et Reportages du 5/10/07



Pour lire le début de ces rubriques :
1 -Birmanie mon coeur saigne ICI
2 -Birmanie libre: LA


Vidéos

Une vidéo AFP : ICI

Liens trouvés sur le blog d'un birman ( déjà cité ) et que l'on peut visionner directement sur le blog : ICI
Pour voir cette vidéo ICI, il vous faudra confirmer (sur youtube) que vous êtes majeur...
et encore : Vidéos : ICI +
LA
et aussi ICI
+ LA

Autres vidéos : ICI +
LA + ICI






- Remarques préalables sur le nombre de victimes (suite)


Pas d'éléments nouveaux par rapport à mes anciens messages :


-Le bilan officiel est toujours de 13 morts
- Selon l'opposition sur place : 200 morts


Pour Rappel :

  • L'ambassadeur australien en Birmanie a affirmé que le nombre de personnes tuées lors des récentes manifestations dans ce pays était bien plus élevé que le chiffre officiellement avancé par le régime birman.
  • Selon le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer, le nombre de personnes tuées lors des manifestations serait supérieur à 30
  • Selon le Premier ministre anglais, le nombre de victimes de la répression en Birmanie est "bien plus important" que ne le concède la junte militaire au pouvoir.
  • Selon l'opposition, 200 manifestants ont été tués
  • 138 morts selon une radio en exil
  • Les organisations d’opposition en Thaïlande avancent le chiffre de 200 victimes
  • Selon le Daily Mail : des centaines de morts...
  • La Commission asiatique des droits de l'homme, l'AHRC, fait état de rumeurs inquiétantes selon lesquelles "plus de 200 corps et personnes sérieusement blessées ont été incinérées dans le crématorium de Ye Wei, à l'extérieur de Rangoun".

  • D'après tous les témoignages et articles que j'ai pu citer dans mes précédant messages, le chiffre de 200 est peut-être même encore loin de la vérité.
Des dizaines d'enfants et leurs parents abattus dans la cour d'un lycée. Des activistes brûlés vifs dans le crématorium du cimetière de Yae Way, dans les faubourgs de Rangoun. Le cadavre d'un moine bouddhiste battu à mort flottant dans une rivière....

Sans oublier toutes les personnes disparues, plusieurs monastères sont toujours vides.
Sans oublier les nombreuses personnes (moines et laïcs) torturées après leur arrestations
Et tout ce qu'on ne sait pas encore mais qu'on apprendra un jour ou l'autre...où peut-être jamais....

  • Des pagodes sans moines en Birmanie:
Où sont les moines ? CNN posait cette question, jeudi 4 octobre, en diffusant des images filmées clandestinement en Birmanie. On pénétrait dans une des grandes pagodes de Rangoun, à l'intérieur de laquelle se trouvent habituellement des centaines de moines. Ils n'étaient que trois. A l'extérieur, des soldats montaient la garde.
Source : lemonde





1 Positions et soutiens de la communauté bouddhiste (suite)


Lire le début de cette rubrique :
1 - le soutien du sangha (=soutien de la communauté bouddhiste): avec notamment tous les messages de soutien du sangha et les avis des membres de la communauté bouddhiste, toutes écoles confondues, sur l'engagement pacifiste des moines: ICI

  • L'U.B.F continue de soutenir la Birmanie : son site : ICI



Ci après un article du Monde sur le Bouddhisme engagé.


  • Un courant engagé, en rupture avec une tradition de soumission :

Quand, dans les rues de Rangoun, les moines birmans ont retourné leur bol en signe de refus de l'aumône des militaires, ils ont commis un acte de désobéissance religieuse grave. Dans le bouddhisme, le moine ne vit que d'aumônes... ou il jeûne. En choisissant l'affrontement avec le régime militaire de leur pays, en 1988 et en 2007, les moines birmans participent de fait au "bouddhisme engagé", ce mouvement panbouddhique, non issu d'une école particulière, diffus et peu structuré, né du contact avec la modernité occidentale et l'histoire de ses luttes révolutionnaires.

Le terme a été forgé par le moine vietnamien Thich Nhat Hanh (né en 1926, exilé en France après la victoire communiste au Vietnam). Mais sa figure emblématique est celle du dalaï-lama, chef religieux et politique du Tibet en exil. Ce courant puise aussi ses modèles ailleurs que dans le bouddhisme, chez Gandhi ou les quakers américains.

Il est l'héritier des luttes d'émancipation anticoloniales, auxquelles les moines bouddhistes, dans les pays où ils représentent une force sociale, ont été engagés. A l'instar des moines sri-lankais qui, à la fin du XIX esiècle, ont fait la guerre au colonisateur britannique autour du slogan "Une île, une nation, une religion" . Ils sont encore en conflit avec les Tamouls hindous ou chrétiens.

Le bouddhisme engagé renouvelle l'approche bouddhiste de la compassion. Il considère comme légitime l'opposition aux structures politiques en place pour restaurer un idéal de société juste. Il ne remet pas en cause les notions clés de respect, de non-violence, de compassion, mais se refuse à faire de la souffrance l'état de la seule conscience personnelle. Il existe une souffrance liée aux inégalités sociales, aux crises économiques, à l'oppression politique.

Le bouddhisme engagé représente une rupture radicale avec l'histoire du bouddhisme faite de subordination et de collusion avec les pouvoirs politiques, jusqu'aux plus despotiques : des petits monarques locaux aux colonisateurs et aux régimes marxistes. Pour Eric Rommeluère, spécialiste du bouddhisme, le bouddhisme engagé représente "la prise de conscience d'une dimension politique autre que celle qui a toujours existé chez les bouddhistes, celle d'une entente tacite avec les pouvoirs en place : "Je vous protège ; vous me soute nez"" .

Cette prise de conscience n'est, bien sûr, pas la même dans tous les pays bouddhistes, mais pour beaucoup d'observateurs, le bouddhisme engagé est en passe de devenir la principale composante du bouddhisme moderne.
Henri Tincq pour Le Monde






Le Bouddhisme "engagé" selon le moine Thich Nhat hanh:

Le Bouddha dit qu’il est possible de vivre heureux dans le moment présent, cela c’est déjà une base du bouddhisme engagé. La sagesse profonde c’est de prendre conscience que tout ce que nous avons c’est ce moment présent. Pendant la guerre du Vietnam nous avons vu la mort, la destruction, la colère, la discrimination, etc.
Avec la méditation bouddhique et la compréhension de l’interdépendance, on constate que des deux côtés les gens souffrent, les communistes comme les anticommunistes, les soldats et les civils américains également. Pour tuer il faut devenir moins que des hommes, on a besoin de discrimination, de colère, de haine pour plonger la baïonnette dans le corps de l’autre. Et la machine de guerre nous conditionne, elle nous nourrit de colère, elle nous fait décrire l’autre comme un monstre, un danger à éliminer. Or l’autre est un être vivant comme nous, il a peur de mourir, il a une famille dont il doit prendre soin, c’est la machine de guerre qui l’a placé là pour tuer et pour être tué. Le bouddhisme aide à maintenir vivace cette vision de l’autre, c’est pourquoi les deux parties belligérantes nous attaquent pour notre pacifisme, pour notre fraternité et pour notre compassion. Nos écrits sont interdits par les deux gouvernements du Sud et du Nord, les poèmes et la littérature anti-guerre circulent dans la clandestinité, grâce au Dharma nous avons pu rester humains dans cette machine de guerre. Les bombes tombent sur nos villages, causant des morts et des blessés, on a dû alors sortir des monastères afin d’aider les gens. La méditation c’est aussi être là pour témoigner de ce qui se passe dans le moment présent. Nous voulons soulager la douleur et la souffrance de nos compatriotes, tout en continuant notre pratique, le bouddhisme engagé est né de la situation de guerre, c’est la méditation en action, la compassion en action, et non pas dans l’imagination. La réconciliation est l’unique chance d’arrêter la guerre mais le mot même est banni par les deux camps. Il nous reste à alerter l’opinion publique internationale, en Amérique et en Europe, en lui fournissant des informations sur la réalité de la guerre au Vietnam, sur les aspirations authentiques du peuple vietnamien, composé d’une majorité de paysans et de gens pauvres qui ne veulent pas de la victoire d’un camp mais l’arrêt de la destruction. Les bombes et les mortiers pleuvent, les mass-média appartiennent aux belligérants, le suicide par le feu devient une méthode de communication afin que le message parvienne, et soit compris, en Amérique et en Europe. Il faut beaucoup de courage, de compassion, de sens du sacrifice pour accomplir cet acte, ce n’est pas la colère de la protestation. Je suis sorti du pays pour témoigner auprès des communautés religieuses et intellectuelles, on m’empêche de retourner au pays. Dans l’exil, pour survivre et pour vivre tout simplement, j’ai dû rassembler une sangha. Je continue ainsi à pratiquer le Dharma et je suis amené à le partager avec les autres. Vis-à-vis de nos amis occidentaux notre intention n’est pas de déraciner les gens, car notre propre vécu nous montre qu’une personne déracinée ne peut être heureuse. Nous exhortons donc nos amis, surtout les jeunes, à revenir à leurs traditions, à leur culture, à pratiquer la non-dualité bouddhique pour réintégrer leurs familles, leur propre milieu.
source : ICI





2 Articles et Reportages (suite)



  • La junte purge dans la terreur : Source liberation

Hier à Katmandou (Népal), des bonzes protestaient contre la répression de la junte militaire en Birmanie


Les arrestations se poursuivent, une semaine après l’arrêt violent des manifestations. Les monastères sont particulièrement visés.
A la nuit tombée, la peur s’empare de Rangoun. Une semaine après l répression du soulèvement des moines bouddhistes, les arrestations de participants aux man ­festations se poursuivent dans l’ancienne capitale, l plus souvent la nuit. «D’après nos informations, les arrestations continuent. De nombreux Birmans nous disent qu’une sœur, un frère ou un père ont été emmenés par la police au milieu de la nuit», indique Shari Villarossa, la chargée d’affaires américaine à Rangoun, jointe par téléphone.

Selon Bo Kyi, un Birman vivant en Thaïlande qui dirige l’Association pour l’assistance aux prisonniers politiques, des raids ont été lancés, la nuit dernière, sur deux monastères de Rangoun et tous les bonzes ont été emmenés. Ces arrestations ont eu lieu quelques heures après le départ de Birmanie de l’envoyé spécial des Nations unies, Ibrahim Gambari, venu pour appeler les dirigeants du pays à stopper la répression....






  • Isoler ou non ? Le Myanmar alimente le débat sur les sanctions : lemonde

La répression par la force du mouvement de contestation au Myanmar a relancé le classique débat sur l'efficacité des sanctions. Faut-il isoler le régime au risque de frapper la population ? Faut-il au contraire tabler sur le commerce pour ouvrir progressivement le pays ?...




  • La Chine appelle à la modération sans condamner la répression en Birmanie ICI

Comme on s'en doutait, la Chine ne condamne même pas la répression en Birmanie, mais au fait, quelle répression ?.....



  • L'ordre règne à Rangoun … ICI

Sur place, la junte semble avoir complètement maté les manifestations, l’ordre règne à nouveau à Rangoun…il faut dire que les rassemblements populaires de la semaine dernière ont été violemment réprimés par les forces de sécurité.



  • La Birmanie reconnaît des arrestations massives: le figaro

La junte birmane a reconnu avoir arrêté plus de 700 moines bouddhistes durant la répression des mouvements de contestation dans le pays mais a également affirmé que la majeure partie d'entre eux avaient été libérés.

On est bien loin du compte : plus de 1500 moines auraient été arrêtés et il y a encore des monastères vides, il est donc impossible que la majeure partie d'entre eux aient été libérés!


  • La junte entendra t'elle le message des moines? anussati

Des centaines de milliers de personnes se sont jointes aux bonzes qui manifestent pacifiquement depuis le 18 septembre. Le journaliste birman en exil Aung Zaw applaudit l’intelligence de ces protestations qui déstabilisent les généraux

Avez-vous déjà tenu un tigre par la queue ? Non ? Eh bien, vous pouvez toujours demander aux généraux birmans de vous faire bénéficier de leur expérience. Le général Ne Win, auteur du coup d’Etat militaire de 1962 [et aujourd’hui décédé], a un jour attrapé un tigre par la queue et ne l’a jamais lâché. Le général, inventeur de la “voie birmane vers le socialisme” et responsable de l’isolement volontaire du pays, n’a pas tardé à comprendre que sa politique de nationalisations courait à l’échec. En 1965, trois ans après le putsch, il prononça devant des journalistes et des hommes politiques cette phrase devenue célèbre : “C’est comme si j’avais tenu un tigre par la queue.” Avant d’ajouter : “Mais je n’avais pas d’autre solution que de m’y accrocher.”

Aujourd’hui, le tigre se réveille. Les moines bouddhistes sont sortis de leurs monastères pour défiler dans les rues, et la population les a rejoints dans ce qui n’est pas loin de ressembler au soulèvement de 1988 [ce mouvement massif de protestation avait été violemment réprimé par les militaires, faisant 3 000 morts]. Mais, cette fois, les manifestations sont différentes. Elles ont débuté de façon assez simple, quand des membres du groupe Génération 88 [formé par d’anciens prisonniers politiques condamnés après les manifestations de 1988] ont défilé dans les rues de Rangoon le 19 août.

Comme il fallait s’y attendre, les généraux ont joué la carte de la répression, faisant arrêter et incarcérer plus de 400 personnes. Mais la manifestation des dirigeants de Génération 88 a fait vibrer une corde sensible dans l’opinion publique. Ils défendaient les citoyens ordinaires, scandalisés par la hausse spectaculaire et inattendue des prix des carburants et des biens de consommation courante. La répression contre les responsables du groupe n’a fait que jeter de l’huile sur le feu.

C’est là qu’interviennent les bonzes qui, pendant des années, avaient gardé le silence dans leurs monastères. Quand ils sont descendus dans la rue et qu’ils ont été malmenés et passés à tabac le 5 septembre, à Pakokku, dans le centre du pays, la brutalité des autorités a mis en fureur la sangha [la communauté monastique]. Elle a exigé des excuses du régime, qui a répondu par le silence. Ce qui s’est passé depuis est l’exemple même de ce que doit être l’action politique de rue. Certains y voient l’expression d’une stratégie très maîtrisée qui sous-tendrait les manifestations actuelles. Tout au long de la semaine écoulée, les moines ont envoyé des messages clairs au monde extérieur et au peuple birman.

Tout d’abord, ils ont défilé vers des pagodes, non vers des édifices publics, revendiquant ainsi leur supériorité sur le plan moral et rendant difficile une intervention de l’armée. Ensuite, ils se sont rendus devant l’ambassade de Chine, où ils ont entonné la Metta Sutta, l’enseignement du Bouddha sur l’amour universel, adressant ainsi un message à ceux qui soutiennent la junte.

L’histoire risque fort de se répéter

Enfin, ils se sont rendus devant le domicile de la chef de file de l’opposition et Prix Nobel de la paix 1991 Aung San Suu Kyi, qui est apparue devant eux, s’unissant symboliquement au combat des moines. [Après la victoire de son parti aux élections de 1990, elle a été assignée à résidence à son domicile. Elle y a passé plus de onze des dix-huit dernières années.] Et, à présent, les moines appellent la population à leur “prendre la main”.

Un nouveau tigre est lâché, un tigre que la junte aura plus de mal à maîtriser. Pour l’heure, le chef de la junte, le général Than Shwe, et ses acolytes tiennent le fauve par la queue. Mais si, dominés par leur peur, ils refusent de le lâcher, l’histoire risque fort de se répéter sous nos yeux. La vague de protestations conduite par des milliers de moines a ébranlé un régime autrefois sûr de lui, qui a pris le contrôle du pays par les armes. Le Myanmar est, de toute évidence, une bombe politique à retardement susceptible d’exploser à tout moment.

Grâce à leurs manifestations pacifiques et à leur détermination, les bonzes ont volé la vedette aux généraux et insufflé une énergie nouvelle au fragile mouvement d’opposition. Mais qu’en est-il de la communauté internationale ? Tout ce que nous voyons, c’est encore et toujours des voisins égoïstes, opportunistes et mal informés qui sont prompts à exploiter les ressources de notre pays, mais répugnent à appuyer des mouvements en faveur du changement politique. Les Nations unies et l’Occident s’en tiennent à leur stratégie qui consiste à “suivre de près” les événements. Les émissaires spéciaux de l’ONU se succèdent, sans résultat. En injectant d’infimes doses de bonnes nouvelles dans un océan de mauvaises, ils mettent tout sur le même plan et ne rendent guère service au peuple birman.

Les moines, les militants et leurs partisans sont les véritables héros de cette étape de l’histoire birmane. Mais ils sont réalistes. Ils comprennent fort bien qu’il n’existe ni raccourci ni remède miracle pour guérir le pays de ses maux. Reste qu’ils savent mieux que quiconque comment s’opposer au régime et résoudre les problèmes. Ils savent que le Myanmar ne peut pas se permettre de perdre encore de nombreuses années. Et ils adressent le message suivant aux généraux : lâchez la queue du tigre !

Aung Zaw The Irrawaddy






  • Conséquences internationales graves : lemonde
De retour de mission, où il a rencontré les acteurs de la crise, l'émissaire des Nations unies, le Nigérian Ibrahim Gambari, a alerté ses collègues du Conseil de sécurité sur la gravité de la situation dans le pays.
Il a déclaré que le "mécontentement vif et largement répandu" de la population birmane pourrait avoir "des conséquences internationales graves".

L'émissaire s'est dit inquiet des informations faisant état, une semaine après la fin des manifestations, de violences et d'arrestations nocturnes. Il a exhorté la junte à libérer "tous les prisonniers politiques". Surtout, M. Gambari a remis en cause le bilan officiel de la crise, qui met en avant une dizaine de tués. Les diplomates occidentaux estiment ce chiffre largement sous-estimé.


  • Des pagodes sans moines en Birmanie: ICI


Où sont les moines ? CNN posait cette question, jeudi 4 octobre, en diffusant des images filmées clandestinement en Birmanie. On pénétrait dans une des grandes pagodes de Rangoun, à l'intérieur de laquelle se trouvent habituellement des centaines de moines. Ils n'étaient que trois. A l'extérieur, des soldats montaient la garde. De nombreux moines ont été arrêtés, et les autres se sont enfuis, craignant de subir le même sort, disait un étudiant.

Selon un témoin, les arrestations nocturnes se poursuivent, visant tous ceux qui ont été identifiés, sur des photographies ou des vidéos, comme ayant participé au mouvement de protestation.
CNN montrait également une scène de répression de rue contre des civils. On voyait un officier hilare commandant à ses hommes de faire monter un par un dans un camion des manifestants qui tiennent leurs mains croisées au-dessus de leur tête.
Ces derniers sont frappés à coups de bâton avant d'être emmenés vers une destination inconnue. Sur d'autres images volées, on aperçoit la chaussée couverte de sandales abandonnées par des manifestants après une charge. Ces images sont relativement rares. Les impressionnants cortèges de moines marchant dans les rues ont fait le tour du monde, alors que les images de la répression sont peu nombreuses et parcellaires.




  • Birmanie : ce n'est hélas pas la fin d'une époque! ICI

L'armée birmane est extrêmement isolée des civils. Ses officiers, au fil des années de dictature militaire, sont devenus une véritable caste impénétrable, séparée du reste des Birmans. Elle jouit de grands privilèges. Les soldats de l'armée birmane sont des garçons de la campagne — pas un ne vient de Rangoon ou de Mandalay, les villes les plus importantes. Le régime est allé jusqu'à transférer la capitale de Rangoon à la «ville» récemment construite de Naypyidaw, laquelle ressemble davantage à une jungle et dont la seul vocation est d'héberger le gouvernement. Elle sert donc aussi à renforcer l'isolement social des soldats et des employés de l'État.

Ainsi, lorsque les manifestants ont à nouveau investi les rues des grandes villes birmanes plus grandes au bout de 19 ans, guidés cette fois par des moines dont le prestige laissait croire à beaucoup que l'armée n'oserait pas les toucher, le régime a tout simplement recommencé à tuer. Cette fois, le nombre de victimes ne dépasse vraisemblablement pas le dixième de celui de 1988 car la population a vite compris le message : en cas de contestation du régime, personne n'est à l'abri de ses représailles. Pas même les moines.

Les Birmans placent désormais tous leurs espoirs dans une intervention étrangère. Mais il n'en a jamais été question. D'ailleurs, les forces étrangères n'ont jamais joué un rôle décisif dans les révolutions pacifiques qui ont abouti à une ouverture. Tôt ou tard, l'extraordinaire corruption des officiers haut gradés de l'armée détruira sa discipline. En attendant, la Birmanie connaîtra sûrement encore des années de tyrannie, avec Aung San Suu Kyi, le héros qui incarne la démocratie birmane — assigné à résidence de manière semi-permanente — pour seul témoin.

Malgré tout, ce n'est pas la fin d'une époque. Ailleurs, les actions pacifiques ont encore une chance raisonnable de vaincre d'autres régimes répressifs. Hélas, cela n'a jamais marché dans le cas de la Birmanie.





jeudi 4 octobre 2007

FREE BURMA

Birmanie Libre




Lire : Première partie sur la Birmanie :
ICI
où vous trouverez:
Des Remarques préalables :
- sur le nombre de victimes et la répression + réflexions sur la situation en Birmanie
1- Le soutien du sangha (=soutien de la communauté bouddhiste): avec notamment tous les messages de soutien du sangha et les avis des membres de la communauté bouddhiste, toutes écoles confondues, sur l'engagement pacifiste des moines
2- Plus général : Articles et Reportage
3 - Le pays des pagodes : présentation de la Birmanie et de son importance pour les bouddhistes de la tradition Théravada
4 - Portrait du Général Than Shwe












Si des blogger ont décidé, par solidarité avec la Birmanie, de ne pas alimenter leur blog ce 4 octobre, cette initiative peut avoir un intérêt pour les blogger qui n'ont pas encore évoqué sur leur blog, la Birmanie et qui parlaient ainsi de tout autre chose dans leurs billets précédant et auraient, sans cette initiative, encore parlé d'autre chose aujourd'hui...et parleront de tout autre chose demain..


Des blogueurs dans le monde entier préparent une action pour supporter la révolution pacifique en Birmanie. Il s'agit d'exprimer sa solidarité avec tous les Birmans qui se révoltent sans armes contre la dictature. Les blogueurs sont invités à ne pas alimenter leur blog pendant la journée du 4 octobre, en ne publiant qu'un seul billet avec le texte “Free Burma”. ICI




Tout en soutenant cette initiative, je pense qu'en continuant de parler de ce qui se passe en Birmanie, j'exprime davantage ma solidarité avec le peuple Birman qu'en me taisant.



Une pétition à signer tout en bas de ce message du 4 octobre, merci



Je continue donc ici, la rubrique 2 : Articles et Reportages
Le début lire : ICI


Comme pour la première partie, ce message est mis à jour régulièrement.



Les informations sont rares en provenance de la Birmanie soumise à un sévère répression militaire et policière. Une française, qui vit dans l centre-ville de Rangoun et souhaite rester anonyme, raconte le quotidie des Birmans. Voici son témoignage recueilli jeudi matin par Liberation.fr

«Depuis mercredi, des listes de noms de personnes recherchées sont dressées dans les commissariats de quartiers. Les autorités disposent de photos prises lors des manifestations qui permettraient de procéder aux arrestations. C’est une longue et sourde répression qui commence.

L’armée semble un peu débordée par l’ampleur des arrestations. Apparemment, elle ne sait plus très bien comment gérer le flux de ces personnes. Des prisonniers ont été parqués dans des stades et sur un champ de course.

J’ai appris que certains membres de la police ou de l'armée proposaient aux personnes d’acheter leur libération fixée entre 40.000 et 50.000 kyatts (40 dollars environs, une somme conséquente).




  • Premiers récits sur la brutalité de la répression en Birmanie : le Figaro

Il serait temps que les "grands" médias parlent enfin de la réalité des massacres.... Cela fait plusieurs jours que de nombreux blogger en parlent.


Le bilan officiel - une dizaine de morts - cache mal l'ampleur et la violence de la réaction de la junte.
Car derrière le bilan officiel de 10 morts, l'horreur de la répression se dessine peu à peu. Des dizaines d'enfants et leurs parents abattus dans la cour d'un lycée. Des activistes brûlés vifs dans le crématorium du cimetière de Yae Way, dans les faubourgs de Rangoun. Le cadavre d'un moine bouddhiste battu à mort flottant dans une rivière. Les récits qui traversent la frontière font froid dans le dos. En les mettant bout à bout, les opposants en exil arrivent à un chiffre de 200 morts et 6 000 détenus.

Rappel du Témoignage déjà évoqué dans "Birmanie mon coeur saigne"

Témoignage d'un massacre au monastère de "N.Kyar Yan":
La soeur d'un des protestataires qui habite Yangoon jointe hier par téléphone par son frère:
"Nous avons vu sur la TV BBC, que 200 moines ont été arrêtés, la réalité est bien supérieur, ce sont des menteurs » - le monastère de "N. K.Yan" avait été pillée tôt ce matin, les militaires sont arrivés avec une bande de gangsters payer quelques milliers de Kyat comme tu sais et protégé par leur camions ils ont pillés le monastère en demandant aux moines de s'aligner afin de les frapper et de les battres contre le mur en brique, certains se sont écroulés sous la douleur puis ils ont continués en arrachant leurs affaires avant de les jeter dans les camions comme des sacs de riz !
Le moine principal a été attaché au milieu du monastère, torturé, matraqué, et retrouvé..... mort comme les autres moines.."

  • Poursuite des arrestations massives en Birmanie, selon l'ambassadeur de France: ICI

Les arrestations se poursuivent en Birmanie où le nombre de morts et de blessés est bien plus important que ne laissent entendre les données officielles, a déclaré jeudi l'ambassadeur de France en Birmanie, Jean-Pierre Lafosse.
Selon M. Lafosse, il y aurait "plus de blessés et de tués que ce qui a pu être reconnu et annoncé"
La répression la semaine dernière contre les dizaines de milliers de manifestants qui exigeaient la fin de 45 ans de dictature militaire a, selon les groupes d'opposition, fait près de 200 morts. Le bilan officiel, lui, fait état de 10 morts. AP






  • Birmanie: les interpellations se poursuivent, l'envoyé de l'Onu fait son rapport: ICI
Les forces de sécurité birmanes ont procédé à des dizaines de nouvelles interpellations dans la nuit de mercredi à jeudi à Rangoun après avoir écrasé la semaine dernière un mouvement de protestation populaire, ont indiqué jeudi des habitants.
Comme les nuits précédentes, les forces de sécurité ont ratissé certains quartiers pendant les heures de couvre-feu, notamment le secteur de la pagode Shwedagon qui avait été le point de départ d'importants défilés emmenés par des moines bouddhistes, ont ajouté ces sources, sous couvert d'anonymat. Les forces de sécurité semblent disposer de listes de suspects, photographiés ou filmés pendant de grandes manifestations les 24 et 25 septembre, et procèdent systématiquement depuis à des arrestations ciblées dans Rangoun, la plus grande ville de Birmanie.





  • Crime contre l'humanité :
La cour pénale internationale définit, entre autres, comme crime contre l’humanité la disparition forcée, à savoir « l’arrestation, la détention ou l’enlèvement de personnes par un Etat ou une organisation politique ou avec l’autorisation, l’appui ou l’assentiment de cet Etat ou de cette organisation, qui refuse ensuite d’admettre que ces personnes sont privées de liberté ou de révéler le sort réservé aux « disparus » dans l’intention de les soustraire à la protection de la loi pendant une période prolongée ».
L’exigence de la résolution du Conseil des Droits de l’Homme, sans réaction favorable de la part de la junte sembleraient en toute logique conduire vers l’accusation de crime contre l’humanité.
Pourtant, Le ministre des affaires étrangères Birman a annoncé lundi que la situation était redevenue normale et appelé la communauté internationale à faire preuve de plus de compréhension et à ne pas prendre de mesures qui ne feraient qu’attiser la crise!!

Les états membres du nouveau Conseil des Droits de l’Homme ont adopté une résolution exigeant de la junte qu’elle renonce à toute violence contre les manifestants, qu’elle garantisse la liberté d’expression et relaxe immédiatement toutes les personnes arrêtées, (on parle de 4000 depuis le 27/9) dont Aung San Suu Kyi.

La justice belge va reprendre l’instruction de plainte déposée contre TOTAL par des réfugiés Birman pour complicité de crime contre l’humanité.
Un colonel de l’armée refuse de mener ses hommes à une attaque contre les bonzes, déserte, se cache dans la jungle et demande l’asile politique à la Norvège.

Vendredi, Ibrahim Gambari doit déposer son rapport.

Mais les arrestations continuent.
L’élan macabre des hommes de la junte se poursuit.
source : ICI








  • La traque aux manifestants continue: ICI

En Birmanie, la répression ravive des craintes de crise alimentaire. Particulièrement concernés, les enfants. Ce sont des représentants de l'ONU et d'organisations d'aide qui tirent la sonnette d'alarme. Sur le terrain, la junte militaire ne désarme pas. Au lendemain de la rencontre entre l’émissaire de l’ONU et le numéro 1 de la junte, l'armée birmane continue de traquer les ex-manifestants….
La junte militaire a libéré ce mercredi plus de 200 religieux bouddhistes mais la nuit dernière elle a procédé à de nouvelles arrestations


  • La crise alimentaire menace :

La répression ravive aussi les craintes de crise alimentaire. Particulièrement concernés, les enfants. Ce sont des représentants de l'ONU et d'organisations d'aide qui tirent la sonnette d'alarme. Selon les organisations démocrates la population birmane dépensait déjà en moyenne 70% de ses revenus mais depuis la flambée des prix des carburants à l’origine des manifestations, les Birmans ont dû allouer près de la moitié de leur salaire quotidien pour payer les transports. Et ce que redoutent ces association, c'est que la flambée des prix et l'augmentation des restrictions sur les mouvements de vivres ne fassent empirer la situation.


  • Le Japon envisage de suspendre son aide à la Birmanie : ICI
Le Japon, le principal donateur de la Birmanie, a déjà restreint son aide économique à la Birmanie à son aide humanitaire. Il "considère maintenant la possibilité de la faire diminuer encore", a déclaré M.Komura.

Jusqu'ici le Japon finançait principalement des programmes destinés à la santé, à l'éducation et des projets humanitaires.


Oui mais qui va aussi souffrir de ses "suspensions" : le peuple Birman.
Comme à chaque fois qu'un pays est sanctionné par la Communauté Internationale, sa population en souffre encore plus que ses dirigeants.


  • Un clip sur la Birmanie : Voir ICI


  • Le général Than Shwe se dit prêt à rencontrer l'opposante, Aung San Suu Kyi.
Oui mais à quelles conditions !! : elle devra : « abandonner son soutien à la politique occidentale de sanctions contre le pays"
Rien que ça !

Elle a toujours demandé à la communauté internationale le boycott général de la Birmanie, y compris par des sanctions économiques. Jusqu’alors, elle n’a jamais dévié de cette position. En proposant le dialogue sous de telles conditions, les généraux savent d’avance qu’ils se heurteront très certainement à un refus.

Et pendant ce temps la répression continue, dans l'indifférence pas générale, mais presque...




Un courant engagé, en rupture avec une tradition de soumission :

Quand, dans les rues de Rangoun, les moines birmans ont retourné leur bol en signe de refus de l'aumône des militaires, ils ont commis un acte de désobéissance religieuse grave. Dans le bouddhisme, le moine ne vit que d'aumônes... ou il jeûne. En choisissant l'affrontement avec le régime militaire de leur pays, en 1988 et en 2007, les moines birmans participent de fait au "bouddhisme engagé", ce mouvement panbouddhique, non issu d'une école particulière, diffus et peu structuré, né du contact avec la modernité occidentale et l'histoire de ses luttes révolutionnaires.

Le terme a été forgé par le moine vietnamien Thich Nhat Hanh (né en 1926, exilé en France après la victoire communiste au Vietnam). Mais sa figure emblématique est celle du dalaï-lama, chef religieux et politique du Tibet en exil. Ce courant puise aussi ses modèles ailleurs que dans le bouddhisme, chez Gandhi ou les quakers américains.

Il est l'héritier des luttes d'émancipation anticoloniales, auxquelles les moines bouddhistes, dans les pays où ils représentent une force sociale, ont été engagés. A l'instar des moines sri-lankais qui, à la fin du XIX esiècle, ont fait la guerre au colonisateur britannique autour du slogan "Une île, une nation, une religion" . Ils sont encore en conflit avec les Tamouls hindous ou chrétiens.

Le bouddhisme engagé renouvelle l'approche bouddhiste de la compassion. Il considère comme légitime l'opposition aux structures politiques en place pour restaurer un idéal de société juste. Il ne remet pas en cause les notions clés de respect, de non-violence, de compassion, mais se refuse à faire de la souffrance l'état de la seule conscience personnelle. Il existe une souffrance liée aux inégalités sociales, aux crises économiques, à l'oppression politique.

Le bouddhisme engagé représente une rupture radicale avec l'histoire du bouddhisme faite de subordination et de collusion avec les pouvoirs politiques, jusqu'aux plus despotiques : des petits monarques locaux aux colonisateurs et aux régimes marxistes. Pour Eric Rommeluère, spécialiste du bouddhisme, le bouddhisme engagé représente "la prise de conscience d'une dimension politique autre que celle qui a toujours existé chez les bouddhistes, celle d'une entente tacite avec les pouvoirs en place : "Je vous protège ; vous me soute nez"" .

Cette prise de conscience n'est, bien sûr, pas la même dans tous les pays bouddhistes, mais pour beaucoup d'observateurs, le bouddhisme engagé est en passe de devenir la principale composante du bouddhisme moderne.
Henri Tincq pour Le Monde





Pétition à l'initiative de Free Burma



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