lundi 19 novembre 2007

SOS BIRMANIE


Mise à jour au 29 novembre



  • Vidéo : Jeanne Moreau : Une minute pour ASSK: ICI
Aung San Suu Kyi, leader de l'opposition démocratique et prix Nobel de la Paix, astreinte à résidence depuis douze ans, est devenue un symbole mondial de la resistance pacifique en balayant les propositions du pouvoir en place d'être libérée à la seule condition qu'elle soit expatriée. Ce film rend hommage à la portée de son geste.

  • - Diaporama : "Je n'oublie pas la Birmanie" : ICI




Plan de ce message:

1) Articles et reportages (suite)= Mise à jour au 29/11
2) Concert Solidarité Birmanie : LES AILES DE L'ESPOIR
3) SOS BIRMANIE
4) Festival Urgence Birmanie


1) Articles et Reportages (suite)

Le 29 novembre:



Monastère de Maggin fermé par la junte
  • La junte birmane ferme un monastère, considéré comme contestataire
La junte birmane a fermé jeudi un monastère qui avait été la cible d'un raid des forces de sécurité lors de la répression fin septembre d'un mouvement de protestation populaire conduit par des bonzes, ont indiqué un moine bouddhiste et des témoins.

Le monastère de Maggin, dans l'est de Rangoun, servait également de refuge temporaire à des malades atteints du sida et venus des quatre coins du pays.

Des responsables du ministère des Affaires religieuses et de la municipalité sont arrivés dans la matinée et ont informé les deux bonzes et six novices encore présents que le monastère serait fermé à 16H00 locales (09H30 GMT), a indiqué à l'AFP U Nandiya, un moine de 83 ans.

U Nandiya est le père du responsable du monastère, U Eideka, qui avait été arrêté avec sept personnes, dont trois moines, lors d'un raid des forces de sécurité le 27 septembre.

«Ils nous ont dit de partir, bien que nous n'ayons rien fait de mal», a dit le vieux bonze qui a lui-même passé treize jours en détention à la prison tristement célèbre d'Insein. Son fils avait été déjà été emprisonné au début des années 1990.

Aucun visiteur n'avait été autorisé à rester dans le monastère après le raid du 27 septembre.

Un malade du sida, encore présent jeudi, a déclaré que les moines l'avaient aidé quand il était sans ressource «mais, maintenant, je ne sais pas comment les aider».

source : ICI



  • Lettre à Monsieur le Président (Christophe Ono-dit-Biot, journaliste et romancier. Pascal Bruckner, écrivain. André Glucksmann, philosophe. Bernard-Henri Lévy, philosophe)

Monsieur le Président,

En 2003, quelques mois après l’embuscade tendue par la junte à Aung San Suu Kyi et qui a failli lui coûter la vie, un Birman anonyme remettait une lettre à un jeune voyageur. De ce Birman, le voyageur ne savait qu’une seule chose : il était étudiant en 1988, l’année où lui et ses condisciples, animés par la volonté de vivre et par l’espoir, avaient défié pacifiquement la junte en manifestant dans les rues de Rangoon. La répression fit 3 000 morts.
(...)
Vingt ans après cette première répression sanglante, portés par la foi et le courage de leurs bonzes, le peuple birman a défié, à nouveau, le régime. Pacifiquement, toujours. Et comme la fois précédente, la junte a réprimé. A coups de matraque de bambou, d’abord. Puis, très vite, à balles réelles. Sur quels ennemis ? Des moines et des civils. Des hommes et des femmes qui n’aspirent qu’à vivre plus libres. Vivre libres.

Vingt ans après cette première répression, trois mois après une deuxième répression, nous sommes venus vous voir samedi dernier à l’Elysée, Monsieur le Président, pour que vous puissiez faire entendre en Chine la voix de la France, et que cette voix soit assez puissante pour casser ce rythme insensé, ce refrain sanglant, qui fait que tous les vingt ans, un peuple se soulève avant d’être broyé.

Vous vous êtes donc rendu en Chine, principal allié et partenaire commercial de la junte, dans un contexte préoccupant d’impuissance internationale. Juste après un sommet de l’Asean qui aura vu les généraux de la junte demander, et obtenir, le silence d’un envoyé de l’ONU qui devait y parler de sa mission en Birmanie. Juste après une condamnation de la répression par l’ONU, qui n’aura arraché au représentant de la junte que ce commentaire, d’une arrogance qui laisse sans voix : «Nous ne sommes ni surpris, ni découragés.»

Vous vous êtes rendu en Chine au moment où la junte arrête et interroge les principaux leaders politiques des mouvements ethniques, qui luttent eux aussi pour le changement. Leur crime ? Avoir refusé de diffamer Aung San Suu Kyi. Au moment aussi où le généralissime Than Shwe, l’homme fort de la junte, consulte les astres et les esprits pour neutraliser les pouvoirs de celle que tous les Birmans appellent «La dame de Rangoon». Cette façon de gouverner comme on tire les cartes serait plaisante, si la junte ne jouait pas avec la vie des 700 prisonniers politiques qui croupissent dans ses geôles, ou des milliers d’enfants qu’elle arrache chaque année à leurs parents, enrôle dans son armée haïe, et envoie exploser sur les mines des sentiers de la guérilla.

Vous vous êtes rendu en Chine, Monsieur le Président, et vous avez tenu parole. Sur deux initiatives que la France, dans cette situation d’impuissance des institutions internationales, peut prendre seule.

D’abord, en validant notre proposition de constituer une commission d’enquête parlementaire afin de faire la lumière sur les 350 millions d’euros – versés à l’Etat birman, chaque année, nul ne sait pourquoi ni comment – par l’entreprise française Total. Certes, la carte des gisements de pétrole ou de gaz naturel coïncide rarement avec celle de la démocratie. Mais il serait inacceptable qu’une de nos très grandes entreprises accepte qu’une partie de cette somme soit versée à des tortionnaires, à des assassins et des voleurs, dont on sait que, non contents d’avoir pillé, profané, dévasté les monastères, ils ont battu à mort les moines qui y résidaient ou qui y trouvaient refuge.

Vous avez tenu parole en évoquant la Birmanie avec votre homologue chinois Hu Jintao, et en demandant l’aide de sa diplomatie pour qu’un représentant de l’Etat français, au nom de tous les Français, puisse se rendre très vite en Birmanie. Et y rencontrer, comme nous vous l’avons suggéré, le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. Une telle rencontre aurait un retentissement planétaire. Montrerait au monde que la France, berceau des droits de l’homme, n’abandonne pas ses principes. Et donnerait aux Birmans, à ces hommes et à ces femmes qui ont, au péril de leur vie, défié ce régime aliénant, un peu de cet oxygène mental dont chaque être humain a besoin pour ne pas mourir et qui s’appelle l’espoir. Pour, enfin, montrer à ce boucher bardé de médailles, le généralissime Than Shwe, que, quoi que disent les astres, le régime inique qu’il incarne n’est peut-être pas éternel.

Nous croyons, Monsieur le Président, qu’une transition démocratique est encore possible en Birmanie. Mais que ce changement ne pourra se faire sans un geste fort de la communauté internationale. «Nous avons besoin de vous», disait la lettre. Votre avion a su trouver le chemin de Tripoli et de N’Djamena. Pourquoi ne pourrait-il pas trouver celui de l’ambassade de France à Rangoon ? Nous y verrions bien Aung San Suu Kyi, «la dame de Rangoon», y parler avec vous, dans ce petit coin de France, mais sous les yeux du monde entier. De l’avenir de son pays. De la démocratie. Du bonheur simple, mais essentiel de respirer après quarante-cinq ans d’étouffement.

Monsieur le Président, nous vous attendons au102, Pyidaungsu Yeithka Road, à Rangoon. «Nous avons besoin de vous.».
Source : liberation

  • Amnesty condamne la poursuite des arrestations

Des arrestations « arbitraires » se poursuivent en Birmanie deux mois après la répression d’un mouvement de protestation populaire, a déploré Amnesty International. Et cela en dépit d’assurances données par le régime militaire à l’ONU.

Amnesty a dénombré depuis début novembre pas moins de seize arrestations parmi des militants politiques, des bonzes et des représentants de minorités ethniques.

L’organisation basée à Londres a notamment cité le cas de U Gambira, chef de l’Alliance de tous les moines bouddhistes et un des leaders des manifestations pacifiques de septembre, qui aurait été inculpé de « trahison ».

Pour rappel lire mon message sur l'arrestation de U gambari : ICI

Aujourd’hui U Gambari risque la peine de Mort.

Amnesty a « condamné » la poursuite des arrestations « en dépit d’un engagement pris début novembre par le Premier ministre (birman) Thein Sein auprès du représentant spécial de l’ONU Ibrahim Gambari. »

A ce jour, quelque 700 personnes arrêtées pendant et depuis les manifestations de septembre restent sous les verrous, tandis que 1.150 prisonniers politiques qui étaient détenus avant les événements n’ont pas été libérés.


«En procédant à des arrestations arbitraires deux mois après la violente répression des manifestations pacifiques, le gouvernement poursuit, contrairement à ses promesses d'un retour à la normale, sa lutte systématique contre la liberté d'expression et d'association », a déclaré Catherine Baber, directrice du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

Amnesty International appelle de toute urgence le gouvernement du Myanmar à libérer toutes les personnes arrêtées ou incarcérées simplement pour avoir exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d'expression, de réunion et d'association, y compris les prisonniers d'opinion récents et de longue date. L'organisation demande également aux autorités de mettre fin aux arrestations.

sources : Amnesty International



Le 28 novembre



  • Les moines Birmans incitent au BOYCOOTT des Examens d'état

Ci après un article publié par le site (en Anglais) irrawaddy
Article traduit par isara pour le site KARUNA:

Dans un tract anti-gouvernemental, les moines birmans incitent à boycotter les examens organisés par le régime, ceci afin de montrer leur solidarité avec les moines protestataires qui ont été dispersés par les autorités et les milices à la solde de la junte lors des manifestations de Septembre.

Dans leur communiqué, l’Alliance de Tous les Moines Bouddhistes de Birmanie (Alliance of All Burmese Buddhist Monks) appelle tous les moines à « respecter le dévouement des moines qui ont été arrêtés, qui ont disparu ou sont morts lors du mouvement pour patam nikkujjana kamma’— c’est-à-dire le refus des offrandes venant des membres du régime militaire.

Le communiqué pressent les moines de ne pas prendre part aux examens annuels qui cloturent les études dans les monastères birmans. Dans un communiqué séparé, le réseau clandestin demande à l’instance officielle, le « Sangha Maha Nayaka Committee », qui chapeaute le clergé du pays de prendre la responsabilité de chercher et de rendre public le nombre de moines, arrêtés, portés disparus ou tués durant la répression gouvernementale.

Selon une copie du tract reçu par e-mail par le journal, « The Irrawaddy », le groupe affirme que le boycott des offrandes organisé par les moines et leur récitation du Mettâ sutta dans les rue de Rangoon et d’autres villes en septembre ne transgressent pas le code de conduite des moines bouddhistes.

« N’ayant pas incité à la violence,notre action n’a pas été à l’encontre de la loi », précise le communiqué. « Mais la junte a brutalement fait intrusion dans une soixantaine de monastères, se livrant au pillage et brutalisant les moines sans pitié. »

La junte a annoncé que, au 5 octobre, 533 moines ont été détenus et parmi ceux-ci, 398 ont été relâchés après qu’il ait été procédé à un tri entre les « vrais moines » des « faux ». Des moines et des dissidents persistent à penser cependant qu’un nombre plus élevé soit encore détenu ou disparu.

Ashin Kawvida, un des moines à la tête du mouvement de protestation de Septembre, qui par la suite à trouvé refuge sur la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, affirme à The Irrawaddy, qu’il est inquiet pour la sécurité de nombreux jeunes moines qui ont pris un part active dans les manifestations.

« Lorsqu’une personne ordinaire est arrêtée, des membres de la famille et des amis peuvent venir demander des informations sur ce qui leur arrive, ce qui leur sont faits, dit-il. « mais de nombreux moines viennent des régions rurales pour étudier dans les monastères en villes, (ceux-ci sont détenus sans personne ne le sache) »

En Inde, pendant ce temps, un millier de moines bouddhistes, de nonnes et des étudiants ont organisé une démonstration contre la junte birmane dans la ville sainte de Bodh Gaya, dans l’état de Bihar - là où il est dit que Bouddha avait atteind l’Eveil.

Cette démonstration qui appelle tous les bouddhiste au travers du Monde de s’unir contre la junte, va durer trois jours et sera accompagné d’un sit-in au fameux temple de Bodh Gaya, rapporte l’Agence Reuter.



Le 27 novembre:

  • A Rangoun, les moines oscillent entre résignation et espoir d’une remobilisation.

Assis sur leurs talons, une trentaine de novices drapés dans leurs robe rouge sombre récitent des soutras bouddhiques en pali en balançant la tête sous le regard débonnaire de deux bonzes plus âgés. Dans le centre d méditation attenant, des femmes assises sur le sol en teck, leurs jambe repliées, méditent dans un silence total devant une statue dorée d Bouddha. D’autres marchent avec une extrême lenteur, dans un mouvemen coulé et ralenti, selon les préceptes de la «méditation de pleine conscience».

Dans ce monastère du centre de Rangoun, comme dans les autres aux alentours, la vie normale a, en apparence, repris son cours, deux mois après la répression sanglante des manifestations de bonzes. Des chiens sont assoupis sur les marches de béton qui mènent à une statue colossale du Bouddha, un lieu prisé par les touristes de passage. Torses nus, des bonzes s’aspergent de seaux d’eau pour leur douche du soir.

«La paix est revenue, tout est tranquille», assure un guide édenté qui propose ses services aux visiteurs étrangers.

Amertume. Il suffit pourtant de gratter un peu la surface pour se rendre compte que cette normalité n’est qu’une façade. Assis sur sa couche, l’abbé du monastère compulse une pile de livres sur le dhamma – les enseignements du Bouddha – qu’on lui a apportés. Visage rondelet et regard vif derrière ses lunettes, il laisse immédiatement fuser son amertume. «Je hais le gouvernement. Je ne pourrais jamais leur pardonner d’avoir fait tirer sur des bonzes. Nous avons enduré trop de souffrances», assène-t-il, alors que le guide lance des regards nerveux par-dessus son épaule.

Les bonzes de ce monastère, dont nous tairons le nom par mesure de sécurité, ont participé aux manifestations de septembre. Celles-ci avaient pour objectif de protester contre les hausses de prix et de dénoncer les violences commises au début septembre contre des bonzes de Pakokku, un des deux centres d’enseignements du bouddhisme dans le pays. Après la répression de la fin septembre, 100 des 500 bonzes du monastère ont été arrêtés. «Les militaires sont entrés dans la pagode avec leurs armes et leurs bottes. Ils se sont conduits de manière honteuse», raconte un autre bonze après avoir fait monter le visiteur à l’étage pour être à l’abri des oreilles indiscrètes.

Cette colère sourde est présente dans la plupart des monastères de l’ancienne capitale, même si elle est rarement exprimée ouvertement par crainte d’être dénoncé. Des vidéos intitulées «Monks versus Devil» circulent par milliers sous le manteau. Ils rassemblent les scènes les plus spectaculaires des manifestations saisies par la BBC ou Al-Jezira. «Nous voulons nous réorganiser et reprendre les manifestations. Mais c’est difficile car des agents du gouvernement ont été infiltrés dans notre temple. Ils ont troqué leur uniforme pour revêtir nos robes», lance à la dérobée un jeune bonze avant de s’engouffrer dans le dortoir. La peur est palpable et, le plus souvent, les bonzes refusent de répondre à toute question sur la situation politique. Dans la foulée de la répression des manifestations les 26 et 27 septembre – répression qui aurait causé 10 morts selon un bilan officiel, bien plus selon des diplomates –, la junte militaire a procédé à un nettoyage des monastères les plus actifs politiquement.

Des bonzes progouvernementaux ont été enrôlés pour y créer une atmosphère de défiance, ainsi que des agents de renseignements déguisés en bonzes. Dans le monastère de Ngwe Kyar Yan, le plus mobilisé lors des manifestations de septembre, l’abbé et son adjoint ont été emprisonnés. Dans la soirée du 27 septembre, des soldats ont pénétré dans ce temple, y ont sauvagement battu des moines avant de les embarquer dans des camions. «Depuis, les militaires ont tout refait à neuf. Ils ont remplacé les images du Bouddha, refait la peinture et ont remplacé tous les bonzes par d’autres venant de l’extérieur», explique un journaliste birman.

D’autres monastères à la périphérie de Rangoun sont vides de tout occupant, le plus souvent parce que les moines ont quitté le froc et sont entrés dans la clandestinité dès le début de la répression. «Il y a probablement encore des centaines de bonzes en prison», précise le journaliste. Aucun des bonzes directement impliqués dans les manifestations n’a encore été libéré.

Donations. Toutefois, la communauté monastique n’est pas unanime dans sa volonté de relancer la confrontation avec la junte au pouvoir. Dans un monastère isolé dans la forêt, à une dizaine de kilomètres de Rangoun, l’abbé – un septuagénaire squelettique, à l’air sévère – qualifie les manifestations de septembre d’«inacceptables». «Ce n’est pas le devoir d’un bo nze de participer à des manifestations. Son devoir est de suivre les enseignements du Bouddhaet de s’astreindre aux 227 règles de la discipline bouddhique», assène-t-il. Un habitant vivant près du monastère confie : «Ces bonzes avalent sans réfléchir la propagande du gouvernement. Ils considèrent que si certains des leurs ont été tués en septembre, c’est parce qu’ils ont commis des actes de violences, comme de casser des vitrines.»

A l’occasion de la fin du carême bouddhique, qui marque la période où traditionnellement les bonzes sortent de leur temple après la saison des pluies, les généraux ont multiplié les donations d’argent, de nourriture et de médicaments pour tenter de réparer leurs relations avec la sangha, la communauté des moines. Mais il est clair que la majorité des bonzes n’est pas prête à passer l’éponge sur les violences commises par les autorités. La déchirure semble irréversible.

«Tout peut exploser à nouveau, il suffit que quelqu’un actionne le détonateur», indique un bonze célèbre pour ses pouvoirs divinatoires dans un monastère du quartier de Mayangon. Mais dans l’immédiat, la capacité opérationnelle des bonzes a été détruite. Les dirigeants des deux organisations qui étaient derrière les manifestations – la Young Monks Union et le United Front of Monks – sont en prison ou en fuite. «Pour l’instant, nous sommes faibles. Nous n’avons que l’amour et la compassion contre les armes. Mais dès que nous le pourrons, nous repartirons à l’attaque», prédit l’abbé du monastère.

source : liberation

Une autre vision :
  • Birmanie : les conflits impérialistes
derrière les appels à la démocratie, les conflits impérialistes

Fin août, des manifestations ont explosé en Birmanie suite à l'augmentation brutale et drastique des prix de l'énergie : 66% pour l'essence, 100% pour le diesel et plus de 500% pour le gaz ! La raison officielle en était l'augmentation des prix des hydrocarbures mais il s'agissait de faire payer toujours plus à la population l'enfoncement catastrophique du pays dans la crise. L'Etat birman est déjà un des trois pays les plus pauvres de l'Eurasie et a un PIB aussi bas que celui de la Corée du Nord. La crise financière de ces derniers mois et ses répercussions sur l'économie mondiale n'a épargné aucun pays et surtout pas les plus faibles. ….Officiellement, la répression des 26 et 27 septembre aurait fait (mi-octobre) dix morts et il y aurait eu 3000 arrestations tandis que les hommes de main du pouvoir birman poursuivent encore à l'heure actuelle de véritables chasses à l'homme sur tout le territoire….


L'hypocrisie et le mensonge démocratiques

La "communauté internationale" s'est élevée avec la plus grande indignation contre cette "atteinte grave à la démocratie". L'Union européenne n'a pas cessé d'annoncer des "sanctions économiques" comme le gel des avoirs à l'étranger des responsables birmans ou un embargo sur les importations de bois et métaux. L'ONU, par la voix de son émissaire, Ibrahim Gambari, "déplorait la répression » et, après avoir rencontré le 2 octobre les chefs militaires birmans, sans aucun résultat, proposait de se rendre en Birmanie(...)

Le premier, dans de grands élans humanitaires, "envisageait" de réclamer de Total, qui soutient financièrement le pouvoir birman et en tire des bénéfices juteux pour l'Etat français, de retenir ses investissements en Birmanie et même de les geler ; le second, auteur d'un rapport d'enquête mensonger de 2003 dédouanant la même entreprise d'accusations selon lesquelles elle utiliserait le travail forcé de la population en Birmanie, préconisait plutôt d'intervenir auprès des voisins asiatiques de la Birmanie, dont la Chine, pour qu'ils fassent pression…

pourquoi tout ce battage, pourquoi ces déclarations "révoltées" ? Parce que derrière cette réaction de la bourgeoisie occidentale, il s'agissait de faire passer ces manifestations et cette lutte de la population contre la misère pour un mouvement pour la démocratie, sous-entendu que, dans les pays démocratiques, on vit forcément mieux.

La Birmanie, enjeu impérialiste

Cependant, ces glapissements hypocrites étaient également et surtout dirigés vers la Chine, qui possède une influence grandissante sur le pays….

... La Birmanie fait partie de la stratégie d'avancée de la Chine vers l'Océan indien, avec des postes d'écoute et carrément une base navale. Elle est une pièce du "collier de perles" chinois, c'est à dire des satellites-clés de Pékin. Avec une mainmise sur le Boutan (Tibet), la Chine étend de plus en plus son influence sur le Népal, la Birmanie, le Cambodge et le Laos, avec l'objectif de la poursuivre vers le Vietnam et l'Indonésie. Ses ambitions se portent vers l'ouest de l'Asie centrale et le sud de l'Océan indien. Cette montée de la Chine se manifeste ainsi par son agressivité particulière envers le Japon et Taiwan.

Cet intérêt et cette sollicitude des pays occidentaux comme de la Russie, l'Inde, la France, les Etats-Unis ou encore l'Australie, ont donc eu fondamentalement comme objectif de contrecarrer l'avancée impérialiste de Pékin et d'y défendre leurs propres intérêts. Voilà la vraie raison de toutes ces hypocrites tractations "diplomatiques". Source : indymedia



Le 26 novembre

  • Les sanctions? Avis partagés des Birmans

Pour beaucoup, les sanctions nuisent d'abord à la population.

Que pensent les Birmans des sanctions décrétées à l'encontre de leur pays? Le débat s'est intensifié au sein de la communauté internationale depuis la répression des manifestations de bonzes à la fin septembre. Les Etats-Unis et l'Union européenne ont durci leur position vis-à-vis de la junte birmane, tout en faisant miroiter - dans le cas de l'UE - des «mesures d'incitations positives» dans l'hypothèse de progrès vers un système démocratique. La voix des Birmans eux-mêmes, qu'ils soient ouvriers, fonctionnaires, hommes d'affaires ou conducteurs de taxis, est rarement entendue.

Ici, comme à l'extérieur de la Birmanie, les opinions sont très diverses, aucune position unifiée ne se dégage. «Je suis contre toutes les sanctions, parce que je suis un homme d'affaires et qu'elles me créent des problèmes», indique le propriétaire d'une firme qui importe des voitures d'occasion de l'étranger pour les revendre dans le pays. Une position qui a, au moins, le mérite de la franchise. Mais rares sont les Birmans qui soutiennent sans nuances les politiques de sanctions.

Win Htut, 27 ans, a participé activement aux manifestations de septembre. Il se dit contre les sanctions, «qui empêchent les firmes pétrolières d'investir en Birmanie» car elles bloquent le développement économique du pays. En revanche, ce propriétaire d'un petit café internet applaudit les représailles ciblées, comme «les mesures américaines, qui gèlent les comptes bancaires des membres de la junte». «De telles mesures affectent directement les dictateurs et ne touchent pas la population», dit-il.

La tendance générale semble être au rejet des sanctions car leur impact serait plus fort sur la population que sur les dirigeants du régime. «S'il vous plaît, aidez à développer notre pays», lance une ouvrière qui a perdu son travail il y a six mois. L'usine où elle travaillait, une fabrique gouvernementale de polos destinés à l'exportation, a fermé à cause des sanctions, affirme-t-elle. «15000 emplois ont été supprimés à Rangoon dans les usines à cause des sanctions. C'est pour cela que vous trouvez de plus en plus de jeunes femmes travaillant dans les night-clubs et les karaoke, ou se prostituant près des arrêts de bus», commente son beau-frère, guide touristique(.....)

Tourisme salvateur

Les Birmans semblent unanimes sur certains points. «Si les touristes viennent ici, ils peuvent découvrir notre culture, mais aussi se rendre compte des conditions dans lesquelles nous vivons et en parler à leur retour», note Win Htut, le jeune militant. «Le tourisme est le secteur le plus prometteur pour le pays. Les touristes permettent aux guides et aux agences touristiques, mais aussi aux cyclo-pousse et aux petits commerçants de gagner leur vie», déclare une guide indépendante. Autre sujet d'accord: l'aide humanitaire par les agences étrangères, qu'il s'agisse d'organisations internationales ou d'ONG.
(...)

LIRE CET ARTICLE EN ENTIER ICI


Le 25 novembre

Dans mon tout premier message sur la Birmanie ICI, j'ai déjà évoqué l'histoire de la Birmanie, voici un petit rappel:
  • Birmanie : de la domination coloniale à la dictature sanglante.
Au 19e siècle, l'actuel territoire de la Birmanie devint progressivement une province indienne, au gré des conquêtes britanniques qui débutèrent en 1824. Il sépara t l'Inde, colonie britannique incluant les territoires qui ont formé le Pakistan, le Sri-Lanka et le Bangladesh, de la Chine et de la péninsule indochinoise. En 188 , après l'occupation de l'Indochine par la France, Londres protégea ses flancs en occupant totalement la Birmanie. Ainsi naquit une de ces entités artificielles do t l'Angleterre avait le secre

Sur ce territoire se juxtaposaient une multitude d'ethnies (plus de 130 à l'heure actuelle), cœxistant plus ou moins bien pendant des siècles, avec des traditions sociales, linguistiques, religieuses et économiques différentes.

La plaine centrale, à majorité ethnique birmane, devint le grenier à riz des compagnies anglaises et bientôt leur réservoir de pétrole. En même temps, la puissance coloniale contribua au développement de la bourgeoisie locale, qu'elle acheta en lui offrant des places dans un appareil d'État local, essentiellement décoratif.

Les 40 % de la population restants habitaient pour la plupart au nord et à l'est, dans les « provinces frontières » difficiles d'accès, l'Empire se gardant bien d'y construire des routes. L'autorité coloniale était déléguée aux chefs traditionnels, cependant que les Anglais recrutaient, au sein de ces ethnies, les forces qu'ils envoyaient, quand besoin était, réprimer la population des villes birmanes. Il en résulta de solides haines entre les Birmans et les minorités les plus nombreuses, Karen, Chin, Mon, Kachine, Rakhan, Shan, etc.

La naissance de l'opposition.

Ce furent ces ethnies qui entrèrent d'abord en dissidence, formant des guérillas armées dès les premières tentatives de mise en place d'un pouvoir central. Ces mouvements de rébellion n'ont pratiquement jamais cessé depuis, servant de base à la formation de nombreux partis politiques et de nombreuses zones dites « libérées ».

Dans les villes apparut, comme en Inde, une opposition bourgeoise respectueuse des institutions coloniales. Mais contrairement au Parti du Congrès indien, l'opposition birmane se radicalisa rapidement sous l'influence des idées communistes. En 1930 fut formé le premier parti indépendantiste, puis, en 1933, les premiers syndicats, chez Burmah Oil Company, plus tard rachetée par BP. En 1938, les ouvriers du pétrole firent grève pendant onze mois, grève au cours de laquelle ils parcoururent à pied les 400 kilomètres qui séparaient les puits de la capitale.

L'opposition étudiante de Rangoun avait pour leader Aung San, père de l'actuelle figure de proue du mouvement démocratique, héritier d'une famille de l'aristocratie foncière. Ce dernier fut de toutes les aventures politiques et participa à la fondation, en 1939, du PCB, le Parti Communiste Birman, ce qui ne l'empêcha pas, plus tard, de s'allier à des réactionnaires pour se débarrasser du PCB.

À l'époque, l'Internationale Communiste était aux mains de la bureaucratie stalinienne, dont la politique dite des « fronts populaires » exigeait des partis communistes qu'ils mettent le mouvement ouvrier des pays colonisés à la remorque des forces nationalistes bourgeoises.

Le mouvement nationaliste à la remorque du Japon... puis des « Alliés »

En Birmanie, une grande partie du mouvement nationaliste, derrière Aung San, tomba pendant la Deuxième Guerre mondiale dans le piège d'une alliance avec le Japon. Aung San et les autres dirigeants nationalistes, groupe qui fut nommé les « Trente camarades », prirent la tête d'une Armée Nationale Birmane équipée par Tokyo. Ils s'attaquèrent aux troupes anglaises pour préparer le débarquement japonais, puis rejoignirent le gouvernement fantoche mis en place par Tokyo.

L'indépendance promise tardant à venir, Aung San et ses camarades changèrent de cap en 1944, renouant avec le PCB et passant un marché avec les Alliés en retournant les fusils de l'Armée Nationale Birmane contre les Japonais.

A la fin de la guerre, l'influence du PCB crût rapidement, tandis que Aung San rebaptisait son parti en « Parti Socialiste ». Les grèves se multiplièrent, la population pauvre réclamait le départ des colonisateurs et la fin de la misère. L'agitation armée reprit dans les « provinces frontières », malgré la répression désormais dirigée par le général Ne Win, l'un des « Trente camarades », contre les maquis communistes. Londres redouta un enlisement, qui s'ajouterait au problème que lui posait la Malaisie voisine. Il fut décidé d'abandonner la Birmanie qui devint indépendante en janvier 1948 et, seule des ex-colonies britanniques, quitta le Commonwealth.

De l'opposition à la dictature.

Entre-temps, le 19 juillet 1947, Aung San et cinq ministres du gouvernement provisoire avaient été assassinés. Les auteurs restèrent inconnus, mais la place était libre pour les ambitions d'un certain nombre de dirigeants « historiques » comme Ne Win, qu'ils eussent ou non reçu le soutien des services secrets anglais.

À peine au pouvoir, le gouvernement de la Birmanie indépendante prenait l'offensive contre la population pauvre et contraignait le PCB à passer dans la clandestinité. Pendant dix ans, l'armée dirigée par les anciens membres des « Trente camarades » allait rester dans l'ombre. Mais en 1962 Ne Win l'installait au pouvoir pour ne plus le quitter jusqu'aux émeutes de 1988. Un régime de parti unique - celui du Parti du Programme Socialiste - était instauré pour réaliser « la voie birmane vers le socialisme ». Derrière cette rhétorique empruntée au stalinisme se cachait une dictature sanglante, que les militaires, très vite revenus au pouvoir après les émeutes de 1988, perpétuèrent.

François ROULEAU.



  • Un des pays les plus secrets du monde : Paranoïa, répression et trafics en Birmanie

Cet article a été écrit et publié dans le "Monde Diplomatique" il y a un an tout juste.
Qui parlait de la Birmanie à cette époque? Pourtant la situation était la même (les manifestations des moines en moins)
Si la situation ne change pas, les moines et le peuple Birman auront manifesté pour RIEN.
Si rien ne change, des moines et des laïcs seront morts pour RIEN.


Introduction :

Mise en accusation au Conseil de sécurité des Nations unies le 15 septembre dernier la junte militaire birmane a annoncé, au début du mois d’octobre, (2006) la relance de l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Une procédure engagée il y a un an et à laquelle personne ne croit, surtout pas l’opposition. Du reste, quelques jours après cette déclaration, le pouvoir a arrêté plusieurs opposants, notamment de la Ligue nationale pour la démocratie, parti de Mme Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, toujours assignée à résidence.


Lire cet excellent article : ICI



  • where are the monks ?

Article en Anglais ( facile à comprendre) : Lire ICI

Le début de l'article:

Ce moine de 26 ans fait partie des milliers de moines qui sont descendus dans les rues de Birmanie au mois de septembre. Comme beaucoup d'entre eux il n'avait jamais imaginé devenir un militant. "je suis un moine normal, je ne suis pas un moine engagé politiquement" dit-il. Mais il a été porté par la ferveur démocratique qui s'est emparé de Rangoon.
Le 25 septembre il est retourné à son monastère tard dans la nuit, passant par dessus le mur car la porte de devant était fermée. La nuit suivante il a été emmené par les soldats.....
Lire La suite en Anglais : ICI







Le 24 novembre


  • L'Onu appelle l'armée du Myanmar à ne plus recruter d'enfants
Les Nations unies appellent le Myanmar à démobiliser l'ensemble des enfants soldats et à mettre fin au recrutement de jeunes de moins de 18 ans, dans un rapport publié vendredi.
Selon le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, les difficultés d'accès dans certaines régions du pays empêchent d'établir un tableau précis de la situation, mais selon des rapports crédibles sur le recours à des enfants soldats, la situation du Myanmar est préoccupante.


Malgré la politique officielle du gouvernement birman de ne pas recruter de jeunes âgés de moins de 18 ans, cette pratique se poursuit à cause de la pauvreté et des pressions de la junte au pouvoir pour accélérer le recrutement au sein des forces armées.

Ban a ajouté que le Myanmar s'était engagé à punir les responsables du recrutement de mineurs et avait fourni des listes d'enfants libérés, mais que les Nations unies n'avaient pas été en mesure de vérifier la véracité de ces actions.

Selon le rapport, plusieurs factions armées du pays recrutent également des enfants parmi leurs combattants, certains n'ayant que neuf ans. (le monde)

Le rapport ajoute que des enfants auraient également été condamnés à des peines allant jusqu'à cinq ans de prison pour désertion.

La junte et les groupes d'insurrection ethniques birmans sont accusés depuis longtemps d'enrôler des enfants parmi leurs combattants, des pratiques que toutes les parties ont reconnues ces dernières années.



Le 23 novembre


Temps présent : Un reportage: le journaliste Claude Schauli, grand spécialiste de la Birmanie, a suivi cette crise, de sa genèse à ses derniers jours.
Rediffusion le vendredi 22 novembre 2007 à 0h15 et lundi 26 novembre 2007 à 10h30 et 15h00 sur TSR2 ou regarder l'émission ICI


On croyait à une révolution, mais les évènements récents n'ont débouché que sur une répression violente, et surtout, hors du champ des caméras. Pour Temps Présent, le journaliste Claude Schauli, grand spécialiste de la Birmanie, a suivi cette crise, de sa genèse à ses derniers jours. Il était aux côtés des exilés birmans, en Norvège, qui ont alimenté les chaînes mondiales en images rares. Et il vient de rentrer de la frontière birmane où il a recueilli de bouleversants récits.

Le journaliste Claude Schauli a interviewé à plusieurs reprises l'opposante birmane, Prix Nobel de la Paix, Aung San Su Kyi. Il préparait un nouveau reportage sur ce pays, quand soudain, les manifestations de moines ont commencé dans les rues de la capitale. Dans ce pays, parmi les plus fermés du monde, il est impossible de travailler comme journaliste et les informations n'arrivent que par bribes. Ainsi, il avait fallu plusieurs jours, lors de la répression de 1988, pour savoir que près de 3000 personnes avaient été abattues par les militaires.

Cette fois, les choses ont changé. Grâce aux téléphones portables et aux liaisons satellites, il a été possible de suivre heure par heure le déroulement de cette "Révolution des moines". Et le centre névralgique, c'était la rédaction de la Voix démocratique de la Birmanie, basée à Oslo, et fondée par un groupe d'exilés birmans. Claude Schauli a vécu toute la crise aux côtés de ces exilés et a recueilli des informations de première main.

Mais il s'est aussi rendu sur le terrain, à la frontière entre le Myanmar et la Thaïlande. Là, il a pu recueillir les témoignages des premiers exilés, parvenus à fuir la vague de terreur lancée par les militaires. Nombreux sont les moines, moteur de cette révolte, qui sont parvenus à fuir. Et qui racontent comment ils ont, pacifiquement mais à prix fort, fait vaciller une des juntes les plus brutales du monde.

Le 22 novembre

  • Dans un entretien au "Monde", Ibrahim Gambari fait le point sur sa mission de conciliation:

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, Ibrahim Gambari, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Birmanie, repart en tournée, vendredi 23 novembre, après avoir vu à Singapour, individuellement ou en petits groupes, la plupart des responsables asiatiques qu'il aurait rencontrés en réunion plénière, si la junte birmane ne s'y était opposée.


"J'ai pu "briefer" les dirigeants des pays d'Asie de l'Est, recueillir leurs conseils sur la démarche à suivre et m'assurer de leur soutien pour les efforts du secrétaire général", a déclaré, mercredi, le diplomate nigérian au Monde, en marge du sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), réuni cette semaine à Singapour. Ibrahim Gambari se rendra au Laos, au Cambodge et au Vietnam avant de rentrer à New York.

De là, il compte retourner en Birmanie en décembre, pour une troisième visite depuis la répression des manifestations d'août et septembre, afin de tenter de lancer des pourparlers, en sa présence, entre le pouvoir et Aung San Suu Kyi, leader de l'opposition et Prix Nobel de la paix.

Plutôt que d'évaluer les chances de succès de sa mission, M. Gambari compare les points positifs et les points négatifs. "Pour l'instant, le positif l'emporte", dit-il. "Mais ça peut basculer."

Côté positif : "Le processus de dialogue paraît être engagé, même s'il est fragile et réversible. Un ministre chargé de faire la liaison avec Aung San Suu Kyi a été nommé et l'a vue deux fois. Elle a été autorisée à rencontrer les responsables de son parti. J'ai été autorisé à lire une déclaration de la part d'Aung San Suu Kyi. Les autorités ont libéré 2 600 prisonniers, dont 700 religieuses et 50 prisonniers politiques de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, le parti d'Aung San Suu Kyi). Le rapporteur spécial pour les droits de l'homme, Paulo Sergio Pinheiro, a pu y aller. Le Comité international de la Croix-Rouge est, en principe, invité à y retourner et à voir les détenus. Plusieurs fonctionnaires de l'ONU s'y sont également rendus et nous avons un accord de principe pour l'installation d'un bureau de liaison du secrétaire général de l'ONU à Rangoun."

Côté négatif : "Aung San Suu Kyi est toujours en détention, de même que les autres prisonniers politiques dont nous ignorons le nombre. On fait état de nouvelles arrestations. Il n'y a aucun calendrier pour la "feuille de route de démocratisation en sept points" du régime et lorsque l'on sait qu'il a fallu quatorze ans pour réaliser le premier point, les pays voisins sont en droit de se poser la question. Il n'y a pas, non plus, de calendrier pour le lancement d'un dialogue substantiel : nous n'y sommes pas encore."

Lire la suite : ICI


Le 21 novembre


  • La foire aux pierres précieuses attire les foules malgré les appels au boycott.
Au moins 3.500 personnes venant du monde entier auraient d’ores et déjà pris part à la vente aux enchères de pierres précieuses qui a débuté mercredi dernier à Rangoun, selon la presse birmane dimanche.
L’événement doit se poursuivre jusqu’au 26 novembre et d’autres arrivées de commerçants sont prévues.
Le journal d’état La Nouvelle Lumière du Myanmar, souligne que plus de 2.000 négociants sont venus de Chine tandis que d’autres ont afflué d’Inde, de Singapour, de Thaïlande, d’Italie, de Grande Bretagne, du Japon, d’Australie, des Etats-Unis et du Canada.
source : AFP

  • la répression de septembre enfin condamnée par l'ONU.
Souvenez vous, l'ONU avait seulement DÉPLORÉ la répression, mais pas CONDAMNÈ!

La répression violente des manifestations pro-démocratie fin septembre en Birmanie a été condamnée pour la première fois mardi à l'ONU, dans une résolution, par la commission des droits de l'Homme de l'Assemblée générale.

Le texte, non contraignant, "condamne énergiquement le recours à la violence contre des manifestants paisibles exerçant leur droit à la liberté d'opinion, d'expression, de réunion et d'association pacifique".

La résolution a été adoptée par 88 voix contre 24, avec 66 abstentions. La commission siégeait en séance plénière, réunissant les 192 Etats membres de l'ONU. Au vu de ce résultat, le texte devrait être également adopté par l'Assemblée générale, à une date ultérieure.

C'est la première fois que l'ONU "condamne" ces violences commises par la junte militaire birmane contre les manifestants pro-démocratie emmenés par les bonzes.

Le Conseil de sécurité, divisé, n'avait pu que les "déplorer", dans une déclaration le 11 octobre. La Russie et la Chine, principal allié de la Birmanie, étaient intervenues pour édulcorer le texte, rédigé par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

Dans la résolution de la commission, les Etats membres se déclarent également "gravement préoccupés par les violations systématiques des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, y compris des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, dont souffre encore la population" de Birmanie.

Ils déplorent également "les détentions arbitraires" et "la prolongation de l'assignation à résidence de la dirigeante de l'opposition Aung San Suu Kyi".

Ils appellent le gouvernement birman à "lever les restrictions limitant les libertés" et à "renouer sans tarder le dialogue avec tous les acteurs politiques, y compris la Ligue nationale pour la démocratie (LND, d'Aung San Suu Kyi) et les représentants des groupes ethniques".
source : courrierinternational



Le 20 novembre

  • C'est "honteux", a dénoncé le militant des droits de l'Homme Charm Tong.

Les dix Etats membres de l'organisation (Birmanie, Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) ont choisi de ne pas hausser le ton contre la Birmanie: ils ont refusé de suspendre le pays et ont annulé brutalement l'invitation qui avait été adressée à l'envoyé des Nations unies Ibrahim Gambari.

C'est "honteux", a dénoncé le militant des droits de l'Homme Charm Tong, réfugié de Birmanie. Dans un communiqué, il déplore que l'ASEAN "se lave les mains de la Birmanie et laisse le poids du dossier birman aux Nations unies".

Après le sommet de l'ASEAN, les dix dirigeants prolongeront leur rencontre mercredi par un sommet est-asiatique, auquel participent également la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

source : AP (Associated Press)







  • Rappel : Le Sommet de l'ASEAN s'est ouvert lundi 19 novembre à Singapour:

L'association des pays d'Asie du Sud-Est est très attendue sur une question : la Birmanie.
Le South China Morning Post, ose ce lundi ce que aucun journal asiatique, n'a fait jusque-là : Exiger de l'Asean une position ferme et commune pour faire progresser le dossier birman.

Les membres de l'Asean sont divisés, rappelle le quotidien de Hong Kong : « Il y a des pays comme le Laos ou le Vietnam qui considèrent que la révolte des moines et la répression qui a suivi sont des affaires internes ». La non ingérence est en effet l'une des règles de base de l'Asean.

Et puis il y a des pays comme les Philippines, explique le South China Morning Post qui soulignent que « la situation en Birmanie menace la sécurité régionale. Qu'il faut en conséquence faire pression sur les généraux pour que la démocratie avance ».

Conclusion du quotidien hongkongais : « Avec le soutien de la communauté internationale, ce sont les pays proches de la Birmanie qui peuvent permettre une sortie de crise ».

source: rfi.fr



Le 19 novembre
  • Les nouveaux Bouddhistes

Les bouddhistes français ont protesté officiellement contre la répression des manifestations en Birmanie. Un engagement nouveau pour cette communauté discrète et disparate.
Jeudi 22 novembre, le nouvel an shan aura un goût amer pour cette ethnie birmane, bouddhiste à 99 %. La menace d’une répression militaire est toujours forte. Et elle s’ajoute à la misère des paysans. En France, quelque 800 000 bouddhistes s’en inquiètent. Le geste des milliers de moines birmans rejetant l’aumône des militaires en retournant leur bol a pour le moins marqué les esprits. Ce refus, transgression d’une pratique ancestrale, est devenu le symbole d’un nouveau bouddhisme engagé pour nombre de fidèles dans l’Hexagone.


Habituellement très discrète, l’Union bouddhiste de France (UBF) a officiellement « désapprouvé l’usage de la force contre la population civile et la communauté des moines birmans ». Lettre à l’ambassade de Birmanie et communiqué à l’Agence France- Presse, participation à des émissions de télévision et manifestations pacifiques dans plusieurs grandes villes... Du jamais-vu pour une communauté aussi éclatée que les convictions et les traditions bouddhistes sont diverses.

« J’ai été frappé par cet engagement, confirme Frédéric Lenoir, spécialiste des religions et auteur d’un ouvrage de référence sur le bouddhisme en France *. Chez les laïcs bouddhistes français, il existe depuis quelque temps un fort militantisme tiers-mondiste, écologiste ou pacifiste sans pour autant qu’il s’impose aux religieux et dans les institutions. Cette fois, les institutions bouddhistes de France ont suivi ce mouvement et pris un véritable virage. »

Pour Fabrice Midal, docteur en philosophie et auteur de Quel bouddhisme pour l’Occident ? (Seuil, 2006), c’est aussi « une première ». Converti au bouddhisme à l’âge de 20 ans, il fait partie de ces religieux occidentaux pour lesquels l’engagement est une nécessité. « Etre bouddhiste, c’est aussi être citoyen et en assumer les responsabilités, affirme-t-il. J’ai beaucoup dénoncé le complexe de Peter Pan des bouddhistes, leur incapacité à grandir et à s’investir dans la cité. Mais cela change. »

Olivier Wang-Genh assume cet engagement. Nouveau président de l’UBF depuis le printemps, il est à la tête d’une communauté zen regroupant 700 membres. « Notre prise de position sur la Birmanie est un peu nouvelle, confirme-t-il. Cela répond au besoin de reconnaissance de nos communautés ; une manière de montrer que nous ne sommes pas une bande d’originaux qui font des trucs un peu exotiques dans leur coin. »

Le nouveau bouddhisme à la française trouve sa légitimité dans l’action du dalaï-lama pour le Tibet, bien sûr. Mais aussi dans celle du moine zen vietnamien Thich Nhat Hanh. D’abord exilé, puis vivant en France depuis trente ans, il est reconnu dans le monde entier pour sa défense d’un bouddhisme moderne intégrant certaines valeurs occidentales. Une forme de rupture avec les pratiques héritées des années 70, très centrées sur l’individu. Avançant dans ce sens, l’UBF répond dorénavant aux sollicitations de l’Assemblée nationale ou du Sénat sur des problèmes d’éthique ou de société. « Il n’existe pas une communauté bouddhiste comme on peut parler d’une Eglise catholique, précise Olivier Wang-Genh, ça n’est donc pas facile. » Une majorité des bouddhistes français sont d’origine extrême-orientale (environ 400 000 fidèles). Ces derniers vivent leur croyance au sein de leur communauté. Pour les autres, les degrés de connaissance et d’engagement sont très divers.

Source : le figaro

J'ai déjà évoqué toutes les actions et les soutiens de la communauté bouddhiste (le shanga) dans mon message : Un moine peut-il manifester







2) Concert Solidarité Birmanie : LES AILES DE L'ESPOIR






Le 10 déc. 07 à 20h00 à Bruxelles
au Botanique

Avec JANE BIRKIN (marraine de l'événement), ETE 67, Sasha Toorop, Karin Clercq, Samir Barris, Charline Rose, Vincent Liben (Mud Flow), Delphine Gardin (Monsoon), Marie VanR, Maria Palatine, …
Les réservations sont ouvertes au 02/218.37.32 et sur www.botanique.be






3) Présentation de SOS BIRMANIE :







SOS Birmanie est une association à but non lucratif nouvellement créée par des artistes / activistes engagés pour la cause de la population de la Birmanie depuis des années, et motivées par la volonté de partager leurs compétences, expériences, et connaissances du pays.

SOS Birmanie a pour but de sensibiliser, d'informer et de dénoncer la situation politique, économique et sociale de la Birmanie aux mains d'une dictature militaire brutale depuis 45 ans. Dans cette perspective, l’association met en œuvre aussi souvent que possible des actions de mobilisation/sensibilisation et surtout des événements artistiques, afin que la souffrance de ce peuple soit relayée et non ignorée.

L’association est ainsi ouverte à toute collaboration avec des personnes souhaitant s’engager de manière bénévole auprès de notre équipe pour soutenir nos actions. Les artistes sont également les bienvenus.


ACTE 1 Scène 1:

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.



Voir le blog de SOS BURMA/SOS BIRMANIE: ICI


4) Festival URGENCE BIRMANIE à Paris les 24 et 25 Novembre:


- On m'informe ce jour ( jeudi 22/11) dans un commentaire :

Au LUCERNAIRE FORUM,
53 rue Notre-Dame-des-Champs (métro Notre-Dame-des-Champs ou Vavin)

Festival "Urgence Birmanie" les 24 et 25 novembre.
- samedi 16 h 30 "Derrière la palissade" et "Thamanya, un espoir pour la Birmanie". Débat avec le réalisateur.
- samedi 20 h : "Total denial" (+débat)
- dimanche 16 h 30 : "Son pays est une prison" + courts métrages. Débat avec le réalisateur.
- dimanche 20 h : "Total denial" (+débat

Merci à JM pour ces renseignements


Et je viens juste de découvrir un blog qui parle de ce Festival URGENCE BIRMANIE: ICI

Images du dedans (Thamanya de Arthur Morgane et Son pays est une prison de François Rosolato), du dehors (Total denial de Milena Kaneva) ou juste à la frontière (Derrière la palissade de Séverine Vanel), elles racontent la dictature et son lot d’atrocités : travail forcé, persécutions, exils... Comment filmer ce qu’il est interdit de montrer ? Comment rapporter l’indicible ? Les dispositifs, d’un réalisateur l’autre, se répondent pour composer une programmation contrastée, poétique à ses heures, emplie de dureté, à l’image de ce pays.




Purifier la pensée perverse





-Les 3 derniers messages:



Purifier la pensée perverse

La pensée perverse s’agite en tout sens, affairée, dispersée, elle broie sur son passage quiconque s’oppose à elle... C’est un tourbillon de pensées « décervelantes »...

J’avais eu pour idée première de parler du bouddhisme et de la pensée occidentale, mais avec les moyens de communications actuels et l’industrialisation de tous les pays, la pensée occidentale devient peu à peu la pensée du monde.... Il n’y a peut-être pas lieu de s’en réjouir dans la mesure où ce n’est pas la profondeur de cette pensée qui se répand mais son aspect négatif...




La pensée perverse



L’ignorance est le propre de la pensée perverse, la pensée perverse est sans intelligence.

Ce qui marque la pensée perverse, c’est justement une sorte d’absence de pensée... C’est une pensée agitée par le souci de séduction et d’appropriation, une pensée qui ne se pose pas, ne s’approfondit pas, une pensée qui ne connait pas et ne cherche pas à connaître, son seul but est le calcul incessant des moyens de séduire... La pensée perverse est sans véritable culture, la vérité lui importe peu, ce qui importe c’est ce que les autres vont croire... Une contre-vérité assénée avec conviction devient vérité... La pensée perverse est une pensée de décervelage.

La pensée perverse refuse toute croyance en autre chose qu’elle même, elle s’agite dans un scepticisme permanent qui n’est pas le doute constructif et nécessaire... En ce sens les paroles du Bouddha dans le Kalama Sutta peuvent facilement être détournées de leur sens et de leur contexte.

Verset 1.33 Venez, ô Kalamas, ne vous laissez pas guider par des rapports, ni par la tradition religieuse (...) ni par la pensée que « ce religieux est notre maître spirituel ».


En oubliant ce qui précède

Verset 1.32 Le Bienheureux dit : C’est pourquoi, ô Kalamas, nous avons déjà dit : Il est juste pour vous, ô Kalamas, d’avoir un doute et d’être dans la perplexité. Car le doute est né chez vous à propos d’une matière qui est douteuse.


Tout n’est pas douteux, et douter de tout c’est déjà être dans la pensée perverse. Nous devons prendre garde à ne pas identifier le discernement avec le scepticisme.

Le discernement est éclairé, il suppose un travail sur soi même et une investigation approfondie sur les sujets proposés... le discernement demande un effort.... Le scepticisme permanent a trait au narcissisme, à une forme de toute puissance de l’individu : je n’ai rien à recevoir de personne...

Là encore la parole du Bouddha : « Soyez à vous même votre propre refuge » peut-être pervertie et détournée de son sens... Nous ne pouvons être à nous même notre propre refuge que dans une pensée dépouillée de l’ambigüité narcissique, une pensée éclairée et discernante où l’effort de vérité est constant.

La pensée perverse ne s’embarrasse pas de la vérité, elle est absolue et totalitaire ; elle refuse toute croyance, elle est le contraire du lâcher prise... et condamne tout ce qui menace son emprise, elle pointe du doigt comme ennemi de la doctrine ou de la communauté tout ce qui va à son encontre...

La pensée perverse est le propre du guru et du manipulateur... elle désigne comme ennemi du dogme, de la doctrine, de la communauté tout celui qui tente d’avoir un jugement éclairé...


Les complices de la pensée perverse



La pensée perverse ne saurait exister sans complices....Mais qui sont-ils ces complices ?

Vous, moi et tous les autres,à chaque fois que nous ne faisons pas l’effort personnel de nous renseigner et nous instruire...à chaque fois que, par fainéantise, nous gobons sans effort de discernement, tout ce que l’on nous dit , mais aussi à chaque fois que nous mettons en doute tout ce qu’on nous dit sans faire l’effort de chercher, de travailler, d’étudier, de nous renseigner... Nous, quand pris dans le jeu de la séduction et la peur de contredire nous n’osons ni voir ni entendre et surtout pas parler...

Le surfing sur internet peut venir nourrir cette pensée... on surfe sans s’arrêter sur quoi que ce soit, sans rien approfondir... Au lieu d’approfondir ,on se contente d’une phrase qui nous plait ou nous déplait, il n’y a plus de véritable élaboration de la pensée. L’ignorance est le fruit de la pensée perverse et sa complice....


Origine de la psychose perverse



On peut parler de psychose perverse, tant la pensée perverse prend ses racines dans le déni du mal-être... Le refus de reconnaître son mal de vivre et son désarroi...

Si elle ne s’est pas déjà installée de manière précoce et pathologique, la perversion narcissique peut apparaitre au bout de quelques années d’une démarche analytique ou d’une pratique spirituelle...

Tout à coup la personne décide qu’elle va bien, qu’elle a atteint son but, que tout est pour le mieux... Elle masque le gouffre d’angoisse du vide et du néant qui l’habite... Elle devient absolue et totalitaire et utilise tout ce qu’il est possible d’utiliser pour ne pas aborder cet instant délicat qui est celui du basculement...

C’est pourquoi le Bouddha marque comme excessivement dangereux de s’arrêter en chemin... Une retraite « réussie » est souvent plus dangereuse que celle où on a eu l’impression de ne pas avoir avancé...

La satisfaction spirituelle du chemin accompli masque la difficulté du chemin qui reste à parcourir... Il s’installe alors une position de déni qui va se dresser contre tout ce qui menace ce fragile équilibre.

La doctrine devient absolue, les croyances illusoires, tous ceux qui tentent de contredire ou d’élucider sont désignés comme ennemis du dogme, de la doctrine, ou de la pensée du maître... il s’établit une sorte de manipulation mentale... dans le pire des cas on assiste à la naissance d’un guru avec tout ce que cela engendre de manipulation mentale...

Il reste donc dangereux et aléatoire de croire qu’une pratique méditative peut à elle seule résoudre tous les problèmes... cela est d’autant plus dangereux pour ceux qui s’y précipitent un peu comme dans une fuite.

Seuls la persévérance, la vigilance, l’étude, le discernement et l’humilité peuvent nous permettre d’éviter une telle dérive, d’éviter soit de devenir le manipulateur pervers soit le complice manipulé.



La foi est le contraire de la pensée perverse



La dévotion envers le Bouddha Dhamma Shanga est une protection efficace envers ce genre de dérive... La dévotion nous ancre dans l’humilité, nous fiant aux enseignements du Bouddha plus qu’en aucune autre parole de séduction, nous devenons à même de réajuster sans cesse notre démarche...

La dévotion est le début de la sagesse ainsi que sa manifestation. Elle ne fait pas pour autant quelqu’un d’asservi... Les occidentaux ignorent ce qu’est véritablement la foi, ils l’assimilent à de la crédulité et de la superstition... Mais la foi n’a rien à voir avec tout ça... La foi est un engagement de tout son être sur le chemin de la libération.

Les chrétiens disaient que la foi était un don de Dieu, ils le disaient parce qu’ils avaient conscience que la foi n’était pas innée... que tout le monde ne possédait pas la force de soulever les montagnes qui vient de la foi. Et que cette foi et cette force provoquaient bien souvent envie et jalousie et poussaient les envieux à se moquer et à dénigrer..

En tant que bouddhiste nous ne pouvons pas dire que la foi vient de Dieu... Mais nous pouvons reconnaitre qu’en tant que facteur d’éveil, grâce la confiance sereine, elle est le fruit du kamma...

La foi est le contraire de la pensée perverse, elle guérit de la pensée perverse, elle nous maintient dans l’effort et la persévérance, elle clarifie l’esprit en nous libérant du souci orgueilleux...( Lire : La foi qui clarifie l'esprit )

Au lieu de la dénigrer et de la tourner en dérision, appliquons-nous à acquérir cette confiance qui nous fait prendre refuge sur la voie de la libération véritable...


« Il possède une foi inébranlable dans le Dhamma de cette manière:
Bien exposé par le Béni du Ciel est le Dhamma, évident, hors du temps, il invite à l’examen, il conduit à l’émancipation, pour que les sages le comprennent, chacun pour lui-même.’ »
(le miroir du dhamma)

Qui trouve refuge dans le Bouddha la Loi et l’Assemblée, voit avec une pénétration correcte les Quatre Nobles Vérités...

Dhammapada 190


Un article de "anussati, vivre le dhamma"



dimanche 18 novembre 2007

Bouddhisme et réalité sociale


Les deux derniers messages:

- Deux Marches pour la Birmanie: ICI
-Bouddhisme engagé; Pacifisme; Non-violence: LA




Parler de la réalité sociale semble assez difficile pour les bouddhistes, comme si le discernement et la clairvoyance qu’ils essaient d’exercer pour eux mêmes ne s’appliquaient pas à la vie sociale...


Comme si les préceptes de ne pas tuer, ne pas voler ne s’appliquaient qu’à notre petite vie quotidienne ; comme si profiter des richesses alors que d’autres ont à peine de quoi vivre, voire même pas de quoi vivre du tout, nous dégageait de l’application de ces préceptes... La misère sociale existe, la faim, la malnutrition, les épidémies sans que les malades puissent avoir accès aux médicaments...Les « pays riches » n’ont cessé de pomper les richesses des pays pauvres, enfin des pays qui sont devenus pauvres...

Des pauvres il y en aura toujours parmi vous, dit l’évangile, c’est vrai... Cet instinct d’appropriation qui définit une partie du soi ne peut pas disparaître.... mais est ce une raison ?

Certains bouddhistes sont plus sensibles au mal être des animaux qu’à celui des humains.... La misère humaine finalement, on ne veut pas trop en entendre parler... Sans doute parce que l’humain nous ressemble et que sa misère est la nôtre...

Et si se libérer du cycle des morts et des renaissances est une affaire de libération, disons personnelle, respecter la vie humaine et la protéger est une affaire qui peut devenir collective...

On n’est pas obligé de tuer directement son voisin pour ne pas respecter le premier précepte, ni d’aller voler dans un magasin pour ne pas respecter le second.... il suffit de demeurer indifférent, de ne vouloir ni voir, ni entendre... Il suffit de se taire : on appelle ça complicité ou non assistance à personne en danger...

Je ne crois pas que les bouddhistes doivent créer des mouvements spéciaux mais tout simplement s’inscrire dans une vie de citoyen et d’humain libre et responsable... simplement ne pas se taire... simplement être solidaires, sans argumenter qu’on n’est pas d’accord avec les moyens d’action. Aucune action n’est pure, elle est plus ou moins juste c’est tout, et personne n’a les mains propres...

(...)Respecter la vie et la faire respecter, cela ne supporte aucun bémol, aucune lâcheté... et ce n’est pas la peine de s’asseoir en méditation si cela n’est pas d’abord et en premier appliqué...



Source de cet article : anussati:
Vivre le Dhamma


Veludvareyya Sutta (Conseils aux Laïcs):



Le Bienheureux dit : Quel est, ô chefs de famille, le mode de vie qui procure un profit à chacun ? Imaginons, ô chefs de famille, que le disciple noble réfléchisse ainsi : "J’aime la vie et je ne veux pas mourir. J’aime la joie et je répugne aux douleurs. Si je suis privé de la vie par quelqu’un, c’est un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour moi. Si, moi, je prive quelqu’un d’autre de sa vie, ce ne sera un fait ni agréable ni plaisant pour lui, car il ne veut pas qu’on le tue, et il aime la joie, et il répugne aux douleurs.

Verset 5.10 Ainsi, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour quelqu’un d’autre. Donc, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis-je l’infliger à quelqu’un d’autre ?

Verset 5.11 Le résultat d’une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s’abstient de tuer les êtres vivants. Il encourage les autres à s’abstenir de tuer les êtres vivants. Il parle et fait l’éloge d’une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de son corps, il est complètement pur.

Verset 5.12 Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple noble réfléchisse ainsi : Si quelqu’un prenait avec l’intention de la voler une chose m’appartenant que je ne lui ai pas donnée, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour moi. Si moi, je prenais avec l’intention de la voler une chose appartenant à quelqu’un d’autre qu’il ne m’aurait pas donnée, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour lui.

Verset 5.13 Ainsi, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour quelqu’un d’autre. Donc, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour moi, comment puis-je l’infliger à quelqu’un d’autre ?

Verset 5.14 Le résultat d’une telle réflexion est que le disciple noble lui-même s’abstient de prendre ce qui ne lui est pas donné. Il encourage les autres à s’abstenir de prendre ce qui ne leur est pas donné. Il parle et fait éloge d’une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la conduite de son corps, il est complètement pur.





vendredi 16 novembre 2007

Bouddhisme engagé; Pacifisme; Non-violence




Acte 1 scène 1: de "jeunes gens forts sympathiques... mais pas idiots.."

SOS BURMA

cliquer sur l'image pour l'agrandir (MARCHE de SOS BURMA du 17/11)




Table des Matières de tous mes messages sur la Birmanie : LA



Ci après, Un article de Tinh'y pour Karuna


Bouddhisme engagé; Pacifisme; Non-violence:





Des termes souvent mal compris

Sommaire:
Bouddhisme engagé
La Non-Violence
Ghandi
Martin Lutther King
Le Pacifisme
La désobéissance civile
Conclusion




Bouddhisme engagé


A l’heure où le monde change rapidement, où les repères habituels sont en train de se déplacer, où ce que certains appellent « mondialisation »ouvre à la fois de nouvelles perspectives, mais aussi montre la misère du monde... Au moment où il va falloir apprendre à vivre autrement, les « valeurs » du bouddhisme peuvent apporter un éclairage tout à fait opportun.

L’effort du pratiquant bouddhiste pour voir clair et discerner peut trouver là, tout son champ d’application pour le bien de tous les êtres... Le bouddhiste engagé ne marche pas à l’aveuglette, il ne suit pas les opinions toutes faites des médias... Il se forme et s’informe... Il écoute et découvre, il sort de sa bulle pour qu’à l’instar de Siddharta quittant le palais de son père, il ouvre les yeux sur la misère, l’injustice... Il quitte la niaiserie des visions enfantines pour découvrir la réalité de la souffrance...





Le bouddhiste n’a pas peur de la souffrance et c’est ce qui le rend performant dans toutes ses luttes.. Oui ses luttes... ce n’est pas un mot à bannir du vocabulaire bouddhiste.. la lutte c’est Viriya : l’effort constant... la pratique quotidienne est une lutte contre l’endormissement, l’engourdissement de la pensée, une lutte contre l’ignorance...

De même, dans le monde, le bouddhiste engagé lutte contre l’ignorance, il combat pour l’égalité de tous les êtres, le respect de la vie, il insiste à temps et à contre temps...

Le bouddhiste est performant parce qu’il n’est pas atteint dans son soi, et quand il l’est, il travaille à ne plus l’être...

Le bouddhiste est performant dans tous ses actes et dans l’écoute de l’autre...

Il ne met pas sur le même plan la souffrance du bourreau et celle de la victime, il travaille, comme le bouddha à l’abolition des castes. Aujourd’hui on dit classes sociales, ça fait mieux, mais la réalité est la même : notre société a elle aussi ses intouchables, ses exclus, les oubliés de la télévision et des classes moyennes...

Certes le pratiquant bouddhiste a de la compassion pour les exploiteurs, il ne condamne personne, seulement les actes... Car c’est le devoir de tout bouddhiste de condamner les actes mauvais... à condition que cette condamnation ne s’appuie pas sur une simple opinion personnelle mais sur une observation juste des faits. La misère est la misère, celui qui a faim est celui qui a faim, celui qui est tué est celui qui est tué...

Le bouddhiste engagé applique le juste principe : de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins...

Il travaille à la vérité en toute chose.

On peut dire que de la manière dont les bouddhistes occidentaux s’engageront dans la société, dépend l’avenir du bouddhisme et de sa crédibilité...

Le don du Dhamma est le plus grand de tous les dons. Mais ce ne sont pas les préchi-préchas des uns ou des autres qui persuaderont les plus démunis que le bouddhisme a quelque chose à dire au monde d’aujourd’hui..

Le don du Dhamma c’est la compassion en action.


"En fait la souffrance, qui, certes, pouvait être souvent effrayante au temps du Bouddha, était pourtant plus simple à comprendre. L’interdépendance entre les phénomènes est devenue une chose très complexe... Si nous n’adaptons pas la sagesse bouddhiste à la compréhension de la réalité sociale et à la recherche d’une réponse aux questions qu’elle pose, alors le bouddhisme risque de n’être qu’une sorte d’échappatoire aux problèmes de ce monde, à l’usage des classes moyennes." (Sulak Sivaraksa)



La Non-Violence


La non-violence n’est pas inaction elle est active mais elle n’est pas à confondre avec l’œuvre charitable, (qui a sa valeur et qui est absolument nécessaire pour soulager la misère immédiate) la non-violence, elle, est action pour le changement social...

Il ne faut pas se méprendre sur la non violence de Gandhi ou de Martin Luther King... C’était avant tout une manière d’agir avec fermeté et détermination. Il serait déplorable de voir leur œuvre ainsi détournée de sons sens...



Ghandi



Le Mahatma Gandhi entame une campagne de désobéissance civile contre le pouvoir britannique d’Inde qui impose une taxe sur le sel. Accompagné d’une poignée de disciples, il commence une longue marche appelée « marche du sel ». Au cours de ses 350 km de route des villageois, des journalistes et des intellectuels se rallieront à sa cause. 24 jours après son départ Gandhi atteindra la mer où symboliquement il violera le monopole de l’Etat colonial en ramassant une poignée de sel. Le « père de la nation » indienne sera arrêté sur l’ordre du vice-roi le 5 mai.

30 janvier 1948

En chemin vers une réunion de prière, Gandhi est abattu près de Birla House, à New Delhi

« Amis et camarades, la lumière a quitté nos vies, l’obscurité est partout, et je ne sais pas trop quoi vous dire et comment vous le raconter. Notre dirigeant bien aimé, Bapu comme nous l’appelions, le père de la nation, n’est plus. Peut être ai-je tort de dire cela ; néanmoins, nous ne le verrons plus comme nous l’avons vu toutes ces années, nous ne pourrons plus lui demander conseil ou consolation, et c’est un coup terrible, pas seulement pour moi, mais pour des millions et des millions dans ce pays. » (Nehru)


Martin Lutther King :




« Lorsque King prit ouvertement position contre la guerre du Vietnam, le 4 avril 1967, un an jour pour jour avant son assassinat, l’opinion publique américaine était divisée. Il fut accusé aussi bien par des conservateurs que par des libéraux de naïveté, de stupidité et même de trahison. Beaucoup de ceux qui le soutenaient dans la lutte pour les droits civiques lui reprochèrent de se mêler de politique et de vouloir tout mélanger.

Ne l’oublions pas, Martin Luther King a eu de nombreux et puissants ennemis. Si le pouvoir politique l’a honoré dix-huit ans après sa mort, il ne l’a pas moins combattu vigoureusement pendant les treize ans que dura son action. Devant cette tentative de récupération, il est important de rappeler sans cesse que Martin Luther King fut sans doute le prophète de la non-violence, mais aussi le contestataire radical de la société américaine.

A la suite de Gandhi, Martin Luther King a montré la signification et la force que peut avoir l’action non-violente pour transformer la société. « A mesure que je vivais effectivement l’expérience de la lutte, écrira-t-il, la non-violence devenait plus qu’une méthode intellectuellement satisfaisante, elle devenait une manière de vivre. Beaucoup de problèmes qui me semblaient obscurs du point de vue de l’esprit me sont alors apparus résolus dans le cadre de l’action pratique ».

Pour King, comme pour Gandhi, l’action non-violente est devenue l’expression profonde de ses convictions philosophiques et religieuses. C’est par attachement à ces convictions qu’il dut aller jusqu’au bout de l’action, par delà ses angoisses, ses réticenses et ses peurs. Répondant aux flots de critiques qui lui disaient de s’en tenir à la lutte pour les droits civiques et de ne pas s’occuper, notamment, de la guerre du Vietnam, King répondit : « J’ai combattu trop longtemps et trop durement la ségrégation pour m’accomoder de la ségrégation dans mes jugements moraux...la justice est indivisible. Une injustice, où qu’elle soit, est une menace contre la justice partout » ( source ICI )





Le 4 avril 1968 Martin Lutther King est assassiné

« Pour King, l’injustice avait pour noms : discrimination raciale, racisme, mais aussi guerre du Vietnam, pauvreté, sous-développement. S’attaquant aux différentes formes de l’oppression, il se confrontait dès lors aux systèmes oppresseurs. King le paya de sa vie le 4 avril 1968. Le tireur fut peut-être seul, il était cependant loin d’être solitaire. Les balles de l’assassin n’ont pas seulement tué le leader non-violent mais aussi une période de l’histoire. Parmi toutes les grandes figures du combat pour l’égalité raciale, Martin Luther King est celui qui a su faire preuve de la plus grande lucidité politique. Se refusant à tout compromis avec les partisans du Pouvoir Noir aux revendications ségrégationnistes et séparatistes, Martin Luther King s’attacha cependant moins à dénoncer les violences de la révolte qu’à montrer qu’il existe une autre voie pour promouvoir la justice, la paix et la liberté » ( source ICI)


La Non-Violence n’est ni mièvre ni passive...



Le Pacifisme


Le vrai militant pacifiste n’est pas un avachi... Il ne faut pas confondre pacifisme et apathie.. Le pacifisme est une action politique, l’apathie est une maladie mentale...

"Dans les années 70, en France, le statut d’objecteur de conscience n’était accordé qu’au compte-goutte et encore assorti de pénalités.
L’article 11 de la loi de 1963 interdisait à quiconque de faire connaître cette loi sous peine de graves sanctions pénales. .
La loi n° 71-424 du 10 juin 1971, créant le Code du service national, prévoyait que la durée de leur service national ne serait pas prise en compte dans l’ancienneté de la fonction publique, pour leur avancement, et pour leur retraite. Cette discrimination spécifique perdure puisque la loi n° 83-605 du 8 juillet 1983, modifiant le Code du service national et relative notamment au nouveau statut des objecteurs de conscience, ne l’a supprimée que pour les seuls fonctionnaires ayant accompli leur service national à compter du 10 juillet 1983 (absence de rétroactivité). Cette discrimination envers les fonctionnaires a toutefois été corrigée par le Conseil d’Etat dans sa décision n° 278041 du 10 mai 2006 (rendue en cassation).
Nous avons soutenu quelques uns de nos camarades qui jeûnaient et qui étaient sur le point d’être arrêtés... Nous nous sommes enchainés devant la porte du local... la répression fut violente... comme je me trouvais en fin de ligne le cadenas de la chaîne a lâché... Alors trois « je ne sais qui » (des RG peut être) se sont mis à me taper dans les côtes à coup de pied et à me faire rouler de droite à gauche dans le caniveau, jusqu’au moment où ils m’ont dit « tire toi »... ce que j’ai fait.. J’étais morte de peur et je pleurais de rage et d’humiliation...
Les camarades sont allés en prison.. "

Les pacifistes sont ceux qui luttent contre la guerre la tyrannie et les tortures... Ils ne sont pas forcément non-violents, il existe des militaires, des hommes politiques, comme Aristide Briand, qui sont pacifistes





La désobéissance civile


Ce fut « l’arme » de Gandhi et de Martin Luther King :Il ne s’agit pas là d’une action caractérielle mais d’une manière de donner sa vie ... l’acceptation de la sanction étant le corollaire de cette action...

Gandhi proposait les règles suivantes dans sa lutte non-violente :

  • Un résistant civil ne doit pas avoir de colère.
  • Il supportera la colère de l’opposant, ainsi que ses attaques sans répondre. Il ne se soumettra pas, par peur d’une punition, à un ordre émis par la colère.
  • Si une personne d’autorité cherche à arrêter un résistant civil, il se soumettra volontairement à l’arrestation, et il ne résistera pas à la confiscation de ses biens.
  • Si un résistant civil a sous sa responsabilité des biens appartenant à d’autres, il refusera de les remettre, même au péril de sa vie. Mais il ne répondra pas à la violence.


« Il y a deux sortes de lois, affirmait Martin Luther King : les lois justes et les injustes. Je suis le premier à préconiser l’obéissance aux lois justes. C’est une responsabilité morale aussi bien que légale. Or, cette même responsabilité morale nous commande inversement de désobéir aux lois injustes. (...) Quiconque enfreint une loi injuste doit le faire ouvertement, avec ferveur, et la volonté d’en accepter les conséquences. Je soutiens qu’un homme qui refuse d’obéir à une loi lui paraissant injuste en son âme et conscience et qui se soumet de plein gré à la peine de prison afin d’en démontrer l’injustice à ses concitoyens, exprime en agissant ainsi son très grand respect pour la loi. » (Martin Luther King)



Conclusion


Comme nous pouvons le voir, il ne s’agit pas là de notions que l’on peut triturer dans tous les sens... On ne peut pas jouer avec des mots pour lesquels des hommes ont donné leur vie... Le Bouddhisme engagé, la non-violence, le pacifisme ne sont pas des amusements pour des bouddhistes ayant du vague à l’âme...

Le Bouddhisme c’est la pratique du don... Une offrande qui n’est pas celle des fleurs ou de l’encens, mais de nous même...

Bien sur, on n’est pas obligé d’être un bouddhiste engagé, et l’engagement peut être à la mesure de nos moyens et des circonstances, il peut être important ou modeste... l’important c’est que la justice et le respect de tous, surtout des plus démunis soient notre souci.


« Un bodhisatta doit être quelqu’un qui peut se révolter contre le malheur des autres tout en résistant mentalement et physique ment à toutes sortes de problèmes personnels, dans le cycle des événements. » ( lire ICI )


Le bouddhisme, en effet, ressemble à de l’eau tiède si l’on se limite à le considérer comme l’exposé d’une philosophie ou d’une religion. Il devient en revanche un formidable terrain d’aventure, dès qu’on en fait une pratique, contrôlée par la méditation, l’étude et la transmission. N’en est-il pas de même de la paix et de la non-violence ? Jean-Paul Ribes



Lire aussi : Birmanie, la peur est-elle contagieuse : ICI

jeudi 15 novembre 2007

Deux marches pour la Birmanie à Paris









Plan de ce message:


1) Deux Marches pour la Birmanie à Paris (Mise à jour au 23/11)

2) Articles et reportages (suite): (Mise à jour au 19/11)




1) Marches à Paris :

-Il y a la marche de 18h, organisée par le Comité de soutien à la Birmanie.

- Mais il y a aussi un marche organisée par SOS Birmanie:



La Marche de SOS BIRMANIE :


Acte 1 Scène 1




SOS Birmanie organise une marche silencieuse samedi 17 novembre 2007 qui débutera à 15h sous la Tour Eiffel.

Cette marche a pour but de faire écho aux récentes marches de révolte de la population birmane de septembre 2007 et de dénoncer la brutale répression de la junte militaire qui a suivi. Il s’agit de se mobiliser pour montrer que nous n’oublions pas leur courage, leur sacrifice et que nous souhaitons la libération de tous les birmans arrêtés lors de ces événements.

Pour donner une dimension à la fois visuelle et symbolique à cette mobilisation, nous souhaitons que les participants viennent avec un morceau de tissu blanc (type drap) qui servira à se couvrir le corps , soulignant ainsi le caractère pacifique des marches que les moines et la population birmane ont menées. http://www.raidh.org/Marche-silencieuse-pour-la.html


SOS BIRMANIE présente sa marche :

Elle prendra la forme d'une performance artistique théâtralisée à caractère politique




Voir le blog de SOS BIRMANIE qui s'explique à propos de cette marche : ICI




Prenons l'exemple des "Moustaches brother" en Birmanie: des comiques qui utilisent l'art pour délivrer un message politique clair. L'un des deux frères a été emprisonné par la junte durant des années, pour avoir contesté le régime.



- En savoir plus sur les Moustaches brother :
Pour Rendre hommage à leur Courage et leur détermination : lire ICI










Rappelons que La junte, condamne tous ceux qui osent contester son régime, sans exception:


Selon le site irrawaddy, deux moines birmans, U Nyanithara et U Kawvida, connus et respectés pour leur « dhamma talk » ( =enseignement du dhamma) ont été banni par la junte.

Leurs Cassetts et DVD étaient vendus à Rangoon, mais maintenant ce n’est plus possible de les acheter légalement.

Les cassettes continuent quand même de circuler.

Les deux moines parlent de démocratie en Birmanie dans leur dhamma talk. Les discours de ces deux moines sur le dhamma et la démocratie sont très populaires en Birmanie.



U Nyanithara




Rappel : pour ceux qui n'auraient pas encore lu cet article: (déjà cité)

Birmanie : des bonzes en politique: le lire ICI


Arrêtons de jouer sur les mots et appelons un chat un chat: Contester et dénoncer les actes commis par la junte c'est déjà un acte "Politique" et il n'y a rien de péjoratif.





Les termes de "politique"; "Bouddhisme engagé" mais aussi: "Non-Violence'" et "Pacifisme" sont trop souvent mal compris.

Une position qui a le mérite d'être claire : "Bouddhisme engagé, Non-Violence, Pacifisme": ICI






2) Articles et Reportages (suite)


  • Un ministre de la junte rencontre Aung San Suu Kyi, l'UE officialise ses sanctions

La dirigeante de l'opposition birmane, Mme Aung San Suu Kyi, s'est entretenue lundi, pour la troisième fois en moins d'un mois, avec un ministre nommé par la junte pour nouer des relations avec elle, a annoncé un responsable gouvernemental.

Cette rencontre a coïncidé avec l'ouverture du sommet annuel des pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), dont la Birmanie est membre.

L'UE a par ailleurs adopté formellement lundi de nouvelles sanctions contre la Birmanie, incluant un embargo sur le bois et les métaux birmans, et a souligné continuer à réfléchir à un renforcement supplémentaire de ces sanctions.

Ces mesures entrent en application dès ce lundi, a indiqué une source européenne.

Les nouvelles sanctions, sur lesquelles les 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE s'étaient mis d'accord en octobre, "visent les sources de revenus du régime, notamment dans les secteurs où les violations des droits de l'Homme sont communes", selon le texte adopté lundi.

Source : courrierinternational

  • Le sommet de l'Asean s'ouvre à Singapour avec la Birmanie en ligne de mire

Le sommet de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) s'est ouvert lundi à Singapour où la Birmanie, son partenaire le plus controversé, ne manquera pas d'empoisonner les travaux de l'instance asiatique qui fête ses 40 ans.
Les pays de l'Asean ont annulé lundi un compte-rendu de l'émissaire de l'ONU en Birmanie, Ibrahim Gambari, en raison des objections de la junte, a affirmé le chef de la diplomatie malaisienne.
"Le briefing est annulé, la Birmanie estime qu'elle traite directement avec les Nations unies et que cela relève de ses affaires intérieures", a déclaré à l'AFP Syed Hamid Albar.
"Ce soir, la Birmanie a émis une objection, or nous prenons nos décisions sur la base du consensus", a-t-il ajouté
Lire la suite ICI



Le 16 novembre

  • 53 détenus, dont 6 opposants, libérés en Birmanie après la visite de Paulo Sergio Pinheiro

Le régime militaire birman a libéré 53 détenus, dont six opposants politiques, après une visite du rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'Homme en Birmanie, le Brésilien Paulo Sergio Pinheiro, a indiqué aujourd'hui un avocat.
Ces détenus ont été libérés hier soir juste après la fin d'une visite de la prison d'Insein par M. Pinheiro, a précisé Aung Thein, avocat de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti d'opposition dirigé par Mme Aung San Suu Kyi.

"Au total, 52 hommes et une femme ont été libérés. La plupart étaient des délinquants et il n'y avait que six détenus politiques", a-t-il dit .
Cinq prisonniers étaient membres de la LND et le sixième était un étudiant, a ajouté l'avocat.
M. Pinheiro a visité la prison tristement célèbre d'Insein, au nord de Rangoun, à deux reprises pendant sa mission de cinq jours qui s'est achevée jeudi. Il a pu rencontrer certains détenus politiques. ( AFP)



  • Le canada va renforcer ses sanctions à l'encontre de la Birmanie
Peu de régimes dans le monde sont autant répressifs et déstabilisants que le régime militaire de la Birmanie. Pendant des décennies, le gouvernement birman a commis des actes de répression violents à l’endroit de son propre peuple tout en entraînant le pays dans la pauvreté et le désespoir. La brutalité exercée par le régime birman menace la paix et la sécurité sur tout le territoire et mine la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.

Le Canada s’oppose depuis longtemps à la violente répression qui sévit en Birmanie. Plus tôt cette année, le Canada a manifesté son amitié et son appui envers le peuple birman en accordant la citoyenneté d'honneur du Canada au leader emprisonné du mouvement pour la démocratie en Birmanie Aung San Suu Kyi.

Alors que la situation continue de se détériorer, le gouvernement Harper se porte maintenant à la défense des libertés et des droits de la personne dans ce pays en imposant de nouvelles sanctions musclées contre ses dirigeants militaires illégitimes.

Hier, le ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier a annoncé la mise en place de nouvelles mesures rigides qui interdiraient toutes les exportations, les importations, les opérations financières, les investissements ou les livraisons de nature non humanitaire entre la Canada et la Birmanie. Grâce à ces mesures, le Canada sera désormais en mesure d’imposer les sanctions les plus musclées au monde à l’endroit de la Birmanie.

Le régime birman est dépourvu de légitimité et rien ne laisse présager que ses dirigeants veuillent se racheter de leurs actes. L’imposition de ces sanctions, qui sont les plus rigoureuses au monde, est la bonne chose à faire. Le gouvernement de Stephen Harper invite les autres pays à suivre ses traces et à manifester leur appui au peuple oppressé de la Birmanie par l’entremise d’actions concrètes.
source : ICI

  • l'enquêteur de l'ONU déclare avoir déterminé le nombre de victimes de la répression de septembre

Le représentant de l'ONU chargé d'enquêter sur des violations des droits de l'homme en Birmanie a déclaré que sa mission de cinq jours dans ce pays lui a permis de déterminer le nombre de morts et de personnes détenues après la sanglante répression de septembre sur les manifestants pro-démocratie.

Paulo Sergio Pinheiro a précisé qu'il rendrait ces chiffres publics dans deux semaines après avoir écrit son rapport et présenté ses conclusions aux Nations unies. Il s'exprimait devant des journalistes à Bangkok où il est arrivé en provenance de Birmanie.

La junte militaire avait fait état d'un bilan de 10 morts quand les soldats ont ouvert le feu sur des manifestants pacifiques. Mais diplomates et dissidents affirment que ce bilan était beaucoup plus lourd. AP
source : nouvelobs

Remarques:
Et bien je me demande comment en si peu de temps il a pu connaitre le nombre réel de morts?
Pensez vous que la junte l'a emmené dans la jungle, là où des corps auraient été jetés? pensez vous que la junte lui a montré les cendres des corps qu'elle aurait incinérè ?
J'avoue être très septique sur la possibilité pour l'enquêteur de l'ONU, en seulement 5 jours, en sachant que de nombreux corps ont dû être cachés, de déterminer le nombre réel de victimes.
Premier exemple : est ce que U Thilavantha, supérieur adjoint du monastère de Myitkyina; arrêté et torturé; mort des suites de ses blessures, sera compté dans les victimes? souvenez vous, la junte a prétendu qu'il était mort d'une crise cardiaque?
Comment expliquer t'l le fait que de nombreux monastères sont toujours quasiment vides?

On attend avec impatience son rapport !



  • Birmanie, La peur est-elle contagieuse: ICI
Un article sur la peur de s'engager des Bouddhistes :


  • Des militants continuent d'être arrêté durant la visite du rapporteur de l'ONU

Hier, on apprenait que U Gambari, le leader de "All Burma Sangha Coalition" avait été arrêté J'en parle ICI
Depuis, les arrestations continuent :
La junte au pouvoir en Birmanie a fait arrêter hier trois jeunes militants qui distribuaient des tracts antigouvernementaux à Rangoon, au moment où le rapporteur de l'ONU pour les droits de la personne, Sergio Paulo Pinheiro, était en visite dans le pays.
Pinheiro a visité la prison d'Insein de Rangoon et d'autres centres où ont été interrogés des manifestants depuis septembre, mais il attend toujours l'autorisation d'interroger des détenus avant de repartir.
Selon les médias officiels, seules 91 des quelque 3000 personnes arrêtées ont été relâchées après interrogatoire.


De toute évidence, la junte ne s'embarrasse vraiment pas de la présence du rapporteur de l'ONU.
Quant aux 3000 personnes arrêtées, la junte prétend les avoir presque toutes relachés ce qui est impossible qui la plus part des monastères restent vident.
Et si ces personnes n'ont pas été relâchées, mais qu'elles ne sont pas non plus en détention, cela pourrait conforter la thèse des incinérations de morts et de blessés

mercredi 14 novembre 2007

Pleure Birmanie Chérie : Arrestation de U Gambira, leader de "All Burma Sangha Coalition"


Que les gouvernants soient justes;
Que les accablés soient consolés ;
Que les effrayés soient rassurés;
Que les affligés soient réconfortés;
Que tous les êtres soient heureux.




- A la fin de ce message: la suite de la rubrique "Articles et Reportages" : mise à jour au 15 novembre-




U Gambari: L'auteur de "Cry, my beloved country": "Pleure Birmanie chérie, pleure mon pays bien aimé", a été arrêté!

"En tant que bonzes, dans le cadre de nos vœux, nous estimons de notre devoir de soulager la souffrance, où que nous la voyions. Nous ne pouvions fermer les yeux sur la misère de notre peuple. Quand nous avons constaté que les bonzes étaient unis, nous avons formé la Sangha Coalition" (U Gambira)

Ce moine étant considéré comme un traitre par la junte, la sanction pour lui risque d'être la prison à vie ou la peine de mort ! ne l'oublions pas.



Le 1er novembre, dans mon message intitulé "Birmanie pas à pas" j'ai publié un commentaire sur la situation en Birmanie, fait par U Gambira intitulé : "Pleure Birmanie chérie; pleure mon pays bien aimé" (commentaire reproduit en entier ci après)

U Gambira, pseudo utilisé par l’un des moines qui a dirigé les marches dans les rues de Rangoon, lançait alors de Birmanie, dans ce commentaire, un appel à la communauté internationale.
En tant que leader de "All Burma Sangha Coalition" (
leader de l’Alliance de tous les moines bouddhistes de Birmanie), il était obligé de se cacher pour ne pas être arrêté!

J'avais trouvé ce commentaire tellement important, que je l'avais également publié sur le site Karuna : ICI



Or, c'est avec grande tristesse, que j'ai appris ce mercredi matin, son arrestation:

La junte militaire en Birmanie a arrêté un moine bouddhiste qui a joué un rôle clef dans le puissant mouvement de protestation du mois de septembre

U Gambira (pseudo) a été arrêté le 4 novembre "Il était un dirigeant des moines", a confirmé Aung Kyaw Oo, qui travaille pour l'Association d'assistance aux prisonniers politiques birmans (AAPP) basée en Thaïlande. "Nous ne sommes pas en mesure de dire exactement (où il se trouve) mais je pense qu'il doit être maintenant dans un centre d'interrogatoire", a ajouté Aung Kyaw Oo.
Le magazine "Irrawaddy", dirigé par des dissidents birmans en exil, a indiqué sur son site web que U Gambira était un leader de l'Alliance de tous les moines bouddhistes de Birmanie, et qu'il avait été appréhendé après avoir passé environ un mois dans la clandestinité
source: irrawaddy

Malheureusement, il s'agit bien du "leader de l’Alliance de tous les moines bouddhistes de Birmanie" U gambira, dont j'avais publié le commentaire.


Information en anglais:
Three Burmese dissidents, including civil rights champion Su Su Nway, were arrested in Rangoon on Tuesday morning, according to reliable sources. Two activist monks who took part in the September demonstrations were also arrested by authorities earlier this month.
Brazilian Paulo Sergio Pinheiro, the United Nations human rights envoy to Burma.
The two monks included U Gambira, leader of the Alliance of All Burma Buddhist Monks, which played a significant role in the September demonstrations. He had been in hiding since the demonstrations were violently suppressed by the authorities. Members of his family were then arrested for maintaining contact with him. ( lire la suite: cptc2.blogspot)




Vu l'importance de cette information, encore très peu relayée à ce jour, je l'ai publié sous forme d'une brève, sur le site Karuna

U gambari n'est pas le seul à avoir été arrêté ces jours ci, ainsi la junte continue ses arrestations d'opposants au régime, alors même que L'émissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme arrivait en Birmanie...
Cela n'est vraiment pas rassurant pour l'avenir.





Pour rappel, voici l'intégralité des propos récents de U gambira, sur la situation en Birmanie, à lire ou à relire:


Pleure, Birmanie chérie ! Pleure mon pays bien-aimé....

Par U GAMBIRA et Ashin NAYAKA

Depuis l’introduction du bouddhisme dans notre pays il y a plus de 1 000 ans, les bonzes constituent l’un des principaux visages de la Birmanie.

L’éthique du bouddhisme theravada interdit à un bonze de s’engager politiquement ou d’occuper un poste politique.
Mais en Birmanie aujourd’hui, alors que les bonzes remettent en question l’hégémonie de la junte militaire, cette philosophie spirituelle qui s’enracine dans la compassion et la non-violence a fini par acquérir une certaine dimension de défi et de réticence à l’égard du pouvoir.

Nous sommes tous deux bonzes : l’un de nous est universitaire, il enseigne aux USA, et l’autre dirige l’All Burma Sangha Coalition à l’origine des récentes manifestations. Ce dernier se cache, parce que le gouvernement militaire birman a répondu aux manifestations pacifiques de nos frères bouddhistes par la violence et la brutalité.

Beaucoup de bonzes et de nonnes ont été victimes de cette violence et les milliers de personnes qui ont été arrêtées continuent à la subir. Plus de mille personnes ont disparu, beaucoup d’entre elles sont probablement décédées.

Il y a quelques semaines, les bonzes de Birmanie ont commencé à manifester, à prier et à répandre une forme de bienveillance dans une tentative de résolution pacifique des problèmes de notre pays.

La Birmanie est riche en ressources naturelles, mais la population est misérable. Elle a été touchée de plein fouet et son désespoir a atteint un abîme lorsque le gouvernement a augmenté brutalement et arbitrairement le prix de l’essence, multiplié par cinq du jour au lendemain.

En tant que bonzes, dans le cadre de nos vœux, nous estimons de notre devoir de soulager la souffrance, où que nous la voyions. Nous ne pouvions fermer les yeux sur la misère de notre peuple. Quand nous avons constaté que les bonzes étaient unis, nous avons formé la Sangha Coalition.

Ceux d’entre nous qui étudient ou enseignent actuellement à l’étranger sont également unis et soutiennent ceux qui se trouvent en Birmanie. Mais ce ne sont pas seulement les bonzes qui sont unis. Car lorsque nous avons commencé à manifester pacifiquement en faveur du changement, les étudiants, les jeunes, les intellectuels et les citoyens ordinaires se sont joints à nous sous la pluie.

Nous pensions que certains des généraux, peut-être même tous – ils sont eux-mêmes bouddhistes – qui contrôlent le pays auraient été un tant soit peu à notre écoute pour tenter de remédier aux nombreux maux qui affligent la Birmanie.

Au début, nous avons montré notre désapprobation à l’égard du régime militaire en refusant de recevoir leurs dons. Nous avons porté en position renversée les bols dans lesquels nous recevons les dons de nourriture, ceci pour traduire nos sentiments.

Nous n’avons pas perdu notre bienveillance à l’égard des simples soldats ni même à l’égard des chefs qui leur ont donné l’ordre de brutaliser leur propre population, mais nous voulions les appeler à changer alors qu’il était encore temps.

Nous savons qu’au sein de l’armée et dans des organisations proches du régime, certains étaient réticents à employer la violence contre les bonzes. Nous disons à ceux qui exercent des violences contre leurs compatriotes d’arrêter et de se demander si leurs actes sont en accord avec le dharma (l’enseignement du bouddhisme) et s’ils agissent pour le bien de la population birmane.

Des soldats qui avaient reçu l’ordre d’utiliser la violence contre nous et de nous empêcher de marcher ont refusé, car ils avaient compris ce que nous faisions.

Pour sauvegarder l’unité du pays, nous espérions ouvrir une voie de sortie aux dirigeants militaires, le moyen d’entamer un véritable dialogue avec les véritables dirigeants du peuple et les dirigeants des différents groupes ethniques. Mais cet espoir a été de courte durée. Le régime pourchasse maintenant ceux qui ont participé aux manifestations et commet des actes d’une violence indicible. Ils ont assiégé les monastères et arrêté des bonzes et des nonnes. Policiers et soldats sont partout, dans les rues, autour des pagodes et dans les quartiers résidentiels.

Des manifestants blessés auraient été enterrés vivants dans des charniers et des informations fiables font état de cadavres dans les eaux à proximité de Rangoun.

Tandis que le régime brutalise le peuple birman, il ment au reste du monde.
Le général de brigade Kyaw Hsan, un représentant des militaires, a récemment déclaré à l’envoyé spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari, que les manifestants étaient de « faux bonzes ».
Mais nous sommes de vrais bonzes, et des milliers d’entre nous – à Rangoun, Mandalay, Pegu, Arakan, Magwe et Sagaing – ont manifesté en faveur de la paix.

On a dit que le soulèvement de Birmanie était terminé. La junte veut que l’opinion publique internationale croit qu’il en est ainsi. Mais nous pensons que ces manifestations constituent le début de la fin du régime dans notre pays.

Les généraux qui ont ordonné la répression ne s’en prennent pas seulement au peuple birman, mais aussi à leur propre cœur, à leur propre âme et à leurs valeurs spirituelles. Les bonzes sont les gardiens du dharma. En s’en prenant à eux, les généraux s’en prennent au bouddhisme lui-même.

Nous savons que la communauté internationale essaye de nous aider, mais cette aide doit être plus efficace. Nous remercions les nombreuses personnes et organisations à l’étranger qui nous aident à regagner nos droits bafoués depuis plus de 40 ans. Nous appelons aussi la communauté internationale à un soutien plus concret et plus vigoureux. Le régime militaire fera tout ce qu’il pourra pour rester au pouvoir, aussi sa violence doit-elle être exposée au monde. Ils peuvent bien contrôler la rue et les monastères, ils ne pourront jamais se rendre maîtres de nos cœurs ou étouffer notre détermination.

Par U GAMBIRA (pseudo utilisé par le dirigeant de l’All Burma Sangha Coalition) et Ashin NAYAKA (fondateur de la Société missionnaire bouddhiste)
Pour l'Orient LE JOUR








En espérant que U gambira ne sera pas tortuté, comme l'ont été de nombreux moines.


De toute évidence je ne suis pas la seule à avoir peur pour la santé de U Gambira: Je viens de lire sur le site irrawaddy:

"I am very worried about U Gambira,'' Bo Kyi, the head of the association said in an e-mail to The Associated Press."I fear he will be tortured.''


Regarder de très belles photos : ICI



Pour rappel:

U Thilavantha, supérieur adjoint du monastère de Myitkyina;
arrêté et torturé; mort des suites de ses blessures.



Liste des morts (répertoriés à ce jour) des disparus, des prisonniers.. : ICI



Articles et Reportages (suite)


15 novembre

  • En Birmanie, la responsabilité de Total est entière
Depuis la réception à l’Elysée du Premier ministre du gouvernement birman en exil, le 26 septembre, la direction de Total se répand dans les medias pour y asséner "ses" vérités, qui sont parfois fort éloignées de la réalité.

Mieux, ou pire, Christophe de Margerie, patron de Total, a réitéré, le 16 octobre devant les membres de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, les mêmes contre-vérités qu’il avait infligées aux lecteurs du Monde le 6 octobre précédent.

M. de Margerie répète qu’en cas de retrait de Birmanie, Total serait immédiatement remplacé par des compagnies chinoises, indiennes, sud-coréennes ou japonaises. Il s’avère que la réalité est autre.

En effet, depuis que le pétrolier américain Chevron a racheté en 2005 Unocal, le partenaire historique de Total dans le projet Yadana, les Américains cherchent à se retirer du guêpier birman et n’y parviennent pas. Pour une raison soigneusement occultée par les porte-parole de Total. D’abord, si Chinois, Indiens, etc sont avides de gaz birman, c’est pour approvisionner leurs propres marchés fortement demandeurs d’énergie. Or, le gisement de Yadana ne peut qu’approvisionner que la seule Thailande, par le gazoduc existant.

D’autre part, le contrat liant Total, Unocal et le thailandais PTT à la Moge, l’émanation pétrolière de la junte birmane, prévoit des clauses de sortie du consortium assez léonines, si aucun des partenaires ne souhaite reprendre la part du partant, ce qui est le cas. En fait, un départ de Total de Birmanie coûterait cher et cela, le pétrolier le refuse(...)
Lire cet article de rue89 en entier : ICI


14 novembre:

  • Situation toujours tendue en Birmanie:
En Birmanie, six semaines après la violente répression de manifestations, la junte militaire contrôle la situation. C’est ce qu’affirme un vice-ministre birman de la Défense. De son côté, le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme Paulo Sergio Pinheiro se plaint de ne pas pouvoir parler aux interlocuteurs non gouvernementaux, tandis que l’envoyé spécial des Nations-Unies Ibrahim Gambari a remis au Conseil de sécurité un rapport mitigé.

La junte birmane n’acceptera aucune ingérence étrangère, dangereuse pour la souveraineté du pays. C'est le message clair qu'un des vice-ministres birmans de la Défense a adressé aux pays voisins mais aussi aux Nations-Unies, et notamment à leurs représentants. Paulo Sergio Pinheiro achève demain sa mission sur place, la première depuis 2003, et il s’est plaint de ne pas pouvoir rencontrer des interlocuteurs non officiels, des détenus par exemple. Le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme a par ailleurs fait part de sa préoccupation après l’arrestation de trois jeunes militants qui distribuaient des tracts antigouvernementaux, un jour après celle de la militante Su Su Nway, entrée dans la clandestinité après la répression des manifestations en septembre. Selon des médias dissidents, un des moines qui a dirigé ces mouvements de protestation a également été arrêté aujourd’hui. (Il s'agit de U gambari)

Ces informations contredisent une partie du rapport qu’Ibrahim Gambari a remis au Conseil de sécurité, et dans lequel il fait état de résultats positifs.
source : ICI


  • Bouddhisme engagé; Non-Violence; Pacifisme (un article de Tinh Ý pour Karuna)
sommaire de cet article:
Bouddhisme engagé
La Non-Violence
Ghandi
Martin Lutther King
Le Pacifisme
La désobéissance civile
Conclusion

Lire cet article : ICI