vendredi 19 octobre 2007

Birmanie ce n'est pas fini...

Mise à jour au 21 octobre



"tout comme le vaste océan n'a qu'un seul goût, le goût du sel, de la même manière mon enseignement n'a qu'un seul goût,
le goût de la liberté"
le Bouddha






-Avant dernier message : Un moine peut-il manifester?

- Tous les messages de ce blog sur la Birmanie : Plan détaillé

- Naissance d'un site sur le bouddhisme engagé : Karuna, la compassion en action :
Ce site se propose de faire un lien entre toutes les informations, pétitions et actions non violentes engagées (dans le Monde) pour le bien de tous les êtres...








Les différents soutiens à la Birmanie (suite)-


  • Rassemblement à Paris pour les victimes de la répression en Birmanie

Un rassemblement est organisé dimanche place de la République à Paris à la mémoire des victimes civiles et religieuses de la répression en Birmanie, ont annoncé les organisateurs.

Ce moment de recueillement, dimanche 21 octobre à partir de 18H00, sera marqué par une minute de silence et des prières des diverses communautés religieuses invitées (bouddhistes, musulmans, chrétiens). Il se tiendra sous le portrait de la dissidente birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, qui est accroché place de la République.

Parmi les organisateurs figure l'Union Bouddhiste de France.


  • Le 21 octobre 2007, Info Birmanie organise un rassemblement à 15h00, Quai de la Tournelle sur la « Péniche de la paix ».

La Péniche de la paix, décorée aux couleurs des démocrates birmans et des moines bouddhistes, se déplacera sur la Seine, à titre de soutien symbolique envers le peuple birman. Elle sera visible depuis la passerelle de Bercy à partir de 14h00, contournera l’île Saint Louis et l’île de la cité jusqu’au Quai de la Tournelle où elle s’amarrera à 15h00.

Toutes les organisations, associations et citoyens sont appelés à se rendre au rassemblement en solidarité avec le peuple birman et son combat pour la liberté et la démocratie en Birmanie, Quai de la Tournelle de 15h00 à 16h00. La situation des droits de l’Homme, le combat mené par les démocrates et moines bouddhistes et, de façon plus générale, l’avenir de la Birmanie seront abordés lors de ce rassemblement.

D’autre part, un peu plus tard dans la journée, de 18h00 à 21h00, la communauté birmane de France, organise une veillée de prière en hommage à tous les prisonniers politiques, moines et civils arrêtés depuis le début des manifestations, devant le portrait d’Aung San Suu Kyi, Place de la République.
Source Info birmanie








Articles et Reportages (suite) - Mise à jour au 21 octobre


Le 21 octobre :


  • suite de : une «chasse aux sorcières» au Myanmar
Amnesty International a rendu publics de nouveaux témoignages audio et vidéo des descentes de police nocturnes, des arrestations arbitraires et des conditions de détention effroyables au Myanmar. L’organisation a également recueilli les déclarations de deux militants connus des droits humains peu avant leur arrestation

La diffusion de déclarations audio faites depuis le Myanmar et d’interviews filmées de Birmans forcés de fuir en Thaïlande au cours de ces derniers jours intervient après l’arrestation le week-end dernier de six personnes, parmi lesquelles des militants connus tels que Htay Kywe, Mie Mie et Aung Thu, tous membres du groupe étudiant Génération 1988. « Ces témoignages de domiciles perquisitionnés la nuit, de proches pris en otages et de personnes regroupées dans des centres de détention surpeuplés dans des conditions sanitaires plus que précaires démentent de façon flagrante les affirmations des autorités qui persistent à dire que la situation est redevenue normale au Myanmar. Les arrestations du week-end dernier contredisent aussi les affirmations des autorités qui prétendent ne détenir aucun prisonnier », a déclaré Catherine Baber, directrice du programme Asie-Pacifique d ‘Amnesty International.

Les derniers témoignages, filmés ou enregistrés à partir d’entretiens téléphoniques par une équipe de chercheurs d’Amnesty International à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar, incluent les récits de témoins oculaires de scènes de violence, au cours desquelles des manifestants et des passants ont été frappés sans distinction, lors du mouvement de protestation du mois dernier. Des enfants et des moines ont même été frappés.

Certains blessés saignaient tellement qu’il était impossible de dire d’où le sang coulait. Certains des moines avaient perdu le haut de leur tenue. J’ai vu des civils essayer de porter secours à un moine blessé. La plupart des blessés étaient touchés à la tête. Les policiers anti-émeutes visaient la tête », a expliqué un moine de trente et un ans, témoin d’affrontements violents entre des manifestants et des policiers à la pagode Shwe Dagon le 26 septembre. Source : amnestyinternational



  • Malgré la levée du couvre-feu, les habitants de Rangoun ont peur: ICI

Malgré la levée du couvre-feu instauré fin septembre, les habitants de Rangoun ne cachent pas leur inquiétude, voire leur peur, face à un régime militaire qui a violemment réprimé les manifestations d'opposition et sur lequel la pression internationale s'accentue.

"J'aimerais retourner à la pagode Shwedagon, mais je n'ose pas, j'ai trop peur".


  • La Chine discute du Soudan et de la Birmanie avec le secrétaire général de l'ONU: ICI

La Chine a échangé sur les tensions au Soudan et en Birmanie avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a déclaré dimanche le ministère chinois des Affaires étrangères.

La Chine a été vivement critiquée de ne pas avoir usé de son influence sur les gouvernements soudanais et birmans pour essayer de soulager les crises humanitaires majeures que connaissent les deux pays. Certains groupes internationaux défenseurs des droits de l'Homme ont appelé au boycotte des Jeux Olympiques de Pékin l'an prochain si la Chine n'agissait pas...

Les Chinois ont également été soumis à une pression internationale croissante en vue d'user de leur influence sur la junte birmane au pouvoir pour presser le régime à manifester de la retenue, après la violente répression des manifestants pro-démocratie...


du 19 au 20 octobre

  • La fin du couvre feu, mais je l'espère, pas la fin du mouvement pour la Démocratie.

La junte militaire a annoncé samedi qu'elle levait le couvre-feu imposé suite aux manifestations en faveur de la démocratie.


  • La mesure de la fin du couvre feu a été annoncée par des camions
La Mesure a été annoncée par des camions munis de haut-parleurs sillonnant les rues de la principale ville du pays.
On ignore pour le moment si l'interdiction de tout rassemblement de plus de cinq personnes a également été supprimée.

Le couvre-feu avait été décrété le 25 septembre, au début de la répression par l'armée du mouvement de protestation pacifique lancé par les moines et suivi par une bonne partie de la population. lemonde

La levée du couvre-feu à Rangoun intervient alors que le président George W. Bush a annoncé vendredi un durcissement des sanctions américaines contre la junte militaire et a appelé la Chine et l'Inde à renforcer leurs pressions sur leur partenaire birman.

Et comme par hasard, La junte militaire au pouvoir en Birmanie a intensifié ses efforts pour avoir des discussions avec l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, lançant samedi un très inhabituel appel au compromis dans la presse officielle.

Cette main tendue pour des discussions fait également suite à l'annonce, par le président américain George W. Bush, de nouvelles sanctions contre les militaires birmans.



  • Manifestation devant l'ambassade de Chine à Bruxelles:

Près de 300 personnes ont manifesté samedi après-midi devant l'ambassade de Chine à Bruxelles afin de marquer leur soutien à l'opposition birmane et engager la Chine à prendre ses distances vis-à-vis de la junte militaire birmane.


Les organisateurs ont affirmé que la répression allait crescendo et que la torture était devenue chose courante. Les opposants comptent sur l'appui de la Communauté internationale, ont-ils dit.

En tant que principal partenaire économique de la Birmanie, le poids de la Chine est primordial et elle devrait changer d'attitude et se joindre à la communauté internationale, ont ajouté les organisateurs, appelant à l'embargo sur la livraison d'armes à la junte birmane et au boycott économique du pays. Les manifestants ont aussi appelé les sportifs participant aux prochains Jeux Olympiques en Chine à y porter un bracelet jaune, en signe de soutien à l'opposition. source : ICI



  • Birmanie, heure par heure c'est fini ?

Depuis le début des manifestations en Birmanie, le site tempsreel.nouvelobs donnait des nouvelles jour par jour, voire heure par heure.
J'en avais d'ailleurs fait une sous rubrique dans la rubrique "Articles et Reportages".
Mais depuis le 16 octobre, plus rien...



  • Un opposant libéré au Myanmar en raison de son âge (82 ans)

RANGOUN (Reuters) - Un Birman de 82 ans, membre de la Ligue nationale pour la démocratie de l'opposante Aung San Suu Kyi, a été remis en liberté vendredi malgré une condamnation à cinq ans de prison pour sa participation aux manifestations du mois dernier.
"Ils ont dit que c'était en raison de mon âge", a déclaré Sein Kyaw, qui comptait parmi les cinq partisans de l'opposition condamnés cette semaine à de longues peines de prison dans l'Etat de Rakhine, au nord-ouest de Rangoun.


"Je pense qu'U Kyaw Khine sera également libéré bientôt. Il est encore plus âgé que moi", a-t-il ajouté, évoquant un autre membre du groupe condamné à sept ans et demi de prison, qui selon ses proches, n'était pas présent lors des manifestations durement réprimées par la junte au pouvoir depuis 45 ans. Source : lemonde


Cela veut donc dire que les militaires n'ont pas hésité à arrêter une personne de 82 ans qui aurait simplement manifesté et à le condamner à 5 ans de prison !



  • 1.200 prisonniers politiques au Myanmar avant la répression:

La junte birmane détenait 1.200 prisonniers politiques avant la répression du mouvement de contestation de septembre, selon le rapporteur spécial de l'Onu sur les droits de l'homme au Myanmar.
Le rapport que Paulo Sergio Pinheiro doit remettre la semaine prochaine aux Nations unies précise que le nombre de prisonniers politiques en ex-Birmanie est passé de 1.100 en 2005 à 1.192 fin juillet.

Décrivant une "culture de l'impunité qui prévaut au Myanmar", le rapport Pinheiro brosse sur 19 pages le portrait d'un pays où les crimes contre les droits de l'homme (arrestations arbitraires à des fins d'expropriation, conditions de détention cruelles, travail forcé) sont généralisés.

"Le rapporteur spécial a eu connaissance de nombreuses accusations de villageois sévèrement punis parce qu'ils refusaient le travail forcé", peut-on lire dans le rapport dont Reuters s'est procuré une copie.

Les exactions sont particulièrement fréquentes dans les régions orientales peuplées par les Karens, une ethnie représentée par un mouvement de rébellion, à proximité de la frontière thaïlandaise.

Lire l'article en entier ICI



  • Bush annonce un durcissement des sanctions contre la junte birmane
Le président George W. Bush a annoncé vendredi un nouveau durcissement des sanctions américaines contre la junte militaire birmane, et a appelé la Chine et l'Inde à se joindre à ses efforts pour forcer les généraux à une transition démocratique.

En annonçant des mesures de rétorsion contre la junte pour la deuxième fois en moins d'un mois, M. Bush signale qu'il n'entend pas relâcher la pression et il a signifié vendredi que d'autres sanctions pourraient encore suivre.

Mais il a lui-même reconnu en début de semaine les limites de l'action américaine si elle n'est pas soutenue par des partenaires de la Birmanie aussi importants que la Chine et l'Inde. Source : courrierinternational





Pas de changement sans l'armée:


L'émissaire des Nations Unies Ibrahim Gambari et
le ministre des affaires étrangères birman Syed Hamid Albar



Ex-haut fonctionnaire de l'ONU, Thant Myint-U vit entre New York et l'Asie. Historien, il est le petit-fils de l'ancien secrétaire général des Nations unies U Thant. Il s'exprime sur la crise birmane alors que l'émissaire des Nations unies, Ibrahim Gambari, doit se rendre à nouveau en Birmanie à la fin du mois de novembre. A Rangoun, un journal officiel a mis en cause, jeudi 18 octobre, le rôle des moines dans les manifestations qui ont entraîné une violente répression en septembre.


Après quelques signes de bonne volonté, la junte militaire birmane est apparemment en train d'intensifier la répression. Que faut-il comprendre ?

Il y a deux choses distinctes : il est clair que les militaires n'étaient pas prêts à laisser le mouvement de protestation s'étendre, donc ce qui se passe en ce moment est sans doute la poursuite de la répression, qui continuera jusqu'à ce qu'ils aient totalement rétabli leur autorité. Parallèlement, ils ont accepté de donner quelques signes d'ouverture à la communauté internationale. Que veulent-ils faire ensuite ? Probablement, ils ne le savent pas eux-mêmes. Leur attitude n'est pas fondamentalement pensée. Ils testent. Nous ne savons pas s'ils se sentent sûrs d'eux, à l'intérieur comme à l'extérieur. C'est un régime d'une extrême opacité. Mais si le passé peut servir de leçon, ils ne bougeront que lorsqu'ils se sentiront vraiment en sécurité.

Qu'est-ce qui peut les faire bouger ?

Je crois qu'on a tort de se focaliser seulement sur le mouvement de protestation, l'opposition et Aung San Suu Kyi. La situation est beaucoup plus complexe, il faut aussi prendre en compte l'économie, la militarisation du pays, les deux douzaines de minorités ethniques, le conflit armé dans certaines régions. Il y a un besoin urgent d'assistance humanitaire. Il ne faut pas oublier que le mouvement de protestation trouve son origine non pas dans la revendication politique mais dans le désespoir économique. Quelle que soit sa politique, ce pays a droit à l'aide internationale. L'Occident n'y a plus beaucoup d'influence, il peut en avoir par l'humanitaire. Il faut obtenir que le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) ait de nouveau accès aux détenus, on entend des accusations de torture et de mauvais traitements, il faut absolument s'occuper des prisonniers.

A long terme, je suis opposé aux sanctions. Aussi longtemps qu'on ne pourra pas faire bouger les choses économiquement et politiquement, on sera dans l'impasse. Il faut arrêter de frapper à grands coups sur la porte de devant et essayer d'entrer par la porte de derrière, faire preuve de créativité pour trouver des moyens d'influer sur la vie économique. On a perdu une occasion au début des années 1990, lorsque les militaires ont tenté d'ouvrir et de réformer l'économie ; si on avait participé à cette ouverture, on serait en bien meilleure position aujourd'hui pour peser sur un changement démocratique.

Donc les pays occidentaux se trompent de stratégie ?

Si le monde entier s'y mettait, alors oui, les sanctions pourraient être utilisées comme une menace efficace. Mais puisque les pays d'Asie ne vont pas s'arrêter de faire du commerce avec la Birmanie, la position de l'Occident n'a pas de sens. Il serait aussi très mauvais que l'Asie soit seule à entretenir des relations avec la Birmanie. Si la Birmanie reste coupée de l'Occident et ne peut avoir de relations commerciales qu'avec la Chine et l'Inde, elle deviendra une sorte de parent pauvre de ces deux géants, ce qui sera catastrophique.

Vous mettez en garde ceux qui prônent un "changement de régime" contre les risques d'anarchie, d'un scénario à l'irakienne. Il ne peut donc y avoir aucune transition sans les militaires ?

Absolument, et Aung San Suu Kyi elle-même le reconnaît. Aucun scénario de changement sans l'armée ne tient debout, car c'est la seule institution qui empêche ce pays de s'effondrer. Après, il faut planifier, prévoir d'autres possibilités. Il y a une chose qu'on ne réalise pas, c'est à quel point ce pays est au bord de la désintégration sociale, à quel point sa décomposition s'est accélérée. On atteindra bientôt un stade où la crise sera tellement aiguë que tout scénario politique sera irréaliste. En Birmanie, on traverse des villes et des villages où, en dehors de l'armée, plus aucune institution ne fonctionne, ou alors dans un état d'extrême faiblesse. Il n'y a pas d'administration, la santé publique n'existe plus, l'éducation s'est écroulée, l'économie est exsangue.
Propos recueillis par Sylvie Kauffmann pour lemonde.fr



  • Un simulacre de démocratie: La junte nomme une commission chargée de rédiger la Constitution

Le régime militaire birman a nommé les 54 membres de la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution du pays dont les grands principes ont déjà été approuvés par la Convention nationale à l'issue d'un processus de 14 ans, ont annoncé jeudi les médias birmans.

Le junte a promis d'organiser un référendum sur la nouvelle Loi fondamentale. Des élections pourraient ensuite être organisées.

La Convention nationale, processus de pourparlers contrôlé par la junte militaire et considéré comme un simulacre de démocratie par la communauté internationale, avait achevé ses travaux fin août. Elle avait pour tâche d'élaborer les principes d'une nouvelle Constitution. La Birmanie n'a plus de Constitution depuis 1988.

La junte au pouvoir n'a pas fixé de calendrier pour la suite du processus. Selon les analystes, la nouvelle Loi fondamentale ne fera qu'entérimer le rôle prépondérant de l'armée dans la conduite des affaires de l'État.

La commission, dont fait partie le ministre de l'Information, le général Kyaw Hsan, est présidée par le premier magistrat du pays, Aung Toe.

Selon les principes de la nouvelle Loi fondamentale, la dirigeante de l'opposition, Aung San Suu Kyi, pourrait être empêchée de se présenter à une élection présidentielle en raison d'une clause qui interdit aux candidats mariés à des étrangers de briguer cette fonction. Source : cyberpresse



  • Liberté de la presse

selon le classement annuel établi par Reporters sans frontières (RSF) la Birmanie arrive à la 164e place et RSF se dit "particulièrement inquiet" de la situation. "Les journalistes continuent de travailler sous le joug d'une censure implacable à laquelle rien n'échappe, même pas les petites annonces".
RSF s'inquiète également de la répression croissante dont sont victimes les blogueurs. source : lemonde



  • une «chasse aux sorcières» au Myanmar



Des moines et des militants au Myanmar ont parlé à Amnesty International de la brutale répression que subissent les personnes qui manifestent contre le gouvernement dans le pays.
Amnesty International a eu une série d’entretiens avec des militants de premier plan (dont Mie Mie, Htay Kywe et Nay Tin Myint), qui ont dénoncé la stratégie gouvernementale axée sur les opérations nocturnes, les arrestations arbitraires et les détentions dans des conditions épouvantables.

Ces témoignages directs sont publiés à la suite de l’arrestation, le week-end passé, de six personnes, parmi lesquelles figurent Htay Kywe, Mie Mie et Aung Thu, tous trois membres du mouvement Étudiants de la génération 88.

«Nous avons vu la police demander de l’argent à des familles de détenus en échange de la libération de leur proche. Les jeunes qui vont au bureau ou à l’école sont non seulement interpellés et soumis à des contrôles, mais aussi volés», déclarait Mie Mie, militante reconnue des droits humains, peu avant son arrestation le 13 octobre.

Des Birmans réfugiés à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar ont raconté les violences infligées par la police antiémeutes à des manifestants et à de simples passants, y compris à des femmes et à des moines.

«Certains blessés avaient tellement de sang sur le corps qu’il était impossible de dire d’où il venait. Certains moines avaient perdu la partie supérieure de leur robe. J’ai vu des civils essayer d’aider un moine blessé. La plupart de leurs blessures se situaient à la tête. C’est la tête que visaient les policiers antiémeutes», a indiqué un moine de trente et un ans témoin de confrontations entre manifestants et policiers à la pagode Shwe Dagon le 26 septembre.

Peu avant son arrestation, Htay Kywe avait déclaré, depuis sa cachette, que «la communauté internationale doit faire preuve de fermeté pour empêcher de nouvelles violations». Il avait aussi appelé «la communauté internationale à apporter toute l’aide possible» dans ce but.

Htay Kywe, Mie Mie et Aung Thu ont participé aux premiers défilés de protestation, au mois d'août. Ils ont rapidement été contraints à se cacher, lorsque les autorités ont lancé une chasse à l’homme pour traquer ceux qu’elles considéraient comme les organisateurs des manifestations, en particulier Htay Kywe. Le 21 août, 13 militants importants du groupe Étudiants de la génération 88 ont été arrêtés lors d’une opération nocturne.
source : amnesty.international



  • Birmanie : les écrivains face à la dictature

La littérature birmane au début du XXIème siècle semble presque anéantie du fait que le pays, la Birmanie devenue Myanmar depuis 1989, est tombé dans les mains d’une Junte militaire. Effectivement, « anéantie » est le mot qu’un célèbre auteur birman en exil a employé pour décrire sa situation d’écrivain en Birmanie. Le monde entier a pu voir lors des dernières répressions survenues notamment envers les moines bouddhistes birmans Theravada [1] manifestant calmement et d’une manière non-violente, que la Junte militaire contrôle consciencieusement tous les domaines de la vie...

Lire cet article en entier ICI


  • Un moine condamné à sept ans et demi de prison : ICI

La justice birmane a condamné un moine bouddhiste à sept ans et demi d'emprisonnement pour avoir participé aux manifestations contre la junte militaire au pouvoir, a révélé une source au sein d'un monastère. Le religieux risque l'envoi dans un camps de travail.
Le moine, âgé de 26 ans, a été jugé et condamné lors d'un procès à huis clos à Sittwe (nord-ouest). Il représente le premier cas connu de condamnation liée aux manifestations menées par les moines dans plusieurs villes du pays, a ajouté la source.




Birmanie, un univers "orwellien":


  • George Orwell en Birmanie


George Orwell lui-même n’en reviendrait pas : les Birmans qui connaissent son fameux 1984 – et ils sont nombreux – n’hésitent pas à dire que c’est un texte visionnaire. A leurs yeux, ce qui se passe dans leur pays depuis près d’un demi-siècle, c’est simplement la mise en pratique, grandeur réelle, de ce que l’auteur imaginait être une fiction. Toujours selon ces connaisseurs avertis, depuis le coup de force militaire de 1962 et la succession des généraux à la tête d’une junte sans visage, pas de doute, ils vivent dans un univers orwellien sous la férule d’un Big Brother aux traits insaisissables. Est-ce parce qu’Eric Blair a personnellement connu, dans les rangs de la police britannique, l’atmosphère étouffante et les turpitudes de la société coloniale que le jeune homme d’à peine 24 ans dégoûté de tout a claqué la porte de l’Establishment pour aller voir ce qui se passait ailleurs ? Ou bien, en prenant le pseudonyme de George Orwell pour entrer en littérature, le futur écrivain voulait-il – sans en avoir pleinement conscience, comme il n’est pas rare de le faire en Birmanie – changer de nom pour changer de vie ?

La vieille coutume est toujours d’actualité : il suffit de rappeler la décision des militaires, dans le sillage de la répression de 1988, d’imposer le nom de Myanmar au lieu de Birmanie et, plus récemment, de déménager au débotté la capitale de Rangoun pour la calfeutrer dans une vallée boisée au milieu de nulle part, la baptisant Naypyidaw pour mieux s’y terrer. Par crainte d’une réaction populaire autant possible qu’imprévisible ? En tout cas, nombre de Birmans assurent que ce n’est pas un hasard si 1984 a germé dans l’imagination d’un homme épris de liberté qui a passé cinq ans de sa vie parmi eux. Pourtant, en créant son univers de cauchemar totalitaire, Orwell à l’époque visait bien plus le nazisme ou peut-être le système soviétique qu’une société coloniale en déclin au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Toujours est-il que l’ordinaire de la population dans la Birmanie des généraux renvoie sans relâche à l’univers paranoïaque de 1984...


aux yeux de la junte, l’autarcie est le meilleur bouclier pour se protéger des influences extérieures traditionnellement considérées comme néfastes d’où qu’elles viennent. D’où aussi une surveillance constante et toujours plus sophistiquée, même à l’heure d’Internet : à peine 25 000 adresses électroniques personnelles pour plus de 50 millions d’habitants. La possession d’un fax ou d’un modem sans autorisation officielle préalable est passible d’années de prison : autant pour la liberté d’expression. Quant à la liberté de circulation, elle est chichement accordée, sauf passe-droits et privilèges officiels, aux marins, heureux possesseurs d’un passeport pour leur travail – et encore doivent-ils rendre des comptes dès qu’ils rentrent au pays. Lire l'article en entier: liberation: ICI




Rapport sur La torture dans les centres d’interrogatoire et les prisons en Birmanie. Format PDF : ICI

Ce rapport dénonce la torture et les mauvais traitements qui ont lieu dans les centres d’interrogatoire et les prisons en Birmanie. Le détournement du système judiciaire crée les conditions qui facilitent l’usage de la torture et des mauvais traitements sur les prisonniers politiques : cette torture et ces mauvais traitements se passent en totale impunité



  • Lettre des étudiants de la Génération 88, Rangoon, Birmanie, Au Secrétaire Général M. Ban Ki-Moon:
Et aux représentants des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Comme vous le savez, nous sommes recherchés par la police et risquons d’être arrêtés à n’importe quel moment. Même dans de telles conditions, nous continuons à nous engager pour l’avènement d’une réconciliation nationale pacifique en Birmanie. Il est probable que cela soit la dernière lettre que nous vous envoyons avant d’être arrêtés et torturés : cette lettre est d’une urgence capitale.
Nous nous réjouissons de la déclaration du Conseil de sécurité des Nations Unies du 11 octobre 2007 dans laquelle le Conseil « déplore vigoureusement l’usage de la force à l’encontre des manifestants pacifiques en Birmanie et met l’accent sur l’importance d’une libération rapide de tous les prisonniers politiques et détenus ». Le Conseil de sécurité « insiste également sur la nécessité de la part du Gouvernement birman de créer les conditions favorables à l’établissement d’un véritable dialogue avec Daw Aung San Suu Kyi et l’ensemble des partis politiques et des minorités nationales concernés, dans le but de parvenir à une réconciliation nationale prenant en compte l’ensemble des acteurs sous l’égide des Nations unies. »
Nous espérions que cette décision unanime des membres du Conseil de sécurité permettrait de contraindre le régime militaire birman à cesser toute violence et arrestation contre les manifestants pacifiques, à traiter avec humanité les détenus et à relâcher l’ensemble des prisonniers politiques dont Daw Aung San Suu Kyi. La réaction du régime militaire birman est, en réalité, diamétralement opposée. Alors que le régime annonce au monde entier qu’il souhaite dialoguer avec Daw Aung San Suu Kyi, il n’hésite pas à utiliser la violence et les arrestations arbitraires pour venir à bout des forces démocratiques.
Le régime militaire birman a rapidement rejeté la déclaration du Conseil de sécurité à travers le communiqué No.3/2007 publié le 12 octobre 2007 dans le quotidien officiel, le New Light of Myanmar. Dans sa réponse, le régime militaire a prétendu que la déclaration du Conseil de sécurité ne correspondait pas aux aspirations de la population birmane dans son ensemble et qu’il poursuivrait le processus initié par la feuille de route en sept étapes.

Le 13 octobre 2007, trois des derniers dirigeants de notre groupe des étudiants de la Génération de 88, Htay Kywe, Aung Thu et Thin Thin Aye (Aka) et Mie Mie, furent arrêtés par les forces de sécurité.

Les militaires ont procédé à de nombreuses arrestations d’activistes à travers tout le pays et obligé des milliers d’étudiants, fonctionnaires et civils à participer aux grands rassemblements de soutien à la Convention Nationale organisés par la junte et à dénoncer les opposants.

Des milliers de manifestants, dont des moines et des étudiants, souffrent toujours de mauvais traitements et sont atrocement torturés dans des centres de détention. Certains sont même décédés lors de leurs gardes à vue. De nombreux moines sont contraints de quitter la robe monastique et sont envoyés dans des camps de travail forcé. Le régime militaire cherche à maintenir un climat de peur et le peuple birman vit continuellement dans la terreur et la brutalité.

Il apparaît ainsi que la déclaration du Conseil de sécurité n’a pas eu les effets escomptés et que des mesures plus fermes doivent être adoptées dans les plus brefs délais.



C’est la raison pour laquelle nous demandons au Conseil de sécurité des Nations unies :

1° d’adopter une résolution contraignante assortie de sanctions ciblées telles que l’interdiction d’investir en Birmanie et un embargo sur les armes. Le Conseil de Sécurité doit également appeler le régime :

- à cesser immédiatement les arrestations ainsi que les violences à l’encontre des manifestants pacifiques ;

- à libérer tous les détenus et prisonniers politiques dont Daw Aung San Suu Kyi ;

- à engager un dialogue politique ouvert et sensé avec la Ligue Nationale pour la Démocratie et les représentants des minorités nationales afin d’établir une véritable réconciliation nationale et la démocratie ;

- à cesser les offensives militaires et les hostilités dans les régions peuplées par les minorités nationales ;

- à lever toutes les restrictions imposées au CICR et aux ONG humanitaires ;

Le Conseil de Sécurité devra avoir recours à des sanctions plus fermes si ces demandes ne sont pas satisfaites.



2° de mandater à nouveau l’envoyé spécial des Nations unies, M. Ibrahim Gambari, en Birmanie et de lui demander d’y rester aussi longtemps que nécessaire pour faciliter un dialogue politique réellement significatif.

La présence permanente des Nations unies en Birmanie pour surveiller et contrôler la situation ainsi que pour faciliter le dialogue politique est dorénavant plus que nécessaire.

Nous demandons également au Secrétaire général :

3° D’immédiatement rentrer en contact avec le Général Than Shwe afin de l’exhorter à mettre un terme aux tortures infligées actuellement aux détenus et à satisfaire sans plus attendre les exigences exprimées dans la déclaration du Conseil de sécurité. Le rôle de l’ambassadeur Gambari est crucial mais l’implication du Secrétaire général est fondamentale à l’heure actuelle.

4° De la même manière, nous appelons les gouvernements russe et chinois à ne pas user de leur droit de veto au sein du Conseil de sécurité des Nations unies lors de l’adoption d’une résolution sur la Birmanie. Nous souhaitons cependant réaffirmer notre volonté de travailler avec la Chine et la Russie. Nous considérons ces pays comme amis et leur demandons humblement de bien vouloir faire preuve de compréhension à l’égard de notre situation critique.



Aussi longtemps que l’effectivité des actions de la Communauté internationale sera retardée, la Birmanie continuera à être une société privée de droits et le régime poursuivra impunément la torture et l’assassinat systématique de manifestants pacifiques. Nous insistons sur le fait que l’absence de réelles mesures et pressions internationales en Birmanie assure à la junte militaire birmane un véritable permis de tuer.


Les Etudiants de la Génération 88


Tun Myint Aung
Nilar Thein
Soe Htun

source : http://www.info-birmanie.org/

mercredi 17 octobre 2007

Birmanie: un moine peut-il manifester ?

Mise à jour au 19 octobre



"La méditation n’est pas séparée du reste de la vie. Toutes les situations offrent l’opportunité de pratiquer, d’accroître la sagesse et la compassion"



"Faisons en sorte d'être totalement libérés de tout danger, de toute douleur, de la pauvreté et que la paix soit dans nos cœurs et dans nos esprits."






Pour moi, Il y a une telle osmose entre le peuple Birman et les moines, que les moines ont défilé pas compassion et amour pour le peuple et que de son côté le peuple birman a entouré et protègé les moines par amour.





Selon la junte, les moines seraient responsables de la répression et du chaos !






J'ai déjà évoqué ce point très important pour les Bouddhistes: Un moine peut-il manifester? , dans mon tout premier message sur la Birmanie: "Birmanie mon cœur saigne" ICI
Mais aussi dans "Birmanie ou le Retour du Bouddhisme engagé" : LA

J'aimerais toutefois relancer ce sujet, qui me tiens particulièrement à cœur en tant que Bouddhiste de la tradition Théravada et reprendre ici, la position et les différents messages de soutien de la communauté Bouddhiste, toutes traditions confondues.


Certains bouddhistes et certains moines Bouddhistes vivant en Europe, pensent qu'un moine ne doit pas manifester.



Pourtant, même Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France (CEF), a écrit à l'ambassadeur de Birmanie en France M. Say Hla Min, pour demander "le respect des droits de l'Homme".

Dans cette lettre diffusée vendredi par la CEF, Mgr Ricard affirme que les catholiques de France "ont été sensibles aux manifestations pacifiques dans lesquelles s'est exprimé le désir de démocratie et d'une plus grande liberté publique. Ils ont apprécié le rôle joué par les moines bouddhistes dans ces événements". "Ils ont été attristés et choqués par la répression violente qui a été mise en oeuvre pour enrayer le mouvement", ajoute-t-il.

"Nous voulons, Monsieur l'Ambassadeur, exprimer par votre intermédiaire à la population birmane notre sympathie et notre émotion devant cette difficile situation", poursuit l'archevêque.

Le cardinal Ricard ajoute qu'il "ne peut y avoir de paix civile authentique si les droits de l'Homme ne sont pas respectés et mis en oeuvre".

Ainsi, les catholiques seraient plus à même de comprendre et de soutenir les manifestations des moines bouddhistes que certains bouddhistes voire moines bouddhistes eux même!









Effectivement, on peut se demander si les Bonzes, en manifestant dans la rue, même de manière pacifiste, ne violent pas leurs préceptes. (227 règles rassemblées, décrites et commentées dans le Vinaya)

Voir ces règles ICI



Ainsi, telle personne considère que "les bonzes birmans, en tant que corps religieux, devaient rester à l’écart de tout engagement politique. leur rôle n’est pas de prendre partie dans un conflit, mais d’apporter un comportement éthique. Le danger de cette position, sans compter les violences, serait de réduire la dimension spirituelle du bouddhisme ou de la religion en général"




Mais, comme le dit Tinh Ý dans son commentaire :

Il n'y a pas que le Vinaya comme règle... mais aussi tout un ensemble de comportement qui sont lié aux cinq préceptes et aux enseignements des suttas... s'il est du devoir du moine d'enseigner le Dhamma, le moine sait comme tout le Bouddha que quelqu'un qui a faim ne peut ni méditer ni apprendre...

Une nourriture convenable et une vie décente sont les conditions de l'écoute du Dhamma...

Ce n'est qu'après s'être restauré que le Bouddha a atteint l'éveil...

en manifestant silencieusement les moines enseignent déjà le Dhamma...
Tinh Ý


J'ajouterai qu'en défilant tout en récitant des paroles de Metta, les moines enseignent aussi le Dhamma...
Le Bouddha a enseigné la voie du Milieu, mais pour suivre cet enseignement, ce chemin, encore faut-il que les conditions de vie permettent, effectivement, d'avoir une vie décente.









Cette question est d'autant plus importante que la junte veut, aujourd'hui, faire porter la responsabilité du conflit sur les moines. Pour cela elle n'hésite pas à affirmer : "Les moines, à l'origine des manifestations contre le régime, sont responsables de la violente répression qui a suivi"

ou encore : "Si ils n'avaient pas organisé des marches de protestation, demandant la libération des prisonniers politiques, la nation n'aurait pas connu le chaos", a rapporté mercredi le quotidien officiel.

Cette position de la junte est inadmissible!






Comment les moines ( bhikkhu) pourraient continuer d'accepter les dons de nourriture du peuple birman, tout en sachant que celui meurt de faim. C'est par compassion et par amour (Metta), qu'ils soutiennent ceux qui souffrent et qui, de surcroit, les nourrissent.


Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 5 millions de personnes souffrent de la faim en Birmanie, notamment en raison des dysfonctionnements de l'économie, aggravés par la politique répressive de la junte militaire au pouvoir. "Dans un pays comme la Birmanie, personne ne devrait avoir faim mais ils sont des millions à connaître la disette", a déclaré le directeur régional du PAM, Tony Banbury, après une visite de cinq jours dans le pays. "C'était autrefois le grenier de la région. Il peut produire très facilement un surplus de denrées alimentaires mais il n'est même plus capable de fournir le nécessaire à sa population", a-t-il ajouté. Le PAM tente actuellement de venir en aide à 500 000 Birmans.
source : lejdd.fr



Il est un constat fait par les équipes de Médecins du Monde sur le terrain : celui de besoins croissants en nourriture. Encore marginal il y a quelques années, le mauvais état nutritionnel des personnes accueillies dans nos dispensaires nous a conduit à intégrer un apport en nourriture dans nos programmes. Les acteurs locaux constatent également que l’age des personnes se prostituant diminue depuis quelques années, témoin indirect de la grande précarité dans laquelle vivent ces très jeunes filles pour lesquelles la prostitution dans les liquor-shops ou les guest-houses constitue le seul moyen de survie.
source: medecinsdumonde.






Ils ont par ailleurs, pour certains, en retournant leur bol à aumône, montré à la junte qu'ils ne voulaient plus recevoir de nourriture de la part de l'armée.

Ainsi, d'un côté ils soutiennent le peuple birman en défilant silencieusement ou en récitant des paroles de metta, d'un autre côté ils condamnent la junte qui affame le peuple birman , peuple avec qui les moines vivent en osmose.








"La Birmanie est tout entière dédiée à Bouddha, le monastère est le lieu où se perpetue sa parole, la pagode proclame l'achèvement de sa voie. De la plus simple demeure aux anciennes fondations royales, son image est partout présente.

L'osmose est telle entre la doctrine Bouddhique et la Birmanie, dans son histoire comme dans son quotidien que Heinz Bechert a pu écrire être Bouddhiste, c'est être Birman."
source : le pays des pagodes











En tant que Bouddhiste je me pose cette question : Que devaient faire les moines en Birmanie ?

- Continuer de méditer dans les monastères pendant que dehors, le peuple Birman souffre

ou

- défiler dans la rue de manière pacifiste, par compassion pour le peuple Birman?


La réponse c'est que les moines et le peuple Birman nous ont donné une véritable leçon de compassion(Karuna) et d'amour universel (metta)






Nous, bouddhistes, qui passons notre temps à dire que la Compassion et l'amour universelle sont essentiels, comment pourrions nous dire que les moines n'auraient pas dû défiler, que ce n'est pas leur rôle ?!


Rappelons que "La méditation n’est pas séparée du reste de la vie. Toutes les situations offrent l’opportunité de pratiquer, d’accroître la sagesse et la compassion" ajahn chah


Ainsi, en défilant de manière pacifique les moines de Birmanie ont pratiqué une forme de méditation.

En manifestant, la majorité des moines chantaient ou récitaient des "chants Metta" comme celui ci:

"Puissent tous les êtres, toutes les créatures vivantes, tous les individus, toutes les personnes, tous les hommes, toutes les femmes, puissent tous les êtres nobles, tous ceux qui ne sont pas nobles, toutes les divinités, tous les humains, tous ceux qui se trouvent dans les plans de misère, puissent-ils tous être libres de l'inimitié et du danger, libres de la souffrance physique, libres de la souffrance mentale, puissent-ils tous vivre avec bonheur ; puissent-ils tous être libres de la douleur, puissent-ils ne pas perdre ce qu'ils ont acquis, puissent leur kamma être leur véritable possession." ( chant Metta)



Les moines sont restés devant la résidence de Daw Aung San Suu Kyi pendant une quinzaine de minutes, récitant notamment les paroles suivante:

«Faisons en sorte d'être totalement libérés de tout danger, de toute douleur, de la pauvreté et que la paix soit dans nos coeurs et dans nos esprits.»




Les moines de Birmanie, en manifestant de manière pacifique, nous on donné une vraie leçon de compassion .



Selon le Bouddha, la première responsabilité de ceux qui gouvernent est de veiller sur le bien-être du peuple...
Quand ceux qui gouvernent commencent à abuser de leur autorité, à accumuler les richesses aux dépens du peuple et à créer ainsi des situations injustes qui sont source de souffrance pour lui, il est clair que l’institution bouddhiste doit non seulement prendre sa distance vis-à-vis d’eux mais aussi les critiquer ouvertement.




Voici un texte ( que j'ai déjà cité dans "Metta pour le peuple Birman") :


Le monde souffre, mais la plupart des hommes ont les yeux et les oreilles fermés. Ils ne voient pas l'intarissable courant de larmes qui va tout au long de la vie, ils n'entendent pas le cri de détresse qui traverse continuellement le monde. Leur petite peine personnelle ou leur joie leur ferme les yeux et les oreilles. Lié par l'égoïsme, leur coeur demeure raide et étroit. Leur coeur étant raide et étroit, comment pourraient-ils lutter pour un but plus élevé, pour réaliser ce qui seulement délivre du désir égoïste et qui peut les libérer de leur propre souffrance

"C'est la compassion qui soulève la lourde barre, qui ouvre la porte de la Liberté, qui rend le coeur étroit vaste comme le monde".

"La compassion nous réconcilie avec notre destinée en nous montrant la vie des autres, qui est souvent plus dure que la nôtre."





Et aussi un texte de Thich Nhat Hanh:

"L’essence de l’amour (Metta) et de la compassion (Karuna) est la compréhension, la capacité de reconnaître les souffrances physiques, matérielles et psychologiques d’autrui, de nous mettre dans la peau de l’autre. Nous pénétrons son corps, ses sentiments et ses formations mentales et ressentons en nous sa souffrance"




Rappel

Les huits nécessités du bonze : (différent des préceptes et des règles)

La règle bouddhique prescrit "huit nécessités" que prennent en charge la population active en plus des besoins quotidiens. Toutes ces fournitures sont renouvellées lors des diverses fêtes du calendrier bouddhique.

Le bol à aumônes, "thabeit" : il est porté autour du cou quand les moines vont mendier leur nourriture.

Le rasoir : il sert à la tonsure.

L'éventail : les moines s'en servent symboliquement pour dissimuler leur visage du monde exterieur pour ne pas être troublés par son agitation.

L'aiguille à coudre : elle permet d'entretenir la robe monastique, "thingan".

Les trois pièces de la robe : elles sont prescrites par le canon pâli. "Antaravasaka", le vêtement intérieur, est serré sur les reins par une ceinture et couvre les jambes. "Uttarâsangha", le vêtement mis par-dessus, est utilisé pour les activités ordinaires. il est porté sur l'épaule gauche au monastère et sur les deux épaules à l'exterieur. "Sanghâti", le vêtement en patchwork, est un grand manteau porté pour la quête oul voyage.

Les anciennes prescriptions indiennes, par esprit de dépouillement, proposaient aux moines de ramasser des haillons dans la poussière et de les teindre. Les terres mélangées ont donné cette couleur marron-rouge de l'habit d'aujourd'hui.





Devenir Bonze :

Connaître et respecter les 227 règles disciplinaires du code monastique permet de devenir moine, "pongyi". Ce choix ne peut être fait qu'à l'âge de 20 ans avec l'accord de ses parents. Lorsque le novice a réussi son examen, ses cheveux et sa barbe sont rasés et il doit promettre d'observer les voeux de pauvreté et de chasteté et de n'avoir recours qu'aux triple joyau : Bouddha, la loi de Bouddha,"dharma" et la communauté des moines, "sangha".

Les bonzes doivent respecter 10 préceptes( dont sept correspondent aux sept péchés capitaux de la Bible). Pour faciliter leur approche du nirvana, ils pratiquent le yoga. Ils n'ont pas le droit d'utiliser des parfums, de danser, de chanter de posséder de l'argent, de dormir sur un lit confortable, d'approcher les femmes.

Malgré tout, dans les zones rurales, le monastère fait office d'école et permet aux enfants d'apprendre des rudiments d'enseignement sur l'alphabet birman, les cinqs commandements bouddhiques (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commetre d'adultère, ne pas mentir, ne pas boire de boissons alcoolisées) et les formules utilisées lors des prières en pâli (langue ancienne de l'Inde) à la pagode.

L'ordination des bonzes demande beaucoup de temps et d'argent. Il faut recevoir convenablement les invités à la cérémonie, louer ou acheter un costume pour les futurs moines, acheter ce dont ils auront besoin durant leur vie monastique et faire un don généreux au monastère qui va les accueillir et prendre en charge leur éducation.

L'engagement n'est pas définitif. A tout moment le moine peut quitter la communauté mais peut également y revenir plus tard. Il existe d'ailleurs deux types d'ordination : "Upasampada" et "shinbyu".

Shinbyu serait pour un bouddhiste ce qu'est la communion solennelle pour un catholique. Cette cérémonie a lieu vers l'âge de 9-12 ans. Cette ordination leur donne le statut de novices. Ces petits bonzes n'ont que 10 règles à observer (dont celle d'aller, tous les matins pieds nus, mendier leur nourriture et de ne rien manger de solide l'après-midi). Cette retraite ne durera pour eux que de 9 à 21 jours.

La population monastique birmane est d'environ 300 000 bonzes.






Rappel des différentes positions et soutiens de la communauté Bouddhiste internationale




Comme le dit viriya du forum Metta:


En son temps, le Bouddha n'avait pas hésité à se mettre en médiation pour empêcher une guerre entre les Koliyas et les Sakyas en dispute sur l'utilisation de l'eau de la rivière Rohini qui séparait leurs territoires.
En une autre circonstance, le Bouddha a aussi persuadé le roi Ajatasattu d'abandonner son projet d'attaquer le royaume des Vajjis.

Les moines enseignent le Dhamma, mais la base du Dhamma est la Compréhension Panna, la Bienveillance Metta, la Compassion Karuna. Ils ne peuvent pas rester indifférents aux souffrances, à la misère de la population.
La Compassion poussera ceux qui en possèdent à agir, à manifester pacifiquement avec une paix intérieure face à ceux qui sont au pouvoir pour qu'ils comprennent les souffrances du peuple et changent de politique. (Par viriya du forum Metta)




- Selon Matthieu Ricard, Moine :

"Les bonzes sont dans leur rôle d’êtres humains qui agissent par altruisme et compassion."
Matthieu Ricard estime que les manifestations pacifiques menées par les bonzes en Birmanie sont "la seule façon de gagner, comme Gandhi a gagné en Inde".
En prenant la tête des protestations de masse en Birmanie, les bonzes "sont dans leur rôle d’êtres humains qui agissent par altruisme et compassion, parfois au risque de leur vie". "
Le peuple birman est opprimé et il a confiance dans les moines.
Ils font preuve de courage en se mettant au premier rang", a-t-il poursuivi.
"Il est certain que si le peuple avait commencé à manifester, cela aurait été Tiananmen en quelques heures."
"Le risque, c’est que le gouvernement envoie des provocateurs qui commettent des actes de violence pour donner une justification pour tirer sur la foule.
Ce serait la seule façon pour les généraux de s’en tirer et pour réprimer cela dans le sang", a-t-il analysé.



- De même le Dalai Lama a déclaré :


J’apporte mon soutien et me solidarise avec le mouvement pacifiste qui se développe en ce moment en Birmanie en faveur d’une démocratie.

Je soutiens totalement leur appel à la liberté et à la démocratie et saisit cette opportunité pour appeler tous les peuples aimant cette liberté à soutenir tous les mouvements non-violents dans le monde. J’en profite pour souligner combien j’admire sincèrement la lutte pacifique de ces moines en faveur de la paix et de la démocratie dans leur pays.

En tant que moine bouddhiste, j’appelle tous les membres de ce régime militaire qui à titre personnel sont bouddhistes à être en accord avec le Dharma sacré dans un esprit de compassion et de non-violence.

Je prie pour une heureuse réussite de ce mouvement pacifiste et pour la libération prochaine du Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi.





- Quant à l'Union Bouddhiste de France (UBE), elle a soutenu le mouvement dés le début, voici pour rappel un des ses communiqués:


L'Union Bouddhiste de France qui représente la grande majorité des communautés bouddhistes vivant en France, suit avec une très grande inquiétude les évènements dramatiques qui se déroulent actuellement en Birmanie.

Elle ne peut que désapprouver fermement et totalement l'usage de la force contre la population civile et la communauté des moines birmans qui a déjà fait plusieurs victimes.

Elle exhorte les autorités birmanes à la plus grande retenue et à la non-violence dans le règlement de cette situation, rappelant en cela les principes de bases de l'enseignement du Bouddha auxquelles ces mêmes autorités se réfèrent et semblent exprimer leur respect et leur dévotion.

L'Union Bouddhiste de France appelle toutes les communautés bouddhistes de France ainsi que tous les sympathisants de cette religion non-violente et bien sûr les autres religions à se rejoindre dans la prière pour qu'aboutisse le plus rapidement possible un règlement pacifique à cette crise.

L'UBF soutiendra sans ambiguïté toutes les actions, pétitions et manifestations pacifiques qui pourront de près ou de loin aider à apaiser les souffrances du peuple birman et de sa communauté religieuse.



- Autres soutiens :

Pour Rappel:

- Le numéro deux de l’église bouddhiste unifiée du Vietnam (EBVU), Thich Quang Do, appelle les Nations unies et tous les États membres à une action urgente, via tous les principaux organes de l’ONU, pour exhorter le gouvernement birman à arrêter toutes les attaques.



- Soeur Ariya Nani, none de la tradition Théravada, a formulé le message suivant :
« Dear friends
We need your help and support. With metta Ariya Ñani »




- Ensuite ce fût au tour du moine Thich Nhât Hanh et de Jack Kornfield, et bien d'autres de soutenir les moines et le peuple Birman

J'ai évoqué son soutien dans mon message : "Metta pour le peuple Birman"

Lettre de Thich Nhat Hanh en soutien au peuple birman

"En ces temps de grande souffrance, de répression et d’emprisonnement, nous soutenons de tout notre coeur les Birmans en pleine transition non-violente vers la démocratie.
Pour cela, nous exhortons les Nations-Unies à créer une robuste mission multinationale d’enquête, l’envoyer en Birmanie écouter les moines et tous les concernés, et dire au monde ce qu’il s’est passé et ce qui est nécessaire à la résolution démocratique.
Nous encourageons également le comité olympique international, organisateur des J.O de Beijing d’exiger que la Chine, principal partenaire commercial de la Birmanie, fasse de son mieux afin de soutenir les droits de l’Homme et une transition vers la démocratie pour la Birmanie maintenant."



Et si nous avons vu quelques photos et quelques vidéos ( qui ont fait le tour du web) de moines avec des battons, je rappelle que la junte a demandé à des militaires de se raser le crâne et de porter la robe des moines, afin de s'infiltrer parmi eux et de les discréditer en ayant des comportements violents.



- Le 6 octobre, dans le monde, des milliers de bouddhistes, de non bouddhistes et de moines ont manifesté pour soutenir les moines et le peuple Birman






Voir: Diaporama de amnesty international sur les manifestations du 6 octobre dans le monde

Et des photos de la journée internationale pour la Birmanie



Et comme l'a souligné Raphaël LIOGIER, professeur de sociologie, dans un article du Monde:

La cause birmane a réussi en quelques semaines là où la cause tibétaine a échoué pendant des décennies : fédérer les bouddhistes du monde entier :

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le mouvement insurrectionnel birman ne faiblit pas. Il s’intensifie au contraire, mais dans le silence des monastères et des pagodes. C’est une autre phase, physiquement moins violente mais psychiquement plus radicale, qui s’annonce, moins spectaculaire pour les Occidentaux parce qu’elle ne se déroule pas dans la rue, dans le bruit et la fureur des foules malmenées.

De toute façon, ce n’est pas dans la rue que la bataille pouvait se gagner contre une junte militaire surarmée. Rien ne sert, dès lors, de continuer un combat perdu d’avance sur ce terrain. Aller dans la rue a été certes utile : d’abord pour mobiliser la population, la sortir de sa torpeur, lui faire savoir que les moines sont en colère, pour que le lien entre le Sangha (communauté des moines) et le peuple se fasse, et ensuite pour alerter l’opinion internationale et déclencher cette pression à la fois symbolique (l’exclusion diplomatique de la Birmanie) et matérielle (les menaces d’embargo), qui ne doit pas, surtout pas maintenant, se relâcher.

Soulignons d’ailleurs que pour une fois, les bouddhistes du monde entier ont participé à cet encerclement, renouant avec leur grande tradition critique. La solidarité des bouddhistes s’est d’abord exprimée en Asie même, puisque le dalaï-lama et nombre d’autres personnalités appartenant aux écoles les plus variées se sont engagés derrière les moines birmans, mais elle s’est aussi exprimée - et là c’est un événement ! - entre les bouddhistes occidentaux et asiatiques.

La cause tibétaine a échoué en plusieurs décennies à faire ce que la cause birmane vient de réussir en quelques semaines : polariser les consciences des bouddhistes, toutes écoles confondues, derrière une «cause».

Chez nous, l’Union des bouddhistes de France (UBF) a condamné le comportement de la junte, de même que l’Université bouddhique européenne (UBE) et la plupart des associations d’habitude plus réservées, comme si soudain le bouddhisme occidental avait changé, sortant des brumes narcissiques qui l’ont pendant près de trente ans confiné à l’individualisme méditatif au détriment de tout engagement social.

Et c’est bien de ce soutien, patient et continu, dont les moines birmans ont besoin à l’extérieur, comme ils ont besoin à l’intérieur de se concentrer sur la nouvelle phase de lutte, plus essentielle et moins bruyante, qui peut conduire à la chute du régime ou à de vraies négociations.

La junte sait pertinemment, contrairement à nombre d’observateurs occidentaux qui ne considèrent que le nombre de manifestants dans les rues, que la partie n’est pas gagnée parce que les moines sont confinés dans leur quartier. Bien au contraire, car la guerre civile pourrait se poursuivre en silence, par le refus des offrandes venant des militaires et de leurs familles, par exemple. Les militaires de base ont une famille qui est en général proche des moines de base, une famille dont ils ne peuvent pas se passer dans le contexte de la culture birmane, et qui, dans ce cas, pourrait faire pression, voire rejeter le fils, le cousin, le mari, le neveu militaire, tenu pour responsable de cette condamnation religieuse à errer dans le «samsara», le monde de la souffrance, en raison d’un cruel manque de ces mérites qui sont obtenus contre les offrandes faites au Sangha.

Dans cette situation de désarroi, l’assise de l’armée se trouverait dangereusement ébranlée, ce qui est déjà le cas comme nous l’apprend le témoignage recueilli hier d’un jeune religieux récemment relâché, dans lequel celui-ci raconte que lors de sa détention, certains militaires venaient implorer discrètement le pardon des moines qui venaient d’être battus.

Cette situation d’insurrection silencieuse peut devenir intenable pour le pouvoir en place, parce qu’elle est insidieuse, incontrôlable, qu’elle sape les structures même de la hiérarchie militaire et administrative. L’action non-violente bouddhique à la birmane passe forcement par cette stratégie du refus. Si la junte cherche à couper les communications Internet, radio, télé, etc., c’est moins pour soigner son image à l’étranger - quoi que cela ait son importance dans le présent contexte de pénurie économique - que pour isoler les différents centres religieux, afin qu’aucune concertation ne soit possible pouvant conduire au refus des offrandes des soldats et de leurs familles qui serait vécu comme une excommunication massive. Voilà l’épée de Damoclès que les militaires sentent déjà au-dessus d’eux. Les défections, voire les actes de désobéissance ne manqueraient pas de se multiplier dans l’armée si le Sangha en arrivait à tourner ainsi le dos à ces hommes qui, s’ils sont soldats, sont aussi dans leur écrasante majorité de pieux bouddhistes.

Le plus difficile dans une telle crise pour le groupe des dictateurs habitués à la violence est de ne plus pouvoir agir par la répression systématique. A ce stade la mitraillette est impuissante. Seule reste la négociation, il faut tenter in extremis de se présenter comme un bon bouddhiste. C’est ce que fait d’ailleurs l’homme fort actuel, Than Shwe, en acceptant de rencontrer Aung San Suu Kyi ou des représentants occidentaux, parce qu’il sait que les armes ne suffiront plus en l’état actuel à sauver le régime.

Au fond, les militaires n’ont peur que de deux choses. D’abord de l’obstination, même silencieuse, surtout silencieuse, des moines, et ensuite des embargos internationaux qui deviennent intolérables dans ce pays littéralement affamé. Une famine qui renforce encore la position des moines (tant qu’elle ne les affame pas eux-mêmes) en leur donnant raison aux yeux du peuple. C’est pourquoi, malgré les souffrances supportées par le peuple, qui sont bien sûr objectivement plus aiguës que celles que supporte l’armée, Aung San Suu Kyi soutient l’embargo international. C’est pourquoi aussi la condition essentielle posée par le chef suprême du pays pour la rencontrer est justement le retrait de son soutien.

Le bras de fer, beaucoup plus radical qu’en 1988, a maintenant vraiment commencé, parce que les parties en présence ne sont plus à armes inégales dans cette ultime lutte symbolique, comme elles l’étaient lorsque la seule force physique était en jeu. Les Occidentaux doivent garder à l’esprit que si la junte montre des signes apparents de dialogue, ce n’est pas par bonne volonté mais par nécessité, pour lutter symboliquement dans cette nouvelle guerre intérieure, qu’elle risque de perdre sans soutien extérieur.








Le Bouddhisme "engagé" selon le moine Thich Nhat hanh:

Le Bouddha dit qu’il est possible de vivre heureux dans le moment présent, cela c’est déjà une base du bouddhisme engagé. La sagesse profonde c’est de prendre conscience que tout ce que nous avons c’est ce moment présent. Pendant la guerre du Vietnam nous avons vu la mort, la destruction, la colère, la discrimination, etc.
Avec la méditation bouddhique et la compréhension de l’interdépendance, on constate que des deux côtés les gens souffrent, les communistes comme les anticommunistes, les soldats et les civils américains également. Pour tuer il faut devenir moins que des hommes, on a besoin de discrimination, de colère, de haine pour plonger la baïonnette dans le corps de l’autre. Et la machine de guerre nous conditionne, elle nous nourrit de colère, elle nous fait décrire l’autre comme un monstre, un danger à éliminer. Or l’autre est un être vivant comme nous, il a peur de mourir, il a une famille dont il doit prendre soin, c’est la machine de guerre qui l’a placé là pour tuer et pour être tué. Le bouddhisme aide à maintenir vivace cette vision de l’autre, c’est pourquoi les deux parties belligérantes nous attaquent pour notre pacifisme, pour notre fraternité et pour notre compassion. Nos écrits sont interdits par les deux gouvernements du Sud et du Nord, les poèmes et la littérature anti-guerre circulent dans la clandestinité, grâce au Dharma nous avons pu rester humains dans cette machine de guerre. Les bombes tombent sur nos villages, causant des morts et des blessés, on a dû alors sortir des monastères afin d’aider les gens. La méditation c’est aussi être là pour témoigner de ce qui se passe dans le moment présent. Nous voulons soulager la douleur et la souffrance de nos compatriotes, tout en continuant notre pratique, le bouddhisme engagé est né de la situation de guerre, c’est la méditation en action, la compassion en action, et non pas dans l’imagination. La réconciliation est l’unique chance d’arrêter la guerre mais le mot même est banni par les deux camps. Il nous reste à alerter l’opinion publique internationale, en Amérique et en Europe, en lui fournissant des informations sur la réalité de la guerre au Vietnam, sur les aspirations authentiques du peuple vietnamien, composé d’une majorité de paysans et de gens pauvres qui ne veulent pas de la victoire d’un camp mais l’arrêt de la destruction. Les bombes et les mortiers pleuvent, les mass-média appartiennent aux belligérants, le suicide par le feu devient une méthode de communication afin que le message parvienne, et soit compris, en Amérique et en Europe. Il faut beaucoup de courage, de compassion, de sens du sacrifice pour accomplir cet acte, ce n’est pas la colère de la protestation. Je suis sorti du pays pour témoigner auprès des communautés religieuses et intellectuelles, on m’empêche de retourner au pays. Dans l’exil, pour survivre et pour vivre tout simplement, j’ai dû rassembler une sangha. Je continue ainsi à pratiquer le Dharma et je suis amené à le partager avec les autres. Vis-à-vis de nos amis occidentaux notre intention n’est pas de déraciner les gens, car notre propre vécu nous montre qu’une personne déracinée ne peut être heureuse. Nous exhortons donc nos amis, surtout les jeunes, à revenir à leurs traditions, à leur culture, à pratiquer la non-dualité bouddhique pour réintégrer leurs familles, leur propre milieu.








Toujours dans mon premier message sur la Birmanie ICI , j'ai cité un texte sur, La famille et la société selon le Bouddhisme théravada, dans la rubrique "Le pays des Pagodes",
le voici de nouveau :



La famille et la société selon le Bouddhisme théravada:


Les gouvernements de l’époque du Bouddha comme ceux de nos jours, utilisent les répressions et les châtiments pour endiguer ou limiter les crimes.
Bouddha dit que ces répressions n’ont aucun résultat positif. Il donne son point de vue en soulignant que la criminalité peut être réduite grâce à l’apport économique.
Il faut améliorer les ressources économiques et veiller à la répartition de ces ressources, répartition guidée par le souci de justice.

Bouddha n’était pas indifférent aux pratiques des pouvoirs publics utilisant des répressions, des exactions, des oppressions, des exploitations éhontées, prélevant des impôts excessifs.
Le problème du bon gouvernement se posait à l’époque du Bouddha comme à l’heure actuelle, mais en des termes différents.

Le point commun, dans le passé comme dans le présent, est le facteur humain.
Un pays va subir la corruption, la dégénérescence, le malheur quand les personnes formant l’équipe gouvernementale sont corrompues, vouées aux pratiques illicites.

Bouddha montre les « dix devoirs du roi » ou les « dix devoirs du gouvernant ».
L’homme qui détient la haute magistrature d’un pays, doit :

1) Avoir la libéralité, la générosité en accomplissant le don (dana).

2) Être imprégné d’un caractère moral élevé et guidé par la moralité appelée sila en pali ;
Il doit observer les Cinq préceptes moraux de base.

3) Être prêt à sacrifier tout au bien du peuple, conformément au terme pali pariccaga ; il risque même sa vie, pourvu que le bien ou la survie de son peuple soit réellement assuré.

4) Observer honnêteté et intégrité (ajjava) dans l’exercice de ses fonctions ; il prend soin d’écarter toute forme de favoritisme ; ses intentions doivent être claires et nettes, dans lesquelles toute forme de tromperie du public sera bannie.

5) Montrer avec sincérité, de l’amabilité (maddava). Son tempérament doit être régulier et doux.

6) Observer de bonnes habitudes empreintes d’une austérité (tapa), c'est-à-dire avoir une vie simple ; ainsi qu’il ne doit pas penser à entasser des privilèges pour lui-même et pour son entourage.

7) Exercer les pouvoirs publics dans l’absence de haine, de l’inimitié (akkodha) ; toute forme de rancune doit être écartée.

8) Pratiquer la non-violence (avihimsa) ; il doit favoriser les actions en faveur de la paix réelle et juste, en empêchant la guerre.

9) Observer la patiente, le pardon, la tolérance, la compréhension (khanti) tout en se fondant sur la raison et non sur l’instinct ou sur le sentiment.

10) Cultiver l’ouverture d’esprit empreint de générosité, c'est-à-dire ne pas pratiquer l’opposition ou obstruction (avirodha) ; il doit suivre de près la volonté du peuple-
Lire le texte en entier
ICI




Pour finir sur ce thème, voici un article du Monde que j'ai déjà également cité, mais qui prend ici, toute son importance :


Un courant engagé, en rupture avec une tradition de soumission :

Quand, dans les rues de Rangoun, les moines birmans ont retourné leur bol en signe de refus de l'aumône des militaires, ils ont commis un acte de désobéissance religieuse grave. Dans le bouddhisme, le moine ne vit que d'aumônes... ou il jeûne. En choisissant l'affrontement avec le régime militaire de leur pays, en 1988 et en 2007, les moines birmans participent de fait au "bouddhisme engagé", ce mouvement panbouddhique, non issu d'une école particulière, diffus et peu structuré, né du contact avec la modernité occidentale et l'histoire de ses luttes révolutionnaires.

Le terme a été forgé par le moine vietnamien Thich Nhat Hanh (né en 1926, exilé en France après la victoire communiste au Vietnam). Mais sa figure emblématique est celle du dalaï-lama, chef religieux et politique du Tibet en exil. Ce courant puise aussi ses modèles ailleurs que dans le bouddhisme, chez Gandhi ou les quakers américains.

Il est l'héritier des luttes d'émancipation anticoloniales, auxquelles les moines bouddhistes, dans les pays où ils représentent une force sociale, ont été engagés. A l'instar des moines sri-lankais qui, à la fin du XIX esiècle, ont fait la guerre au colonisateur britannique autour du slogan "Une île, une nation, une religion" . Ils sont encore en conflit avec les Tamouls hindous ou chrétiens.

Le bouddhisme engagé renouvelle l'approche bouddhiste de la compassion. Il considère comme légitime l'opposition aux structures politiques en place pour restaurer un idéal de société juste. Il ne remet pas en cause les notions clés de respect, de non-violence, de compassion, mais se refuse à faire de la souffrance l'état de la seule conscience personnelle. Il existe une souffrance liée aux inégalités sociales, aux crises économiques, à l'oppression politique.

Le bouddhisme engagé représente une rupture radicale avec l'histoire du bouddhisme faite de subordination et de collusion avec les pouvoirs politiques, jusqu'aux plus despotiques : des petits monarques locaux aux colonisateurs et aux régimes marxistes. Pour Eric Rommeluère, spécialiste du bouddhisme, le bouddhisme engagé représente "la prise de conscience d'une dimension politique autre que celle qui a toujours existé chez les bouddhistes, celle d'une entente tacite avec les pouvoirs en place : "Je vous protège ; vous me soutenez"" .

Cette prise de conscience n'est, bien sûr, pas la même dans tous les pays bouddhistes, mais pour beaucoup d'observateurs, le bouddhisme engagé est en passe de devenir la principale composante du bouddhisme moderne.
Henri Tincq pour Le Monde





mardi 16 octobre 2007

Le combat pour la démocratie en Birmanie




Mise à jour au 17 octobre



La junte se fiche éperdument des sanctions, prononcées ou à venir, de la Communauté Européenne. Elle l'a dit et répété : "Nous allons continuer. Il n'y a pas de raison de changer de direction" et "Nous écarterons tous les obstacles qui seraient placés devant nous".
La Junte a même affirmé, via le journal gouvernemental, qu'il n'y avait pas de prisonniers politique en Birmanie! Elle déclare :
"En réalité, il n'y a personne en prison pour des motifs politiques. S'y trouvent seulement ceux contre qui une action a été entreprise pour violation des lois existantes".
La junte a fait ces déclarations alors même que l'émissaire de l'ONU venait de qualifier d'"extrêmement troublantes" les informations sur la poursuite d'interpellations, d'interrogatoires et d'actes d'intimidation.


Il faut dire que la communauté internationale via l'ONU, n'a même pas condamné, mais simplement regretté, la répression. Pourquoi la junte devrait avoir peur de ces regrets frileux?
Dans ces conditions, la démocratie en Birmanie ce n'est pas pour demain.

Et même si l'Union Européenne a approuvé lundi, le principe de nouvelles sanctions contre la Birmanie, incluant un embargo sur les bois et métaux birmans, la junte semble ne pas s'inquiéter plus que ça...

C'est terrible, mais nous sommes impuissant; je me sens si impuissante, si petite, ma seule arme à ce jour contre cette dictature sanglante, c'est la parole...alors je parle et à vrai dire, ce soir, j'ai même envie de hurler.


À propos de la parole via internet, je viens justement de lire que:

L’association Reporters sans Frontières vient de rendre public son Classement mondial de la liberté de la presse 2007. Parmi les évolutions fortes, ils rapportent que la répression s’est élargie de façon significative à Internet. A côté des journalistes professionnels, les blogueurs sont désormais de plus en plus victimes des atteintes à la liberté d’expression et d’information.

Ils indiquent ainsi qu’un certain nombre de pays (Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Egypte, etc. ont reculé dans leur classement en raison d’« actions graves et répétées » à l’encontre de la diffusion de l’information menées sur le web. Cela peut aller de la fermeture temporaire d’un site jusqu’à l’arrestation de son auteur.

« De plus en plus de gouvernements ont pris la réelle mesure du rôle essentiel que peut jouer Internet dans le combat pour la démocratie et mettent en place de nouveaux moyens de censurer le Réseau. Les autorités des pays répressifs s’en prennent désormais avec la même force aux blogueurs et aux journalistes en ligne qu’aux employés des médias traditionnels. »
source : ecrans.fr

On peut ajouter la Birmanie, à la liste des pays qui censurent les bloggers....


Quant à la Chine, à mon humble avis, elle n'est pas prête de sanctionner la Birmanie. Elle préfère menacer , hurler au scandale et dire qu'elle est humiliée parce que le Dalaî lama, qui est pour elle "le symbole de la division chinoise" est reçu par les Etats Unis...







- Un nouvel album photo de niknayma à voir : ICI



- Poème : Sur la route de Mandalay

Ci après un poème en anglais trouvé sur le blog birman : ko-htike






That Road to Mandalay

By Doug Siva


A monk was killed today
On that road to Mandalay
A holy man he was
He stood up for a cause
That you and I hold dear
Yet we do not have to fear
To act and speak so free
We have this guarantee
In our country where we live
But for him he had to give
His life was all he had
To rid his world of bad
Injustice hunger and strife
For this he gave his life
Let’s help to set them free
For us with democracy
It’s everyone’s birthright
Yet for some they have to fight
And to pay the ultimate price
Just for a bowl of rice
I ask you is this fair
So show that you truly care
And help them to be free
Just like you and me
Walk that road to Mandalay
Let’s make it happen today


Pour voir tous mes messages (avec de nombreux témoignages) sur la Birmanie : Plan détaillé : ICI





Nombre de victimes et arrestations (suite):

16 octobre
  • Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé l'autorisation de rendre visite aux manifestants arrêtés et incarcérés en Birmanie pour avoir participé au mouvement de contestation du régime.
Le CICR est profondément inquiet du sort des milliers de personnes qui auraient été arrêtées en relation avec les événements récents survenus au Myanmar [Birmanie]", écrit Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR dans un communiqué rendu public mardi 16 octobre. L'organisme voudrait pouvoir "évaluer leurs conditions de traitement et de détention" et les aider à entrer en contact avec leurs proches. Des dizaines de familles birmanes ont contacté le CICR depuis le début de la répression, demandant de l'aide pour savoir ce qui été arrivé à l'un des leurs. Source : lemonde


La junte parle toujours de 13 morts alors que des sources diplomatiques font état de plusieurs centaines de victimes.
Par ailleurs, entre 6 000 et 7 000 personnes auraient été arrêtées dont six dissidents ,dont l'un d'entre eux serait mort sous la torture et les autres qui sont toujours, selon Amnesty International, "à la merci de tortures et de mauvais traitement"


17 octobre:


  • Les arrestations se poursuivent, selon la junte

Les autorités birmanes recherchent toujours certaines personnes ayant participé aux manifestations pro-démocratie, indiquant que près de 3.000 d'entre elles ont déjà été arrêtées.

La junte militaire birmane a annoncé mercredi 17 octobre qu'elle recherchait encore des personnes ayant participé aux manifestations du mois dernier, indiquant que près de 3.000 personnes ont été arrêtées depuis la répression, dont plusieurs centaines sont toujours détenus.
Lire l'article en entier ICI


  • Les condamnations pleuvent sur les dissidents birmans: source lemonde
Réunies à huis clos, des juridictions birmanes ont condamné à de lourdes peines cinq opposants arrêtés à la suite des protestations du mois dernier, tous membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, a-t-on appris mardi auprès de leurs familles.

Parmi les condamnés, figure un homme âgé de 85 ans, Kyaw Khine, dont les proches assurent qu'il n'a pas participé aux manifestations contre la junte, au pouvoir au Myanmar depuis 45 ans. Responsable de la LND dans la ville de Taunggok, à 400 km environ au nord-ouest de Rangoun, il a écopé d'une peine de 7 ans et demi.

Ko Ming Aung, un autre responsable de la LND a été condamné à la même peine.

La semaine dernière, Tun Kyi et Than Pe, également membres de la LND, ont été condamnés à 4 ans et demi de prison. La même juridiction avait infligé à un autre dissident, Sein Kyaw, une peine de cinq ans, a rapporté l'épouse d'un opposant.

Ces procès se tiennent alors que de nombreux appels ont été lancés en direction de la junte pour qu'elle relâche les opposants incarcérés depuis la répression des manifestations initiées par les moines.

Les militaires birmans restent sourds à ces suppliques ....




Articles et Reportages (suite): Mise à jour au 17 octobre

16 octobre
  • La junte :
Depuis maintenant près d’un demi-siècle, la junte contrôle les ressources naturelles du pays et surtout l’énorme marché du tourisme.
Dans un système de corruption avéré, il n’est pas rare de voir des véhicules de l’armée, la Tatmadaw, aidés des entreprises dans leur besoin de transport en tous genres (bois, meubles, matériels industriels...), entrepises dont les patrons ne sont autres que les généraux au pouvoir.
Les autres entreprises ou les simples commerçant doivent payer de force un impot spécial, qui tombent dans la poche des officiers de la région.

Ces généraux birmans se révélent sans pitié et corrompus, mais avec un sens de la communication aigue. Bien sûr, ils évitent soigneusement les interviews avec les médias locaux et encore moins avec la presse internationale, mais tiute une propagande les montrent chaque jour en action pour stimuler l’économie du pays ou lors d’une visite d’un temple. Ils se montrent aimables, débonnaires, et même recueillis en compagnie des moines et des fidèles. La presse mudelée a pour ordre systématiquement d’associer l’image des généraux avec celle des religieux.
Lire la suite
ICI


  • Birmanie, heure par heure (nouvelobs)

3h05 - Tokyo Le Japon décide d'annuler des projets d'une valeur de 552 millions de yens (3,4 millions d'euros) en Birmanie pour protester contre la mort le mois dernier d'un journaliste japonais lors d'une manifestation à Rangoun

  • Gambari exhorte l'ASEAN et la Chine à faire pression sur la Birmanie: ICI

L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, actuellement en Malaisie, a exhorté mardi les pays asiatiques à prendre le premier rôle pour tenter de résoudre la crise en Birmanie.

La Chine, alliée de longue date des militaires birmans et considérée comme un acteur clé pour les convaincre d'entamer un dialogue avec l'opposition démocratique, a affirmé soutenir la mission dans la région d'Ibrahim Gambari, qui doit partir mercredi pour l'Indonésie. Mais Pékin ne s'est jamais montré très coopératif sur le dossier.

Devant la presse, le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi Yang a jugé que le calme actuel en Birmanie était "le résultat d'un dur travail et de la coopération de toutes les parties".

Sur place, la répression se poursuit en silence. Selon la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, plus de 60 de ses membres ont été arrêtés la semaine dernière, portant à près de 300 le nombre de militants LND désormais dans les geôles de la junte. "Ce chiffre est susceptible d'augmenter, car nous attendons d'autres informations de districts" éloignés, a déclaré le porte-parole de la LND à Rangoon Han Tha Myint.

Des milliers de personnes ont déjà été arrêtées dans le cadre de la répression du mouvement démocratique. Les manifestations de masse dans les rues de Rangoon et Mandalay ont été réprimées dans le sang fin septembre, pour un bilan officiel de dix morts, mais peut-être de plusieurs centaines selon l'opposition.




  • Cruelle fin de partie pour les manifestants birmans :
«Comme les manifestations démocratiques de 1988, la « révolution safran » a misérablement échoué », constate l'opposition birmane en exil en Thaïlande. « Sans l'intervention de la communauté internationale, la Birmanie est condamnée aux spasmes autodestructeurs », estime Soe Aung, opposant birman basé à Bangkok.

Quatre semaines après l'espoir suscité par les marches de milliers de moines bouddhistes, Rangoun est comme tétanisé. Quelque 6 000 prisonniers sont entassés dans des geôles sordides. « Des tribunaux spéciaux expédient les jugements », rapporte la Voix démocratique de Birmanie, une radio d'opposition basée à Oslo qui dispose d'un réseau étoffé d'informateurs en Birmanie.

La junte qui répète que les manifestants sont « des traîtres qui seront détruits » a décrété « deux ans de détention pour ceux qui ont seulement crié »

Aujourd'hui, « le sang coule dans les prisons birmanes », explique Bo Kyi, membre de l'association d'assistance aux prisonniers politique, basée en Thaïlande. « Plusieurs dizaines de personnes ont été battues à mort. Treize vétérans du soulèvement national de 1988 pour la démocratie, arrêtés fin août, ont été tellement torturés qu'ils ont dû être hospitalisés ». Ils avaient initié les manifestations contre la hausse vertigineuse des prix du carburant.
source : lefigaro



17 octobre :

Les birmans ne sont malheureusement pas les seuls à souffrir à cause d'une dictature: Le tibet, qui a déjà tellement souffert à cause de la Chine, souffre toujours, et AMNESTY INTERNATIONAL dénonce ce jour que :

  • Des enfants tibétains menacés de torture et de mauvais traitements en détention:

Quatre enfants tibétains de quinze ans, détenus depuis le 7 septembre 2007 dans la province du Gansu, sont gravement menacés de torture et de mauvais traitements. Ils sont soupçonnés d'avoir écrit des slogans en faveur de l'indépendance du Tibet. Un cinquième enfant, âgé de quatorze ans, est hospitalisé pour les graves blessures à la tête qui lui ont été infligées en détention.

Le 7 septembre 2007, une quarantaine d'enfants ont été arrêtés par la police du canton de Xiahe, dans la préfecture de Gannan (province du Gansu) pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression. Tous sauf sept ont été libérés dans les quarante-huit heures. Parmi les sept restants, deux garçons de quatorze ans ont été libérés un peu plus tard, après versement par leur famille d'une somme d'argent qui avoisinerait les 2000 yuans (environ 190 euros). Un autre garçon du même âge, dénommé semble-t-il Lhamo Tseten, a obtenu l'autorisation, là encore après versement d'une somme d'argent à la police, d'être hospitalisé pour les graves blessures à la tête qui lui avaient été infligées en détention.

Des responsables du bureau de la Sécurité publique exigeraient le paiement de plus de 20000 yuans (environ 1900 euros) pour la libération des quatre derniers garçons. Il semble que la police ait décidé de ne libérer aucun de ces garçons tant que la totalité de la somme réclamée pour les quatre n'aura pas été versée. En outre, les enfants libérés après le versement d'une somme d'argent par leur famille risquent malgré tout d'être réarrêtés peu de temps après, selon un scénario déjà observé à plusieurs reprises par les habitants de la région.

D'après certaines informations reçues par Amnesty International, les policiers ont utilisé des aiguillons électriques contre les enfants, et l'un d'eux, Chopa Kyab, est emmené la nuit et est gravement traumatisé par les traitements qu'il subit.

Amnesty International dénonce depuis longtemps l'utilisation, au Tibet, de la détention arbitraire sans inculpation, procès ni contrôle d'une autorité judiciaire, ainsi que de la torture et des mauvais traitements en détention. Elle exige la libération immédiate des quatre enfants encore détenus et appelle les autorités chinoises à ouvrir une enquête sur les violences subies par ces enfants, ainsi que sur les pratiques corrompues de la police locale consistant à demander de l'argent aux familles en échange de la libération de leurs proches. Ces enfants doivent immédiatement recevoir des soins médicaux et être protégés contre tout nouveau mauvais traitement.

Nul ne doit être soumis à la torture ou à d'autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les autorités chinoises ont une nouvelle fois violé les obligations internationales qui leur incombent en tant que parties à la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, qui accorde une protection spécifique aux enfants. La manière dont elles traitent les détenus mineurs n'est pas non plus conforme aux dispositions de l'Ensemble de règles minima des Nations unies concernant l'administration de la justice pour mineurs (Règles de Beijing). La liberté de religion, d'expression et d'association demeure sévèrement restreinte au Tibet, où de nombreuses personnes sont emprisonnées pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux. Comme dans d'autres régions de Chine, les arrestations arbitraires, les procès iniques, la torture et les mauvais traitements restent monnaie courante.




Le pays des Pagodes (suite)


  • Destination controversée : Birmanie : paradis terrestre ou enfer totalitaire ?
Dirigée par une junte militaire, l'ex-Birmanie accueille peu de touristes étrangers. Faut-il boycotter ce pays ou s'y rendre pour établir des relations avec les Birmans, avides de contacts avec le monde extérieur ?
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