jeudi 24 janvier 2008

Transcendance








Extraits d'un enseignement du Vénérable Ajahn Chah "Transcendance"; Traduit par Jeanne Schut



IMPORTANT: Ces paroles s'adressent à des moines réunis au monastère d'Ajahn Chah, en Thaïlande, donc à des personnes censées être profondément engagées dans l'étude et la pratique des enseignements du Bouddha.



Tous les aspects de la nature procèdent des conditions qui les ont engendrés


(..)Tous les aspects de la nature procèdent des conditions qui les ont engendrés, ils ne présentent aucun problème en eux-mêmes. Prenons l'exemple des maladies : le corps ressent de la douleur, de la fièvre, etc. Tout ceci arrive de manière naturelle. Les gens se font beaucoup trop de souci pour leur santé. S'ils s'inquiètent tant pour leur corps et y sont tellement attachés, c'est du fait de leur mauvaise perception des choses, ils ne savent pas lâcher prise.

Nous croyons que ce corps est notre maison, une chose qui nous appartient en propre, alors la moindre migraine, la moindre indigestion nous perturbe. Nous ne voulons pas avoir mal ou souffrir. Ces jambes sont « nos » jambes, nous ne voulons pas qu'elles nous fassent mal; ces bras sont « nos » bras, nous ne voulons pas qu'ils nous fassent mal. Quant à la tête, c'est « notre » tête et nous ne tenons pas à ce qu'il lui arrive quoi que ce soit. Nous voulons à tout prix guérir
toutes les douleurs et les maladies.


Nous ne sommes que des visiteurs dans ce corps

C'est là que nous faisons erreur, que nous nous écartons de la vérité. Nous ne sommes que des visiteurs dans ce corps(...)

Le Bouddha nous a appris qu'il n'y a pas de « personne » habitant véritablement ce corps mais nous continuons à nous y accrocher comme s'il était à nous, comme s'il était vraiment « nous ». Quand le corps change, nous refusons les changements (...)

Il n'est pas facile de voir ce corps pour ce qu'il est, parce que upādāna (l'attachement) y est fortement ancré.(...)

C'est pourquoi il est dit que nous devons étudier les choses en profondeur pour vraiment les connaître avec sagesse. Cela signifie étudier les sankhara (phénomènes conditionnés) selon leur véritable nature, utiliser la sagesse.

Connaître la véritable nature des sankhara, c'est déjà la sagesse. Si vous ne connaissez pas leur véritable nature, vous êtes en conflit avec eux, vous ne cessez de leur résister.(...)

Si le corps tombe malade et souffre, nous nous y refusons, nous allons chanter différents sutta
dans l'espoir de le protéger, de le maîtriser. Ces sutta prennent alors l'allure d'une cérémonie mystique, ce qui ne fait que renforcer notre attachement parce qu'ils sont récités dans le but d'éloigner la maladie et de prolonger la vie.

En réalité, le Bouddha nous a donné ces enseignements pour nous permettre de voir les choses clairement mais nous nous retrouvons là, à les réciter, pour nous bercer d'illusions. (...)


Lorsqu'une maladie apparaît, les êtres éclairés n'y voient rien de spécial.

Naître dans ce monde signifie connaître la maladie un jour ou l'autre. Il est vrai que lorsque le Bouddha ou ses disciples tombaient malades naturellement, ils essayaient tout aussi naturellement de se soigner. Il ne s'agissait pour eux que de rétablir un équilibre. Ils ne s'accrochaient pas aveuglément au corps et ne s'emparaient pas de cérémonies mystiques ou autres. Ils traitaient la maladie avec une vision juste des choses : « Si elle guérit, elle guérit. Sinon, eh bien elle ne guérit pas ! » Voilà comment ils prenaient les choses.

(...) les entretiens sur le Dhamma attirent de nombreuses oreilles apparemment attentives, mais ces oreilles entendent mal.(..) la véritable pratique est presque à l'opposé de la direction prise par la plupart des gens, au point que les deux peuvent à peine s'entendre. (...) Ils tournent le dos à la Voie juste (...)

La religion n'est plus que rites et rituels ou cérémonies mystiques. Les gens récitent les textes mais ils le font bêtement, sans sagesse. Ils étudient mais ils étudient bêtement, sans sagesse. Ils savent mais ils savent bêtement, sans sagesse. C'est ainsi qu'ils se retrouvent à avancer bêtement, à vivre bêtement, à apprendre bêtement (...)



La souffrance commence quand on croit posséder quelque chose.

Le véritable fondement de l'enseignement, c'est de percevoir attā, le soi, comme étant vide, sans aucune identité figée. Il est vide de toute existence intrinsèque. Mais les gens se lancent dans l'étude du Dhamma pour développer leur vision personnelle des choses. Ils ne veulent surtout pas faire l'expérience de la souffrance et de la difficulté. Tout doit leur être facile. Et même si certains se disaient prêts à transcender la souffrance, comment feraient-ils alors qu'ils s'accrochent toujours à un soi ? (...)

Ecoutez bien ! Imaginez que l'on vous donne un objet de grande valeur. Dès l'instant où cet objet entre en votre possession, votre esprit change : « Où vais-je le cacher ? Si je le laisse ici on risque de me le voler. » Vous vous angoissez terriblement pour trouver une cachette sûre. A quel moment l'esprit a-t-il changé ? A l'instant où cet objet est entré en votre possession. C'est là que la souffrance est apparue. Où que vous mettiez cet objet, vous ne pouvez plus vous détendre : vous avez un problème. Que vous soyez debout, assis ou couché, vous êtes éperdu d'inquiétude. C'est cela la souffrance. Elle commence quand on croit posséder quelque chose. C'est là que la souffrance se cache. Avant d'avoir cet objet, vous ne souffriez pas parce qu'il n'y avait pas encore d'objet auquel vous attacher.



Il faut faire tomber le voile des apparences pour voir le cœur des choses, c'est-à-dire la transcendance.

C'est la même chose avec le soi. Si nous pensons en termes de « moi », tout ce qui nous entoure devient « mien » et la confusion s'ensuit. Pourquoi ? La cause de tout cela est que nous croyons qu'il existe un soi. Nous n'enlevons pas le voile de l'apparent pour voir le transcendant. Vous voyez, le soi n'est qu'une apparence. Il faut faire tomber le voile des apparences pour voir le cœur des choses, c'est-à-dire la transcendance.
(...)
si nous ne mettons pas en pratique ces enseignements, au fond nous ne savons rien (...)

Si vous faites basculer ce qui est apparent et découvrez ce qui est transcendant, vous toucherez la vérité et verrez clairement(...)

Pourquoi les gens s'attachent-ils à la souffrance ? Qui, dans ce monde, souhaite souffrir ? Personne, bien sûr ! Personne ne veut souffrir et pourtant les gens ne cessent de créer les causes de leur propre souffrance. Si, au fond de notre coeur, nous cherchons le bonheur et repoussons la souffrance, comment se fait-il que notre esprit crée tant de souffrance ? Observez simplement cela : nous n'aimons pas souffrir et pourtant nous sommes artisans de nos propres souffrances. Comment est-ce possible ? Il est évident qu'il ne peut y avoir qu'une seule raison, et cette raison est que nous ne comprenons pas la souffrance : nous ne la connaissons pas, nous ne savons pas ce qui la cause ni ce qui y met fin, et nous ne savons donc pas comment la faire cesser. (...)

(...) Les gens sont tout à fait capables de repérer les vues erronées des autres, mais il ne leur vient pas à l’esprit qu’ils puissent être eux-mêmes victimes de leurs propres vues erronées et de la souffrance qu'elles engendrent (...)


Toute vision erronée engendre la souffrance

Toute vision erronée engendre la souffrance, que ce soit immédiatement ou plus tard. C'est précisément à ce stade que les gens font fausse route. Qu'est-ce qui les empêche de voir clair ? C'est l'apparent. L'apparent cache le transcendant et empêche ainsi les gens de voir les choses clairement.

Ils étudient, ils apprennent, ils pratiquent mais ils pratiquent dans l'ignorance, comme s'ils avaient perdu tout sens de l'orientation. Ils se dirigent vers l'ouest mais croient aller à l'est, ou bien ils se dirigent vers le nord en croyant aller au sud. C'est grave ! Ce type de pratique n'est en réalité que la lie de la pratique. En fait, c'est un désastre. C'est un désastre parce que le pratiquant déforme ce qu'il a appris et s'engage dans la direction opposée, perdant de vue le but de la véritable pratique du Dhamma. (...)

La plupart des gens sont encore perdus dans une masse de souffrance, ils errent dans le samsāra, du fait de ces croyances erronées.

Le corps change et les gens ne le supportent pas, ils ne peuvent pas l'accepter, ils veulent que tout revienne dans l'ordre à tout prix. Mais voilà, on ne peut pas toujours gagner ce combat-là. A la fin on ne peut échapper à la réalité, et alors tout s'effondre. Les gens ne veulent pas regarder cela en face, c'est pourquoi ils renforcent continuellement leur vision erronée des choses.

Pratiquer pour réaliser le Dhamma est la meilleure chose qui soit. (...)

Ne vous accrochez pas aux choses ou, en d'autres termes également justes : tenez-les, mais pas trop serré. Si vous trouvez un objet, vous pouvez le ramasser, en prendre connaissance : « Oh, c'est cela ! », et puis le reposer. Vous pouvez le tenir mais pas vous en saisir. Vous le tenez juste le temps qu'il faut pour l'observer, le connaître et puis vous le laissez aller. Si vous prenez cet objet, que vous vous en saisissez et que vous en portez le poids, vous allez vous alourdir. Il faut savoir poser les choses. Ne vous créez pas de souffrances inutiles !

Il est primordial que vous voyiez très clairement que telle est la cause de la souffrance. Si nous en connaissons la cause, la souffrance ne pourra plus se manifester.

Pour que le bonheur ou la souffrance apparaisse, il faut qu'il y ait attā, le soi. Il faut qu'il y ait le « je » et le « mien », il faut qu'il y ait cette apparence. Si, au moment où toutes ces choses surgissent, l'esprit va directement au transcendant, il élimine d'un coup les apparences. Alors le plaisir, l'aversion et la saisie se retirent immédiatement.


Le Bouddha voulait que nous entrions en contact avec le Dhamma mais les gens ne sont en contact qu'avec les mots, les livres et les écritures.

Là on est en contact avec ce qui traite du Dhamma, pas avec le véritable Dhamma tel que nous l'a enseigné le Bouddha. Comment les gens peuvent-ils prétendre bien pratiquer selon les Enseignements ? Ils en sont très loin.

On dit du Bouddha qu'il est Lokavidū c'est-à-dire qu'il a clairement vu le monde tel qu'il est.

Maintenant nous voyons le monde, oui, mais pas tel qu'il est vraiment. Plus nous apprenons, plus notre image du monde s'assombrit parce que nos connaissances ne sont pas claires. Il ne s'agit pas de la pure connaissance mais de ce que l'on appelle « connaître au travers de l'obscurité » : cela manque de lumière et de brillance. (...)

Comment se fait-il que nous n'ayons pas encore atteint ce stade, que nous ne puissions toujours pas lâcher prise ? C'est parce que nous ne voyons pas encore nettement tout le mal que peut engendrer notre ignorance. Si, comme le Bouddha ou ses grands disciples, nous en avions une vision claire, nous abandonnerions très vite nos attachements, et nos problèmes disparaîtraient en fumée instantanément.

Quand vos oreilles perçoivent des sons, laissez-les faire leur travail. Quand vos yeux accomplissent leur tâche en percevant des formes, laissez-les faire. Quand votre nez capte des odeurs, laissez-le faire son travail. Quand votre corps perçoit des sensations, laissez-le remplir ses fonctions naturelles. Si nous permettons simplement à nos sens de jouer leur rôle naturel, où est le problème ? Il n'y a pas de problème (...)

Toutes nos possessions nous appartiennent-elles vraiment ? Sont-elles à notre père, à notre mère ou à notre famille ? Nul ne possède quoi que ce soit, en réalité. C'est pourquoi le Bouddha a dit d'abandonner toutes ces choses, de les lâcher. Connaissez-les à fond, connaissez-les en les considérant un moment mais ne vous y attachez pas. Utilisez les choses tant qu'elles sont bénéfiques et puis lâchez-les avant qu'elles ne créent de la souffrance.

Pour connaître le Dhamma, vous devez avoir cette connaissance-là, la connaissance qui permet de transcender la souffrance (...)



C'est dans cette vie que nous pouvons transcender la souffrance.

Ne croyez pas qu'il faille mourir pour transcender la souffrance. C'est dans cette vie qu'elle est transcendée, c’est en apprenant à résoudre les problèmes. Vous connaissez l'apparent, vous connaissez le transcendant, alors faites-le dans cette vie, pendant que vous pratiquez, ici même. Inutile d'aller ailleurs pour le trouver. Ne vous attachez à rien : tenez mais ne vous attachez pas.

Peut-être vous dites-vous : « Pourquoi le Vénérable répète-t-il toujours la même chose ? » Mais que pourrais-je enseigner d'autre ? Comment pourrais-je parler autrement quand la vérité est là toute entière ? Mais attention, même si c'est la vérité, ne vous y attachez pas non plus. Si vous vous y attachez aveuglément, elle se transforme et n'est plus la vérité. (...)


Ne vous accrochez à rien, pas même à la vérité


« Lâchez donc. Ne vous accrochez à rien. » Avoir raison, ce n'est qu'une supposition de plus, laissez passer. Avoir tort, ce n'est qu'une condition apparente de plus, laissez tomber. Si vous pensez avoir raison et que malgré tout les autres ne sont pas d'accord, ne discutez pas, laissez passer. Dès que vous en prenez conscience, lâchez prise. Telle est la voie juste.



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mercredi 23 janvier 2008

Comme une eau calme qui coule






Un enseignement de Ajahn Chah, traduit par Jeanne Schut


Je vous demande, à présent, d’être très attentifs, de ne pas laisser votre esprit vagabonder ailleurs. Essayez de vous percevoir comme si vous étiez assis sur une montagne ou quelque part dans une forêt, tout seul.



nama et rupa le corps et l’esprit.

Qu’avez-vous là, tandis que vous êtes assis ? Il y a le corps et l’esprit, c’est tout, rien d’autre que ces deux choses-là. Tout ce qui est contenu à l’intérieur de cette forme assise ici, c’est « le corps ». Quant à «l’esprit », c’est ce qui est conscient et qui pense à cet instant précis. On les appelle aussi nama et rupa.

Nama c’est ce qui n’a pas de rupa, c’est-à-dire de forme. Toutes les pensées, les sensations ou encore les quatre khandha de la sensation, de la perception, de la volition et de la conscience. Tous sont nama, sans forme. Quand les yeux voient une forme, cette forme est appelée rupa, tandis que la conscience de la forme est nama.
Ensemble ils forment nama et rupa ou, tout simplement, le corps et l’esprit.

Comprenez que ce qui est assis ici en ce moment, ce ne sont que le corps et l’esprit. Mais nous confondons ces deux choses. Pourtant, si vous voulez la paix, vous devez les connaître pour ce qu’elles sont. Tel qu’il est actuellement, l’esprit n’est pas encore entraîné, il est sale, opaque. Ce n’est pas encore le pur esprit. Nous devons continuer à l’entraîner au moyen de la méditation.



On peut pratiquer à tout moment.

Certains croient que méditer signifie s’asseoir d’une certaine façon mais en réalité
toutes les positions sont de bons véhicules pour la pratique de la méditation, que l’on soit
debout, assis, en marche ou allongé.

Samadhi signifie littéralement « l’esprit fermement établi ». Pour développer le samadhi, il ne faut pas étouffer l’esprit. Certaines personnes essaient d’apaiser leur mental en s’asseyant calmement et en faisant en sorte que rien ne vienne les déranger, mais cela revient à être mort !


La pratique de samadhi a pour but de développer la sagesse et la compréhension.

Samadhi c’est l’esprit stable, fixé sur un point unique. Sur quel point est-il fixé ? Sur le point d’équilibre. C’est là qu’il se fixe.

Mais les gens pratiquent la méditation en essayant de faire taire leur mental. Ils disent : « J’essaie de m’asseoir en méditation mais mon mental refuse de se calmer une seule minute. Il ne cesse de partir dans tous les sens. Comment puis-je l’arrêter ? »

Il ne s’agit pas de l’arrêter. Il faut qu’il y ait du mouvement pour que la compréhension surgisse. Les gens se plaignent : « Mon esprit s’échappe, je le ramène et puis il repart à nouveau. » Et ils passent leur temps, assis là, à courir derrière leur esprit.

Ils croient que leur esprit court dans tous les sens, mais en réalité ce n’est qu’une impression. Regardez cette salle, par exemple. Certains diront : « Oh ! Comme elle est grande ! » alors qu’en fait elle n’est pas grande du tout. Si elle vous paraît grande, c’est à cause de votre perception personnelle des choses. En fait, cette salle a simplement la taille qu’elle a, elle n’est ni grande ni petite. Mais voilà, les gens passent leur temps à courir derrière leurs sensations.


Il faut d’abord comprendre ce qu’est la paix, sinon vous ne pourrez jamais la trouver.

Méditer pour trouver la paix … Il faut d’abord comprendre ce qu’est la paix, sinon vous ne pourrez jamais la trouver. Supposons, par exemple, que vous soyez venu au monastère aujourd’hui avec un stylo très cher dans la poche de votre veste. A un certain moment vous vous en êtes servi et puis vous l’avez rangé ailleurs, par exemple dans la poche de votre pantalon. Et puis voilà que vous touchez votre poche de veste et vous sentez qu’il n’y est plus. Alors, vous paniquez. Vous paniquez du fait de votre compréhension erronée de la situation. Résultat : vous en souffrez. Tout en allant et venant, vous ne cessez de penser au stylo que vous croyez avoir perdu. Votre compréhension erronée fait que vous souffrez. Une compréhension erronée des choses engendre la souffrance. « C’est tellement dommage ! Je venais juste d’acheter ce stylo et voilà que je l’ai perdu. »

Et puis tout à coup, vous vous souvenez : « Mais bien sûr ! Quand j’ai retiré ma veste, je l’ai mis dans la poche de mon pantalon. » A peine vous rappelez-vous cela que vous vous sentez déjà mieux, alors que vous n’avez même pas vu votre stylo. Vous me suivez ? Vous êtes déjà heureux, vous cessez de vous inquiéter pour votre stylo. Vous êtes absolument sûr de vous. En marchant vous passez la main sur la poche de votre pantalon et vous le sentez. Pendant tout ce temps votre esprit vous a trompé. L’angoisse venait de votre ignorance. Et puis vous voyez le stylo et tous vos doutes s’envolent, vos angoisses s’apaisent.

Cette forme de paix surgit quand on perçoit la cause du problème, samudaya, la cause de la souffrance. Dès que vous vous rappelez avoir mis le stylo dans votre poche de pantalon nirodha apparaît, la cessation de la souffrance.


Ce que les gens appellent généralement « paix » est simplement l’apaisement du mental, pas l’apaisement des illusions.

Il faut donc savoir observer pour pouvoir trouver la paix. Ce que les gens appellent généralement « paix » est simplement l’apaisement du mental, pas l’apaisement des illusions.
Les illusions sont mises de côté pendant ce temps-là, comme de l’herbe que l’on couvrirait d’un rocher. Si vous retirez le rocher trois ou quatre jours plus tard, très vite l’herbe recommencera à pousser. Elle n’avait pas disparu, elle avait seulement été dissimulée.

C’est exactement la même chose en méditation : le mental se calme mais pas les illusions qu’il charrie. C’est pourquoi le samadhi n’apporte aucune certitude.


Pour trouver une paix véritable, il vous faut développer la sagesse.

Le samadhi apporte une certaine forme de paix, comme le rocher qui couvre l’herbe … mais elle repousse quand vous le retirez. Ce n’est qu’une paix temporaire.

La paix qu’apporte la sagesse, c’est comme poser le rocher et puis le laisser là, ne plus le retirer. Alors l’herbe ne pourra plus repousser. Là se trouve la véritable paix, l’apaisement des illusions, la paix certaine qui résulte de la sagesse.

Nous parlons de la sagesse (pañña) et du samadhi comme s’il s’agissait de deux choses différentes mais il faut savoir que fondamentalement, ils ne font qu’un. La sagesse est l’aspect dynamique de samadhi et samadhi l’aspect passif de la sagesse. Ils ont la même origine mais prennent des directions différentes, assument des fonctions différentes.
(...)
Dans la pratique du Dhamma, on appelle un certain état samadhi et un autre état pañña mais en réalité sila, samadhi et pañña ne font qu’un.

Dans tous les cas, quel que soit l’aspect que vous considérez, vous devez toujours aborder votre pratique à partir de l’esprit. Savez-vous ce qu’est l’esprit ? A quoi il ressemble, ce qu'il est, où il est — nul ne le sait. Tout ce que nous savons, c’est que nous avons envie d’aller ici ou là, d’avoir ceci ou cela, que nous nous sentons bien ou mal … mais l’esprit lui-même semble impossible à connaître.


Qu’est-ce que l’esprit ?

L’esprit n’a pas de forme. Nous appelons « esprit » ce qui reçoit des impressions, bonnes ou mauvaises. C’est un peu comme le propriétaire d’une maison : il reste chez lui tandis que des visiteurs viennent le voir. Il est celui qui reçoit les visiteurs. Qui reçoit les impressions sensorielles ? Qui les repousse ? Quelle est cette chose qui perçoit ? C’est ce que nous appelons « l’esprit ».

Mais les gens ne le voient pas, ils continuent à tourner en rond dans leurs pensées : « Qu’est-ce que l’esprit ? Qu’est-ce que le cerveau ? » Ne mélangez pas tout comme cela. Qu’est-ce qui perçoit les impressions ? Qui aime certaines impressions et qui n’en aime pas d’autres ? Qui est-ce ? Y a-t-il quelque chose qui aime et qui n’aime pas ? Bien sûr mais vous ne le voyez pas. C’est ce que nous appelons l’esprit.


Dans notre pratique, il est inutile de distinguer samatha de vipassana ; appelez cela simplement la pratique du Dhamma.

Et puis menez cette pratique à partir de votre esprit. Qu’est-ce que l’esprit ? L’esprit est ce qui reçoit ou qui a conscience des impressions sensorielles. A certaines il réagit avec plaisir, à d’autres avec répulsion. Ce récepteur d’impressions nous conduit au bonheur et à la souffrance, au bien et au mal mais il n’a aucune forme. Nous imaginons qu’il s’agit d’un « soi » mais en réalité ce n’est qu’un namadhamma.

Le bien a-t-il une forme ? Et le mal ? Le bonheur et la souffrance ont-ils une forme ? Vous ne les trouverez nulle part. Sont-ils ronds ou carrés ? Courts ou longs ? Vous les voyez ? Ces choses-là sont namadhamma, on ne peut les comparer aux choses matérielles, elles n’ont pas de forme … et cependant nous savons qu’elles existent.


Il est recommandé de commencer la pratique en calmant le mental.

Mettez toute votre attention dans le mental. Quand il est attentif, il est en paix. Certaines personnes n’ont pas envie d’être attentives, elles veulent seulement avoir la paix, une sorte de rideau noir, de « black out », et ainsi elles n’apprennent jamais rien.

Si vous ne vous basez pas sur « ce qui sait » en vous, sur quoi reposera votre pratique ?
S’il n’y a pas de long, il n’y a pas de court ; s’il n’y a pas de bien, il n’y a pas de mal. De nos jours, les gens passent leur temps à étudier, à rechercher le bien et le mal, mais ils ne savent rien de ce qui est au-delà du bien et du mal. Ils ne connaissent que le bien et le mal : « Je ne vais prendre que ce qu’il y a de bien, je ne veux rien savoir de ce qui est mal. Pourquoi m’en préoccuper ? » Si vous essayez de ne prendre que ce qui est bon, très vite cela se transformera en mal. Le bien mène au mal. Les gens étudient le court et le long mais ce qui n’est ni court ni long, ils n’en savent rien du tout.(...)

Les gens recherchent le bien et essaient d’éloigner le mal mais ils n’étudient pas ce qui n’est ni bien ni mal. Si vous n’étudiez pas cela, vous n’en verrez jamais la fin. Si vous prenez le bien, le mal suivra. Si vous choisissez le bonheur, le malheur suivra. S’accrocher aux bonnes choses et refuser les mauvaises, c’est pratiquer un Dhamma pour enfants, c’est comme un jouet. Bien sûr, c’est acceptable jusqu’à un certain point, mais si vous vous emparez du bien, le mal suivra. Le bout de cette voie-là est incertain.

(...)

Pour réussir à calmer l’esprit et prendre conscience du récepteur des impressions sensorielles, nous devons observer comment il fonctionne, suivre « Ce qui sait », entraîner l’esprit jusqu’à le purifier complètement. Jusqu’où le purifier ? Quand l’esprit est vraiment pur, il est au-dessus du bien et du mal, au-dessus de la pureté elle-même. Il est achevé. C’est là que la pratique s’arrête. Ce que l’on appelle « s’asseoir en méditation » ne permet d’obtenir qu’une paix temporaire mais même dans cette sorte d’apaisement peuvent surgir certaines expériences.

Si quelque chose se produit, il doit y avoir une « présence » pour en prendre conscience, pour comprendre, observer, investiguer. Si l’esprit est complètement amorphe, ce n’est pas très fructueux.

En position assise, certaines personnes ont l’air très réservé et croient qu’elles méditent paisiblement mais la véritable paix n’est pas seulement avoir l’esprit au calme. Ce n’est pas la paix qui dit : « Puisse-je être heureux et ne jamais connaître la souffrance. » Avec cette sorte de paix, même l’obtention du bonheur finit par être insatisfaisante et la souffrance apparaît.


Ce n’est que lorsque vous pourrez amener votre esprit au-delà du bonheur et de la souffrance que vous trouverez la paix véritable.

Telle est la paix véritable. Telle est la matière que la plupart des gens n’étudient jamais, qu’ils ne voient jamais vraiment. La façon juste d’entraîner l’esprit est de le rendre lumineux, de développer la sagesse.

Ne croyez pas qu’entraîner l’esprit consiste seulement à s’asseoir tranquillement. Cela c’est le rocher qui recouvre l’herbe. Certains peuvent s’en enivrer. Ils croient que le samadhi, c’est s’asseoir mais ce n’est là qu’un des sens de ce mot. En réalité, si l’esprit connaît le samadhi, alors marcher est samadhi, s’asseoir est samadhi, être debout est samadhi, être allongé est samadhi.


Tout est pratique.

Certaines personnes se plaignent en disant : « Je ne peux pas méditer, je suis trop agité. A chaque fois que je m’assois je pense à ceci et à cela … Je n’y arrive pas. J’ai trop de mauvais karma. Je ferais mieux d’épuiser mon mauvais karma d’abord et puis je reviendrai essayer de méditer. » Essayez pour voir ! Essayez d’épuiser votre mauvais karma !

Voilà comment pensent les gens. Pourquoi pensent-ils ainsi ? Il faut que nous étudiions ces soi-disant empêchements. Quand nous nous asseyons pour méditer, l’esprit s’empresse de s’échapper. Nous le suivons et essayons de le ramener à la conscience et puis nous reprenons l’observation … et il s’échappe à nouveau. Voilà ce que vous devez étudier.

La plupart des gens refusent de tirer leçon de la nature (...) Ils refusent de voir comment l’esprit change. Comment voulez-vous développer la sagesse ? C’est précisément avec ces changements que nous devons vivre. Quand nous constatons que l’esprit est ainsi, sans cesse changeant, quand nous constatons que c’est tout simplement sa nature d’être ainsi, nous le comprenons.

Il faut que nous soyons conscients de notre esprit quand il pense du bien et quand il pense du mal, quand il passe de l’un à l’autre. Il faut le voir. Si nous comprenons bien cela, alors même quand l’esprit pense, nous pouvons être en paix.
(...)



Il faut être conscient des sensations. Certaines sont agréables et d’autres désagréables mais cela est secondaire

La paix est ainsi. Il faut être conscient des sensations. Certaines sont agréables et d’autres désagréables mais cela est secondaire, c’est leur affaire. (...)Nous finissons par comprendre que les sensations sont parfois agréables et parfois désagréables et que c’est dans leur nature. Une fois que nous les comprenons clairement ainsi, nous pouvons les reconnaître pour ce qu'elles sont et les laisser passer.


Les sensations sont incertaines. Elles sont "impermanentes", insatisfaisantes et sans "soi".

Tout ce que nous percevons est ainsi. Quand les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps ou l’esprit reçoivent des sensations, sachons les reconnaître tout comme nous reconnaissons la nature des singes. Ainsi nous pourrons être en paix.

Quand les sensations s’éveillent, prenez-en simplement conscience — mais n'allez pas courir après ! Les sensations sont incertaines : elles sont comme ceci un instant, et comme cela l’instant d’après. Leur existence est liée au changement, tout comme notre existence à tous est liée au changement.

Pour vivre il faut respirer et, quand on respire, l’air est expiré et puis il doit être inspiré. Ce changement est indispensable. Essayez d’inspirer sans expirer ou d’expirer sans inspirer … Vous y arrivez ? Si ce changement n'avait pas lieu, combien de temps pourriez-vous tenir ? L’expiration et l’inspiration sont toutes deux nécessaires.

Il en va de même des sensations. Elles sont indispensables. Sans elles vous ne pourriez pas développer la sagesse. Sans le mal, le bien n’existerait pas. Il faut d’abord voir juste pour percevoir ce qui est erroné, et il faut comprendre qu’une chose est erronée avant de voir juste. Ainsi vont les choses. Pour le chercheur sérieux, plus il y a de sensations, mieux c’est.


Quand nous sommes clairement conscients de la nature des sensations, nous pratiquons le Dhamma.

Mais beaucoup de méditants essaient de les éviter, refusent de se colleter avec elles. (...) Les sensations sont un enseignement. Quand nous sommes clairement conscients de la nature des sensations, nous pratiquons le Dhamma. Ressentir la paix au coeur même des sensations (...)

(...) Le Dhamma n’est pas loin de nous, au contraire : il est ici même, en nous. Le Dhamma n’est
pas une histoire d’anges dans les airs ou quoi que ce soit de ce genre. Il s’agit de nous, de ce que nous faisons à cet instant précis.

Observez-vous. Voyez comment vous passez du bonheur à la tristesse, du plaisir à la douleur ou de l’amour à la haine … C’est cela, le Dhamma. Vous le voyez ? Il faut avoir conscience de ce Dhamma, étudier tout ce dont vous faites l’expérience.

Avant d’abandonner les sensations, il faut les connaître. Quand vous aurez vu que les sensations sont impermanentes, elles ne vous dérangeront plus. Dès qu’une sensation apparaît, dites-vous : « Hum, rien de permanent, là-dedans. » Quand votre humeur change : « Hum,impermanence. » Vous pouvez être en paix avec ces phénomènes(...)


Si vous connaissez la vraie nature des sensations, vous comprenez le Dhamma.

A ce moment-là, vous pouvez abandonner les sensations, sachant clairement qu’elles sont
toutes, absolument toutes, impermanentes. Ce que nous appelons ici « impermanence », c’est le Bouddha. Le Bouddha est le Dhamma. Le Dhamma est caractérisé par l’impermanence. Quiconque perçoit l’impermanence des choses, perçoit leur réalité immuable. Ainsi est le Dhamma et ainsi est le Bouddha. Si vous percevez l’un, vous percevez l’autre. Si vous êtes conscients de anicca, l’impermanence de toute chose, vous saurez lâcher prise et ne plus vous
accrocher aux choses.

Vous dites : « Ne cassez pas mon verre ! » Pouvez-vous empêcher que se casse un objet dont la nature est d’être cassable ? S’il ne se casse pas aujourd’hui, il se cassera plus tard. Si vous ne le cassez pas vous-même, quelqu’un d’autre le fera, et si personne ne le fait, alors ce sera peut-être une poule qui le cassera !

Le Bouddha nous apprend à accepter ces choses-là. Il a pénétré la véritable nature des choses, il a vu que, quelque part, ce verre est déjà cassé. A chaque fois que vous utilisez ce verre, vous devriez considérer qu’il est déjà cassé. Est-ce que vous comprenez cela ? C’est ainsi que le Bouddha concevait les choses. Il voyait le verre cassé dans le verre intact. Un jour
viendra, inévitablement, où il se brisera.

Développez cette façon de voir les choses. Utilisez le verre, prenez-en soin jusqu’au jour où il vous glissera des doigts et crac ! Mais ce ne sera pas un problème. Pourquoi ? Parce que vous aurez compris et accepté sa nature « cassable » avant qu’il ne se casse.

Mais, en général, les gens disent : « J’aime tant ce verre, pourvu qu’il ne se casse jamais. » Plus tard, si le chien le casse : « Je pourrais tuer cette sale bête ! » et vous êtes furieux contre votre chien pour avoir brisé le verre. Si c’est l’un de vos enfants qui le casse, vous lui en voudrez tout autant. Pourquoi ? Parce que vous vous êtes enfermé dans un barrage dont l’eau ne peut pas s'écouler. Vous avez érigé un barrage sans vanne, alors il ne lui reste plus qu’à déborder, n’est-ce pas ?

Quand vous construisez un barrage, vous devez prévoir une vanne. Ainsi, quand l’eau monte trop, elle peut se déverser en toute sécurité dès que vous ouvrez la vanne. Il faut absolument avoir une « valve de sécurité » comme cela. L’impermanence est la valve de sécurité des Etres Eveillés.

Avec cette conscience des choses, vous serez en paix.


Debout, en marche, assis ou allongé, pratiquez constamment en utilisant sati, l’attention, pour observer et protéger l’esprit, c’est cela le samadhi et c’est aussi la sagesse.

Les deux sont semblables, même s’ils se présentent différemment. Si nous sommes vraiment conscients de l’impermanence, nous percevrons ce qui est permanent. La permanence c’est que tout doit inévitablement être ainsi et pas autrement. Comprenez-vous cela ? Même si vous ne comprenez que cela, vous pouvez connaître le Bouddha et lui rendre réellement hommage.

Tant que vous ne rejetterez pas les enseignements du Bouddha, vous ne souffrirez pas, tandis que si vous les rejetez, vous connaîtrez la souffrance.

Dès que vous rejetez ses enseignements sur l’impermanence, l’insatisfaction et le non-soi, la souffrance apparaît. Même si vous ne pouvez pas pratiquer davantage, c’est suffisant : vous ne connaîtrez pas la souffrance ou, si elle se fait sentir, vous saurez l’apaiser facilement et cela évitera qu'elle ne réapparaisse à l’avenir.

C’est là que s'arrête notre pratique : au moment où cesse la souffrance. Et pourquoi la souffrance cesse-t-elle ? Parce que nous avons éliminé sa cause, samudaya. Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin, il suffit de savoir cela et de méditer dessus.


Si vous avez les Cinq Préceptes comme base de votre conduite, il est inutile d’aller étudier le Tipitaka.

Concentrez-vous d’abord sur les Cinq Préceptes. Au début vous commettrez des erreurs mais, quand vous le constaterez, arrêtez-vous, faites marche arrière et recentrez-vous sur les préceptes.

S'il vous arrive de dévier encore et de commettre une autre erreur, reprenez-vous dès que vous en avez conscience. En pratiquant ainsi, votre attention sera plus aiguisée, plus régulière(...)

Il faut parler du Dhamma comme cela, en faisant des comparaisons, parce que le Dhamma n’a pas de forme. Est-il rond ? Est-il carré ? Nul ne peut le dire. La seule façon d’en parler est au moyen de comparaisons comme celle-ci.


Ne croyez pas que le Dhamma soit loin de vous. Il est ici même avec vous, tout autour de vous.

Regardez : vous êtes heureux un moment et puis malheureux et puis en colère … Tout cela, c’est le Dhamma. Observez et comprenez. Quelle que soit la cause de votre souffrance, vous devez y remédier. Si la souffrance perdure, c’est que vous ne percevez pas encore les choses clairement. Si vous perceviez les choses clairement, vous ne souffririez pas, parce que la cause de la souffrance ne serait plus là. Si la souffrance est toujours présente, si les choses sont encore difficiles pour vous, c’est que vous n’êtes pas encore sur la bonne voie.

A chaque fois que vous vous sentez coincé ou que vous souffrez trop, c’est que vous avez tout faux. Et à chaque fois que vous nagez dans le bonheur et que vous flottez sur un nuage … même chose ! Vous avez encore tout faux.

Si vous pratiquez ainsi, vous serez attentif à tout instant et dans toutes les postures. Avec sati, l’attention et sampajañña, l’observation de soi, vous saurez reconnaître le bien et le mal, le bonheur et la souffrance, et le fait d'en être conscient vous donnera les moyens d’y faire face.

C’est ainsi que j’enseigne la méditation. Quand c’est le moment de vous asseoir en méditation, asseyez-vous, il n’y a rien de mal à cela, au contraire.


On ne médite pas seulement assis. Il faut donner à votre esprit l’occasion de vivre pleinement les choses, permettre à ces choses de se dérouler et percevoir ainsi leur véritable nature.


Comment les étudier ? Voyez-les comme étant impermanentes, imparfaites et sans soi. Tout est incertain : « Comme c’est beau ! Il me le faut absolument » — il n’y a rien de sûr là dedans.
« Je n’aime pas cela du tout » — pas sûr. Est-ce vrai ? Absolument, aucune erreur possible. Peu importe qu'une chose vous attire ou pas, souvenez-vous simplement que rien n'est sûr.

(...)
Permettez aux choses de s'écouler librement, comme l'inspiration et l'expiration. Les deux sont nécessaires, la respiration dépend de cette alternance. De même, tout dépend du changement.

Ces choses-là sont en nous et nulle part ailleurs. Si nous mettons fin au doute, alors, que ce soit assis, en marche, debout ou couché, nous serons en paix. Le samadhi ne se limite pas à la position assise. Certains méditants restent assis jusqu'à être à moitié hébétés, on les croirait morts, ils ne savent même plus où ils sont. Ne tombez pas dans ces extrêmes : si vous sentez venir la somnolence, marchez ou changez de posture.

Développez la sagesse. Si vous êtres vraiment épuisé, reposez-vous mais, sitôt réveillé, ne vous rendormez pas : reprenez votre pratique ! C'est ainsi qu'il faut pratiquer, en utilisant son bon sens de même que sagesse et mesure.


Que votre pratique s'appuie avant tout sur l'observation du corps et du mental.

Voyez leur impermanence et tout le reste s'ensuivra. Pensez-y quand vous vous régalez d'un bon plat. Dites-vous : « Pas sûr. » Mettez vite votre réaction K.O. au lieu que ce soit
elle qui vous mette K.O. à chaque fois. Quand vous n'aimez pas quelque chose, vous vous contentez d'en souffrir : voilà comment les situations nous mettent K.O. ! « Si elle m'aime, je l'aime aussi » — et encore une claque ! Jamais vous n'arriverez à les mettre K.O. comme cela. Voyez plutôt les choses ainsi : à chaque fois que quelque chose vous plaît, dites-vous simplement : « Ce n'est pas sûr ! »


Il faut aller un peu à contre-courant de nos attirances et de nos répulsions pour réellement voir le Dhamma.

Et puis pratiquez dans toutes les postures : assis, en marchant, debout ou couché. Vous êtes capable de ressentir une émotion comme la colère dans n'importe quelle position, n'est-ce pas ? Vous pouvez être en colère aussi bien assis, debout, qu'en marchant ou allongé. Vous pouvez, de même, ressentir une envie dans n'importe quelle posture. Alors soyez cohérents et étendez votre pratique à toutes les positions possibles.

Et puis, ne faites pas semblant de pratiquer, faites-le vraiment.

Nous en arrivons maintenant au point le plus important. Si vous savez que tout est impermanent, vos pensées vont se détendre petit à petit. Quand on réfléchit à l'incertitude liée à toute chose qui passe, on constate qu'il en va de même pour tout. Dès lors, à chaque fois que quelque chose arrive, on se dit simplement : « Tiens, voilà encore quelque chose ! »

Si votre esprit est tranquille, il sera exactement comme une eau calme qui coule.
Avez-vous déjà vu une eau calme couler ? Ah, voilà ! Vous avez vu soit une eau couler
soit une eau calme mais vous n'avez jamais vu une eau calme couler.
C'est précisément là, à ce point où votre pensée, même apaisée, ne peut vous conduire, que vous pouvez développer la sagesse. Votre esprit sera comme une eau qui coule et pourtant il sera calme. Il vous paraîtra presque immobile et pourtant il coulera. C'est pourquoi je dis que c'est « une eau calme qui coule. » C'est là que la sagesse peut s'éveiller.



Pour lire les autres enseignements de Ajahn Chah sur ce blog:
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lundi 21 janvier 2008

Être "Bouddhiste engagé"

Être "bouddhiste engagé", ce n’est pas vouloir sauver le monde...





Être "bouddhiste engagé", ce n’est pas vouloir sauver le monde...


Ni juger, ni condamner

Quand nous voyons toute cette misère dans le monde et toute cette injustice la tentation est grande de se révolter... Cette révolte engendrera forcément une déprime car nos efforts paraitront vains et dérisoires... De plus nous aurons tendance à juger et à condamner.


Nous ne changerons pas le monde

Nous ne changerons pas le monde, il y aura peut-être une amélioration passagère qui nous consolera et nous donnera l’illusion du progrès...

Mais depuis que le monde est monde il y a eu guerres, famines injustices... C’était avant nous et cela sera après nous... Nous pouvons avoir parfois la tentation toute puissante de nous placer en sauveur du monde... c’est une illusion.


Quitter l'ignorance

Dans le bouddhisme il n’y a pas de sauveur, c’est en quittant l’ignorance que l’être humain découvre la voie de la libération... une libération individuelle mais qui contribue au bien de tous les êtres...

Le bien de tous les êtres et non pas le salut du monde. Il y a là une différence. Toujours le Bouddha a souci du vivant.. et même, ce qui peut paraitre un peu surprenant, des individus. Le Bouddha annonce la libération du soi et le respect de tout ce qui vit.. Il n’annonce pas la fin du monde, la parousie, le paradis terrestre, des lendemains qui chantent...Ils ne parle pas non plus de paradis perdu...


Rien ne peut justifier la destruction de la vie

Selon les suttas Le Bouddha conseille à chacun l’action individuelle et l’attitude juste, là où il se trouve : au roi, le gouvernement, au père de famille, l’éducation des enfants, au bikkhu le renoncement... et à chacun le respect absolu de la vie et l’absence de mensonge et de perversion...

Prendre position pour le changement social et la justice,

C’est ce respect du vivant qui entraine le bouddhiste à prendre position pour le changement social et la justice, à prendre position de manière absolue car ni l’économie, ni la politique, ne pourront jamais justifier la destruction de la vie... Ni l’économie, ni la politique ne pourront jamais justifier la perversion et le mensonge...

En fait être "bouddhiste engagé" c’est tout simplement vivre les préceptes au milieu du monde.

Nous n’avons aucun pouvoir pour sauver le monde et les êtres, le Bouddha lui même ne l’avait pas... Nous avons juste le pouvoir de nous situer dans le respect de la vie et le refus du mensonge. En fait être bouddhiste engagé c’est tout simplement vivre les préceptes au milieu du monde... et c’est tout... Mais avoir le courage de les vivre ce n’est pas rien... En les vivant nous sommes en paix avec nous même, il peut alors arriver que cette paix rayonne et fasse tâche d’huile ...

S’engager sans nous identifier à la souffrance de l’autre

C’est si simple finalement... La souffrance du monde n’est pas notre souffrance, elle est la souffrance de chacun... Nous ne pouvons gérer que la nôtre... S’engager sans nous identifier à la souffrance de l’autre ce n’est pas facile mais c’est seulement à ce prix là que nous pouvons l’aider..

La compassion ce ne sont ni les lamentations ni le misérabilisme, mais le fait de savoir qu’il est possible pour chacun d’atteindre un jour la libération et qu’il est de notre devoir de rendre pour chacun cette voie plus facile...

Sans préchi précha.. ; Nourrir celui qui a faim, vêtir celui qui a froid, loger le sans logis, accueillir l’apatride, l’exilé sans lui demander de compte ni pourquoi il est là.


Un Edito de Tinh'y pour KARUNA



Lire aussi :


Pourquoi le Bouddhisme ?






Par Pierre Langlais


Nous disons que Bouddha,
Celui qui est décrit comme pleinement et parfaitement éveillé,
Enseigne des vérités.
Il y a certaines vérités que nous pouvons voir.
Il y a certaines vérités que nous pouvons découvrir.

Dans notre existence de quoi sommes nous certains ?
Nous sommes certains que nous allons connaître la maladie,
La vieillesse si nous vivons assez longtemps,
Et puis la mort. Cette vérité se nomme dukkha.

Les choses apparaissent, durent,
Puis disparaissent.
Nous suivons le même chemin.
C’est aussi dukkha.

Un état d’esprit naît, une sensation naît, une émotion naît,
Agréable, désagréable ou neutre,
Tous durent puis disparaissent.
Pouvons-nous retenir le bonheur ? C’est dukkha.

Que faire pour obtenir la sagesse ?
Que disent les sages à ce sujet ? Où sont ces sages ?
Se maintenir dans la vigilance, l’observation, la connaissance des choses.
C’est le chemin de la sagesse.

Les sages se trouvent dans la vigilance,
Qu’ils soient assis, debout, couchés, ou en activité.
En s’appliquant à l’observation attentive, soutenue,
Chacun obtient une vision qui s’approfondie.

Les choses ne sont plus grossières,
Il est possible de détailler chaque élément,
Pénétrant l’esprit et la matière,
On connaît alors ce qui est, sans le mental intermédiaire.

Cette technique se nomme méditation pénétrante.
Bouddha lui-même est sorti du temps par cette étude.
Il a découvert le nibbâna, qui est l’alternative absolue à dukkha.
C’est la vérité de son enseignement que nous devons découvrir.

Il y a d’autres choses à distinguer au cours du chemin qu’il enseigne.
Nous qui disposons d’un corps, de sens, d’un mental.
Quel contrôle pouvons-nous établir sur eux ?
Quelle est la part de conditionnement que nous subissons ?

Les conditionnements sont multiples, dit Bouddha.
Le premier est l’ignorance ou l’illusion de notre être.
Les conditionnements et les habitudes dans lesquelles ils nous établissent,
Nous empêchent clairement de voir la réalité au-delà des apparences.

Prendre conscience des choses.
Prendre conscience de nos actes, et des pensées qui en sont à l’origine.
Prendre conscience de nos actes négatifs,
Puis prendre conscience de la répercussion négative de tels actes.

C’est le kamma qui nous conditionne,
Le kamma répercute la vie dans le samsara, le cycle des vies.
Que devenons-nous après la vie ?
Nul ne le sait vraiment, et pourtant nous sommes –toujours- là.

Parmi les multitudes d’états mentaux,
Desquelles découlent les multitudes de formes de vies,
Choisissons tous ceux qui sont sains,
Choisissons de tendre vers la purification du mental.

Il y a un sens pour chaque chose bénéfique,
Le développement de la bienveillance est salvateur,
Pour le bien des êtres, comme pour le notre,
Envers tous les êtres visibles –et invisibles.

Sans tâche, sans mauvaise intention, on s’établie,
Sans désirs, sans mécontentements, on voit,
Sans projection, avec confiance dans le présent, on réalise,
La vertu renforce et guide la voie.

Grâce aux cinq facultés mentales permettant la connaissance directe,
Concentration et effort équilibrés, foi et connaissance équilibrés,
Et l’attention développée autant que possible,
Nous trouvons le fruit du chemin.

On devient disciple, prenant refuge,
Car on ne peut trouver pleine et totale satisfaction dans l’existence,
On admet et reconnaît l’illusion de la vie dans sa constitution,
Il y a l’intuition puis la concordance de cette intuition.

Être dans le non-être, ne pas être dans l’être.
Fusionner les états vers la solidité de la foi,
Envers le Bienheureux, l’Enseignement, les disciples,
Ainsi nous nous assurons de connaître la paix dans un monde chaotique.

Y a-t-il intérêt à suivre une voie ?
Quelle est la voie que suit celui qui est sans voie ?
Quelle est l’alternative à la mort et à la vie ?
Les choses sont elles figées par ma seule volonté ?

En portant notre confiance dans le Dhamma,
Nous nous engageons dans la compréhension du monde,
Vertueux, méditant, transcendant les vérités, le disciple progresse,
En donnant, ce qui est déjà connaître la saveur de l’aboutissement.

Le Bouddhisme n’est qu’un mot.
Il faut voir au-delà de la philosophie,
Ce qui fait que chaque être humain,
Souffre et peut accéder sereinement à la fin complète des souffrances.



Je rends hommage au Bienheureux,
Le méritant, le pleinement éveillé.

Je rends hommage au Bienheureux,
Le méritant, le pleinement éveillé.

Je rends hommage au Bienheureux,
Le méritant, le pleinement éveillé.

Source : dhammapiti


samedi 19 janvier 2008

La Clarté de la Vision Pénétrante

(...) alors votre esprit s’apaisera comme les eaux claires d’un étang de forêt





LA CLARTÉ DE LA VISION PÉNÉTRANTE, Par Vénérable Ajahn Chah


Extraits d’un entretien avec des méditants laïcs à Bangkok en avril 1979.
Traduit par Jeanne Schut

  • Rappel : Biographe complète de Ajahn Chah (format PDF) ICI

Méditez en récitant « Bouddho, Bouddho … », jusqu’à ce que le sens de ce mot pénètre le coeur de votre conscience (citta). Le mot « Bouddho » représente l’attention et la sagesse du Bouddha. Dans votre pratique, vous devez vous appuyer sur ce mot plus que sur tout autre chose. L’attention ainsi éveillée vous conduira à la compréhension de la nature de votre esprit. C’est là un véritable refuge. En d’autres termes, la répétition de ce mot éveille aussi bien l’attention que la vision pénétrante.


Le Bouddha nous a appris à méditer en utilisant le mot « Bouddho » pour y concentrer notre esprit. Quand vous concentrez consciemment votre esprit sur un objet, cette attention le maintient éveillé.


Une fois qu’une certaine prise de conscience a émergé par le biais de la méditation, vous pouvez contempler clairement votre esprit.



Mais tant qu’il reste privé de la conscience de « Bouddho », même si l’attention ordinaire est présente, il est comme endormi et privé de vision pénétrante. Il ne vous conduira nulle part.

Sati, la vigilance, dépend de la présence de Bouddho, la connaissance. Cette connaissance doit être limpide et apporter de plus en plus de clarté et de luminosité à l’esprit. On peut comparer cette illumination de l’esprit qu’apporte la connaissance claire à l’illumination progressive d’une pièce sombre. Tant que la pièce est plongée dans l’obscurité, les objets qu’elle contient sont, soit difficiles à distinguer, soit complètement invisibles du fait de l’absence de lumière. Mais quand on commence à éclairer la pièce, la lumière pénètre et permet de voir de plus en plus clair, d’instant en instant, et donc de distinguer de mieux en mieux les détails de tous les objets qui l’habitent.


Etre en mesure de percevoir l’état de votre esprit au cœur même de tous les phénomènes.

Quand vous avez la conscience de « Bouddho », l’esprit est plus sage, il a un niveau de conscience plus raffiné que d’ordinaire. Cette conscience vous permet de voir les conditions de l’esprit ainsi que l’esprit lui-même ; vous êtes en mesure de percevoir l’état de votre esprit au coeur même de tous les phénomènes. C’est ainsi qu’il vous est tout naturellement possible d’employer des moyens habiles pour travailler sur votre esprit.


La pratique de vipassana s’appuie sur la sagesse de la vision pénétrante pour observer tous les objets des sens.

Si vous êtes piégé par le doute ou tout autre obstacle, considérez-le simplement comme un phénomène mental qui s’élève dans l’esprit et qui doit être observé puis résolu par l'esprit

La tâche ultime de l’esprit est d’appliquer tous ses efforts à vaincre les réactions engendrées par toutes les stimulations sensorielles ou mentales qui se présentent à nous. Il doit s’attaquer à chacun des objets qui entre en contact avec lui. Tous les sens et leurs objets convergent vers l’esprit. En concentrant toute son attention sur l’esprit et seulement l’esprit, on arrive à comprendre et à percevoir clairement comment fonctionnent les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps, ainsi que l’esprit et toutes ses productions. L’esprit est déjà là, l’important est donc d’être bien centré en lui et prêt à tout observer. Plus votre observation de l’esprit sera profonde, plus la connaissance qui en émergera sera claire et pénétrante.

J’insiste sur ce point parce qu’il est crucial pour votre pratique que vous le compreniez bien.

En temps normal, lorsque vous recevez un message de vos sens et entrez en contact avec différents objets, l’esprit non éclairé est tout prêt à réagir en termes d’attirance ou d’aversion. Il va être pris au piège de la bonne ou de la mauvaise humeur selon le type de stimulation qu’il aura reçu.
C’est à ce moment-là qu’il faut examiner le fonctionnement de l’esprit avec une attention ferme et inébranlable. Quand il entre en contact avec différents objets des sens, il ne doit pas se perdre dans la prolifération mentale, il ne doit pas se laisser piéger par un train de pensées erronées.

La méditation vipassana développe la sagesse.


Dans la méditation samatha vous concentrez votre attention sur un seul objet et vous oubliez momentanément tout le reste.

L’utilisation des différents objets de la méditation samatha — que ce soit la récitation d’un mot comme Bouddho, Dhammo, Sangho ou l’attention au souffle — a pour effet d’apporter à l’esprit le calme et la stabilité du samadhi.

Dans la méditation samatha vous concentrez votre attention sur un seul objet et vous oubliez momentanément tout le reste.

Dans un certain sens, la méditation vipassana est assez semblable dans la mesure où vous répétez « N’y crois pas » à chaque stimulation sensorielle.


Dans la pratique de vipassana, vous ne permettez à aucun objet des sens de vous tromper sur sa nature réelle.

Vous êtes conscient de chaque objet, dès l’instant où il entre en contact avec votre esprit — que ce contact se fasse par l’intermédiaire des yeux, des oreilles, du nez, de la langue, du corps ou du mental — et vous utilisez la formule « N’y crois pas », un peu comme un objet de méditation verbal que l’on répète encore et encore.

C’est ainsi que chaque objet devient source de connaissance. Vous utilisez l’esprit fermement établi en samadhi pour observer la nature impermanente de toute chose.

A chaque stimulation sensorielle vous répondez par une formule : « Ceci n’est pas réel » ou bien : « Cela est impermanent ». Si vous vous laissez piéger par l’illusion et que vous croyez en la réalité de l’objet dont vous faites l’expérience, vous souffrez parce que tous ces dhamma (phénomènes) n’ont aucune existence propre (anatta).

Si vous vous attachez à un objet qui n’a pas d’existence propre et lui conférez une telle existence, il deviendra automatiquement une occasion de souffrance et de détresse et cela parce que vous vous serez attaché à des perceptions erronées.


Lorsque vous utilisez la méditation de la vision pénétrante pour observer les trois caractéristiques et pénétrer la véritable nature des phénomènes, il n’y a rien à faire de spécial.

Inutile de pousser les choses à l’extrême. Ne vous rendez pas la tâche difficile. Concentrez directement votre attention sur vos perceptions, comme si vous accueilliez des invités dans une salle de réception où il n’y aurait qu’un seul siège, celui où vous êtes assis. Ainsi, les invités qui s’avancent vers vous ne peuvent pas s’asseoir, ils sont obligés de se présenter directement à vous et vous pouvez les identifier immédiatement.

Même si deux ou trois visiteurs se présentent en même temps, vous ne pouvez pas les manquer et vous les reconnaissez immédiatement. De plus, comme ils n’ont nulle part où s’asseoir, ils ne s’attardent pas longtemps. Vous pouvez observer tous les visiteurs à votre aise parce qu’ils n’ont pas la possibilité de s’installer.


Vous concentrez votre attention sur les trois caractéristiques que sont l’impermanence, la souffrance et le non-soi et vous maintenez une attention sans faille à cette contemplation.

Ainsi la vision de la nature impermanente, insatisfaisante et inexistante de tous les phénomènes deviendra toujours plus claire et plus vaste. Votre compréhension en sera plus profonde.


Cette clarté de perception engendrera un sentiment de paix qui pénètrera votre cœur plus profondément que tout ce que vous pourriez expérimenter dans la pratique de samatha — la méditation de la tranquillité.

C’est la clarté et la complétude de cette vision pénétrante de la nature réelle de toutes choses qui a une action purifiante sur l’esprit. La sagesse qui naît de cette vision profonde, aussi limpide que le cristal, est un agent de purification.

Au fil du temps, d’investigations et de contemplations nombreuses et répétées de la vérité, votre façon de considérer les choses va changer et ce que vous perceviez autrefois comme attirant perdra peu à peu de son pouvoir tandis que sa nature véritable vous apparaîtra.

On observe les phénomènes pour voir s’ils sont vraiment permanents ou de nature éphémère. Au début on récite simplement l’enseignement selon lequel toutes les conditions sont impermanentes mais, au bout d’un moment, on le vérifie par soi-même, à partir de sa propre expérience.

La vérité se tient à notre portée, précisément à cet instant d’observation. C’est cela le siège sur lequel vous accueillez vos visiteurs. Nulle part ailleurs pourrez-vous trouver un meilleur endroit pour développer la vision pénétrante. Il vous faut rester assis là, sur l’unique chaise du lieu. Quand les visiteurs y pénètrent, il vous est facile d’observer leur apparence et leur comportement puisqu’ils n’ont nulle part où s’installer ; ainsi pouvez-vous tout savoir d’eux.

En d’autres termes, vous parvenez à une compréhension claire et lucide de la nature impermanente, insatisfaisante et non-personnelle de tous ces phénomènes, et cette vision est tellement saisissante et inébranlable qu’elle met un point final à tous les doutes que vous avez pu entretenir sur la véritable nature des choses. Vous avez la certitude absolue qu’il n’y a aucune autre façon de considérer les événements de la vie. Telle est la réalisation du Dhamma à son niveau le plus profond.

A ce stade, votre méditation consiste à maintenir cette connaissance et à la faire suivre d’un continuel lâcher-prise au fur et à mesure que vous contemplez les objets des sens par le biais des yeux, des oreilles, du nez, le la langue, du corps et de l’esprit. C’est tout ce qu’il vous reste à faire, inutile d’y ajouter quoi que ce soit.

Quand on commence à méditer, il semble que tout ce que l’on sache faire c’est douter et se poser des questions à tout propos. L’esprit ne cesse de s’agiter, de basculer de droite à gauche. On passe tout son temps dans des pensées qui ne cessent de proliférer.

On remet absolument tout en question. Pourquoi ? A cause de l’impatience.
Vous voulez connaître toutes les réponses tout de suite. Vous voulez obtenir une vision juste rapidement sans rien avoir à faire. Vous voudriez connaître la réalité des choses telles qu’elles sont mais ce désir est trop fort, plus fort même que la vision que vous espérez.


La pratique doit avancer par étape : Cessez d’espérer des résultats rapides, c’est un piège.


Il faut y aller un pas après l’autre. Avant tout, il faut y investir un effort constant, de même que le soutien permanent de vos bonnes actions passées et le développement des dix perfections spirituelles ou parami. Efforcez-vous toujours d’entraîner votre esprit. Cessez d’espérer des résultats rapides, c’est un piège. Vous n’en seriez que plus déçu et frustré si la vision pénétrante était longue à venir. De telles pensées ne vont aideront pas.

Croyez-vous qu’il soit légitime de s’attendre à vivre, d’un seul coup, des expériences profondes et durables, libres de tout plaisir et de toute souffrance ? Ne vous inquiétez pas de ce que l’esprit vous renvoie. Au moment où vous êtes envahi par le plaisir ou la douleur engendrés par le contact entre l’esprit et les différents objets des sens, vous n’avez aucune idée du niveau atteint par votre pratique ; mais bientôt tous ces états d’âme perdront de leur pouvoir.

En fait, de tels obstacles peuvent s’avérer bénéfiques car ils sont un rappel à la vigilance. Vous apprenez à reconnaître dans votre esprit toutes les réactions engendrées par les objets des sens, les pensées et les perceptions. Vous savez quand elles vont entraîner l’esprit vers l’agitation et la souffrance et quand elles vont le laisser en paix.

Certains méditants souhaitent uniquement observer les réactions de l’esprit au contact d’objets agréables ; ils ne veulent étudier que les humeurs plaisantes. Mais ce n’est pas comme cela qu’ils atteindront la vision pénétrante. Ils resteront limités.
En vérité, il faut également savoir comment l’esprit réagit au contact d’expériences désagréables. En fin de compte, c’est comme cela que l’on doit s’entraîner.

Soyez vigilants et puis laissez les choses suivre naturellement leur cours. Alors votre esprit s’apaisera comme les eaux claires d’un étang de forêt. Toutes sortes d’animaux rares viendront s’y abreuver, vous verrez beaucoup de choses étranges et merveilleuses apparaître et disparaître, mais vous demeurerez dans la paix …






Autres enseignements de Ajahn Chah sur ce blog:

vendredi 18 janvier 2008

Metta




Remarques personnelles préalables:

Il ne faut pas confondre Metta; mot pali généralement traduit par "Amour Bienveillant" ; et Karuna , la Compassion.


Dans l'enseignement du Bouddha il y a de L'amour et de la Compassion. Les deux sont indispensables pour pouvoir avancer sur le chemin.
Il nous faut apprendre à éprouver Metta et Karuna pour nous même et pour les autres.


Toutefois, il peut arriver qu'on ne puisse pas encore éprouver Metta pour tout le monde, il nous faut alors chercher en nous même Karuna. En effet, tous les êtres vivants, même si ils ont commis des actes "monstrueux" ont le droit à notre compassion. Ils en ont besoin.
Pourquoi ? tout simplement parce que tous les êtres vivant souffrent, même ceux qui commettent des actes "criminels", sans doute encore plus que n'importe qui.
C'est donc pour leur souffrance que nous éprouvons de la Compassion. Nous pouvons ensuite avoir de l'amour bienveillant envers ces personnes...
Je suis persuadée que notre Metta, si il est "fort" peut transformer un "loup" en "agneau"..


Cela semble difficile de prime abord mais avec de l'entrainement on y arrive. Même si cela semble étrange; il faut s'entrainer à développer Metta et à Karuna, s'entrainer à assouplir notre coeur, c'est un entrainement comme un autre.


De la même manière qu'on s'entraine à vipassana, ou qu'on essaye de calmer notre mental, on doit s'entraîner à Metta.
Metta doit même exister avant.




Toutes nos séances formelle de méditation ne nous mènerons nul part si nous ne développons pas Metta.


Je pense que c'est plus facile d'éprouver de la compassion (karuna) que Metta.


Dans le Bouddhisme, la compassion est finalement un engagement de tous les jours....


Kathy 

Lire Ce que le Bouddhisme nous enseigne


Mais revenons à Metta.


Ci après, un enseignement de Ajahn Sumedho à propos de METTA:



En français le mot « aimer » se réfère souvent à une chose qui plaît. Ainsi quand nous disons « j’aime le riz gluant » ou « j’aime les mangues sucrées », ce que nous voulons dire, c’est que leur goût nous plaît.
Dans ce cas, aimer ne signifie pas éprouver de l’amour mais être attaché à quelque chose, comme la nourriture que nous avons vraiment plaisir à manger.

Par contre, metta veut dire « aimer » comme « aimez votre ennemi », non parce qu’il vous plaît ou que vous le trouvez sympathique — si quelqu’un veut vous tuer et vous dites : « Je
l’aime bien », c’est absurde ! — mais vous pouvez l’aimer dans le sens où vous pouvez éviter d’entretenir à son égard de mauvaises pensées, de la vindicte, le désir de lui faire du mal ou de l’anéantir. Même si vous ne l’aimez pas parce que c’est un misérable, vous pouvez tout de même vous comporter envers lui charitablement et avec bonté.

(...)

Metta devient une pratique immédiate de l’attention soutenue

Il y a parfois des choses que nous n’aimons pas en nous. Dans ce cas, metta signifie ne pas nous enfermer dans nos pensées, nos problèmes, nos sentiments et tout ce que le mental peut engendrer. Ainsi metta devient une pratique immédiate de l’attention soutenue. Pratiquer l’attention c’est offrir metta à la peur, la colère ou la jalousie qui habitent notre esprit.


Offrir Metta à sa peur

Metta signifie ne pas créer de problèmes autour des circonstances de notre vie, leur permettre d’exister puis de disparaître. Par exemple, quand vous prenez conscience qu’une peur vous habite, vous pouvez offrir metta à votre peur, c’est-à-dire que vous n’allez pas réagir négativement à ce sentiment, vous allez accepter sa présence et lui permettre de cesser.

Vous pouvez aussi minimiser la peur en voyant que c’est la même sorte de peur qui habite tout le monde, celle que tous les animaux éprouvent. « Ce n’est pas ma peur individuelle, elle ne m’appartient pas en propre, c’est une peur impersonnelle. »

La compassion pour les autres commence quand nous comprenons la souffrance qu’implique la réaction à la peur dans notre propre vie. La douleur, la douleur physique quand quelqu’un vous
envoie un coup de pied, par exemple, cette douleur est exactement la même que celle ressentie par un chien qui reçoit des coups de pied. Alors vous pouvez offrir metta pour la douleur, c’est-à-dire de la gentillesse et de la patience qui vous éviteront de vous enfermer dans l’aversion.

Nous pouvons travailler avec metta pour tous nos problèmes émotionnels.
Lorsque vous vous dites : « Je veux me débarrasser de cela, c’est affreux », voyez qu’il s’agit d’un manque de metta envers vous-même. Soyez conscient de ce désir de vous débarrasser de quelque chose. Cessez de vous appesantir sur ce que vous n’aimez pas dans les circonstances émotionnelles existantes.
Non qu’il faille approuver ses défauts et dire : « J’aime bien mes défauts ». Certaines personnes croient que leurs défauts les rendent intéressants : « Ce sont mes faiblesses qui font de moi
ce que je suis ».
Non, avec metta vous n’êtes pas censé vous conditionner à croire que vous aimez ce que vous n’aimez pas du tout, mais simplement cesser de vous appesantir sur ce qui ne vous plaît pas.


Il est facile d’offrir metta à ce que l’on aime : Mais là nous faisons fausse route

des enfants charmants, des gens aux manières affables, agréables à regarder, un petit chien, de jolies fleurs. On peut même ressentir metta pour soi quand on est en pleine forme :
« Je me sens heureux et satisfait ». Quand tout va bien, il est facile d’être bon envers ce qui est beau et bien.
Mais là nous faisons fausse route : metta ne signifie pas se contenter de faire des souhaits de bonheur pour tous, avoir de bons sentiments et des pensées élevées ; c’est au contraire très concret.

Si vous êtes très idéaliste et que vous détestez quelqu’un, vous allez vous dire : « Je ne devrais détester personne. Les Bouddhistes offrent metta à tous les êtres vivants.
Je devrais aimer tout le monde. Si j’étais un bon Bouddhiste, j’aimerais tout le monde. » Ce conflit intérieur est engendré par un idéalisme impraticable.

Offrez plutôt metta à cette aversion que vous ressentez, à la mesquinerie de l’esprit, la jalousie, l’envie.

Ainsi vous coexisterez pacifiquement avec vos sentiments au lieu de créer des perturbations, tant dans l’esprit que dans le corps, à partir des difficultés rencontrées dans la vie.

Quand je suis arrivé à Londres, j’avais beaucoup de mal à prendre le métro. Je détestais les horribles stations avec leurs affiches criardes et les foules de gens dans les trains souterrains. J’étais conscient de manquer cruellement de metta et je m’appesantissais sur ma résistance. Et puis, un jour, j’ai décidé d’en faire un exercice de méditation sur la patience et la gentillesse (metta) et dès lors j’ai commencé à aimer le métro de Londres au lieu d’y résister.
J’ai commencé à ressentir del’affection pour les personnes qui s’y trouvaient et bientôt mon refus et ma réticence ont complètement disparu.

Voyez que, quand vous n’aimez pas quelqu’un, vous avez tendance à en rajouter à son sujet : « Il a fait ceci et il a fait cela et il est comme ceci et il ne devrait pas être comme cela ».

Par contre, quand vous aimez quelqu’un : « Il sait faire ceci et il sait faire cela. Il est gentil et sympathique » et si quelqu’un disait : « Mais non, il est odieux ! », vous vous mettriez en colère. Même chose si vous détestez quelqu’un et que vous entendez chanter ses louanges. Vous ne voulez pas entendre dire du bien de votre ennemi.

Quand vous êtes animé par la colère, vous ne pouvez pas imaginer qu’une personne que vous détestez puisse avoir des qualités et, même si elle en a, vous ne vous en souvenez jamais. Vous ne vous rappelez que ses mauvais côtés.
Par contre, quand vous aimez quelqu’un, les défauts eux-mêmes sont charmants, ce sont « de petits défauts sans conséquences ».

Observez tout cela, soyez conscient, dans votre propre expérience, de la force de l’attirance et de l’aversion. La bonté patiente, metta, est un outil extrêmement utile et efficace face à toutes les sottises que l’esprit est capable de construire à partir d’un vécu difficile.


Metta est aussi un moyen de guérir les esprits très critiques qui jugent et ne perçoivent que les défauts des autres sans jamais voir les leurs,


Il est presque normal, de nos jours, de se plaindre constamment, que ce soit du temps ou du gouvernement. Des gens pleins de suffisance et d’arrogance se permettent des remarques franchement méchantes sur tout, ou vont mettre en pièces une personne absente de la manière la plus objective et la plus brillante qui soit. Ils analysent très bien les choses, savent exactement ce qu’il faudrait à cette personne, ce qu’elle devrait faire et ne pas faire et pourquoi elle est comme ceci ou comme cela.
Un esprit critique aussi aiguisé peut être très impressionnant mais en réalité, cela signifie simplement : « Je suis bien meilleur que les autres ».

Il ne s’agit pas non plus d’être aveugle aux défauts des autres mais plutôt de coexister paisiblement avec eux sans exiger qu’ils soient différents.

Donc metta a parfois besoin de passer par-dessus les choses qui ne sont pas parfaites chez vous
comme chez les autres. Vous voyez ce qui ne va pas mais vous n’en faites pas un problème. Vous arrêtez de vous lamenter en étant patient et gentil, en coexistant en paix avec la situation telle qu’elle est.



D'autres enseignements ou Textes sur Metta sur ce blog :
Lire Notamment :

Marche Méditative





J'ai déjà évoqué la Méditation en marchant dans un autre message :

Dans ce message précédant vous pouvez lire:

1)La pleine-conscience de la marche selon Ajahn Sucitto

2) Instructions pour la méditation en marche selon la méthode "Mahasi"


Pour le lire ou le relire, c'est par ICI



Remarques préalables:

La marche méditative est importante car, bien plus que la méditation assise, elle nous entraîne pour la méditation dans la vie de tous les jours.

Personnellement, je trouve qu'il est plus difficile d'être attentif et de se concentrer en marchant car il y a plus de distractions et on a les yeux ouverts, c'est pour cela qu'il faut diriger son regard vers le bas et devant soi.

(Dans le récit de ma retraite je parle beaucoup de cette "marche méditative" puisque je passais autant de temps en méditation assise qu'en méditation en marchant. Cependant aujourd'hui je ne fais plus aucune "note mentale".)



Mais, "La méditation assise et en marchant sont les mêmes dans leur essence et ne diffèrent que par la position physique employée."(Ajahn Chah)



L'enseignement d'Ajahn Sumeddho qui va suivre, s'intitule :
Jongrom ou la Marche Méditative



Etre attentif aux mouvements de ses pieds

Jongrom
est une pratique de marche méditative qui consiste à être attentif au mouvement de ses pieds. Depuis le début du chemin jusqu’au bout, vous portez votre attention sur le corps qui avance puis sur le fait de se tourner et de rester debout immobile.

Ensuite apparaît l’intention de reprendre la marche et enfin la marche elle-même.
Repérez des points clés comme le milieu et le bout du chemin, le moment de tourner et l’instant d’immobilité avant de reprendre la marche.

Utilisez-les pour retrouver une attention pleine et entière lorsque l’esprit se disperse en cours de route. Si vous ne faites pas attention, vous pouvez vous retrouver en train d’organiser une révolution ou je ne sais quoi tout en pratiquant jongrom ! Je me demande combien de révolutions ont été fomentées pendant la pratique de jongrom ! …


Se concentrer sur ce qui se passe réellement

Donc, au lieu de laisser vagabonder le mental, nous utilisons ce moment pour nous concentrer sur ce qui se passe réellement. Bien sûr, les sensations que nous éprouvons ne sont pas extraordinaires, elles sont même si ordinaires qu’en général nous ne les remarquons pas.

Alors voyez qu’il faut faire un certain effort pour être véritablement conscient de ce genre de choses.
Si, au milieu de la marche, votre esprit se retrouve en Inde, prenez-en simplement conscience. A ce moment là, vous êtes éveillé. Profitez-en alors pour recentrer l’esprit sur ce qui se passe vraiment dans le corps qui se déplace ainsi.



C’est un entraînement à la patience,

parce que l’esprit ne cesse d’aller de toutes parts. Si par exemple vous avez autrefois vécu des moments merveilleux pendant une marche méditative, vous risquez de penser : « A la dernière retraite, j’ai pratiqué jongrom et j’ai vraiment senti le corps qui marchait tout seul, il n’y avait personne là, c’était magique. Si seulement je pouvais retrouver cette sensation … »

Observez ce désir basé sur un souvenir agréable. Voyez que c’est un obstacle et laissez-le tomber. Peu importe que vous viviez un moment magique ou pas. Un pas et puis l’autre, c’est aussi simple que cela.

Contentez-vous de ce peu, laissez aller tout le reste au lieu d’essayer d’atteindre un état extraordinaire que vous avez pu connaître autrefois en pratiquant cette méditation. Plus vous
essaierez, plus vous vous rendrez malheureux parce que vous aurez cédé au désir de vivre une belle expérience basée sur un souvenir.

Contentez-vous de ce qui se passe à cet instant, peu importe ce que c’est. Soyez en paix avec ce qui est, plutôt que vous énerver à rechercher un état que vous désirez.


Un pas à la fois.

Voyez comme la marche méditative est paisible quand tout ce que vous avez à faire est d’être présent à un simple pas. Par contre si vous pensez que vous devez développer samadhi à partir de cette pratique alors que votre esprit s’échappe dans tous les sens, que se passe-t-il ? « Je déteste cette méditation, elle ne me calme pas du tout. J’essaye d’avoir le sentiment de marcher sans personne qui marche et mon esprit s’emballe tous azimuts ». Cela parce que vous ne comprenez pas encore comment il faut pratiquer, votre mental se fait des idées, il essaie d’obtenir quelque chose au lieu de simplement être.

En marchant, tout ce que vous avez à faire c’est de marcher. Un pas et puis l’autre ... C’est simple mais pas facile, n’est-ce pas ? Le mental panique, il essaie de comprendre ce que vous êtes sensé faire, ce qui ne va pas chez vous et pourquoi vous n’y arrivez pas.

Mais voilà, ce que nous faisons au monastère est aussi simple que cela : nous nous levons le matin, nous nous retrouvons pour le chant récitatif et la méditation, nous faisons le ménage, nous cuisinons ; assis, debout ou en marchant, nous méditons et nous travaillons. Nous faisons ce qu’il y a à faire, sans discrimination, une chose après l'autre.

Ainsi donc, être présent à la réalité des choses est la pratique du non-attachement, lequel apporte paix et bien-être.

La vie change et nous la voyons changer. Nous sommes capables de nous adapter à l’impermanence du monde sensoriel. Que les choses soient agréables ou désagréables, nous pouvons toujours tout supporter et assumer, quoi qu’il arrive dans notre vie. Si nous réalisons la vérité, nous réalisons la paix intérieure.