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mercredi 24 septembre 2008

LES EMOTIONS


Extraits choisis de "LES EMOTIONS" : Questions/réponses par Ajahn Akincano Bhikkhu



Question
Comment explique- t-on l’apparition, d’une émotion… Par exemple, il y a-t-il d’abord une impression sensorielle, ensuite la perception qui va chercher dans un catalogue, et puis un des éléments du catalogue qui a une connotation émotionnelle forte ressurgit ?


Réponse
Je pense qu’on trouve les raisons de nos émotions dans notre sensibilité. Il y a une capacité de résonance affective en nous, qui fait partie de notre être, qui fait partie de notre existence, et qu’on développe très vite. On n’a pas besoin des références du catalogue comme vous le dites.
Souvent cela se produit comme ça, car en fait on peut démontrer des émotions : il n’y a pas de référence.(...)

Certaines de nos émotions viennent à travers des références de catalogues, mais il y a aussi je pense, une émotivité fondamentale dans notre être, qui est là, comme la capacité de donner notre attention.

On peut s’engager dans un questionnement concernant les origines, de la formation des êtres humains, et évidemment la cosmologie bouddhiste a quelques idées à ce sujet.

Fondamentalement on est là parce qu’on n’est pas éveillé et tant que nous ne le serons pas, on va réapparaître. Mais pour la plupart de nous c’est une théorie que l’on ne peut pas vérifier, enfin moi je ne peux pas vérifier cela à travers l’expérience personnelle qui m’est accessible. Je la prends comme hypothèse de travail avec une grande probabilité et je l’ai acceptée en tant que doctrine bouddhiste. (...)

Mais on trouve beaucoup de cas dans l’enseignement du Bouddha (qui diffère fortement d’autres enseignements indiens). Les bouddhistes ne s’intéressent pas trop au « pourquoi » des choses, ni a ce qu’elles sont, ils s’intéressent beaucoup au « comment » quelque chose advient.

Si on regarde l’arrière plan de l’enseignement bouddhiste et des enseignements Védiques et Brahmaniques, on constate que les Brahmans étaient obsédés par la question du quoi, par la quête de l’essence des choses. Ils cherchaient le grand Quid, ils essayaient de trouver l’essence de l’individu, si elle est différente de l’essence du Total, de l’essence de l’Atman, de l’essence de Brahmâ. De toute cette ontologie les bouddhistes se sont totalement désintéressés.

L’enseignement du Bouddha laisse la question du « quoi » complètement de côté, il s’intéresse à « comment » quelque chose fonctionne, comment quelque chose apparaît, disparaît, ce qu’on peut en faire. Quoique ce soit, sur un niveau ontologique, n’a pas vraiment intéressé l’enseignement du Bouddha dans les écritures Pali.

On pourra peut être admettre que quelques écoles tibétaines ont développé un goût pour l’ontologie, mais les enseignements en pâli sont ce qu’on appellerait aujourd’hui, fortement psychologiques. On y trouve quelques affirmations métaphysiques assez claires concernant le Nibbana, que ce Nibbana existe, et aussi au sujet des réalisations des Aryas, des différents stades de leur irréversibilité. Ils ne manquent pas d’affirmations métaphysiques à ce sujet, mais tout le reste de l’enseignement bouddhiste vise directement la compréhension : comment les choses fonctionnent, comment les choses s’enchaînent, comment on peut les désenchaîner, les défaire.

Et c’est très important de savoir qu’il y a ici un grand pragmatisme pourrait-on dire, pour les exercices. Vous voyez, on n’essaie pas de trouver la vraie nature des émotions. On sait que leur vraie nature est qu’elles apparaissent, qu’elles font quelque chose avec nous, on ne peut pas s’en empêcher, et puis qu’elles disparaissent et on se sent un peu plus fatigué après.

Peut être a-t-on réussi à en faire quelque chose, peut être a-t-on échoué, mais en tout cas le carburant est passé, il n’était pas fiable. C’est important, c’est solide, ça pèse lourd... et puis ça a changé.

Toutes mes émotions ont toujours changé, même mon inspiration pour l’enseignement du Bouddha a changé. J’ai subi des changements dans ma vie, il y a eu des moments où j’avais beaucoup plus d’inspiration que quelques années plus tard. Et puis, quand je pensais ne plus dépendre de l’inspiration parce qu’il y avait d’autres choses qui commençaient à fonctionner
dans ma pratique, tout à coup cette inspiration recommençait à grandir parce qu’elle avait gagné un autre goût.

Donc ce qui est intéressant c’est de savoir comment les choses se produisent et à quel niveau nous sommes les acteurs complices dans les choses qui nous font souffrir, et à quel niveau nous sommes capables de cultiver les choses qui nous sont bénéfiques.

Une partie de l’enseignement du Noble Octuple sentier, celui de l’effort émancipatoire, consiste très pratiquement à discerner les états bénéfiques des états non bénéfiques et de soutenir les états déjà apparus comme bénéfiques, de laisser mourir les états non bénéfiques, d’éviter qu’on embarque sur des états non bénéfiques, de donner naissance aux états bénéfiques.

On commence par favoriser ces états, mais en fait, il s’agit d’en faire plus. Le mot Pali Suva, est très révélateur. Ça parle de mettre l’esprit là-dessus, de le prendre, d’en faire beaucoup.


Question
Est-ce qu’on peut dire que le fait d’observer en témoin, les effets d’une émotion lui fera perdre son énergie et finalement lui permettra de s’atténuer et de disparaître ?


Réponse
Oui, on peut dire cela. Parfois cela fonctionne mais parfois non. Cela dépend vraiment de la qualité. Etre témoin de quelque chose veut dire plusieurs choses, par exemple qu’on se tient à l’extérieur. En fait, dans ce cas, on ne témoigne pas vraiment, on voit avec deux doigts, cliniquement, quelque chose qu’on a distancé en soi, qu’on n’a pas vraiment accepté comme sien.

On n’en n’a pas vraiment accepté la responsabilité mais on espère que cela va s’améliorer. On peut dire que c’est un témoignage, on peut dire, qu’on s’y jette vraiment, qu’on voit avec tout. On l’embrasse et on dit : c’est un témoignage. Mais en fait, on a déjà mis en scène. La qualité de ce témoignage dépend beaucoup de notre capacité à attendre, pouvoir attendre quelque chose, c’est directement dû à Sati, à notre capacité d’unifier l’esprit.

Il y a des choses dont on peut témoigner en les laissant passer, sans s’y mêler. Mais pour cela on a besoin d’une situation de culture. Souvent, même toujours, on ne fait pas comme cela on ne témoigne pas, on met en scène.

Le contraire de cette mise en scène serait le refoulement.

Une autre forme de mise en scène serait de voir les choses calmement : maintenant il y a des pensées de colère qui montent et je peux les mettre en scène en les prenant, en les affirmant, en cherchant des raisons, des causes, un bouc émissaire, en fournissant des images. Et puis je commence à me sentir indigné, il y a une sorte d’énergie qui s’empare de moi que peut être j’affirme aussi parce que j’aime bien l’énergie, cela me donne un sentiment de puissance.

J’aime beaucoup plus l’énergie de la colère que l’énergie de la dépression. Donc, une mise en scène et une affirmation subtile du contenu de cette expérience, disons l’image et la pensée, et on finit avec un état physique où le pouls s’accélère, l’adrénaline coule, les yeux se dilatent. Vous reconnaissez les symptômes n’est ce pas ?

Et quand cela s’intensifie jusqu’à un certain point, votre processus cognitif va changer, les visages sont plus accentués, les gens autour de vous ont l’air de caricatures. Il y a tout un processus que je considère comme une mise en scène du contenu d’une première petite pensée.

Or, témoigner d’une manière qui permet à l’émotion de s’épuiser, est un témoignage qui ressent et qui en même temps reste dehors. Quand il s’agit d’un témoignage de cette sorte, très bien, c’est le cas idéal ; on permet aux choses de monter, on les met dans un cadre transparent mais bien fortifié, et puis on reste témoin jusqu’à ce qu’elles meurent.

Elles font leur bruit, elles font leurs mouvements, on dit : « oui, je t’écoute, je vois très bien de quoi tu me parles, tu as toute ma compassion, mais en fait je ne peux pas vraiment te relâcher, ça fait trop de saleté, trop de dégâts. » Et on témoigne de l’apparition, de la durée et la disparition de cet état, tout en restant en contact, on ne ferme pas son coeur.

Mais on ne dit pas : « Ah oui ! Tu as raison… » On reste en contact de manière neutre mais en résonance. C’est très important de comprendre çà, ce n’est pas une stérilité qui est demandée, ce n’est pas la distance et la coupure. Il est nécessaire de rester en contact donc de sentir les vibrations mais pas de les affirmer ou les transmettre à travers les pensées, les actes, ou les mots. C’est en fait une sorte de grande compassion, une compassion prête à sentir ce qui fait mal dedans.

La traduction parfois utilisée pour Vipassana est de voir à travers quelque chose. C’est le cas idéal, quand on permet aux émotions de se montrer. C’est le meilleur des cas, quand on peut se mettre en résonance avec elles, sans les affirmer, sans les magnifier ni les refouler et en même temps rester avec. C’est cela qui est difficile, parce qu’une émotion, mes émotions, je ne sais pas les vôtres, me disent « prends moi au sérieux, fais quelque chose, ne regarde pas seulement, je suis là, il faut faire quelque chose ! » Elles essaient de m’impliquer. Il y a plein de petits crochets, de petites irritations.

En faisant une telle pratique, la valeur de ce que nous essayons de faire dépend directement de notre capacité de nous mettre vraiment en contact avec ce qui se passe. Donc, penser n’aide pas du tout.

Nous ne redoutons pas nos émotions si nous ne faisons que penser à ce qui nous a fait mal ou à ce qui nous a fait du bien. Il faut vraiment un contact aussi physique que possible avec la qualité et la vibration de cette émotion et en même temps, il faut le calme, une stabilité de l’esprit qui ne se fait pas prendre, qui est capable de sentir l’émotion sans se faire phagocyter. Peut-être que cela clarifie un peu la notion de témoignage…

Source : le refuge



mercredi 12 mars 2008

La compréhension Libératrice


Extraits d'un Enseignement de Ajahn Akincano Bhikkhu (2002)




Le travail avec nos états d’âme, avec nos émotions

Dans l’enseignement bouddhique, c’est simple ; les choses qui aident, qui sont transformatrices, qui nous font libres, c’est la compréhension, c’est reconnaître, connaître comment les choses fonctionnent. C’est ça ce qui nous libère. (...)


On a distingué plusieurs niveaux à cette compréhension.

Au premier niveau c’est la compréhension sur un mode intellectuel, avoir des informations. Le Bouddha appelle ça simplement Sutamaya panna, une compréhension qui se base sur le recueil des autres, des choses qu’on a écoutées, qu’on a apprises. Ce sont des informations.

Et puis il y a une couche plus profonde de compréhension, quand on fait le travail et que ces informations se sont consolidées d’une manière cohérente. Ça veut dire que les détails sont davantage qu’un tas de détails, car en fait, on a lié ces choses, on est arrivé à consolider une compréhension de quelque chose à travers des détails. (...)

Cette compréhension du deuxième niveau qui s’appelle dans l’enseignement du Bouddha
Cittamaya panna, est une forme de compréhension, de sagesse qui est dérivée de notre pratique réflexive, de notre capacité de pouvoir voir, corréler les choses, discerner les choses.

Bien que cela soit très utile, ce n’est pas encore libérateur, dit l’enseignement du Bouddha. (...)

Malgré que ce ne soit pas une qualité de compréhension libératrice, c’est une compréhension très utile qui forme la base de la compréhension libératrice.

La compréhension libératrice dans l’enseignement du Bouddha est une compréhension intuitive, c’est une compréhension qui s’appelle Bhavanamaya-panna et qui vient à travers la pratique de la méditation, quand on s’aperçoit des choses d’une manière beaucoup plus profonde, plus immédiate que le mental n’en est capable. (...)

Le premier problème consiste à comprendre sur quelle couche nous nous trouvons. Habituellement nous nous trouvons dans la couche des abstractions parce que personne, sans qu’il ne s’entraîne, ne va rester avec de simples expériences sensorielles

La plupart du temps nous nous intéressons beaucoup plus à nos idées, à nos images, à nos processus abstraits. (...) vous allez penser très souvent. Habituellement, mais aussi favorisé par notre formation et notre culture, on se trouve sur un niveau d’abstraction beaucoup de temps.

Dans la plupart des cas il nous faut rentrer, apprendre à rester avec des choses simples (...) Plusieurs fois par jour, je vous recommande d’être conscient de vos expériences de sentir, voir, toucher, etc. (...)


La troisième forme de sagesse, la sagesse libératrice qui vient de Bhavana-maya panna se produit à travers la méditation, à travers notre capacité de distinguer les modes de notre mental et de distinguer les modifications de ce mental.

vendredi 21 décembre 2007

La méditation ; une profonde activité de transformation




Plan de ce messsage

1) différents extraits de l'enseignement de Ajahn Akincano
2) des extraits de l'enseignement
de Ajahn Sucitto




1) Extraits de l'enseignement de Ajahn Akincano



Ajahn Akincano - Akincano Marc Weber
Il est né à Berne, Suisse, en 1960. Il a pratiqué le zen avant de prendre les voeux d'un moine théravada dans la Tradition de la Forêt d'Ajahn Chah. A partir de 1985 il a vécu dans un contexte monastique. Il reçut sa formation bouddhiste d'Ajahn Sumedho (Angleterre) et de Bhikkhu Payutto (Thaïlande). Il connaît le thaï et le pali et a passé plusiers années dans la Tradition de la Forêt en Thaïlande avant de s'établir en 1998 au monastère Dhammapala dans les Alpes Suisses. En 2005 il est retourné à la vie laïque après vingt ans de vie monastique. Il vit Aujourd'hui à Cologne où il enseigne la méditation et la pratique bouddhiste. Il s' intéresse particulièrement à une compréhension authentique des textes bouddhistes anciens, et tente d'établir des ponts, qu'il estime indispensables, entre pratique contemplative et psychologie occidentale.




La méditation ne s'arrête pas lorsque l'on quitte son coussin :

Il faut élargir sa notion de méditation, son attitude mentale. Celle-ci doit nous rendre capable de négocier – de prendre en compte et d'accepter


Les fruits de notre pratique sont directement liés à notre engagement pour cette pratique.

Vous constaterez facilement que vous passez la plupart du temps en fuite – soit en passé, soit en avenir et très peu de temps dans le moment présent.

Une grande partie de notre esprit se balade dans l'avenir ou dans le passé, dans la mémoire.

Comment reprendre l'attention de l'esprit pour la remettre dans le moment présent

(...) Il y a toutes sortes d'expériences corporelles, la complexité de notre perception présente dans l'instant, dans nos humeurs… Il y a souvent une émotion qui est là, chargée de pensées, donc qui nous expose au danger de se perdre dans l'avenir ou dans le passé.
Mais il y a, normalement, quatre formes d'expériences qui sont assez faciles à discerner et qui sont la base de toute pratique de méditation bouddhique.
Les pensées et les images sont le territoire le plus dangereux, car les choses s’y passent tellement vite qu'on se perd facilement. C'est aussi là que le présent occupe le plus petit espace et le passé et l'avenir, le plus grand.

Il y a donc :

- chaîne 1 – dhammā : les pensées et les images

- chaîne 2 – citta, les émotions, les états du coeur.

- chaîne 3 – vedanā : le fait que nous apprécions quelque chose ou que nous ne l'aimions
pas. C'est un jugement du mental, du domaine où l'on évalue quelque chose comme étant
intéressant, agréable ou, au contraire, ennuyeux ou désagréable.
Il est important de ne pas confondre vedanā avec un sentiment, une émotion (chaîne 2) ou avec une sensation corporelle (chaîne 4).

- chaîne 4 – kāya : les sensations corporelles, c'est-à-dire l’expérience de notre présence
physique et énergétique dans l’instant.



(...) L'enseignement du Bouddha essaie de focaliser l'esprit dans une des directions de ces quatre domaines, sur les objets qui se présentent dans le moment.
Ça, c'est la théorie. La pratique, c'est autre chose, c'est un peu plus compliqué, car dans la pratique on rencontre la force de notre conditionnement.


Durant une retraite dans un monastère:

Dans un monastère qui est un endroit où l'on essaie de perdre son conditionnement. On essaie d'appliquer des rituels, un changement de valeurs, d'accent.

Le monastère n'est pas un endroit social. Il y des moments où l'on s'adonne à la convivialité, mais, la plupart du temps, c'est un endroit où l'on essaie de gagner une plus grande perspective sur sa vie intérieure. Pour gagner cette perspective, on réduit l'influence de l'extérieur en essayant de ne pas se divertir.

Pour que la qualité intérieure de notre expérience puisse se magnifier, que l'on se trouve comme sous une loupe, il faut réduire l'impact des sens. C'est pour cela qu'on parle peu, qu'on ne regarde pas la télévision, qu'on ne s'adonne pas à la lecture.

Il faut donner un cadre au rôle des sens dans notre vie, non parce qu'il est immoral de se servir de ses sens, mais parce que le monde extérieur a tellement d'influence dans notre vie en général, que l'on perd contact avec ce qui se passe à l'intérieur, que l'on perd la perspective.

C'est un processus interne fort intéressant et fort révélateur, mais on a souvent tendance à le perdre ou à ne pas lui donner d'importance, simplement parce qu'il y a trop d'autres choses qui se produisent dans notre vie.

Parfois, ce qui se passe en nous n'est pas agréable et bien que ce soit vrai, essentiel, urgent de comprendre, nous préférons ne pas donner notre attention à ce processus. Nous préférons donner notre attention à notre travail, à nos relations, à un divertissement, ou parfois à n'importe quoi, tout simplement pour ne pas voir ce qui se passe à l'intérieur.
Donc, il y a plusieurs niveaux de cette dynamique.

Un monastère est un endroit où l'on essaie de retourner la lumière vers l'intérieur, de magnifier qui se passe au sein de notre coeur pour pouvoir mieux comprendre.



Une notion intellectuelle de ce qui passe pendant la pratique de la méditation.

Bouddha a enseigné aussi qu'on ne peut pas comprendre la vérité, ni réaliser le but ultime – le Nibbāna – uniquement à travers la réflexion.
Normalement, il est plus facile de faire ressembler l'esprit au corps, car le corps est beaucoup plus facile à maîtriser ; par exemple on dit à son corps : « Tu t'assois, tu croises les jambes, tu fermes les yeux et tu arrêtes de te tourner les pouces ».

C'est plus facile de dire cela au corps. Si vous dites cela à l'esprit, il continue à se tourner les pouces encore plus longtemps !…

Etant donné qu'il est plus facile de maîtriser le corps, on commence par lui donner une stabilité, un centre, un équilibre en espérant que l'esprit donne systématiquement son attention à l'expérience du corps et commence à faire ce mimétisme avec lui.

Un corps calme qui ne bouge pas va avoir une respiration qui se pacifie, et quand on porte
l'attention sur la respiration, elle va devenir plus calme, plus lente, plus profonde et l'esprit
commence à faire son petit mimétisme, à devenir plus calme, à s'approfondir : il trouve une certaine verticalité.

Vous pouvez vérifier par vous-mêmes qu'il existe un bonheur qui ne réside pas dans le frigidaire, dans le téléphone, dans vos relations, votre porte-monnaie, vos trésors… dans tout ce que vous pouvez imaginer d'agréable et de désirable. Mais c'est très clair, si vous n'êtes pas prêts à vérifier cela dans votre propre vie, ça reste une fantaisie, une théorie et il faut bien voir que pour vérifier cette théorie, il vous faut faire face à l'intensité du conditionnement qui vous pousse à chercher le bonheur, l'épanouissement dans la direction des sens.



Lire cet enseignement en entier : dhammasukha

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2) Extraits de l'enseignement de Ajahn Sucitto



Ajahn Sucitto est né à Londres en 1949. Sa première rencontre avec le Bouddhisme se produit à travers la littérature japonaise. La recherche d'un sens à la vie lui fait entreprendre un long périple vers l'Est. Il passe quelque temps en Inde puis, en 1975, il arrive en Thaïlande dans la région de Chiang Mai. Très vite, il décide de s'engager dans la vie monastique et passe trois années en Thaïlande où il rencontre Ajahn Sumedho qu'il retrouve en rentrant au pays, en 1978 et auprès de qui il décide de rester, assumant la responsabilité de l'édition et la publication de ses enseignements ainsi que d'autres publications du Sangha. Lui-même publie de nombreux ouvrages.
Cela fait une vingtaine d'années qu'Ajahn Sucitto Bhikkhu enseigne et dirige des retraites en Europe, Etats-Unis, Afrique du Sud, Australie. Depuis 1992, il assume la responsabilité du monastère de Chithurst


La méditation est une profonde activité de transformation.

La méditation est une profonde activité de transformation. Cela peut paraître étrange car la méditation se présente souvent comme une position assise en toute tranquillité – et en silence. En ce qui concerne une activité quelconque…cela se borne apparemment à quelques actions qui semblent sans importance, comme porter son attention sur les sensations liées à la respiration, ou sur les pensées qui se déroulent dans le mental. La méditation ne semble pas être un processus très significatif. Des gens peuvent demander : « Que sommes nous supposés faire quand nous sommes assis ? » « Qu’est-ce que je dois faire de mon mental pour l’améliorer »

En fait, ce qui caractérise la méditation est le fait que c’est un processus de modération de l’énergie en calmant l’attention, ce qui lui permet d’être plus réceptive, plus ouverte.

Une action importante dans la méditation consiste à soigner notre « énergie de faire » afin que la volition ne soit pas agitée, ni indocile, angoissée ou violente, mais devienne claire et tranquille et entièrement attentive au moment présent.

Ainsi, plus nous arrivons à modérer notre énergie de cette manière, plus nous arrivons à un résultat brillant, à la confiance et à la clarté ; et plus ces qualités du mental se font jour en nous-mêmes, moins nous nous sentons obtus, agités et confus. Alors, l’agitation, le souci et les tentations de nous distraire disparaissent.

Par conséquent, en plus d’un bien-être immédiat et d’une plus grande clarté, la méditation apporte d’autres bienfaits importants dans notre vie : nous apprécions la valeur de la tranquillité et de la simplicité, ce qui nous encourage à laisser les choses se faire. Cela représente un changement important de perspective.

La fonction première de la méditation est une sorte de remède. On l’appelle « calmant », (samatha) : l’installation et le confort des énergies corporelles et mentales.

La seconde fonction est la vue profonde (vipassana) qui est plutôt une manière de regarder dans le corps et le mental devenus calmes et de voir ce qu’ils sont réellement.

Les deux fonctions marchent ensemble : quand vous vous calmez, votre regard devient plus clair et comme vous voyez les choses plus clairement, l’agitation diminue ainsi que la confusion et les choses à régler.

Et au moment où les deux processus prennent fin, le kamma cesse : l’expérience de nos forces intérieures – nos sensations et nos humeurs, nos attitudes et les souvenirs qui nous font vivre – peuvent trouver un endroit de résolution. L’agitation et la confusion peuvent s’arrêter.


Elargir la pratique de la Méditation :

Nous pouvons élargir la pratique de la méditation en agrandissant la conscience du corps quand il est assis, en marche, debout ou couché et également dans l’acte continu d’inspirer et d’expirer.

Nous nous occupons ainsi des réalités fondamentales de la vie du corps. Cela nous donne l’opportunité de mettre de côté des questions plus personnelles, spécifiques ou d’actualité et de nous pencher sur quelque chose qui nous accompagne toute notre vie.

Ce qui est attaché ensemble comme « mon corps » et « mon mental » est en réalité un mouvement dynamique de sensations, d’humeurs et d'impulsions qui ralentissent, accélèrent et changent sans arrêt.

Ces mouvements agissent mutuellement les uns sur les autres, les humeurs mentales émettent des éclairs et même des chocs dans le système d’énergies corporelles et vice versa.
Parfois, un mouvement d’irritation ou de peur, peut causer une crispation, ou le sentiment d’avoir beaucoup de choses à f aire engendre un tourbillon qui "me met hors de moi".
Et, bien que ces sensations semblent être « moi », elles n’ont aucune substance durable. La substantialité est ici seulement produite par le jeu confus des énergies physiques et mentales, comme un disque apparemment solide créé par les lames d’un ventilateur en marche.

(...)

Dans la méditation, les schémas deviennent plus clairs, comme on stabilise l’énergie il y a moins de confusion(...)


Il y a trois canaux pour ces schémas actifs ou aboutissants :

- Celui pour le kamma mental ou émotif est citta-sankhara, il se réfère à citta notre sens affectif qui expérimente la signification et les sentiments et amène des réponses et des attitudes

-Le schéma pour le kamma verbal est vaci-sankhara qui engendre les pensées.
Il y a dans cette dynamique, deux aspects : l’intellect examine un objet, puis formule un concept pour le nommer, c’est vitakka. En même temps, il vérifie si ce concept correspond vraiment à l’objet, il le raffine, il l’évalue, créant ainsi de nouveaux concepts. C’est l’évaluation, vicara

-Pour finir, le schéma pour le kamma corporel est kaya-sankhara, le schéma de l’énergie corporelle qui s’appuie sur l’inspiration et l’expiration comme condition de base nécessaire.
A cause de la respiration le corps, tout à son énergie (ou au repos), est un processus dynamique. Et sa vitalité (ou son manque de vitalité) nous enchante (ou nous déçoit). Ainsi, tout cela affecte citta, le mental affectif.

(...)

La suite de cet enseignement : La Respiration pendant la Méditation : ICI

Source: lerefuge


jeudi 6 décembre 2007

Méditation sur la Respiration





Plan de ce message:

1) Méditation sur la respiration par Ajahn Akincano
Les enseignements ci après, sont Extraits d'une retraite de Novembre 2002, dirigée par Ajahn Akincano, au centre "le Refuge"
J'ai choisi différents extraits de plusieurs enseignements.

2) Suivre la Respiration, par Ajahn Sumedho


3) anapanassati sutta : L'attention sur la respiration.

Ce sutta est très important, il complète en quelque sorte le "satipatthana sutta".
Le lire ou le relire, très attentivement est vraiment très utile.



1) enseignements sur la méditation


Bhavana

(...) Un des piliers de l’enseignement bouddhiste s’appelle bhavana, le développement spirituel.
Il y a plusieurs sortes de bhavana. La tradition contemplative s’intéresse particulièrement à la méditation, à la pratique formelle de la méditation : rassembler l’esprit, affiner l’esprit, le calmer, le comprendre, le libérer.

La Position :

Colonne vertébrale assez droite, cherchez à vous équilibrer, mettez le poids de votre corps sur le plus de surface possible. Et cherchez à faire cela d’une manière relâchée. Je vous prie de fermer les yeux : cela vous aide à amplifier l’expérience intérieure, l’expérience du corps de votre état énergétique.

Ce qu’on va faire, c’est très facile, très simple. Garder l’esprit dans le moment présent à travers ce que nous ressentons de nous-mêmes. J’aimerais bien vous proposer de prêter votre attention plutôt que de concentrer votre attention. Il y a une place pour la discipline dans cette pratique spirituelle, mais il y a aussi une place pour le relâchement, et trouver le chemin moyen sera le résultat d’une longue recherche.

D’abord, on se met dans une posture qui permet au corps de respirer calmement, qui permet aux organes intérieurs de trouver leur place, au diaphragme de pouvoir bouger facilement. Peut-être faudra-t-il relâcher un peu la ceinture. Faites ce qu’il faut pour respirer facilement.

Entrer dans le moment présent

Entrer dans le moment présent signifie quitter tout ce que l’on pense, quitter toutes les situations que vous avez vécues aujourd’hui. Je vous prie de consciemment quitter, laisser derrière vous les endroits d’où vous venez, laisser derrière vous votre travail, votre famille, vos amis, le chemin, les dialogues, les pensées, les images qui vous viennent quand vous pensez à aujourd’hui. Je vous prie d’entrer consciemment dans la situation présente. Non parce que le reste n’est pas bon ou pas utile, mais tout simplement parce que le moment présent est le seul moment où vous pouvez changer quelque chose. Le seul moment de liberté, c’est le moment présent (...)





Méditation sur la respiration



Lattention au souffle: chercher le mouvement de toute la respiration, peut être sentant comment le souffle touche tous nos organes, touche l’espace intérieur.
Appréciez votre bien-être.



(...) Quand nous nous libérons volontairement et délibérément du connu, c’est à dire des images que nous avons d’aujourd’hui, des recueils de nos états, des rencontres, peut- être de quelques idées, précieuses bien sûr, cela nous permet d’entrer plus consciemment dans ce qui est maintenant. Permettez que cela s’en aille pour le moment. Si c’est tellement précieux, cela reviendra, ne craignez pas.
Et en vous libérant de tout ça, vous allez entrer plus consciemment dans cette situation, ici, maintenant.


Prenez note du fonctionnement de vos sens : ce que vous sentez, ce que vous ressentez, ce que vous écoutez, vos expériences tactiles. Constatez le climat général : énergétisé, somnolent, ennuyé, anxieux, quoique que ce soit, notez le sans tellement d’analyse, sans vous y mêler.
Et puis reprenez le souffle comme objet, reprenez le va et le vient des sensations dans le ventre, la dilatation, la contraction de la poitrine, peut être le sens du toucher quand l’inspiration commence dans les narines.

Choisissez comme région de votre attention, l’endroit, quel qu’il soit, - nez, poitrine, ventre - où la sensation est la plus concrète, la plus tangible. Vous permettez à l’esprit de s’y placer. Votre attention reste accueillante et les sensations viennent, les sensations s’en vont, vous restez, vous constatez leur apparition, leur changement, leur petit climat et puis leur disparition. Constatez leur profondeur, leur rythme, leur texture, la vitalité qui s’y cache. Une immense simplicité dans tout ça !



Permettez à l’esprit de se réunifier, protégez le contre toute distraction, contre tout ce qui l’éloigne du présent, de votre accueil des sensations corporelles liées à la respiration. Soyez clair, soyez déterminé à le garder, à le protéger, permettez-lui de se rassembler. Notez bien que ce n’est pas nous qui le rassemblons, l’esprit comprend ce qu’il doit faire. Quand nous le protégeons, quand nous l’empêchons de se noyer dans les sens, dans les pensées, dans les images, quand nous le protégeons de telle manière, il sait très bien quoi faire pour s’unifier, il sait très bien devenir calme, devenir paisible, devenir transparent.
Ce simple mouvement d’une inspiration, de s’ouvrir à cette inspiration, et dans une expiration, de permettre que l’air qui nous nourrit nous quitte, démontre de grands mouvements universels.

Ouvrir, accepter, puis redonner, laisser, lâcher prise.
Si vous regardez un peu autour de vous, vous voyez que toute forme d’expérience dans votre vie demande une telle attitude, demande que vous soyez prêt à vous ouvrir, à risquer quelque chose, à devenir vulnérable, pour qu’autre chose puisse se présenter, puisse se manifester, puisse vous toucher. Et puis normalement, sans que vous ayez beaucoup à dire à ce sujet, il y a un moment où il vous faut lâcher prise, quoique bien, quoique heureuse que soit l’expérience, il y a un moment où cette expérience passe Il y a quelque chose qui change, il vous faut lâcher prise ! Vous pouvez lutter un peu mais, même si vous luttez beaucoup, on va quand même vous l’enlever ! On apprend à lâcher prise avant que les choses ne nous soient arrachées.

Les mouvements de l’inspiration et de l’expiration symbolisent l’expérience fondamentale de notre vie. Egalement, dans notre dépendance à la respiration, nous pouvons reconnaître la caractéristique de la conditionnalité. Nous dépendons des choses, nous dépendons de cette respiration. Les choses ne sont pas stables, ce sont des données et des conditions qui changent et dont nous dépendons fortement. Cet aspect peut se voir dans la respiration : l’air que nous respirons, en tant qu’élément, nous démontre l’impersonnalité de ce processus. Ce n’est pas mon air que j’inspire et que j’expire, je partage ce que j’inspire et ce que j’expire, je partage cet oxygène avec tout le monde, même avec ceux que je n’aime pas !

Presque tous les êtres, presque toutes les formes de vie sur cette planète échangent un peu de gaz avec leur environnement ; Nous ne sommes pas du tout seul. Nous pouvons reconnaître là, l’élément de l’impersonnalité.

Et finalement, dans le va et le vient de la respiration, du souffle, nous reconnaissons l’impermanence, le fait que nous sommes dans un échange continuel. Quoique parfaite soit votre inspiration, vous ne pouvez pas arrêter ce moment là, le processus continue, avec une expiration inévitable. Nous pouvons aussi reconnaître qu’au degré où nous bloquons notre respiration, où nous faisons des interventions, c’est plus ou moins corrélant avec le degré où nous bloquons le courant de notre vie. Nous pouvons reconnaître les blocages qui se présentent dans notre vie à peu près dans les blocages qui se présentent dans notre respiration. Il y a de forts liens entre les deux.

Nous prenons note de ce mouvement, ce mouvement primordial, ce mouvement universel et le prenons pour Refuge. Prenons le comme base de notre exercice, de notre pratique, pour nous mettre en contact avec nous même, pour prendre soin de nous. Nous prenons contact avec notre respiration, elle va nous dire si nous sommes excités, si nous sommes anxieux, si nous sommes stressés.
Si nous sommes calmes, notre respiration va nous le raconter. Et puis elle nous donne les moyens de transformer, quoi que ce soit que nous expérimentions. Il nous est possible de devenir plus calme, plus transparent, plus relâché, plus clair, à travers la respiration, par le simple mimétisme que, lorsque nous restons assis, calme, la respiration se calme. Quand nous prêtons notre attention à ce mouvement calmant, l’esprit va se calmer de même.
Nous prenons cette respiration comme une corde, et puis nous nous permettons de nous pacifier, de glisser et doucement, sans pousser, sans forcer, d’aller vraiment avec cette corde, jusqu’au fond de la nature vraie des choses.


L'attention

(...) Notez bien, l’attention n’est pas ce que nous voyons, n’est pas ce que nous écoutons. L’attention est plutôt ce qui nous permet de percevoir, de voir, ce qui nous permet d’écouter.
Il nous faut discerner les énergies qui nous permettent de vivre. L’attention me paraît l’énergie la plus précieuse. Elle nous permet d’être présent. Elle nous permet la participation à ce que nous expérimentons à travers nos sens. Et habituellement nous identifions cette attention avec le contenu de nos sens. Tout ce qui prend place dans votre esprit, prend place dans l’attention.

Quels sont les moyens qui nous permettent de nous rendre compte de la qualité de notre attention:

(...) Une des choses qu’il nous faut faire, avant de pouvoir pratiquer n’importe quoi, c’est de vérifier quelle est la somme d’énergie d’attention disponible dans notre système. Est-ce que nous sommes vigilant ? Est-ce que nous sommes alerte ? Nous devons être capable de connaître le degré de notre attention dans un moment particulier.
Parfois, il est crucial que nous dirigions cette attention, que nous soyons capable de la focaliser, de lui donner un objet, de former cette attention à travers un objet. Mais parfois, il n’y a pas assez d’attention. Donc, au lieu de la diriger, on essaye d’en générer, d’en produire, de la cultiver.

Ça se fait par exemple à travers la respiration. Notre souffle voyage entre esprit et corps, d’une manière assez simple, vous avez fait ça de nombreuses fois. Vous approfondissez votre respiration, vous allez vitaliser votre corps, apporter plus d’oxygène à votre cerveau, vous permettez à votre poitrine de s’élargir, vous permettez à vos poumons de se remplir plus profondément, de se vider plus profondément. Conséquence : il y a tout un enchaînement physiologique qui vitalise votre système, qui l’alimente. Un des effets de cette vitalisation est une plus grande clarté, une plus grande mobilité de l’esprit, et aussi une plus grande quantité d’énergie disponible.

source : Le REFUGE



2) Suivre la Respiration, par Ajahn Sumedho

anapanassati est une manière de concentrer le mental sur votre respiration ; ainsi, que vous soyez déjà un expert ou que vous teniez cette cause pour perdue, il y a toujours un moment où l’on peut suivre sa respiration. C’est une occasion de développer le « samadhi » (la concentration) en rassemblant toute votre attention juste sur la sensation de la respiration.

À ce moment-là, mettez-vous totalement dans ce point pour la durée d’une inspiration et la durée d’une expiration. Inutile d’essayer de le faire, mettons quinze minutes, parce que vous ne réussirez pas si c’était le temps que vous vouliez consacrer à la concentration en un point. Utilisez plutôt le temps d’une inspiration et le temps d’une expiration.
Maintenant tout le succès de l’opération va dépendre de votre patience plutôt que de votre volonté, parce que le mental vagabonde et nous avons toujours à revenir patiemment à la respiration.

Quand nous sommes conscients que le mental vagabonde, nous notons ce que c’est : c’est peut-être parce que nous avons tendance à y mettre beaucoup d’énergie au début et ensuite de ne pas pouvoir la soutenir en faisant trop d’effort, sans que cet effort soit soutenu. Ainsi nous utilisons la longueur d’une inspiration et la longueur d’une expiration afin de limiter l’effort à juste cette longueur-là pour soutenir l’attention. Mettez votre effort au- début de l’expiration pour la soutenir pendant toute sa durée jusqu’à la fin de l’expiration et ensuite faites de même avec l’inspiration. Par la suite, la respiration deviendra égale et l’on dit alors que l’on est en « samadhi » quand celle-ci semble se faire sans effort.

Au début, il nous semble qu’il nous faut faire beaucoup d’efforts ou que nous ne pouvons pas suivre notre respiration parce ce que nous ne sommes pas habitué à faire cela. La plupart de nos mentaux ont été entraînés à utiliser la pensée associative. Le mental a été entraîné à lire des livres, à aller d’un mot à l’autre, à avoir des pensées et des concepts basés sur la logique et la raison.

Cependant, anapanassati est un autre type d’entraînement où l’objet sur lequel on se concentre est tellement simple qu’il n’est pas du tout intéressant du point de vue intellectuel. Ainsi ce n’est pas la question d’être intéressé à cela mais celle de faire un effort et d’utiliser cette fonction naturelle du corps humain comme point de concentration. Le corps respire, que l’on en soit conscient ou pas. Ce n’est pas comme le pranayama où l’on développe des capacités à travers la respiration. Ici c’est plutôt développer le samædhi, la concentration et l’attention à travers l’observation de la respiration, la respiration normale, telle qu’elle est juste en ce moment.

Comme pour tout, il faut pratiquer pour y arriver ; personne n’a de problème à comprendre la théorie ; c’est le fait que cela soit une pratique continue qui décourage les gens. Mais prenez note de ce découragement même qui vient de ne pas pouvoir obtenir le résultat désiré, parce que c’est cela l’obstacle à la pratique. Notez cette sensation même, reconnaissez la et ensuite laissez la s’en aller. Revenez de nouveau à la respiration. Soyez conscient de ce point où vous en avez marre ou bien lorsque vous éprouvez de l’aversion ou de l’impatience, en faisant anapanassati, reconnaissez cela et ensuite lâchez prise et revenez de nouveau à la respiration.



3) anapanassati sutta: L'attention sur la respiration :

Dans ce sutta, le Bouddha expose l'attention à l'inspiration et à l'expiration ; Les Quatre Cadres de Référence ; les 7 facteurs d'Eveil, pour terminer avec les Claires Connaissances et Libération

Pour Lire ce sutta en entier, aller dans : "Quelques sutta" (avant dernier sutta)


Ci après : Extraits de ce sutta, à propos de l'Attention à l'Inspiration et à l'Expiration:

(...)Comment développer et pratiquer régulièrement la méthode de la Pleine conscience de la respiration afin que la pratique porte ses fruits et soit source de grands bienfaits ? Cela se passe ainsi, moines : le pratiquant va dans la forêt ou au pied d’un arbre dans un endroit désert : il s’assied dans la posture du lotus, le corps stable et droit, la Pleine conscience établie devant lui. Lorsqu’il inspire, il sait qu’il inspire ; lorsqu’il expire, il sait qu’il expire.

1-En inspirant longuement, il sait ‘j’inspire longuement’. En expirant longuement, il sait ‘J’expire longuement’.

2-En inspirant brièvement, il sait ‘j’inspire brièvement’. En expirant brièvement, il sait ‘J’expire brièvement’.

3-‘J’inspire et je suis conscient de tout mon corps. J’expire et je suis conscient de tout mon corps’. C’est ainsi qu'il pratique.

4-‘J’inspire et j'apaise mon corps tout entier. J’expire et j'apaise mon corps tout entier’. Ainsi pratique-t-il.

5-‘J’inspire et je me sens joyeux. J’expire et je me sens joyeux’. Ainsi pratique-t-il.

6-‘J’inspire et je me sens heureux. J’expire et je me sens heureux’. Ainsi pratique-t-il.

7- ‘J’inspire et je suis conscient de mes formations mentales. J’expire et je suis conscient de mes formations mentales’. Ainsi pratique-t-il.

8-‘J’inspire et je calme mes formations mentales. J’expire et je calme mes formations mentales’. Ainsi pratique-t-il.

9-‘J’inspire et je suis conscient de mon mental. J’expire et je suis conscient de mon mental’. Ainsi pratique-t-il.

10-‘J’inspire et je rends mon esprit heureux. J’expire et je rends mon esprit heureux’. Ainsi pratique-t-il.

11-‘J’inspire et je concentre mon mental. J’expire et je concentre mon mental’. Ainsi pratique-t-il.

12-‘J’inspire et je libère mon mental. J’expire et je libère mon mental’. Ainsi pratique-t-il.

13-‘J’inspire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes. J’expire et j’observe la nature impermanente de tous les phénomènes’. Ainsi pratique-t-il.

14-‘J’inspire et j’observe la disparition progressive du désir. J’expire et j’observe la disparition progressive du désir’. Ainsi pratique-t-il.

15-‘J’inspire et je contemple la nature non née et non morte de tout phénomène. J’expire et je contemple la nature non née et non morte de tout phénomène’. Ainsi pratique-t-il.

16-‘J’inspire et je contemple le lâcher-prise. J’expire et je contemple le lâcher-prise’. Ainsi pratique-t-il.