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samedi 27 juin 2009

Les empêchements à la méditation

Depuis quelques temps déjà je ne médite plus tous les jours et comme par hasard les douleurs liées à une ancienne sciatique sont revenues. Et j'ai même craqué cette nuit en prenant des antalgiques.

L'esprit nous joue des tours et le corps en paye les conséquences.

Cette nuit je me suis laissée emporter et même dépasser par la douleur car je n'ai pas réussi à l'observer sereinement.

Je désirais tellement que la douleur s'en aille qu'elle est restée.

Si le retour de la douleur est liée à la Non médiation, je suis dans l'impasse car si je médite de nouveau, ce sera indirectement Pour que la douleur disparaisse et bien sûr, dans ces conditions, elle ne disparaîtra pas.

Et surtout méditer pour obtenir quelque chose c'est faire fausse route.

Méditer ce n'est pas seulement s'assoir sur son tapis de méditation, méditer c'est reprendre le chemin emprunté par le Bouddha.

Si s'assoir les yeux fermés pour pouvoir mieux observer mon corps et mon esprit est indispensable à la débutante que je suis, cela ne me suffit plus, peut-être est-ce pour cela que je m'en suis éloignée?

Je réalise que les années les plus faciles sont les premières années car on est porté par l'ivresse du débutant, pour ne pas dire l'ignorance du débutant.

Plus les années passent plus les obstacles sont subtiles et plus on trouve de raison pour s'éloigner du chemin.

L'esprit nous emprisonne.

Lorsque des empêchements s'installent il faut les observer et s'en servir pour franchir une nouvelle étape. Etre conscient de la présence des ces obstacles c'est très important car comment lutter contre quelque chose qu'on ignore.

Les empêchements à la méditation portent bien leur nom....


Kathy, le 27 juin 2009





mardi 12 février 2008

Les 5 empêchements à la Méditation, par le Vénérable U pandita

C'est uniquement quand on observe l'esprit sans se sentir coupable, sans vouloir le changer qu'on le verra clairement. Il ne faut pas condamner l'avidité, la fierté, la colère... mais apprendre à travers elles.
(Stance : isarablog)




Remarques : Les cinq empêchements ou obstacles à la méditation ont déjà évoqué à plusieurs reprises sur ce blog. Nous sommes amenés à les rencontrer régulièrement durant la Méditation, c'est donc très important de savoir les reconnaître.

Ci après un enseignement du Vénérable U Pandita.
(Cet enseignement a été traduit de l'anglais pas vipassanasangha)




Lorsque l'on médite des obstacles apparaissent. Ce sont des empêchements ou nivarana en pali. Ils sont au nombre de cinq.

Le Bouddha compare ces empêchements à l'état de l'eau. Quelqu'un veut voir son visage se refléter à la surface de l'eau et il constate que l'eau est altérée et qu'il lui est impossible de reconnaître son propre visage.


Le premier empêchement est le désir pour le plaisir des sens : kamacchanda


Le bouddha dit : « L'homme regarde son image à la surface de l'eau comme dans un miroir, dans une eau dont on a changé la couleur, à laquelle on a ajouté de la couleur ».

L'homme n'est pas capable de reconnaître son propre visage car l'eau a été altérée par la couleur.

Un esprit qui essaie de trouver le calme n'y parvient pas car il y a dans cet esprit le désir pour toutes sortes d'expériences sensorielles : des sons harmonieux, des odeurs agréables, des pensées intéressantes. Toutes sortes de choses délicieuses provenant de nos six sens qui provoquent tout naturellement l'apparition du désir.

Des choses dont nous nous souvenons peuvent aussi susciter la recherche de plaisirs. Cela ne concerne pas seulement ce que nous touchons, ce que nous sentons, ce que nous goûtons dans le moment présent mais aussi tout ce que nous avons déjà vécu. Tout ce dont nous nous souvenons peut aussi susciter le désir sensoriel.

  • En savoir plus sur le désir : ( notamment durant une retraite de méditation) lire: Les obstacles durant la méditation - Part 1: Le désir (dhamma talk de Rosemary et Steve Weissman): ICI

Le deuxième empêchement est l'aversion, la haine : vyapada

C'est la méchanceté, la malveillance, la colère, l'agressivité, la haine.

Ce deuxième empêchement est un empêchement assez puissant. C'est l'homme qui cherche à voir son image dans le miroir et trouve de l'eau en ébullition. Il ne peut reconnaître son visage.

En effet, quand la colère est dans l'esprit, il est difficile de trouver le calme et de se décontracter. Ce peut-être des choses qui nous reviennent, qui n'ont rien à voir avec notre expérience immédiate.

Nous pouvons nous énerver pour des choses qui se sont passées il y a bien longtemps.

Nous trouvons notre coussin trop dur, trop bas, nous trouvons toutes sortes de bonnes raisons de nous fâcher.

Ces problèmes nous arrachent chaque fois à notre concentration et nous ne parvenons pas à méditer.

En fait c'est en nous que se trouve ce potentiel latent de colère, de désir, de peur, de besoin de contrôle. Ces émotions sont provoquées par des contacts, par nos relations, par ce qui se passe dans notre vie sociale. Nous avons tendance à dire : « c'est à cause de lui, c'est à cause d'elle » tout en niant qu'en nous-mêmes il y a de la peur, de l'insécurité, de la colère, un sentiment d'impuissance.

Le potentiel de nos émotions est en nous et les gens que nous blâmons pour avoir provoqué ces émotions ne sont en fait que des catalyseurs. L'émotion dont nous nous plaignons ou dont nous nous réjouissons est en nous ainsi que notre bien-être et notre malheur.

Cela ne veut pas dire qu’il n'y a pas de mauvaises personnes qui se comportent mal, de manière inacceptable. Mais notre propre résonance vis-à-vis de ce qui se passe dans notre vie est de notre entière responsabilité. Accepter cela est la base de toute démarche spirituelle.

Nous sommes responsables du degré de complicité que nous avons avec notre souffrance et notre bonheur.

  • En savoir plus sur l'aversion et notamment durant une retraite de méditation : Les obstacles durant la méditation - Part 2: L'aversion:(dhamma talk de Rosemary et Steve Weissman): ICI

Le troisième empêchement est la paresse, la somnolence : thina-middha

C'est la faiblesse de l'esprit qui vacille, qui est visqueux, submergé, incapable de suivre précisément l'objet de méditation.

L'esprit devient apathique et ne parvient plus à garder la posture du corps droite et ferme. Les paupières deviennent lourdes, la tête tombe vers l'avant, le dos se courbe.

Nous avons tendance à penser « je suis fatigué, je vais aller me reposer et ensuite je pourrai mieux me concentrer ».

En fait c'est une invitation à la paresse et à la somnolence.

Pour surmonter cet empêchement, nous devons essayer de retrouver notre énergie et nous concentrer à nouveau très fermement.


Le quatrième empêchement est l’agitation et les remords : uddhacca-kukkucca


1er aspect : L'agitation :

C’est une inquiétude, une sorte de nervosité qui se transforme en démangeaisons, en besoin de se gratter, en petites douleurs partout.

Parfois ces petites douleurs ont l'air sérieux, « cela pourrait être le ménisque, il faut bouger ». C'est très convaincant. On fait toute une histoire par rapport à cela, et dès que l'on commence à donner de l'intérêt à ces sensations, cela ne s'arrête plus.

Nous pouvons passer des heures à nous gratter avec des sensations de chatouillement.

Il ne faut pas bouger. C'est vraiment la façon la plus efficace de se débarrasser de ces phénomènes. C'est l'esprit qui se divertit par l'intermédiaire de ces petits maux.

Toutes ces sensations qui piquent, qui démangent sont convaincantes et il est très difficile de ne pas y croire. Nous aurons tendance à vouloir nous en débarrasser en bougeant, mais il est
recommandé de ne pas bouger, de ne pas se gratter.

L'inquiétude nous empêche de trouver le calme mental, elle nous empêche de trouver la clarté, la lucidité de l'esprit. C'est cette lucidité qui est nécessaire pour avoir une compréhension juste.

Le deuxième aspect, ce sont les remords.

C'est la conscience qui se montre, nous sommes perturbés par des remords. Au lieu d'être un problème physique, c'est un problème mental, quelque chose que nous avons fait nous trouble. Nous nous sentons soit coupable soit responsable.

Il est très important de comprendre et de respecter les préceptes, car c'est la moralité qui nous protège contre de tels remords.

Sila, la moralité est liée à la pratique de la méditation. Si nous vivons d'une façon qui provoque des remords cela reviendra pendant que nous méditerons.

Dès que cela remonte, cela nous empêche de nous unifier. C'est pour cette raison qu'une vie morale pure est la base de tout progrès dans la méditation.

Si notre manière de vivre provoque des sentiments de culpabilité, des remords, il sera très difficile de nous concentrer car nous serons troublés.

La colère peut aussi nous troubler.

Nous pouvons faire des gestes, prononcer des mots, avoir des attitudes qui font mal aux autres et à nous-mêmes. Cela peut aller très vite.

Avec les remords cela va un peu moins vite, mais cela nous perturbe quand même.

  • En savoir plus la somnolence et l'agitation : 3 et 4e empêchement (dhamma talk de Rosemary et Steve Weissman) : Les obstacles durant la méditation - Part 3 et 4 : La somnolence et l'agitation : ICI


Le cinquième empêchement est le doute : vicikiccha

C'est comme l'eau trouble, ce n'est pas clair, l'homme ne peut y voir son reflet. Le doute est quelque chose qui parvient avec succès à nous empêcher de nous concentrer.

Le doute n'est pas intellectuel, c'est une émotion. En général nous ne reconnaissons pas le doute comme une émotion. Nous considérons le doute comme quelque chose que nous ne savons pas, mais en fait il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas et qui ne sont pas des doutes. Par exemple je ne sais pas s'il pleuvra demain, et cela ne me travaille pas du tout.

Le dénouement d'une émotion se passe au niveau du coeur et ne peut se passer au niveau du mental. La pensée ne peut nous aider face à une émotion forte. Les émotions ne se calment pas avec les pensées.

Nous pouvons penser vite pour couvrir l'émotion, mais plutôt que de résoudre l'émotion, nous la figeons, nous la recouvrons parce que l'activité mentale est parfois plus convaincante et plus rapide que l'émotion.

Nous arrivons ainsi à détourner l'attention d'une émotion et à nous convaincre que ce que nous pensons est vrai. En fait l'émotion continue et remonte dès que la pensée diminue.

Nous n'arrivons pas vraiment à résoudre ou à dénouer un état émotionnel par la pensée, et le doute en est un très bon exemple. Tout essai pour résoudre le doute par l'intellect est voué à l'échec.

Le doute peut être à propos de soi-même, à propos de la méthode ou de la pratique ou encore en ce qui concerne l'enseignant. Nous nous mettons à douter du moindre aspect de la pratique.

C’est plus qu'un simple doute, cela devient de l'épuisement mental dû à la spéculation, à la confusion.

Lorsque ces empêchements apparaissent, il faut commencer par les identifier, les
reconnaître et c'est l'attention qui permettra de les éradiquer.


En savoir plus sur le doute
: lire aussi sur ce blog :



En savoir plus sur les 5 empêchements ou 5 obstacles:
  • Tous les messages de ce blog sur les 5 empêchements : ICI

vendredi 8 février 2008

Les obstacles durant la méditation - Part 5 : Le doute




Rappel : Ce message est la suite des messages suivants :


  • part 1 : Présentation des 5 empêchement et Premier obstacle : Le désir : ICI
  • Part 2 : Deuxième obstacle : l'aversion : ICI
  • Part 3 et 4 : Troisième et quatrième obstacles : La somnolence et l'agitation : ICI
Ce message : Part 5 : Le doute + résumé de l'attitude à avoir face à ces 5 obstacles ou empêchements

Pour une meilleure compréhension : Lire les messages dans l'ordre

Par ailleurs, Le doute, évoqué ci après, a déjà été abordé dans un précédant message : ICI


Rappel et remarques préalables :

Qui d'entre nous n'a pas douté en empruntant le chemin, qui d'entre nous ne doutera pas encore...

Suis-je sur le bon chemin?
Ce chemin est-il le seul qui conduise à l'Eveil?
L'enseignement de Bouddha est-il vrai?
Qui était vraiment Bouddha?
Aurais-je la force de franchir tous les obstacles?
Que ce passe t'il vraiment après la mort?

Tout cela s'est passé il y a 2500 ans, et depuis, le chemin emprunté par Bouddha, seul et sans aide, a été emprunté par des milliers de personnes, qui ont douté avant nous et qui pourtant ont continué d'avancer.

En réalité, la seule chose qui compte c'est : AVANCER. Il y aura des périodes avec des doutes, d'autres périodes sans. Parfois le doute nous ralentira, d'autre fois pas.

Finalement, nous doutons davantage de nous même que du dhamma.




Ci après, le doute est abordé de manière différente, plus concrète dirons nous, que dans mon autre message sur le doute (ICI) puisqu'il s'agit en fait d'un "dhamma talk" durant une retraite de méditation, extrait du livre "Méditation Vipassana- L'enseignement de 10 jours de retraite" par Rosemary et Steve Weissman



LE CINQUIÈME OBSTACLE : LE DOUTE

Le doute, c'est l'esprit qui hésite. Son énergie est paralysante. C'est un blocage, un brouillard
épais, une incertitude, et principalement un manque de confiance.


Il y a le doute envers soi même

Par exemple, alors que nous avons du mal à rester assis sans bouger, nous constatons en
ouvrant les yeux que tous les autres sont immobiles: "Tout le monde est capable de méditer, sauf moi ! "

(si vous êtes en retraite) Il y a doute à propos de la retraite

"Tout le monde va et vient sans se parler. On s'assoit, on va, on vient sans cesse - on dirait un hôpital psychiatrique "

Il y a doute envers les instructeurs

(...)

Il y a le doute envers l'enseignement

Est-ce que je suis sur la bonne voie?
Comment vais-je parvenir à l'illumination, trouver les réponses aux questions qui me tourmentent juste en restant assis là, attentif à ma respiration ?

Il y a le doute sur le futur

Où irai-je après la retraite ? Que ferai-je ? Qu'est-ce que je vais faire de ma vie ?

(...)

On est pas sur de pratiquer correctement (...)


Le doute est un obstacle qu'il est important de reconnaître

Le doute est un obstacle qu'il est important de reconnaître car sa force réside dans sa capacité de nous freiner, de nous faire fuir devant les défis de la vie et d'énéantir nos meilleurs intentions.

Si notre esprit est envahi par le doute, toute pratique est impossible, nous sommes assaillis par une foule de pensées et nos efforts manquent d'enthousiasme. Comme notre pratique est en dents de scie, les résultats, si par hasard ils se manifestent, sont très lents, et nous en rendons responsable la méthode plutôt que nos doutes et notre manque d'effort.


Le doute est dangereux

Le doute est également dangereux car si nous ne nous en détournons pas en nous interrogeant pour l'élucider, il peut alors facilement se transformer en aversion et haine.
A ce stade, nous nous détournons alors de l'enseignement, de la personne ou de la chose qui l'a suscité. Nous cherchons et trouvons des raisons de ne plus suivre l'enseignement et de douter.

Cela ne signifie pas qu'il faille accepter les choses aveuglément. Nous devons peser intelligemment ce que nous entendons en nous efforçant de rester ouverts. Si ces paroles nous semblent utiles, essayons alors de les mettre en pratique et de nous en fortifier par l'expérience. Sans un minimum d'effort il est impossible de ressentir les bienfaits de la pratique, elle sera toujours l'expérience d'un autre.


Alors comment faire face au doute ?

D'abord l'identifier : notre esprit est assailli par l'hésitation, un flot d'arguments et de
discussions.

Si nous doutons de nous-mêmes, reconnaissons que cela vient pour une grande part du fait que nous avons été conditionnés à penser que nous n'étions pas à la hauteur et de l'instinct de compétition si fort en Occident.

Essayez de ne pas vous laisser submerger par le doute

Il ne vous est pas demandé d'atteindre Sagesse, Equanimité et Concentration parfaite dés demain. Souvenez vous toujours de cela.

Essayez de ne pas vous comparer aux autres. Contentez vous de faire de votre mieux dans le moment présent. (...)


Comment se caractérise le doute ?

Le doute se caractérise par l'hésitation, l'incertitude, le manque de confiance.

Essayez de reconnaitre son énergie et notez (ci cela vous aide) "doute doute" et observer le. Essayez de vous ouvrir à son énergie difficile, voyez son caractère frustrant et sa tension particulière.

Éprouvez de la Compassion devant cette insatisfaction et cette tension et apprenez à doucement lâcher prise.

Si nous en reconnaissons fréquemment les caractéristiques, le doute aura moins de pouvoir sur nous. Nous pourrons l'identifier plus rapidement sans nous laisser entraîner par lui. (...)


Résumons

Il y a le désir, l'aversion, l'indolence et la torpeur (ou somnolence) l'agitation et l'inquiétude et enfin le doute.

Ce sont les cinq obstacles majeures qui déstabilisent l'esprit et créent des problèmes, jusqu'à ce que nous les reconnaissions, comprenions l'énergie qui les anime et voyions comment nous en débarrasser.

Essayez de les examiner avec une Compréhension Compatissante. Votre façon de penser et de réagir d'autrefois sont les causes de leur manifestation.

Examinez-les sans les refouler ni vous y abandonner. Tentez de développer en vous une conscience, une perception des choses, telles qu'elles sont, en restant détachés.

Cette Vigilance nous apporte la faculté de prendre conscience de leur présence dés qu'ils se manifestent.

Nous pouvons alors essayer d'étudier et d'apprendre la manière dont ces énergies particulières
influent sur notre corps et notre esprit, et ainsi peut-être, parvenir à en saisir la nature frustrante. Nous pourrons mieux comprendre comment notre attachement, notre implication pour et avec ces énergies peuvent engendrer problèmes et stress, en éprouver de la Compassion et apprendre doucement à lâcher prise.

A mesure que notre Attention se développe nous sommes plus à même de déceler plus fréquemment ces énergies, énergies de mieux les comprendreet de nous en délivrer plus facilement. De cette manière leur emprise se relâche peu à peu. Peut-être aussi serons nous plus aptes à comprendre leurs origines et donc à voir comment les empêcher de se manifester à nouveau.

Ces obstacles peuvent nous servir de tremplin pour développer la vision pénétrante et la compassion

Dans la méditation vipassana on prend conscience à chaque instant du corps et de l'esprit: de la respiration, des sensations physiques, des sentiments et des pensées. Tout surgit, demeure un instant et disparaît. Nous pouvons commencer à percevoir la nature éphémère des choses et essayer de nous mettre en harmonie avec elle. Nous pouvons commencer à voir le caractère frustrant, la tension et la souffrance liées à notre attachement aux choses éphémères.

Le développement de cette Compréhension Compatissante renforce notre désir et notre capacité de lâcher prise en douceur.


Source : Méditation Vipassana- L'enseignement de 10 jours de retraite" par Rosemary et Steve Weissman. Extraits du Chapitre : 2e jour : Les 5 obstacles



Remarques sur la FOI



Dans le livre de Rosemary et Steve Weissman , La Foi n'est pas abordée, ou en tout cas, pas directement. Pourtant, la Foi a une importance capitale et est un "remède" aux 5 obstacles et notamment au doute.


En complément je vous invite à lire :
La Foi qui clarifie l'esprit

Extraits :


La qualité de foi ou saddhā a également la faculté de clarifier l’esprit et de le débarrasser des nuages du doute et de l’aversion.
Imaginez un seau rempli d’un liquide boueux, plein de sédiments. Il existe des substances chimiques comme l’alun qui purifient l’eau en faisant tomber très rapidement ces particules en suspension. La foi opère exactement de la même façon ; elle fait tomber les impuretés et amène ainsi une clarté étincelante dans l’esprit.
Un yogi qui ignore les vertus du Triple Joyau - le Bouddha, le Dhamma et la Sangha - est submergé par la septième armée de Māra car il doute de la valeur de la méditation. Son esprit ressemble à ce seau d’eau trouble. Mais lorsqu’il aura lu à propos des vertus du Triple Joyau, qu’il aura discuté à propos du Dhamma, ses doutes vont progressivement se calmer pour faire place à la foi.



Les obstacles durant la méditation - Part 3 et 4 : La somnolence et l'agitation






Rappel : Ce message est la suite des messages :


  • Premier obstacle : Le désir : ICI
  • Deuxième obstacle : l'aversion : ICI

Il est donc préférable de lire ces deux messages ci dessus, avant celui ci.


Remarque : Les phrases (entre parenthèse et en bleu) sont des remarques personnelles, elles ne sont pas dans le texte original




TROISIÈME OBSTACLE : LA SOMNOLENCE OU LA TORPEUR




Dans le langage courant ils ont pour synonymes, paresse inertie, lourdeur, somnolence, ennui, refus de mobiliser la moindre énergie, etc.


La somnolence et la fatigue sont des phénomènes fréquents que rencontrent plupart des gens qui méditent

Essayez de prendre se mal en patience, en comprenant qu'à mesure que la retraite (ou l'habitude de la méditation) avancera, vous vous habituerez sans doute aux nouvelles conditions et votre esprit deviendra plus clair
Essayez de reconnaître et d'observer le moment où votre esprit somnole, devient lourd inerte, sans énergie, rendant toute chose floue et brumeuse.

Il s'en suit souvent une aversion pour cette somnolence que nous voulons voir disparaître. Cette réaction ne fera qu'aggraver le phénomène. (...)


Comment gérer la torpeur ou somnolence ?

Quand elles sont là il devient difficile d'être attentif à sa respiration. Le souffle est si
subtil et notre esprit est devenu si lourd. La respiration a d'ailleurs parfois un effet apaisant sur les gens qui méditent, et ouvre parfois la porte à la somnolence.


A ce moment là, ne vous attardez pas sur votre respiration mais concentrez vous sur tous les points de votre corps en notant vos différentes sensations:

Vos yeux sont-ils lourds? Votre tête est-elle penchée, notez le mentalement (ou observez le simplement) puis redressez la tête. Le dos affaisé ? notez toujours (ou observez simplement) et redressez le dos (parfois, le simple fait d'observer le dos penché, on a l'impression que le dos se redresse tout seul, comme par magie.. Durant plusieurs mois à chaque fois que je méditais mon dos se penchait vers l'avant, dés que je réalisais cela, j'observais mentalement mon dos et il se redressait: j'en parle dans le récit de ma retraite... )

(...)

Si l'on procède ainsi, sans blâme, ni attachement, on constate que la nature même de la somnolence est éphémère. Dans la méditation vipassana on essaye de ne rien rejeter, mais au contraire d'examiner et de voir les choses telles qu'elles sont et non pas comme nous croyons qu'elles sont ou comme nous voulons qu'elles soient.. mais telles qu'elles sont en réalité. (...)



LE QUATRIÈME OBSTACLE : L'AGITATION





L'agitation et l'inquiétude constituent le contraire de la somnolence et de la torpeur

L'agitation se manifeste souvent par des pensées qui échappent à notre contrôle


(...) On a une sensation de turbulence, de frénésie. Des pensées qui se bousculent, et basculent dans le futur, dans le passé dans le présent, ici, là-bas, partout.

En nous projetant dans le futur, nous inventons des situations et nous nous inquiétons du résultat d'évènements qui ne se produiront probablement jamais, et qui développent en nous la peur, et l'anxiété de ce qui pourrait se produire dans 2 jours, 2 semaines, 2 ans, 20 ans.

En nous tournant vers le passé, nous remuons nos souvenirs, et cela engendre souvent un sentiment de culpabilité, de chagrin ou de mécontentement qui submerge notre esprit.


L'agitation et l'inquiétude sont souvent de gros obstacles pour ceux qui débutent dans la méditation

Cette agitation de l'esprit se concrétise physiquement par une forte impulsion (envie) de se lever et de partir, par une incapacité de rester assis tranquillement, même en l'absence d'inconfort majeur.

Nous éprouvons alors une telle tension dans notre corps et dans notre esprit qu'il semble que nous allons exploser si nous n'arrêtons pas bientôt la séance ou si la cloche ne sonne pas la fin de la méditation.

Une inquiétude fréquente chez la plupart des méditants prend forme devant l'énormité, le côté gigantesque de la tâche accomplir. (..) Cette attitude peut épuiser l'esprit

Lors d'une retraite cela se produit durant lors des premiers jours (..)

Rappelez-vous que vous devez seulement vous soucier du prochain pas, de la prochaine respiration (...)

Ressentez la tension et la souffrance corporelle et mentale, les sensations et les symptômes qu'elles engendrent, telles que l'inquiétude et la peur. Sans les fuir, vivez les conscient (...)

Ne réagissez pas en adoptant des jugements rigides comme : "l'inquiétude, l'agitation, la peur sont mauvaises", car ce serait ne pas en saisir leurs énergies positives et entraver ainsi votre voie vers la Compréhension Compatissante.

Fuyez de même tout idéalisme excessif, ne pensez pas que nous ne devrions pas avoir peur, être soucieux ou agités. N'oubliez pas la "Loi du Conditionnement" : nos pensées d'aujourd'hui sont le fruit de nos réactions, de nos inclinations d'hier et que la manière dont nous les gèrons maintenant détermine cependant notre avenir (...)


Source : "Méditation Vipassana- L'enseignement de 10 jours de retraite" par Rosemary et Steve Weissman





LE CINQUIÈME OBSTACLE : LE DOUTE : Lire ICI

Les obstacles durant la méditation - Part 2: L'aversion




Ce message est la Suite de :

Les obstacles durant la méditation - Part 1: Le désir
: ICI
( A lire au préalable pour mieux comprendre ce message)

(...)

LE SECOND OBSTACLE EST L'AVERSION, LE DÉGOUT


Il est à l'opposé du désir; Il suscite un mouvement de rejet et non comme le désir un élan pour obtenir.

Nous rencontrons tous des situations déplaisantes dans la vie, c'est normal, et ce que nous rajoutons à ce désagrément, c'est un sentiment d'aversion; une attitude de condamnation de l'esprit

L'aversion est une énergie puissante

L'aversion habituellement est une énergie puissante. Et pour cette raison, beaucoup la trouvent extrêmement stimulante. Ils aiment cette confusion, cette absence de platitude et d'ennui. La
colère et la haine leur donnent une très forte sensation d'identité.

Cependant, ces personnes n'ont pas encore examiné profondément les conséquences négatives que la colère et l'aversion provoquent sur leur esprit et leur corps. Ils n'ont pas encore pris
conscience des dégâts que la haine et l'aversion font, non seulement à ceux pour qui on les éprouve, mais à nous tous. Il n'y a qu'à constater les effets dévastateurs de cette aversion et cette haine dans le passé et aujourd'hui dans le monde entier.

L'aversion peut prendre de nombreuses formes

L'aversion peut prendre de nombreuses formes : jalousie , jugement, peur, préjugé, agacement, irritation, haine, colère, etc. Elle peut avoir pour objets les forme, les sons, les odeurs, les goûts, les sensations du corps ou les pensées.

On peut éprouver de l'aversion envers les gens qui ne nous plaisent pas, qui nous provoquent, ceux dont les croyances et les opinions diffèrent des nôtres, ou peut-être ceux qui ne répondent pas à nos attentes.

L'aversion ou le mécontentement peuvent aussi survenir quand le désir est contrecarré et reste inassouvi. Quand nous n'obtenons pas ce que nous voulons, nous commençons à blâmer et à juger notre entourage, les situations, à nous considérer meilleurs, et à trouver de bonnes raisons à notre colère et à notre aversion. Tel a été notre comportement habituel à ce jour.

Ces attitudes de rejet ou de condamnation laissent en nous une empreinte profonde(...)

Quand nous pratiquons la méditation alors que nous essayons de nous concentrer sur le souffle, ces impressions profondes refont souvent surface.(...)

(..) Cette tension, ces sentiments désagréables qui surgissent en nous sont caractéristiques de l'aversion, du jugement, des comparaisons dévalorisantes, des désirs contrecarrés et des attentes inassouvies. La cause de cette tension et de ces problèmes réside dans notre propre esprit, dans notre manière de réagir aux situations.

Mais pour la plupart d'entre nous, le comportement habituel est de blâmer l'extérieu1, les gens, la situation, plutôt que nos propres réactions à nos expériences et à nos attentes (...)



Quels sont les types d'aversion que les méditants rencontrent habituellement au cours d'une retraite ?(ou d'une séance de méditation avec d'autres personnes)

Nous pouvons être assis tranquillement et penser qu'enfin nous sommes définitivement capables d'être à l'écoute de notre souffle; il entre, il sort, notre poitrine se lève, s'abaisse, et nous y sommes effectivement attentifs. Puis la personne à côté de nous se met à bouger, à remuer, faire du bruit (...) Et soudain notre esprit se déconnecte :
" Pourquoi a-t-elle besoin de faire tant de bruit ? Ne peut-elle pas rester assise tranquille ? Cela me dérange ! "

Et peut-être commençons- nous à juger (...)

Ou bien nous pensons qu'il y a vraiment trop de méditation assise ou de marche... En quelque sorte, nous nous posons instantanément en experts, capables de décider ce qu'une retraite de méditation devrait être et comment elle devrait être organisée.

Ou bien quelqu'un prend trop son temps dans la file d'attente pour le repas, se servant très lentement, avec une grande attention. Il se peut que nous nous impatientions, en pensant: "enfin, il n'a pas à lambiner autant pour être attentif ! "

(...)

Peut-être que l'instant d'après vous retournez le blâme contre vous, construisant une aversion de vous-même (...)


Que devons nous faire de cette aversion ?

D'abord tenter de l'empêcher de se manifester. Lorsque vous entendez un son notez mentalement "entendre entendre" et observez le disparaître.

Faites de même avec tout ce qui s'offre à la vue, aux sensations physiques. Voyez comment les sensations surgissent, demeurent un instant puis s'évanouissent. (...)


Si vous échouez et que vous vous égarez dans l'aversion essayez de le reconnaître

(...)

Nous allons recherchez les caractéristiques de l'énergie, de la colère de l'aversion (..)
Qu'est-ce que la colère? Et l'aversion? Quelles sensations engendrent-elles dans le corps et dans l'esprit.... Passez en revue votre corps : les machoires : sont-elle serrées? les poings? (...) la respiration est-elle régulière? (...)


Observez l'agitation de votre esprit et soyez clairement ouvert à l'insatisfaction, à la tension, à la souffrance de l'aversion.

(...) avec conscience et sagesse, nous constatons que la nature de l'aversion est tension (...) la compassion émanera de ce stress (...)

Peu à peu, à mesure que notre perspicacité se développe, nous sommes capables de discerner le moment où l'aversion est déjà présente, ou celui où elle surgit dans notre esprit.
Si nous sommes capables de l'observer et de l'étudier sans lui donner davantage corps, ni lui laisser libre cours par l'attachement que nous lui portons, nous apprenons à reconnaître son énergie particulière; nous pourrons l'identifier plus facilement dès qu'elle se manifeste.


source : Extraits du livre "Méditation Vipassana- L'enseignement de 10 jours de retraite" par Rosemary et Steve Weissman



Le troisième obstacle est appelé indolence et torpeur, paresse ou somnolence...
Le quatrième : l'agitation et l'inquiétude

Lire la suite ICI



Les obstacles durant la méditation - Part 1: Le désir





Le désir fait partie de ce que l'on appelle, les cinq Obstacles ou empêchements à la méditation


J'ai déjà évoqué les obstacles ou empêchement à la méditation dans plusieurs messages

  • Les 5 empêchements à la méditation : ICI
  • et aussi dans :Ariyavasa sutta, commenté par Sayadaw Mahasi; dans le paragraphe intitulé "Les 5 empêchements" ICI

Ci après, des extraits tirés du livre : " Méditation vipassana ; l'enseignement de 10 journées de retraite" par Rosemary et Stave Weissman

Dans ces extraits, l'approche des 5 obstacles et notamment du désir, est plus pratique que dans mon précédant message sur Les 5 empêchements à la méditation qui est, disons, plus théorique.

Dans ces extraits sont abordés les obstacles qui se manifestent durant la méditation


Pour Rappel :

Ces cinq éléments sont considérés comme s’opposant à toute compréhension claire, en fait à tout progrès. Quand on est dominé par eux, sans savoir comment s’en débarraser, on ne peut pas comprendre ce qui est vrai ou faux, bon ou mauvais.

Ces 5 obstacles ou empêchements sont :

1- Le désir pour les plaisirs des sens : kamacchanda en pali

2- L'aversion, la haine : vyapada
3- La paresse, la somnolence : thina-middha
4- L'agitation et les remords : uddhacca-kukkucca
5- Le doute

Dans ce message, après la présentation générale, c'est le premier obstacle: Le désir, qui sera abordé, les autres obstacles seront abordés dans un autre message.


Pour mieux comprendre cet obstacle, je vous conseille de lire au préalable, sur ce blog :
  • Les 5 empêchements à la méditation : ICI



Ci après des extraits du chapitre intitulé : "2e jour : Les Cinq Obstacles"


(...)

Les obstacles à la concentration provoquent souvent une tension physique et mentale de plus en plus grande.


Dans l'enseignement du Bouddha ils sont appelés les Cinq Obstacles.(...)

Dans la méditation Vipassana, une grande partie de notre travail consiste à gérer ces obstacles, à les utiliser comme moyens pour développer la Vision pénétrante et la Compréhension.

Quand ces obstacles surgissent, nous pouvons apprendre à reconnaître les pensées et les états d'esprit qu'ils produisent.

Nous pouvons apprendre à prendre un peu de recul et à observer leurs effets sur le corps et l'esprit. Nous pouvons essayer d'observer leur énergie particulière t'elle qu'elle est en essayant de ne pas se laisser entraîner par eux ni de les repousser


En les observant objectivement, peu à peu, nous comprenons leur nature et apprenons à nous en détacher.

En général, quand ces pensées et ces émotions surgissent nous nous y impliquons et nous nous laissons prendre dans un cycle de réactions. Nos contacts avec les gens et les choses sont obscurcis et oblitérés par elles. Elles prennent de plus en plus de force et finissent par dominer notre esprit.

Quand cela arrive, il devient alors difficile d'avoir une vue claire des choses. Nous percevons alors uniquement nos points de vue et nos opinions. (...)

Si sans cesse nous apprenons à reconnaître les obstacles qui se manifestent dans notre esprit, nous deviendrons alors capables de les observer et ainsi de ne plus les alimenter.(...)

À la longue, la Compassion peut prendre le pas sur l'insatisfaction, la tension et les difficultés mentales et physiques. Et nous apprenons doucement à lâcher prise. Nous serons alors capables de voir la nature éphémère de ces obstacles qui surgissent et disparaissent (...)

Au début, nous ne reconnaîtrons peut-être les obstacles qu'après nous êtres laissé entraîner par eux pendant un certain temps (...)

C'est en édifiant peu à peu cette vigilance et cette conscience que nous serons capables de nous rappeler que nous sommes en train de méditer et que nous nous sommes égarés. Cet instant de
vigilance est très précieux. précieux. Ce moment je reconnaissance nous permet d'examiner la situation et de doucement lâcher prise (...)

Plutôt que de considérer comme un problème les pensées et les émotions qui surgissent dans notre esprit avec la volonté de les supprimer ou de les détruire à tout prix, nous pouvons les transformer pour atteindre la Vision pénétrante, la Compréhension et la Compassion.

La méditation Vipassana consiste à élargir une conscience libre d'attachement, une concentration et une compréhension claire de tout ce qui peut se passer à chaque instant dans
l'esprit et le corps tout en percevant sa nature éphémère.

Tout ce qui surgit à l'intérieur de notre esprit et de notre corps prend fin un jour. Le souffle va et vient, les pensées surgissent et s'évanouissent, tout comme les sensations. Cela est le reflet du changement permanent de la nature. (...)


Essayez de ne pas éprouver d'aversion envers eux, de ne pas penser que ces obstacles ne devraient pas exister.

Essayez de les reconnaître quand ils sont là. Essayez de comprendre avec Compréhension et Compassion que votre esprit est le produit d'un conditionnement. Tout ce qui surgit dans le présent est la conséquence de nos habitudes et de nos actes passés. De la façon dont nous avons réagi et pensé autrefois, du conditionnement social, de notre éducation, de nos croyances, de nos parents, nos amis, nos professeurs.

Les obstacles peuvent engendrer deux réactions :
Une qui consiste à les détruire, c'est la réaction extrême, l'autre à les nourrir. (...)


Si nous les détruisons nous ne parviendrons pas à en prendre conscience et nous n'aurons pas ainsi l'occasion de nous en débarrasser.
Si nous nous abandonnons à eux, nous serons continuellement sous l'emprise de leur pouvoir (...)

Il nous faudra beaucoup de Patience, de Persévérance, d'Energie et de Compréhension
compatissante car cette douce attitude bienveillante est nécessaire.(...)

L'esprit et ses intentions sont deux choses distinctes

On commence peut-être à voir que l'esprit et ses intentions sont deux choses distinctes, que l'esprit a la capacité de rester impassible et serein face au jaillissement puis à la disparition de ces énergies. Cela exige Ténacité, Patience, compassion, et la volonté permanente de toujours être prêt à recommencer. (...)

Souvent nous pensons que si nous ne sommes pas capables rester longtemps attentif à notre respiration, à nos pas, à nos activités, nous ne faisons pas grand chose.

Mais en réalité le simple fait d'essayer encore et encore, de constamment revenir à notre objet d'attention et de reconnaître ce qui se passe dans notre esprit nous permet de développer notre Patience, Ténacité, Effort, Énergie(...)



LE PREMIER OBSTACLE A RECONNAITRE EST LA SENSATION DE DÉSIR

C'est un sentiment de manque d'inachèvement et de pauvreté de l'esprit.
On désire des objets, des sons, des odeurs, des goûts, des sensations physiques agréables, ou quand on les possède, on voudrait qu'ils soient toujours là. La sensation de désir est une recherche inassouvie perpétuelle. (...)


L'insatisfaction se manifeste parce que nous ne sommes jamais contents de ce que nous avons

Cette sensation de désir nous domine et gouverne une grande partie de notre vie. (...)
Cela peut se traduire par la recherche constante d'émotions toujours plus intenses: un meilleur spectacle, un meilleur son, la nourriture la plus délicieuse ou le meilleur partenaire.(...)


Ce n'est pas l'objet du désir qui nous cause des problèmes mais la sensation de manque, la croyance tenace que si nous possédions tout ce que nous désirons, nous serons heureux

(...)

Combien d'entre nous se perdent dans le mode de pensée très fréquent du "si seulement ":

Si seulement j'avais l'argent nécessaire ... je serais heureux.... Si seulement je possédais un joli terrain quelque part, je serais heureux.... Si seulement j'avais la partenaire qu'il me faut ect....


Comment se manifeste le désir durant nos méditations

(...) Parfois nous nous mettons aussi à rêver de musique, à chanter dans notre tête. Cela nous semble beaucoup plus excitant et créatif que de rester assis là, en silence, en train de se concentrer sur notre souffle.

Sur un plan plus subtil, il existe ce désir de sensations bien heureux, de lumières éclatantes et de visions pendant la méditation.
Il y a ce désir de rester concentrés pendant tout le temps que nous sommes assis, et même celui de la prochaine respiration. Et par dessus tout, le désir d'entendre la cloche sonner.

Le désir est une sorte de rejet du moment présent

Le désir est un mouvement de saisie, une volonté de gagner quelque chose, une sensation de manque et d'insatisfaction, un rejet du moment présent.


Que pouvons-nous faire de cette énergie du désir ?

La première choie est de la reconnaître, de la voir pour ce qu'elle est : "Désir désir"

Essayez de na pas porter de jugement sur le fait qu'il se manifeste

Il n'y a pas de compréhension Compatissante dans la condamnation (...)

Essayons d'observer la sensation du désir
,

sachons la reconnaître, observons sa turbulance, son agitation et sa source d'insatisfaction.
Nous pouvons doucement apprendre à lâcher prise et à revenir à notre principal sujet de méditation.

Avec cette vision claire, cette persévérance et cette non-réaction nous sommes doucement en train de déconditionner notre esprit (...)

(..) réaliser que la sensation du désir n'est en fait que stress, qui surgit, s'installe un moment puis disparaît. Le premier obstacle est bien la sensation du désir éphémère.


  • En savoir plus : Les 5 empêchements à la méditation selon Sayadaw U pandita: ICI 





LE SECOND OBSTACLE EST L'AVERSION, LE DÉGOUT

LIRE La suite : ICI


mercredi 2 janvier 2008

Ariyavasa sutta, commenté par Sayadaw Mahasi





Enseignement de Sayadaw Mahasi , Traduit par Vipassanasanha



Pour en savoir plus, cliquer sur les mots surlignés en bleu, (vous tomberez sur un autre message de ce blog)



Un sutta est un enseignement du Bouddha.

Dans le sutta Ariyavasa, le Bouddha dit :

« Oh moines, les Ariyavasa dhammas, c’est-à-dire la demeure des Saints est de 10 sortes. Les Saints ont vécu dans ces lieux auparavant, ils y vivent toujours et y demeureront dans le futur ».

Ariya signifie une personne Sainte, qui a atteint au moins un des quatre stades de sagesse de la voie sainte ; avasa signifie domicile, demeure ; ainsi Ariyavasa veut dire la demeure des personnes Saintes.

Le sutta Ariyavasa s’adresse aux moines et aux laïcs:
Il y a deux sortes de personnes : le sutta-bhikkhu et le vinaya-bhikkhu.
Le sutta-bhikkhu est toute personne qui met en pratique les enseignements du Bouddha (le Dhamma) pour se libérer du cycle des naissances (samsara). Il n’est pas nécessairement membre d’une Sangha, il peut être deva ou une personne laïque.

La pratique du Dhamma permet au méditant de purifier ses impuretés.
Par la pratique de la moralité, le méditant s’efforce de ne pas créer d’impuretés comme l’avidité, la haine, etc… qui conduisent à tuer, voler et à commettre de mauvaises actions.

Le méditant qui développe la concentration surmonte les accès d’avidité et de haine, etc… qui demeurent dans notre inconscient.
Finalement le méditant éradique les impuretés par le développement de la connaissance expérimentale et de la sagesse. Chaque moment d’attention équivaut à la destruction graduelle des impuretés latentes. C’est comme couper un morceau de bois avec une petite hache, chaque coup de hache aidant à se débarrasser des indésirables morceaux de bois.

A chaque fois que le méditant focalise son attention sur un phénomène physique ou mental
apparaissant d’un contact des sens avec un objet extérieur, les impuretés s’affaiblissent et
deviennent inopérantes. Un tel méditant est un sutta-bhikkhu.

Le vinaya-bhikkhu, quant à lui, est un moine qui mène une vie basée sur les règles monastiques.

Bhikkhu est un terme qui s’applique à tout être humain, homme, femme, brahmâ, deva, qui
met en pratique le Dhamma : les enseignements du Bouddha.
(Remarque: Aujourd'hui lorsque l'on parle d'un Bhikkhu on parle d'un moine et non plus d'un laïc)

Le Bouddha a prêché l’Ariyavasa sutta pour que nous puissions vivre dans la demeure des Saints, en sécurité et protégé des dangers du samsara, la ronde des naissances successives.


Les périls du samsara sont encore plus terrifiants que ceux qui guettent une personne ne
vivant pas dans une maison bien protégée. Ils nous suivent d’une existence à l’autre. On peut
se retrouver dans les mondes inférieurs comme un peta ou un animal et souffrir pendant de
nombreuses années, ou bien renaître en tant que pauvre et misérable homme ayant à faire
face à beaucoup d’épreuves, à la vieillesse, à la maladie et à la mort. Ce sont les dangers du
samsara qui guettent continuellement ceux qui ne vivent pas dans la demeure des Saints et
qui ne pratiquent pas l’Ariyavasa dhamma.


Il y a dix Ariyavasa dhammas:

1- Le premier est l’éradication des cinq empêchements.
2- Le second est le contrôle des six sens.
3-Le troisième est la présence du garde qu’est l’attention.
4-Le quatrième est que le méditant qui vit dans la demeure des Saints doit avoir quatre
soutiens.
5-Le cinquième est que le méditant doit avoir renoncé à toutes fausses doctrines.
6- Le sixième appelle le méditant à abandonner toute quête. La quête de quelque chose signifie un manque d’auto-satisfaction, alors que l’abandon de toute quête est un signe de non-attachement et d’auto-réalisation.
7-Le septième est que l’esprit du méditant n’est pas confus mais pur et clair.
8-Le huitième est la possession de la tranquillité du corps.
9 et 10- Les neuvième et dixième ariyavasa dhammas sont un esprit totalement libéré et la connaissance qu’on est totalement libéré des impuretés.
Ces deux dhammas sont liés. Une fois que l’esprit est totalement libéré, s’ensuit la conscience d’une telle libération.


Nous commencerons par le troisième dhamma : l’attention, qui est la clé pour comprendre l’Ariyavasa sutta:

L’attention est essentielle pour la pratique de l’Ariyavasa dhamma.
L’Arahat est attentif juste avant de s’endormir et dès qu’il se réveille. Il est toujours attentif
quoi qu’il fasse, dise ou pense.

L’attention ne se développe pas soudainement seulement après avoir atteint le stade d’Arahat. Elle se développe petit à petit en faisant des efforts et en pratiquant. Elle est déjà bien établie au stade d’Anagami avant que le méditant devienne un Arahat et cela est dû à l’entraînement au stade de Sakadagami. A ce stade également le méditant possède l’attention car il l’a développée au stade de Sotapanna.

Un Sotapanna est un méditant au premier stade de la Noble Voie.
Il n’est pas encore libre de l’avidité, de la haine, de l’ignorance et de l’orgueil, mais ces tendances malsaines ne sont pas assez fortes pour le conduire à tuer, voler, etc… Il est attentif et l’attention le garde.

Le Bouddha dit « Un Sotapanna évite de commettre des mauvaises actions qui le conduiraient dans les mondes inférieurs. Donc il ne renaît pas longtemps ».
Ainsi vous devriez avoir foi envers le Bouddha et méditer sérieusement.

Lorsque vous aurez fait des progrès en méditation, vous comprendrez ce que signifie l’attention.
A la vue d’un objet désirable, vous avez de l’avidité pour cet objet et si quelqu’un vous offense, vous vous mettez en colère car vous n’êtes pas encore libéré de ces émotions malsaines. L’attention est bien utile et aide à les maîtriser. Ces émotions malsaines perdent de l’ampleur et s’estompent. Elles ne sont pas sans contrôle comme chez la plupart des gens. Ces émotions malsaines ne sont pas suffisamment fortes pour permettre au Sotapanna d’être capable de faire du mal.

D’où l’importance de l’attention dans l’entraînement spirituel du méditant sur la Noble Voie.

La pratique de l’attention doit commencer quand le méditant vit dans le monde
. La pratique de l’observation de tous les phénomènes physiques et mentaux naissant des six sens se nomme Satipatthana (les quatre fondements de l’attention).

Satipatthana signifie pleine conscience des évènements physiques et mentaux qui apparaissent. Cela peut être facilement pratiqué aussi. Nous enseignons cette méthode simplement comme l’a fait le Seigneur Bouddha : « Sachez que vous marchez quand vous marchez ».

C’est une instruction simple du Bouddha dans le Satipatthana sutta. Cela ne présente aucune
difficulté de dire que l’on doit savoir que l’on marche. L’instruction est si simple que chacun
peut la mettre en pratique.

Il y a des gens qui disent que le méditant devrait éviter de dire «Je marche » mentalement car
cela implique une sorte de croyance en l’ego.

Il y a trois différentes croyances en l’ego ou le soi.
1- La première est la croyance en soi d’une âme.
2-La seconde est la croyance basée sur la fierté et l’orgueil,
3- la troisième est le soi en tant que terme conventionnel pour parler de la première personne au singulier afin de la différencier d’autres personnes.
Le soi ou « je » n’a pas de rapport avec l’illusion ou l’orgueil. C’est un terme habituellement utilisé même pour parler du Bouddha et des Arahats.

Ainsi nous donnons l’instruction aux méditants de noter mentalement tous les phénomènes
dans les termes conventionnels, par exemple de noter « marcher » dès qu’ils commencent à
marcher. Mais quand la concentration se développe, tous ces usages conventionnels disparaissent et ne reste que la réalité de chaque chose apparaissant et disparaissant sans cesse.

Les gens qui n’ont jamais médité peuvent avoir des doutes, mais cela est dû à leur manque
d’expérience. Moi aussi j’étais sceptique à un moment donné. Je n’aimais pas la méthode du
Satipatthana car elle ne faisait pas mention de nama-rupa, anicca, anatta, etc… Mais le professeur qui enseignait la méthode était un moine élevé, j’ai donc décidé de faire un essai.
Au début je fis peu de progrès parce que j’avais toujours un doute qui subsistait au sujet de la
méthode qui, selon moi, n’avait rien à voir avec la réalité ultime.

Ce n’est seulement plus tard, après avoir suivi la méthode sérieusement que sa signification
m’est apparue. J’ai réalisé ensuite que c’est la meilleure méthode de méditation puisqu’elle
demande de l’attention pour que chaque chose soit connue. Par conséquent, le Bouddha
décrit la méthode de Satipatthana comme l’unique voie.

Au début, le méditant observe surtout au niveau matériel et note « marcher » « se pencher »,
etc… Puis, comme sa concentration se développe, il devient conscient de tous les phénomènes physiques et mentaux apparaissant aux six sens. Finalement il est uniquement attentif à l’incessante disparition des objets des sens et de la conscience. Ainsi, il ne trouve rien de permanent, plaisant et satisfaisant, rien qui ne soit valable pour la croyance en ego.

(...)

Le méditant qui garde son esprit fermement occupé de cette manière peut en temps utile devenir conscient de tous les évènements physiques et mentaux qui apparaissent lorsqu’il voit, entend, etc… Il pratique donc en accord avec le sutta Ariyavasa qui met l’accent sur le
besoin de contrôle et d’attention.

(...) Notre principale préoccupation est d’accéder à la connaissance de la Vérité qui n’est accessible que par une approche expérimentale. Au travers de ses expériences, le méditant voit la distinction entre l’esprit et la matière et il réalise l’impermanence de toute chose. L’expérience peut être complétée par une explication du professeur. La réelle connaissance n’a rien à voir avec les notions préconçues, elle est basée sur l’expérience personnelle.

La connaissance expérimentale acquise par le méditant est claire et distincte. Il ne voit rien d’autre que la disparition de chaque chose. Cela est appelé bhanga-insight qu’il n’apprend pas d’écritures ou d’un professeur, mais par expérience. S’il continue à méditer, il devient de plus en plus attentif jusqu’à ce que son attention devienne parfaite à la dernière étape de la Noble Voie.

L’attention est extrêmement importante. Elle conduit à développer la concentration et à affiner l’intelligence. Cela signifie être vigilant et vivre dans le domicile des Ariyas, ce qui nous protège des dangers des existences du samsara. Afin de vivre dans la demeure des Ariyas vous devez en être digne en termes de foi, volonté et effort.

Il est impossible de faire quoi que ce soit sans foi ou conviction.
Vous ne pratiquerez l’attention que si vous croyez que cela vous aidera à développer la connaissance de la vérité. Cependant la foi elle-même ne le fera pas. Vous avez besoin également d’une forte volonté et d’un effort tenace pour atteindre Nibbana. Posséder ces qualités est essentiel pour réussir dans la pratique de l’attention. La sécurité est la demeure des Ariyas.

L’attention, même pour quelques instants assure la protection contre les dangers du samsara, tel qu’illustré dans l’histoire de Tambadathika.

Tambadathika était en train de boire un verre de lait quand apparu thera Sariputta qui venait apparemment chercher de la nourriture. Du fait de sa forte foi Tambadathika lui offrit immédiatement son verre de lait. Après l’avoir bu le thera donna un discours sur la tournée d’aumônes, la moralité, la méditation et la Noble Voie. Tambadathika ne pouvait pas bien suivre le discours parce qu’il fut pris de remords en se souvenant de mauvaises actions qu’il avait commises dans le passé. Il fit part au thera de son mécontentement.

Questionné par le thera, Tambadathika dit qu’il n’avait pas commis ces mauvaises actions de lui-même, mais qu’il suivit les ordres du roi. Sariputta répondit « dans ce cas, ces méfaits sont-ils les vôtres ? ». Cette question était intelligemment posée pour soulager sa conscience. Ainsi, son angoisse commença à s’estomper, il fut capable de penser au sermon du thera et finit par atteindre le stade de connaissance nommé anulomañana. Les commentaires du Dhammapada l’identifient au plus haut stade d’équanimité. Il est dit que les bodhisattas pratiquent la méditation jusqu’à ce qu’ils atteignent anulomañana. Cela signifie l’achèvement total de la Voie et des ses résultats (phala).

Le développement spirituel ne s’arrête pas à l’atteinte d’anulomañana. De plus, un bodhisatta
peut atteindre le but de la Voie uniquement dans sa dernière vie, lorsqu’il est sur le point de devenir un Bouddha. Il ne peut pas l’atteindre dans ses vies précédentes. Donc, l’attribution d’anulomañana aux bodhisattas est le stade avancé de l’équanimité et il en fut ainsi pour Tambadathika.

Tambadathika devint attentif du fait de son expérience spirituelle. Bien avant cela, il fut tué par une vache. Sa mort devint un sujet de conversation pour les moines. Ils furent très surpris quand le Bouddha leur dit que l’homme avait repris naissance au paradis Tusita, car en dépit de mauvaises actions commises dans le passé, son attention durant les derniers moments de sa mort l’avait protégé des dangers des mondes inférieurs.

L’attention, face à la souffrance ou la mort, est très importante car elle aide à diminuer la douleur et assure une bonne renaissance. Le méditant qui cherche à la développer a besoin de quatre supports. Premièrement il a besoin de vêtements, de nourriture, de médicaments et de logement. Il en a besoin, non par avidité pour le plaisir, mais parce que ce sont les besoins fondamentaux de la vie. Rejeter ces nécessités fondamentales est l’ascétisme qui avait été pratiqué par certaines personnes en Inde il y a longtemps. En fait le bodhisatta lui-même y a eu recours, mais ensuite il l’abandonna en réalisant que cela n’était pas fondé. La voie du Bouddha est la voie du milieu, entre l’ascétisme et l’attachement aux plaisirs des sens.

Le second support du méditant est la détermination de son esprit quand il observe les douleurs physiques et mentales. Il est prêt à faire face aux épreuves et même à la mort, pour atteindre la connaissance de la Voie. La méditation n’altère pas la santé ; au contraire elle est bénéfique (...)

Le méditant doit supporter la douleur autant qu’il peut. « La patience mène à Nibbana » dit un proverbe birman. Si un méditant n’arrête pas de gigoter impatiemment lorsqu’une sensation déplaisante apparaît, il ne pourra pas se concentrer et sans concentration il ne peut pas accéder à la connaissance de la Voie. La patience et la détermination sont donc des supports pour le méditant.

Le troisième support pour le méditant est l’évitement. Il devrait éviter toutes sortes de dangers. Il ne doit pas prendre de risques inutiles en allant dans des endroits inappropriés. Il ne doit pas se surestimer et être téméraire. Il doit être tout spécialement sur ses gardes, notamment dans ses relations proches avec le sexe opposé. En bref, il doit éviter tout ce qui lui ferait probablement du mal physiquement ou moralement.

Le quatrième support du méditant est le rejet de pensées malsaines qui ont tendance à le rendre malicieux et agressif. Il est difficile de vaincre ces mauvaises pensées, car en général
nous aimons penser à ces choses ainsi qu’aux personnes que l’on aime ou hait.

Le méditant doit observer ces pensées et les rejeter. Il n’est pas facile pour certains de le faire parce qu’avant d’avoir méditer ils avaient l’habitude de laisser leur esprit vagabonder librement. Regarder chaque pensée est bien sûr pour eux un fardeau, mais en fait il suffit de deux ou trois jours d’efforts pour prendre l’habitude d’observer.
(...)

Les cinq empêchements:

C’est par l’attention continuelle que le méditant s’efforce d’éradiquer les cinq empêchements
(nivaranas) : plaisirs des sens, colère, paresse, agitation et doute.
Cela empêche l’atteinte de Nibbana et leur suppression est le premier ariyavasa dhamma.

Le plaisir des sens est le désir pour des objets des sens plaisants comme les vues, sons, odeurs, etc.. Ici objet des sens signifie non seulement l’objet qui cause directement la sensation plaisante, mais aussi les autres objets qui y sont associés. Ainsi, l’objet des sons fait référence à un homme qui parle, aussi bien qu’à un instrument de musique. L’odeur, en tant qu’objet des sens est représentée par des parfums et les êtres humains qui les utilisent. En bref, tous les objets désirables sont des objets des sens.

L’amour pour des objets plaisants est la cause de conflits entre les gens et les nations. L’homme moderne aime déjà excessivement les plaisirs des sens et pour lui c’est le summum de la vie, quelque chose à être recherché le plus possible sans considération morale.

Selon le Bouddha, le désir sensuel est comme une créance qui garde l’homme esclave. Comme un débiteur doit être asservi par son créditeur, ainsi l’est l’homme envers l’objet de son désir sensuel. Si c’est un objet inanimé, il doit le manipuler avec soin et le mettre sous clé. Si c’est une femme qui attise son désir sensuel, il doit éviter de faire ou dire quoi que ce soit qui pourrait lui déplaire.

Ne pas avoir de désir signifie être libre d’inquiétude ou d’angoisse au sujet de tout objet désiré ou être humain. La meilleure façon d’éradiquer le désir est de l’observer constamment. Vous devriez focaliser votre attention sur le désir avec persévérance et une forte volonté ; cela le fait généralement disparaître et vous êtes assuré d’une place dans la demeure des Saints.

Ceux qui sont en dehors de la demeure des Saints restent attachés aux objets des sens et parfois cet attachement est un désastre pour eux après leur mort.
Du temps du Bouddha un moine était tellement attaché à sa robe, qu’à sa mort il devint un pou à l’intérieur de sa robe. Une telle histoire peut provoquer la moquerie des personnes sceptiques qui disent qu’une graine de tamarin ne peut produire rien d’autre qu’un tamarin, de même qu’un homme ne peut pas renaître dans une autre forme d’existence. Ces arguments ne sont pas en accord avec l’enseignement du Bouddha.

En fait il n’y a pas d’être et la vie signifie seulement un processus de conscience et de matière. Ces deux consciences sont un facteur déterminant. Donc, selon la doctrine de l’origine interdépendante, à cause de l’ignorance les formations karmiques apparaissent, qui à leur tour conduisent à la conscience, et ainsi de suite. Quand il y a une nouvelle vie, ce n’est pas le corps de l’existence précédente ou son potentiel, mais la force de la conscience qui naît.

De plus, il n’y a pas non plus de conscience grande ou petite. L’esprit d’une personne ordinaire ne diffère pas de celle d’un animal. Il peut descendre dans les plans inférieurs comme quelqu’un qui devient fou ou victime de la rage. En bref, il n’est pas impossible pour quelqu’un d’aller dans les plans inférieurs d’existence après sa mort.

L’esprit pur d’une personne mourante remplie de foi, de bienveillance, etc… assure une bonne renaissance, tandis qu’un esprit impur rempli d’avidité, de haine, etc… mène aux mondes inférieurs.

(...) La conscience n’a pas de substance et donc la distance n’a pas d’importance. La mort signifie la disparition du dernier moment de conscience et l’apparition d’une nouvelle conscience. Pour une personne mourante le dernier moment de conscience est crucial, car s’il est mauvais, il conduit dans un monde inférieur malgré un comportement moral pur.

C’est pourquoi le Bouddha recommande aux moines d’avoir une bonne attitude envers la nourriture, les robes et le logement. Ils ne doivent les utiliser que pour leurs besoins et éviter les plaisirs des sens.
Il est aussi nécessaire de penser à l’impermanence et à l’absence de soi vis à vis des plaisirs des sens afin de vaincre l’attachement à leur égard. Mais la meilleure chose à faire est d’observer l’apparition des désirs et de les rejeter. Cette instruction est importante aussi pour les personnes laïques qui ont divers attachements et sont soucieux des dangers après leur mort. Ils peuvent être libres de tels dangers grâce à la pratique de l’Ariyavasa dhamma. Tout d’abord ils doivent avoir la foi et une bonne connaissance des enseignements du Bouddha. Toutefois une investigation personnelle par la pratique est nécessaire.

La plupart des moines qui étaient avec le Bouddha ont atteint divers stades d’éveil parce qu’ils pratiquaient la médiation Satipatthana avec ardeur. Ils n’étaient jamais inattentifs. Leur calme et leurs bonnes manières impressionnaient même les autres méditants qui ne suivaient pas les enseignements du Bouddha.

Un méditant nommé Kandaraka leur rendit un grand hommage pour leur grâce et leur maîtrise. Son compagnon nommé Pessa en fit de même. Il appréciait les enseignements du Bouddha qui changeaient les personnes malhonnêtes et hypocrites, mais il était tellement préoccupé par ses affaires qu’il n’avait pas pu écouter les sermons du Bouddha jusqu’à la fin ou pratiquer son enseignement complètement.

Il y a d’autres raisons pour lesquelles des personnes comme Pessa n’ont pu atteindre un des stades de la Voie Sainte. Ils n’ont pas eu un bon professeur et une bonne connaissance du Dhamma (son enseignement). L’association avec un mauvais ami ou un mauvais professeur est désastreuse, comme ce fut le cas pour le prince Ajatasattu qui tua son père à la demande de son professeur Devadatta.

Un bon professeur, un bon ami et une bonne connaissance du Dhamma permettent de comprendre qu’il est nécessaire d’être attentif pour éradiquer les impuretés (kilesa).

Nous devons observer et noter toute sensation qui naît du contact avec le monde extérieur. Nous devons noter les sensations de notre corps quand le corps, les mains, etc… font n’importe quel mouvement. Nous devons également être conscients de notre processus mental. En étant conscient de tous les évènements mentaux nous pouvons nous protéger nous-même contre les mauvaises pensées et émotions.

(...) En fait, l'Attention, c’est la clé de voûte de l’enseignement du Bouddha.
Ceci est clairement explicité dans les dernières paroles du Bouddha : « Moines, voici mon dernier conseil : toutes les choses composées sont vouées à la destruction. Travaillez pour votre propre salut en étant attentifs ».

Toutes les choses composées sont impermanentes. Beaucoup de gens ne prennent pas ce fait au sérieux. Au contraire, ils croient en leur identité et que leur ego est permanent. En général l’homme croit qu’il peut vivre longtemps avec sa vitalité et son corps.

La libération de l’existence, qui est conditionnée, impermanente et insatisfaisante, signifie Nibbana, et le moyen d’y parvenir réside dans les dernières paroles du Bouddha : « Pratiquez jusqu’à obtenir une attention continue ».

Les commentaires décrivent ce conseil comme l’essence de l’enseignement du Bouddha. C’est en réalité la clé de voûte du sutta Ariyavasa qui souligne la prime importance de l’attention. Par la pratique de l’attention le méditant atteint le premier stade de la Noble Voie : Sotapanna et il devient libre pour une grande part du désir qui mène aux mondes inférieurs.

Le second obstacle sur la voie est la malveillance : vyapada. C’est comme une maladie qui créé l’aversion et rend la personne malade et apathique. La malveillance nous rend irritable, de mauvaise humeur et suspicieux. Nous n’avons même pas confiance en nos amis. Une personne qui a de la malveillance en elle doit se considérer comme souffrant d’une maladie car les effets en sont désastreux.

Certaines personnes paraissent être bienveillantes tant que tout va bien, mais si quelque chose de désagréable survient, elles perdent leur bonne humeur. La malveillance est la cause de la discorde, des querelles et du mécontentement des gens. Nous avons tendance à avoir de la malveillance envers les membres de notre famille, nos collègues, nos voisins et pourtant ce sont les gens sur lesquels nous pouvons compter en cas de problèmes.

Afin d’instaurer l’unité, l’harmonie et la compréhension mutuelle, nous devons nous garder de la maladie qu’est la malveillance. Si la maladie nous infecte, elle doit être rapidement traitée. Quand vous êtes en colère, notez mentalement votre colère et débarrassez-vous en. Vous ne devriez pas la laisser infecter vos paroles et votre comportement.

Le troisième obstacle sur la voie est la somnolence ou la paresse.

Un homme paresseux ne cherche pas à comprendre le Dhamma ou à le pratiquer et il manque l’opportunité de faire les progrès spirituels que les méditants font quand ils méditent énergiquement.

Le quatrième obstacle est l’agitation et l’inquiétude : uddhacca kukkucca. Ici l’agitation signifie que l’esprit vagabonde, tandis que l’inquiétude signifie les remords pour les fautes commises. Ces deux états mentaux doivent être éliminés car ils sont un obstacle au progrès sur la voie spirituelle.

Le dernier obstacle est le doute : vicikiccha. C’est douter du Bouddha, du Dhamma et de la Sangha. En général une personne qui a beaucoup de doutes hésite tellement qu’elle n’accomplit rien. Le contraire du doute est la foi, la confiance qui pousse le méditant à suivre les instructions de son professeur en accord avec le Bouddha et le Dhamma.

Le méditant peut observer chacun des cinq agrégats, c’est-à-dire les cinq groupes des éléments physiques et mentaux compris dans l’être humain. Mais il vaut mieux observer la montée et la descente de l’abdomen qui indiquent l’élément de mouvement. Les trois autres éléments sont la dureté, la chaleur ou le froid, et l’eau.

Nous devons commencer la méditation par ce qui est évident et facile. C’est pourquoi le
Bouddha a enseigné la méditation sur les quatre postures du corps. Il demandait à ses disciples d’être attentifs quoi qu’ils fassent. C’est un conseil si simple que certaines personnes ne le prennent pas au sérieux, mais ceci est dû à leur manque d’expérience. Le manque d’expérience conduit au doute qui est un des cinq obstacles. Les obstacles empêchent les bonnes pensées de se manifester. Les bonnes pensées et les mauvaises pensées n’apparaissent pas en même temps. Vous avez de bonnes pensées quand vous êtes attentifs et de mauvaises pensées quand vous n’êtes pas attentifs.

Le manque d’attention est en grande partie dû aux obstacles et les méditants sont en général perturbés par le doute, l’inquiétude, le désir, etc…

Il y a des gens qui ne veulent pas méditer car ils comptent sur leurs offrandes, l’observation des préceptes moraux et la récitation de prières pour la pureté de leur esprit, mais ils sont vite désillusionnés quand ils se mettent à méditer car ils sont harassés par des pensées impures.
( remarque : tous ces éléments sont nécessaires et complémentaires : observation des préceptes moraux, dévotion, foi et méditation)

Une personne qui n’est pas attentive ne peut pas avoir une moralité pure car elle n’est jamais réellement consciente du caractère de ses pensées. Les désirs des sens, la haine, la malveillance, etc… leur échappent. C’est seulement par la méditation que nous pouvons savoir si l’esprit est pur ou non, s’il est libre de la colère, de l’avidité, etc…

L’introspection répétée aide à purifier l’esprit de ses impuretés. Le méditant devient conscient des sensations douloureuses qui ont tendance à déprimer l’esprit et entraînent l’irritation. Comme le méditant observe les tensions, les douleurs… il réalise la nature des sensations douloureuses et il en est de même des sensations agréables et neutres. C’est la caractéristique de l’esprit ou de la conscience de connaître l’objet des sens qui lui correspond car il y a différentes sortes de conscience, chacune dépendant du contact (voir, entendre…) avec les différents objets des sens (sons, odeurs…).

L’apparition et la disparition sont le signe de l’impermanence. Si une chose n’apparaît pas, elle ne peut être impermanente et si une chose apparaît et existe pour toujours elle ne peut pas être impermanente non plus. Toute chose a un commencement et une fin.

La compréhension de la loi de l’impermanence conduit le méditant à réaliser la compréhension de la souffrance (dukkha) et du non soi (anatta). Ces trois caractéristiques de l’existence sont interdépendantes et quand on voit anatta, on est près de Nibbana. Mais « voir » anatta ne signifie pas l’acceptation intellectuelle, mais la compréhension par la méditation.

Après avoir compris l’impermanence par l’introspection, le méditant cesse de réfléchir et note plutôt les phénomènes physiques et mentaux et sa compréhension s’approfondit. Il peut voir notamment le début et la fin de chaque phénomène. Il voit des lumières et expérimente la joie, la sérénité, un accroissement de la foi et un état de conscience élevé. Cependant, le méditant ne doit pas confondre ces expériences avec la paix de Nibbana. Il doit les noter et les dépasser.

Alors qu’il continue à méditer, il parvient à voir les disparitions incessantes des choses.
Quand il observe un objet, il ne pense plus à sa forme, à sa dimension ou à sa qualité.
- Il voit chaque chose, l’objet, son esprit, etc… disparaître sans cesse. Ceci est appelé bangañana.
- Parce qu’il voit chaque chose disparaître, il est pris de peur, c’est bhayañana.
- La peur conduit à reconnaître les mauvais aspects de l’existence conditionnée : adinavañana. - Ainsi, le méditant se dégoûte de la vie : nibbidañana.
- Parce qu’il est désillusionné, il veut être libre : muncitukamayatañana.
- Et pour cela, il doit avoir recours à l’observation : patisankañana.
- Cela conduit à la pleine compréhension des trois caractéristiques de l’existence: anicca, dukkha et anatta : sankharupekkhañana.
- Par cette compréhension, le méditant atteint l’équanimité vis-à-vis des six sens que le Bouddha décrit comme suit :

« Oh moines, le moine qui a vu un objet visible de ses yeux n’est ni content ni mécontent. Son esprit est équilibré, nullement affecté par l’attachement ou par l’aversion, parce qu’il a l’attention juste ».

Le méditant est imperturbable face aux objets des sens et ceci est dû à sont attention juste et à la compréhension de la nature de l’existence conditionnée avec ses caractéristiques d’impermanence, de souffrance et de non soi.

« Ayant vu l’objet, le moine le reconnaît avec la compréhension juste ».

La compréhension juste ne cause jamais le plaisir ou le déplaisir. Le méditant est complètement équanime dans son contact avec le monde extérieur, c’est la caractéristique de l’Arahat, et il est possible au méditant de la posséder. Il peut l’obtenir quand il atteint tous les stades successifs de la voie par des efforts ardents.


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