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dimanche 10 février 2008

L'effort Juste

Ayya Khema : Biographie





Amis, qu'est-ce que l'Effort Juste ?
C'est un disciple qui espère, lutte, s'efforce, maîtrise son mental, s'exerce pour combattre l'apparition du Mal et de mauvaises pensées.
Il espère, lutte, s'efforce, maîtrise son mental, s'exerce pour l'apparition de bonnes pensées.
Il espère, lutte, s'efforce, maîtrise son mental, s'exerce pour la stabilité, pour l'absence de confusion, pour la croissance, la plénitude, et la culture du mental, pour la consolidation des bonnes pensées apparues.
Amis, tel est l'Effort juste.




L'extrait ci après est intitulé : Pluie de gouttes emplit un seau ( il s'agit du chapitre IV du livre de Ayya Khema : Etre une île )



L'effort juste est une des étapes du Noble sentier Octuple

L'effort juste est une des étapes du Noble Chemin Octuple, essentiel en toutes circonstances tant dans les entreprises mondaines que dans la pratique spirituelle.

L'effort juste est nécessaire mais ayant quelques difficultés à comprendre ce dont il s'agit, nous commettons beaucoup d'erreurs. La plupart du temps nous péchons par manque d'effort mais comment nous en rendre compte?


Établissons une ligne de conduite

Le soir, au moment du coucher, nous pouvons récapituler les évènements de notre journée et nous poser la question:

« Ai-je vraiment fait un effort aujourd'hui? Suis-je allé jusqu'à ma limite personnelle (quelle qu'elle soit), ou me suis-je arrangé pour en faire le moins possible?»

Nul besoin de s'adresser à une tierce personne, qui d'autre que moi pourrait donner la réponse? Pourquoi en parler aux autres, le constater personnellement suffit.


L'effort juste consiste à s'efforcer de réaliser quelque chose avec toutes nos capacités physiques et mentales

Pour chacun, elles sont différentes et chacun doit savoir quelle est sa limite. Il est loisible d'en juger communément ainsi:

« Ai-je essayé d'aller juste un tout petit peu plus loin qu'hier? Ai-je essayé de me lever cinq minutes plus tôt? De me souvenir de deux mots supplémentaires du texte psalmodié?»


Il ne s'agit pas d'efforts minuscules mais d'efforts justes.

« Suis-je parvenu à rester assis plus longtemps dans la même position? Deux secondes ou cinq minutes de plus? Ai-je essayé de rester concentré un petit peu plus longtemps, d'avoir moins de pensées négatives aujourd'hui? », ne serait-ce qu'une de moins ?


Le chemin est constituée de très petits pas

Il faut beaucoup de gouttes d'eau pour remplir un seau

Le chemin spirituel n'est pas un arc-en-ciel multicolore qui apparaît au moment idoine. La voie est constituée de très petits pas, comme la vie est constituée de très petits incidents.

Normalement, l'existence n'est pas formée de quelques grands évènements qui ne se présentent qu'une, deux, trois, ou quatre fois dans une vie.

Chaque jour est tissé de très petits évènements renouvelés du matin jusqu'au soir, pendant cinquante, soixante, soixante-dix ou quatre-vingts ans. Notre effort devrait être similaire, infime peut-être, mais juste un petit peu plus grand que la veille.

II est certain que, continuant ainsi pendant un certain temps, le seau finira par se remplir.

Un jour nous aurons à fournir le dernier effort, dernier effort qui éliminera totalement l'illusion, l'illusion de l'ego.

Mais, à moins de s'efforcer chaque jour, aussi petites que soient ces tentatives, cela ne se produira pas parce que nous rétrograderons.
Notre intérêt se porte vers les sensations agréables. Nous désirons une vie exquise et confortable, c'est pourquoi l'effort - juste ce petit plus - s'avère inconfortable. En fait, confort et inconfort n'ont pas vraiment d'importance car ils ne produiront rien de notable. Mais si l'on s'en préoccupe notre capacité pour l'effort diminuera.


Nous devons apprendre à ignorer notre confort personnel

Si nous restons incapables d'ignorer un moment notre confort personnel, nous nous retrouverons sans stimulation ni motivation. Et finalement, si nous ne fournissons jamais ce genre d'effort, nous ne saurons plus du tout pourquoi nous agissons, et, nous ne rechercherons qu'une vie douillette.

Dévaler la pente est beaucoup plus facile que de la grimper, quelle que soit la manière! Le corps obéit à la loi de la gravité, l'esprit aussi. Il est tellement plus aisé de se laisser glisser.

Ce petit mouvement supplémentaire de l'esprit au profit d'un sur-effort supplémentaire procure beaucoup de satisfaction. Il devient loisible de récapituler sa journée avec un esprit satisfait.

Il n'est pas conseillé de laisser passer un jour sans recollection.

Comment pourrions-nous apprendre ce qui est important et ce qui ne l'est pas si nous ne passons pas nos actions au crible?

Lors de cette révision nous voyons que le petit effort supplémentaire donne un sentiment de contentement: « J'ai essayé. J'ai essayé et j'ai réussi à vaincre encore une petite résistance. »


Un seul moment est là : le présent. Le futur n'existe pas. C'est une création de notre imagination. 

Lorsque finalement le futur survient, c'est le présent. Rien ne peut être produit dans le futur. Tout ce que nous imaginons concernant le futur ne se passera jamais comme imaginé parce que la personne qui imagine n'est pas celle qui fera l'expérience d'une production future. Donc, se soucier du futur est une perte de temps.


Fouiller le passé est certainement aussi une complète perte de temps

Il est irrémédiablement enfui. Il ne reviendra jamais. Il ne peut pas être ressuscité. Nos souvenirs sont défaillants, c'est pourquoi nous ne pouvons pas nous remémorer avec précision les évènements anciens.

La seule chose utile à savoir à propos du passé est de reconnaître que telle action fut une erreur. Ce serait bien d'être capable de tirer la leçon de cet évènement particulier afin de ne pas répéter la même méprise. Voilà un sujet vivement réglé, nous avons d'ailleurs tout avantage à laisser de côté tout autre aspect du passé.

Ce moment spécifique, présent, est le seul que nous ayons (...)


Source : "Etre une Ile" de Ayya Khema (éditions dharma)


Lire d'autres extraits de ce livre : ICI



lundi 4 février 2008

Méditation Bouddhiste; la Culture de l'esprit et du coeur





Ci après des extraits du livre : "Satipatthana, le coeur de la Méditation Bouddhiste- L'art de cultiver l'harmonie et l'équilibre de l'esprit "de Nyanaponika Thera

Plan de ce message
1- Remarques préalables
2- La Culture de l'esprit 



1- Remarques préalables:

Satipatthana ( mot pali ) signifie : l'Etablissement de l'Attention.

Ce livre remarquable a pour but d'attirer l'attention sur la signification profonde et étendue de l'établissement de l'Attention qu'enseigna le Bouddha

L'enseignement du Bouddha offre une grande variété de méthodes d'entrainement mental et de sujet de méditation. (...) Pourtant toutes ces méthodes convergent finalement vers l'Etablissement de l'Attention, que Bouddha lui même appelle le "Seul sentier".

  • Ce message est la suite de : Les Quatre Objets de l'Etablissement de l'Attention: ICI


Durant une retraite de méditation, on pratique l'Etablissement de l'Attention.

Ainsi,  durant une retraite intensive on ne pratique pas "vipassana" mais Satipatthana qui conduit à vipassana 


Pratiquer le satipatthana c'est pratiquer l'Attention Juste


Portée de la méthode Satipatthana:


Cet ancien Satipatthana ou "Etablissement de l'Attention" est aussi praticable aujourd'hui qu'il y a 2500 ans. Il est aussi praticable dans les pays d'occident que dans ceux d'Orient; au milieu de l'agitation de la vie aussi bien que dans la calme de la cellule du moine.

L'attention Juste est en fait la base indispensable des moyens d'existence Juste et de la pensée Juste, partout en tout temps pour chacun.

  • LIRE sur ce blog : Le Noble Octuple sentier : ICI





2- Ci après des extraits du chapitre V : La Culture de l'esprit 


Culture de l'Esprit et Culture du Coeur


Satipatthâna, l'entrainement à l'Attention Juste, est la culture de l'esprit- dans son sens le plus élevé.

Mais d'après le Discours et aussi d'après l'exposé précédent (ICI), quelques lecteurs peuvent peut-être avoir la première impression que c'est un enseignement assez froidement intellectuel, sec et ennuyeux, indifférent à l'éthique et -négligeant la culture du coeur. Nous espérons que la la vie chaude qui bat dans le cadre sobre de satipatthana n'aura pas passé inaperçue ; néanmoins, nous ajouterons quelques mots en réponse à cette objection:

- La déficience apparente en ce qui concerne la considération de l'éthique s'explique par le fait que, en de nombreuses occasions, le Bouddha a parlé avec la plus grande insistance de la
moralité comme base indispensable de tout développement mental supérieur. Ce fait, bien connu de tous les disciples n'avait pas besoin d'être mentionné à nouveau dans un Discours
consacré à un sujet spécial. (...)
-(...) dans la méthode Satipatthâna l'une des tâches principales de l'Attention est de veiller à ce qu'aucune action, parole ou pensée ne blesse l'esprit d'amour bienveillant illimité (metta)(...)



Le message d'Aide par soi-même.

L'Etablissement de l'Attention est un message d'aide par soi-même (...)

(...)

Le Bouddha ne montrait pas le sentier vers le but suprême avec une froide indifférence ; il ne se contentait pas de pointer fortuitement le doigt vers la route ni de glisser dans la main de ceux qui avaient besoin d'un guide et d'un aide expérimenté un simple "morceau de papier portant une carte compliquée" (...) Le Bouddha montrait le sentier et indiquait aussi les "provisions" ou "ressources" nécessaires pour ce long voyage(...)

La façon la plus simple et la plus compréhensible dont il parla de ces ressources à l'aide de soi-même est cette méthode de Satipatthâna.



L'essence du Satipatthâna peut se résumer en deux mots : "Soyez attentifs", ce qui veut dire : Soyez attentif à votre propre esprit.


Et pourquoi ? L'esprit abrite tout : le monde de souffrance et son origine, mais aussi la cessation finale du mal et le sentier qui y mène

Satipatthana, s'occupant toujours de ce crucial moment présent de l'activité de l'esprit doit être nécessairement un enseignement de dépendance de soi-même. Mais la dépendance de soit-même doit être développée progressivement parce que les hommes, ne sachant comment manier l'outil de l'esprit, sont habitués à s'appuyer sur les autres et sur l'habitude ; à cause de cela, cet outil splendide qu'est l'esprit humain, est en fait devenu incertain par suite de négligence.

La route vers la maîtrise de soi que montre Satipatthana commence donc avec des pas très simples que même l'homme le plus défiant de lui-même peut faire.


Satipatthana, dans cette simplicité qui convient à un enseignement appelé Voie Moyenne, commence en fait, avec très peu de chose : L'Attention et les objets de cet attention

L'une des fonctions les plus élémentaires de l'esprit est l'attention, ou l'attention initiale. Celle-ci est en effet si proche et si familière que tout homme, s'il le veut vraiment, peut y baser ses premiers pas de dépendance de soi.
Et tout aussi familiers sont les premiers objets de cette attention : ce sont les tâches et petites activités de la vie quotidienne. L'Attention les extrait de leur routine habituelle et les sort pour un examen plus approfondi et pour leur amélioration.

Les améliorations visibles pour le travail quotidien, effectué avec une attention, une profondeur et une circonspection soigneuses, donneront un encouragement supplémentaire pour la recherche de l'aide à soi-même

II y aura de notables améliorations dans la condition de l'esprit (...)

Au cours de la pratique, les petites choses de la vie quotidienne deviendront des maîtres de grande sagesse qui révèleront progressivement leur propre dimension de profondeur. (...)


Satipatthana restaure la simplicité et le naturel dans un monde qui devient de plus en plus compliqué, problématique et qui compte sur des moyens artificiels.

Elle enseigne ces qualités de simplicité et de naturel principalement pour leurs propres mérites inhérents, mais aussi pour faciliter la tâche de l'aide spirituelle à soi-même.

(...)

Toutes ces mauvaises qualités visant à accroître la complication de la vie peuvent être efficacement contrecarrées par l'entraînement mental de l'Attention Juste.

Satipattthâna enseigne à l'homme comment venir à bout de toute cette complexité embrouillée de sa vie et de ses problèmes en le dotant dans le premier cas de la faculté d'adaptation et de
la souplesse de l'esprit, de la rapidité d'une réponse juste dans des situations changeantes, de l'habileté à appliquer les moyens corrects (c'est-à-dire la Compréhension Claire de Convenance).

(...)

En ce qui concerne les complications susceptibles d'être réduites, Satipatthâna soutient l'idéal de simplicité des besoins.
Il est de toute urgence aujourd'hui d'accentuer cet idéal en vue de la dangereuse tendance moderne à créer artificiellernent, à répandre la propagande et à conditionner des besoins toujours nouveaux.

Les résultats de cette tendance, tels qu'ils apparaissent dans la vie sociale et économique, font partie des causes secondaires de la guerre, tandis que la racine - la cupidité - en est une de ses causes principales. (...)


Comment l'esprit de l'homme peut-il dépendre de lui-même s'il continue à se livrer au labeur incessant d'augmenter constamment des besoins imaginaires entraînant une dépendance croissante

Quant à notre sujet particulier, l'aide spirituelle à soi-même, comment l'esprit de l'hornme peut-il dépendre de lui-même s'il continue à se livrer au labeur incessant d'augmenter constamment des besoins imaginaires entraînant une dépendance croissante des autres ?
On doit cultiver la simplicité de la vie pour sa beauté inhérente ainsi que pour la liberté qu'elle procure. (...)


N'utilisant que les conditions de vie qu'elle trouve, Satipatthana n'exige pas la retraite totale ou la vie monastique

Cependant, des périodes de retraite sont utilses pour s'initier à la pratique méthodique et rigoureuse.


Satipatthana est un moyen de libération de soi

Satipatthana est libre de dogmes, de la dépendance de "révélations divines" ou de toute autre autorité extérieure en matière spirituelle.


Ce Caractère de Satipatthana comme message de dépendance de soi-même à l'aide de soi-même est illustré par les paroles du Bouddha, paroles qu'il a prononcé dans les tous derniers jours de sa vie, ce qui leur confère une valeur particulière:

Ainsi donc Ananda, soyez des îles pour vous mêmes. Ne vous rendez dans aucun refuge extérieur. Que le Dhamma soit votre île, que la vérité soit votre refuge. Ne prenez nul autre refuge...


(...)












vendredi 1 février 2008

Le chemin et le développement de vipassana




Ce message est la suite des Extraits du chapitre sur "La Compréhension Juste", tirés du livre du Dr Rewata Dhamma : "Le premier enseignement du Bouddha"

Lire la Première partie : ICI

avec

1) Compréhension Juste du Kamma
2) Les trois chemins de la voie
3) Méthode de Méditation


Ci après , la suite avec :

Le chemin de vipassana
Le développement de vipassana samadhi
Le développement de la vision pénétrante de vipassana



Rappel :
Selon les commentaires il existe six formes de compréhension juste:

1. compréhension juste du kamma propre aux individus
2. compréhension juste des jhânas
3. compréhension juste de la vision pénétrante
4. compréhension juste de la Noble voie
5. compréhension juste du fruit de la Noble voie
6. compréhension juste de la remémoration

Pour une meilleure compréhension, lire la première partie avant : ICI


Le chemin de vipassana


Comme nous l'avons dit précédemment, le Noble Octuple Sentier comporte trois degrés.
Le chemin de base, formé de la compréhension juste du kamma et de la conduite éthique (sila), doit être accompli avant l'engagement dans la méditation.

Le méditant qui a réalisé les états d'absorption avant la pratique de vipassanâ, doit développer la concentration d'accès ou la concentration d'atteinte.

Le méditant qui pratique purement vipassanà sans jhânas, doit pratiquer samadhi sur les quatre éléments matériels primaires. Lorsqu'il prend conscience de chaque objet sensoriel en restant dans la concentration momentanée, son esprit cesse de vagabonder vers d'autres objets. De cette façon, l'esprit devient purifié et chaque moment ultérieur de conscience développe le chemin de vipassana.


Le développement de vipassana samadhi

L'effort (d'attention et de prise de conscience) fourni à chaque apparition d'un objet se présentant à la porte des sens (lorsqu'on ressent, voit, entend, pense, etc.) constitue le chemin de l'effort juste.

L'attention, ou la prise de conscience de l'objet, est le chemin de l'attention juste.

La fixation de l'attention sur un objet, sa concentration sur ce seul point, est le chemin de la concentration juste.

Associées, la concentration juste et l'attention juste définissent vipassana khanika samâdhi, la concentration vipassana momentanée.

Ces trois chemins; effort juste, attention juste et concentration juste; constituent le chemin de la concentration



Le développement de la vision pénétrante de vipassana

La connaissance qui différencie objets sensoriels et conscience naît après la purification de l'esprit obtenue grâce au chemin de la concentration.
Voir clairement la différence entre l'esprit qui discerne et l'objet discerné constitue la purification de la vue.

Observant le souffle entrer et sortir, le méditant conscient et concentré distingue le souffle et la conscience qu'il en a. Ensuite, il discerne la nature de la cause et de l'effet au cours de la méditation.
Par exemple, le méditant peut reconnaître qu'il y a conscience à cause de l'inspiration et de l'expiration, qu'il y a relâchement à cause du désir de se relâcher, tension à cause du désir de se tendre, mouvement à cause du désir de bouger.
Le méditant peut percevoir comment survient la vision, parce qu'il existe un œil pour voir et un objet à regarder, ou comment l'audition fonctionne- parce qu'il existe une oreille pour entendre et un son à écouter, et ainsi de suite.

A mesure que la méditation se poursuit, le méditant prend conscience de l'apparition et de la disparition de tout objet. Il réalise ainsi la nature de l'impermanence, tant des objets sensoriels
que de la conscience elle-même. Ce processus d'apparition et de disparition continuelles des phénomènes matériels et psychiques entraîne la conviction que le samsàra est effrayant, déplaisant, douloureux, purement non-substantiel, hors de tout contrôle ou de toute volonté.

Cette compréhension lucide constitue le chemin de la compréhension juste.

Le Bouddha disait : comprendre la vérité de dukkha est le chemin de la compréhension juste.

Lorsqu'on observe les objets mentaux et matériels d'instant en instant, on réalise par sa propre expérience les trois caractéristiques d'impermanence, de souffrance et de non-substantialité, comprenant par là la vérité de dukkha. On peut alors entreprendre le travail de compréhension des trois Nobles Vérités restantes.

(...) Les chemins de la compréhension juste et de la pensée juste forment, ensemble, le chemin de la vision pénétrante.

Les trois éléments de la voie de la concentration et les deux éléments de la voie de la vue pénétrante sont considérés comme des chemins de travail, des forces au travail. Ce sont des forces pour développer la conscience, la concentration, la sagesse, et pour réaliser les Quatre Nobles Vérités.

La voie de la moralité (sila magga) parole, action, moyens d'existence, justes - mise en place bien avant le commencement de la méditation, reste assurée et se purifie durant la méditation. Ces trois chemins forment avec d'autres un ensemble de huit chemins, connus Sous le nom de chemins préliminaires se développent avec les progrès de la méditation vipassanâ. (...)



La suite : La Pensée juste, sera développée dans un prochain message.

Compréhension Juste


Comprendre la vérité de dukkha est le chemin de la compréhension juste (Le Bouddha)





Remarques préalables :


  • Comme pour tous les autres messages, pour en savoir plus, cliquer sur les mots surlignés en bleu (renvoi vers un autre message de ce blog qui développe davantage le "mot" surligné)
  • Tout étant lié dans le Bouddhisme et plus particulièrement dans le Bouddhisme Théravada, il est important de replacer la "compréhension juste" dans le Contexte du "Noble sentier Octuple" et donc des "Quatre Nobles Vérités".
  • La Compréhension juste fait partie des 8 chemins ou 8 sentiers (= Le "noble octuple sentier"), qui mènent à la cessation de dukkha c'est à dire qui mènent à nibbana (nirvana en sanscrit)
  • La compréhension juste fait donc partie de la Quatrième Noble Vérité.

  • Il ne s'agit pas de choisir un chemin parmi les 8 car tous doivent être parcourus.



Ci après, vous trouverez des Extraits du chapitre sur "La Compréhension Juste", tirés
du livre du Dr Rewata Dhamma : "Le premier enseignement du Bouddha"

Ce livre, vraiment clair et relativement facile à lire, fait parti des "indispensables" pour comprendre le Bouddhisme Théravada. Voir ma Liste de livre : ICI



Le Vénérable Dr Rewata Dhamma né en Birmanie fut d'abord formé au Bouddhisme Théravada. Il étudia ensuite la philosophie indienne et le Mahayana, acquérant la maitrise du sansctit à l'université de Bénarès. Il a enseigné le Bouddhisme et la méditation vipassana en Europe et aux Etats Unis.



Plan de ce message :

1) Compréhension Juste du Kamma
2)
Les trois chemins de la voie
3) Méthode de Méditation




COMPREHENSION JUSTE (samma ditthi )


Qu'appelle-t-on, ô moines, la compréhension juste? Comprendre la souffrance, comprendre l'origine de la souffrance, comprendre l'extinction de la souffrance, comprendre le chemin conduisant à l'extinction de la souffrance, voilà ce qu'on appelle la compréhension juste.


La compréhension juste est la réalisation des Quatre Nobles vérités, rendue possible par le développement de l'attention juste et de la concentration juste.
Selon les commentaires il existe six formes de compréhension juste:

1. compréhension juste du kamma propre aux individus
2. compréhension juste des jhânas
3. compréhension juste de la vision pénétrante
4. compréhension juste de la Noble voie
5. compréhension juste du fruit de la Noble voie
6. compréhension juste de la remémoration

Les compréhensions justes du fruit de la Noble voie et de la remémoration s'obtiennent sans effort particulier dans la mesure où elles résultent spontanément de la compréhension de la Noble voie.
Dès que l'on réalise les Quatre Nobles Vérités, la réalisation des quatre fruits suit d'elle-même. La remémoration est la réflexion sur le chemin et son fruit, qui découle spontanément de leur réalisation.
On doit, par conséquent, activement lutter pour obtenir les quatre premières sortes de compréhension juste.



Après cette courte présentation de la Compréhension Juste, ce chapitre se divise en plusieurs paragraphes:

  • La compréhension juste du kamma
  • Les trois chemins de la voie
  • La méthode de Méditation
  • vipassana avec jhana
  • Les avantages de jhana
  • Le chemin de vipassana
  • Le développement de vipassana samadhi
  • Le développement de la vision pénétrante de vipassana


Ci après, des extraits des trois premières formes de comprehension Juste:
La compréhension juste du kamma , Les trois chemins de la voie et La méthode de Méditation


1-La compréhension juste du kamma

On doit comprendre avec certitude le kamma avant de pouvoir pratiquer le Noble Octuple Sentier.

La doctrine du kamma joue un rôle très important dans le Bouddhisme. C'est le point central à saisir dans les enseignements du Bouddha et l'on doit le comprendre avec certitude avant de
pouvoir pratiquer le Noble Octuple Sentier.

Comprendre de façon juste le kamma pousse l'individu à comprendre la causalité morale, qui comporte la compréhension des dix actions kammiques bénéfiques, à savoir générosité, moralité, méditation, dévotion, service, dédicace du mérite, réjouissance du mérite d' 'autrui, écoute de la doctrine, enseignement de la doctrine et correction des vues erronées d'autrui.

La compréhension juste inclut également la compréhension des dix actions kammiques négatives, à savoir tuer, voler, avoir une conduite sexuelle incorrecte, mentir, calomnier, parler violemment, parler de façon vaine, convoiter, être malveillant, avoir des vues erronées.

Les actions bénéfiques engendrent de bons résultats. Elles sont porteuses de mérite et conduisent au bonheur, maintenant et plus tard. C'est pourquoi les dix actions bénéfiques sont appelées la bonne ligne de conduite.

Les actions négatives engendrent de mauvaises conséquences. Elles enlèvent du
mérite et conduisent à la souffrance et au malheur, maintenant et plus tard. C'est pourquoi les dix actions négatives sont appelées la mauvaise ligne de conduite.

Le sens littéral de kamma est "action" . Le Bouddha a défini le terme comme une volition. Toute action accomplie dans une intention pure est appelée kamma bénéfique.

Si l'intention est impure le kamma est dit négatif

C'est pourquoi le kamma n'est pas tant l'acte externe (ou visible) que la motivation ou la volonté impliquée dans l'acte de penser, de parler ou d'agir.
Aucun acte involontaire ou non-intentionnel ne peut être appelé kamma, à proprement parler.
(...)

2-Les trois chemins de la voie


La compréhension juste du Kamma et sila doivent être développés avant de pratiquer la méditation

A l'évidence, la compréhension juste du kamma et l'observance de sila fondent le chemin de base (mùla magga) qu'il faut affermir avant de pratiquer la méditation. L établissement de la
concentration d'atteinte (appana samndhi) ou de la concentration d'accès est un préalable nécessaire pour mener à bien la purification initiale de l'esprit.

On peut ensuite développer le chemin préliminaire de vipassanâ qui donne accès au noble chemin (ariya magga).

Trois étapes essentielles sont donc incluses dans le Noble Octuple Sentier :
Le chemin de base, le chemin préliminaire et le Noble Chemin.



3-La méthode de Méditation

(Les sous titres ne sont pas dans le texte initial, ils ont été ajouté pour en faciliter la lecture)


Ayant satisfait à l'exigence préalable de compréhension de la loi du kamma et de purification de sila, le méditant choisit un objet particulier sur lequel focaliser son esprit.

Lorsque l'attention est dispersée entre beaucoup d'objets ou sur certains objets d'observation
malaisée, la concentration est longue à s'établir. C'est pourquoi le méditant doit limiter le nombre d'objets sur lesquels il se concentre et doit en choisir un, bien précis, qui convienne à sa nature.


Contempler le "va et vient" du souffle en dirigeant l'attention vers la sensation physique de la respiration


En premier lieu, on peut commencer par contempler le va et vient du souffle. Puis, après avoir établi la concentration pendant un certain temps, on dirige l'attention vers la sensation physique de la respiration et non plus vers la respiration elle-même. C'est à dire que l'on observe le mouvement du souffle, sa lourdeur ou sa légèreté, ses qualités de chaleur ou de fraîcheur.

Pour développer la prise de conscience et la concentration, on doit observer les trois phases, initiale, médiane et finale, de la respiration.

Par exemple, lorsque l'inspiration touche les narines, on doit être conscient de son début, de son milieu et de sa fin, en essayant de maintenir cette conscience jusqu'à ce que l'expiration soit ressentie aux narines.

On doit, de la même manière, être conscient des trois phases de l'expiration.
Cette conscience doit aussi persister jusqu'à ce que l'inspiration survienne, de sorte qu'il n'y ait pas d'intervalle libre entre les deux mouvements respiratoires. L'esprit, posé sur la sensation de l'air qui entre et qui sort, éprouve la totalité de la respiration à chaque instant.



Observer ensuite les autres objets qui surgissent à chaque instant dans le corps et l'esprit

Ayant établi la conscience et la concentration grâce à l'observation de la sensation physique du souffle aux narines, le méditant peut observer d'autres objets mentaux et matériels qui surgissent à chaque instant dans le corps ou l'esprit, en rapport avec la vision, l'audition, l'olfaction, le goût, le tact et le mental.


Le méditant doit être conscient de toute sensation survenant dans le corps, qu'elle soit grossière ou subtile, douloureuse, plaisante ou neutre.Il doit aussi être conscient des saisies, des aversions, des plaisirs, des douleurs, des peines et de tous les phénomènes physiques et psychiques survenant dans le corps et dans l'esprit.

Ceci doit être fait objectivement et avec précision. Le méditant ne doit pas réfléchir à ces phénomènes tant qu'il n'a pas développé la vision pénétrante, la compréhension que la vraie nature de ces Phénomènes est l'impermanence, la souffrance et l'absence de "soi".


D'après la méthode de Mahasi Sayâdaw,

Le méditant doit commencer par observer l'élément "air" qui se manifeste nettement dans la région abdominale et dont les caractéristiques sont la fermeté, la pression et la mobilité. (...) On commence par prêter attention seulement à ces deux mouvements: la dilatation, la rétraction.

Ce n'est cependant pas tout ce qu'il faut faire. Si des pensées surviennent pendant que l'on
observe le va-et-vient de l'abdomen on constate: "pensées" et l'on retourne à l'observation première.

Si une sensation douloureuse apparaît dans le corps, on en prend note également quand elle se
calme, ou quand on l'a observée pendant un moment, on revient au mouvement abdominal.
(...)


Faire la différence entre l'apparition de l'objet, la prise de conscience de l'objet et l'objet lui-même.

Si le méditant a conscience de chaque événement qui survient en l'observant attentivement, l'esprit devient remarquablement calme et concentré, faisant la différence entre l'apparition de l'objet, la prise de conscience de l'objet et l'objet lui-même.

C'est le début du développement de la vision profonde, qui distingue l'esprit de la matière ou de l'objet.

(...)

Source : "LE PREMIER ENSEIGNEMENT DU BOUDDHA - Le sermon de Bénarès" par Vénérable Dr Rewata Dhamma - Collection Claire Lumière
*comme pour la majorité des "extraits de livres" de ce blog, j'ai scanné certains passages du livre pour pouvoir les publier sur ce blog )



La suite : ICI

  • Le chemin de vipassana
  • Le développement de vipassana samadhi
  • Le développement de la vision pénétrante de vipassana



vendredi 4 janvier 2008

Sacca Vibhanga Sutta : le sutta sur la Vérité



Plan de ce message

1) le sutta sur la Vérité ( la vérité de la voie menant à la fin de la souffrance)

2) D'autres extraits des paroles du Bouddha à propos du Noble Octuple sentier

3) En savoir plus





La Vérité de la voie menant à la fin de la souffrance : C'est le Noble Octuple Sentier


Amis, quelle est la vérité de la voie menant à la fin de la souffrance ?
Ce n'est que le Noble Sentier Octuple, à savoir : Compréhension Juste, Pensée Juste, Parole Juste, Action Juste, Moyen d'Existence Juste, Effort Juste, Attention Juste, Concentration Juste.


La Compréhension Juste

Amis, qu'est-ce que la Compréhension Juste ?
C'est en fait, amis, la connaissance de la souffrance, l'apparition de la souffrance, la cessation de la souffrance, le sentier menant à la cessation de la souffrance.
Amis, telle est la Compréhension Juste.

La Pensée Juste

Amis, qu'est-ce que la Pensée Juste ?
La pensée du renoncement, de l'affranchissement de la méchanceté, de
l'affranchissement de la cruauté.
Amis, telle est la pensée juste.


La Parole Juste

Amis, qu'est-ce que la Parole Juste ?
C'est s'abstenir de mentir, de calomnier, de parole dure, de parole inutile.
Amis, telle est la Parole Juste.


L'Action Juste

Amis, qu'est-ce que l'Action juste ?
C'est s'abstenir de tuer, de voler, de commettre l'adultère.
Amis, telle est l'Action Juste.


Les Moyens d'Existence Juste

Amis, qu'est-ce que le Moyen d'Existence Juste ?
Amis, c'est un noble disciple renonçant aux moyens de vivre illicites pour mener une vie honnête.
Amis, tel est le Moyen d'Existence Juste.


L'Effort Juste

Amis, qu'est-ce que l'Effort Juste ?
C'est un disciple qui espère, lutte, s'efforce, maîtrise son mental, s'exerce pour combattre l'apparition du Mal et de mauvaises pensées.
Il espère, lutte, s'efforce, maîtrise son mental, s'exerce pour l'apparition de bonnes pensées.
Il espère, lutte, s'efforce, maîtrise son mental, s'exerce pour la stabilité, pour l'absence de confusion, pour la croissance, la plénitude, et la culture du mental, pour la consolidation des bonnes pensées apparues.
Amis, tel est l'Effort juste.


L'Attention Juste

Amis, qu'est-ce que l'attention juste ?
Amis, c'est un disciple qui vit en voyant le corps dans sa réalité, zélé, réfléchi, attentif, discipliné dans un monde sans cupidité ni découragement ; qui vit en voyant le sentiment dans sa réalité, zélé, réfléchi, attentif, discipliné dans un monde sans cupidité ni découragement ; qui vit en voyant le mental dans sa réalité, zélé, réfléchi, attentif, discipliné dans un monde sans cupidité ni découragement.
Amis, telle est l'attention juste.


La Concentration Juste

Amis, qu'est-ce que la Concentration Juste ?

C'est un disciple détaché des plaisirs des sens, détaché des états mentaux malsains, qui entre et demeure dans le premier jhana, accompagné par une pensée appliquée et soutenue avec une extase et un bonheur nés lors de la retraite.

Avec le fléchissement de la pensée appliquée et soutenue il entre et demeure dans le deuxième jhana, qui possède une confiance interne et une unification de la pensée, est sans pensée appliquée ni soutenue, et est rempli d'extase et de bonheur nés lors de la concentration.

Avec la disparition de l'extase, il demeure dans l'équanimité, attentif et judicieux, et il expérimente sur sa propre personne ce bonheur dont la noble personne dit : " heureux celui qui vit dans l'équanimité et est attentif ". Alors il entre et demeure dans le troisième jhana.

Avec l'abandon du plaisir et de la souffrance, et avec la précédente disparition de joie et peine, il entre et demeure dans le quatrième jhana qui n'a ni douleur ni plaisir et possède la pureté de l'esprit grâce à l'équanimité.

Amis, telle est la Concentration Juste.


0 amis tel est la Noble Vérité du Sentier menant à la cessation de la souffrance.


* source : Lire ce sutta en pali et français : vipassanasangha





2- D'autres paroles du Bouddha à propos du Noble Octuple sentier .



- A propos de l'Attention Juste (ou correcte)

"Et qu'est-ce que l'attention correcte?
On a le cas où un bikkhu demeure concentré sur le corps en et par lui-même -- ardent, vigilant, et attentif -- mettant de côté l'avidité et l'angoisse par rapport au monde. He demeure concentré sur feelings dans et de themselves... l'esprit en et par lui-même... mental qualities dans et de themselves -- ardent, vigilant, et attentif -- mettant de côté l'avidité et l'angoisse par rapport au monde. C'est ce qu'on appelle l'attention correcte..."


-A propos de la concentration juste

Et qu'est-ce que la concentration correcte?
Il y a le cas où un bikkhu -- tout à fait retiré de la sensualité, retiré des qualités (mentales) maladroites -- entre et demeure dans le premier jhana: ravissement et plaisir nés de la retraite, accompagnés par la pensée dirigée et de l'évaluation. Avec l'apaisement de la pensée dirigée et de l'évaluation, il entre et demeure dans le second jhana: ravissement et plaisir nés du sang-froid, unification de la conscience libre de la pensée dirigée et de l'évaluation -- assurance intérieure. Avec la disparition du ravissement il demeure dans l'équanimité, attentif, pleinement vigilant, et physiquement sensible au plaisir. Il entre et demeure dans le troisième jhana, et de lui les Nobles Personnes déclarent, 'Equanime et attentif, il a une attitude agréable.' Avec l'abandon du plaisir et de la douleur -- comme dans la précédente disparition de l'euphorie et de l'abattement -- il entre et demeure dans le quatrième jhana: pureté de l'équanimité et de l'attention, ni plaisir ni douleur. C'est là ce qu'on appelle la concentration correcte."


A propos de la Parole Juste

"Bikkhus, un énoncé doté des cinq facteurs est bien dit, pas mal dit. Il est sans blâme et n'est pas mis en faute par les gens avisés. Quels sont ces cinq?

"Il est dit au bon moment. Il est prononcé en vérité. Il est prononcé de façon affectueuse. Il est prononcé de façon bénéfique. Il est prononcé dans un esprit de bonne volonté."

autre extrait :

Auto-purification au moyen de paroles bien choisies

"Et comment est-on purifié en quatre façons par action verbale?

"On a le cas où une certaine personne, abandonnant le faux discours, abstains de faux discours. Lorsqu'elle a été appelée à une assemblée de village, une assemblée de groupe, un rassemblement de ses parents, de sa guilde, ou de la royauté, si on la demande comme témoin, 'Venez, et dites moi, mon bon monsieur, ce que vous savez': Si elle ne le sait pas, elle dit, 'Je ne sais pas.' Si elle le sait, elle dit, 'Je sais.' Si elle n'a pas vu, elle dit, 'Je n'ai pas vu.' Si elle a vu, elle dit, 'J'ai vu.' Ainsi elle ne dit pas consciemment un mensonge pour elle-même, pour quelqu'un d'autre, ou pour une quelconque récompense. En abandonnant le faux discours, elle s'abstient de faux discours. Elle dit la vérité, tient à la vérité, est ferme, fiable, n'est pas un trompeur du monde.

"En cessant d'avoir des paroles qui sèment la discorde elle s'abstient d'avoir des paroles qui sèment la discorde. Ce qu'elle a entendu ici elle ne le dit pas là afin de séparer ces personnes-ci de ces personnes-là. Ce qu'elle a entendu là elle ne le dit pas ici afin de séparer ces personnes-là de ces personnes-ci. Ainsi, réconciliant ceux qui se sont séparés ou cimentant ceux qui sont unis, elle aime la concorde, fait ses délices de la concorde, jouit de la concorde, dit des choses qui créent la concorde.

"En abandonnant le langage injurieux, elle s'abstient de le langage injurieux. Elle dit des paroles qui sont douces à l'oreille, qui sont affectueuses, qui vont droit au coeur, qui sont polies, séduisantes et agréables aux gens en général.

"En abandonnant le bavardage inutile, elle s'abstient de bavardage inutile. Elle parle au bon moment, parle de ce qui est factuel, ce qui est en accord avec l'objectif, le Dhamma, et le Vinaya. Elle dit des paroles qui méritent qu'on les chérisse, opportunes, raisonnables, circonscrites, en rapport avec l'objectif.

"Voici comment on est purifié de quatre façons par l'action verbale."

source : canonpali



- En savoir plus, LIRE sur ce blog:


lundi 26 novembre 2007

La Parole juste




La Parole Juste fait partie de L'Octuple Noble Chemin ou Noble oculpte sentier

Pour rappel ce chemin est ainsi constitué:

1 La compréhension juste ou la vision parfaite ou vision juste
2 La pensée juste ou émotion juste
3 La parole juste
4 L'action juste
5 Les moyens d'existence justes
6 L'effort juste
7 L'attention juste
8 La concentration juste



Plan de ce message

1) Qu'appelle-t-on, ô moines, la parole juste? (extraits du livre "Le premier enseignement du Bouddha" de Dr.Rewata Dhamma)

2) Sâdhaka sutta :

3) Ambalatthika-rahulovada sutta


1) Qu'appelle-t-on, ô moines, la parole juste?

C'est éviter de dire des mensonges, éviter de calomnier, éviter de parler de façon haineuse ou injurieuse, éviter les paroles frivoles ou le bavardage futile. Moines, éviter ces quatre façons négatives de parler est appelé la parole juste.

Cette définition donne à comprendre qu'un entretien religieux ou le seul fait de dire la vérité, par exemple, ne fondent pas la "parole juste". La parole juste consiste à éviter de parler de façon erronée. Si l'occasion se présente de mentir, de calomnier, d'être injurieux ou de bavarder inutilement et qu'on ne la saisisse pas, on établit la pratique de la parole juste. En fait, éviter les paroles erronées conduit par soi-même au langage vrai, aimable, bénéfique et créateur d'harmonie.

Celui qui s'abstient de mal parler - et c'est ce qui est important - établit la base morale du chemin.
De plus, quoi que l'on voie, sente, touche, entende ou pense, si l'on réalise l'impermanence des objets des sens par l'attention vigilante et la vision pénétrante, aucune perturbation susceptible de faire prononcer des paroles négatives ne peut intervenir.

La méditation attentive empêche temporairement les souillures ou kilesas de survenir. Cependant, si l'on développe la vision pénétrante, que l'on atteint le noble sentier transcendant et que l'on réalise le nibbâna, alors la parole erronée disparaît complètement.

A mesure que l'on progresse vers l'état de sainteté, s'éliminent progressivement les souillures mentales responsables de l'usage négatif du langage.

Il est dit qu'à la première étape de la sainteté (sotapanna) se dissipent totalement les paroles trompeuses et les mensonges; à la troisième étape (anagami) se dissipe le langage calomnieux ou haineux; à la quatrième et dernière étape (arahant) se dissipe le langage frivole et le bavardage futile. Ici, le mot "langage" qualifie toute action vocale émise dans une intention délibérée, ou qui, si elle n'est pas intentionnelle, manifeste une tendance fondamentale de l'esprit. Si l'esprit est impur, la parole est pervertie; s'il est pur, la parole est juste. C'est pourquoi la pureté de l'esprit est très importante(...)




2) Sâdhaka sutta :


« Si le Tathâgata sait qu'une parole n'est pas vraie, pas véridique, pas profitable, pas plaisante et pas agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, mais qu'elle n'est pas profitable, pas plaisante et pas agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, profitable mais qu'elle n'est pas plaisante ni agréable aux autres, le Tathâgata sait à quel moment la dire.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole n'est pas vraie, pas véridique, pas profitable, mais qu'elle est plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, mais qu'elle n'est pas profitable bien qu'elle soit plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, profitable, qu'elle est plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata sait à quel moment la dire. »


Remarque : Tathâgata= Le Bouddha; lorsqu'il parle de lui même à la 3ème personne

Quand le Bouddha utilise le terme Tathàgata, il semble référer à lui-même comme un principe, par opposition aux moments où il parle de lui à la première personne.



3)
Ambalatthika-rahulovada sutta

Réfléchissez sur vos paroles, avant, pendant, et après avoir parlé...

[Le Bouddha parle à son fils, Rahula:] "Chaque fois que tu voudras accomplir un acte verbal, il faut que tu y réfléchisses: 'Cet acte verbal que je veux accomplir -- conduirait-il à ma propre affliction, à l'affliction d'autres que moi, ou aux deux? Est-ce un acte verbal maladroit, aux conséquences malheureuses, aux résultats malheureux?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il conduirait à ta propre affliction, à l'affliction d'autres que toi, ou aux deux; que ce serait un acte verbal maladroit aux conséquences malheureuses, aux résultats malheureux, alors absolument inapproprié que tu fasses tout acte verbal de cette sorte. Mais si à la réflexion tu sais que ça ne causerait pas d'affliction... que ce serait une adroite action verbale aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors il est approprié que tu fasses tout acte verbal de cette sorte.

"Pendant que tu accomplis un acte verbal, il faut que tu y réfléchisses: 'Cet acte verbal que je suis en train de faire -- conduit-il à ma propre affliction, à l'affliction d'autres que moi, ou aux deux? Est-ce un acte verbal maladroit, aux conséquences malheureuses, aux résultats malheureux?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il te conduit à ta propre affliction, à l'affliction d'autres que toi, ou aux deux... il faut le laisser tomber. Mais si à la réflexion tu sais que ce n'est pas le cas... tu peux continuer à le faire.

"Ayant accompli un acte verbal, il faut que tu y réfléchisses... Si, à la réflexion, tu sais qu'il a conduit à ta propre affliction, à l'affliction d'autres que toi, ou aux deux; que c'était un acte verbal maladroit aux conséquences malheureuses, aux résultats malheureux, alors il faut que le confesser, le révéler, le dévoiler au Maître ou à un compagnon avisé dans la vie sainte. L'ayant confessé... il faut que tu fasses preuve de mesure à l'avenir. Mais si à la réflexion tu sais que qu'il n'a pas conduit à l'affliction... que c'était une adroite action verbale aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors il faut demeurer mentalement frais et joyeux, t'entraînant jour et nuit aux qualités mentales adroites."

canon pali



mercredi 8 août 2007

Le noble Octuple sentier





Remarque : Pour en savoir plus, cliquer sur les mots surlignés en bleu


L'Octuple Noble Chemin ou Noble oculpte sentier (que symbolisent les huit rayons de la Roue du Dhamma), constitue le coeur de l'enseignement du Bouddha et le modèle de toute pratique bouddhiste.

Il apparaît, avec les quatre nobles vérités, dans le premier discours du Bouddha, le discours de la mise en mouvement de la roue de la loi.

Le noble sentier octuple c'est la voie qui mène à la cessation de la souffrance, de l'attachement (dukkha). Il est aussi appelé Sentier du milieu, car il évite les deux extrêmes que sont la poursuite du bonheur dans la dépendance du plaisir des sens et la poursuite du bonheur dans la pratique de l'ascétisme et de la mortification.

Le Noble Chemin Octuple est la quatrième des Quatre nobles vérités

Dans son premier sermon, Bouddha nous présente les quatre Nobles Vérités :
La Noble Vérité de dukkha .
La Noble Vérité de la cause de dukkha : c'est-à-dire les impuretés mentales ( kilesa en pali) : Le désir, la colère, la jalousie, l'avidité, la peur, l'orgueil, etc.
La Noble vérité de la cessation de dukkha: c'est-à-dire nibbána, la cessation des impuretés mentales.
La Noble Vérité du chemin qui mène à la cessation de dukkha: c'est-à-dire dána, síla et bhávaná.


Il s'agit de :

1 La compréhension juste ou la vision parfaite ou vision juste
2 La pensée juste ou émotion juste
3 La parole juste
4 L'action juste
5 Les moyens d'existence justes
6 L'effort juste
7 L'attention juste
8 La concentration juste

le terme juste est aussi traduit par "parfait"

Mais malheureusement, sur les huit branches ou "entraînements" proposés, seule la «méditation» semble intéresser la grande majorité des pratiquants bouddhistes occidentaux. Or cette « méditation » ne recouvre que deux de ces huit branches à savoir : l'attention juste et la concentration juste mais les autres sont aussi importantes et sans elles, la méditation n'est pas une méditation bouddhique eu sens noble du terme.

J'ai déjà évoqué l'importance de sila dans de nombreux messages de ce blog et notamment dans la pratique au quotidien


Dans sa présentation traditionnelle, ces huit entraînements du Chemin sont proposés sous la forme de trois « rubriques » : Discipline (sîla), Méditation (samâdhi) et Sagesse (prajña), comme si la première favorisait la seconde qui, seule, permettrait d'atteindre la troisième... Or, dans l'exposé même du Chemin, c'est la Sagesse qui est présentée en premier.


  • La compréhension juste
Il s'agit de la compréhension ou vision juste de la réalité, des quatre nobles vérités, mais aussi des trois caractéristiques de l'univers : anicca , dukkha et anatta .

Il existe six formes de compréhension juste:

1. compréhension juste du kamma propre aux individus
2. compréhension juste des jhânas
3. compréhension juste de la vision pénétrante
4. compréhension juste de la Noble voie
5. compréhension juste du fruit de la Noble voie
6. compréhension juste de la remémoration

En savoir plus Lire sur ce blog : La compréhension juste : ICI


  • La pensée juste (sammâ sankappa):
ou émotion juste :
C'est avoir une pensée libre de jalousie, de mauvais vouloir, et de cruauté. Mais aussi dénuée de haine, d'avidité et d'ignorance

  • La parole juste (sammâ vâcâ):
S'abstenir de mensonges, de médisances, d'un langage grossier et s'abstenir de paroles futiles.
Mais aussi : ne pas semer la discorde par ses paroles, ne pas parler abusivement.


En savoir plus Lire sur ce blog La Parole juste : ICI

  • L'action juste (sammâ kammanta):
C'est le respect d'au moins 5 préceptes : Ne pas tuer, ne pas blesser, ne pas voler, ne pas avoir de méconduite sexuelle.

  • Le moyen d'existence juste (sammâ âjiva):
Gagner sa vie de manière digne en restant totalement honnête et en évitant d'exercer le trafic d'armes, d'êtres vivants ou de chair, ainsi que la vente de poison, de drogues ou de boissons enivrantes.

  • L'effort juste (sammâ vâyâma):
L'effort de surmonter ce qui est défavorable, l'effort d'éviter ce qui est défavorable, l'effort de développer ce qui est favorable, et l'effort de maintenir ce qui est favorable (Selon moine dhamma sami)
L'effort juste, c'est aussi l'idée d'un "certain travail à accomplir sur soi pour mettre en oeuvre les sept autres voies vers la cessation de dukkha. Il ne s'agit pas de s'anesthésier du monde ni de fusionner avec le monde, mais bien d'être soi-même"

  • En savoir plus sur Effort Juste lire ICI 


Les deux branches qui suivent, l'attention juste et la concentration juste font référence à la pratique de la méditation. Il n'y a donc que deux branches qui font référence à la méditation proprement dites:

  • L'attention juste (sammâ sati):
La contemplation du corps, des sentiments, de l'esprit, et des phénomènes.

- En savoir plus : Lire sur ce blog L'Etablissement de l'Attention ou les quatre Objets de l'Attention : ICI

- Lire aussi : La culture de l'esprit : ICI


  • La concentration juste (sammâ samâdhi)
C'est la fixation de l'esprit sur un seul objet.
La concentration juste renvoie à une technique de méditation particulière qui tend à mettre en application les quatre nobles vérités et l'octuple noble sentier au travers d'une connaissance rigoureuse des mécanismes percepto-sensitifs et cognitifs et qui vise à la sortie de l'enchaînement des causes et des effets.
source : geocities.com



Vous trouverez ci après :

- L'Octuple Sentier présenté par Ajahn Suriyo.

- Le noble oculpte sentier Présenté par Michel henri Dufour

- Versets sur le sentier





L'Octuple Sentier présenté par Ajahn Suriyo:

L'Octuple Sentier est parfois simplement appelé en pâli magga , ce qui signifie "sentier" ou "voie" et parfois cette voie est appelée "Voie du Milieu" parce qu'elle évite les deux extrêmes et même tous les extrêmes. Traditionnellement, on parle de deux extrêmes : d'un côté, s'adonner aux plaisirs des sens et, de l'autre, s'auto-mortifier , c'est-à-dire s'infliger des souf frances dans l'espoir que cela nous permettra d'atteindre la Vérité. La Voie du Milieu, elle, évite tous les extrêmes, toutes les fixations que nous pouvons avoir avec le monde de la dualité. Ceci inclut la dualité du bien et du mal, de l'homme et de la femme … Si nous observons bien les choses, nous constatons que nous vivons sans cesse à travers l'expérience des contraires - chaud et froid, petit et grand, jeune et vieux.
Nous parlons d'un sentier ou d'une voie, cela implique donc que nous allions quelque part et que nous ayons une idée de la direction que nous prenons. Pour bien comprendre l'enseignement de l'Octuple Sentier , nous devons nous rappeler dans quel contexte il apparaît - celui des Quatre Nobles Vérités. L'une des façons les plus simples d'envisager un enseignement spirituel, est de le comparer à quelqu'un qui est malade. Quand nous sommes malades, nous allons chercher de l'aide auprès d'un médecin et la première chose qu'il fera, sera de formuler un diagnostic en cherchant à connaître la nature de la maladie et sa cause ; ensuite, si le docteur est habile, il ou elle pourra également prescrire un médicament ; et puis, si le médicament prescrit est approprié, nous serons libérés de la maladie et recouvrirons une bonne santé.
Le Bouddha a dit que nous étions tous malades, nous souffrons tous d'une forme de maladie
mentale. Il s'agit là de la première des QuatreNobles Vérités. Elle consiste à admettre, à
reconnaître que nous souffrons d'un certain malaise ou d'une maladie mentale.
La seconde des Nobles Vérités correspond au diagnostic, c'est-à-dire la cause de la maladie.
Comme vous le savez certainement, dans cet enseignement, la cause est ce que l'on appelle tanhâ , mot pâli qui se traduit par "soif" ou "désir puissant". Donc le poison ou la toxine n'existe pas en dehors de nous mais à l'intérieur , dans notre propre coeur . S'il était facile de se libérer de ce poison, si ce n'était qu'une question de volonté, ce ne serait pas un problème, on déciderait de s'en débarrasser et on le ferait ; mais cette maladie est fortement enracinée au plus profond de nous ; c'est comme un mal qui envahirait le foie ou les reins. Et ce qui va nous permettre d'en guérir , c'est une ordonnance qui requiert beaucoup d'effort, de temps et de patience.
Mais le Bouddha a dit encore que si nous suivons ses instructions, nous pouvions nous libérer de cette maladie et même nous en libérer définitivement. La T r oisième Noble Vérité est donc la déclaration ou la reconnaissance et finalement la réalisation de cette liberté par rapport à notre maladie.
La Quatrième Noble Vérité est la voie progressive, la thérapie, pourrait-on dire, qui nous guérira.
L'Octuple Sentier est un autre terme pour décrire la Quatrième Noble Vérité. Le verbe que le Bouddha a utilisé pour l'Octuple Sentier est bhâvanâ qui signifie "développer" - on peut aussi dire "cultiver", mot qui s'applique à l'agriculture ou à la plantation d'un arbre par exemple. Si vous avez déjà essayé de planter et de faire pousser un arbre, vous savez que cela requiert beaucoup de soins. Il faut trouver la bonne dose de soleil, d'arrosage et d'engrais.

Il existe deux façons traditionnelles de décrire l'Octuple Sentier :

- La première est un enseignement en 3 points : dâna, sîla et bhâvanâ . Dâna signifie
"générosité" ; sîla signifie "intégrité morale", c'est-à-dire notre relation aux autres ; et Bhâvanâ est le développement de toutes les autres facettes et qualités du coeur .

- Le second enseignement s'intitule sîla, samâdhi et paññâ. sîla , comme nous l'avons dit,
concerne la relation aux autres. Samâdhi signifie littéralement "l'esprit centré sur un point unique", donc une certaine forme de concentration. Quant à paññâ , on le traduit généralement par "sagesse".

L'Octuple Sentier peut donc aussi être subdivisé en ces trois qualités de sîla, samâdhi et paññâ .
Les deux premiers facteurs du Sentier - la V ision Juste et l'Intention Juste - peuvent entrer dans la catégorie de paññâ , la sagesse. Les trois suivants - Parole Juste, Action Juste et Gagner sa Vie justement - entrent dans la catégorie de sîla , la qualité de relation aux autres. Quant aux trois derniers - Effort Juste, Attention Juste, Concentration Juste - ils entrent dans la catégorie de samâdhi , l'attention centrée.
Source : le refuge


Pour Michel Henri Dufour :

Après avoir exposé le problème existentiel et les causes de ce problème, le Bouddha, dans la
quatrième des « Vérités nobles », nous propose un chemin de pratique, Voie royale du juste milieu entre les extrêmes, permettant de se libérer de l’insatisfaction et de la souffrance.

On classe généralement les huit éléments constituant cette Voie en trois chapitres : Sagesse,
Éthique et Unification mentale. Bien que cette exposition, purement didactique, puisse sembler impliquer un ordre ou une progression, il n’en est rien.
À l’image de chaque brin contribuant à la solidité d’une corde, les différentes parties de la Voie s’interpénètrent à tous les niveaux et chacune contient toutes les autres et à la fois les génère et s’en nourrit.
Néanmoins, au départ, une certaine dose de sagesse (encore mondaine à ce niveau) est
nécessaire, sagesse consistant à savoir qu’il existe un chemin et des moyens pour accomplir ce
chemin. La « perfection » ou « rectitude » de ces moyens réside dans le fait qu’ils impliquent de vivre en accord avec la vertu, la méditation et la sagesse plutôt qu’en se fondant sur une position orientée sur soi, une vision égocentrique.

Dans les Textes classiques la Voie est ainsi présentée :
I. Sagesse

1. conception correcte
La vue, la compréhension non viciée. Elle implique une première appréhension des quatre
Vérités nobles et consiste, en un premier temps, à saisir l’insatisfaction, sa cause, son extinction et le chemin y conduisant, c’est-à-dire, en un mot, comprendre la nécessité de la pratique et sa nature.
2. pensée, résolution, intention correcte
L’intention correcte, les aspirations correctes, impliquent l’intention ou la résolution d’élever
l’esprit, de le libérer de l’attachement à la sensualité, de la malveillance envers autrui, de la violence envers autrui et soi-même. Elle se nourrit d’une pensée libre de convoitise, de mauvais vouloir et de cruauté.

II. Conduite droite, éthique

3. parole correcte
Elle concerne le contrôle de la parole sous tous ses aspects, en particulier s’abstenir de
mensonges, de racontars, de paroles dures et de paroles vaines. Elle incite à constamment observer l’intention avant de parler, à juger de la nécessité de parler et du moment opportun pour le faire, et à poser des paroles de concorde plutôt que de discorde.
4. action correcte
La conduite correcte implique, pour tout bouddhiste laïc, l’observance des préceptes de base
d’une façon globale : s’abstenir de toute action susceptible de générer la souffrance en soi et
autrui et d’excès en toutes choses.
5. moyen d’existence correct
Le mode de vie correct implique l’abstention de moyens néfastes, non éthiques, de gagner sa vie et la mise en oeuvre de moyens justes et honorables, ne lésant aucun être vivant. Les bouddhistes prenant à coeur leur pratique sont invités à ne pas exercer les activités suivantes : vendre des êtres vivants, des poisons, de la drogue, de l’alcool ou des armes.
6. effort correct
Cette pratique implique : l’effort d’éviter et l’effort de surmonter les
états néfastes et malsains, l’effort de développer et l’effort de maintenir les états bénéfiques et sains,

III. Unification mentale

7. vigilance correcte

Elle recouvre l’attention correcte, la présence totale. Sati implique une vigilance de tous les
instants en ce qui concerne les phénomènes intérieurs et extérieurs, physiques et mentaux et leur analyse. Elle inclut les quatre attentions fondamentales (satipa¥ ¥ hæ na), l’un des fondements de la pratique méditative dans la Voie bouddhique : attention au corps, aux sensations, à l’esprit, aux phénomènes.
8. harmonie mentale correcte
Elle est unification de l’esprit correcte, équilibre mental correct. Elle constitue la manière
correcte d’utiliser la méditation et ses résultats, uniquement pour le développement et et la libération personnelle et éventuellement comme base des quatre « absorptions »

source : vivekarama (Vade mécum bouddhique)




VERSETS SUR LE SENTIER

273 - Des sentiers, l'octuple est le meilleur
Des vérités les Quatre Déclarations sont les meilleures.
L'état sans passions est le meilleur des états
Des êtres à deux pieds, le voyant est le meilleur.

274 - Ceci est la seule Voie, il n’y en a pas d'autre pour la pureté de la vision, entrez dans ce sentier, c'est la déroute de Mâra.

275 - Entrant dans cette Voie, vous mettrez fin à la douleur.
L'ayant appris, je vous ai enseigné le sentier de l'enlèvement des épines.

276 - Vous, vous-mêmes, devez faire un effort, les Tathagata sont seulement des instructeurs, les méditatifs qui entrent dans la voie sont délivrés des liens de Mâra.

277 - « Impermanentes sont toutes choses conditionnées ».
Quand on discerne ceci avec sagesse, on est dégoûté de l'insatisfaisant.
Ceci est le sentier de la Pureté.

278 - « Insatisfaisantes sont toutes choses conditionnées ».
Quand on discerne ceci avec sagesse, on est dégoûté de l'insatisfaisant.
Ceci est le sentier de la Pureté.

279 - « Sans essence sont toutes choses » quand on discerne ceci avec sagesse, on est dégoûté de l'insatisfaisant. Ceci est le sentier de la Pureté .

280 - Le nonchalant qui ne lutte pas quand il doit lutter, qui, bien qu'il soit jeune et fort, est indolent, dont l'intention d'aspiration est affaiblie, qui est paresseux, ne réalisera pas la Voie par la Connaissance transcendante.

281 - Gardé en paroles, bien contrôlé en mental, qu'il ne fasse rien de non méritoire par le corps, qu'il purifie ces trois modes d'action et conquière le sentier réalisé par les Sages (isi).

282 - Vraiment! de la méditation naît la sagesse, sans méditation la sagesse s'évanouit.
Connaissant ce double sentier de perte et de gain, que l'on se conduise de façon à ce que la Sagesse puisse croître.

283 - Coupez la forêt (des passions) mais non les arbres réels.
Car de la forêt (des passions) naît la peur.
Coupant la forêt et les taillis, soyez « nibbânés », ô Bhikkhous

284 - Car aussi longtemps que le taillis (des passions) d'un homme envers les femmes, n'est pas coupé, restât-il un brin, aussi longtemps son mental est dans les liens, comme le veau qui tète encore est lié à sa mère.

285 - Coupez votre affection, comme avec la main un lilas d'automne.
Cultivez ce véritable sentier de Paix. Nibbana a été exposé par le bien allé.

286 - Je veux demeurer ici à la saison des pluies, là en automne et en été, ainsi le fou rêve, il ne réalise pas le danger (de mort)

287 - L'homme possédé par le désir ardent, dont le mental est fixé sur les enfants
et les troupeaux, la mort le saisit et l'emporte comme un grand flot le village endormi.

288 - Là, aucun fils comme protection, ni père ni même des parents.
Pour celui qui est vaincu par la mort, là, pas de protection des parents.

289 - Comprenant ce fait, que l'homme sage, moralement contrôlé, dégage rapidement la vole qui mène à Nibbana.


  • LIRE aussi : le sutta sur la Vérité (Sacca Vibhanga Sutta): la vérite de la voie menant à la cessation de la souffrance à savoir: le noble oculte sentier : ICI