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mercredi 9 avril 2008

La "voie du milieu" pour le Tibet, par le dalaï-lama


Depuis le 10 mars, nous assistons à des manifestations et à des protestations dans presque toutes les régions du Tibet, et même à des mouvements d'étudiants dans certaines agglomérations chinoises. Ces explosions de colère sont le résultat de l'angoisse mentale et physique des Tibétains depuis trop longtemps refoulée et du profond ressentiment qu'ils éprouvent face à la négation des droits du peuple tibétain, l'absence de liberté religieuse et la distorsion systématique de la vérité de la part des autorités chinoises.

Je suis attristé et préoccupé que l'on utilise des armes pour réprimer les manifestations pacifiques du peuple tibétain, occasionnant de nombreux morts, blessés et arrestations. Aussi tragiques que regrettables, cette répression et ces souffrances ne peuvent qu'arracher des larmes de compassion à toute personne sensible. Je me sens toutefois impuissant face à ces tragiques incidents. Je prie pour tous les Tibétains, mais aussi pour tous les Chinois qui ont perdu la vie dans la crise actuelle.

Les protestations récentes dans l'ensemble du Tibet contredisent la propagande de la République populaire de Chine selon laquelle, hormis une poignée de "réactionnaires", la majorité des Tibétains jouissent d'une existence prospère et satisfaisante. Ces protestations ont montré à l'évidence que les Tibétains des trois provinces du Tibet – l'U-Tsang, le Kham et l'Amdo – entretiennent les mêmes aspirations et les mêmes espoirs. Ces protestations ont également fait savoir au monde entier que le problème du Tibet ne peut plus longtemps être ignoré.

Elles montrent qu'il faut trouver un moyen de régler le problème en "parvenant à la vérité à partir des faits". Il convient de souligner la bravoure et la détermination des Tibétains qui ont, dans l'intérêt de leur peuple et au risque de leur vie, fait part de leur profonde angoisse et exprimé leurs espoirs. La communauté mondiale a d'ailleurs reconnu et soutenu leur action courageuse.

J'apprécie l'attitude de nombreux fonctionnaires et cadres tibétains du Parti communiste qui, sans perdre leur identité tibétaine, ont fait preuve de cran et de droiture au cours de la crise actuelle. A l'avenir, j'en appellerai à ces cadres et fonctionnaires tibétains du parti afin qu'au lieu de poursuivre leur intérêt personnel, ils œuvrent à préserver l'intérêt général du Tibet en transmettant à leurs supérieurs dans le parti les véritables sentiments du peuple tibétain et en s'efforçant de le diriger de manière objective.

Des présidents, premiers ministres, ministres des affaires étrangères, lauréats du prix Nobel, parlementaires et citoyens concernés du monde entier adressent aujourd'hui aux autorités chinoises des messages clairs et forts afin qu'elles mettent un terme à la brutale répression qu'elles exercent à l'encontre du peuple tibétain. Tous cherchent à convaincre le gouvernement chinois d'emprunter une voie par laquelle une solution mutuellement satisfaisante puisse être trouvée.

TENIR À NOTRE PRATIQUE DE LA NON-VIOLENCE

Nous devons créer les conditions permettant à leurs efforts de déboucher sur des résultats positifs. Je sais que l'on vous provoque par tous les moyens, mais il est important de nous en tenir à notre pratique de la non-violence.

Les autorités chinoises ont lancé des allégations mensongères à mon égard, m'accusant d'avoir provoqué et orchestré les récents événements. Ces allégations sont infondées. J'ai appelé à plusieurs reprises à la constitution d'un organisme international indépendant et reconnu afin qu'une enquête minutieuse soit menée sur cette question. Je suis persuadé qu'un tel organisme indépendant saura faire surgir la vérité. Si la République populaire de Chine dispose du moindre élément ou de la moindre preuve susceptible d'étayer ses affirmations, elle doit les présenter au monde. Se contenter d'allégations ne suffit pas.

En ce qui concerne l'avenir du Tibet, je suis déterminé à rechercher une solution dans le cadre de la Chine. Depuis 1974, je suis resté sincèrement attaché à l'approche de la "voie du milieu", la seule susceptible de nous être mutuellement bénéfique. Le monde entier le sait. La "voie du milieu" consiste en ce que les Tibétains soient gouvernés par une administration qui jouisse d'une authentique autonomie régionale nationale avec toutes les garanties afférentes, c'est-à-dire l'autoadministration et la pleine capacité de décision, sauf en ce qui concerne les questions touchant aux relations avec l'étranger et à la défense nationale. J'ai toutefois toujours affirmé que ce sont les Tibétains vivant au Tibet qui, en dernier ressort, auront le droit de décider de l'avenir du Tibet.

L'accueil des Jeux olympiques cette année est l'objet d'une grande fierté pour le 1,2 milliard de Chinois. J'ai, depuis le début, approuvé l'organisation de ces Jeux à Pékin. Ma position sur cette question demeure inchangée. Je pense que les Tibétains ne devraient en rien entraver le déroulement des Jeux. Il est légitime que les Tibétains luttent pour leurs droits et leurs libertés mais, d'un autre côté, il serait vain et inutile de faire quelque chose qui suscite la haine dans l'esprit des Chinois. Au contraire, nous devons renforcer la confiance et le respect dans nos cœurs afin de créer une société harmonieuse, car nous n'y parviendrons pas par la force et l'intimidation.

Le combat que nous menons est dirigé contre quelques individus au sein du gouvernement chinois, et non contre le peuple chinois. Aussi, nous devons nous efforcer de ne jamais susciter de malentendus ni faire quoi que ce soit qui puisse heurter le peuple chinois. Même dans cette situation difficile, beaucoup d'intellectuels, d'écrivains, de juristes chinois vivant en Chine ou dans d'autres régions du monde ont sympathisé avec notre cause et nous ont fait part de leur solidarité en publiant des déclarations, en écrivant des articles et en nous exprimant un soutien qui nous va droit au cœur.

Si la situation actuelle au Tibet devait perdurer, je crains beaucoup que le gouvernement chinois ne décide d'employer une force encore plus brutale et d'accentuer la répression à l'encontre du peuple tibétain. En raison de mes obligations morales et de ma responsabilité à l'égard du peuple tibétain, j'ai demandé à de multiples reprises à la Chine de mettre un terme à la répression dans toutes les régions du Tibet et d'en retirer ses forces armées et sa police. Si mes démarches devaient donner des résultats, je conseillerais également aux Tibétains d'arrêter toutes les manifestations.

Je voudrais exhorter mes amis tibétains, qui vivent dans la liberté en dehors du Tibet, à être très attentifs à la manière dont ils expriment ce qu'ils ressentent sur les événements en cours au Tibet. Nous ne devons nous engager dans aucune action qui puisse, de près ou de loin, être interprétée comme une action violente. Même face aux provocations les plus manifestes, nous ne devons pas laisser compromettre les précieuses valeurs auxquelles nous sommes attachés. Je suis convaincu que nous l'emporterons en continuant de suivre la voie de la non-violence. Nous devons avoir l'intelligence de comprendre ce qui nous vaut l'amitié et le soutien sans précédent dont nous bénéficions.

Du fait que le Tibet est pour l'instant presque hermétiquement clos, et qu'aucun organe d'information international n'y est autorisé, je doute que mon message parvienne aux Tibétains qui y vivent, mais j'espère que, grâce aux médias et au bouche-à-oreille, une majorité d'entre vous en prendra connaissance.

Source : lemonde

dimanche 6 avril 2008

TIBET : REVUE DE PRESSE


Qu’aucun être, Nulle part N’en déçoive un autre, N’en méprise un autre.
Qu’aucun être Sous l’emprise de la colère ou du ressentiment Ne souhaite jamais le malheur d’un autre.




6 avril

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a tenté de mettre un terme, samedi 5 avril, aux spéculations sur un durcissement de la position française vis-à-vis de Pékin, en affirmant que Paris ne posait pas de "conditions" à la venue du président Nicolas Sarkozy à l'ouverture des JO.(...)

DHARAMSALA (Inde) - Le dalaï lama a affirmé dimanche que les récentes manifestations au Tibet et dans les provinces voisines avaient "fait voler en éclats" la "propagande" chinoise et que la question tibétaine ne pouvait plus être ignorée.(...)


ICI: LA SUITE DE CETTE REVUE DE PRESSE (Mise à jour régulièrement)


mardi 1 avril 2008

Appel au peuple chinois de Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama, 28 mars 2008


Je salue aujourd’hui chaleureusement mes sœurs et frères chinois du monde entier, et tout particulièrement ceux de la République populaire de Chine. A la lumière des événements survenus dernièrement au Tibet, j’aimerais vous faire part de mes réflexions sur les relations entre le peuple tibétain et le peuple chinois, et lancer à chacun d’entre vous un appel personnel.

Je suis profondément attristé par les pertes de vies subies lors des derniers événements tragiques au Tibet et suis conscient que des Chinois ont également trouvé la mort. Je compatis avec les victimes et leurs familles, et je prie pour elles. Les troubles récents démontrent nettement la gravité de la situation au Tibet ainsi que l’urgence de trouver une solution pacifique et mutuellement bénéfique par le dialogue. Même dans les circonstances actuelles, j’exprime aux autorités chinoises ma volonté de travailler avec elles pour établir la paix et la stabilité.

Sœurs et frères chinois, je vous assure que je ne désire nullement la séparation du Tibet. Je ne souhaite pas non plus enfoncer un coin entre Tibétains et Chinois. J’ai au contraire toujours eu à cœur de trouver une véritable solution au problème du Tibet, qui garantisse les intérêts à long terme des Chinois comme des Tibétains. Comme je l’ai maintes fois répété, mon principal souci est d’assurer la survie de la spécificité de la culture, de la langue et de l’identité du peuple tibétain. En tant que simple moine qui s’efforce d’observer chaque jour de sa vie les préceptes bouddhiques, je vous assure de la sincérité de ma motivation.

J’appelle les dirigeants de la République populaire de Chine à clairement comprendre ma position et à œuvrer au règlement de ces problèmes en "recherchant la vérité dans les faits".
Je presse les dirigeants chinois de faire preuve de sagesse et d’entamer un dialogue sérieux avec le peuple tibétain. Je les appelle aussi à déployer des efforts sincères pour contribuer à la stabilité et à l’harmonie de la République populaire de Chine et éviter de provoquer des tensions inter-ethniques. La couverture des derniers événements au Tibet par les médias publics chinois qui dénaturent la réalité et induisent en erreur pourrait semer des graines de tensions ethniques et avoir des conséquences imprévisibles à long terme. C’est pour moi un grave sujet de préoccupation. De même, en dépit de mon soutien répété aux Jeux olympiques de Beijing (Pékin), les autorités chinoises, dans le but de creuser un fossé entre le peuple chinois et moi-même, affirment que j’essaie de saboter les jeux. Il est toutefois encourageant pour moi de constater que plusieurs intellectuels et universitaires chinois expriment également les fortes préoccupations suscitées par les actions des dirigeants chinois et les risques pouvant en découler à long terme, notamment en matière de relations inter-ethniques.

Depuis des temps anciens, Tibétains et Chinois vivent comme voisins. Durant les deux mille ans de l’histoire connue de nos peuples, nous avons parfois entretenu des relations amicales, contractant même des alliances matrimoniales, alors que d’autres fois, nous nous sommes combattus. Le bouddhisme ayant cependant fleuri en Chine avant d’arriver au Tibet par l’Inde, nous, Tibétains, avons toujours accordé aux Chinois le respect et l’affection dus aux sœurs et frères aînés en dharma. Les membres de la communauté chinoise vivant hors de Chine le savent bien et certains d’entre eux ont participé à mes conférences bouddhiques, tout comme le savent les pèlerins venant de Chine continentale que j’ai eu le privilège de rencontrer. Ces rencontres m’encouragent et je crois qu’elles peuvent contribuer à une meilleure compréhension entre nos deux peuples.

Le vingtième siècle a été témoin de changements considérables dans de nombreuses parties du monde et le Tibet, lui aussi, a été entraîné dans ce mouvement. Peu après la création de la République populaire de Chine en 1949, l’Armée de libération du peuple pénétrait au Tibet, ce qui a finalement abouti à la conclusion de l’Accord en 17 points entre la Chine et le Tibet en mai 1951. Lorsque j’étais à Beijing en 1954-55, participant au Congrès national du peuple, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de hauts dirigeants, dont le président Mao lui-même, et de nouer des liens personnels d’amitié avec eux. De fait, le président Mao m’a donné des conseils sur plusieurs questions, de même que des assurances personnelles sur l’avenir du Tibet. Encouragé par ces assurances et inspiré par la ferveur de nombreux dirigeants révolutionnaires chinois de cette époque, je suis rentré au Tibet empli de confiance et d’optimisme. Certains membres du parti communiste tibétain partageaient le même espoir. De retour à Lhassa, j’ai tout mis en œuvre pour obtenir une véritable autonomie du Tibet au sein de la famille de la République populaire de Chine (RPC). J’estimais que c’était la meilleure façon de servir les intérêts à long terme des peuples tibétain et chinois.

Malheureusement, des tensions, qui ont commencé à monter au Tibet à partir de 1956 environ, ont finalement abouti au soulèvement pacifique du 10 mars 1959 à Lhassa et à ma fuite en exil. Même si nombre de changements bénéfiques se sont produits au Tibet sous le régime de la République populaire de Chine, ces changements, comme l’a souligné en janvier 1989 le précédent Panchen Lama, ont été assombris par d’immenses souffrances et des destructions à grande échelle. Les Tibétains devaient constamment vivre dans la peur, alors que le gouvernement chinois continuait de se méfier d’eux. Toutefois, au lieu de cultiver de l’animosité envers les dirigeants chinois responsables de la dure répression du peuple tibétain, je priais pour que nous devenions amis. C’est ce que j’exprimais dans ces quelques lignes d’une prière écrite en 1960, un an après mon arrivée en Inde. "Puissent-ils réaliser l’œil de la sagesse, savoir ce qui est à accomplir et ce qui est à abandonner, et demeurer dans la gloire de l’amitié et de l’amour". De nombreux Tibétains, parmi lesquels des écoliers, récitent ces lignes dans leurs prières quotidiennes.

En 1974, à la suite de graves discussions avec mon cabinet, le Kashag, de même qu’avec le président et le vice-président de l’Assemblée des députés du peuple tibétain, nous avons décidé de trouver une voie médiane visant à ne pas séparer le Tibet de la Chine, mais à favoriser le développement pacifique du Tibet. Même si nous n’avions pas de contact à ce moment avec la RPC – qui se trouvait alors en pleine Révolution culturelle – nous avions déjà admis que, tôt ou tard, nous devrions résoudre la question du Tibet par voie de négociations. Nous avons également reconnu que, du moins en ce qui concerne la modernisation et le développement économique, il serait grandement bénéfique au Tibet de demeurer au sein de la RPC. Bien que le Tibet possède un héritage culturel riche et ancien, il est peu développé sur le plan matériel.

Situé sur le toit du monde, le Tibet donne naissance aux plus grands fleuves d’Asie. C’est pourquoi la protection de l’environnement revêt une importance primordiale sur le Plateau tibétain. Notre préoccupation essentielle étant de sauvegarder la culture bouddhique tibétaine – enracinée dans les valeurs de la compassion universelle – tout comme la langue tibétaine et l’identité tibétaine unique, nous avons ardemment travaillé à l’obtention d’une véritable autonomie pour l’ensemble des Tibétains. La constitution de la RPC stipule que les ethnies, comme les Tibétains, jouissent de ce droit.

En 1979, le dirigeant suprême de la Chine à cette époque, Deng Xiaoping, a assuré mon émissaire personnel que "hormis l’indépendance du Tibet", toutes les autres questions pouvaient être négociées. Comme nous avions déjà formulé notre approche consistant à rechercher une solution de la question tibétaine dans le cadre de la constitution de la RPC, nous nous trouvions en bonne position pour saisir cette nouvelle occasion. Mes envoyés ont rencontré à plusieurs reprises des représentants de la RPC. Depuis que nous avons renoué contact en 2002, il y a eu six rondes de discussions. Cependant, nous n’avons abouti à absolument aucun résultat concret sur la question fondamentale. Néanmoins, comme je l’ai déclaré à plusieurs reprises, je demeure fermement attaché à la Voie du milieu et je réaffirme être prêt à poursuivre le dialogue.

Cette année, le peuple chinois attend avec fierté et impatience l’ouverture des Jeux olympiques. J’ai toujours soutenu l’idée que Beijing puisse accueillir les jeux. Ma position n’a pas changé. La Chine a la plus importante population du monde, une longue histoire et une civilisation extrêmement riche. Aujourd’hui, compte tenu de son impressionnant essor économique, elle émerge comme grande puissance. Il faut certainement s’en réjouir. Mais la Chine doit aussi gagner le respect et l’estime de la communauté internationale en bâtissant une société ouverte et harmonieuse, fondée sur les principes de la transparence, de la liberté et de la primauté du droit. Or, jusqu’à ce jour, les victimes de la tragédie de la place de Tiananmen, qui a bouleversé la vie de tant de citoyens chinois, n’ont reçu ni juste réparation ni réponse officielle. De même, lorsque des milliers de Chinois ordinaires des zones rurales subissent des injustices perpétrées par des fonctionnaires locaux corrompus qui les exploitent, leurs plaintes légitimes sont jetées aux oubliettes ou suscitent de violentes réactions. J’exprime ces préoccupations en tant que votre semblable, également prêt à se considérer comme membre de cette grande famille qu’est la République populaire de Chine. A cet égard, j’apprécie et soutiens la politique du président Hu Jintao visant à créer une "société harmonieuse" mais cette société ne peut s’édifier que sur la base d’une confiance mutuelle et dans un climat de liberté, dont la liberté d’expression et la primauté du droit. Je crois fermement que l’adoption de ces valeurs permettra de résoudre beaucoup de problèmes importants liés aux minorités, comme la question du Tibet, ainsi que celle du Turkestan oriental et de la Mongolie intérieure, où les autochtones ne constituent plus que 20% d’une population totale de 24 millions.

J’espérais que la déclaration récente du président Hu Jintao selon laquelle la stabilité et la sécurité du Tibet concernent la stabilité et la sécurité du pays annoncerait l’avènement d’une ère nouvelle pour le règlement du problème du Tibet. Malheureusement, en dépit des efforts sincères que j’ai déployés pour ne pas séparer le Tibet de la Chine, les dirigeants de la République populaire de Chine m’accusent d’être un "séparatiste". De même, lorsque des Tibétains, à Lhassa et dans de nombreuses autres régions, ont protesté de manière spontanée pour exprimer un ressentiment profondément ancré, les autorités chinoises m’ont immédiatement accusé d’avoir orchestré ces manifestations. J’ai demandé que cette allégation fasse l’objet d’une enquête minutieuse, menée par un organe respecté.

Sœurs et frères chinois – où que vous soyez – c’est empreint d’une grande inquiétude que j’en appelle à vous pour que nous puissions dissiper les malentendus entre nos deux communautés. J’en appelle aussi à vous pour que vous nous aidiez à trouver une solution pacifique et durable au problème du Tibet par le dialogue, dans un esprit de compréhension et de conciliation.

Mes prières vous accompagnent.

Tenzin Gyatso, Dalaï Lama
Le 28 mars 2008

Source :Tibet info


  • En savoir plus sur la situation actuelle au TIBET : ICI



dimanche 30 mars 2008

LA CHINE EST UNE GRANDE NATION...




Par Jean d'Ormesson de l'Académie française.


La Chine est une grande nation. Avec les États-Unis, elle est l'autre superpuissance à régner sur la planète. Son industrie est impressionnante. Sa croissance donne le tournis. Si nombreux, si, inventifs, formidablement doués pour le commerce, les Chinois sont un peuple d'élite. La Chine inspire trois sentiments au monde autour d'elle : le respect, la peur, l'espérance. Cette situation exceptionnelle, qui lui assure une des premières places dans le concert des nations, ne lui donne pas tous les droits.

Le sport est une des grandes réalités mythiques de notre temps. Pékin organise les Jeux olympiques. Cet honneur lui impose des devoirs. Des devoirs de retenue, de transparence, d'apaisement.

Tout le monde savait que la Chine communiste convertie au libéralisme économique n'était pas une démocratie. Et que son action au Tibet jetait une ombre épaisse sur son image. Les organisateurs des Jeux, les gouvernements, l'opinion publique sont passés là-dessus avec l'espoir de voir la Chine s'avancer sur le chemin du respect des droits de l'homme. C'est le contraire qui se passe. La Chine est rattrapée par la violence qu'elle n'a cessé d'exercer au Tibet et la répression se poursuit de plus belle.

Voilà longtemps que ce qui se passe au Tibet n'aurait jamais été accepté par la communauté internationale venant d'une nation moins puissante que la Chine. Il est impossible de, condamner les événements du Kosovo ou du Darfour et de ne pas condamner les événements du Tibet.

Au Tibet est engagée une opération qui ressemble très exactement à un génocide culturel. Pékin accuse Lhassa de provocation délibérée. Tout ce qu'il est permis de constater, c'est que les efforts de Pékin pour venir à bout par tous les moyens de la résistance tibétaine n'ont pas réussi, malgré l'emploi de la violence et que les Jeux olympiques sont l'occasion pour les, Tibétains survivants de manifester leur opposition au régime qui leur est imposé.

Qu'une violence extrême ait été utilisée par le gouvernement chinois contre les Tibétains est un fait établi, en dépit des rigueurs de la censure et de la désinformation. Voilà qu'au crime s'ajoute le mensonge : Pékin accuse les Tibétains de terrorisme et dénonce dans le Dalaï-Lama un chef terroriste et un fauteur de troubles qui relève de la justice.

C'en est trop. Entre le gouvernement chinois et les moines tibétains, où est le terrorisme ? Le Dalaï-Lama est plus proche de Gandhi que de Ben Laden et les moines bouddhistes du Tibet sont plutôt des victimes désarmées que des disciples d'al-Qaida. Naturellement, des comparaisons insoutenables nous seront opposées. On a presque honte d'y répondre. Mais,,non, l'action du gouvernement chinois au Tibet n'a rien à voir avec le droit de toute, autorité nationale à assurer et à rétablir l'ordre. Et, non, les malheureux moines tibétains ne peuvent pas être comparés à des organisations qui se réclament de la terreur.

Ce qui pousse les Tibétains, c'est le désespoir. Et le dalaï-lama est si peu un chef terroriste qu'il menace de démissionner au cas où les émeutes au Tibet prendraient un caractère violent.

Ne soyons pas plus bouddhistes que le Dalaï-Lama. Le Dalaï-Lama ne réclame pas le boycott des Jeux olympiques. Il serait irresponsable d'y pousser. Mais il est aussi impossible de faire comme s'il ne se passait rien au Tibet. Le gouvernement chinois assure que l'ordre règne à Lhassa. Le régime tsariste assurait aussi que l'ordre régnait à Varsovie lorsque, bien avant Staline, il était en train de décapiter l'élite polonaise. Pékin veut détruire la langue, la religion, les traditions tibétaines.

Si l'opinion publique internationale, si les organisations humanitaires, si les intellectuels de tout bord, si les gouvernements ne protestent pas, personne n'aura plus jamais aucun droit à protester où que ce soit.

Ne le dissimulons pas : nous souhaitons conserver et développer de bonnes relations avec la Chine communiste convertie à l'économie de marché. Mais nous avons le droit et le devoir de défendre les Tibétains. Nous ne soutenons pas un boycott absurde des Jeux olympiques. Mais nous demandons que, puisque Pékin a décidé d'organiser ces Jeux, la libre circulation des médias, de la télévision, des journalistes soit assurée en Chine. C'est la moindre des choses.

Nous entendons conserver notre liberté de pensée et d'appréciation en ce qui concerneb n'importe quel pays de la planète y compris la Chine. Nous souhaitons que le droit de protestation contre les excès soit reconnu en Chine comme dans tout autre pays du monde. Les Tibétains ont le droit de défendre leur culture, leur religion, leur manière de vivre. Et nous, nous sommes libres de notre opinion à l'égard des actions du gouvernement chinois.

Ce n'est pas un carton rouge qui doit être agité à la veille des Jeux olympiques de Pékin. Mais un carton jaune s'impose. À la cérémonie d'ouverture, quelque chose doit se passer — abstention ou protestation officielle — qui nous empêche de mourir de honte quand tant de Tibétains sont en train de mourir de désespoir.

Source : ce texte est publié sur le site : lerefuge (rubrique actualité, puis Tibet)

  • RAPPEL : TIBET actualité, Pour une vision plus juste.... : ICI

TIBET : AVOIR UNE VISION JUSTE



Nous devons essayer d'avoir une Vision Juste


Il est essentiel d'avoir plusieurs visions du conflit entre les Tibétains et la Chine et non une seule. Il nous appartient ensuite, de faire le tri ( enfin d'essayer.. pas toujours facile..)

Mais nous ne pouvons pas nous contenter de lire que des articles "anti chinois" n'est ce pas ?

C'est aussi cela la liberté : avoir suffisamment d'informations et pas toujours dans le même sens. Ne faisons pas ce que nous reprochons à la Chine : ne véhiculons pas la désinformation!

Tout le monde donne son point de vue, mais qui à raison et qui à tort ? comment se rapprocher le plus possible de la vérité, car c'est elle qui nous importe et rien d'autre..

Et mon sentiment dans tout ça me direz vous? et bien justement ma position c'est, pour l'instant, de lire et d'essayer de comprendre et surtout de ne pas juger, de ne pas me laisser emporter par la passion aveugle...

Il ne fait aucun doute que la Chine est un pays où les Droits de l'Homme sont bafoués (comme dans de très nombreux pays d'ailleurs, y compris la France... ) c'est la raison pour laquelle j'ai besoin de mes deux yeux pour voir et de mes deux oreilles pour entendre....sans haine aucune..

Au fait, que recherchons nous réellement, la facilité ou la vérité ?

Birmanie, Tibet.. au fait que recherchons nous, la facilité ou la Vérité



Le Tibet ne doit pas être victime de notre émotion...

L’émotion obscurcit l’esprit... Beaucoup, pour diverses raisons, ont un attachement pour les Tibétains et le Tibet lui même, il n’y a pas de mal à cela... Mais nous devons éviter la révolte aveugle... Agir pour le Tibet c’est agir fermement et sans émotions... Une action inappropriée se retournera fatalement contre les Tibétains eux mêmes...

Dénigré par la Chine, le Dalai Lama est adulé par l’occident, c’est comme un jeu de miroir... Et ce jeu de miroir m’inquiète...

Agir pour le Tibet c’est clarifier notre esprit, le libérer de l’émotion...

LIRE sur Karuna : Le Tibet, deux fois victimes?

vendredi 28 mars 2008

TIBET : Appel des Tibétologues à Hu Jintao



Les universitaires spécialistes du Tibet les plus réputés, bouleversés par les troubles survenus au Tibet ont adressé une requête au Président Hu Jintao et au gouvernement chinois, la voici :



Monsieur le Président,

Au cours des deux dernières semaines, le monde a été témoin d’une explosion de protestations sur le plateau tibétain souvent suivies d’une répression cruelle et violente.

Dans la plupart des cas ces protestations étaient pacifiques. La conséquence a été un nombre inconnu d’arrestations et la perte de nombreuses vies, pour la très grande majorité tibétaines. Naturellement, ceci a déclenché inquiétude et angoisse dans le monde.

En tant qu’étudiants menant des études de Tibétain, nous sommes particulièrement troublés par ce qui se passe. La civilisation que nous étudions n’est pas simplement un sujet de recherche académique : il s’agit de l’héritage et l’œuvre d’un peuple vivant et l’un des grands legs culturels mondiaux. Nous exprimons notre profonde peine pour les décès horribles d’innocents, Chinois comme Tibétains. La vie a été modifiée par le pire dans des endroits que nous connaissons bien, la tragédie est entrée dans la vie de personnes bien connues de nous. Au moment même où cette déclaration est rédigée, les arrestations se poursuivent et des tirs sont rapportés y compris par ceux impliqués dans des manifestations pacifiques, les accusés connaissent une justice sommaire sans vrai procès ni droits fondamentaux, et d’innombrables autres sont obligés de reprendre des slogans politiques et dénonciations de leur chef religieux.

Faire silence face à ce qui se passe au Tibet n’est plus possible. Actuellement la suppression de la dissidence politique semble être le principal objectif des autorités dans toutes les régions tibétaines de Chine, qui ont été isolées du reste de la Chine et du reste du monde, mais de telles actions n’élimineront pas la profonde injustice à laquelle les Tibétains donnent voix. En tant qu’étudiants, nous avons un droit acquis à la liberté d’expression. La violation de cette liberté fondamentale et la criminalisation de ces opinions que le gouvernement chinois a du mal à entendre sont contreproductives. Elles contribueront à l’instabilité et à la tension, pas à leur diminution.

Le problème ne réside pas dans le refus des Tibétains de connaître des limitations à leurs parole et expression, qu’aucun d’entre nous n’accepterait. La question n’est pas dans ce que disent les Tibétains, mais il s’agit de la manière de les écouter et de leur répondre.

L’attribution des troubles actuels au Dalaï Lama représente une répugnance de la part du gouvernement chinois à reconnaître et à combattre les manques politiques qui sont certainement la véritable cause du mécontentement populaire. La continuelle diabolisation du Dalaï Lama par le gouvernement qui va beaucoup plus loin que n’importe quel discours type accepté par la communauté internationale, ne sert qu’à alimenter l’aliénation et la colère tibétaines. Une situation a été créée qui ne peut que rencontrer réprobation la plus forte de la part de ceux d’entre nous qui ont dédié leur vie professionnelle à comprendre le passé et le présent du Tibet ; sa culture et sa société. En fait, la situation a largement généré un choc aussi bien à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine, et nous écrivons en totale sympathie avec la pétition en 12 points proposée le 22 mars par un groupe d’écrivains et intellectuels chinois.

Donc, nous demandons l’arrêt immédiat de l’utilisation de la force contre les Tibétains en Chine. Nous appelons à l’arrêt de la disparition de l’opinion tibétaine, quelle que soit la forme prise par cette disparition. Et nous en appelons à la reconnaissance manifeste du droit intégral à la liberté de parole et d’expression garantie par les textes internationaux et les règles reconnues des Droits de l’Homme pour les Tibétains et tous les citoyens de la Chine.


Source : Tibet-info

mardi 25 mars 2008

TIBET : TEMOIGNAGE D'UN MOINE TIBETAIN



Témoignage d’un moine tibétain du Sichuan

Les témoignages de Tibétains sont rares puisque les zones de tension sont interdites aux journalistes. Aujourd’huilachine a rencontré un jeune moine, originaire de la préfecture tibétaine de Ganzi dans le Sichuan. Il se trouve actuellement dans une grande métropole chinoise mais il a voulu garder l’anonymat le plus complet.


Comment vous obtenez des informations sur ce qu’il se passe chez vous ?

C’est très difficile, nos conversations sont surveillées et souvent coupées. J’arrive de temps en temps à appeler les miens. Même ici, il faut faire attention, la police nous a à l’oeil, et c’est pour ça que je dois garder l’anonymat, pour protéger les miens qui sont restés là-bas.


Quelle est la situation dans votre monastère ?

Le lendemain des émeutes de Lhassa, le samedi 15 mars, un moine de mon monastère a été arrêté par la police, après avoir téléphoné en Inde.

Rapidement, les 200 moines du monastère sont sortis en direction de la ville de Ganzi à quelques kilomètres, rejoints en chemin par une cinquantaine de villageois. Ils entendaient se rendre devant le bâtiment de la Sécurité Publique pour réclamer la libération de leur condisciple. À mi-chemin, ils ont été bloqués par une unité de l’armée. Elle comportait également un véhicule blindé surmonté d’une mitrailleuse. Les soldats étaient également armés. Ils ont tracé une ligne blanche sur le sol en précisant que toute personne qui franchirait cette ligne serait abattue sur le champ. Les moines ont protesté qu’ils ne manifestaient pas pour l’indépendance mais souhaitaient simplement réclamer la libération de leur ami arrêté sans raison. « Ce sont des ordres d’en haut. Nous avons ordre de tirer ».

Chez nous, on respecte profondément la parole des anciens, alors sur les conseils de vieux moines présents, ils ont rebroussé chemin vers la lamasserie, en précisant qu’ils reviendraient le lendemain réclamer pacifiquement le prisonnier.

Mais le lendemain, le monastère était cerné par les militaires, armes au poing et donc, depuis le 16 mars, personne n’a été autorisé à en sortir. Le moine a été relâché ultérieurement, je ne sais pas quand.


Y a-t-il eu des troubles dans la ville de Ganzi ?

Oui, mais très brièvement. Le lundi suivant, le 17, les habitants sont descendus manifester dans les rues. Sans sommation, l’armée a tiré au hasard dans la foule, tuant trois personnes : un vieux monsieur que je connais, un homme d’âge moyen et un autre très jeune. Effrayée, la foule s’est dispersée immédiatement.

La manifestation était composée uniquement d’habitants de Ganzi et des villages environnants, parce que les moines étaient déjà enfermés dans leur monastère. Actuellement, ils sont encore bloqués à l’intérieur, ce sont les familles des moines qui leur apportent des vivres.


Que s’est-il passé ensuite ?

Le jour suivant, les soldats sont arrivés en masse à Ganzi. Mon père a vu un convoi de 50 camions militaires arriver, ainsi que deux ou trois tanks. Ils se sont déployés dans les rues, il y a des check points à tous les carrefours, personne ne peut sortir de chez soi sans sa carte d’identité.

Il faut savoir que peu de Tibétains sont en possession de papiers d’identité, la police fait toujours traîner les choses pour nous les délivrer. Alors beaucoup de gens sont confinés chez eux, dans l’impossibilité de sortir dans la rue.

Quelques jours après, tous les habitants ont été convoqués pour une réunion politique. Les dirigeants de la ville étaient présents. Ils ont commencé par dire que nous étions libre de pratiquer notre religion. Puis, ils ont critiqué durement le Dalaï Lama, et ont réitéré l’interdiction de posséder la moindre image de Sa Sainteté. Ils ont également prévenu que la répression serait sévère si des troubles se reproduisaient.


Vous avez étudié plusieurs années en Inde, vous avez pu obtenir facilement un passeport ?

Non, cela a été très difficile. Ils ne veulent pas délivrer de passeports aux moines. Alors pour avoir une chance d’en obtenir un, il faut se laisser pousser les cheveux et s’habiller en civil.

Parfois, ils nous demandent de fumer des cigarettes devant eux, pour être sûrs que nous ne sommes pas des moines…Ceux qui quittent le pays clandestinement, moines ou civils, prennent de gros risques.

Lorsque j’étais au Népal, il y a trois ans, je suis allé accueillir un groupe de fuyards à la frontière. Ils étaient partis à cent et ont été attaqués. On leur a tiré dessus comme des animaux et la moitié d’entre eux sont morts. Parmi les morts, il y avait aussi des vieux, des femmes et des enfants. Les survivants étaient très marqués en arrivant au Népal. Nous avons essayé de les réconforter, tout le monde pleurait…


Quels sont les contrôles exercés sur les moines et les monastères en règle générale ?

En ce moment, bien sûr, tous les téléphones sont écoutés. Mais en temps ordinaire nous sommes aussi très surveillés. La police entre et sort comme elle le souhaite.

Nous avons le droit d’organiser des cérémonies importantes, les Puja, mais à chaque fois, la police s’invite en grand nombre. Les Puja dédiés au Dalai Lama sont interdits. S’ils trouvent une photo de lui, nous sommes passibles d’une amende et ils confisquent la photo, quand ils ne la jettent pas dans les toilettes. C’est très blessant, car nous portons tous le Dalaï lama dans notre cœur.

Vous savez, dans le bouddhisme, chaque monastère reçoit régulièrement des « Bouddhas vivants » pour recueillir leur enseignement. Ils viennent de l’étranger ou d’autres localités du Tibet. C’est toujours très difficile de les faire venir. Pour y arriver, il faut verser de gros pots-de-vin aux autorités locales. En plus, les Bouddhas vivants doivent signer un papier disant qu’ils renient le Dalai Lama et sa clique….Mais Sa Sainteté a dit qu’il fallait signer, que ce n’était qu’une simagrée, l’important, c’est ce qu’on pense dans son cœur.

Je connais un vieux moine, il était parti étudier en Inde plusieurs années. À son retour cette année, il a été jeté en prison, sans explication et sa famille n’a pas été avertie. Ils ne l’ont relâché que très récemment, au bout de cinq mois et après versement de 1000 yuans (100 euros) à la police. Il en est ressorti tout sourire et a déclaré : « C’était une aubaine. J’ai enfin eu le temps de méditer autant que je le souhaitais ! »

D’autre part, nos demandes pour rénover ou agrandir les lieux de culte n’aboutissent jamais. Dans mon monastère, nous voulons créer un petit hôpital, car les conditions sanitaires de la population sont très précaires. Mais ils ne nous en délivrent pas l’autorisation.


La pression est forte, mais peut-on vraiment parler de génocide culturel au Tibet ?

L’anéantissement de la culture est bien réel et commence par l’école. Il est interdit d’envoyer les enfants étudier dans les monastères, sous peine d’amende sévère.

À l’école publique, on critique le Bouddhisme et les traditions tibétaines, et on ne parle que le chinois. En plus, l’école est payante, c’est très cher pour les populations pauvres de Ganzi. Vous vous rendez compte, il faut compter 600 yuans ( 60 euros) par semestre pour aller au collège public. Pour des paysans pauvres, c’est plus que leur revenu…Alors beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école, c’est très grave.

Les Tibétains n’ont pas la parole dans la gestion des affaires locales car tous les cadres d’importance sont d’ethnie Han. Quant aux Tibétains qui décrochent un emploi gouvernemental, y compris les médecins et professeurs, ils doivent renier leur culture bouddhiste. Ils n’ont pas le droit d’avoir la moindre statue de bouddha ou le moindre tanka chez eux sous peine d’être licenciés. C’est quelque chose de très douloureux.

Source : Aujourd'hui la Chine

lundi 24 mars 2008

TIBET : COMMUNIQUE DU DALAÏ LAMA


Communiqué du 18 mars


Je tenais à profiter de cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude auprès des dirigeants et de la communauté internationale, pour avoir exprimé leur préoccupation au sujet des événements qui ont eu lieu ces derniers jours au Tibet et pour leurs tentatives afin de persuader les autorités chinoises d’agir avec retenue face aux manifestations.

Puisque le gouvernement chinois m’a accusé d’être à l’origine de ces manifestations de protestations au Tibet, j’appelle à la constitution d’une mission d’enquête qui comprendra également des représentants chinois afin de vérifier le bien fondé de ces accusations.

Cette mission devrait pouvoir se rendre au Tibet ainsi que dans toutes les autres zones de populations tibétaines à l’intérieur comme à l’extérieur de la Région Autonome du Tibet, mais également auprès de l’administration centrale tibétaine en Inde. Il serait extrêmement utile, afin de connaître la véritable situation sur le terrain au Tibet, que les médias internationaux prennent part à cette mission d’enquête, d’autant plus que la communauté internationale et particulièrement plus d’un milliard de Chinois n’ont pas accès à des informations non censurées.

Je pense qu’une certaine forme de génocide culturel, intentionnellement ou non intentionnellement, a lieu au Tibet car l’identité tibétaine a constamment été attaquée. Les Tibétains sont réduits à une minorité insignifiante sur leur propre sol, à cause des transferts massifs de populations non tibétaines au Tibet. Le patrimoine culturel du Tibet, caractérisé par sa propre langue, ses coutumes et ses traditions, est en train de disparaître. Au lieu d’œuvrer pour l’unité des nationalités, le gouvernement chinois pratique des discriminations contre les minorités nationales dont les Tibétains.

Il est connu que tous les monastères tibétains, principaux centres d’apprentissage et trésors de la culture bouddhique tibétaine, voient leurs activités et leurs effectifs fortement réduits. Dans les monastères qui fonctionnent toujours, l’étude sérieuse du bouddhisme tibétain n’est plus autorisée. Et en réalité, le recrutement dans ces centres d’apprentissage est strictement réglementé. Bref, la liberté religieuse n’existe pas au Tibet. Même le simple fait de demander un peu plus de liberté risque d’être considéré comme séparatiste. Il n’y a pas non plus d’autonomie réelle au Tibet, même si ces droits fondamentaux sont inscrits dans la Constitution chinoise.

Je considère que toutes les manifestations et protestations qui ont lieu actuellement au Tibet sont l’expression spontanée des ressentiments dus aux années de répression par les autorités chinoises qui ne respectent pas le sentiment des populations locales. Les autorités chinoises croient à tort que les mesures répressives sont le moyen pour atteindre leurs objectifs d’unité et de stabilité.

Quant à nous, nous réaffirmons notre engagement pour l’approche de la voie médiane et nous poursuivons le processus de dialogue visant à trouver une solution mutuelle bénéfique au problème tibétain. J’appelle donc la communauté internationale à soutenir nos efforts pour résoudre le problème du Tibet par le dialogue. Je lui demande d’appeler les dirigeants chinois à agir avec une grande retenue face à la situation actuelle et à bien traiter les personnes qui ont été arrêtées.

samedi 22 mars 2008

Messages du Dalai Lama et de Sitou Rinpoche



Quelle que soit votre vénération pour les maîtres tibétains
et votre amour pour le peuple tibétain,
ne dites jamais de mal des Chinois.
Le feu de la haine ne s’éteint que par l’amour
et, si le feu de la haine ne s’éteint pas,
c’est que l’amour n’est pas encore assez fort.

(le XIVème DalaiLama)



Message de son éminence Sitou Rinpoche :

A la lumière des terribles nouvelles de la tragédie humaine qui se déroule actuellement au Tibet, le 12ème Khentin Tai Situpa a demandé immédiatement aux moines, nonnes ainsi qu’à la communauté laïque du siège monastique de Palpung Shérabling de prier pour chaque personne touchée par ce conflit.

« chaque personne et chaque être sensible souhaite le bonheur et personne ne désire souffrir .

Le seul but des enseignements du Seigneur Bouddha est de réaliser ce souhait. Il est donc de notre devoir comme disciples du Bouddha de prier et de rechercher la bénédiction du Buddha pour la même chose. Je vous demande à tous de prier très sincèrement pour tous ceux qui ont perdu leurs vies et pour ceux qui sont blessés ainsi que pour ceux qui souffrent au Tibet. Parce que cela arrive en ce moment, je vous demande aussi d’inclure tous les autres êtres humains et toutes nos mères, les êtres sensibles ailleurs en ce monde et au-delà. »

Les prières en cours incluent 100 000 prières à TARA ( Mère de Compassion) et un rassemblement spécial pour la prière de Souhaits (supplique sacrée des grands Boddhisatvas). Une offrande supplémentaire de 10 000 lampes à beurre a été conduite dans la cour principale du principal complexe monastique dans la soirée du 19 mars 2008.


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lundi 17 mars 2008

Les Bouddhistes de France "desapprouvent l'usage de la force" au Tibet



L'UBE avait apporté son soutien aux moines et au peuple Birman, aujourd'hui elle désapprouve l'usage de la Force au TIBET

L'union bouddhiste de France (UBF) désapprouve "fermement et totalement l'usage de la force contre la population civile et la communauté monastique tibétaine" dans un communiqué diffusé lundi.

Elle "exhorte les autorités chinoises à la plus grande retenue et à la non-violence dans le règlement de cette crise, sachant que le monde entier est le témoin consterné de ces exactions".

L'UBF appelle toutes les religions "à se rejoindre dans la prière et la méditation pour qu'aboutisse le plus rapidement possible un règlement pacifique à cette crise" et annonce qu'elle "soutiendra sans ambiguïté toutes les actions et manifestations pacifiques qui pourront de près ou de loin aider à apaiser les souffrances du peuple tibétain et de sa communauté religieuse".


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TIBET : Les moines sont-ils le moteur de la revolte tibétaine



Jean-Paul Ribes, fondateur du Comité de soutien au peuple tibétain (CSPT) et proche du dalaï-lama explique le rôle important que jouent les moines et les moniales bouddhistes dans les manifestations anti-chinoises au Tibet

« Ce qui est étonnant, c’est qu’environ 500 à 600 moines bouddhistes tibétains aient ouvertement décidé, suivis de laïcs, de se rendre la semaine dernière, mardi 11 mars, devant le temple-cathédrale de Lhassa, Jokhang, pour y faire des prières pacifiques, en souvenir du 10 mars 1959, une date traditionnelle pour les Tibétains. Il s’agit de la commémoration du soulèvement, noyé dans le sang, de Lhassa, la capitale, contre l’occupation du Tibet par la Chine.

C’est la première fois depuis le 10 mars 1989 que les moines ont repris ces manifestations de prière. Ces émeutes s’étaient soldées par la mort de 300 Tibétains et des centaines d’arrestations. Certes, la perspective des Jeux olympiques de Pékin a fait que les moines tibétains ont choisi de manifester, exaspérés depuis cinq mois de la montée de la répression à leur encontre.

La surveillance policière est constante, comme les contrôles ; ils sont contraints de subir, les uns après les autres, « une rééducation patriotique ». Cela a commencé le 17 octobre, dès que leur guide spirituel le dalaï-lama a reçu à Washington la « médaille d’or » du Congrès américain et rencontré le même jour le président George W. Bush.


Les détenus d’opinion au Tibet sont des moines

Cette répression s’est accentuée après que le dalaï-lama s’est entretenu avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et les premiers ministres canadien et australien. Tous ont demandé que la Chine fasse un effort pour l’ouverture d’un dialogue sur l’autonomie du Tibet sur le respect de la culture, de la civilisation, de l’environnement tibétain, dans un système démocratique.

Si les moines tibétains sont en ligne de mire, c’est qu’ils « sont » la population, comme en Birmanie. Ils viennent de toutes les catégories sociales. Il y a, dans les monastères, des paysans, des nomades, des commerçants, des fonctionnaires, des cadres. Depuis des décennies, les détenus d’opinion au Tibet sont des moines.

Traditionnellement, il y avait dans chaque famille un fils qui allait au monastère « pour éclairer la famille ». Ces moines faisaient le vœu, et font toujours le même, d’abandonner tous leurs liens personnels et familiaux au profit d’un lien avec tous les êtres. Ils ne font pas de politique, ils sont solidaires de la population.

Les autorités chinoises redoutent une contagion

À la différence de la Birmanie, il y a de nombreuses femmes, des moniales bouddhistes, dans les couvents tibétains. La crainte des autorités chinoises, c’est qu’à nouveau, comme en 1989, on assiste à une étendue de ces manifestations dans tout le Tibet mais aussi dans les régions tibétaines incluses dans les provinces chinoises. C’est d’ailleurs déjà le cas.

Ce sont ces provinces qui, les premières, ont bougé. En même temps, les autorités chinoises redoutent une contagion de ces manifestations en Chine, comme cela s’était produit en 1989. Ainsi les événements de Tian An Men avaient eu lieu juste deux mois après les manifestations pacifiques de Lhassa au Tibet.

Les autorités chinoises font donc du zèle, et choisissent la répression. Elles auraient pu faire un geste, avant les JO dont le dalaï-lama ne demande pas l’annulation : inviter le dalaï-lama, guide spirituel des Tibétains, qui se voit comme tel et non comme un leader politique, à faire un pèlerinage religieux en Chine et au Tibet sur les lieux sacrés du bouddhisme. Comme celui-ci aurait aimé le faire. Pékin n’a pas fait ce geste d’ouverture. On le regrette ».

Source : lacroix



dimanche 16 mars 2008

TIBET LIBRE




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