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lundi 17 mars 2008

Les Bouddhistes de France "desapprouvent l'usage de la force" au Tibet



L'UBE avait apporté son soutien aux moines et au peuple Birman, aujourd'hui elle désapprouve l'usage de la Force au TIBET

L'union bouddhiste de France (UBF) désapprouve "fermement et totalement l'usage de la force contre la population civile et la communauté monastique tibétaine" dans un communiqué diffusé lundi.

Elle "exhorte les autorités chinoises à la plus grande retenue et à la non-violence dans le règlement de cette crise, sachant que le monde entier est le témoin consterné de ces exactions".

L'UBF appelle toutes les religions "à se rejoindre dans la prière et la méditation pour qu'aboutisse le plus rapidement possible un règlement pacifique à cette crise" et annonce qu'elle "soutiendra sans ambiguïté toutes les actions et manifestations pacifiques qui pourront de près ou de loin aider à apaiser les souffrances du peuple tibétain et de sa communauté religieuse".


  • TIBET EN SOUFFRANCE : Suivre L'ACTUALITÉ (mise à jour régulièrement) sur mon autre blog : ICI



mardi 25 décembre 2007

Les moines de la tradition Théravada
















Ce message est la suite du message sur le sangha : ICI

Plan de ce message

1) Extraits de "Moines, nonnes et personnalités religieuses bouddhistes", par Maïthé CORBANI

2) En savoir plus

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- Pour télécharger des photos sur le sangha (moines, nonnes et novices en Birmanie) (format zip) photos de vipassanasnagha.

-clic droit sur le mot surligné en bleu, puis enregistrer :


Remarques préalables:

En birmanie (par exemple) Nombre de monastères jouent un rôle social primordial dans les domaines de l’éducation et de la santé.






1) Extraits de "Moines, nonnes et personnalités religieuses bouddhistes", par Maïthé CORBANI


Extraits concernant Les moines de la tradition théravada : les bhikkhu


Au début, les moines étaient périgrinants, allant répandre la bonne parole.

Les premières communautés furent établies par le Béni lui-même, ( Bouddha) en des terrains donnés par les souverains convertis à la Loi comme le Bois de bambous offert à Kosala par le roi Magadha.

Le Dhama ne concevant pas de distinctions entre les hommes, aucune séparation de castes n’intervenait.

A côté d’indications parfois très minutieuses, il existe en fait 3 règles monastiques fondamentales :
- La non possession (seulement le bol aumones),
- le respect de la non-violence,
- le célibat

Les véritables possessions du moine sont très réduites : ces 8 possessions sont déjà énumérées dans le message: le sangha.
Pour rappel il n’a que huit biens indispensables :

1. Un vêtement du dessus à double épaisseur (genre de toge constituée de plusieurs morceaux de tissus assemblés), pour la saison froide ou porté lors d’occasions formelles
2. Un vêtement du dessus à simple épaisseur.
3. Un vêtement monastique utilisé comme sous-vêtement, enroulé autour de la taille
4. Une ceinture pour le vêtement de dessous.
5. Un bol pour recueillir sa nourriture
6. Un rasoir
7. Une aiguille (nécessaire à couture) pour réparer ses vêtements.
8. Un filtre à eau, pour ôter les êtres vivants de son eau afin que ni lui ni eux ne soient blessés

Le terme bhikkhu (littéralement "celui qui recueille les aumônes"), désigne un membre de la Communauté monastique bouddhique, pleinement ordonné, vivant uniquement de ce qui est offert et observant les Préceptes définissant une vie de renoncement et de simplicité.

Ce terme ne possède pas vraiment d’équivalent en français. Le mot "prêtre" ne doit jamais être utilisé.

Pour un bhikkhu, la traduction la moins erronée reste "moine". Le terme "bonze", issu du japonais "bozu", bien que souvent employé, est inadéquat.

Dans la continuité de la Communauté monastique originelle, la Communauté Theravada demeure un ordre "de charité."

Les bhikkhu sont totalement dépendants de la générosité continue des laïcs pour leur subsistance, les laïcs offrant ce qu’on nomme les "quatre nécessités", les objets essentiels à la vie du moine, comprenant :
- les vêtements monastiques,
- le bol à aumônes permettant de recevoir la nourriture,
- le logement,
- les remèdes.

Ils ne sont pas autorisés à utiliser de l’argent et ne peuvent manger que ce qui est offert.

Les moines et les nonnes bouddhistes (bhikkhunii) ne sont pas des mendiants au sens classique du terme. Un code de conduite strict régit la tournée du moine pour réunir sa nourriture.

Par exemple:
- il n’est pas autorisé à faire du bruit, crier ou chanter pour attirer l’attention des gens.
- Il marche silencieusement, et, dans le cas des moines méditants, ayant présent à l’esprit le sujet de méditation,
- et accepte tout ce qui lui est offert, l’important n’étant pas ce qui est offert mais l’attitude d’esprit au moment du don.

Le moine doit être satisfait de tout ce qui lui est donné, considérant la nourriture comme médicament permettant à la continuité esprit/corps de se maintenir.

Ces règles, parmi d’autres tout aussi fondamentales, furent instaurées par le Bouddha pour, entre autres raisons, créer un lien d’interdépendance empêchant la Communauté de s’isoler de la société, comme cela fut le cas dans de nombreuses traditions monastiques, en Orient comme en Occident.

Les Enseignements du Bouddha s’adressent à tous. Personne n’a jamais été empêché de devenir bouddhiste en raison de son sexe, de sa race ou de sa couleur.

La décision de rester laïc ou de devenir moine, ou nonne, ne dépend en fait que du choix personnel du pratiquant bouddhiste, et des circonstances dans lesquelles il se trouve.

Le bénéfice que chaque catégorie retire de l’autre est mutuel : le laïc offre les vêtements, la nourriture, le logement et les remèdes au moine, et cela lui permet de subsister.

De leur côté les moines et les nonnes, donnent quelque chose de plus précieux au laïc : l’Enseignement (Dhamma) tel qu’ils l’ont étudié, pratiqué et compris.

Ainsi les laïcs bouddhistes peuvent-ils facilement trouver conseil et aide dans un monastère auprès d’un des maîtres présents. Et ainsi un équilibre est-il maintenu, chaque groupe offrant à l’autre ce qui lui est nécessaire pour vivre.


Les règles comme moyen de libération:

Les moines et les novices possèdent des ensembles de règles pour les guider dans leur vie, règles résumées dans un ouvrage, (patimokkha) le vinaya -pitaka, 1ere corbeille du Canon Pali) comprenant les 227 règles fondamentales.
Ce texte est récité les jours de pleine et de nouvelle lune en présence de tous les moines résidant à ce moment au monastère.

Voire ces 227 règles ou règles du patimokkha ICI

Ces règles, étant volontairement observées comme méthodes de discipline personnelle, peuvent être tout aussi volontairement abandonnées, lorsque par exemple un moine redevient novice ou retourne à la vie laïque.

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Remarque personnelle: C'est en se fondant sur ces règles que certaines personnes pensent que; les moines birmans ne pouvaient pas manifester sans violer ces règles.
Lire à ce sujet le message : Birmanie, un moine peut-il manifester? : LA
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Cette période, pendant laquelle les moines doivent résider dans un monastère, est appelée la "retraite de la saison des pluies".

Elle est consacrée à l’étude ou à la pratique de la méditation de façon plus intensive.

Lorsque cette retraite est terminée les moines peuvent se rendre dans d’autres monastères ou dans la forêt, selon leur désir, à moins qu’ils ne soient encore des "nouveaux" moines sous la responsabilité de leur Maître.

Les moines ne doivent ni posséder d’argent ni avoir un contrôle sur celui-ci, et ainsi observent-ils la "pauvreté"

En tant que moines ils doivent, bien entendu, s’abstenir de toute sorte de rapport sexuel, ainsi observent-ils la "chasteté". Mais ils ne sont pas soumis à la règle de l’obéissance aveugle.

Parmi les nombreux préceptes du Code du moine il en existe quatre pour l’infraction lesquelles il est expulsé de l’Ordre sans jamais avoir la possibilité de redevenir moine dans cette vie.

Ces quatre règles sont :
1. ne jamais avoir de relation sexuelle,
2. ne jamais tuer ou ordonner de tuer un être humain,
3. ne jamais prendre ce qui ne lui appartient pas avec l’intention de le posséder,
4. ne jamais se prévaloir indûment de tout accomplissement spirituel.

Quant à ses devoirs ils sont simples mais difficiles à remplir.

Il doit s’efforcer d’acquérir un vaste savoir et une profonde compréhension de tout ce que son Maître, l’Éveillé (le Bouddha), a enseigné. Il doit pratiquer l’Enseignement, observer la Vertu, renforcer la Vigilance, et développer la Sagesse. Il comprendra alors les Enseignements du Bouddha selon ce qu’il en aura pratiqué.

Et enfin, en fonction de ses capacités et ses inclinations, il pourra enseigner, soit par son propre exemple, soit en prêchant ou encore en écrivant des livres.

Bien que largement moins développée que la Communauté des moines (essentiellement pour des raisons historiques), la Communauté des nonnes existe. À l’époque du Bouddha de nombreuses nonnes étaient parvenues à des états élevés de réalisation.

Dans certains pays Theravaada, et même en Occident, des structures se mettent en place peu à peu pour favoriser un nouveau développement de la communauté féminine.


En plus du récit de la vie du Bouddha, la longue et complexe histoire du Bouddhisme fut ponctuée par plusieurs personnages au rôle décisif. (...)



Ananda


nanda « Félicité » en sanscrit, était le cousin et l’un des principaux disciples du Bouddha dont il fut l’assistant personnel pendant vingt-cinq ans. A ce titre, il est celui qui recueillit le plus de paroles de Gautama, et fut requis à sa mort pour réciter le Sutta Pikata afin que le souvenir ne s’en perde pas. Le terme sutra (sutta) vient de l’entrée en matière de ce type de texte : evam me suttam (ainsi ai-je entendu), qui daterait de la récitation d'Ananda.

La tradition le décrit comme un moine de haut niveau intellectuel et spirituel, mais dérogeant parfois aux règles ou prenant des initiatives contestées, comme celle de persuader le Bouddha d’autoriser l’entrée des femmes dans les ordres, et cependant toujours sympathique.

La légende prétend qu’il descendait de Tusita comme Siddhartha Gautama et naquit le même jour que lui. Il entra dans les ordres la deuxième année de prêche du Bouddha.

Il fut ordonné par Gautama lui-même.

Après avoir eu pendant vingt ans comme assistants différents moines, le Bouddha déclara devant l'assemblée qu’il avait résolu de choisir un assistant permanent.

De nombreuses candidatures s’élevèrent, mais aucune ne reçut sa faveur. Il s’adressa alors à Ananda et lui demanda pourquoi il ne s'était pas manifesté.

Celui-ci répondit qu’il était intéressé, mais uniquement à trois conditions: son cousin ne devait jamais le faire bénéficier d’un avantage qui ferait croire qu’il avait brigué le poste pour cette raison ; il devait lui déléguer plein droit pour accepter des invitations à sa place et lui amener des visiteurs venus de loin ; il devait répondre à toutes ses questions et lui répéter tous les
enseignements qu’il avait prodigué en son absence. Gautama accepta.

(...)

Source : Extraits de "Moines, nonnes et personnalités religieuses bouddhistes", par Maïthé CORBANI- Vous pouvez télécharger l'intégralité de ce texte (au format PDF) : ICI








En savoir plus :

  • Livre : L'intégralité des fautes du vinaya (téléchargeable au format PDF) : dhammadana



Le but de cet ouvrage est de présenter l'intégralité des fautes que tout moine doit s'abstenir de faire. Il se présente en cinq parties...
1) Une introduction qui fournit des précisions importantes à propos des règles monastiques, notamment afin d'écarter tout risque d'ambiguïté.
2) Toutes les fautes du vinaya. Elles sont classées par sortes de faute (selon gravité) et par thèmes.
3) Les règles de conduite des novices.
4) Un glossaire des termes palis employés dans le présent ouvrage.
5) La liste de tous les commentaires qui complètent de nombreux points.

  • Livre : Le manuel du bhikkhu par le vénérable Dhamma sami (format PDF): dhammadana



Conçu dans le souci d'être un outil efficace pour le bhikkhu, ce livre se propose de l'aider à mener son existence monacale dans les meilleures conditions possible.
Il présente les points essentiels que chaque bhikkhu est supposé respecter, en expliquant les procédures courantes du saµgha – accompagnées de leurs formules en pali.
On y dispose d'un abrégé de chacune des 227 règles du pátimokkha, ainsi que les points du vinaya qu'il est important de connaître.
Le but de ce condensé du vinaya est d'apporter une connaissance claire et rapide de ces règles, pour les personnes souhaitant faire l'expérience de la vie monacale ou pour tous ceux qui en général, portent de l'intérêt à l'enseignement de Bouddha.

lundi 24 décembre 2007

Lorsque le "Bouddhisme" se réduit à une simple technique...







Comme pour tous les autres messages, pour en savoir plus, cliquer sur les mots surlignés en bleu (vous tomberez sur un autre message de ce blog)

Personnellement, j'ai choisi de faire des retraites (intensives ou non intensive, peu importe), la plus part du temps; sous la guidance d'un moine ou sous la guidance d'un laïc mais relié à une sangha monastique.
Durant de telles retraites, la
prise de refuge est quotidienne.

Comme je l'ai mentionné dans le chapitre "
présentation" de la retraite:

Toute "méthode", que ce soit la méthode "Mahasi" ou une autre, peu importe; si elle n'est pas accompagnée de saddha (la foi) , sila (la moralité : respect des préceptes) et de la compréhension du dhamma, n'est qu'une "méthode" qui ne conduit à rien, en tout cas certainement pas au "bouddhisme".

- Dans le Bouddhisme Theravada classique (et plus largement dans toute la pratique bouddhiste classique), la pratique de satipatthana ( plus exact que de dire "la pratique de vipassana"), pour devenir samma-sati, l’attention juste, doit se dérouler dans le contexte des Quatre Nobles Vérités, c'est-à-dire qu’elle doit être précédée et guidée par la vue juste, et motivée par les intentions justes, sans même mentionner qu’elle doit être associée avec les trois facteurs éthiques de la Voie.

Ci après, des extraits d'un enseignement remarquable de
Bhikkhu Bodhi



interview de Bhikkhu Bodhi


Né à New York en 1944, il obtient plusieurs diplômes de philosophie de 1966 à 1972. Fin 1972, il part au Sri Lanka où il est ordonné moine bouddhiste. A partir de 1984 il est l’éditeur de la « Buddhist Publications Society » à Kandy et en devient le président en 1988. Il est auteur, traducteur et éditeur de nombreux livres sur le bouddhisme Theravâda dont les plus importants sont :
- en 1978 : Le Discours totalisant l’ensemble des vues
- en 1993 : Manuel de compréhension de l’Abhidhamma
- en 1995 : Moyens Discours du Bouddha
- en 2000 : Le Recueil des Discours du Bouddha
Il est également membre de la World Academy of Arts and Sciences.




Qu'est-il arrivé au Sangha monastique ? par Bhikkhu Bodhi


(...) Le rôle des moines est, en théorie, l’étude intensive du Dhamma et de la méditation, autant que le service pour les laïcs.

Ce qui se passe en pratique, cependant, dans la plupart des temples des pays d’Asie d’obédience théravādine, c’est que le rôle d’exercer les services pour les laïcs finit par dominer ; et il est même devenu la fonction majeure des moines dans les temples. Il arrive même que l’étude intensive et profonde du Dhamma ait disparu et que la pratique de la méditation ait presque également disparu de telle sorte qu’elle s’est réduite à seulement cinq ou dix minutes d’assise paisible au cours de la pratique dévotionnelle quotidienne.
Les moines de la forêt mettent souvent l’accent sur la méditation dans l’espoir d’atteindre la véritable réalisation.
Malgré tous leurs manquements, dans le bouddhisme asiatique traditionnel, ces activités s’appuient sur un contexte ancien qui implique la confiance dans les trois Joyaux comme objets de dévotion et une vue du monde largement dominée par les sutta et leurs commentaires. Cela repose sur une confiance solide en la Loi du kamma et de la renaissance et sur une recherche de Nibbāna en tant qu’état de réalisation transcendant le monde.

En revanche, les Occidentaux modernes, approchent le Dhamma avec une attitude de la conscience entièrement différente.
En général, ils jouissent d’un niveau d’éducation bien plus élevé que les bouddhistes traditionnels de village. De nombreux Occidentaux ont lu beaucoup d’ouvrages sur la psychologie et sur les sujets que l’on peut regrouper sous le titre de « spiritualité » et de « conscience supérieure ». Ils approchent aussi le Dhamma avec divers problèmes à l’esprit et c’est pourquoi, très naturellement, ils recherchent des solutions variées.

Lorsque les Occidentaux viennent au bouddhisme, ils joignent à leur rencontre avec le Dhamma, un sens très vif de ce que j’appellerai « la souffrance existentielle »

Ce sentiment de souffrance existentielle ou de « vide fondamental » est le premier motif qui pousse de nombreux Occidentaux à rechercher le Dhamma.

Les gens qui sont l’objet d’une telle souffrance viennent au Dhamma à la recherche de ce que j’appellerais une « thérapie radicale ».

Comme ils ne sont généralement pas atteints d’une psychopathologie, ils n’utilisent pas le Dhamma en tant que psychothérapie.
Bien qu’ils aient été critiqués et accusés de le faire, à mon avis, ce n’est pas le cas.
Mais ils s’approchent du Dhamma avec ce que nous pourrions appeler une « thérapie existentielle ».
Ils cherchent à combler un trou au fond de leur existence. Ils essayent avant tout une pratique qu’ils peuvent intégrer à leur vie quotidienne afin d’en améliorer la qualité.
Ils ne cherchent pas d’explications, ni une nouvelle religion ; et, généralement, ils ne cherchent pas un nouveau système de croyance.

Ils viennent au Dhamma à la recherche d’une thérapie radicale, d’une méthode qui va leur
procurer des changements concrets, tangibles et immédiats dans leur façon d’expérimenter
leur monde. Et de nombreux maîtres du Dhamma – présentent le Dhamma exactement de cette manière.

Ils présentent le Dhamma comme une pratique, un chemin, une Voie qui vont améliorer ce sens troublant de souffrance existentielle.

Ils le présentent comme une thérapie radicale, pragmatique, existentielle qui n’exige aucune croyance, qui ne demande pas d'autre foi qu’une acceptation d’appliquer la méthode et de voir quels résultats on peut en tirer.
Ce qui est donné est quelque chose qui est bien résumé par le titre d’un livre très populaire sur le bouddhisme, un titre et un livre qui expriment très bien la nature de cette pratique laïque du Dhamma. « Le Bouddhisme libéré des croyances » ( de Stephen Batchelor)
(...)


La transformation qui a affecté le bouddhisme lorsqu’il est passé de l’Asie à l’Occident:

Maintenant, les Occidentaux qui se tournent vers le bouddhisme ou la pratique du Dhamma parce qu’ils sont oppressés, consciemment ou inconsciemment, par le sentiment de la souffrance existentielle, voient le Dhamma comme un moyen de retrouver un certain sens et un but à leur vie. Non seulement ils le voient ainsi, mais cela marche ainsi.

Dans la Tradition Theravāda ou dans le mouvement Vipassanā, la pratique de l’attention y contribue en nous aidant à couper le fil de la conceptualisation et à trouver un contact direct et renouvelé avec notre expérience immédiate.
Cela nous aide à réaliser un rapport neuf à notre expérience sensorielle, à revenir au moment présent, à être en rapport plus direct au fonctionnement de notre mental, et de cette manière, de jouir de relation humaines plus vivantes, plus dynamiques, plus enrichissantes.

Et ainsi, la méditation sur l’attention se révèle comme une technique qui nous ramène à l’expérience concrète de la réalité, la réalité qui est toujours fraîche, à tous les instants.
Pour de nombreuses personnes, c’est vraiment une étonnante révélation.

Evidemment, cette fonction de l’attention est commune à la fois au bouddhisme classique et à la pratique de la méditation enseignée dans le mouvement Vipassanā laïque.

Etant donné que cette fonction de l’attention est commune au deux courants, nous pouvons poser la question :
« Pourquoi le mouvement Vipassanā laïque reste-t-il avant tout un mouvement Vipassanā laïque » ? Pourquoi n’évolue-t-il pas vers un Sangha monastique?

Et nous pouvons demander : « Y a-t-il une véritable différence entre le style de méditation sur l’attention préconisée par la tradition laïque Vipassanā et la méditation sur l’attention enseignée dans le système monastique classique » ?

Cependant, pour que le sentiment de la souffrance existentielle produise la perception de ce que j’appelle la « nature perpétuellement et intrinsèquement insatisfaisante de l’existence samsarique », il faut encore deux facteurs supplémentaires.

Quels sont-ils ?


La Foi et la vue Juste


L’un d’eux est la « Foi ». En Pāli, cela s’appelle saddhā.


Et qu’est-ce que veut dire saddhā ? Cela veut dire, foi en le Triple Joyau : Le Bouddha, le Dhamma, le Sangha. Cela veut dire foi en le Bouddha en tant que Maître pleinement illuminé ; foi en le Dhamma en tant qu’enseignement du Bouddha, tout l’enseignement, pas seulement une sélection de ses dires, intelligemment disposés et organisés et cités à l’occasion, souvent mal cités selon ce qui nous arrange; et la foi dans le Sangha.

Cette foi ne signifie pas foi dans la communauté de ceux qui pratiquent ensemble (ce qui n’est pas le sens du mot Sangha) ; cela veut dire foi, d’abord dans l’ariya Sangha, la communauté invisible de ceux qui ont atteint la réalisation du Dhamma transcendant le
monde – et aussi foi dans le Sangha monastique en tant que communauté (mais pas tous les
moines et les nonnes) – une communauté qui se trouve dans ce monde comme la représentation incarnée, visible, humaine de l’ariya Sangha.

Il me faut insister sur le fait que le mot saddhā employé dans les textes bouddhiques, que nous traduisons par foi, est particulièrement lié au Bouddha Dhamma.
Il est devenu à la mode parmi les maîtres laïques du Dhamma, tout en rejetant les « croyances », de louer la foi.

La foi, cependant, est alors expliquée de telle façon que ses liens avec le Triple Joyau sont atténués, voire complètement détruits, de telle façon que l’on pourrait avoir foi en a peu près tout ce qui est considéré comme bon, sacré et saint, et que ce soit acceptable.


La foi a des aspects variés ; elle est synonyme de croyance mais l’un de ses aspects est du domaine de la connaissance et cela implique que l’on possède certaines croyances.

- Parmi celles-ci est la croyance que le Bouddha historique, Gautama du clan des Sakya, était le Bouddha pleinement éveillé de cette période historique ; et la croyance que Son enseignement est celui qui mène à l’éveil et à la libération ; et la croyance que ceux qui ont suivi et pratiqué Son enseignement avec un haut degré de succès ont atteint la réalisation transcendant le monde.
C'est-à-dire que, pour le bouddhisme classique, la foi est uniquement fondée sur le Triple Joyau et fondée sur le Triple Joyau au moyen de certaines croyances.


La Foi implique aussi la dévotion


- La foi implique également une composante émotionnelle. Elle implique la dévotion et dans ce cas c’est la dévotion au Triple Joyau, par-dessus tout, l’amour et la dévotion envers le Bouddha en tant qu’être humain qui a parfaitement réalisé toutes les nobles qualités du Dhamma ; de même, parce qu’il est celui qui, de par sa grande compassion, s’est chargé du fardeau d’enseigner et de transformer les sentiments d’êtres obtus comme nous.
Je pense que cet aspect de la dévotion manque remarquablement sur la scène du bouddhisme laïque contemporain (...)

Ainsi, un facteur nécessaire pour que le sens de la souffrance existentielle amène au renoncement et à l’engagement dans la vie monastique, est-il la foi.

Un autre facteur est la « vue juste » (sammā ditthi)

C’est un facteur sur lequel je veux fortement mettre l’accent.

Dans les enseignements classiques, on trouve plusieurs niveaux de vue juste mais, pour faire simple, nous pouvons parler de deux sortes de vue juste.


La vue juste du kamma et de ses fruits

1-Le niveau le plus fondamental est la vue juste du kamma et de ses fruits et, pour comprendre vraiment bien son fonctionnement et ses fruits, il nous faut les considérer en relation avec la capacité de nos actions d’apporter leurs résultats au long d’une suite de plusieurs vies ; c'est-à-dire que la vue juste du kamma et de ses fruits implique une compréhension, au moins de principe, de la manière dont le kamma génère « le lien de la renaissance ».

De nombreux Occidentaux hésitent à accepter l’enseignement du kamma et celui de la renaissance parce qu’ils ne font pas partie de la culture occidentale.

Il y en a même qui proclament haut et fort que c’est une part du « bagage culturel » du bouddhisme asiatique qu’il nous faut laisser tomber afin de forger un nouveau bouddhisme américain (ou occidental) qui sera compréhensible aux gens de l’Ouest.

Il leur arrive même de prétendre que les enseignements concernant le kamma et la renaissance sont simplement les entraves du dogme et des croyances que les bouddhistes d’Asie se sont imposés à eux-mêmes. Aujourd’hui, disent-ils, nous avons dépassé les dogmes religieux et les croyances ; nous voulons être totalement libres, au présent, et cela signifie que nous devons nous libérer de tous les dogmes bouddhistes et de leurs croyances.

(...)les enseignements sur le kamma et la renaissance sont faits pour expliquer les lois universelles de la vie morale ; ces enseignements expliquent des lois qui sont d’une importance vitale pour nous parce que ce sont des lois qui gouvernent notre destinée à venir ; de vie en vie, des lois qui sous-tendent tous les processus qui nous font progresser depuis le stade d’humain illusionné jusqu’à celui d’un Arahant libéré ou d’un Bouddha parfaitement éveillé. Ces enseignements (au moins leurs plus anciennes versions) proviennent du Bouddha lui-même.

Ils faisaient partie de son enseignement et ils les transmettaient aux humains pour une bonne raison.

Ces lois nous apprennent à prendre des décisions éthiques fondamentales dans notre vie quotidienne ; elles nous arrachent au mal et nous mènent vers le bien ; elles sont l’épine dorsale de la spiritualité bouddhiste. Elles sont fondamentales à toute la signification du Dhamma.


Nous devons parvenir à une certaine compréhension de ces lois

Si nous ne parvenons pas à une certaine compréhension de ces lois en pensant : « Il suffit que je sois attentif au présent pour parvenir aux plus hautes réalisations », nous serons comme un homme qui s’approche d’un lac avec une passoire pensant qu’il va pouvoir s’en servir pour prendre de l’eau et remplir son sceau. Pour finir, il retournera chez lui avec un sceau vide.

Donc, la vue juste du kamma et de la renaissance – du kamma en tant que force qui génère des existences répétées dans la ronde de la naissance et de la mort - est l’arrière-plan fondamental grâce auquel le deuxième type de vue juste acquiert sa pleine signification.


La vue juste des quatre Nobles Vérités


2-Ce deuxième type de vue juste (la plus haute vue juste qui mène à la libération) est la vue juste des Quatre Nobles Vérités.

(...) les Quatre Nobles Vérités ne peuvent être enseignées correctement, ne peuvent être comprises correctement si elles ne sont pas enseignées et comprises avec l’aide de la vue juste du kamma et de ses fruits, avec l’aide d’une vraie compréhension du samsāra.

Je dois ajouter, néanmoins, que lorsqu’on expose l’enseignement du Bouddha à des gens relativement nouveaux-venus dans le bouddhisme, il convient de faire certains accommodements.

On ne peut pas exposer l’enseignement du kamma et de la renaissance à des étudiants novices comme un article de croyance nécessaire dés leur première conférence sur le bouddhisme.

Donc, je pense que le principe général que l’on pourrait conseiller – en fait que l'on doit donner - est ce que j’appellerais une présentation « adaptée » ou « accommodée » des Quatre Nobles Vérités, ainsi que le Bouddha l’a fait en diverses occasions,
sans parler de renaissance ; il ne faut pas effrayer les gens en leur enseignant d’un coup des choses qu’ils ne sont pas préparés a accepter.

Donc, on peut présenter les Quatre Nobles Vérités sur un plan psychologique, en montrant comment la souffrance apparaît et cesse par rapport à notre désir et à notre attachement.

Cela va permettre aux auditeurs de percevoir l’enseignement du Bouddha comme une chose que l’on peut vérifier, au moins en partie, au cours de notre expérience actuelle. Mais évidemment, dès que leur confiance en l’enseignement est établie, il faut les conduire vers une compréhension plus large, plus complète du Dhamma.

Par conséquent, je dirais, si l’on veut donner une explication vraiment compréhensible, tout à fait adéquate des Quatre Nobles Vérités, une présentation qui les définit dans leur profondeur, il faut alors apporter la vue juste du kamma et de ses fruits comme leur fondement et les traiter comme un diagnostic de notre définition du samsāra.


La soif d'une nouvelle existence produit une nouvelle existence


Si l’on veut expliquer comment les cinq agrégats d’attachement sont dukkhā au sens profond, il faut expliquer comment ces cinq agrégats sont « acquis » encore et encore à cause de notre soif d’une existence nouvelle.

S’il faut expliquer, encore plus en profondeur, comment la soif fonctionne en tant que Seconde Vérité, la cause de dukkhā, il faut expliquer comment la soif est ponobhavika,, c'est-à-dire comment elle produit une nouvelle existence.

Et si l’on veut expliquer convenablement comment l’élimination de la soif procure la cessation de dukkhā, de la souffrance, il faut encore expliquer comment l’élimination de la soif amène à la cessation des existences répétées, en procurant une paix inconditionnée et la liberté du Nibbāna.

Si l’on ne fait pas cela pour des gens qui sont prêts, dont le mental est mûr, alors on ne les conduit pas vers une juste compréhension du Dhamma.

Si on les nourrit avec des présentations adaptées du Dhamma, des enseignements et des pratiques faits pour enrichir leur vie, sans les tirer vers la vérité ultime qui transcende la vie et la mort, sans les amener à une vision du Sans-Mort, alors on ne sert pas comme un transmetteur responsable du Dhamma.

Ce qui se passe actuellement au sein de ce qu’on appelle en gros, la « Tradition Theravāda » consiste en ce que le Dhamma est d’abord enseigné sur la base de l’équation : « Dhamma = méditation de l'attention = pure attention ».



La méditation de l’attention est ainsi sortie de son contexte original

La méditation de l’attention est ainsi sortie de son contexte original, le contexte du Noble Octuple Sentier tout entier qui comporte la vue juste, comme je l’ai exposé plus haut, mais également l’intention juste, qui inclut l'intention du renoncement, la morale juste avec des facteurs variés comme le contrôle du corps et de la parole, l’effort juste, cherchant à transformer le mental par l’abandon des tendances mauvaises et le développement des bonnes qualités.

Au lieu de tout cela, on l’enseigne comme un moyen d’augmenter ou d’intensifier l’expérience simplement en restant attentif à ce qui se passe au moment présent.

(...) en Occident, nous sommes devenus les prisonniers de nos élaborations conceptuelles, et parce que notre société et notre civilisation ont été dépassées par notre propre volonté de chercher à maîtriser le monde par des schémas d’interprétation conceptuelle ; nous cherchons à nous réfugier dans la non-conceptualisation de l’attention pure comme moyen de parvenir à une paix plus grande et à un meilleur accomplissement intérieur. Nous revenons à un contact direct avec notre expérience personnelle en mettant notre attention sur ce qui se passe à chaque occasion de l’expérience, ce qui amène à ce que j’appelle « l’agrandissement et l’intensification de l’expérience ».

Cette façon de pratiquer, disons-le, apporte une plus grande paix et une certaine liberté intérieure.

Mais ce qui reste une question, cependant, c’est si cela peut vraiment amener à la paix ultime et la liberté parfaite que la pratique du Dhamma est supposée apporter ?

Et la réponse à laquelle je suis arrivé, fondée sur ma propre compréhension, c’est que, à elle seule, elle ne le peut pas.


L’attention juste, qui est beaucoup plus que l’attention pure, trouve sa place dans le contexte entier du Noble Sentier Octuple et elle présuppose la foi, la compréhension juste, la conduite juste et d’autres facteurs variés.



(...) tant que la méditation sur l’attention sera enseignée de cette façon, la vie monastique va nécessairement apparaître comme une option parmi d’autres.

La vie monastique et la vie de maître de maison vont apparaître comme deux options de valeur égale ; le célibat et la vie de quelqu’un qui s’est engagé dans un mode de vie ou la sexualité est basée sur l’éthique vont paraître également valides selon le Dhamma.

En fait, on peut même dire que pour un pratiquant du Dhamma, la vie de maître de maison est « plus » exigeante et donc « plus » riche et « plus » valorisante.

Pourquoi cela ? Parce que la vie monastique crée des frontières artificielles entre le sacré et le
séculier ; elle élève des murs entre le monde ordinaire et le monde de la transcendance; elle
nous sépare des possibilités de nouvelles expériences ; elle nous empêche de trouver des occasions nouvelles d’appliquer l’attention à la vie quotidienne.

Et ainsi, pour suivre cette argumentation, c’est un style de vie plus étroit, plus contraint, plus contraignant, plus pauvre,que le style de vie d’un pratiquant laïque sérieux.



Si cette façon de voir les choses était juste, le Bouddha n’aurait eu aucune raison d’établir un ordre monastique d’hommes et de femmes célibataires.

(...) Il me semble que ce qui est advenu à la Tradition Theravāda (avec peut-être des développements parallèles dans d’autres Traditions), c'est que la pratique de la méditation de l’attention a été détachée de son contexte classique et ensuite enseignée selon un cadre différent.

Elle est enseignée à des gens qui, tout en ayant rejeté la vue mécaniste du monde de la science moderne, ont un mental largement façonné par cette même vue du monde.

Cette pratique est enseignée à des gens qui, tout en disant qu’ils ne veulent pas adopter un nouvel « isme », y compris le bouddhisme, souscrivent largement à des vues matérialistes du monde,même s’ils ne l’admettent pas.

En tout cas, ils pratiquent souvent une attitude d’agnosticisme qui est encore un « isme ».

Et cela contribue à façonner leur expérience de la méditation bouddhique et leur façon de se l’approprier de telle sorte que leur méditation ne fonctionne plus comme une discipline de libération, dans le sens traditionnel, mais comme une technique thérapeutique.

Ce n'est peut-être pas une psychothérapie au sens strict, mais ce sera tout de même une thérapie existentielle faite pour réconcilier l’individu et l’existence conditionnée en ouvrant de plus grandes possibilités d’accomplissement au sein de l'existence conditionnée ;
elle ne va pas se transformer en chemin d’émancipation des limites, de la finitude, et des
défauts de l’existence conditionnée elle-même.

Elle va servir de thérapie vis-à-vis du sentiment d’absence de signification, par rapport au vide existentiel que la civilisation moderne traîne derrière elle.

Ce ne sera pas un moyen de transcender tous les modes thérapeutiques, ni une manière d’éradiquer complètement les kilesa, les souillures et les illusions; ce ne sera pas un moyen qui mène tout droit au-delà du cercle vicieux de la naissance et de la mort.



la contemplation de l’impermanence.

Pour les maîtres du Vipassanā aussi bien que pour le bouddhisme Theravāda monastique basé sur le Canon Pāli, l’impermanence consiste à « ne pas s’attacher, si vous vous attachez à quelque chose, vous allez subir la souffrance ».

Mais chacun tire des conclusions différentes de cette thèse, vraiment des conclusions presque contraires.

Pour le bouddhisme canonique l’impermanence est le passage obligé vers la compréhension radicale de dukkhā, la marque de la souffrance.

Tout ce qui est impermanent est dukkhā ; tout ce qui est impermanent, dukkhā, et sujet au changement doit être considéré ainsi : “ce n’est pas moi, je ne suis pas cela, ce n'est pas mon moi”.

Alors, quoi qu’il y ait dans les cinq agrégats, le noble disciple voit tout cela comme “pas moi, pas à moi, pas mien”. En le voyant ainsi, on s’en détache. Une fois détaché, on arrive à l’absence de passion. Par l’absence de passion, il y a libération ». Et libération (vimutti), ici, signifie libération du mental des souillures primordiales, les āsava et la libération du cercle des renaissances.

Mais de nombreux méditants Vipassanā laïques voient le fait de l’impermanence comme un fait emprunt de signification positive.

Il est vrai que s’accrocher à ce qui est impermanent amène la souffrance. Mais il est dit qu'on peut s’immerger complètement dans l’impermanent sans s’accrocher à rien et s’est souvent la leçon qui en est tirée.

Ainsi le fait que s’accrocher à l’impermanent amène la souffrance veut dire que l’on devrait vivre dans le monde et expérimenter toutes choses avec révérence et émerveillement « dansant avec les milliers de choses sans s’y accrocher ».

Une fois encore, nous sommes amenés, par la pratique de l’attention, à une affirmation et à une appréciation nouvelle du monde.

Du point de vue du bouddhisme classique, cela revient à une réaffirmation subtile du samsāra.


La sagesse et la compassion sont les deux « ailes » du bouddhisme.

Les deux vertus excellentes. La sagesse étant le couronnement de la vertu intellectuelle et la compassion le couronnement de notre nature affective.

Il me faut ajouter que la foi profonde et la Vue juste sont également nécessaires pour que la compassion atteigne sa plénitude.



source : lerefuge

samedi 15 décembre 2007

Le sangha






Plan de ce message:

1) la fondation du sangha et sa mission

2) Signification réelle du sangha

3) Un des pilliers du Bouddhisme



(Pour en savoir plus, cliquer sur les mots surlignés en bleu)


La Fondation et mission du sangha


Lorsque le Bouddha, après avoir atteint l'éveil, exposa pour la première fois son enseignement à Sarnath, près de Bénares, ( les quatre Nobles Vérités) il avait cinq auditeurs, ceux là même qui étaient avec lui au début, pendant la période où il avait suivit un ascétisme extrême.

Ils formèrent ainsi le groupe des 5 moines et, en même temps, la communauté monastique minimale: celle ci doit compter au moins 5 membres.

Selon la tradition le sangha ( et non "la sangha") a été fondé par le Bouddha lui même, en recevant ces 5 anciens élèves et compagnons comme moines.

La création et les missions du sangha sont décrites dans
le vinaya Pitaka (corbeille de la discipline).

Rappel :
Le canon pali est réparti en 3 corbeilles ( Ti-pitaka)
Première Corbeille : La disciple (vinaya -pitaka)
Deuxième Corbeille: recueille les "Textes de la Loi" (sutta-pitaka)
Les nombreux sutta ou textes de la deuxième corbeille sont regroupés en cinq recueils, chacun étant constitués de textes indépendants : "comptes rendus en quelque sorte, d'enseignements dispensés par le Bouddha ou par l'un de ses disciples immédiat"
Troisième Corbeille : Plus technique : (Abhidhamma-pitaka)


La mission du sangha

Sa mission est de donner aux hommes, puis ensuite aux femmes souhaitant se consacrer à la pratique, la possibilité de demander à vivre dans une communauté.
Le sangha veille sur ses membres.

Il existe plusieurs façons de vivre selon les préceptes du bouddhisme:

- Soit comme moine ou comme nonne, soit comme adhérent laïc, homme ou femme. Ces "Quatre assemblées" regroupent l'ensemble des bouddhistes au sens scrict du terme.

Moines et nonnes mènent une vie de "mendiant" ce qu'exprime leur nom de
Bhikkhu et bkikkuni.
Les laïcs particulièrement proches du sangha sont appelés
upàsaka et upàsaki (ceux qui se sont assis à côté des moines ou des nonnes)

En dehors de ces 4 groupes on trouve les laïcs ordinaires qui soutiennent le boudhisme seulement par leur donations.






Qu'est ce que signifie réellement le mot sangha?

Ci après, des réponses données par John Bullit dans "foire aux questions sur le Bouddhisme" sur le site canon pali



Le mot "sangha" en pâli, signifie littéralement "groupe" ou "congrégation", mais quand on le trouve dans les suttas, le mot renvoie généralement à l'un des deux types très spécifiques de groupes: soit la communauté moniale bouddhiste (bhikkhus et bhikkhunis), soit la communauté des gens qui ont atteint au moins le premier stade de l'Eveil.

Au cours des dernières décennies, on a vu apparaître en Occident un nouvel usage du mot, qui ne semble avoir aucun fondement dans les enseignements classiques du Bouddhisme Theravada:
Il s'agit de l'usage du mot "sangha" pour décrire un groupe de méditation ou toute sorte de communauté spirituelle.

Ça à l'air innocent comme ça, mais cet usage spécifique peut mener -et y arrive souvent- à une profonde confusion à propos de l'un des nombreux points fondamentaux des enseignements du Bouddha, la prise de refuge dans le Triple Joyau.

L'acte de prendre refuge dans le Bouddha, le Dhamma, et le Sangha marque un tournant important dans le développement spirituel de quelqu'un, le véritable départ du périple au long de la voie bouddhiste.

Il aide à générer une saine attitude envers la pratique bouddhiste en encourageant le développement de la vue correcte, et sert de constant rappel autant du but de la pratique que des moyens d'atteindre ce but. Il est donc crucial d'être clair et précis sur le sens des refuges, si on ne veut pas finir sur un chemin tout à fait différent de celui que le Bouddha avait à l'esprit.

En prenant refuge dans le Sangha, nous posons nos vues intérieures sur la communauté idéale des Nobles Personnes (ariya-sangha) -- ces moines, nonnes, laïques hommes et femmes qui, à travers l'histoire, ont par leurs propres efforts diligents réussi à mettre à exécution les instructions du Bouddha et ont obtenu au moins un aperçu du bonheur suprême de nibbana. Si ceci est la direction dans laquelle nous souhaitons nous aussi aller, alors c'est chez ces individus qu'il nous faut nous tourner pour prendre refuge:

Le Sangha des disciples du Béni du Ciel qui ont bien pratiqué... qui ont pratiqué sans façon... qui ont pratiqué méthodiquement... qui ont pratiqué avec maîtrise -- autrement dit, les quatre types [de noble disciples] quand on les prend par paires, les huit quand on les prend comme types individuels -- ils sont le Sangha des disciples du Béni du Ciel: dignes de cadeaux, dignes d'hospitalité, dignes d'offrandes, dignes de respect, l'incomparable champ de mérites pour le monde.

Mais prendre refuge ne s'arrête pas là. On nous demande aussi de nous tourner vers la communauté monastique (bhikkhu-sangha) pour refuge, car c'est grâce lignage ininterrompu de cette institution vieille de 2,600 ans que nous avons la chance aujourd'hui de pouvoir entendre les enseignements.

Qui plus est, l'exemple vivant de la communauté monastique sert à nous rappeler de l'immense valeur de la générosité, de vivre une vie moralement droite, du renoncement -- bref, il nous rappelle qu'il est effectivement possible de vivre une vie pleinement en accord avec chaque aspect des enseignements du Bouddha.

En réalité, évidemment, ce n'est pas chaque moine ou nonne qui vit nécessairement au niveau des hauts standards de comportement du Bouddha. C'est pour cette raison que c'est dans l' institution du Sangha que nous prenons refuge, et pas dans les membres individuels eux-mêmes. Ceci est le Sangha vers lequel les gens se sont tournés depuis l'époque du Bouddha:

Je vais vers Maître Gotama pour refuge, au Dhamma, et au Sangha des moines. Puisse Maître Gotama se rappeler de moi comme disciple laïc qui est allé vers lui pour refuge, à partir de ce jour, pour la vie. ( ainsi se terminent très souvent nombre de Sutta)

Ce sont donc de ces exceptionnels groupes de gens -- l' ariya-sangha et le bhikkhu-sangha -- que parlent le Troisième Joyau et Refuge; ce sont ces groupes qu'on demande à prendre pour refuge, et pas à certaine communauté vaguement définie d'amis de Dhamma du même avis et collègues de méditation. Dans quel groupe préférez-vous mettre votre confiance?

Dans un effort pour résoudre cette confusion, certains auteurs ont proposé diverses alternatives au mot "sangha" pour décrire des rassemblements et des communautés de compagnons du Dhamma. Mais ceci me laisse toujours me demander pourquoi il nous faudrait ici invoquer la langue Pâli. Est-ce qu'un groupe de méditation a vraiment besoin d'un nom spécial? Pourquoi ne pas simplement l'appeler un "groupe de méditation" et le laisser comme ça?

"Sangha" est un terme important au sens riche et précis. Il signifie quelque chose de véritablement extraordinaire et brillant qui peut constamment nous rappeler les plus hautes et très excellentes possibilités que la Voie peut offrir. Utilisons-les bien.

par John Bullitt pour le site canonpali




Le sangha : un des 3 piliers du Bouddhisme, par Michel Henri Dufour


La Communauté monastique

Les débuts de la Communauté:

Kondañña (celui des cinq brahmanes ayant immédiatement compris le premier sermon du Bouddha) devint le premier arahanta (« celui qui est digne ») et le premier bhikkhu. Au début les cinq premiers bhikkhu furent les cinq anciens brahmanes du Parc des Daims. Le suivant, un jeune homme issu d’une riche famille, Yasa, attira dans le Sangha de nombreux amis

À cette époque l’ordination était très simple, le Bouddha disant simplement "Viens, moine"

Arrivèrent ensuite ceux qui allaient constituer le noyau de ses principaux disciples.
... Très rapidement le nombre de moines passa à quelques dizaines puis à plusieurs centaines. Tous étaient acceptés sans distinction de caste ou de rang social (marchands, brahmanes, etc. ).

Après de longs périples le Bouddha revint dans son village natal pour revoir son père mourant.
C’est à cette époque que, en raison du désir de la tante du Bouddha de devenir nonne, le Bouddha autorisa les femmes à entrer dans la Communauté monastique. Il ordonna également son fils de sept ansqui devint le premier novice De nombreux membres du clan du Bouddha (dont Ananda) rejoignirent le Sangha.

Les règles du Vinaya furent établies graduellement au cours des quarante-cinq années d’enseignement du Bouddha, en réponse à des circonstances déterminées.

À l’époque du Bouddha la plupart des moines étaient errants, voyageant seuls ou en groupe sous la conduite d’un moine-enseignant (acariya). Ils s’arrêtaient dans des endroits propices à la pratique et parfois on les invitait à demeurer dans un village, les laïcs subvenant à leurs besoins matériels.

Les laïcs construisaient alors des huttes d’habitation et des salles de réunion , ce qui devint bientôt les premières résidences monastiques

Pendant la saison des pluies les moines ne voyageaient pas et pratiquaient de façon intensive. Les invitations, au tout début du bouddhisme, venaient fréquemment des marchands et des princes. Les bhikkhu ne sont pas habilités à se comporter comme des missionnaires chargés d’un quelconque prosélytisme, ils ne doivent jamais s’imposer. Où qu’ils se rendent ils sont censés le faire uniquement sur invitation des laïcs ; une invitation signifiant que le bhikkhu est bienvenu, qu’un soutien matériel approprié est garanti et que le Dhamma sera écouté respectueusement.

Dans la tradition bouddhique ancienne les moines n’enseignent que lorsque les circonstances
s’y prêtent, non pour faire étalage de leur connaissance, briller en public, susciter des émotions ou jongler avec des théories ou des opinions. Dans l’école de la forêt la vie quotidienne fournit la base des enseignements ; c’est à partir de celle-ci que les moines-enseignants présentent les principes fondamentaux de la discipline dans le Dhamma.


Communauté monastique et société

La Communauté est structurée par un code de discipline nommé le Vinaya, qui fut instauré au fil des années par le Bouddha. Les nombreuses règles du Vinaya présentent avec détails la manière de mener une vie de continence, de frugalité et de conduite harmonieuse. Plutôt que d’inciter à l’ascétisme, la pratique est un moyen de vivre dans la réflexion et la vigilance et un guide permettant de garder ses besoins au minimum : un lot de toges monastiques, un bol à aumônes, un repas par jour, des remèdes en cas de nécessité, et un abri pour la méditation et le repos.

Le Vinaya crée un lien très étroit et très solide entre la Communauté des moines et des nonnes et la société environnante. En effet, en l’absence de l’offrande quotidienne de nourriture et du soutien à long terme de la part de la communauté laïque, le Sangha ne peut survivre.
Bien entendu, un tel soutien ne peut être effectif que si le Sangha fournit un exemple digne de respect, et que la relation ainsi créée offre un cadre dans lequel la générosité, la compassion et l’encouragement mutuel peuvent se développer.
La dépendance vis-à-vis des autres encourage les moines et les nonnes à vivre dans la confiance et à se satisfaire d’un niveau de vie modeste. Une relation équilibrée est ainsi maintenue, le Sangha offrant l’aide spirituelle par l’enseignement et par sa présence, les laïcs utilisant l’opportunité d’exercer leur générosité et de participer directement et avec joie à la vie spirituelle.


Le moine (bhikkhu)

Le terme bhikkhu (littéralement « celui qui recueille les aumônes »), désigne un membre de la
Communauté monastique bouddhique, pleinement ordonné, vivant uniquement de ce qui est offert et observant les préceptes définissant une vie de renoncement et de simplicité. Ce terme ne possède pas vraiment d’équivalent en français. Le mot « prêtre » ne doit jamais être utilisé pour un bhikkhu, la traduction la moins erronée demeure « moine » ; le terme « bonze » (issu du japonais « bozu »), bien que souvent employé, est inadéquat.

Dans la continuité de la Communauté monastique créée par le Bouddha, la Communauté Theravada demeure un ordre de charité. Les bhikkhu sont totalement dépendants de la générosité continue des laïcs pour leur subsistance, les laïcs offrant ce que l’on nomme les « quatre nécessités », les objets essentiels à la vie du moine, comprenant :
- les vêtements monastiques
- le bol à aumônes (patta) permettant de recevoir la nourriture,
- le logement
- les remèdes

Ils ne sont pas autorisés à utiliser de l’argent et ne peuvent manger que ce qui est offert. Les
moines et les nonnes bouddhistes ne sont pas des mendiants au sens classique du terme.
Un code de conduite strict régit la tournée du moine pour réunir sa nourriture.
Par exemple, il n’est pas censé faire du bruit, crier ou chanter, pour attirer l’attention des gens. Il marche silencieusement, et, le cas échéant, ayant présent à l’esprit le sujet de méditation ; il accepte tout ce qui lui est offert, l’important n’étant pas ce qui est offert mais l’attitude d’esprit au moment du don.

Le moine doit être satisfait de tout ce qui lui est donné, considérant la nourriture comme remède permettant à la continuité esprit-corps de se maintenir.

Ces règles, parmi d’autres tout aussi fondamentales, furent instaurées par le Bouddha pour, entre autres raisons, créer un lien d’interdépendance empêchant la Communauté de s’isoler de la société, comme cela fut le cas dans de nombreuses traditions monastiques, en Orient comme en Occident.

Les Enseignements du Bouddha s’adressent à tous. Personne n’a jamais été empêché de devenir bouddhiste en raison de son sexe, de sa race ou de sa couleur. La décision de rester laïc ou de devenir moine, ou nonne, ne dépend en fait que du choix personnel du pratiquant bouddhiste, et des circonstances dans lesquelles il se trouve. Le bénéfice que chaque catégorie retire de l’autre est mutuel, le laïc offrant les vêtements, la nourriture, le logement et les remèdes au moine, et cela lui permet de subsister.

En Thaïlande, par exemple, on peut assister à l’offrande de la nourriture vers six ou sept heures tous les matins, mais les vêtements, le logement et les remèdes sont offerts à d’autres occasions.

De leur côté les moines et les nonnes, donnent quelque chose de plus précieux au laïc :
l’Enseignement (Dhamma) tel qu’ils l’ont étudié, pratiqué et compris et l’exemple d’une vie orientée vers le « Bien et le Beau » Ainsi les laïcs bouddhistes peuvent-ils facilement trouver conseil et aide dans un monastère auprès d’un des Maîtres présents ou peut-être d’un fils, d’un oncle ou de tout autre parent qui pratique soit de façon permanente, soit temporairement en tant que novice, moine ou nonne.

Et ainsi un équilibre est-il maintenu, chaque groupe offrant à l’autre ce qui lui est nécessaire pour vivre.

Les moines et les novices possèdent des ensembles de règles pour les guider dans leur vie,
règles résumées dans un ouvrage, comprenant les 227 règles fondamentales.

Ce texte est récité les jours de pleine et de nouvelle lune en présence de tous les moines résidant à ce moment au monastère.
Ces règles, étant volontairement observées comme méthodes de discipline personnelle, peuvent être tout aussi volontairement abandonnées, lorsque par exemple un moine redevient novice ou retourne à la vie laïque. C’est une pratique courante parmi les laïcs que de passer un certain temps comme novice ou moine (cette dernière ordination n’étant conférée qu’à ceux qui ont plus de vingt ans).

Généralement cela se passe lorsque les études sont terminées, avant de s’engager dans un métier, et pour une période de trois ou quatre mois, approximativement de juillet à octobre ou novembre. Cette période, pendant laquelle les moines doivent résider dans un monastère, est appelée la « retraite de la saison des pluies » Elle est consacrée à l’étude ou à la pratique de la méditation de façon plus intensive.

Lorsque cette retraite est terminée les moines peuvent se rendre dans d’autres monastères ou dans la forêt, selon leur désir, à moins qu’ils ne soient encore des « nouveaux » moines sous la responsabilité de leur Maître.

Dans l’Ordre bouddhiste les moines ne doivent ni posséder d’argent ni exercer un contrôle sur
celui-ci, et ainsi observent-ils la « pauvreté » dans le sens du monachisme chrétien. En tant que moines ils doivent, bien entendu, s’abstenir de toute sorte de rapport sexuel, ainsi observent-ils la « chasteté ».

Mais ils ne sont pas soumis à la règle de l’» obéissance » aveugle, bien qu’ils aient des obligations en tant que disciples d’un Maître, devoirs que tout bon moine suit scrupuleusement. Après une période d’au moins cinq ans, alors qu’ils possèdent savoir et expérience et une bonne connaissance théorique et pratique de leurs règles, ils sont libres de voyager où bon leur semble, à la recherche de Maîtres de valeur ou pour pratiquer dans la solitude.

Parmi les nombreux préceptes du Code du moine il en existe quatre pour l’infraction desquels il est expulsé de l’Ordre sans jamais avoir la possibilité de redevenir moine dans cette vie. Ces quatre règles sont :

1. ne jamais avoir de relation sexuelle,
2. ne jamais tuer délibérément un être humain, ou ordonner à d’autres de tuer,
3. ne jamais prendre ce qui ne lui appartient pas avec l’intention de le posséder,
4. ne jamais se prévaloir indûment de tout accomplissement spirituel (le moine est excusé s’il
est malade mental, orgueilleux ou pas sérieux).

Les véritables « possessions » du moine sont très réduites, et il doit considérer celles-ci comme un prêt que lui fait l’Ordre et non comme des objets sur lesquels il possède un contrôle.

Il n’a que huit biens indispensables :

1. Un vêtement du dessus à double épaisseur (genre de toge constituée de plusieurs morceaux de tissus assemblés), pour la saison froide ou porté lors d’occasions formelles
2. Un vêtement du dessus à simple épaisseur.
3. Un vêtement monastique utilisé comme sous-vêtement, enroulé autour de la taille
4. Une ceinture pour le vêtement de dessous.
5. Un bol pour recueillir sa nourriture
6. Un rasoir
7. Une aiguille (nécessaire à couture) pour réparer ses vêtements.
8. Un filtre à eau, pour ôter les êtres vivants de son eau afin que ni lui ni eux ne soient blessés.

Le moine peut également utiliser une étoffe couvrant le thorax et découvrant l’épaule gauche, une pièce de tissu rectangulaire, faite de plusieurs morceaux assemblés, pour s’asseoir et quelques autres pièces de tissu à usages divers. Ces accessoires complémentaires pouvant légèrement varier selon les pays Theravada.

Le moine de forêt utilise en outre un parapluie et une moustiquaire lors de ses pérégrinations. Il peut aussi possèder d’autres objets d’usage quotidien, comme un réveil, des livres, etc.

Quant à ses devoirs ils sont simples mais difficiles à remplir.
Il doit s’efforcer d’acquérir Il doit s’efforcer d’acquérir un vaste savoir et une profonde compréhension de tout ce que son Maître, l’Éveillé (le Bouddha), a enseigné. Il doit pratiquer l’Enseignement, observer la Vertu, renforcer la Vigilance, et développer la Sagesse. Il comprendra alors les Enseignements du Bouddha selon ce qu’il en aura pratiqué. Et enfin, en fonction de ses capacités et de ses inclinations, il pourra enseigner, soit par son propre exemple, soit en délivrant des sermons ou encore en écrivant des livres. Quelles que soient ses activités le bhikkhu est garant de la préservation des Enseignements du Bouddha, et cela depuis le tout début de la Communauté.

Les voeux perpétuels n’existent pas dans le bouddhisme, en respect du principe de la non permanence et de la liberté individuelle de choix.

Si le processus d’ordination est complexe, dans ses conditions exigées et son déroulement, le retour à l’état laïc est une formalité relativement simple. Il est possible de quitter la Communauté monastique et d’y revenir à tout moment, certains effectuant cet aller-retour plusieurs fois, ce qui ne traduit pas spécialement un état d’esprit positif.

Dans les pays d’obédience Theravada ( par exemple la Birmanie) la population monastique est très élevée en raison des nombreuses ordinations temporaires ou « de circonstance » ; néanmoins les Maîtres de valeur ne confèrent pas l’ordination majeure à la légère, l’engagement dans la voie du bhikkhu nécessitant des conditions rigoureuses.

Bien que largement moins développée que la Communauté des moines (essentiellement pour des raisons historiques mêlées à des considérations socioculturelles), la Communauté des nonnes existe.

À l’époque du Bouddha de nombreuses nonnes étaient parvenues à des états élevés de réalisation, exemplifiant ainsi la parfaite égalité des sexes sur le plan spirituel. Dans certains pays Theravada, et même en Occident, des structures se mettent en place peu à peu pour favoriser un nouveau développement de la Communauté féminine

Source : vademecum bouddhique livret 5



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  • Les moines de la Tradition théravada: ICI
et
  • Qu'est-il arrivé au sangha monastique: LA