mercredi 11 janvier 2012
méthode de méditation d'Ajahn Brahm
dimanche 27 juillet 2008
L'Action juste

Ci après un nouvel extrait (scanné) du livre de Bhante Hénépola Gunaratana : Les huit marches vers le bonheur - Extrait du chapitre 4 (éd. Albin Michel, Paris, mai 2008)
L'ACTION JUSTE
L’éthique dans l’action
Traditionnellement, nous disons que la marche de l’Action juste consiste à s’abstenir de tuer, de voler et de l’inconduite sexuelle. Bien que les mêmes mots soient utilisés dans les cinq préceptes et dans la définition de l’Action juste. Le sens est un peu différent.
Dans l’optique des préceptes, il est très simple et direct: simplement, ne faites pas ces trois choses. Tuer, voler et l’inconduite sexuelle sont trois des pires actions que vous puissiez effectuer, et si vous les commettez, vous ne trouverez pas la paix. Par conséquent, nous prenons une forte, une puissante résolution et nous y tenons strictement.
Cependant, lorsque le Bouddha a défini l’Action juste comme s’abstenir de tuer, de voler et de l’inconduite sexuelle, il ne faisait que donner des exemples des outrages les plus flagrants que l’on puisse infliger aux autres. Par suite, ces abstentions devraient être comprises non de manière limitée, au sens du respect des règles, mais aussi comme de grandes lignes pour une conduite éthique supérieure.
Ainsi, dans l’un de ses enseignements où il pressait chacun d’agir avec compassion envers tous les êtres vivants, fait-il le commentaire suivant,
Tous les êtres vivants ont peur du bâton (de la violence)
Tous les êtres vivants ont peur de la mort.
Vous comparant vous-même aux autres,
Ne faites aucun mal ni n’entraînez un autre (à en faire) (Dh 129).
Il a expliqué que toute action physique faisant du tort à une autre personne - endommager des biens, les incendier, menacer d’une arme - est mauvaise, même si personne n’est tué.
Une fois, j’ai entendu parler d’un jeune homme qui détestait ses compagnons de chambre à l’université. Pour se venger, il les harcelait en abîmant secrètement leurs affaires personnelles. Par exemple, il trempait leurs serviettes dans les toilettes, il endommageait leurs ordinateurs ! Les tracasseries mesquines, les farces qui blessent sont également de mauvaises actions.
Il existe aussi un niveau plus élevé de l’action éthique. Par exemple, s’abstenir de tuer atteint son sens le plus élevé lorsque nous développons une attitude complètement non violente et souhaitons continuellement le bien de tous les autres êtres vivants.
Nous pratiquons l’Action juste non parce que nous voulons éviter d’enfreindre les règles du Bouddha ou par peur d’être punis; nous évitons les comportements cruels et blessants parce que nous nous rendons compte de leurs conséquences - qu’ils nous conduisent nous-mêmes et tous ceux qui nous entourent à une profonde souffrance, maintenant et à l’avenir. Nous pratiquons l’Action juste parce que nous voulons que notre vie soit utile et harmonieuse, ni destructrice ni conflictuelle, et car nous voulons avoir un esprit calme et heureux, non troublé par le regret ou les remords.
Quand il s’agit d’observer des principes de morale, notre esprit nous joue de nombreux tours. Certaines personnes se disent que les règles morales ne concernent pas les jeunes. « Je peux prendre du bon temps maintenant, disent-elles, et faire tout ce que je veux. Quand je serai plus vieux, je ferai le ménage dans mes actions. » Malheureusement, observer des principes moraux en fin de vie est comparable à gagner à la loterie sur son lit de mort. Si vous attendez trop longtemps, vous ne pourrez pas profiter des bienfaits apportés par une vie morale - libération des dépendances, relations saines, conscience claire et un esprit sans trouble. Il est préférable de profiter des effets salutaires de la moralité pendant que vous êtes jeune, en bonne santé et fort. Quand vous serez vieux, vous n’aurez pas besoin de principes moraux pour empêcher de mauvaises conduites !
Une autre ruse consiste à nous dire : « En quoi des principes moraux sont-ils bons pour moi ? Ma vie est bonne telle qu’elle est. » Si telle est votre réaction, vous feriez bien de regarder votre raisonnement de plus près. Si votre vie est si belle, pourquoi mentez-vous, volez-vous, buvez-vous ou tuez-vous ?
Enfreindre les règles morales devient vite une habitude dont il est difficile de se défaire. De plus, ces comportements ont inévitablement des conséquences négatives. Il n’y a pas moyen d’échapper à la loi de cause à effet. Dérogez aux principes moraux et vous risquez de perdre votre santé, vos biens, l’affection de ceux que vous aimez, et bien d’autres choses qui ont de la valeur pour vous. En plus, vous aurez à faire face aux soucis, à la culpabilité et même à davantage d’insatisfaction. Souvenez-vous, nous observons des principes de moralité pour nous rendre heureux, non pour être malheureux.
Même de petites actions immorales, apparemment insignifiantes, ont un certain effet. J’ai entendu parler d’un homme qui avait manqué une participation dans une affaire de plusieurs millions de dollars - simplement en tuant un insecte. C’était un homme d’affaires plein de bon sens, de talent, qui avait organisé une réunion avec un partenaire potentiel pour discuter d’une association. Alors qu’ils discutaient, un insecte vint se poser sur le bord du verre de bière de ce businessman. Avec un petit bâtonnet, il le fit tomber dans la bière. Quand l’insecte s’évertua à remonter le long du verre pour en sortir, l’homme le fit tomber de nouveau. Tout en discutant une affaire valant des millions de dollars, il s’amusait avec l’insecte, le repoussant dans la bière jusqu’à ce qu’il se noie.
L’associé potentiel m’a dit ultérieurement qu’après avoir vu ce jeu, il avait pensé : « Cet homme est des plus cruels. Peut-être ferait-il quelques vilenies simplement pour gagner de l’argent. Je ne veux pas faire des affaires avec lui. » Et il renonça à l’association.
Il se peut que vous vous demandiez pourquoi les principes de l’Action juste sont exprimés en termes négatifs - ne pas tuer, ne pas voler, etc. La raison en est très simple. Nous ne pouvons pas trouver la joie qui naît de la bonne conduite tant que nous n’avons pas abandonné la mauvaise.
Nous avons tendance à agir avec un esprit plein d’attachement, qui nous mène à toutes sortes de perversion. D’abord, nous devons nous opposer à cette tendance naturelle. Ensuite, nous pourrons nous rendre compte à quel point nous nous sentons à l’aise, détendus, libres et paisibles quand nous agissons selon l’éthique.
Il est impossible de cuisiner un délicieux repas dans un poêlon sale, ou de faire pousser un magnifique jardin dans une terre étouffée par les mauvaises herbes. En nous abstenant du négatif, nous créons les conditions nécessaires pour que le positif s’épanouisse.
Par exemple, en nous abstenant de tuer et de faire d’autres actes d’hostilité, nous créons l’atmosphère favorable à l’apparition de l’amitié-bienveillance et de la compassion dans nos rapports avec les autres.
De même, nous abstenir de voler - prendre ce qui n’est pas donné, qu’il s’agisse des biens de quelqu’un ou du crédit lié au travail ou aux idées d’autrui - donne naissance à son opposé, la générosité.
L’action morale fait passer notre focalisation sur l’intérêt personnel à l’intérêt envers ce qui est profitable à la fois pour nous et pour les autres. Lorsque nous sommes obsédés par nos propres désirs, nous sommes essentiellement motivés par la haine, l’avidité, la jalousie, les pulsions sexuelles, et autres préoccupations égoïstes. Nous n’avons alors ni maîtrise de nous-mêmes ni sagesse pour agir de manière juste. Mais lorsque nous nous abstenons de ce qui est nocif, notre brouillard mental s’éclaircit un peu, et nous commençons à voir que l’amitié-bienveillance, la compassion et la générosité nous apportent un bonheur vrai. Cette clarté d’esprit nous aide à faire des choix éthiques et à progresser sur le chemin du Bouddha.
S’abstenir de tuer
L’envie de nuire ou de blesser d’autres êtres vivants prend généralement sa source dans la haine ou la peur. Lorsque nous tuons délibérément des êtres vivants, même de petites créatures telles que des insectes, nous diminuons notre respect pour toute vie - et par suite pour nous-mêmes.
L’Attention nous aide à reconnaître nos propres aversions et à en assumer la responsabilité. Par l’examen de nos états mentaux, nous nous rendons compte que haine et peur induisent un cycle de cruauté et de violence, des actions qui font du mal aux autres et qui détruisent notre propre paix mentale. S’abstenir de tuer rend l’esprit paisible et le libère de la haine. Cette clarté nous aide à refréner les actions destructrices et à embrasser celles qui ont pour motif la générosité et la compassion.
Une de mes étudiantes m’a confié qu’elle avait été sujette à la peur et qu’elle éprouvait de la répulsion envers de petites créatures, comme les souris, les puces et les tiques. En raison de cette émotion, elle voulait les tuer. Sa pratique de l’Attention l’aidant à s’adoucir, elle prit la résolution de s’en abstenir. Il en résulta une diminution de ses sentiments de peur et de répugnance. Récemment, elle a même réussi à ramasser un grand cafard à mains nues et à le mettre en sécurité, hors de la maison.
Lorsque nous nous abstenons de tuer, notre respect pour la vie grandit, et nous commençons à agir avec compassion envers tous les êtres vivants. Cette même étudiante m’a dit avoir rendu visite à un ami qui vivait dans un centre de méditation. En arrivant, elle remarqua un piège à insectes suspendu au porche d’entrée de la maison où habitait le personnel du centre.
Des douzaines de guêpes, attirées par l’odeur sucrée du jus de pomme, étaient prises au piège. Une fois entrées par sa petite ouverture, elles ne pouvaient plus ressortir. Quand elles s’étaient épuisées à voler dans le petit espace, elles tombaient dans le jus de pomme au fond du piège et se noyaient lentement. L’étudiante en visite interrogea son ami à ce sujet. Il reconnut qu’un tel piège dans un centre de méditation était une chose honteuse, mais que la hiérarchie l’avait installé à cet endroit et qu’il ne pouvait rien y faire.
Bien qu’elle essayât d’ignorer le bourdonnement qui en provenait, la visiteuse ne pouvait chasser la souffrance des guêpes de son esprit. Elle eut rapidement le sentiment de devoir faire quelque chose pour donner à quelques-unes une chance de s’échapper. Elle prit un couteau, perça un petit trou au sommet du piège et y inséra le couteau pour que le piège reste ouvert. Quelques guêpes se hissèrent le long de la lame et parvinrent à s’échapper. Ensuite, elle ouvrit le trou un peu plus et quelques autres guêpes s’échappèrent. Finalement, elle se rendit compte qu’elle ne pouvait même pas supporter d’en laisser une seule mourir dans le piège. Bien que son intervention la rendît mal à l’aise, elle transporta le piège dans le champ voisin et le coupa complètement en deux, libérant toutes les guêpes encore en vie.
En agissant, elle émit le souhait: « Puissé je être libérée de mes attitudes et comportements négatifs de même que ces insectes sont libérés de ce piège. »
L’étudiante m’a dit que, depuis ce moment, elle n’avait plus eu peur des guêpes. Au printemps dernier, un nid de guêpes apparut sous le porche principal de la Bhavana Society. Des personnes qui l’empruntaient furent piquées, et l’endroit fut isolé avec des cordes. Pourtant, cette femme continua d’utiliser cette porte, enjambant le nid sans qu’il lui arrive aucun mal, jusqu’à ce qu’il soit enlevé. « Je serais très surprise si jamais une guêpe me piquait de nouveau, dit elle. Mais si je le suis, c’est pour la pauvre guêpe qui est dérangée et qui peut être blessée en me piquant que je m’inquiéterais le plus. »
Comme vous pouvez le voir à partir de l’expérience de cette étudiante, s’abstenir de tuer crée l’atmosphère favorable au développement de l’action compatissante dans notre vie. C’est merveilleux, et une grande aide pour progresser sur le chemin du Bouddha.
Mais il ne s’agit pas de devenir militant dans notre soutien de la non-violence ! L’Action juste nous demande de prendre nos propres décisions en matière de conduite morale, et non d’exiger que tout le monde suive notre exemple.
Prenez la controverse sur la consommation de viande.
Bien que je ne mange pas de viande moi-même, je n’insiste pas pour que tout le monde devienne végétarien. En regardant les choses sous un angle plus large, je me rends compte que même les végétariens ont une part indirecte dans le fait de tuer. Supposez qu’il y ait un village où vivent mille végétariens, et dans le village voisin un fermier qui cultive des légumes, des fruits et des céréales pour nourrir les mille végétariens. Quand il laboure la terre et élimine les insectes qui pourraient abîmer les légumes, le fermier tue de nombreux petits êtres. De nombreux autres sont tués par ses machines agricoles quand il fait ses récoltes. Les végétariens du village d’à côté se sentent très à l’aise. Bien que des créatures aient été tuées, ils ont une conscience claire quand ils mangent, car ils n’ont pas d’intention de tuer.
Par cet exemple, vous pouvez voir que manger des légumes et tuer des êtres pendant la culture sont deux choses distinctes. La même logique s’applique à la consommation de viande. Manger de la viande et tuer des animaux pour obtenir la viande sont deux choses distinctes. Parfois, le Bouddha lui-même mangeait la viande qui lui était offerte. Ceux qui mangent simplement la viande n’ont pas non plus l’intention de tuer.
Pour l’observation du précepte de s’abstenir de tuer, le Bouddha a défini le fait de tuer de manière très spécifique, comme étant l’acte de mettre fin à la vie intentionnellement. Dans les règles qu’il a établies pour les moines, il clarifie plus avant les conditions nécessaires pour un tel acte :
Il doit y avoir un être.
Vous devez savoir qu’il y a un être.
Vous devez avoir l’intention de tuer.
Vous devez prévoir d’utiliser une méthode pour le tuer.
Vous devez le tuer en utilisant seulement la méthode prévue.
Ceux qui mangent de la viande ne remplissent aucune de ces conditions. Ils savent qu’ils mangent de la viande et qu’elle provient d’un animal. Mais ils n’ont pas eu l’intention de le tuer, et ils n’ont pas participé à sa mise à mort.
S’il n’y a pas de viande disponible, on ne devrait pas aller chasser ou tuer des animaux pour manger. On devrait manger autre chose. Mais les gens ne devraient pas non plus devenir névrosés en cherchant à éviter tout ce qui contribue indirectement à tuer. Quand nous y réfléchissons, un certain degré de contribution indirecte au fait de tuer peut être trouvé dans la plupart des vies contemporaines. Conduire une voiture ou même marcher sur une pelouse tue des êtres. Divers médicaments que nous utilisons sont testés sur des animaux, les tuant, les estropiant ou les rendant malades. Bénéficier de ces médicaments n’est pas tuer. Le Bouddha a clairement dit que votre intention est ce qui compte réellement.
En ce qui concerne le progrès spirituel, il n’y a pas de différence entre végétariens et non-végétariens. Lorsque les végétariens se mettent en colère, sont avides ou troublés, ils se conduisent de la même façon que ceux qui mangent de la viande. Si vous voulez être végétarien, soyez-le, bien sûr. Les repas végétariens sont très sains. Personnellement, je demeure végétarien par compassion envers les animaux. Néanmoins, ne vous sentez pas obligé de vous abstenir de manger de la viande afin d’atteindre votre but de parvenir à la plus haute félicité.
Beaucoup de laïcs me demandent comment combattre les insectes dans leurs habitations et dans leurs jardins. Ils veulent être de bons bouddhistes et ne pas tuer, mais leurs fleurs vont dépérir et leurs maisons se détériorer s’ils ignorent les insectes. Je réponds que tuer des insectes, même pour une bonne raison, est toujours tuer.
Toutefois, tous les meurtres n’ont pas les mêmes conséquences karmiques. Tuer un insecte, en général, n’entrave pas autant notre progrès spirituel que s’il s’agit d’un animal, un chien par exemple. Et tuer un chien a moins d’impact sur l’esprit que tuer un être humain. Aucun acte n’est plus néfaste pour soi même que tuer ses parents ou un être illuminé. De tels actes empêcheraient le meurtrier d’atteindre l’Illumination en cette vie et conduiraient à la pire des renaissances. Tuer des insectes n’est pas aussi grave que cela. Comprenant qu’il y a des degrés différents de conséquences, nous faisons nos choix et en acceptons les effets.
vendredi 25 juillet 2008
Le bonheur, par Bhante Henepola GUNARATANA
Le bonheur, par Buddhadasa Bhikkhu
voici un extrait scannés, du livre de Bhante Henepola GUNARATANA : " Les Huit marches vers le bonheur" (Extrait de l'Introduction) éd. Albin Michel, Paris, mai 2008)
Ce livre est en quelque sorte, la suite de son livre précédant "Méditer au quotidien".
Ce qu'est le Bonheur et ce qu'il n'est pas
Le désir d'être heureux est vieux comme le monde, et pourrant le bonheur nous échappe toujours. Que signifie être heureux ?
Nous recherchons souvent le plaisir des sens. Par exemple, manger quelque chose de bon, regarder une bonne comédie, en raison de l'agrément que nous en retirons. Mais y a-t-il un bonheur au-delà de cette satisfaction passagère apportée par une expérience plaisante?
Certaines personnes essayent d'accumuler un grand nombre d'expériences agréables et appellent cette façon de faire une vie heureuse. D'autres, ressentant les limites des satisfactions sensuelles, cherchent un bonheur de plus longue durée, dans le confort matériel, la vie de famille ou la sécurité. Mais ces sources de bonheur ont aussi leurs limites. (...)
Il semble que ce que nous croyons pouvoir nous rendre heureux soit en fait source de souffrance. Pourquoi ? Parce que rien ne dure. Les liens de la famille se brisent, les affaires tournent mal, les gens perdent leur travail, les enfants grandissent et s'en vont,(...)
C'est un paradoxe: plus nous possédons plus notre risque d 'être malheureux grandit. (...)
Les gens confondent le tournis de l'excitation créée par une nouvelle possession ou par une expérience agréable avec le bonheur. (...)
Les Sources du Bonheur
Le Bouddha a décrit plusieurs catégories de bonheur en les classant de la plus éphémère à la plus profonde.
Le Moindre Bonheur de l'Attachement
Le Bouddha a groupé dans la plus basse catégorie ce que la plupart d'entre nous appellent bonheur. Il a appelé cette catégorie le bonheur des plaisirs sensuels. Nous pourrions également dire le bonheur des conditions favorables ou le bonheur de l'attachement.
Tous les agréments passagers de la vie, provenant des gratifications sensuelles du plaisir physique et des satisfactions marérielles en font partie: bonheur de posséder des richesses de beaux vêtemenrs, une nouvelle automobile ou une agréable demeure; bonheur de voir de belles choses, d'écouter de belles musiques, de manger des mets savoureux, d 'avoir de plaisantes conversations; bonheur de peindre avec talent, de jouer du piano et toutes autres choses semblables; bonheur d'une vie familiale affectueuse.(...)
Un jour, le Bouddha a expliqué qu'en mûrrissant spirituellement, on en vient à comprendre qu'il y a plus dans la vie que le plaisir provenant des cinq sens. (...)
Le bonheur dans le monde dépasse néanmoins, les satisfactions sensuelles. Les joies de la lecture, d'un bon film, d'autres formes de stimulation mentale ou de divertissement en font partie. Il comprend aussi les saines joies de ce monde: aider les autres, pourvoir aux besoins d'une famille stable, élever des enfants, gagner honnêtement sa vie.
Pourquoi le Bouddha les rangeait-il alors dans la plus basse forme du bonheur? parce qu'ils dépendent de conditions favorables.. Bien que moins fugaces que les fugitifs plaisirs des sens, et potentiellement moins destructeurs à long terme, ils sont instables.(...)
Les Sources supérieures de Bonheur
L'une d'elles est le bonheur du renoncement, le bonheur spirituel venant de la recherche de ce qui est au-delà des plaisirs du monde. L'exemple classique est la joie qui naît de l'abandon de toutes préoccupations mondaines et de la recherche de la solitude dans un environnement paisible, pour se consacrer au développement de l'esprit. (...)
La générosité est une forme puissante de renoncement. Partager généreusement ce que nous possédons tout comme d'autres actes de même nature, nous rend heureux.Un sentiment de plaisir et de soulagement apparaît chaque fois que nous lâchons prise (...)
Supérieur au renoncement envers les choses matérielles est le bonheur de se libérer des irritants psychiques. Ce type de bonheur apparaît naturellement lorsque nous agissons mentalement pour lâcher rapidement la colère, le désir, l'attachement, la jalousie, l'orgueil, la confusion et les autres irritants psychiques, chaque fois qu'ils se manifestent.(...)
Supérieurs encore sont le plaisir et la félicité des différents niveaux de concentration profonde.
Dans ces états, aucune peine ne peut apparaître. Pourtant, aussi puissants et transcendants
soient-ils, ces états ont un grand inconvénient: le méditant est finalement obligé d'en sortir. Etant impermanents, même ces états de profonde concentration doivent prendre fin.
La plus haute source de Bonheur
Le bonheur le plus élevé est celui d'atteindre les différents niveaux d'illumination. À chaque stade, notre fardeau dans la vie s'allège, et nous ressentons un plus grand bonheur et une plus grande félicité.
L'illumination finale - la libération permanente de tous les états d'esprit négatifs - apporte une félicité ininterrompue et sublime.
Le Bouddha recommandait d'apprendre à laisser partir nos attachements aux formes inférieures de bonheur et de focaliser tous nos efforts sur la découverte de la plus haute forme possible: l'illumination.
Cependant, il exhortait également les gens à développer leur bonheur au maximum quel que soit le niveau où cela leur était possible.
À ceux d'entre nous qui ne peuvent voir au-delà des satisfactions fondées sur les plaisirs des sens, il apportait de sages conseils pour éviter les problèmes du monde et pour trouver un bonheur optimum, par exemple en cultivant les qualités qui conduisent au succès matériel ou à une vie familiale heureuse.(...)
À ceux qui sont intéressés par le but ultime de l'illumination complète, il enseignait comment atteindre ce but.
Mais quel que soit le type de bonheur que nous recherchons nous utilisons les huit marches du Chemin Octuple.(...)
samedi 12 juillet 2008
NIBBANA
Pour Rappel : J'ai déjà créé un message intitulé Nibbana (le 31 juillet 2007)
Ci après, de nouveaux extraits du livre d'Ajahn Sumédho, L'esprit et la Voie
Pour rappel :
Mes remarques sur ce livre : ICI
Tous les extraits de ce livre, publiés sur ce blog : LA
Ci je publie des courts extraits ce n'est certainement pas pour vous éviter de lire ce livre mais au contraire, pour vous donner envie de le lire dans son intégralité. C'est d'ailleurs la même chose pour tous les extraits de livre publiés sur ce blog.
* Pour trouver des extraits de livres, passer par la rubrique 7- "Extraits de livres" du plan détaillé.
NIBBANA
Nous employons le mot pali nibbana (en sanscrit nirvana). pour désigner le but de notre méditation, lequel consiste à réaliser le non-attachement.
En tant qu'êtres humains non éveillés, nous avons tendance à nous attacher aux choses par ignorance, parce que nous ne les comprenons pas correctement. Nous ne cessons de nous attacher à tout, de nous saisir de tout ; mais quand nous réalisons le non-attachement, nous faisons l'expérience du nibbana. On traduit parfois le mot nibbana par "extinction", ce qui lui donne une connotation plutôt rébarbative, un peu comme "annihilation". Mais il n est pas nécessaire que nous annihilions les choses, simplement que nous abandonnions notre attachement pour elles. (...)
... On ressent de la compassion de la joie, du bonheur et de la sérénité, pas à cause d 'une réussite ou d'un exploit personnel mais parce qu'il n'y a plus personne: on ne s'attache plus à son corps comme étant soi, on ne s'attache plus à ses opinions, à ses sentiments ou à quoi que ce soit - il ne reste que la non saisie.
Quand on réalise la non-saisie on fait véritablement l'expérience de la tranquillité, de la paix et de la felicité. Mais cette forme de bonheur ne ressemble pas au bonheur ordinaire des êtres humains ; pour la réaliser il faut entraîner l'esprit et le coeur.
La presence consciente basée sur la connaissance
Si vous apprenez à calmer le mental, vous commencez à ressentir une qualité de présence consciente qui est ferme, stable et continue. Elle est simpement basées sur la connaissance de ce qui est et la vigilance ,non sur des concepts, des idées, des opinions et des émotions qui ne font que passer. Vous commencez à réaliser que les choses sont ainsi.
Ce sentiment de connaissance correspond à ce que l'on décrit parfois comme un "êtreté", "ainséité", et il est basé dans l'instant présent, tel qu'il est maintenant. (...)
Quand le Bouddha a enseigné les Quatre Nobles Vérités, il enseignait aux êtres humains à ouvrir leur esprit. Il nous aidait à être conscients des fonctionnements de la nature, non au moyen de théories scientifiques ou psychologiques ni d'une vision philosophique mais grâce à une attention soutenue à ce qui est. (...)
Cette clarté d'observation, cette présence de l'esprit qui correspond à la réalisation du nibbana, n'est pas si éloignée qu'on pourrait le penser.
Elle n'est pas hors de portée. Si on part du principe que l'on ne peut pas y arriver alors, bien sûr, on va fonctionner avec cet a priori et on n y arrivera jamais. Mais le Bouddha a dit très clairement que ses enseignements s'adressent aux êtres humains, aux personnes qui assument leurs responsabilités morales, aux êtres intelligents (...)
Donc le nibbana n'est pas une espèce d 'état éthéré qui vient du ciel ou de l'espace ou encore que l'on atteint dans une autre vie. Le Bouddha a toujours montré les choses telles qu'elles sont dans l'instant présent (...)
Question: Comment décririez-vous l'Éveil ?
Réponse: Être éveillé, n'est rien d'autre que grandir, avoir de la maturité en tant qu'être humain. L'état parfait du kamma humain est l'Éveil. Cela signifie donc avoir mûri, être responsable et équilibré, être une personne morale et sage qui a cessé de chercher à être aimée. (...)
mercredi 9 juillet 2008
La Fin de la souffrance c'est la Fin de la souffrance que l'on créé par ignorance
Pour rappel : Mes remarques sur ce livre sont ICI
L'Expérience directe
Question: Quand vous parlez de la fin de la souffrance, parlez-vous aussi bien de la souffrance mentale que physique ?
Réponse d'Ajahn Sumedho :
La souffrance qui cesse est celle que l'on créé par ignorance. Quand l'ignorance disparaît et que l'on voit avec la Vue Juste, le corps continue à ressentir plaisir et douleur mais on n'en souffre plus. On accepte les choses comme elles sont.
Quand on ne connaît pas cette vérité, on crée de la souffrance. Si le corps est malade ou douloureux, on refuse ces sensations ; la peur, la colère ou la dépression s'ajoute à la maladie et à l'inconfort qu'elle occasionne. Cela, c'est la souffrance que nous créons. Ensuite, parce que nous avons tendance à y résister, nous créons les conditions pour que naissent encore plus de tensions.
Si vous méditez sur la douleur- disons que vous soyez assise et que vos iambes commencent à faire mal - et que vous vous concentrez vraiment sur la sensation que vous l'acceptez telle quelle est, vous n'en souffrez pas.
La souffrance arrive quand vous voulez vous débarrasser de la sensation douloureuse quand vous souhaitez qu'elle n'existe pas, quand vous voulez bouger. Cette souffrance-là est celle que nous produisons.
Alors, observez cela dans votre méditation : ou est le conflit ? Où est la souffrance ? Est-ce qu'avoir mal aux jambes est réellement une souffrance ou pas? Si vous vous concentrez sur la sensation, vous réalisez qu'elle n'est que ce qu'elle est- mais il y a cette réaction de rejet.
Et plus vous la rejetez, plus vous souffrez : "Je ne peux pas supporter cela, c'en est trop" , Vous vous mettez en colère.(...)
Pour vous concentrer sur la sensation physique, il faut commencer par l'accepter et non vous concentrer dessus pour vous en débarrasser. Cela ne marche pas,c 'est encore de l'aversion. Il faut l'accepter.
En fait, il faut l'accepter pour toujours. Quand vous l'acceptez complètement, la sensation elle-même est encore présente mais ce n'est qu'une simple sensation, on ne peut même pas dire qu'elle soit douloureuse. Elle est comme elle est.
Le sentiment qu'elle est absolument horrible et insupportable a disparu et, dès lors, les conditions qui entretiennent et augmentent la douleur - comme l'aversion, la colère et la haine - ont tendance à diminuer.
Remarques personnelles
Ce qui est vraiment bénéfique dans ce livre c'est que si vous avez déjà médité, vous avez nécessairement déjà ressenti ce qui est décrit, mais peut-être n'y avez vous pas assez porté attention.
Grâce à ces remarques faciles à comprendre on va pouvoir progresser dans notre méditation quotidienne, dans notre pratique quotidienne qui ne se limite pas à la méditation assise. On va faire plus attention à ce qui est.
Pour illustrer ce passage du livre, voici quelques extraits d'un message du 4 septembre 2007 (Savoir observer et accepter la douleur et les sensations désagréables). Dans ce message je reprenais ce que j'avais pu expérimenter durant une retraite intensive de 10 jours.
Si vous avez lu mon récit , ces expériences sont racontées dans des messages différents.
2e jour
...J'ai pu observer de manière très claire la peur et l'inquiétude qui accompagnent souvent les douleurs. La peur et l'inquiétude augmentent considérablement la sensation de douleur.
5e jour
.. Maintenant j’arrive à ACCUEILLIR de manière calme, les sensations désagréables (de toute manière ce serait peine perdue de vouloir les fuir ,) et le bruit qui me gênait au début fait partie de ma méditation.
Il m’arrive d’avoir une sensation de bonheur intense , de paix intérieure mais qui ne dure pas : tout est "impermament", je peux le voir par moi même.
.. Pour les douleurs liées à la position assise (donc douleurs dites "méditatives"), je commence à les observer de manière plus détachée : Certaines douleurs sont des « engourdissements », d’autres des « crampes » ou encore des « fourmillements ». Je fais bien la différence entre les différentes douleurs.
J'essaie de porter toute mon attention sur le centre de la douleur, d'observer son étendue, sa forme. Parfois j’observe de la chaleur, d’autres fois je peux observer clairement que la douleur augmente ou diminue. Mais je n'ai pas encore réussi à voir la douleur disparaître au moment où je l’observe et la note.
Toutefois, il m'est arrivé de réaliser que la douleur a changé de place et d'intensité, mais je n'ai pas encore réussi à observer le changement, au moment même où il se produit.
J'observe aussi mon état d'esprit par rapport à la douleur. La douleur peut provoquer de la peur, de l'angoisse ou de l'inquiétude. J’observe alors la douleur physique (objet physique) mais également mon état d’esprit. (objet mental). Et si en plus d’observer, je note, j’observe mon esprit qui note (objet mental). Il y a alors trois objets observés : la douleur, l’état d’esprit et l’esprit qui note.
Lorsqu'une douleur est observée de manière attentive, ce n'est plus qu'une douleur, qu'un objet physique à observer parmi d'autres. Mais, à partir du moment où l'observation cesse ou devient superficielle, la douleur reprend le dessus.
Parfois je réalise que mon observation est devenue superficielle et cela devient un nouvel objet à observer. Je m’observe entrain d’observer de manière trop superficielle. C’est incroyable le nombre d’objets que l’on peut observer lorsque l’on est attentif. Cette observation devient alors une véritable souffrance et vous réalisez, une fois de plus, que le bouddha a raison lorsqu’il dit que le corps est dukkha.
8, 9 et 10e jours
La douleur est devenue, au fil des jours, un objet très présent. Si les premiers jours, elle n’apparaissait que vers la fin, depuis quelques jours la douleur apparaît très peu de temps après le début de l’assise, parfois elle est même présente dès le début de l’assise.
La douleur n’a pas changé, c’est mon attitude à son encontre qui a changé. Au lieu d’en avoir peur, je la considère comme quelque chose de bénéfique car je sais que grâce à elle, je vais progresser dans la compréhension de sa vraie nature.
Je pense avoir commencé à observer que la douleur change non seulement d’intensité, mais de place, tout comme les démangeaisons.
Lors d’un entretien avec le Vénérable, j’ai expliqué que parfois, les démangeaisons changeaient si rapidement d’endroit, que je n’avais pas le temps d’observer l’envie de gratter et, effectivement, l’envie de gratter avait disparu, il ne restait que la démangeaison. Or, la démangeaison sans l’envie de gratter devient presque agréable, c’est l’envie de gratter qui est pénible, pas la démangeaison elle-même . J’avais alors l’impression que c’est le souffle du vent qui parcourait tout mon corps.
Avec la douleur c’est pareil, parfois il n’y a que la douleur, d’autrefois il y a la douleur plus l’envie qu’elle cesse (par exemple), ce qui fait deux objets à observer : un objet physique et un objet mental.
Quand la douleur est trop forte, j’expire mentalement au centre de la douleur : ainsi si la douleur est située dans le bas du dos, j’expire mentalement dans le bas du dos et j’observe cela sans faire de note mentale. Je ressens alors comme un souffle d’air froid à l’endroit exact où j’ai expiré mentalement, ce qui me permet de me relaxer, de me détendre pour mieux observer la douleur. C’est une technique empruntée à la relaxation, mais parfois il est utile d’arriver à se détendre, à se calmer pour être mieux à même d’observer les phénomènes.
Une autre attitude lorsque la douleur devient trop intense, je reviens à l’observation de l’abdomen.
Il m’est arrivé, au cours de ces derniers jours, d’observer la douleur comme si elle ne faisait plus partie de mon corps, c’est l’impression que j’avais lorsque je n’observais que la douleur physique sans la présence de la peur ou de l’envie que ça s’arrête.
Une fois de plus je ne trouve pas les mots pour décrire ce que j’ai observé à propos de la douleur.
Et puis chaque yogi ressent les choses différemment.
J’ai donc pu observer que la douleur varie d’intensité qu’elle n’est jamais constante, parfois on peut observer clairement ces changements d’autre fois moins. Lorsque la douleur change de place, c’est si rapide qu’on ne sait pas trop ce que l’on a vraiment expérimenté, c’est une impression étrange.
Kathy
dimanche 6 juillet 2008
La compréhension juste de la souffrance grâce aux enseignements et à la pratique

(...)
On peut croire que si on se débarrassait de tout ce qui nous rend malheureux on serait heureux, mais ce n'est pas le cas. La plupart des gens qui s'intéressent au bouddhisme de nos jours, sont plutôt des privilégiés, bien éduqués, ils ont eu des occasions de s'enrichir, de voyager etc. Mais malgré le confort, les plaisirs sensoriels et toutes les occasions offertes par la vie, ils sont encore dans l'insatisfaction.
Tant que nous ne reconnaissons pas le cycle de la naissance et de la mort, tant que nous ne nous comprenons pas, tant que nous sommes inattentifs et égoïste, nous souffrirons. Quand nous aurons assez souffert, nous nous poserons brusquement la question : "pourquoi est-ce que je souffre ?" C'est alors que nous nous éveillons.
Cette souffrance est là, elle fait partie de notre vécu. Nous n'essayons pas d'en faire porter la responsabilité à quelque chose d'extérieur. Elle n'est liée ni à un conjoint, ni à un parent, ni au gouvernement, ni au monde- Nous observons cette souffrance qui est là dans l'esprit, cette souffrance que nous créons nous-mêmes. (...)
- Lire des extraits de la préface de ce livre : ICI
vendredi 4 juillet 2008
Le Bouddhisme est une voie.

Si on considère qu'une religion est une croyance en une déité, le bouddhisme n'est en aucun cas une religion. Il n'a absolument rien à voir avec un être surnaturel quel qu'il soit.
chemin, c'est à vous de faire l'effort de le suivre."
La voie qui mène à la paix intérieure et à la liberté a été expliquée par le Bouddha dans ses discours. De nombreux enseignants disciples du Bouddha, ont suivi cette voie sainte. Certains la suivent encore, ce qui permet de guider les autres. Un enseignant expert et expérimenté est un bon compagnon pour ceux qui suivent ce chemin.
dimanche 29 juin 2008
Kilesas et Kamma
Dans le monde le danger vient des kilesas. (mot pali signifiant "impuretés") L'ignorance, l'avidité et l'attachement sont des kilesas.
Pris par l'ignorance, dominé par l'avidité, on produit du kamma dont on doit ensuite assumer les conséquences.
À cause d'activités kammiques passées, produites dans un monde d'expériences sensorielle, nous avons repris naissance sur cette planète, dans le corps et l'esprit qui sont actuellement les nôtres. Cela veut dire que notre vie actuelle est l'effet d'une cause antérieure. Ce corps et cet esprit vont à leur tour devenir des objets d'avidité et d'attachement.
L'avidité et l'attachement créent le kamma, les conditions pour une nouvelle naissance; cette nouvelle existence va elle-même de nouveau amener l'avidité et l'attachement aux corps et aux esprits.
Les kilesas, le kamma et les résultats sont les trois éléments d'un cercle vicieux. C 'est le cycle sans commencement du samsâra. Il serait sans fin également s'il n'y avait la méditation.
Pour que ce cycle existe, il faut avijjâ, l'ignorance sous ses deux aspects : On souffre de ne pas savoir, de ne pas voir clairement et on souffre à cause des illusions que cela entraîne.
Si nous n'avons pas encore atteint des niveaux profonds dans la méditation:
- nous ne percevons pas les véritables caractéristiques de la réalité: impermanence, souffrance et absence d'un soi.
- Nous ne voyons pas qu'il n'y a qu'un flux de phénomènes apparaissant et disparaissant à chaque instant.
- Nous sommes oppressés par ces apparitions et disparitions et cependant, cette immense souffrance ne nous apparaît pas comme telle.
- Nous ne voyons pas qu'il n'y a personne pour contrôler les processus à l'intérieur des phénomènes; il n'y a personne à la maison.
Si nous comprenions en profondeur ces trois caractéristiques de l'esprit et du corps, il n'y aurait plus ni avidité, ni attachement.
Pris par l'illusion, nous teintons alors la réalité de toutes sortes d'éléments faux.
- L'esprit et la matière sont incorrectement perçus comme permanents et solides. Nous croyons que c'est une chance de les posséder.
- Nous pensons qu'il y a un ego, un "je" qui sous-tend ces processus physiques et mentaux.
Ces deux types d'ignorance provoquant l'apparition de l'avidité et de l'attachement.
L'attachement, upadana, est une forme solidifiée de tanha, l'avidité. Désirant des sensations agréables, que ce soit des visions, des sons, des odeurs, des goûts, des sensations tactiles ou des pensées, nous recherchons les contacts. Lorsque nous obtenons ce que nous désirons, nous nous y attachons et refusons de nous en séparer. Ceci entraîne le Kamma, qui nous maintient prisonniers de la roue des renaissances.
- Lire d'autres extraits de ce livre sur ce blog : ICI
Il faut en fait comprendre que nous créons aujourd’hui notre kamma de demain. Il n’y a là ni fatalisme, ni résignation, mais l’opportunité de créer la sérénité des moments à venir
dimanche 20 avril 2008
Compassion et sagesse

Un nouvel extrait du livre de Jack Kornfield "Dharma Vivant"
La base de l’enseignement du Bouddha peut se résumer en deux mots : compassion et sagesse.
Dans son aspect passif, la sagesse est cette vision intérieure qui pénètre la nature de l’existence et l’équilibre de l’esprit qu’apporte cette illumination. Compassion et tendresse sont les aspects actifs de la sagesse, l’expression d’une compréhension profonde du Dharma, des lois de la nature.
Les pratiques de méditation décrites dans ce livre mettent l’accent sur le développement de la vision intérieure, d’où émergera naturellement la compassion.
La plupart des maîtres axent leur enseignement sur la compréhension des caractéristiques du processus corps-esprit, sachant que l’expérimentation directe de l’impermanence, du déplaisir et du vide aura pour fruit l’amour et la compassion.
Lorsque l’on comprend et que l’on perçoit la souffrance dans sa propre vie, on a envie d’aider les autres êtres qui souffrent eux aussi. Le sentiment de libération qui naît alors de la révélation de la vacuité du monde donne l’envie de partager cette lumière et cet amour avec les autres.
L’amour universel se nourrit de l’absence totale d’égoïsme, et toute la pratique bouddhiste tend à l’éradication de la convoitise, de la haine et de l’erreur, qui sont les racines de l’égoïsme. La culture de l’attention, centrale au développement de la vision intérieure, revient à cultiver la tendresse et la tolérance puisqu’elle nous amène à laisser les choses exister telles qu’elles sont. Y voir clair sans juger, sans réagir, sans égoïsme, tel est le champ de la sagesse et de l’amour.
Les enseignements décrits dans ce livre parlent surtout du développement de la vision intérieure, mais la tradition bouddhiste nous parle de la méditation axée sur la vision intérieure et la tendresse comme de pratiques complémentaires.
Certains maîtres travaillent davantage sur la vision intérieure, d’autres sur la tendresse. Il peut s’avérer très utile de commencer par choisir des pensées et des états d’esprit de tendresse comme objets de méditation quotidienne.
Le chemin de la sagesse, s’il n’est pas équilibré par la compassion, peut devenir analytique et desséchant, et l’amour cultivé sans la sagesse peut être superficiel ou source d’erreur.
Les chemins de la vision intérieure et de la sagesse peuvent sembler séparés, mais on doit les réunir si l’on veut que la pratique soit complète. La compréhension juste était la base de la pratique du Bouddha, et il nous a enseigné tout ce qui venait par la suite : atteindre la libération pour le bien de tous les êtres. Tout ce qui peut aider à mettre fin à l’égoïsme : charité, bonnes actions, méditation sur la tendresse (toutes choses enseignées dans les temples bouddhistes) ou encore la voie de la libération menant à la plus grande sagesse, tout cela appartient de la voie du Bouddha.
Au fur et à mesure que nous progressons, nous comprenons qu’il n’est pas envisageable de ne pas libérer tous les êtres, car s’il en était ainsi, nous continuerions de vivre dans l’illusion d’un soi distinct des autres. Quand nous sommes parvenus à comprendre l’absence de dualité et le vide, la sagesse nous ramène à l’amour et à l’expression la plus lucide de la compassion.
Source : Jack Kornfield : Dharma Vivant p 40
LIRE d'autres extraits de ce livre (sur ce blog) :
- Pratiquer en fonction de sa personnalité = Questions et réponses avec Ajhan Juminien
Sur la Sagesse lire aussi sur ce blog:
vendredi 18 avril 2008
La Voie du non-attachement : Le Désir, cause de notre inaptitude au "comportent juste"

Remarques préalables :
Voici de nouveaux extraits de ce livre remarquable "La Voie du Non Attachement- pratique de la méditation profonde" du Vénérable Dhiravamsa.
Comme pour les autres passages du livre déjà publiés sur ce blog, je les ai scanné sur un livre acheté d'occasion car, à ce jour, il n'a malheureusement toujours pas été réédité.
Les titres séparant les paragraphes n'existent pas dans le livre.
Chapitre 14 : Le fleuve de la vie (extraits)
N'attendez pas de la vie que des bonnes choses, acceptez aussi ses côtes déplaisants.
Il n'y a pas de mystères: on ne vit pleinement sa vie que quand on consent à la vivre en tant que totalité (...)
La vie dans la dualité, le Bouddha l'a résumé en ce mot, dukkha qui représente le cercle des souffrances et des plaisirs, du bonheur et de la tristesse des aspects négatifs et positifs, constructifs et destructifs. La vie comprend tout cela.
Il ne faut pas, ayant des difficultés, imaginer que l'infortune vous a placé dans la vie, considérer celles-ci avec un esprit obtus, comme de vous dire "c'est mon karma " sans chercher leur vraie cause.
Cela ne ferait que renforcer le prétendu karma, soyez prêt à affronter pareillement toute expérience, désirable ou indésirable, sans quoi vous n'atteindrez jamais "l'autre rive".
Utilisez chaque situation de la vie comme instruments d'apprentissage
Quand un problème se lève en votre esprit, voyez en lui une occasion heureuse de développer votre vie intérieure. Utilisez chaque situation et chaque circonstance de la vie comme instruments d'apprentissage (...)
Parfois on est heureux ou enthousiaste d'autres fois triste ou en colère. Tous ces changements renferment une base commune. La découverte de celle-ci est ce qui stabilise l'esprit. (...)
Lorsqu'on ne comprend pas la nature des changements on devient leur esclave et, partant, celui de la souffrance.(..)
Nous devons découvrir la cause de notre inaptitude au comportement juste..
La cause première de nos difficultés, de notre inaptitude au comportement juste, il nous faut la découvrir.
Peut-être savez-vous intellectuellement que c'est le désir, produit de l'ignorance, qui est la source de tous nos maux. Seulement de vous en libérer est une autre question.
Le désir est une énergie indispensable à la vie mais il y a deux manières de l'utiliser
Nous savons que sans le désir la vie n'est pas possible, que le désir est une énergie indispensable à son mouvement ascendant et descendant. Seulement quand on l'examine, on s'aperçoit qu'il y a deux manières de l'utiliser :
Quand on dirige son énergie vers un but juste, il est une aide. De même, quand on ne l'emploie pas pour des buts extrêmes, mais pour la compréhension de ce que nous faisons et voulons.
Le désir n'est donc pas forcément mauvais; il ne le devient que quand on concentre son énergie à des activités plaisant au moi et qui nous plongent dans la confusion.
Mal utilisée, l'énergie est dangereuse. Mais, si nous prenons soin de ne la réveiller et de la nourrir qu'à bon escient, elle nous accompagnera dans notre quête des profondeurs de l'être, des régions du non-verbal.
Les autres extraits de ce livre, La voie du Non attachement, publiés sur ce blog :
lundi 10 mars 2008
Plaisir et souffrance

J'ai déjà publié dans ce blog, des extraits du livre du Vénérable Dhiravamsa "La Voie du Non Attachement " : ICI
En voici d'autres, que j'ai scanné sur un livre acheté d'occasion car à ce jour ce livre n'a pas été réédité. Par ailleurs, comme d'habitude, j'ai ajouté des titres (qui ne sont pas dans le livre)
Extraits du chapitre 7 intitulé : Plaisir et souffrance
Notre vie s'écoule invariablement dans l'alternance plaisir-souffrance
Notre vie s'écoule invariablement dans l'alternance plaisir-souffrance, même si, en apparence, elle est différente pour chacun de nous. Notre tache est donc de comprendre comment vivre dans l'équanimité et pour cela, apprendre à tirer les leçons de notre vécu.
(...) selon le bouddhisme, il nous faut considérer et observer la vie dans ses aspects contraires. Car, en ne voulant en voir qu'un pôle, nous tombons dans le piège des extrêmes et de l'aveuglement.
Dans ses manifestations, la vie est tant bienfaisante que néfaste, bonne ou mauvaise.
La compréhension de cette loi est ce qui établit en nous harmonie et équilibre. Sans elle, nous oscillons entre l'attraction,l'aversion et l'ennui (...)
Quel est le sens profond de la vie ?
Il n'est pas dans le particulier fixé par la pensée, mais dans l'équilibre et dans la plénitude,
dans le fait de la voir et de la comprendre t'elle qu'elle est réellement.
La vie vécue à travers les idées et les connaissances n'est qu'abstraction
(...) Nombre d'entre vous se demandent peut-être par où ils doivent commencer leur investigation de la vie. De là, bien sûr, où ils sont. Ne cherchez pas le ciel alors que vous ne comprenez pas la vie terrestre.
La souffrance existe-t'elle en soi, c'est à-dire indépendamment des sens?
Nous souffrons, cela est un fait Mais, qu'est ce la souffrance ? Existe-t'elle en soi, c'est à-dire indépendamment des sens? La sensation désagréable nous la nommons souffrance.
Supposons qu'après être restés assis un certain temps sans bouger, vous sentiez une douleur dans le corps. La douleur n'est au départ que sensation. Si maintenant vous l'observez, vous vous surprenez peut-être entrain d'y réagir. C'est la réaction, le sentiment qui donne à la sensation son aspect pénible. Dans ce cas, observez votre réaction t'elle qu'elle est et vous la verrez s'atténuer à mesure ainsi que la sensation pénible. (...)
- Lire sur ce blog : Ressentir la douleur et la colère
Conformément à la loi de causalité, des effets et des causes on ne peut échapper à la souffrance tant que sa racine est en nous
La douleur n'est qu'un symptôme. Conformément à la loi de causalité, des effets et des causes on ne peut échapper à la souffrance tant que sa racine est en nous, tant qu'elle agit à travers notre activité physique ou psychique, consciemment ou inconsciemment.
Qu'est ce que cette racine? Peut-être croyez vous qu'elle est dans les gens, les circonstances ou les choses, en un mot dans le monde extérieur. En fait, les situations de la vie, n'expliquent pas à elles seules la souffrance.
Deux personnes peuvent vivre le même évènement déplaisant et l'effet produit sur l'une et l'autre être différent. L'une garder sa sérénité, parce qu'elle sait observer son espace intérieur, c'est-à-dire comprendre ses réactions et les conditions qui se jouent en elle. L'autre être aveugle, et par conséquent réagir par la souffrance (...)
La cause première de la souffrance réside dans les conditions intérieures
Nous avons là une preuve comme quoi la nature de l'expérience n'est que la condition apparente de la souffrance et que sa cause première réside en fait dans les conditions intérieures. Quelles sont-elles ? Il appartient à chacun de trouver par lui même non pas intellectuellement mais par le regard intérieur (...)
- A SUIVRE....
lundi 25 février 2008
Pratiquer en fonction de sa personnalité

Questions et réponses avec Ajhan Juminien - Extraits de "Dharma vivant" de Jack Kornfield
Présentation : Ajahn ( ou Achaan = enseignant) Juminien a commencé la pratique de la méditation à l'âge de 6 ans. Il a été ordonné moine dans la lignée du Bouddhisme Théravada à 20 ans. Il a enseigné en Thaïlande au monastère Wat Sukontawas.
Il fait appel à plusieurs méthodes de pratique et enseigne à ses élèves en fonction de leurs besoins et de leur personnalité ou de leur attachement antérieur.
Mais quelque soit la pratique, il ramène toujours son élève à la pratique de la vision intérieure.
Question : Vous dites qu’il y a de nombreuses manières efficaces de pratiquer. Que penser des maîtres qui affirment que leur méthode est la seule conforme à la voie du Bouddha, et que les autres pratiques ne conduisent pas à l’éveil ?
Réponse : L’ensemble de la pratique bouddhiste peut se résumer en une phrase : Ne t’attache à rien.
Il arrive que des gens, même très sages, s’attachent encore à la méthode qui leur a permis de progresser. Ils ne se sont pas encore totalement détachés de leur méthode, ou de leur maître.
Ils n’ont pas compris ce qu’il y a de commun à toutes nos pratiques. Ce ne sont pas pour autant de mauvais maîtres. Il faut s’efforcer de ne pas les juger et de ne pas idéaliser l’image du maître.
La sagesse n’est pas quelque chose à quoi on puisse s’accrocher, et elle ne peut émerger qu’en l’absence d’attachements.
Pour moi, j’ai eu de la chance. J’ai eu l’occasion de pratiquer avec plusieurs maîtres avant de commencer à enseigner.
De nombreuses pratiques sont efficaces. Ce qui importe est de mettre toute votre confiance et toute votre énergie dans la pratique. Vous jugerez vous-même alors des résultats.
Question : Faites-vous généralement commencer vos élèves par la méditation sur la vision intérieure ou par des exercices de concentration ?
Réponse : La plupart du temps, ils commencent par la pratique de la vision intérieure. Mais parfois, je commence par un exercice de concentration (jhana), notamment s’ils ont déjà pratiqué la méditation ou si leur esprit se concentre facilement.
Mais de toute façon, chacun doit tôt ou tard revenir à la pratique de la vision intérieure.
Il y a, dans les Ecritures en pâli, un discours dans lequel Bouddha, discutant avec des visiteurs laïcs, aborde ce sujet. Il montre plusieurs groupes de moines assis dans le bois autour de lui :
« Voyez comment les moines qui sont attirés par une grande sagesse sont assis autour de Sariputtra, le plus sage de mes disciples. Ceux qui cherchent à acquérir des pouvoirs sont réunis autour de mon grand disciple Maha Moggallana. Et ceux qui sont attirés par la discipline monastique sont regroupés autour d’Upali, le maître du Vinaya, tandis que ceux chez qui prédominent les tendances jhaniques sont… »
Nous voyons donc bien que depuis l’époque du Bouddha, les maîtres ont toujours permis à leur disciples de choisir leur pratique de méditation en fonction de leurs prédispositions.
Question : Pouvez-vous nous donner encore quelques conseils pour orienter notre pratique ?
Réponse : Votre pratique doit être orientée à l’opposé de vos écueils et de vos attachements.
Si vous cherchez sincèrement, vous les identifierez facilement.
Ainsi, si votre tempérament vous pousse à l’indifférence, vous devrez cultiver la tendresse.
Si le désir sexuel est pour vous un problème, vous axerez votre contemplation sur les aspects repoussants du corps jusqu’à ce que vous soyez capable de voir clairement sa vraie nature, et serez débarrassé de vos désirs.
Si vous êtes ignorant et troublé, cultivez l’introspection et la sensibilité en fonction de votre expérience, et soyez disposé à surmonter cette tendance.
Mais votre pratique doit être dévote et sincère, vous devez être mené par un désir incessant de connaître la vérité. Sinon, votre pratique stagnera et deviendra un simple rituel. Petit à petit, d’un moment à l’autre, vous devez suivre votre voie avec constance. Pratiquez sans crainte dans le sens de vos attachements, et cela jusqu’à la délivrance. C’est tout.
Question : Est-il utile de méditer sur la pensée, d’utiliser la pensée dans la méditation ?
Réponse : Lorsque nous commençons à pratiquer, nous commençons à entrevoir la nature de notre processus normal de pensée. Un flux sans fin d’idées, d’imaginations, de regrets, de projets, de jugements, de craintes, de désirs, de commentaires, de soucis…
Il peut être utile, en particulier au début de la méditation, de travailler avec la pensée, d’orienter l’esprit pensant vers notre pratique. Cela signifie que l’on cultive des pensées ayant trait au Dharma, comme la réflexion sur les quatre éléments.
Contemplez la manière dont tout ce que nous savons change de forme, le fait que notre monde n’est qu’un mouvement perpétuel d’éléments.
Nous pouvons aussi axer notre pensée sur la contemplation des trois caractéristiques dans toutes les situations de la vie quotidienne.
Nous pouvons penser à la vie et à la mort imminente pour comprendre notre expérience dans les termes du Dharma.
Tout cela revient à cultiver la compréhension juste.
A partir des livres et des enseignements, nous passons à notre propre pensée maîtrisée, et enfin à la méditation pour comprendre en profondeur et en silence notre propre esprit.
Question : Parler du Dharma présente-t-il un intérêt pour la pratique ?
Réponse : La sagesse peut sans nul doute venir à un esprit concentré et silencieux qui écoute dire le Dharma par des personnes sages.
Si vous devez absolument parler, la discussion sur le Dharma est certainement le meilleur thème à choisir. Mais la parole contribue parfois à la confusion. Ce n’est que dans un cœur silencieux que nous pouvons entendre le Dharma de manière spontanée et véridique, au fond de nous-mêmes et dans les paroles de ceux qui ont déjà atteint la connaissance.
Pour la plupart des gens, l’esprit est déjà beaucoup trop empli de mots et de pensées et la meilleure pratique consiste à cultiver la concentration et le silence.
Question : La vertu et la morale jouent-elles un rôle déterminant dans votre pratique ?
Réponse : Oui. Il y a trois grands niveaux de vertu.
-Le premier consiste à éviter les actes maladroits, à respecter les préceptes de bases.
- Le deuxième est la vertu consistant à maîtriser les six sens (y compris l’esprit), qui doivent être orientés sur la pratique et non sur les désirs.
- Le troisième niveau correspond à la véritable vertu intérieure, par-delà les règles et les préceptes – la vertu d’un esprit silencieux et purifié. La sagesse apparaît alors en conjonction avec les six sens et chaque moment de l’être devient conscient, par-delà l’égoïsme.
Nous devons tous commencer par pratiquer les deux premiers niveaux de la vertu, pour atteindre enfin la vertu intérieure. Elle naîtra de l’harmonie entre le corps et l’esprit, de l’abandon des désirs et de la compréhension profonde de la vacuité du monde.
Source : Dharma vivant » de Jack Kornfield
Remarque : Contrairement aux autres extraits de livre de ce blog, je n'ai pas eu besoin de le scanner, car déjà publié par Dhammapiti
- LIRE d'autres extraits de livres de Jack Kornfield ( dharma vivant mais aussi Périls et Promesses de la Vie Spirituelle: ICI
vendredi 15 février 2008
Méditation guidée sur la Compassion (Karuna) et l'Amour Bienveillant (Metta)

Pensez à vous-mêmes. Vous vous souvenez peut-être de quelques-unes de vos difficultés, quelques-uns des conditionnements douloureux que vous avez intensément perçus (...)
A cause d'eux, vous avez peut-être eu du mal à rester stable. Et ils vous causent peut-être encore des difficultés, une certaine confusion, des doutes, de l'aversion envers vous-mêmes ou envers les autres.
Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à votre égard, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait de trouver la paix de l'esprit.
Faites que je puisse lâcher-prise, abandonner la colère, la peur, l'inquiétude et l'ignorance. Puissé-je aussi avoir la Patience, la Sagesse et la détermination pour affronter et surmonter les difficultés, les problèmes et les défis de la vie. Faites que je puisse trouver la Paix de l'esprit.
Maintenant imaginez, en face de vous, vos Parents ou un certain membre de votre famille.
Essayez de comprendre quelques-unes des difficultés qu'ils ont pu rencontrer ou qu'ils connaissent encore. Peut-être la confusion, le manque de sérénité, la peur de vieillir
Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à l'égard de vos parents ou de ce membre de votre famille, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la paix de l'esprit.
Puissent-ils apprendre à lâcher-prise, à abandonner la colère, la peur, l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils aussi avoir la patience, la sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés, les problèmes et les défis de la vie. Puissent-ils trouver la Paix de l'esprit.
Maintenant, pensez à d'autres méditants, (..) souvenez-vous peut-être de leurs visages. Ces méditants qui ont fait tout ce qu'ils ont pu, comme vous, pour être attentifs au moment présent. Essayez de vous identifier à quelques-unes de leurs difficultés.
Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à l'égard de ces méditants, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la Paix de l'esprit.
Puissent les autres méditants apprendre à lâcher-prise, à abandonner la colère, la peur l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils aussi avoir la Patience, la Sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés, les problèmes et les défis de la vie. Puissent les autres méditants trouver la Paix de l'esprit.
Continuez à élargir votre vision et vos pensées à tous les gens de l'île (votre région) ceux qui ne sont pas encore libérés des problèmes, qui sont encore sous le pouvoir de leur conditionnement négatif, qui se trompent encore.
Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à leur égard, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la paix de l'esprit.
Puissent tous les habitants de l'île (ma région) apprendre à lâcher-prise, à abandonner la colère, la peur l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils avoir la Patience, la Sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés,les problèmes et les défis de la vie. Puissent tous les habitants de cette île (remplacer île par le nom de votre région) trouver la Paix de l'esprit.
Étendez à présent votre vision et vos pensées à tous les habitants de Thaïlande, (remplacer thailande par votre pays ou le pays où vous vous trouvez en ce moment), jeunes, vieux, hommes, femmes, riches ou enfants, se levant, vivant leur vie de chaque jour, allant se coucher, et tous désirant être heureux et ne pas souffrir, mais se trouvant encore prisonniers de leurs problèmes.
Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à leur égard, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la paix de l'esprit.
Puissent tous les habitants de Thaïlande (remplacer par le nom de votre pays ou celui où vous vous trouvez) apprendre à lâcher-prise, à abandonner la colère, la peur l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils avoir la Patience, la Sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés,les problèmes et les défis de la vie. Puissent tous les habitants de cette île (remplacer par le nom de votre pays) trouver la Paix de l'esprit.
(...)
Continuez à élargir votre vision et vos pensées à plusieurs pays du Monde qui sont en guerre, Un pays où sévit la famine, où l'on se bat, où l'on tue, on mutile et on détruit. Parce qu'on agresse d'autres gens ou parce qu'on est agressé.
Essayez de ressentir la douleur de ces gens, des agresseurs et des victimes. Chaque jour ils se réveillent dans la douleur, la peur, la ruine et le désarroi.
Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à leur égard, suivie par le souhait de l'Amour Bienveillant, le souhait qu'ils trouvent la paix de l'esprit.
Puissent ceux qui dans le monde vivent dans des pays déchirés par la guerre être libérés du désir ou du besoin de se battre. Puissent- ils voir que nous sommes tous parents par la naissance, la vieillesse et la mort. Puissent-ils un jour lâcher-prise, abandonner la haine, la peur, l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils aussi avoir la patience, la sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés, les problèmes et les défis de la vie. Puissent-ils trouver la paix de l'esprit.
Continuez à élargir votre vision ou vos pensées jusqu'à ce qu'elles incluent le monde entier.
Essayez d'imaginer devant vous une partie de l'immense multitude des êtres vivants. Des gens de toutes races, de tous âges. Des animaux, des insectes, petits et grands, vivant sur la terre, dans la mer et dans les airs. Naissant, vivant. La plupart se battant pour survivre. Certains opprimés et tués par les autres. Tous voulant vivre et ne pas souffrir.
Laissez l'énergie bienveillante et spacieuse de la Compassion se manifester à l'égard de tous ces êtres vivants.
Essayez de briser quelques-unes des barrières que nous avons créées entre eux et nous.
Puis faites le vœu de l'Amour Bienveillant, le vœu que tous les êtres soient libérés de Dukkha (souffrance) et trouvent la paix de l'esprit.
Puissent tous les êtres vivants êtres capables de lâcher-prise, d'bandonner la colère, la peur l'inquiétude et l'ignorance. Puissent-ils toujours se sentir bien. Puissent-ils aussi avoir la Patience, la Sagesse et la détermination d'affronter et de surmonter les difficultés,les problèmes et les défis de la vie. Puissent tous les êtres vivants trouver la Paix de l'esprit.
Source : J'ai "scanné" quelques Extraits du livre de Rosemary et Steve Weissman : "Compréhension-Compassion- Méditation Vipassana: l'enseignement de dix journées de retraite"
Remarque : Les mots (en bleu et entre parenthèse, ne sont pas dans le texte original)
- Lire d'autres extraits de ce livre sur ce blog : ICI
