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jeudi 3 juillet 2008

Retraite Intensive



Lancelot  du blog "Bouddhisme et méditation" est de retour d'une retraite intensive de 3 semaines. 

Chaque année, ( sur son blog : depuis 2005) il fait une retraite en Belgique au Centre Dhammaramsi, sous la direction du Venerable Sayadaw U Panathami (le moine qui a dirigé ma retraite intensive l'année dernière à Montbéon, au Centre Sakyamuni )

Pour ceux qui n'ont pas lu la présentation de ma retraite de juin 2007, Le vénérable Sayadaw U Panditabhivamsa dirige habituellement un centre de méditation à Sydney

Cette retraite est organisée notamment par Marie Cécile que je salue au passage, du centre Dhamma Group de Bruxelles

Laurent raconte de manière succincte mais efficace son ressentit durant cette retraite:

Ci après un extrait de son récit : 




"Meditation Vipassana 2008: huitieme jour de retraite:
Chaque tour de piste comme chaque session de méditation assise est comme un voyage vers une destination inconnue, auquel le résultat n'est pas connu d'avance.

Comme un avion dans sa montée traverse une zone de turbulence avant d'atteindre la haute sphère plus calme, le méditant peut tomber dans les soubresauts des torpeurs comme dans les flots d'envahissement successifs et sans fin des pensées vagabondes. Nul ne peut prévoir d'avance l'arrivée soudaine d'un horizon serein où l'on peut se baigner dans un état de béatitude magique qu'aucun mot ne peut décrire" 



  • Pour visiter son blog c'est par ICI

lundi 9 juillet 2007

Retraite vipassanà, présentation




J'ai essayé de raconter, le plus sincèrement possible, ce que j'ai pu expérimenter au cours d'une retraite intensive. Au cours d'une telle retraite, Nous pratiquons suivant les instructions du Bouddha, dans le Satipattàna sutta.


Remarques préalables:

1- Faire le récit de sa retraite, c'est finalement une bonne manière de faire le point, avec du recul, sur ce que l'on a expérimenté.
Mais c'est aussi une bonne manière, hélas, d'alimenter son "égo"...
Cette expérience unique est ressentie et vécue de manière différente en fonction des personnes.

2- Malgré mon hernie discale lombaire ( opérée en 1999) et mon hernie discale cervicale, j'ai pu pratiquer comme les autres.
Et même, depuis que je pratique,
les douleurs liées à mon hernie discale cervicale ont complètement disparu, de telle sorte que l'opération qui était prévue, a été annulée.

3-Toute "méthode", que ce soit la méthode "Mahasi" ou une autre, peu importe; si elle n'est pas accompagnée de saddha (la foi) , sila (la moralité : respect des préceptes) et de la compréhension du dhamma, n'est qu'une "méthode" qui ne conduit à rien, en tout cas certainement pas au "bouddhisme".

- Dans le Bouddhisme Theravada classique (et plus largement dans toute la pratique bouddhiste classique), la pratique de satipatthana ( plus exact que de dire "la pratique de vipassana"), pour devenir samma-sati, l’attention juste, doit se dérouler dans le contexte des Quatre Nobles Vérités, c'est-à-dire qu’elle doit être précédée et guidée par la vue juste, et motivée par les intentions justes, sans même mentionner qu’elle doit être associée avec les trois facteurs éthiques de la Voie.

C'est pour ces raisons que j'ai choisi une retraite dirigée par un moine; l'enseignement du dhamma et la prise de refuge quotidienne, font partie intégrante de notre pratique.

Si vous effectuez une retraite avec une personne laïque, si celle ci n'est pas reliée à un
sangha monastique, il n'y aura pas de prise de refuge.

4- Retraite "intensive" ,ne veut en aucun cas dire pratique "rapide" ou "miraculeuse" : Il n'y a rien de miraculeux dans le Bouddhisme : il y a de la compassion, de la bienveillance, de la sagesse, mais pas de miracle...
Ce serait une erreur de penser que seule une seule pratique permet d'avancer sur le chemin. Il existe d'autres formes de Retraite et ce qui compte c'est la Foi, la confiance.

Chacun choisi sa "voie", son "chemin", sa "méthode" ou sa "manière" de pratiquer le dhamma. Aucun chemin n'est plus rapide qu'un autre, mais chaque personne étant différente, certains chemins sont mieux adaptés à notre personnalité. Mais ils conduisent tous au même endroit, même si ils sont différents.

Marcher sur le chemin prend du temps, des années et souvent une seule vie ne suffit pas, alors 10 jours, c'est une goutte d'eau.
Pourtant,
se mettre temporairement à l'écart en faisant une retraite, (peu importe le type de retraite) permet ensuite de mieux pratiquer le dhamma dans la vie de tous les jours, de mieux intégrer la pratique dans les situations de la vie quotidienne.

5 : (cette remarque n° 5 a été ajouté le 14/01/08)  Aujourd'hui, je ne fais plus aucune note mentale durant la méditation assise ou en marche, à moins que je ne sois agitée, dans ce cas la note mentale me permet de me recentrer 
 Lire : Méditation et transformation : ICI


Présentation de la retraite

Cette retraite vipassanà ou entraînement à Satipatthana, a eu lieu du 7 au 17 juin 2007, au centre de méditation SAKYAMUNI, situé à MONTBÈON, sous la direction de Sayadaw U Pannathami, moine Birman.

Biographie de Sayadaw U Pannathami (en pali: Pañña Sámi) : Il été l’élève de Sayadaw U Pandita depuis son noviciat.
Il fut le premier à être envoyé à l’étranger pour y enseigner la méditation : d’abord deux ans au Sri Lanka, puis en Malaisie et en Angleterre pendant dix ans. Il fut ensuite choisi pour diriger le centre de méditation “ Blue Montain” qui venait d’être créé à l’initiative des élèves australiens de Sayadaw U Pandita, à l’ouest de Sydney.
Sayadaw U Pannathami passa ensuite deux ans à Singapour pour revenir en Australie où il dirige le centre Panditarama de Sydney fondé en 2000.

Le site du centre Panditarama de Sydney = VOIR

Sayadaw U Pannathami enseigne la méditation aux Occidentaux depuis plus de vingt ans, ce qui est très rare pour un moine birman.

Lors d’une retraite intensive de 10 jours, on doit respecter le Noble silence (ne pas parler, hormis durant les entretiens avec le Moine) et avoir son regard dirigé vers le bas, afin de rester attentif (si on regarde de tous côtés, on ne peut absolument pas rester concentré)
La vraie pratique n'est pas limitée aux périodes de méditation formelle ( méditation assise et en marche) mais concerne toutes les activités de la journée. On se comporte comme un invalide: Ralentir physiquement nous aide à rester concentré et à observer ce qui se passe dans le corps et dans l'esprit.
"un véritable yogí en vipassaná est comme un vieillard en convalescence."

A propos du Noble Silence:

"La pratique du silence fait partie intégrante d'une session vipassanà ; c'est même un élément essentiel. C'est par le silence, "extérieur" et "intérieur", qu'on parvient à une plus grande clarté de l'esprit. Rompre le silence peut constituer un manque de respect à l'égard de celui ou de celle à qui on s'adresse. La parole est bien sûre autorisée pour poser une question et lors d'un entretien individuel avec le moine.
Les retraites ne sont pas conçues pour nouer des liens sociaux. Toutefois, les personnes régulières finissent par se connaître et on peut parler le dernier jour de la retraite, pendant les pauses. Mais La parole n'est pas le seul moyen de communiquer : beaucoup de "choses" passent entre les participants par un autre canal que la parole."

  • Ce qu'un yogi doit faire et ne pas faire : Lire LA

C'est la méthode « MAHASI »(nom du moine qui a popularisé cette méthode) qui est enseignée par le Vénérable U PANNATHAMMI:

  • La Biographie de Mahasi Sayadaw ICI
  • La méthode Mahásí du développement de vipassaná : Lire LA


Programme journalier de cette retraite

4h Méditation en Marche
5h Méditation assise
6h Chants Pali
6h15 Petit déjeuner
7h Méditation en Marche
8h Méditation Assise
9h Méditation en marche et entrevue avec le Vénérable U Pannathami.
10h Méditation assise
11h15 Repas
13h Méditation en marche
14h Méditation assise
15h Méditation en marche (et entrevue avec le Vénérable pour ceux qui ne sont pas passés le matin)
16h Méditation assise
17h Pause thé
17h15 Méditation en marche
18h Dhamma talk (enseignements donnés par U Pannathami) et chants Pali
19h30 Méditation en marche
20H30 Méditation Assise
21H30 Repos



Les photos : elles ont été prises au centre, le dernier jour, par une des nonnes.





A propos de la faim :

Q : Pourquoi doit-on s'abstenir de repas le soir, pendant une retraite méditative ?

Réponse du moine Dhamma Sami: Comment faire une bonne retraite en mangeant trois fois par jour ? Cela briserait le rythme. Même si l'on n'est pas tenu d'aller soi-même acheter les provisions, de les préparer, de les cuisiner, de faire la vaisselle..., il faut tout de même se disperser dans la vision des aliments, la préparation des bouchées, mâcher, manger, ingérer, se brosser les dents, subir la digestion, aller aux toilettes, etc. Lorsque l'estomac est lourd, l'esprit également.

Dans la méditation, un repas est un obstacle bien plus grand que la faim. La faim est une simple sensation (aussi forte soit-elle) qui s'observe au même titre qu'une démangeaison ou qu'une douleur. Tant que l'on mange normalement avant midi, il n'y a pas d'inquiétude à avoir. La sensation de (soi-disant) faim est simplement dûe à une habitude qui soudainement n'est plus comblée. C'est plus un manque psychologique qu'une véritable faim.

Moins l'estomac est sollicité, plus la concentration se développe aisément.

L'abstention d'alimentation solide après midi est une excellente habitude qui se prend rapidement. Il ne faut pas hésiter à se mettre d'un seul coup dans le bain. Si on a peur, on risque de s'inventer la difficulté d'y parvenir. Pendant une retraite, on ne se soucie que d'une seule chose : observer tout ce qui se passe, tel que ça se passe (dans le cas de vipassaná) ou fixer son objet de méditation (dans le cas de samatha). Oublions tout le reste et faisons confiance au dhamma !

N'oublions pas, qu'en accord avec le 6e précepte, certains aliments énergétiques sont autorisés en cas de besoin, tels que le miel, la melasse, le beurre, le sucre, certains bonbons, le jus de fruits (sans pulpe), les infusions..."


Une retraite intensive vipassanà est une expérience exceptionnelle et difficile en même temps, surtout les trois premiers jours, ensuite, on expérimente vraiment l'apparition et la disparition des phénomènes.

Depuis mon retour de retraite, j'essaie, en plus des deux heures de pratique quotidienne, de faire une journée entière de méditation par semaine, dans les mêmes conditions que durant la retraite : se lever à 4h et alterner les heures de méditation assise avec la méditation en marche.


Voici une définition de
Vipassanà, par le Vénérable Dhamma Sàmi :
Vipassaná n'est pas une pratique en soi. C'est simplement la vision directe de ce qui est perçu par la conscience au moment où les objets observés apparaissent. Cette vision se produit dès l'instant où la conscience connaît l'objet perçu, par une observation attentive, en évitant toute autre action.
Il s'agit là de l'action minimale qu'il est possible d'exercer. Cette connaissance, qu'est vipassaná, se développe par un entraînement appelé satipatthána (l'établissement de l'attention). Il n'est donc pas juste de dire : "Nous pratiquons vipassaná". Il convient plutôt de dire : "Nous suivons l'entraînement permettant de développer vipassaná.

Dans son livre "Vipassaná – Instructions de base", Le Vénérable Dhamma sami précise:
La réalité, c'est ce que nous percevons à chaque instant à travers nos six sens, c'est-à-dire les cinq sens physiques (les visions, les sons, les sensations tactiles, les goûts et les odeurs) + le sens mental (les états mentaux, les émotions).La réalité n'est pas : les pensées, les réflexions, les analyses, les jugements ou les rêves. Parce que ces choses ne sont que des concepts ; des créations artificielles du mental.La vision directe, c'est le fait, pour la conscience, de connaître clairement et directement le processus d'apparition et de disparition des objets physiques et mentaux.Les objets physiques sont ceux que nous expérimentons à travers nos facultés physiques.
Les objets mentaux sont :
ceux que nous expérimentons à travers notre faculté mentale (par exemple : un sentiment de frustration)
les instants de conscience générés par le contact avec les objets physiques (conscience visuelle, conscience auditive, conscience tactile, conscience gustative et conscience olfactive)
C'est le fait de porter son attention sur ces objets qui permet à la conscience de les connaître pour ce qu'ils sont ; depuis leur apparition jusqu'à leur disparition"
Ce livre,"Vipassaná – Instructions de base" se trouve en libre téléchargement ICI


La méditation Vipassana est le coeur de la tradition Theravada. Il ne s'agit pas d'une pratique dévotionnelle, mais d’une technique d’investigation de notre propre corps et de notre propre esprit, dans le but de nous libérer d’une vision erronée de la réalité : nous pensons qu’il y a un « je », solide, qui vit de toute éternité, auquel nous nous identifions, et qui continuera après la mort. Mais la vie est changement, rien ne dure, rien ne persiste ; tout est en état de flux, il n’y a pas d’élément stable en nous. Comprendre et réaliser ce fait, signifie simplement que nous nous libérons d’une vision fausse de la réalité.

Pour atteindre ce but, le Bouddha nous offre une méthode qu’il a appelée le Noble Octuple Sentier. Comme son nom l’indique, ce sentier comporte huit embranchements regroupés en trois sections :

SILA, la conduite éthique. Il s’agit des cinq préceptes de base: ne pas tuer, ne pas voler, ne pas avoir de relations sexuelles illégitimes, ne pas mentir, ne pas prendre d’intoxicants .
SAMADHI, la concentration. C'est contrôler l'esprit par l'attention. Tant que l’esprit est concentré, aucune perturbation ne peut l’affecter.
PAÑÑA, la sagesse, déracine les "dispositions latentes " et nous libère des ces habitudes accumulées depuis des temps immémoriaux dans les couches profondes de l’esprit.

Source :
dhammagroupbrussels


Pour en savoir davantage :

Comment noter : Lire

VIPASSANA, LA MEDITATION DE L'ATTENTION
EXERCICES DE BASE par Sayadaw U Kundalabhivamsa
: Lire




IMPORTANT
: SUR LES "NOTES MENTALES"
N.B. ( NOTEZ BIEN)
Pour porter correctement son attention sur les phénomènes physiques et mentaux, il convient tout d’abord de faire correctement attention à la notion de “noter”, qui est à l’origine d’une grande confusion chez la plupart des yogis. L’acte permettant le développement de la vision directe (vipassaná) est simplement l’observation de l’objet qui apparaît dans l’instant à la conscience, dès son apparition, pendant toute sa durée, jusqu’à sa disparition, en laissant la conscience observatrice exclusivement sur cet objet, sans aucune analyse ou réflexion, pendant toute l’évolution de ce dernier (qui peut lui-même se composer d’une succession de nombreux phénomènes).
Il y a deux origines à cette confusion dans la notion de “noter”, qui est un verbe employé pour signifier “observer de façon directe et dans l’instant”, car dans ce contexte, noter revient à “prendre note directement (mentalement mais sans mot) de l’apparition à la conscience d’un phénomène physique ou mental”.
Premièrement, le mot “noter” inclus généralement le fait de “prendre note de”, dans le sens de nommer ou d’étiqueter, donc de se dire les mots qui correspondent aux objets perçus, tels que : “lever”, “baisser”, “chaleur”, “légèreté”, “colère”, etc.
Secondement, il arrive que les instructeurs vipassaná recommandent à certains yogis de nommer les objets observés, si ces derniers, ayant du mal à saisir la grande simplicité de l’observation directe, nécessitent des repaires, à l’instar d’un enfant apprenant à pédaler qui utilise un vélo équipé de petites roues fixées de chaque côté de la roue arrière. Si cette manière d’étiqueter les phénomènes observés peuvent parfois aider dans les tous les premiers jours d’une retraite, à l’image des petites roues fixées au vélo, cela constitue vite une gêne importante, une mauvaise habitude dont il faut se défaire rapidement. (V. Dhama Sami)




Le Récit (suite) :




2 anciens commentaires ( recopié ici car ancienne page supprimée )

Olivier a dit…
Concernant les chants pali: Cela correspond-il à la récitation orale de courts suttra ? Généralement l'optique de la répétition des suttra est de "vraiment" en prendre conscient (comme pour la prise du refuge); quel est ton retour d'expérience sur ce point Olivier
Catherine a dit…
Pour le chant Metta, il remplace une méditation. Il est donc important d'en comprendre les paroles et de le chanter, en étant attentif. Les moines ont l'habitude de chanter des sutta. En ce qui concerne la prise de refuge, nous chantions également tous les soirs, les Refuges et préceptes. Il faut vraiment le vivre pour comprendre l'émotion que l'on ressent, lorsque l'on se prosterne, après avoir chanté : "Buddham pujemi, Dhammam pujemi et Sanghma pujemi." Il faut continuer de pratiquer l'attention.




Retraite vipassanà, 1e jour


Photo: Salle de méditation du centre


Je suis arrivée la veille au centre, afin de m'installer. Dès mon arrivée, j'ai tout de suite aimé l'atmosphère qui y régnait. C'est un petit centre qui peut accueillir une vingtaine de méditant. Il y a deux dortoirs, un pour les hommes et un pour les femmes et quelques chambres de 2 ou 3 personnes. Les jardins sont superbes, avec plusieurs allées très pratiques pour la marche méditative.
La salle de méditation est vraiment belle, on a tout de suite envie de s'assoir pour méditer.

C'est une nonne qui s'occupe du centre durant toute l'année, mais il n'y a qu'une seule retraite intensive par an.



Premier jour : Les choses sérieuses commencent

Le réveil sonne, il est 3h30 et étrangement je n’ai aucune difficulté à me lever alors que j’ai eu beaucoup de mal à m’endormir .

4h : Dehors il fait si froid que même avec deux pulls, une grosse veste d’hiver et un châle par dessus, je continue d'avoir froid. Il faut dire que ce n’est pas la marche qui peut me réchauffer, vu la lenteur de celle-ci.

Les premières instructions auront lieu à 6h, en attendant je marche en faisant 3 notes à chaque pas.


Quand je lève le pied je note mentalement
“Lever lever” quand j’avance le pied je note “avancer, avancer” et quand je le pose je note “poser poser”

Cette première heure de marche est fastidieuse.


4h50 : J’entre dans la grande et belle salle de méditation, la veille, j’avais choisi ma place, pas trop prés de la porte vitrée (entrée des femmes) et sur la gauche contre le mur, afin de n’avoir qu’une personne à droite mais personne à gauche (et oui,j’en suis là au début : choisir la meilleure place possible pour ne surtout pas être dérangée par les autres)

Il y fait chaud et sombre, il y a juste un petite lumière sur l’autel, c’est si beau, si calme que cela donne envie de méditer.

Je m’agenouille et je me prosterne 3 fois en posant bien ma tête sur mes mains , lentement, essayant d’être conscience de chaque geste. (Idéalement le front doit toucher le sol et non les mains)



Je décide de commencer cette première méditation assise à genoux sur mon banc de méditation, pensant que si je changeais de position à chaque assise (une fois sur le banc, une fois sur un safu=coussin de méditation),je sentirais moins la douleur après plusieurs jours.

Finalement, dès que 4ème jour, j’opterai de manière définitive pour le safu. En réalité ma concentration sera meilleure assise en demi-lotus.


Depuis que je pratique, j’ai médité très peu de fois en groupe et je suis donc gênée (les premiers jours seulement)par le bruit que font les autres personnes, à tel point que j’en oublierai la plupart du temps, cette première heure d'assise, de noter. Je note quelques “entendre entendre”, “colère colère”, colère ressentie car un des méditants enlève sa veste avec fermeture à l’intérieure de la salle, alors que tous les autres le font avant d’entrer et surtout, il range ses petites affaires dans un sac plastique et c'est bien bruyant.

Imaginez le bruit que peu faire un sac plastique dans une grande salle silencieuse....

Je n’imaginais pas avant qu’un être humain puisse faire autant de bruit dans de telles circonstances.

Ma première méditation assise sera troublée par les bruits, les respirations, voire même par l’aérophagie de la personne assise juste derrière moi.

Bref, j’ai passé cette première heure à pester contre le bruit. Au lieu de n’observer que l’entendre, je me suis laissée emporter par les bruits. À tel point que je n’ai pas réalisé tout de suite, que le Vénérable U Pannathami avait prit position sur son coussin de méditation, juste devant l’autel, sans faire aucun bruit.

À 6h, une des nonnes entre dans la salle, allume une petite lumière afin de nous permettre de pouvoir lire le texte des chants en pali, qui ont été mis à notre disposition sur chaque tapis de méditation.

Nous prenons alors en chantant en pali, après le Vénérable U Pannathami les huit préceptes , ensuite nous rendons hommage au bouddha. Puis le Vénérable commence le chant mettà et nous répétons chaque phrase en pali, après lui,

Aham avero homi, abyapajjo homli, anigho homi, sukhi attanam-, pariharami ...... “

Quelle merveille, une vive émotion me submerge déjà mais j'oublie de l'observer et de la noter.

(Le chant mettà que nous chantions a été enregistré et vous pouvez l'entendre en allant dans mon profil)

Les paroles du chant Metta = ENTENDRE

Rappel des 8 préceptes

1er précepte :
« Je m'abstiendrai de nuire à la vie d'autrui. » C'est-à-dire : Je ne tuerai pas, je ne blesserai pas d'êtres, quels qu'ils soient.
2e précepte :
« Je m'abstiendrai de voler. »
3e précepte : « Je m'abstiendrai de toute pratique sexuelle. »
4e précepte :
« Je m'abstiendrai de paroles mensongères. »
5e précepte :
« Je m'abstiendrai de consommer de l'alcool et quel intoxicant que ce soit. »
6e précepte :
« Je m'abstiendrai de manger après midi. »
C'est-à-dire : Je ne consommerai pas d'aliments solides après le midi solaire (qui, en France, tombe environ à 13h30 en heure d'été et à 12h30 en heure d'hiver) et ce, jusqu'au lendemain à l'aube. Durant cette période, je ne boirai même pas de lait, qui est considéré comme aliment solide, car très nourrissant. En cas de faim violente ou de grand manque d'énergie, le miel, la mélasse, les sucres liquides, l'huile et le beurre sont également autorisés.
7e précepte :
« Je m'abstiendrai de musique, de chant, de danse, de fleurs, bijoux et autres parures. » C'est-à-dire : Je n'écouterai pas de musique, je n'irai pas voir de spectacle, je ne regarderai pas de film, pas de distraction, pas de magazines de mode, de jeux, etc. Je ne me parfumerai pas, je n'arrangerai pas mon corps dans un but esthétique (maquillage, vêtements de mode, coiffure sophistiquée, bijoux, etc.) J'éviterai même de me vêtir de façon voyante. Pour des raisons de santé, les produits de soin de la peau sont autorisés.
8e précepte :
« Je m'abstiendrai de places hautes et de places nobles. » C'est-à-dire : Je ne m'installerai pas – assis(e) ou allongé(e) – à des places plus hautes que celles où sont installés des êtres nobles (bhikkhu, bhikkhuní, sámašera, rois, etc.) ou à des places réservées à de tels êtres. »


Dans la vie de tous les jours, j'essaye de respecter au moins 5 préceptes. Pour les laïcs vivant en couple, le 3e précepte concernant l'abstinence sexuelle, est remplacé par "inconduite sexuelle" et deviens: « Je m'abstiendrai de toute inconduite sexuelle. »

Pour en savoir plus sur les préceptes, c'est ICI
et sur les 5 préceptes : LA



6h15 : Petit déjeuner : je meurs de faim puisque je n’ai pas mangé la veille au soir et j’essaye de manger doucement en étant consciente de tous mes mouvements mais ce n’est pas facile, alors pour m'aider je note mentalement, en regardant les aliments “ voir , voir” puis en prenant la tartine de pain “prendre , prendre “, en la portant à ma bouche “ porter porter”, en la posant sur ma langue “poser poser “ puis “ goûter goûter” et enfin “ avaler avaler”
Je n’ai pas réussi à garder mon attention pour chaque bouchée, mais c’est un début , disons que j’ai essayé.


Tout le monde mange en silence, le nez dans son plateau, il fait froid ( les tables sont dehors sous un auvent, le jour s’est à peine levé et tout cela donne un air surréaliste à la scène.




La première journée s’est donc déroulée en alternant les heures d’assises et les heures de marche. Au début, il est impossible d'observer tout ce qui se présente aux six portes sensorielles, l’attention est encore trop faible.
Lorsque je me suis retrouvée dans ma chambre à 21H30, je n’étais pas fatiguée. Je me suis couchée en essayant d’être attentive à chaque geste, une fois allongée, j’ai suivi le mouvement de soulèvement et d’abaissement de l’abdomen et je me suis endormie.


Retraite vipassanà, 2e jour


Photo: Les entretiens avaient lieu dans cette petite maison, située tout en haut du jardin 



En me réveillant le lendemain matin à 3H30, je n’ai pas réussi à être attentive dès mes premiers gestes, j’ai dû y penser une fois habillée, donc trop tard.

Sachant que je n’arriverais pas à être attentive tout au long de la journée les premiers jours je me suis donné des objectifs :

Le premier et le deuxième jour : Essayer d’être attentive lorsque je mange + lorsque je vais d’un endroit à un autre + moment du coucher et du lever

Le troisième et quatrième jour: essayer d’être attentive aussi lorsque que j’ouvre et je ferme une porte

Le but : arriver les derniers jours à être attentive tout au long de la journée dans tous les actes de la vie quotidienne et pas seulement durant l’assise et la marche.

Je ne pense pas être arrivée à être attentive tout au long de la journée durant cette première retraite, il y a toujours eu, même les derniers jours , des moments où mon attention se relâchait.
Je pense qu’il faut rester bien plus de 10 jours pour arriver à ce résultat.


La première marche de la journée a été particulièrement difficile car il faisait très froid, peut-être plus que la veille, et la fatigue de la première journée commençait à se ressentir car je n’avais pas encore suffisamment équilibré mes efforts, ni trouvé l’énergie suffisante.

J’ai marché durant toute l’heure en continuant de faire 3 notes à chaque pas .


Mon Premier Entretien avec le Vénérable U Pannathami :

Six méditants passent en même temps, plus Marie-Cécile, la traductrice.

Quelques conseils pour présenter son rapport lors d'un entretien:

Il faut présenter son rapport en 3 partis en indiquant, à titre préalable, combien d’heure, on a pratiqué la méditation assise et la méditation en marche. Ensuite, on présente ce qu'on a observé durant la méditation assise, en commençant par l'objet primaire. Il faut décrire précisément, la manière dont on a observé et noté les mouvements d’abaissement et de soulèvement de l’abdomen. Ensuite on parle des autres objets observés: on les a observés , on les a notés et que c’est il passé quand on les a observé et notés : ont-ils disparu? sont-ils restés ? combien de temps environ?
Ensuite on présente la méditation en marche et l’on termine par les activités quotidiennes.

Résumé de l'entretien :
(Comme j’ai pris des notes avant l’entretien, afin ne rien oublier, je peux très facilement le résumer) :
Je commence donc par parler de la méditation assise et dans un premier temps, de l'objet principal : Le soulèvement et l’abaissement de l’abdomen.
J’indique au moine :

"J’arrive clairement à suivre les mouvements d’abaissement et de soulèvement de l’abdomen en notant “ Lever lever” au moment du soulèvement et “ baisser baisser” au moment de l’abaissement.
Je peux suivre ces mouvements assez longtemps
Le soulèvement :
Au début de l’assise, je ressens (= j'observe) une forte tension au moment du soulèvement, une pression
L’abaissement :
La tension disparaît au moment de l’abaissement
Alors que chez moi j’arrivais à rester concentrée longtemps sur ces mouvements, le premier jour, n’ayant pas l’habitude du bruit, j’ai eu beaucoup plus de mal à rester concentrer sur l’objet primaire :
Les autres objets :
Je suis donc distraite par le bruit et j’ai beau noter “entendre, entendre”, j’ai du mal à ne ressentir que l’entendre.
J'observe beaucoup d’irritation à l’encontre des autres méditant et je note "irritation, irritation", j'observe aussi de la colère et je note "colère, colère " et même de l'aversion.

Puis des douleurs arrivent, alors je les note et je les observe. Je ressens une douleur en bas du dos, alors je note "douleur », mais comme j'observe une sensation de brûlure au centre de la douleur, je note “brûle ». Puis je réalise que la douleur est lancinante alors j’observe et je note à plusieurs reprises «lance ».

J'observe aussi les pensées et dès que je les observe, elles disparaissent sans même que j'aie besoin de les noter.

Je procède de la même manière avec les démangeaisons (c’est un des objets qui revient le plus souvent) je peux observer de manière très claire, d’une part la démangeaison, je note "démangeaison " et d’autre part, l’envie de gratter et je note "envie de gratter". Je ne me gratte pas, je ne bouge pas et je ne change de position de toute l’heure.

Toutefois, les premiers jours, je suis bien contente quand l’horloge qui signale la fin de l’heure sonne ».


Puis, je parle de la méditation en marche :

"
J’ai pu suivre toutes les Marches (1 h à chaque fois)
J’ai opté pour la marche en 3 phases :
Je lève un pied, je note “ lever lever”, j’avance le pied, je note “ avancer avancer”, je pose le pied, je note “ poser poser”
Ma concentration est moins bonne qu'en position assise et pour l’instant, je n’ai pas trop de sensations ou celles-ci sont assez grossières.
Pour le lever = Je sens que c’est le “ lever” qui donne l’impulsion à ma marche. C’est la phase la plus intense celle où je sens le plus d’énergie
Pour l’avancer = c’est la phase où j’ai le moins de sensations même si c’est la phase la plus “ légère”
Pour le poser = Sensation de lourdeur au moment où le pied descend vers le sol
Lorsque j'arrive au bout de mon chemin, je note " debout " et j'attends de sentir l'intention de tourner pour tourner «

Je n'observe pas encore l'intention qui existe avant chaque mouvement, je le ferai plus tard.

Remarque sur la douleur :
Dés le début de son enseignement, le vénérable U Pannathami nous a expliqué qu’il ne fallait pas bouger du tout (ou le moins possible) même si la douleur devient insupportable, car changer de position nous empêche de comprendre la véritable nature de la douleur et que de toute manière changer de position ne calme pas la douleur.

Il faut être patient.

J’ai donc très peu changé de position, même quand la douleur devenait insupportable. Parfois la douleur était si forte que j’en avais les larmes aux yeux et je notais "pleurer pleurer", mais je ne voulais pas changer de position car j’avais le sentiment, notamment pour les anciennes douleurs qui ressurgissaient, que si je ne les voyais pas disparaître, durant la méditation assise, elles reviendraient sans cesse et de plus en plus fortes.

J'ai rencontré trois sortes de douleurs durant la méditation assise. (mais pas durant la marche)

  • 1-Les douleurs dites méditatives, qui sont liées à la position (on est pas habitué à rester en demi lotus ou jambes croisées, pendant 1 heure), ce sont les plus nombreuses, mais les plus faciles à observer et à noter. Une fois la méditation assise terminée il peut rester quelques " courbatures", mais c'est très supportable.

  • 2-Les anciennes douleurs (qui sont liées à des maladies ou handicaps anciens ou même très anciens). Ces anciennes douleurs reviennent à votre conscience. Elles cessent dès que la méditation assise est terminée.

  • 3-Les douleurs liées à des maladies ou handicaps actuels: Et bien curieusement, je n'ai pratiquement pas ressenti de douleur liées à des maladies actuelles comme mon hernie discale cervicale.

J'ai pu observer de manière très claire la peur et l'inquiétude qui accompagnent souvent les douleurs. La peur et l'inquiétude augmentent considérablement la sensation de douleur

Je reviendrai plus longuement sur la douleur lors du récit des prochains jours.



Retraite vipassanà, 3e jour



La première marche et la première assise de la journée ont été bien déprimantes, je n’ai fait que pleurer, sans même observer cet état d’esprit.

Il avait été convenu qu’il n’y aurait pas d’entretien ce jour-là.

Après le petit-déjeuner où je n'ai rien pu avaler, je me sentais si mal, que j’ai demandé à avoir un entretien avec le Vénérable. Il venait de terminer son petit-déjeuner dans la salle de méditation. Je suis entrée, je me suis prosternée 3 fois, très lentement.

Au début de cet entretien, j’étais en pleurs, comme une enfant et tout ce que je savais dire au Vénérable U
Pannathami c’était : “ j’ai perdu ma concentration".
Puis, je lui ai exposé, en quelques mots, ce que je ressentais pour le
dhamma, qui avait pris une importance particulière dans ma vie. Je me demandais même, comment j’avais pu vivre sans lui toutes ces années auparavant. J'avais l'impression d'avoir fait du chemin car j'étais partie de loin, puisqu'il y a quelques mois encore, j'étais incapable de rester assise sur une chaise pendant quelques instants, sans bouger. J'étais une personne incroyablement nerveuse, souffrant constamment depuis des années, à cause de hernies discales lombaires et cervicales.
Lorsque j'ai commencé à pratiquer, je me suis calmée sans m'en rendre compte, mais beaucoup de personnes autour de moi ont remarqué la différence. Et puis surtout, je pouvais rester plus d'une heure assise en demi-lotus sans bouger.
Je devais subir une intervention chirurgicale importante, en février 2007, à cause d’une hernie discale cervicale à l'origine de souffrances atroces. La date de l’opération avait même été arrêtée. Mais, lorsque j'ai indiqué au Chirurgien que la douleur avait disparu, il a décidé d'annuler l'opération.

Je reste persuadée que c'est grâce à la méditation et au calme retrouvé que la douleur a disparu.

Le Vénérable U
Pannathami m’a rassuré, en me disant que c’était normal que je réagisse comme cela lors d’une première retraite, mais que je devais me ressaisir. Il me suffisait pour cela, d’observer tout simplement et de noter: si je pleurais, je devais noter “pleurer pleurer” et observer tout ce que je ressentais. Peu à peu ma concentration allait revenir parce que, de toute évidence, ma foi en le Dhamma était particulièrement forte. Il a ajouté que je serai bientôt une très bonne méditante, la qualité de mon rapport était excellente et c’était rare pour une méditante débutante.

Après cet entretien, je me suis sentie réellement mieux et j’ai pu, non seulement retrouver ma concentration, mais ma pratique est devenue encore meilleure et au cours des jours qui ont suivi je n’ai plus jamais connu de moment où je me suis senti angoissé, bien au contraire.

J’ai trouvé un calme et un bonheur intérieur que je n’avais jamais connu auparavant.

Les encouragements sont donc essentiels au cours d’une retraite intensive même si elle ne dure que 10 jours.


Rappel de ce qui compte durant une retraite :
La détermination
Voici ce qui compte le plus : avoir de bonnes déterminations et s'y maintenir autant que possible
Adopter et entretenir une conduite aussi pure que possible. Il convient de s'efforcer de ne jamais relâcher l'observation des huit préceptes. Si cela représente pour nous une tâche difficile, nous devrions tenter de nous y entraîner au mieux avant la retraite. Plus notre síla (la vertu) est grand, plus notre retraite sera propice. Le respect d'une conduite irréprochable est un facteur absolument indispensable au succès d'une retraite vipassaná.
Maintenir constamment son regard vers le bas (en dehors de cas exceptionnels, comme vérifier l'heure sur une horloge ou regarder avant de traverser une route), sans jamais détourner la tête, même si un avion s'écrase derrière soi. Si elle est correctement appliquée, cette détermination a à elle seule le pouvoir d'entretenir et d'accroître la vigilance et l'attention que nous développons durant notre retraite.
Observer attentivement ce que nous percevons, quoi qu'il arrive. Même durant les plus grandes douleurs, les plus grandes sensations d'inconfort (trop chaud, dévoré par les moustiques, des courbatures et des démangeaisons insoutenables...), les plus grands découragements, les plus grandes craintes, les plus grandes torpeurs et les plus grandes tristesses, tout doit être soigneusement observé, sans bouger pendant l'assise, sans s'agiter, avec patience. Là est sans aucun doute la qualité première du yogi sérieux : la patience. Dans les moments les plus difficiles, il suffit, pour retrouver un peu de motivation, de penser à Bouddha qui, pendant un nombre effroyable d'existences, éprouva des situations autrement plus pénibles (et parfois à un point inimaginable) tout en demeurant parfaitement patient et bienveillant ; tout cela pour parvenir à être capable de découvrir par lui-même le précieux dhamma et nous en délivrer « tout cuit » l'enseignement.
Demeurer dans l'observation attentive de manière continue. Ne jamais cesser un seul instant, même dans les plus grands moments de fatigue, quitte à avoir le front posé sur le genou. L'important n'est pas la posture, mais le fait d'observer les objets qui apparaissent à la conscience tels qu'ils apparaissent et au moment où ils apparaissent. Considérons que l'observation attentive est aussi capitale au succès de la retraite que la respiration est indispensable à la vie.
S'interdire de parler, de lire ou de recevoir des visites, même pour un seul instant. Nous nous permettons de parler uniquement lorsque cela est directement lié à notre retraite, comme les entrevues avec l'instructeur. Si quelqu'un nous adresse la parole, on l'ignore purement et simplement, sauf, bien entendu, s'il s'agit d'un motif obligatoire, ou lié à sa propre retraite. Dans les centres de méditation, les yogis sérieux constituent généralement une infime proportion au milieu des autres participants. Il est donc primordial, si nous voulons une retraite fructueuse, de ne pas prêter attention aux autres yogis, notamment, de ne pas penser qu'il n'y a rien de très nuisible à se laisser un peu aller sous prétexte que les yogis qui nous entourent se laissent beaucoup aller. Naturellement, le yogi sérieux refuse toute communication extérieure pendant sa retraite, y compris par téléphone.
Par Vénérable Dhamma sàmi



Retraite vipassanà, 4e jour


Photo : durant les entretiens, le Moine était accompagné de la traductrice, Marie-Cécile Forget

*Marie Cécile Forget, a traduit de nombreux ouvrages sur le dhamma. C'est une personne exceptionnelle, d'une grande gentillesse et d'une grande disponibilité. C'est aussi une pratiquante de longue date. Elle vit en Belgique et s'occupe d'un centre de méditation dans la tradition théravada. : En téléchargement libre sur son site, le livre "Aiguiser vos facultés de contrôle":  Voir son site 


Deuxième entretien avec le Vénérable
comme pour le premier, nous sommes 6 Yogis ensemble et nous nous exprimons chacun notre tour.

Personnellement cela ne m'a pas gêné, mais d'autres Yogis ont été perturbés pas le fait de devoir s'exprimer devant les autres

Assise
Sur l’objet principal : l’abdomen :
Tout au long de la retraite, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir observé les mouvements de l’abdomen avec un microscope réglé sur une vision de plus en plus fine. Progressivement Le concept "abdomen" disparaît au profit des sensations, comme la tension, la pression.

J’arrive maintenant à rester concentrée beaucoup plus longtemps sur le mouvement de soulèvement et d’abaissement de l’abdomen : le mouvement de soulèvement est ressenti de manière de plus en plus forte, de plus en plus claire. Le mouvement très puissant, comme si on gonfle un ballon qui pouvait exploser avec une forte tension.
Mais le mouvement qui est si clair en début d’assise devient presque imperceptible en fin de séance.

C'est parce que je suis devenue capable de suivre les mouvements de l’abdomen avec une attention de plus en plus forte, que les objets vont apparaître spontanément à mon esprit.

Les autres objets : Ils sont de plus en plus nombreux; parfois même si nombreux que je reviens volontairement à l’observation de l’objet principal, pour me reposer de tout ce “ vacarme” dans ma tête.
À peine je note une pensée, elle disparaît. Je note une démangeaison, je n’ai même plus le temps d’observer l’envie de gratter car la démangeaison à déjà changé de place. Maintenant le bruit reste du " entendre" et rien d'autre. Je le note et soit il disparaît de ma conscience, soit il se transforme en quelque chose d'autre.

J’essaye juste de rester attentive à tout ce qui arrive à ma conscience et je commence à me sentir oppressée par la multitude d’objets qui apparaissent et qui disparaissent sans que je puisse rien faire, rien contrôler.
En réalité, je commence à expérimenter, « dukkha », « anicca » et « anatta ». Ces 3 mots pali, deviennent autre chose que des mots, ils deviennent la Réalité, presque palpable.

Durant les assises, mon dos se penche en avant. Dès que je m’en aperçois, je note: “penché penché » et là, soit mon dos se redresse tout seul, comme par magie, soit le dos est trop penché en avant et la note ne change rien. Alors je me redresse tout doucement, pour rester conscience de chaque mouvement: en observant le mouvement avec attention, je réalise que lorsque je me redresse, il n'y a pas qu'un seul mouvement vers le haut mais plusieurs mouvements successifs. (Chaque mouvement a un début et une fin)

J’observe également des sursauts incontrôlés de mes mains, de mes bras, surtout au début de l'assise

La Marche : Pas d’évolution par rapport au 3e jour, je continue la marche en 3 phases (Lever, Avancer, Poser)

Une des plus grandes difficultés de la méditation : ne jamais chercher à retrouver telle ou telle sensation. On marche et l’on observe sans rien vouloir, on s'assoit pour observer sans rien attendre.
On doit accueillir tout ce qui se présente à notre conscience ; que ce soit des choses ou sensations agréables, comme des sensations désagréables ou neutres.
Dans la vie de tous les jours, on fuit les sensations désagréables et l’on recherche les sensations agréables.
Dans la Méditation, on ne cherche rien, on doit seulement observer, moment par moment, calmement, tout ce qui se passe au sein du corps et de l'esprit.


Durant la retraite, nous pratiquons les quatre établissements de l'attention, en nous basant sur le
Satipatthàna sutta. Lire le satipatthana sutta

Il y a l'attention au corps, l'attention aux sensations, l'attention à la conscience et l'attention aux objets physiques et mentaux.
Dans ce
sutta, Le Bouddha parle d'observer le corps dans le corps : Cela veut dire observer très attentivement. On comprendra alors clairement les choses telles qu'elles sont réellement.
Lorsque nous observons les mouvements de soulèvement et d'abaissement de l'abdomen, c'est l'attention au corps.

Lorsque l’on pratique en posture assise, pour comprendre la véritable nature des sensations, on doit rester immobile, car si on bouge souvent, on ne peut pas développer l’attention. Sans attention, la concentration ne va pas s’approfondir.

Le Bouddha explique qu’il y a 3 sortes de sensations : les sensations désagréables, les sensations agréables et les sensations neutres.

Le Vénérable U
Pannathami nous a expliqué durant le dhamma talk que :

Vous aurez besoin de beaucoup d’énergie mentale pour faire face à la douleur. Vous devrez l’observer attentivement et le plus longtemps possible. Lorsqu’elle va devenir très forte, il est même possible que vous capituliez et que vous changiez de position sans attention. Vous ne vous êtes pas montré suffisamment patient. C’est pour cette raison qu’on recommande toujours aux méditants de faire preuve de patience, vis-à-vis de la sensation désagréable. Si vous avez de la détermination, vous arriverez tôt ou tard à surmonter la sensation désagréable.

Si vous arrivez à rester immobile pendant une heure, malgré les sensations désagréables, la confiance va commencer à apparaître en vous. Vous vous direz : "je pensais que je ne pourrais jamais y arriver, et pourtant j’y suis arrivé". À la séance suivante, la sensation douloureuse ne vous affectera plus autant. Vous commencez à vous familiariser avec elle.

Au début, vous ressentez une sensation douloureuse, sans plus. Mais lorsque vous devenez capable de maintenir votre attention, vous allez voir que la douleur peut se transformer en une autre sensation ; en chaleur, en picotement, en dureté, et cela change de place. Et si vous êtes très courageux, et que vous observez avec beaucoup d’attention, vous pourrez voir de plus en plus de sensations douloureuses, différentes les unes des autres.



Ancien commentaire copié ici ( car ancienne page supprimée)

Olivier a dit…
Partager ses ressentis en public ne doit pas être une gêne mais plutôt comme un don !!!
En effet les difficultés rencontrées sont peut-être les mêmes que d'autres pratiquants, vous constaterez donc que vous n'êtes pas seul à galèrer sur le chemin.
Il permet également de vaincre tout esprit de compétition et de le transformer en sentiment de partage

2 juillet 2007 03:41


Retraite vipassanà, 5e jour


Photo : Autel de la salle de méditation du centre


Dés mon réveil à 3H45, je commence à observer tous les mouvements et surtout l'intention avant chaque mouvement : j'essaie d'observer l'intention de me lever, les mouvements que je fais pour m'assoir sur le bord du lit, lorsque je me lève et lorsque je m'habille, mais je ne peux pas encore tout observer et tout noter, encore pas mal de mouvements passent inaperçus, notamment lorsque je me lave les dents où que je prend une douche.

Tous les mouvements où on est obligé d'être plus rapide reste hors de ma portée.

La première marche de la journée (de 4h à 5 h) est la plus difficile car il fait froid et que je suis engourdie. Il fait nuit et autour de moi , bien que je garde mes yeux baissés, je perçois des ombres qui marchent lentement, tout comme moi.

J'essaye tout au long de la journée de garder mes yeux baissés, afin de ne pas être tentée de regarder autour de moi et j'y arrive de mieux en mieux, cela devient presque naturel pour moi de marcher doucement lorsque je vais d'un endroit à un autre.


Pour les repas, on prend un plateau et on se sert tout doucement, en essayant de noter chaque geste puis on va s'assoir doucement, les femmes et les hommes à des tables différentes.

Plus on arrive à rester concentré et attentif dans les actes de la vie quotidienne, plus la marche et l'assise sont bonnes.


Lors de la méditation assise, les objets commencent à apparaître et disparaître de plus en plus clairement.

Mais surtout, je réalise en pratique ce que j’avais eu tant de mal à comprendre en théorie : Tous les objets qui se présentent à ma conscience sont hors contrôle, il n'y a personne derrière la machine: cela devient clair, plus j’observe plus je réalise que les objets vont et viennent sans mon intervention, cela concerne les objets physiques,
rupa, comme les objets mentaux, nama.

L'essentiel du
dhamma n'est accessible que par la pratique, maintenant j'en suis certaine.
`
Je me sens parfois épuisée car observer et noter demande une grande énergie et je n’arrive pas à observer et noter tous les objets. Certains ont déjà disparu alors que j’ai eu à peine le temps de noter leur apparition.

Maintenant j’arrive à ACCUEILLIR de manière calme, les sensations désagréables (de toute manière ce serait peine perdue de vouloir les fuir ,) et le bruit qui me gênait au début fait partie de ma méditation.
Il m’arrive d’avoir une sensation de bonheur intense , de paix intérieure mais qui ne dure pas : tout est "
impermament", je peux le voir par moi même.

C’est à partir du cinquième jour que sont venues s'ajouter, en plus des douleurs dites "
méditatives”, des douleurs provenant d'anciennes maladies ou traumatismes.

Pour les douleurs liées à la position assise (donc douleurs dites "méditatives"), je commence à les observer de manière plus détachée : Certaines douleurs sont des « engourdissements », d’autres des « crampes » ou encore des « fourmillements ». Je fais bien la différence entre les différentes douleurs.
J'essaie de porter toute mon attention sur le centre de la douleur, d'observer son étendue, sa forme. Parfois j’observe de la chaleur, d’autres fois je peux observer clairement que la douleur augmente ou diminue. Mais je n'ai pas encore réussi à voir la douleur disparaître au moment où je l’observe et la note.
Toutefois, il m'est arrivé de réaliser que la douleur a changé de place et d'intensité, mais je n'ai pas encore réussi à observer le changement, au moment même où il se produit.

J'observe aussi mon état d'esprit par rapport à la douleur. La douleur peut provoquer de la peur, de l'angoisse ou de l'inquiétude. J’observe alors la douleur physique (objet physique) mais également mon état d’esprit. (objet mental). Et si en plus d’observer, je note, j’observe mon esprit qui note (objet mental). Il y a alors trois objets observés : la douleur, l’état d’esprit et l’esprit qui note.

Lorsqu'une douleur est observée de manière attentive, ce n'est plus qu'une douleur, qu'un objet physique à observer parmi d'autres. Mais, à partir du moment où l'observation cesse ou devient superficielle, la douleur reprend le dessus.
Parfois je réalise que mon observation est devenue superficielle et cela devient un nouvel objet à observer. Je m’observe entrain d’observer de manière trop superficielle. C’est incroyable le nombre d’objets que l’on peut observer lorsque l’on est attentif. Cette observation devient alors une véritable souffrance et vous réalisez, une fois de plus, que le bouddha a raison lorsqu’il dit que le corps est
dukkha.



- Sur les anciennes douleurs :

En 1999, j'ai été opéré d'une hernie discale et je n'ai plus de ligament croisé à mon genoux droit : A partir du 5e jour environ, j'ai commencé à ressentir des douleurs que je n'avais pas ressenties depuis plusieurs années, dans le bas du dos et le long de la jambe ainsi qu’au genoux droit.
Lors d'un entretien, j'ai demandé au Vénérable U Pannathami, pourquoi des anciennes douleurs refaisaient subitement surface, il m'a répondu que c'était normal car en réalité ces douleurs n'avaient jamais vraiment disparu et que l'observation nous permettait de les observer de nouveau.

À chaque fois que les douleurs étaient trop fortes je commençais à transpirer et je notais " transpirer" tout mon corps était brûlant et je notais "chaud chaud" et à peine avais-je noté cette sensation de chaleur que j'étais envahie par des frissons et je notais "frissons " puis "froid".

Comme nous le fera remarquer le Vénérable lors des enseignements du soir, lorsque vous ressentez de la transpiration, vous expérimentez l'élément
EAU. Lorsque vous ressentez une forte sensation de chaleur, vous expérimentez l'élément FEU.
Étrangement je n'ai ressenti aucune douleur liée à mon hernie discale cervicale actuelle, alors même que le cou est très sollicité durant la méditation assise, durant certaines assises, j'ai porté un collier cervical en préventif, mais je n'ai pas eu de douleurs liées à cette maladie, non pas ancienne, mais actuelle.



Je reste persuadée aujourd'hui, que les douleurs liées à mon hernie discale cervicale ont disparu grâce à la méditation. Même mon chirurgien avait l'air de penser que c'était tout à fait possible.

Les douleurs du rachis sont souvent aggravées (voir même causées) par la nervosité d'une personne et par son incapacité à comprendre la douleur.

Et puis surtout, depuis 6 mois, je n'ai pas pris un seul médicament antalgique, dés que je commence à ressentir une douleur; mal de tête, ou mal au cou par exemple; au lieu de prendre un "antalgique", je médite et j'observe la douleur.


Durant les enseignements, le Vénérable U Pannathami a insisté sur le fait que, durant l'assise, que les sensations douloureuses disparaissent ou qu’elles ne disparaissent pas n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui est important, c’est de comprendre la nature de la douleur. Grâce à l'observation attentive des sensations douloureuses, on commence à comprendre la véritable nature des sensations douloureuses.

Avec une une bonne concentration, on commence même à apprécier ce type de sensations. Lorsque l’esprit devient capable d’une forte attention et d’une forte concentration, "
même si il est assis sans coussin, à même le sol, le méditant se sentira très à l’aise et très confortablement installé. Il ne sera même pas à quel endroit se manifeste la sensation douloureuse. Il ressentira la sensation douloureuse à l’état pur"


Retraite vipassanà, 6e jour



La marche :





Comme je commence nettement à ressentir l'intention avant le mouvement, je fais maintenant 7 notes à chaque pas au lieu de 3. Et lorsque j'arrive au bout de mon chemin, je note : "debout debout" et "immobile" puis, "intention de tourner" au moment même où je sens cette intention, puis "tourner tourner" au moment où je tourne. Puis de nouveau "debout debout" et avant de lever le pied , dès que je ressens bien l'intention, je note mentalement " intention de lever" puis " lever” , ensuite "intention d'avancer" et "avancer", puis "intention de poser" (mon pied reste quelques fractions de seconde en l'air) puis "poser " (lorsque le talon touche le sol) et "toucher", lorsque la pointe du pied touche le sol à son tour.

En faisant ces 7 notes, ma concentration devient de plus en plus forte.

Si mes assises deviennent meilleures, c'est que la marche, juste avant, devient meilleure. Je commence à équilibrer l'énergie et la concentration. Et, comme le souligne le Vénérable durant son enseignement, l’énergie mentale induit l’énergie physique.

Très important : j'essaye de rentrer dans la salle de méditation après la marche, sans aucune interruption, afin de ne pas perdre la concentration acquise durant la marche. Dans la salle de méditation, je continue d'observer et de noter mes pas jusqu'à ce que j'arrive à mon coussin. Lorsque j'arrive devant mon coussin j’observe la position « debout", puis j'essaye d'observer attentivement tous les mouvements et notamment lorsque, avant de m'assoir, je rends hommage au bouddha. J’observe alors l’envie de m'agenouiller, puis le mouvement d'abaissement des jambes, puis celui du buste et j'essaye d’observer attentivement le moment où mon front touche le sol.
Lorsque l'on rend hommage au Bouddha, on continue de pratiquer
Satipatthana (en faisant attention aux sensations du corps dans le corps, plutôt qu'aux mouvements extérieurs)
En pratiquant ainsi, je comprenais vraiment les paroles du Bouddha énoncé dans le "
Satipatthana suta".

Même si tout cela semble difficile à faire, lors d'une retraite il faut essayer de rester attentif et concentré dans tous ses gestes (c'est même le but d'une telle retraite), de manière à ce que la concentration se renforce. C'est la continuité qui va permettre de réaliser la vraie nature des choses : la réalité ultime par rapport à la réalité conventionnelle.

Durant les assises, l'observation des mouvements d'abaissement et de soulèvement est de plus en plus claire ; comme si j'avais encore augmenté d'un cran, le niveau de vision du microscope utilisé pour observer ces mouvements. L'abdomen en tant que concept n'existe plus, seules les sensations sont observées.

Et même si, dès les premiers jours, j'ai pu ressentir de la "tension" et de la "pression" au moment du soulèvement de l'abdomen (sans doute grâce au fait que je méditais déjà chez moi et que j'avais déjà observé certaines choses), cette observation était encore bien grossière par rapport à l'observation des derniers jours.

Je commence à ressentir de la dureté et de la lenteur au moment du soulèvement et de la rapidité au moment de l'abaissement. Je peux observer précisément que les mouvements cessent, qu'il y a une pause entre chaque mouvement. Le mouvement de soulèvement n'est pas un seul mouvement, mais il est constitué de plusieurs mouvements successifs. Il s'agit de nouveaux mouvements, donc avec un début, un milieu et une fin.





Le seul devoir de celui qui s'entraîne:

Comme nous le disait très souvent notre instructeur, au centre vipassaná à Yangon, le seul devoir, la seule responsabilité de quelqu'un qui s'entraîne, c'est seulement de connaître. Il n'a rien d'autre à faire. En disant cela, notre instructeur répétait exactement ce que Bouddha disait lui-même vingt-cinq siècles auparavant :

« Lorsqu'il y a un son, ne connaissez que l'entendu. Lorsqu'il y a une vision, ne connaissez que le vu. Lorsqu'il y a une odeur, ne connaissez que le senti. Lorsqu'il y a un goût, ne connaissez que le goûté. Lorsqu'il y a une impression tactile, ne connaissez que le touché. Lorsqu'il y a un objet mental, ne connaissez que le pensé. » Cela est l'une des rares sinon la seule fois que Bouddha dit en clair en quoi consiste l'acte de connaissance qui mène à nibbána.
Moine Dhamma Sami: