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samedi 16 février 2008

Utiliser une partie des enseignements du Bouddha pour apporter une justice sociale sur terre







Chan Khong est une nonne bouddhiste vietnamienne qui œuvre au changement social.
Elle travaille depuis plus de 30 ans avec Thich Nhat Hanh.

Elle s'est livrée à Martine Batchelor (Rencontre avec des femmes remarquables) voici un court extrait de son témoignage :



(...) Le travail social a toujours fait partie de ma vie. Au départ, je ne savais rien du Dharma, bien que je sois née dans une famille généreuse qui aimait aider les pauvres.

Quand j’étais jeune, je voulais apprendre quelque chose qui me permettrait d’aider les nécessiteux à grande échelle. Je décidais de faire des études classiques.

Je pensais que je pourrais utiliser le savoir occidental pour améliorer la justice sociale (...) mais je ne savais pas vers quoi me tourner. Petit à petit, je commençais à étudier le bouddhisme, et je fus impressionnée par les enseignements du Bouddha.

Je voulais utiliser ces enseignements pour instaurer une justice sociale, mais les moines bouddhistes que je rencontrai à l’époque n’étaient pas d’accord avec moi.

Ils disaient que je devais d’abord m’éveiller. Je ne pourrais aider les autres qu’en étant éveillé.

Beaucoup de moines étaient si conservateurs qu’ils pensaient qu’être une femme était un obstacle, et ils me dirent que je devais pratiquer pour renaître en homme. Puis, après plusieurs vies je pourrais devenir Bouddha.

J’estimais que je n’avais pas besoin de devenir un homme, je n’avais pas besoin de devenir bouddha, j’avais simplement besoin d’utiliser une partie des enseignements du Bouddha pour apporter une justice sociale sur terre.(..)

Je décidai que je pouvais m’éveiller en étant travailleuse sociale. Je n’avais pas besoin de devenir un homme et de vivre de nombreuses vies pour être bouddha. En aidant les pauvres gens et en allégeant leur souffrance, lentement, ils feraient partie de mon chemin spirituel.



Source : "Rencontre avec des Femmes remarquables" de Martine Batchelor (collection SULLY).
Pour info : j'ai également publié cet extrait sur Karuna

  • Lire d'autres témoignages, extraits de ce livre, sur ce blog : ICI


jeudi 14 février 2008

Citta : Coeur/esprit







Maechee Pathomwan est une nonne responsable de toute une province en Thaïlande. Elle est nonne depuis 38 ans et enseigne la "méditation vipassana" depuis de nombreuses années.

Elle se livre à Martine Batchelor dans "Rencontre avec des femmes remarquables"


Remarque : certains sous titres ne sont pas dans le texte original.



Transformation

Tout au long de ma vie, ma personnalité n'a cessé d'évoluer, de se transformer même. Dans ma jeunesse j'étais très coléreuse. Dans ces moments de colère, j 'étais grossière et violente.


Faire réellement l'expérience des choses qui naissent et disparaissent

Avec la pratique, je devins plus pondérée. C'est la chose la plus importante qui me soit arrivée: développer la capacité de voir la colère monter et disparaître en toute lucidité, en comprenant ses causes, et être capable de s'en accommoder sans être obligée de la projeter vers l'extérieur.

Je crois que l'attention, la conscience et la compréhension avisée sont très importantes dans ma vie quotidienne.

(...) je constatais qu'en pratiquant avec attention, je faisais réellement l'expérience des choses qui naissent et disparaissent. Cela continue à nourrir ma foi dans le bouddhisme et dans cette manière de vivre.

Me rendre compte des bienfaits de ma pratique accroît et ancre ma foi dans le bouddhisme. En un sens, ma foi est constante, dans un autre, elle croît sans cesse (...)

(...)

Citta : Coeur/esprit

Quand on a acquis une base solide, on peut maintenir sa vigilance un long moment et commencer à observer directement citta (le coeur/esprit)


Observer les réactions et les sentiments qui émergent de notre esprit

On peut regarder les réactions et les sentiments qui émergent.
À quoi ressemblent-ils ? Que ressent-on à un moment précis de la méditation ? On essaie d'être conscient du moindre sentiment.

Citta est le centre des perceptions et de la conscience sensorielles. On doit chercher à comprendre comment les organes des sens contactent le coeur. Le coeur est le siège la conscience sensorielle donc celui des illusions. C'est là que naîssent le désir et l'avidité. Il faut
rester vigilant pour comprendre chaque sentiment quand il émerge. (...)


Quand on a compris que l'on est dans l'illusion mais qu'il existe un centre où la perception, la conscience, les sentiments et la volonté apparaissent, on peut pratiquer pour s'en dégager

Une fois que l'on a compris ce processus et que le désir existe, on ne s'y attache plus et il disparaît.

En pratiquant ainsi, on peut constater l'apparition et la disparition des choses et laisser ce mouvement se faire. On comprend que la racine de l'attachement et de la transformation est liée à la colère, à l'avidité, au désir et à la haine. Un désir émerge, nous contacte, et à travers cette conscience, on peut s'en dégager.

On peut diminuer le procéssus réel de l'attachement quand on progresse dans cette technique(...)

(..) Quand les choses apparaissent, on les regarde (observe) jusqu'à ce qu'on comprenne comment elles sont arrivées, puis on les fait disparaître. Alors on comprend les quatre Noble Vérité (...)


Source: "Rencontre avec des femmes remarquables - Vivre la spiritualité Bouddhique au quotidien" de Martine Batchelor (Collection SULLY)


  • LIRE d'autres extraits de ce livre : ICI

dimanche 3 février 2008

Médidation; un processus de découverte


Ani Tenzin Palmo



Rencontre avec des femmes remarquables
de Martine Batchelor



Extraits d'un entretien avec Ani Tenzin Palmo
Présentation : Ani Tenzin Palmo est née en 1943 en Angleterre et s'est installée en Inde en 1964 et y a passé 24 ans (...) Elle a fait une retraite solitaire de 12 ans dans un grotte. (..) Malgré son tempérament d'ermite, Ani Palmo est très conviviale(..) Elle pratique le bouddhisme tibétain.

Pour information : Vickie Mac Kenzie, a écrit un livre sur elle: Un ermitage dans la neige (aux Editions Nil)



PARTIR D'OÙ L'ON EST

Il est évident que vous devez partir de là où vous êtes. On ne peut pas simplement s'asseoir et méditer.


Ne pensez pas que la pratique s'arrête lorsque vous avez quitté votre coussin.

Les Occidentaux imaginent que les asiatiques se contentent de s'asseoir et que tout apparaît d'un coup, dans une absolue perfection. Il n'en est rien!
Tous les lamas et Yogis interrogés à ce sujet ont tous raconté à quel point il leur avait été difficile de méditer au début. L'apprentissage de la méditation leur avait demandé de réels effort. (...) Ne pensez pas que la pratique s'arrête lorsque vous avez quitté votre coussin.

(....)


UN PROCESSUS DE DÉCOUVERTE

Bien sûr, ma méditation s 'est approfondi, est devenue plus limpide au fil des ans.


Il ne s'agit pas de ce que l'on gagne mais de ce que l'on perd

Les gens parlent de ce que l'on obtient en méditant, or il me semble qu'il ne s'agit pas de ce que l'on gagne mais de ce que l'on perd.

La méditation est un processus de mise au jour et de découverte de ce qu'on savait déjà. On ne
découvre pas quelque chose de nouveau ; on ne fait que réaliser ce que l'on savait déjà, mais sans jamais avoir compris auparavant qu'on le savait.


On sait tout, mais on ignore qu'on le sait.

Je pense qu'il s'agit simplement de prendre conscience de ce que nous avons toujours été, de ce que nous avons toujours su.

La méditation ouvre la porte à notre savoir intérieur et chasse les nuages pour que nous puissions voir clairement.

Chacun a ses propres difficultés avec la pratique. Néanmoins toute méditation pratiquée d'une manière tranquille et vigilante ne déviera pas.



Souvent on entre dans une "méditation" fluide, où on se sent très paisible mais en fait l'esprit est embrumé, mais ce n'est qu'une sorte de somnolence

Le problème est qu'il est souvent possible d'entrer dans une méditation fluide, où on se sent très paisible mais en fait l'esprit est embrumé. On peut méditer comme cela pendant des heures en étant très heureux, mais ce n'est qu'une sorte de somnolence.



Comment savoir si la méditation est juste ?

Quand l'esprit reste vif, très clair, intensément éveillé, et en même temps extrêmement détendu et léger. Il est important de garder l'équilibre.

Si on a cet équilibre, on le sait. Et dans cet état, vigilant et clair, on ne peut pas se tromper.



Source : Extraits que j'ai scanné : les sous titres (violet) ne sont pas dans le texte original. 
LIRE d'autres extraits de Rencontre avec des femmes remarquables :
- Un entretien avec Daehaeng Sunim, nonne coréenne: La vie quotidienne est une méditation : ICI

samedi 2 février 2008

La vie quotidienne est une méditation






"Rencontre avec des femmes remarquables" de Martine Batchelor


Extraits ("scanné" par mes soins) d'un entretien avec Daehaeng Sunim, nonne coréenne:



LA VIE QUOTIDIENNE EST UNE MÉDITATION


(...) Je vis comme une nonne,en faisant abstraction de tout le reste, et de ce fait, j'agis en ne faisant pas de distinctions. Vivons sans faire de différences. Quand on fait quelque chose, peut-on dire que l'on a réellement fait quelque chose ? Regarder, écouter, parler - tout est la conjonction d'une infinie variété d'éléments, instant après instant.

Quand on voit, entend ou fait quelque chose, peut-on dire qu'on a vu, entendu ou fait quelque chose?

Le monde de l'esprit englobe tout, et on pourrait l'appeler l'Esprit Un. C'est comme l'espace - on ne peut pas le voir ou le saisir mais pourtant l'espace existe.

Ni la quiétude, ni l'agitation, ni le koan ne sont la méditation.


Il n'y a rien qui ne soit pas de la méditation dans la vie.

Les méditations assises, debout ou allongée sont des méditations. Il n'y a rien qui ne soit pas de la méditation dans la vie. Quoi que je fasse - aller aux toilettes, manger, dormir - tout cela, c'est de la méditation. On ne peut même s'accrocher au mot "méditation" parce que ce qui est, est ainsi.

J'enseigne la même chose aux moines, aux nonnes et aux laïcs. Parce que tout dans la vie est méditation, la vie quotidienne est méditation. La situation est ce qu'elle est, on observe, on agit, c'est cela la méditation.

C'est la raison pour laquelle chacun se guérit. On fait disparaître les difficultés et les souffrances, on conserve l'harmonie de la famille, et ainsi on progresse.


On ne peut obtenir la compassion que pas soi même

Je ne peux pas offrir la compassion et la tendresse. On ne peut les obtenir et les connaître que par soi même. Si on regarde, si on fait l'expérience la sagesse grandit et les problèmes sont résolus.

Nos problèmes découlent des actions du karma. on doit réfléchir sur soi-même, ne pas abriter de ressentiment agir et parler avec douceur. (...) Si vous procédez avec douceur, tout peut être résolu.

Quand il fait nuit, si vous allumez une lampe, vous pouvez vivre dans la lumière?



RIEN N'EST PERMANENT


Respecter les préceptes signifie que l'on prend tout à son propre compte, c'est là que réside la sagesse.

Ne blâmez personne d 'autre. Si on vit sans avidité, non seulement on pourra respecter les cent, deux cents, trois cents règles, mais on pourra tout voir. C'est là que réside la sagesse.
Dans quel autre endroit pourrait-elle se trouver ? Elle n'est pas ailleurs.


La vacuité signifie que ce que l'on voit n'est pas fixe.

On peut voir ou entendre ceci ou cela, aller ici ou là, rencontrer telle ou telle personne, manger ceci ou cela ; rien n'est permanent.

C'est pourquoi quand j 'ai fait quelque chose je ne peux pas dire que je l'ai fait, et si je vois quelque chose,je ne peux pas dire que je l'ai vu, même moi je suis vide. Tout est vide.


L'enseignement du Bouddha n'a pas de barrières, de frontières ou de limites.

Le Bouddha symbolise l'origine de la vie. Le sens de l'enseignement c'est qu'on voit et qu'on ne voit pas, tout dans le monde se rejoint et se résout ensemble : c'est l'interpénétration des choses. C 'est la raison pour laquelle l'enseignement du Bouddha n'a pas de barrières, de frontières ou de limites.
Le Bouddhisme est l'expression de la Vérité Universelle


Les occidentaux ont tendance à trop se préoccuper de leurs états d'âme et souffrent en conséquence


Quand la souffrance survient, si vous la confiez à l'Eprit Un, le mental se calme. Alors on ne rencontre plus de problèmes dans la pratique, et on ne suit plus les pensées vagabondes. On n'est plus conditionné par l'extérieure et intérieurement commence une pratique d'observation de vigilance et d'expérience.


Source : Passages "scannés" du livre : Rencontre avec des Femmes Remarquables de Martine Batchelor - Edition SULLY


LIRE d'autres extraits de ce livre :

  • Entretien avec Ani Tenzim Palmo : "Un processus de découverte" : ICI