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dimanche 29 juin 2008

Kilesas et Kamma

Enseignement de Sayadaw U Pandita, (extraits scanné du livre "Dans cette vie même")


Dans le monde le danger vient des kilesas. (mot pali signifiant "impuretés") L'ignorance, l'avidité et l'attachement sont des kilesas.

Pris par l'ignorance, dominé par l'avidité, on produit du kamma dont on doit ensuite assumer les conséquences.

À cause d'activités kammiques passées, produites dans un monde d'expériences sensorielle, nous avons repris naissance sur cette planète, dans le corps et l'esprit qui sont actuellement les nôtres. Cela veut dire que notre vie actuelle est l'effet d'une cause antérieure. Ce corps et cet esprit vont à leur tour devenir des objets d'avidité et d'attachement.

L'avidité et l'attachement créent le kamma, les conditions pour une nouvelle naissance; cette nouvelle existence va elle-même de nouveau amener l'avidité et l'attachement aux corps et aux esprits.

Les kilesas, le kamma et les résultats sont les trois éléments d'un cercle vicieux. C 'est le cycle sans commencement du samsâra. Il serait sans fin également s'il n'y avait la méditation.

Pour que ce cycle existe, il faut avijjâ, l'ignorance sous ses deux aspects : On souffre de ne pas savoir, de ne pas voir clairement et on souffre à cause des illusions que cela entraîne.

Si nous n'avons pas encore atteint des niveaux profonds dans la méditation:
- nous ne percevons pas les véritables caractéristiques de la réalité: impermanence, souffrance et absence d'un soi.
- Nous ne voyons pas qu'il n'y a qu'un flux de phénomènes apparaissant et disparaissant à chaque instant.
- Nous sommes oppressés par ces apparitions et disparitions et cependant, cette immense souffrance ne nous apparaît pas comme telle.
- Nous ne voyons pas qu'il n'y a personne pour contrôler les processus à l'intérieur des phénomènes; il n'y a personne à la maison.

Si nous comprenions en profondeur ces trois caractéristiques de l'esprit et du corps, il n'y aurait plus ni avidité, ni attachement.

Pris par l'illusion, nous teintons alors la réalité de toutes sortes d'éléments faux.
- L'esprit et la matière sont incorrectement perçus comme permanents et solides. Nous croyons que c'est une chance de les posséder.

- Nous pensons qu'il y a un ego, un "je" qui sous-tend ces processus physiques et mentaux.

Ces deux types d'ignorance provoquant l'apparition de l'avidité et de l'attachement.

L'attachement, upadana, est une forme solidifiée de tanha, l'avidité. Désirant des sensations agréables, que ce soit des visions, des sons, des odeurs, des goûts, des sensations tactiles ou des pensées, nous recherchons les contacts. Lorsque nous obtenons ce que nous désirons, nous nous y attachons et refusons de nous en séparer. Ceci entraîne le Kamma, qui nous maintient prisonniers de la roue des renaissances.

  • Lire d'autres extraits de ce livre sur ce blog : ICI

Remarques :

Afin de bien comprendre la notion de kamma, qui parfois est mal interprétée, LIRE, sur ce blog:

Car comme le souligne isara, suite notamment à ce passage : " ...notre vie actuelle est l’effet d’une cause antérieure" :
cette notion est souvent mal interprétée, car elle semble dire que tout est prédéterminé et laisse croire que le bouddhisme est fataliste.
Il faut en fait comprendre que nous créons aujourd’hui notre kamma de demain. Il n’y a là ni fatalisme, ni résignation, mais l’opportunité de créer la sérénité des moments à venir
Blog d'isara : ehi passiko

samedi 22 mars 2008

Paroles d'Ajahn Chah à propos du Kamma



La compréhension juste du kamma

Quand ceux qui ne comprennent pas le notion de kamma agissent mal, ils regardent tout autour d’eux pour être sûr que personne ne les voit. Mais votre kamma est toujours à vous observer Nous ne pouvons pas y échapper.


Les bonnes et les mauvaises actions

Les bonnes actions apportent de bons résultats, les mauvaises entraînent des résultats négatifs.

Ne vous attendez pas à ce que les dieux vous viennent en aide, ni les anges, ni vos bons génies protecteurs, ni votre bonne fortune. Rien de ceci n’est réel, ne vous fiez pas.

Si vous prêtez foi en cela, vous allez souffrir. Vous allez sans cesse attendre le bon jour, le bon mois, la bonne année, ou votre ange gardien. Vous ne pouvez que souffrir en espérant de la sorte.

Examinez vos actions et vos paroles, examinez votre kamma : agir correctement vous apportera des bienfaits, agir incorrectement ne vous apportera rien de bon.


La pratique juste

Au travers de votre pratique juste, vous permettez à votre ancien kamma de remonter à la surface. Vous pourrez voir les choses émerger, puis s’en aller ; vous devez seulement en être conscients et les laisser poursuivre leur chemin.

C’est comme si vous aviez deux arbres : vous mettez de l’engrais au pied du premier et vous l’arrosez régulièrement; mais vous ne prenez aucun soin du second. Cela ne fait pas de doute : l’un va profiter et grandir, pendant que l’autre dépérira.


Un bon kamma

Nombreux sont, parmi vous, ceux qui ont parcouru de milliers de kilomètres depuis l’Amérique, l’Europe ou d’autres lieux tous aussi éloignés pour venir entendre le Dhamma ici, au monastère de Nong Pah Pong.

Pensez que vous venez de si loin et que vous vous êtes donnés tant de mal pour être ici, alors qu’il y a des gens qui vivent tout près, de l’autre coté du mur du monastère et qui n’ont encore jamais franchi la porte… Cela vous fera mieux apprécier ce qu’est un bon kamma, n’est-ce pas ?


Faire face à vous même où que vous alliez

Lorsque vous commettez une action incorrecte, il n’y a nulle part où vous pouvez allez vous cacher.

Même si d’autres ne peuvent vous voir :vous devez faire face à vous-même. Combien même, vous réfugieriez-vous au fond d’un trou profond, vous vous y retrouveriez avec vous-même.

Il n’y a aucune possibilité pour que vous commettiez une action incorrecte, sans en subir les conséquences. Il en est ainsi pour les actions positives. Pourquoi ne pas voir de la même manière, vos actions justes ? Voyez tout de la même manière : la paix et l’agitation, les chaînes et la libération ; voyez tout ceci en vous-même.

Remarque : les sous titres ne sont pas dans le texte original, je les ai ajouté pour plus de clarté
Source : extrait de “No Ajahn Chah” traduction par isara



En savoir plus sur le KAMMA. Lire sur ce blog :

vendredi 1 février 2008

Compréhension Juste


Comprendre la vérité de dukkha est le chemin de la compréhension juste (Le Bouddha)





Remarques préalables :


  • Comme pour tous les autres messages, pour en savoir plus, cliquer sur les mots surlignés en bleu (renvoi vers un autre message de ce blog qui développe davantage le "mot" surligné)
  • Tout étant lié dans le Bouddhisme et plus particulièrement dans le Bouddhisme Théravada, il est important de replacer la "compréhension juste" dans le Contexte du "Noble sentier Octuple" et donc des "Quatre Nobles Vérités".
  • La Compréhension juste fait partie des 8 chemins ou 8 sentiers (= Le "noble octuple sentier"), qui mènent à la cessation de dukkha c'est à dire qui mènent à nibbana (nirvana en sanscrit)
  • La compréhension juste fait donc partie de la Quatrième Noble Vérité.

  • Il ne s'agit pas de choisir un chemin parmi les 8 car tous doivent être parcourus.



Ci après, vous trouverez des Extraits du chapitre sur "La Compréhension Juste", tirés
du livre du Dr Rewata Dhamma : "Le premier enseignement du Bouddha"

Ce livre, vraiment clair et relativement facile à lire, fait parti des "indispensables" pour comprendre le Bouddhisme Théravada. Voir ma Liste de livre : ICI



Le Vénérable Dr Rewata Dhamma né en Birmanie fut d'abord formé au Bouddhisme Théravada. Il étudia ensuite la philosophie indienne et le Mahayana, acquérant la maitrise du sansctit à l'université de Bénarès. Il a enseigné le Bouddhisme et la méditation vipassana en Europe et aux Etats Unis.



Plan de ce message :

1) Compréhension Juste du Kamma
2)
Les trois chemins de la voie
3) Méthode de Méditation




COMPREHENSION JUSTE (samma ditthi )


Qu'appelle-t-on, ô moines, la compréhension juste? Comprendre la souffrance, comprendre l'origine de la souffrance, comprendre l'extinction de la souffrance, comprendre le chemin conduisant à l'extinction de la souffrance, voilà ce qu'on appelle la compréhension juste.


La compréhension juste est la réalisation des Quatre Nobles vérités, rendue possible par le développement de l'attention juste et de la concentration juste.
Selon les commentaires il existe six formes de compréhension juste:

1. compréhension juste du kamma propre aux individus
2. compréhension juste des jhânas
3. compréhension juste de la vision pénétrante
4. compréhension juste de la Noble voie
5. compréhension juste du fruit de la Noble voie
6. compréhension juste de la remémoration

Les compréhensions justes du fruit de la Noble voie et de la remémoration s'obtiennent sans effort particulier dans la mesure où elles résultent spontanément de la compréhension de la Noble voie.
Dès que l'on réalise les Quatre Nobles Vérités, la réalisation des quatre fruits suit d'elle-même. La remémoration est la réflexion sur le chemin et son fruit, qui découle spontanément de leur réalisation.
On doit, par conséquent, activement lutter pour obtenir les quatre premières sortes de compréhension juste.



Après cette courte présentation de la Compréhension Juste, ce chapitre se divise en plusieurs paragraphes:

  • La compréhension juste du kamma
  • Les trois chemins de la voie
  • La méthode de Méditation
  • vipassana avec jhana
  • Les avantages de jhana
  • Le chemin de vipassana
  • Le développement de vipassana samadhi
  • Le développement de la vision pénétrante de vipassana


Ci après, des extraits des trois premières formes de comprehension Juste:
La compréhension juste du kamma , Les trois chemins de la voie et La méthode de Méditation


1-La compréhension juste du kamma

On doit comprendre avec certitude le kamma avant de pouvoir pratiquer le Noble Octuple Sentier.

La doctrine du kamma joue un rôle très important dans le Bouddhisme. C'est le point central à saisir dans les enseignements du Bouddha et l'on doit le comprendre avec certitude avant de
pouvoir pratiquer le Noble Octuple Sentier.

Comprendre de façon juste le kamma pousse l'individu à comprendre la causalité morale, qui comporte la compréhension des dix actions kammiques bénéfiques, à savoir générosité, moralité, méditation, dévotion, service, dédicace du mérite, réjouissance du mérite d' 'autrui, écoute de la doctrine, enseignement de la doctrine et correction des vues erronées d'autrui.

La compréhension juste inclut également la compréhension des dix actions kammiques négatives, à savoir tuer, voler, avoir une conduite sexuelle incorrecte, mentir, calomnier, parler violemment, parler de façon vaine, convoiter, être malveillant, avoir des vues erronées.

Les actions bénéfiques engendrent de bons résultats. Elles sont porteuses de mérite et conduisent au bonheur, maintenant et plus tard. C'est pourquoi les dix actions bénéfiques sont appelées la bonne ligne de conduite.

Les actions négatives engendrent de mauvaises conséquences. Elles enlèvent du
mérite et conduisent à la souffrance et au malheur, maintenant et plus tard. C'est pourquoi les dix actions négatives sont appelées la mauvaise ligne de conduite.

Le sens littéral de kamma est "action" . Le Bouddha a défini le terme comme une volition. Toute action accomplie dans une intention pure est appelée kamma bénéfique.

Si l'intention est impure le kamma est dit négatif

C'est pourquoi le kamma n'est pas tant l'acte externe (ou visible) que la motivation ou la volonté impliquée dans l'acte de penser, de parler ou d'agir.
Aucun acte involontaire ou non-intentionnel ne peut être appelé kamma, à proprement parler.
(...)

2-Les trois chemins de la voie


La compréhension juste du Kamma et sila doivent être développés avant de pratiquer la méditation

A l'évidence, la compréhension juste du kamma et l'observance de sila fondent le chemin de base (mùla magga) qu'il faut affermir avant de pratiquer la méditation. L établissement de la
concentration d'atteinte (appana samndhi) ou de la concentration d'accès est un préalable nécessaire pour mener à bien la purification initiale de l'esprit.

On peut ensuite développer le chemin préliminaire de vipassanâ qui donne accès au noble chemin (ariya magga).

Trois étapes essentielles sont donc incluses dans le Noble Octuple Sentier :
Le chemin de base, le chemin préliminaire et le Noble Chemin.



3-La méthode de Méditation

(Les sous titres ne sont pas dans le texte initial, ils ont été ajouté pour en faciliter la lecture)


Ayant satisfait à l'exigence préalable de compréhension de la loi du kamma et de purification de sila, le méditant choisit un objet particulier sur lequel focaliser son esprit.

Lorsque l'attention est dispersée entre beaucoup d'objets ou sur certains objets d'observation
malaisée, la concentration est longue à s'établir. C'est pourquoi le méditant doit limiter le nombre d'objets sur lesquels il se concentre et doit en choisir un, bien précis, qui convienne à sa nature.


Contempler le "va et vient" du souffle en dirigeant l'attention vers la sensation physique de la respiration


En premier lieu, on peut commencer par contempler le va et vient du souffle. Puis, après avoir établi la concentration pendant un certain temps, on dirige l'attention vers la sensation physique de la respiration et non plus vers la respiration elle-même. C'est à dire que l'on observe le mouvement du souffle, sa lourdeur ou sa légèreté, ses qualités de chaleur ou de fraîcheur.

Pour développer la prise de conscience et la concentration, on doit observer les trois phases, initiale, médiane et finale, de la respiration.

Par exemple, lorsque l'inspiration touche les narines, on doit être conscient de son début, de son milieu et de sa fin, en essayant de maintenir cette conscience jusqu'à ce que l'expiration soit ressentie aux narines.

On doit, de la même manière, être conscient des trois phases de l'expiration.
Cette conscience doit aussi persister jusqu'à ce que l'inspiration survienne, de sorte qu'il n'y ait pas d'intervalle libre entre les deux mouvements respiratoires. L'esprit, posé sur la sensation de l'air qui entre et qui sort, éprouve la totalité de la respiration à chaque instant.



Observer ensuite les autres objets qui surgissent à chaque instant dans le corps et l'esprit

Ayant établi la conscience et la concentration grâce à l'observation de la sensation physique du souffle aux narines, le méditant peut observer d'autres objets mentaux et matériels qui surgissent à chaque instant dans le corps ou l'esprit, en rapport avec la vision, l'audition, l'olfaction, le goût, le tact et le mental.


Le méditant doit être conscient de toute sensation survenant dans le corps, qu'elle soit grossière ou subtile, douloureuse, plaisante ou neutre.Il doit aussi être conscient des saisies, des aversions, des plaisirs, des douleurs, des peines et de tous les phénomènes physiques et psychiques survenant dans le corps et dans l'esprit.

Ceci doit être fait objectivement et avec précision. Le méditant ne doit pas réfléchir à ces phénomènes tant qu'il n'a pas développé la vision pénétrante, la compréhension que la vraie nature de ces Phénomènes est l'impermanence, la souffrance et l'absence de "soi".


D'après la méthode de Mahasi Sayâdaw,

Le méditant doit commencer par observer l'élément "air" qui se manifeste nettement dans la région abdominale et dont les caractéristiques sont la fermeté, la pression et la mobilité. (...) On commence par prêter attention seulement à ces deux mouvements: la dilatation, la rétraction.

Ce n'est cependant pas tout ce qu'il faut faire. Si des pensées surviennent pendant que l'on
observe le va-et-vient de l'abdomen on constate: "pensées" et l'on retourne à l'observation première.

Si une sensation douloureuse apparaît dans le corps, on en prend note également quand elle se
calme, ou quand on l'a observée pendant un moment, on revient au mouvement abdominal.
(...)


Faire la différence entre l'apparition de l'objet, la prise de conscience de l'objet et l'objet lui-même.

Si le méditant a conscience de chaque événement qui survient en l'observant attentivement, l'esprit devient remarquablement calme et concentré, faisant la différence entre l'apparition de l'objet, la prise de conscience de l'objet et l'objet lui-même.

C'est le début du développement de la vision profonde, qui distingue l'esprit de la matière ou de l'objet.

(...)

Source : "LE PREMIER ENSEIGNEMENT DU BOUDDHA - Le sermon de Bénarès" par Vénérable Dr Rewata Dhamma - Collection Claire Lumière
*comme pour la majorité des "extraits de livres" de ce blog, j'ai scanné certains passages du livre pour pouvoir les publier sur ce blog )



La suite : ICI

  • Le chemin de vipassana
  • Le développement de vipassana samadhi
  • Le développement de la vision pénétrante de vipassana



dimanche 13 janvier 2008

Les Kamma(s) sont-ils inévitables ?




Ci après des extraits du livre de Mohan Wijayaratna: " Au delà de la mort "

Ce livre "explique" les renaissances et le kamma dans le Bouddhisme théravada + la traduction intégrale de 10 sutta.
Il est mentionné comme étant "indispensable" à la compréhension du Bouddhisme Théravada, dans
la liste de livres : ICI


Remarques préalables:
  • -Les titres et sous titres ont été ajoutés, (ils ne sont donc pas dans le texte initial) pour facilité la lecture du texte.
  • Pour rappel : Kamma est un mot pali (langue originelle du Bouddha) en sanscrit ont dit karma
  • Ce message est en quelque sorte le complément ou la suite d'un d'autre message ( plus ancien) de ce blog : Le Kamma
  • - Deux suttas à lire, pour une meilleure compréhension du kamma : kammavibhanga Sutta et Sivaka sutta (voir les liens à la fin de ce message)



Chapitre IV du livre : "LES KAMMA(S) SONT-ILS INÉVITABLES ?


Pour un jeune interlocuteur comme Subha Tôdeyyaputta qui n'avait aucune idée sur l'effet causal des actions, les textes rapportent que le Bouddha était obligé d'insister sur la valeur des kammas en disant:

"(...) O jeune homme, les êtres vivants ont les kammas pour biens, ils ont les kammas pour héritage ; ils ont les kammas pour matrice ; ils ont les kammas pour parents ; ils ont les kammas pour recours. Ces sont les kammas qui catégorisent les êtres vivants pour que ceux-ci soient inférieurs ou supérieurs (...)" ( Extrait du kammavibhanga Sutta)


Dans un autre registre, nous lisons également :

(...)Une femme ou un homme, un laïc ou un renonçant, doit toujours refléchir à ceci :
" mes biens sont mes kammas; mon héritagee est mes kammas; ma matrice est mes kammas ; mes parents sont mes kammas; mon recours est mes kammas. Si j'effectue un kamma bon ou mauvais, je deviendrai l'héritier de ce que j 'ai fait. (...)"


En lisant ces passages canoniques, on peut constater la place prépondérante des kammas dans la vie, mais on peut en même temps se poser deux questions importantes :

1- Tout ce qui arrive dans la vie est-il le résultat des anciens kammas ?

2. Les résultats des kammas sont-ils évitables ?


1- Tout ce qui arrive dans la vie est-il le résultat des anciens kammas ?

La réponse à cette question est négative.

Essayons de savoir pourquoi ?

Accepter que tout ce qui arrive dans la vie soit le résultat des anciens kammas signifierait que la vie est prédéterminée par la loi de kammas.


Or, toutes les idées déterministes demeurent étrangères au bouddhisme.


(...) le Bouddha a critiqué et rejeté les niya­ti-vada enseignées dans divers systèmes philosophico-religieux de son époque.


Les Écritures canoniques nous apprennent également qu’il a dénoncé le pubbakatahetu-vada, c’est-à-dire la doctrine selon laquelle tout arrive à cause des anciens kammas qu’on a effectués.


Ce fatalisme et la théorie selon laquelle tout arrive à cause d’une seule cause furent la cible des critiques du Bouddha. Le bouddhisme se présente dans les Écritures canoniques comme une doctrine qui évoque des raisons multiples.


Il est donc normal qu’à ses yeux, les situations de la vie aient des causes variées, entre autres, les anciens kammas.


A ce propos, un des meilleurs exemples concerne l’explication bouddhiste des mala­dies.


Nous trouvons la description suivante, dans le Girimananda ­sutta :

Certaines maladies sont causées par d’anciens kammas, (..) Mais, les anciens kammas ne sont pas l’unique cause des maladies, puisqu’il y en a qui se produi­sent :

à cause de la bile (pitta-samutthana abadha),
à cause du flegme (semha-samutthana abadha),
à cause de l’air (vata-samutthana abadha),
à cause de l’union des diverses humeurs (sannipataja abadha),
à cause du changement de saisons (utuparir)amaja abadha),
à cause de raisons spasmodiques (opakkamikaabadha) et
à cause d’un comportement mal équilibré (visamapariharaja abadha)


Dans un autre sermon le Bouddha rejette aussi l’idée que les anciens mauvais kammas soient la seule cause des malheurs qu’on éprouve, mais ils se produisent aussi sous l'influence d'autres facteurs:


« Sîvaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause de la bile, et à cause du flegme ; et à cause de l’air ; et à cause de l’union des diverses humeurs ; et à cause du changement des saisons, et à cause d’incidents irréguliers ; et à cause d’accidents soudains, et aussi à cause de la maturation des kammas. Des religieux et des ’brahmanes procla­ment que toutes les sensations agréables, désagréables éprouvées par tel ou tel individu dépendent des anciens kammas qu’il a commis. Mais je dis que ces religieux et ces brahmanes qui disent ainsi sont trop loin des faits réels. " ( Extrait du sivaka sutta: pour lire ce sutta en entier, voir liens à la fin du message)



De cette façon, pour le bouddhisme, les résultats des anciens kammas ne constituent pas le facteur unique qui conditionne la vie et l’existence entière de l’être individuel


Cet aspect doctrinal est encore mieux expliqué dans l’Abhidhamma selon lequel la loi de kammas est seulement un des cinq ordres principaux dont les quatre autres sont.


1 l’ordre atmosphérique (utu niyama), c’est-à-dire les phénomènes saisonniers : le vent, les pluies, les sécheresses etc.


2 l’ordre biologique (bija niyama), par exemple les particularités caractéristiques des grains, des fruits des arbres etc., et aussi l’aspect biologique des êtres vivants, y compris des humains.


3 l’ordre phy­sique (dhamma niyama) des phénomènes comme par exemple, la descente de l’eau vers les basses terres, et les autres cas naturels du même genre ;


4 l’ordre psychologique (citta niyama) : le fonction­nement de la pensée, ses pouvoirs, y compris les capacités comme la télépathie, la télesthésie, etc.


Tout cela veut dire que l’effet causal des actions (kamma niyama) constitue une des causes importantes, mais au même titre que les autres causes provenant des quatre autres ordres principaux.


Dans aucun de ces ordres, le bouddhisme ne voit une force déterminante.


Les actions et le fonctionnement d’un ordre peuvent être perturbés, changés, déviés ou rapportés à cause d’ac­tions ou d’interventions des autres ordres. Précisons que l’ordre des effets causals des actions fonctionne en liaison étroite avec l’ordre psychologique de l’être individuel concerné.

Ainsi, lorsque le Bouddha dit que les êtres vivants ont les kammas pour biens, qu’ils ont les kammas pour parents, etc., un tel énoncé général doit être compris comme lorsque nous disons dans la vie quotidienne, « les êtres humains ont l’argent pour biens, ils ont l’argent pour parents » etc.

Cela ne signifie pas que nous disons que tout dans la vie dépend de l’argent, mais que beaucoup de choses dépendent de l’argent.

De même, on peut dire que beaucoup de choses de la vie dépendent des kammas.

D’ailleurs, si le Bouddha dit que « tout dépend des kammas », un tel énoncé est d’une certaine façon exacte pour deux raisons :

-premièrement, tout dans l’existence de l’être individuel dépend de sa volition (celan) et -deuxièmement, toute l’existence de l’être individuel dépend de ses propres actions passées, présentes et futures.

Toutes ces volitions ou ces actions sont désignées dans les sermons par le seul mot : sankhara, un des facteurs importants de la coproduction conditionnée.


2-Les résultats des kammas sont-ils évitables?

Revenons à la seconde question : les résultats des anciens kammas sont-ils évitables ?

La réponse est affirmative.


En Occident, une idée généralement répandue dit que les résultats des kammas sont inévitables et qu’on doit « payer jusqu’au dernier sou » !


Certains auteurs qui ont écrit sur le bouddhisme au début du xxe siècle ont largement contribué à la propagation de cette opinion erronée.


Dans certaines interprétations, cette idée est fondée sur une mauvaise compréhension d’un vers du Dhammapada qui dit ceci : « Nulle part dans l’espace, ni au milieu de l’Océan, ni au fond d’une grotte pro­fonde, n’est trouvée une place sur terre où, en y demeurant, l’on puis­se échapper [aux conséquences] des mauvais kammas ».


A une époque où il n’y avait pas une bonne connaissance des textes bouddhiques, certains auteurs qui avaient seulement lu le Dhammapada (sans même lire son commentaire) ont utilisé sans cesse ce vers pour démontrer le danger du fatalisme. bouddhique !


En réalité, le commentaire du Dhammapada nous explique que ce vers a été prononcé par le Bouddha à propos d’un incident provoqué par quelqu’un qui avait commis un kamma très grave dont les résul­tats étaient imminents. L’idée présentée dans ce vers doit être prise dans son contexte car elle ne concerne pas tous les kammas.


De toute façon, la théorie de kammas du bouddhisme ne peut être réduite à un seul vers du Dhammapada, même si celui-ci est un recueil de vers importants.



Les kammas ne signifient pas nécessairement ceux du passé :


ils concernent les actions délibérées qu’elles soient du passé ou du présent.


Il y a deux aspects dont il faut tenir compte :


- d’une part, nous sommes les résultats de ce que nous avons été dans le passé et nous serons les résultats de ce que nous sommes dans le présent ; et


- d’autre part, nous ne sommes pas seulement les résultats de notre passé, et nous ne serons pas seulement les résultats de notre présent.


Les actions (kammas) présentes infléchissent beaucoup non seulement l’avenir, mais aussi les résultats présents des anciens kam­mas ou des kammas en voie de maturation.


En bref, les actions voli­tives qu’on a effectuées dans le passé arrivent à leur maturité selon la situation mentale présente de l’intéressé. Selon ses actions pré­sentes et son comportement présent, il ouvre ou il ferme la porte aux résultats des actions (bonnes ou mauvaises) qui sont liées à son passe. .


Si on les lit avec attention on constate que le Culakammavibhanga-sutta et le Maha-Kammavibhanga-sutta ne permettent pas de penser que chaque kamma bon ou mau­vais donne obligatoirement ou immédiatement un résultat.


Dans ces deux textes, les faits sont toujours indiqués de façon conditionnelle, avec beaucoup de « si » afin de signaler qu’il y a des alternatives.


Imaginons que les résultats des kammas anciens soient inévi­tables. Ce serait un déterminisme, et une telle théorie signifierait qu’on est obligé de faire face aux résultats de tous les kammas anciennement commis.


Alors, personne ne pourrait sortir du samsara jusqu’à ce que tous les résultats des kammas anciens soient épuisés.


Les Écritures canoniques rapportent que le grand chef religieux du jaïnisme appelé Nigantha Nathaputta (Jina Mahavira), contemporain du Bouddha, soutenait une telle théorie.


Pour lui, le vie religieuse avait pour but d’effacer tous les résultats kammiques anciens et c’est dans cette perspective que ses disciples pratiquaient des pénitences et des austérités sévères.


Ils expliquèrent un jour au Bouddha : « Honorable Gautama, si nous avons commis un mauvais kamma dans le passé, nous l’effaçons au moyen de cette sévère austérité. Ainsi, en effaçant les anciens kammas, en les épuisant, et en nous abste­nant de commettre de nouveaux kammas, pour nous, il n’y aura pas d’écoulement dans l’avenir ».


Sur ce point, la position du Bouddha était complètement diffé­rente:


Le Bouddha a parlé d’un « salut » que l’on peut atteindre par un changement radical de la pensée présente, ici et maintenant, au moyen de la compréhension vécue, tandis que pour atteindre le salut selon Nigantha Nathaputta, on devait épuiser complètement les résultats kammiques par des pénitences.


Le Bouddha a argué que si l’on ne pourrait atteindre la libération du cycle de renaissance sans en finir avec les mauvais kammas qu’on a commis, dans ses vies antérieures par les austérités, alors on ne pourrait pas non plus atteindre la libération sans finir avec les rétributions heureuses des kammas méritoires qu’on a effectués dans ses vies antérieures !


En outre, le Bouddha était hostile aux pénitences religieuses pour trois raisons :


-premièrement, la souffrance n’est pas un mal nécessaire, ni un moyen pour atteindre le salut, et les mortifications qui donnent la souffrance appartiennent à un « extrême qui est ignoble et engendre de mauvaises conséquences ».


-Deuxièmement, ces mortifications ne sont pas des moyens pour épuiser des résultats kammiques.


-Troisièmement, un épuisement des résultats kammiques n’est pas du tout nécessaire pour atteindre la libération par rapport à dukkha.
Au contraire, le Bouddha a enseigné à ne pas s’occuper des anciens kammas, mais à donner la priorité aux actions du présent. C’est dans ce sens qu’il a parlé du courage, de la diligence et de la sagesse pour infléchir l’avenir. Ainsi, dans les Écritures canoniques " le Bouddha se présente à la fois comme quelqu’un qui affirme la valeur causale des actions (kamma vadin), qui affirme la valeur des actions (kiriya vadin) et aussi qui parle de la nécessité de l’effort (viriya vadin) pour changer le présent et l’avenir à partir du présent.


Le Bouddha a clairement affirmé la possibilité d’éviter les résul­tats des anciens kammas :


« (...) Si quelqu’un dit qu’on doit récolter selon ce qu’on a semé cela signifie que la conduite pure n’a pas de valeur et qu’il n’y a pas de pos­sibilité d’atteindre la cessation complète de dukkha. Par contre, si quel­qu’un dit qu’on récolte selon ses actions, dans ce cas, il énonce que la conduite pure a une valeur et qu’il y a une possibilité d’atteindre la ces­sation complète de dukkha.(...) »


Dans cet énoncé, le Bouddha distingue deux idées :


le bouddhisme n’accepte pas l’idée qu’on récolte exactement ce qu’on a semé autrefois.


-On doit récolter selon les anciens kammas.


- On récolte selon ses actions. Le Bouddha approuve cette deuxième position, car ici il s’agit des actions (kammas) qu’on est en train d’effectuer.


Il est tout à fait vrai qu’on peut récolter selon ce que l’on sème. Mais pour autant le bouddhisme n’accepte pas l’idée qu’on récolte exactement ce qu’on a semé autrefois.


Pour prolonger cette parabole on peut ajouter que l'acte de semer n’est pas suffisant (pour avoir une récolte, mais qu’il est simplement un facteur nécessaire. Les graines semées ou plantes peuvent être détruites avant de donner des fruits, pour diverses raisons : les insectes, les sécheresses, les inondations, etc. Si les graines ne sont pas détruites, si elles sont devenues plantes ou arbres, si ces plantes ou ces arbres ne sont pas morts, s’ils ont trouvé des climats convenables, et les engrais corrects, c’est à ce moment-là qu’ils sont capables de donner des récoltes ! On peut dire autant à propos d’un kamma. Son arrivée à la maturité dépend des autres kammas, y compris des actions présentes.


A ce propos, un autre point doit être souligné :


c’est la diversité des kammas.


Selon le bouddhisme, tous les kammas n’ont pas la même valeur pour la simple raison qu’ils sont fondés sur divers états psychologiques :


chaque kamma volitionnel produit une énergie potentielle qui dépend de la pensée employée pendant telle ou telle action délibérée. Puisque le bouddhisme affirme l’importance de l’état psychologique de l’acteur au moment de son action, il est nor­mal que cette doctrine affirme aussi que le poids des kammas commis varie. Selon cette explication, il y a naturellement des kammas forts et des kammas faibles et les résultats de ces deux sortes de kammas sont différents. En outre, tous les kammas volitifs commis ne donnent pas les mêmes résultats toujours et partout. Selon le Maha- Kammavibhanga-sutta , et aussi selon d’autres textes cano­niques il existe trois types de kammas caractérisés par leurs résul­tats :


- Premièrement, il y a des kammas commis dans la vie présente dont les résultats sont limités à cette vie ; ils sont appelés dittha­dhammavedanïya. S’ils ne trouvent pas d’occasion pour donner des résultats avant la mort de leur auteur, l’énergie potentielle de ces kammas devient nulle et non avenue.


- Deuxièmement, il y a des kammas (commis dans cette vie présente) dont les résultats ne se produisent pas dans cette vie, mais seulement dans la vie suivante de leur auteur ; ces kammas sont appelés upapajjavedanïya. S’ils ne trouvent pas d’occasion pour donner des résultats pendant la vie sui­vante, l’énergie potentielle de ces kammas devient nulle et non ave­nue et par conséquent, ils ne donnent jamais de résultats.


-Troisièmement, il y a des kammas très forts qui sont capables de donner des résultats à n’importe quel moment favorable, dans n’im­porte quelle vie prochaine, et ces kammas sont appelés aprapariya­ vedanïya, c’est-à-dire, les kammas dont les résultats sont effectifs indéfiniment. Leur énergie potentielle existe d’une façon latente jus­qu’à ce que leur auteur atteigne un jour la cessation complète (pari­nibbana).


Après avoir longuement indiqué les diverses circonstances qui modifient les résultats kammiques, y compris les actions mentales (mana kamma) de l’être individuel sur son lit de mort, le MahaKammavibhanga-sutta insiste et souligne les divers effets des kammas :


« (...) Il Y a des kammas invalides qui se présentent comme des kammas invalides. Il y a aussi des kammas invalides en réalité, mais qui sont apparemment des kammas valides. Il y a aussi des kammas valides qui se présentent bien comme des kainmas valides. Enfin, il y a des kammas valides, mais qui sont apparemment des kammas inva­lides. (...) ».


Dans ce texte, le Bouddha explique quelle est sa position vis-à­ vis des opinions émises par certains maîtres et philosophes contem­porains sur cette question des résultats immédiats des kammas . Le Bouddha y rappelle que certains religieux et brahmanes qui avaient la capacité de voir (par les pouvoirs extra­sensoriels) comment les gens renaissent, s’étaient trompés et étaient arrivés à des conclusions inexactes, car ils n’avaient pas vue ces choses correctement.



La loi de kammas n’est ni un détermi­nisme ni un fatalisme

Ainsi, d’après le bouddhisme, la loi de kammas n’est ni un détermi­nisme ni un fatalisme à cause de la présence de deux raisons pratiques :


-d’une part, il existe des kammas où les résultats diminuent ou augmen­tent à cause de contre-kammas plus forts, et


-d’autre part, tous les kammas qu’on a commis ne donnent pas obligatoirement des résultats.


En effet, il y a des kammas qui n’atteignent jamais une maturité suffi­sante pour produire des « fruits » ; il y a aussi des kammas qui ne donnent pas de résultats à cause d’un changement dans l’existence de leur auteur.
Par exemple, les résultats de tous les kammas anciens d’un Arahant sont limités à sa seule vie présente pour la simple raison qu’il n’y aura pas de renaissance pour lui. Autrement dit, si quelqu’un ne renaît plus, les kammas n’ont plus l’occasion de donner de résultats au­-delà de sa mort.


Ajoutons que le domaine des kammas est celui de cinq agrégats d’appropriation. Lorsque ceux-ci ont disparu définitive­ment, il n’y a plus de base pour les kammas, ni pour leurs résultats.


Comme nous venons de le noter, le bouddhisme ne parle jamais de la nécessité d’épuisement des anciens kammas. Il parle uniquement des moyens pour éviter la production des nouveaux kammas


Lorsqu’on met fin à la renaissance, les anciens kammas deviennent nuls et non avenus.


Certains auteurs non bouddhistes qui discutent de la loi de kammas parlent de la nécessité de renaître pour épuiser les kammas. Notamment, des spiritistes et des théosophes pensent que chaque naissance est l’occasion de purifier des kammas accumulés dans des vies antérieures et de se perfectionner progressivement. Le bouddhisme ne partage pas cette idée. Nous avons noté plus haut qu’il ne considère pas que la renaissance soit une chance ou un mal néces­saire pour purifier ou pour progresser. Il ne considère pas non plus qu’on puisse épuiser les kammas anciens au moyen des renaissances, car chaque nouvelle naissance provoque de nouveaux kammas et ainsi, au lieu d’épuiser les kammas, on en accumule davantage.


Autrement dit, dans chaque nouvelle naissance on reçoit les résultats des kammas et on commet aussi de nouveaux kammas. Au lieu de parIer d’un épuisement des kammas, le bouddhisme parle d’un déraci­nement de l’ignorance (avijja) et de la « soif » (tanha), car, c’est notam­ment ces deux éléments qui provoquent non seulement les kammas, mais aussi des résultats bons ou mauvais, tout en engendrant de nou­velles naissances.


Toutes ces descriptions et explications montrent que la loi de kam­mas constitue un sujet très complexe. Une fois qu’elle est mise en marche, elle fonctionne subtilement, et d’une façon imprévue comme un cours d’eau dont le courant varie selon les pluies et la nature du ter­rain. C’est pourquoi les Écritures canoniques elles-mêmes affirment que « les résultats des kammas constituent un domaine inconcevable » pour les êtres ordinaires. Toutefois, elles ont essayé de l’expliquer le mieux possible.


En présentant la théorie des kammas, le bouddhisme semble avoir voulu atteindre plusieurs objectifs socio-religieux :


Premièrement, il donne une dimension éthique à toutes les actions délibérées de l’être individuel, en insistant sur la nécessité d’éviter les mauvais kammas et d’effectuer de bons kammas.


Deuxièmement, par cette théorie, le bouddhisme encourage ses adeptes à assumer la responsabilité de leurs propres actions. Autrement dit, il précise que chaque individu est le gérant de son propre avenir.


Troisièmement, le bouddhisme encourage par la théorie des kammas chaque personne à faire tout son possible pour supprimer le malheur des autres et pour leur apporter le bonheur.
De telles actions bienveillantes sont considérées comme de bons kammas. Au contrai­re, le moindre ennui causé aux autres, même aux animaux, est consi­déré comme un mauvais kamma.


Quatrièmement, par la théorie des kammas, le bouddhisme donne à ses adeptes un critère pour définir le Bien et le Mal.
Ainsi, chaque per­sonne est libre de connaître la qualité de ses kammas fondée non pas Sur la parole d’une haute autorité, ni sur une volonté divine, mais uni­qUement sur sa propre situation mentale au moment où l’action est commise. Bien entendu, selon la loi de kammas, chacun est libre de prendre des décisions, de commettre ou de ne pas commettre tel ou tel kamma, tout en sachant que c’est lui qui doit en accepter les consé­quences.


Cinquièmement, la théorie de kammas montre elle-même l’univer­salité de l’effet causal des actions : les résultats des kammas bons et mauvais concernent tout le monde, sans aucune discrimination reli­gieuse.


Quant aux causes des bons et mauvais kammas, elles sont les volitions qui peuvent se produire chez n’importe quelle personne appartenant à toute religion, nation, caste, race, classe ou couleur. Puisque la loi des kammas est tout à fait impersonnelle, il n’y a per­sonne pour juger, pour châtier ou pour pardonner. En effet, le kamma est une énergie potentielle qui se produit dans la série de pensées de chaque être individuel, et l’effet causal de cette énergie est automa­tique, selon le degré de la production, et selon l’occasion offerte pour le réactiver et arriver à maturation



La personne responsable des kammas

Enfin, avant de terminer ce long chapitre, il faut dire un mot sur la personne responsable des kammas.


De nombreuses descrip­tions canoniques (...)donnent l’impression que les résul­tats kammiques retournent à la même personne qui a commis telle ou telle action délibérée.


Dans notre discussion, nous avons suivi le même « usage du langage ordinaire » : celui qui a effectué des kammas, reçoit leurs résultats.


A ce propos, on peut se demander si la loi des kammas n’est pas en contradiction avec la doctrine du non-Soi selon laquelle il n’y a rien qui transmigre d’une naissance à l’autre.


Ce type de questions nous amène au domaine de la phi­losophie bouddhiste où le langage n’est pas le même Bien enten­du, les Écritures canoniques n’ont pas ignoré la tension paradoxale entre la théorie des kammas et la doctrine du non-Soi.


Mais le problè­me est vite résolu en attribuant la responsabilité de l’ensemble de l’existence à la coproduction conditionnée. Justement à une question posée par un ascète nommé Acela-Kassapa, le Bouddha répond :


« 0 Kassapa, lorsqu’on dit que l’individu commet des actions et que le même individu reçoit leurs résultats - comme vous l’avez dit au début : « la souffrance de l’individu est créée par lui-même » - une telle affirmation se réduit à la théorie éternaliste. Lorsqu’on dit qu’un individu commet des actions et qu’un autre obtient leurs résultats, c’est-à-dire l’opinion selon laquelle on souffre à cause de la faute d’un autre, une telle affirmation se réduit à la théorie annihiliste.


Dans ce cas, ô Kassapa, le Tathagata enseigne la doctrine sans aller à ces deux extrêmes, mais selon la voie du milieu que voici :


"conditionnées par l’ignorance se produisent les compo­sitions mentales ; conditionnée par les compositions mentales se produit la conscience ; conditionnés par la conscience se produisent les phéno­mènes mentaux et physiques ; conditionnées par les phénomènes mentaux et physiques se produisent les six sphères sensorielles ; conditionné par les six sphères sensorielles se produit le contact [sensoriel et mental] ; conditionnée par le contact se produit la sensation ; conditionnée par la sensation se produit la « soif » ; conditionnée par la « soif » se produit la saisie ; conditionné par la saisie se produit le processus du devenir ; condi­tionnée par le processus du devenir se produit la naissance ; conditionnés par la naissance se produisent la décrépitude, la mort, les lamentations, les peines, les douleurs, les chagrins, les désespoirs. De cette façon se produit ce monceau de dukkha. (...) ».


Selon cette explication, non seulement la pièce et son auteur, mais aussi la production, le réalisateur, le metteur en scène et les acteurs ne sont autres que la coproduction conditionnée où tout est relativisé. Cette position impersonnelle, ou plutôt non personnelle, a été définie par la suite dans les commentaires par l’expression philosophique :


« Il n’y a pas d’auteur pour les actes commis, ni quelqu’un qui reçoit les sensations venant des résultats. Seuls s’écoulent les facteurs constituants. Sur ce sujet, cela est la vue correcte ».


Non seulement avec la renaissance, mais aussi avec le sujet des kammas, le plus souvent on arrive à tort à la conclusion qu’il y a un individu permanent qui commet toutes ces actions. C’est l’erreur qui consiste à distinguer l’action de son auteur qui crée la confusion.


En réalité, il n’y a pas d’auteur en dehors de l’action ; il n’y a personne qui pense en dehors de l’action de penser, de même qu’il n’y a pas de voya­geur en dehors du voyage. C’est l’action de voyager qui est le voya­geur. C’est l’action elle-même qui est l’auteur. L’action elle-même est un amas de réactions. Chaque action donne une résolution au proces­sus des actions qui n’est qu’un mélange de la matière (rupa), de la sen­sation (vedana), de la perception (sañña), des composants volitionnels (sankhara) et de la conscience (viññana) de telle ou telle chose.


En fin de compte, c’est plutôt une affaire de processus des sensations : il y a une action dans le contact (sensoriel et mental), une réaction dans la sensation et une perception dans la sensation qui définit la division, la distinction et la séparation des actions. L’action elle-même n’est pas autonome, car elle dépend d’autres conditions et un auteur artificiel n’est qu’un produit de l’ignorance et de la « soif » afin de maintenir la sensation dans laquelle le « Je » prend place et s’installe. Ainsi, la voli­tion (cetana) elle-même constitue à la fois les kammas et l’auteur des kammas.


Qui obtient alors les résultats kammiques ? C’est la sensation elle-même qui reçoit les résultats. Ainsi, il n’y a personne qui sème ni personne qui récolte. C’est pourquoi, la philosophie bouddhique parle plus souvent et plus longuement de la volition et de la sensation que des kammas ou des résultats kammiques. De toute façon, le bouddhis­me insiste sur la nécessité d’organiser correctement la volition pour qu’il n’y ait plus aucune volition ou, pour mieux dire, aucun composant volitionnel (sankhara) ; il insiste aussi sur la nécessité de rejeter toutes les sensations, qu’elles soient agréables, désagréables ou neutres. Enfin, au niveau de la haute sagesse (pañña), il présente un projet qui fait barrage aux kammas de toutes sortes et aussi aux résultats kam­miques.



LES SUTTAS A LIRE



kammavibhanga Sutta :La petite analyse de l'action

Sivaka sutta : Les actions et leurs résultats:
  • - Lire ce sutta en entier dans Le Kamma (tout en bas du message)
  • - Ou : ICI




vendredi 3 août 2007

Le kamma (Karma en sanscrit)


photo : dhammapiti


La loi du kamma (en sanscrit : karma); fait partie des enseignements essentiels dans le Bouddhisme.

Etre "Bouddhiste" c'est aussi; connaître et comprendre le kamma


La doctrine bouddhique de la renaissance doit être distinguée de la théorie de la réincarnation qui implique la transmigration d'une âme dans une nouvelle enveloppe physique, car le Bouddhisme n'admet pas l'existence d'une âme immuable et éternelle créée par un Dieu ou émanant d'une Essence Divine (paramatma).


Livres conseillés :

-Il n'y a ni mort ni peur, par Thich Nhat Hanh

- Au delà de la mort par Mohan Wijayaratna.
Ce livre de Mohan Wijayaratna "n'a pas pour but de prouver qu'il y a une ou plusieurs vies après la mort, mais se propose simplement de montrer comment le phénomène de renaissance est expliqué dans le bouddhisme des textes canoniques. c'est sur ce fondement doctrinal que les bouddhistes croient, en principe, que l'existence de l'être individuel ne s'arrête pas à la mort"
Voir : Liste livres


Plan de ce message:

-Kamma selon le Bouddha
-Kamma et renaissance
-Explication de Dominique Trotignon
-Kamma
-Kamma et le bouddhisme
- La place des khamma dans les renaissances ( extraits du livre de Mohan Vijayaratna : "Au delà de la mort")
-Extraits du kammavibhanga Sutta : La petite analyse de l'action
-
Le sivaka sutta :les actions et leur résultat


Rappel : pour en savoir plus : cliquer sur les mots surlignés en bleu




Kamma, selon le Bouddha :


Définition :

"L'intention, vous dis-je, est kamma. En ayant intention, on crée du kamma au moyen du corps, du discours, et de l'intellect."


« O Moines, la volition (cetanâ) est ce que j’appelle action (cetanâ’ham bhikkhave kammam vadâmi) car c’est par la volition qu’on accomplit l’action corporelle, par la parole ou l’esprit…
Il existe le kamma (action), ô moines, qui mûrit aux enfers…, le kamma qui mûrit dans le monde animal…, le kamma qui mûrit dans le monde des hommes…, le kamma qui mûrit dans le monde céleste… Cependant le Fruit de kamma est triple : mûrissant au cours de la vie (dittha-dhamma-vedaniya-kamma), mûrissant à la prochaine renaissance (upapajjavedanîya kamma), mûrissant au cours de naissances successives (aparâpariya-vedaniya-kamma .»

«La convoitise, ô moines, est une condition propre à l’apparition de kamma, la haine est une condition propre à l’apparition de kamma, l’égarement est une condition propre à l’apparition de kamma »

« Les actions mauvaises sont de trois sortes : conditionnées par la convoitise ou la haine ou l’égarement. »

« Le meurtre…le vol…les relations charnelles illégales…le mensonge…la médisance…les paroles grossières…les bavardages insensés mis en pratique, entretenus et souvent cultivés, mènent à une renaissance aux enfers ou parmi les animaux ou les trépassés ».

« Celui qui tue et qui est cruel va aux enfers, ou s’il reprend naissance comme homme, sa vie sera de courte durée. Celui qui tourmente les autres sera affligé de maladies. Le coléreux sera laid, l’envieux sera sans influence, l’avare sera pauvre, l’obstiné sera d’humble extraction, l’indolent sera sans connaissances. Dans le cas contraire, l’homme renaîtra au paradis ou, s’il renaît comme homme, il vivra longtemps, sera beau, aura de l’influence, sera de noble origine et pourvu de connaissances. »

« Les êtres sont possesseurs de leur kamma, héritiers de leur kamma, le kamma est la matrice d’où ils naissent, le kamma est leur ami, leur refuge. Quel que soit le kamma qu’ils accomplissent, bon ou mauvais, ils en seront les héritiers. »


Source : Nyanatiloka –Vocabulaire Pali-Français des termes Bouddhiques





Kamma et renaissance

Dans notre vie quotidienne, tous nos actes (karma) dépendent étroitement de cette vision des choses : nos actions, nos réactions, nos désirs et nos craintes sont déterminés par cette croyance en l'ego. C'est pour l'entretenir, le protéger et le développer que nous agissons ou réagissons, en fonction de nos idées et de nos sentiments ou des événements extérieurs.
A chaque fois que quelqu'un ou quelque chose nous semble le mettre en cause, nous agissons comme pour bien nous prouver à nous-même que nous existons, que cet ego existe. Chacun de nos actes, ainsi, naît de cette intention de prouver son existence et, une fois l'acte passé, nous nous réjouissons de l'avoir prouvée.
Chaque fois que notre ego est en danger de mort, nous faisons tout pour le faire renaître, pour le maintenir en vie... C'est la croyance en l'ego qui nourrit l'intention de chacun de nos actes et c'est l'attachement au résultat de ces actes qui entretient notre croyance en l'ego. Chaque acte entraîne ainsi une "nouvelle naissance" - une renaissance - de l'ego.

Source : UBE





Dominique Trotignon, explique :
Si le terme karma se traduit par "acte", étymologiquement il vient de la racine indoeuropéenne *kr qui, en français, a donné le verbe "créer". Le karma est donc une "construction", un acte intentionnel et volontaire qui s'effectue en faveur de l'idée du Soi. C'est l'acte en tant qu'il perpétue l'idée de Soi, par l'intermédiaire du doublet convoitise/aversion : ce que je fais pour perpétuer l'idée de Soi en la nourrissant, ou ce que je fais contre ce qui la met en danger, pour protéger cette idée de Soi de la destruction.
Il ne s'agit donc pas de tout acte mais seulement de celui qui, consciemment ou inconsciemment, nourrit ou protège le Soi, a l'idée de Soi pour fondement. Il est donc logique qu'il perpétue ce Soi et qu'il en provoque la renaissance... c'est sa raison d'être, sa fonction même !
Source : UBE



Kamma

Kamma en pali, ou karma en sanskrit, signifie acte, action, ainsi que l'état mental dans lequel est fait cette action, bonne ou mauvaise. C'est donc l'état mental présent dans l'esprit quand nous faisons une action. Ce n'est pas l'action elle-même, qu'elle soit bonne ou mauvaise, mais l'état mental qui accompagne cette action, qu'elle soit saine ou malsaine.

Comme tout état mental, il apparaît et disparaît immédiatement, car selon les enseignements du Bouddha, que ce soit un phénomène matériel ou mental, il apparaît et disparaît immédiatement. Cependant, contrairement aux autres états mentaux, quand il disparaît, il laisse le potentiel de donner des résultats dans l'esprit des êtres.

Même si nous ne savons pas où ce potentiel est stocké, quand les conditions sont favorables pour le kamma de donner des résultats, les résultats sont produits. Prenons l'exemple d'un pommier. Avant que les fruits soient sur l'arbre, nous ne pouvons pas dire où ils sont stockés : dans les racines ou dans le tronc ou dans les branches ou dans les feuilles. Mais quand les conditions sont réunies, comme le soleil et l'eau, les fruits sont produits. Il en est de même avec le kamma qui a le potentiel de donner des résultats quand les conditions sont favorables.

Le kamma peut être bon ou mauvais. Lorsqu'il est bon, il produit de bons ou d'heureux résultats et quand il est mauvais, il produit de mauvais ou de douloureux résultats. Ceci est la loi du kamma découverte par le Bouddha. Il découvrit que certains êtres mouraient et reprenaient naissance dans une existence misérable parce qu'ils avaient un mauvais kamma de leur passé, et que d'autres avaient une renaissance heureuse en tant qu'êtres humains ou célestes parce qu'ils avaient un bon kamma de leur passé.

Il y a plusieurs sortes de kamma. Le kamma qui donne des résultats dans cette vie même, le kamma qui donne des résultats dans la future existence et le kamma qui donne des résultats de la troisième existence indéfiniment jusqu'à ce que la personne se libère de la ronde des naissances. Ces trois sortes de kamma s'éteignent quand ils n'ont pas l'occasion de donner des résultats pendant la durée impartie.

Cette compréhension de la loi du kamma nous enseigne que chacun est responsable de lui-même car si nous sommes heureux ou si nous souffrons c'est le résultat de notre kamma du passé. Tout ce qui est agréable dans notre vie est le résultat d'un bon kamma de notre passé, et toute notre souffrance est le résultat du mauvais kamma de notre passé. Nous ne pouvons par conséquent blâmer personne d'autre pour notre souffrance ou nos échecs dans cette vie. Si nous voulons accuser quelqu'un, nous pouvons accuser notre kamma.

Le kamma produit des résultats, et puisque nous créons nous-mêmes le kamma, nous sommes les seuls à créer les résultats qui seront produits. Nous sommes donc maîtres de notre futur. Nous pouvons modeler nos futures existences. Nous sommes libres, nous ne dépendons de personne pour avoir un bon futur parce que nous seuls pouvons créer notre futur.

Quand nous comprenons que nous sommes seuls responsables de notre souffrance ou de notre bonheur, nous savons que nous pouvons façonner notre futur afin d'obtenir le bonheur et non la souffrance. Si nous ne souhaitons pas de douloureux résultats, nous devons simplement éviter ce qui produira de douloureux résultats. La loi du kamma nous enseigne de nous abstenir de faire du mal, ce qui est nuisible à nous-mêmes et aux autres. Ainsi, nous pouvons améliorer notre vie dès à présent, et également nos vies futures.

Le Dalaï-lama dit qu'il est plus important de comprendre le kamma et comment il fonctionne plutôt que toute la philosophie du Mahayana sur la vacuité.

Chaque chose de notre vie présente est le résultat de notre passé, de ce que l'on a fait. Nous sommes responsables de ce qui nous arrive maintenant. Le monde est le champ de relations de causes et d'effets. Cela nous encourage à agir de façon à engendrer des effets qui nous seront bénéfiques plus tard. Le passé affecte le présent, les causes du passé engendrent notre présent.

Le bouddhisme enseigne l'équanimité par rapport aux événements de notre vie. La façon de répondre à ces événements aura des conséquences dans le présent et aussi dans le futur. En nous sentant responsables du moment présent, cela affecte nos comportements et leurs conséquences dans le futur. Nous donnons une orientation à notre vie en fonction des choix que nous faisons maintenant.

Si nous faisons preuve de gentillesse et de générosité, nous créons les causes pour recevoir de la gentillesse et de la générosité. Si nous manifestons de la colère et de l'hostilité nous créons les résultats : nous recevrons la colère et l'hostilité. Nous devons toujours être attentifs à la façon dont nous agissons dans le présent. Nous sommes responsables, nous en subirons les conséquences plus tard.

C'est notre intention, notre motivation qui sont importantes et produiront des résultats. Nous devons nous demander : quelle est mon intention quand je dis cela ? Quand je fais cela ?

Chaque action est déterminée par une intention. Cela peut être de se protéger, d'obtenir quelque chose ou bien d'aider. L'intention est la graine qui donnera des fruits plus tard. Le pouvoir de l'attention, sati, nous permet de ne plus répondre de manière conditionnée en semant des graines d'avidité et de haine. Nous sommes conscients de ce qui est sans réagir et créer du kamma.

Puisque que le kamma donne des résultats, s’il y a du kamma, il y aura des résultats. Nous ne pouvons échapper aux conséquences du kamma créé dans le passé, à moins de devenir Bouddha ou Arahant.

Quand une personne renaît dans une autre vie, cette renaissance est le résultat de son kamma passé. Selon l'enseignement du Bouddha, il n'y a pas d'intervalle entre la mort et la renaissance. Une personne peut renaître à des milliers de kilomètres ; il y a des gens morts en Angleterre et qui ont repris naissance en Australie. Bien que la distance soit très grande, des milliers de kilomètres, il n'y a pas d'intervalle entre la mort et la renaissance. La renaissance suit immédiatement la mort, c'est le résultat du kamma du passé.

La mort n'est qu'un moment de la vie, le dernier moment. En fait, la disparition d'un moment et l'apparition d'un autre moment se produit même quand nous sommes vivants. Nous mourons et renaissons à chaque instant de notre vie. En réalité, cette vie-ci et la prochaine vie ne sont différentes que d'un instant. Le moment de la mort, nous l'appelons cette vie, le moment qui suit immédiatement la mort, nous l'appelons la nouvelle vie ou la prochaine vie, car nous utilisons des termes conventionnels. Mais la mort et la renaissance sont simplement un moment suivant un autre moment.

Par exemple une seconde après minuit le 31 décembre, nous disons que c'est un nouveau jour, un nouveau mois, une nouvelle année. Mais en fait, il y a seulement une seconde de différence entre l'année précédente et la nouvelle année. Nous disons l'année dernière, l'année passée, mais en fait, nous ne sommes qu'à une seconde de minuit. De la même façon, quand les êtres renaissent c'est seulement un instant après la mort.

L'apparition et la disparition des phénomènes physiques et mentaux se poursuivent jusqu'à ce que l'on devienne Arahant ou Bouddha et que l'on meurt. Jusqu'à ce moment, l'apparition et la disparition des phénomènes physiques et mentaux continuent. Mais qu'est-ce qui renaît ?

La personne qui renaît n'est ni la même personne, ni totalement une nouvelle personne. Au moment de la renaissance, le kamma produit un état d'esprit et quelques propriétés matérielles, et c'est cela que l'on appelle renaissance. L'esprit et la matière qui sont produits au moment de la renaissance ne sont pas des choses transférées de la vie précédente. En fait, rien ne se déplace de cette vie vers la future existence. Cependant, les résultats des actes commis dans la précédente existence produiront des résultats dans le futur. Ils sont reliés par la loi de causes et d’effets.

Par exemple dans un collier ou dans un chapelet, il y a des perles. Ces perles sont différentes les unes des autres et sont distinctes aussi. Comme elles sont reliées par une ficelle, nous pensons qu'il y a une série de perles, mais en fait, il n'y a que des perles individuelles. De la même façon, l'esprit et la matière sont nouveaux à chaque instant, apparaissant à chaque instant, mais il y a quelque chose comme un lien qui traverse la succession d'apparition d'esprit et de matière qui est la relation de cause et d'effet. Selon le Bouddha, chaque chose dans le monde est souffrance du fait de son caractère impermanent.

Pouvons-nous trouver quelque chose qui soit permanent dans le monde ?

Pouvons-nous trouver quelque chose qui apparaît seulement et ne disparaît pas?

Rien ne dure continuellement, tout a une fin, simplement parce qu'il y a eu un début. Quand il y a un début, il y a une fin, c'est la loi de la nature, nous ne pouvons y échapper.

Nous sommes nés en tant qu'êtres humains, nous avons commencé à vivre, mais nous ne vivrons pas éternellement. Un jour nous mourons parce que ce sera la fin de notre vie. Quand il y a un début, il y a une fin et quelque chose qui a commencé et se terminera ne peut pas être permanente.

Le Bouddha dit « ce qui est impermanent est souffrance ». De même les cinq agrégats sont souffrance parce qu'ils sont impermanents. Il ne faut pas seulement chercher à comprendre les enseignements du Bouddha, il faut les mettre en pratique aussi. Ses enseignements sont comme des médicaments, ils ne sont efficaces que si on les prend. Nous pouvons avoir beaucoup de médicaments chez nous, mais si nous ne les prenons pas nous ne guérirons pas. C'est seulement en pratiquant que nous pourrons nous libérer de la souffrance et de toutes nos impuretés mentales. C'est pourquoi la pratique est si importante. C'est uniquement par la pratique que nous pourrons accomplir ce qui fut accompli par les Bouddhas et les Arahants.

En comprenant ses enseignements, nous comprenons que, quel que soit le résultat du kamma, qu'il soit bon ou mauvais, il est en fait souffrance puisqu'il crée de nouvelles existences qui sont souffrance et prolonge notre cycle dans le Samsara.
Source : vipassanasangha
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Ecouter : Kamma, la suite : LA



Le Kamma, suivant le Bouddhisme :

Quant aux mécanismes de la renaissance, fruit du kamma, le bouddhisme enseigne, que tout être est un agrégat d’énergies matérielles et mentales. Après la mort, à savoir après l’arrêt du fonctionnement de l’organisme physique, les énergies demeurent vives : ce sont la volonté et le désir ardent d’exister, de progresser dans son existence... Ils sont si puissants qu’ils se manifestent de nouveau avec un autre corps en fonction, chargé du bien, du mal et de toutes les transformations opérées et « préparées » dans les vies antérieures. Tout cela s’accumule dans le corps d’autant plus qu’il est le « créateur » de celui-ci.

Voilà le processus de la réexistence, la « renaissance » . Dans le cours d’une même vie nous naissons, mourons et renaissons chaque instant, tout en continuant à exister, et ce, sans nécessité d’un atman ou d’une âme immuable.

La renaissance ne suppose pas l’existence d’une âme inchangée voire figée indépendamment du corps et du mental, qui « recevrait » un nouveau corps, châtiée ou récompensée par celui-ci, une âme déchue tombée du monde spirituel dans le « gouffre » de la matière. De plus, suivant le bouddhisme il n’est pas question de rétribution ou de punition accordée ou infligée à l’être vivant par une divinité gouvernante ; mais il s’agit d’un processus de causes et effets, d’actions et de réactions ; autrement dit : c’est une loi inchangeable.

Les agrégats d’énergies physiques et mentales qui composent la « vie » , changent incessamment et à tout instant ; ils meurent et sont ravivés. La vie est un flux ininterrompu sans qu’il ait besoin d’une substance transmigrant d’un corps à un autre, ni d’une étape à une autre.
Source : buddhaline



La place des khamma dans les renaissances :

Le terme pâli kamma (skt. karma) signifie littéralement : un acte, une action, une œuvre ou un fait accompli. En général, le mot kamma est employé pour désigner non seulement n’importe quelle action, mais aussi son résultat, comme c’est le cas pour le terme français« action » . Par exemple, écrire un livre est une action. Le livre écrit est donc un fruit de l’action d’écrire. Mais, enfin le livre écrit aussi peut être dési­gné comme une action lorsqu’on dit« c’est une bonne action » ou « c’est une mauvaise action » etc. En effet, la frontière entre l’action et son résultat est très étroite. L’action se transforme en fruit et celui-ci à son tour se transforme en action. Les actions continuent et leurs fruits aussi. Autrement dit, les actions se développent vers les résultats et ceux-ci s’acheminent vers d’autres actions.

Actions délibérées et intentions

Dans le contexte de la théorie des kammas, ce terme est employé pour désigner uniquement les cas concernant des actions délibérées et leur intention. La raison en est très simple : la volition (cetana) y est le facteur le plus important. Lorsque ce facteur est absent dans (ou pen­dant) une- action, celle-ci n’est pas définie comme un kamma, mais comme un simple acte (kiriya matta) qui ne produit aucun résultat kammique. Par exemple, si je regarde ma montre de temps en temps depuis ce matin, cela ne constitue pas un kamma, pourtant c’est une action au sens ordinaire du mot. Regarder la montre n’est-elle pas une action sans intention ? Si. Psychologiquement parlant, il existe une voli­tion : c’est celle de connaître l’heure (afin de boire une tasse de thé !), mais cette volonté n’a aucun effet kammique. L’intention de connaître l’heure, ou la volonté de boire du thé, ne produisent pas de série de pensées potentielles pour former un kamma. En revanche, si je regarde quelqu’un avec colère, je fais un kamma, car dans ce cas, mon action de regarder est fondée sur une volition influencée par la colère. Cette colère n’est pas arrivée par hasard, ni spontanément, mais elle a son histoire construite autour de mes cinq agrégats d’appropriation : c’est pourquoi j’identifie le « Je » présent au « Je » passé qui avait un problème avec l’individu vers lequel je manifeste ma colère. En renouvelant mon mécontentement ancien, et en regardant l’individu avec colère non seule­ment je renouvelle mon ancien « Je », mais je fais aussi un kamma fondé sur la volition appelée colère. Lorsque la volition est de plus en plus forte, le kamma s’élabore également. Pour le Bouddhisme, la voli­tion (cetana) est synonyme de kamma. Car, « c’est en ayant voulu qu’on effectue un kamma au moyen du corps, ou au moyen de la paro­le ou au moyen de la pensée » . Ainsi, sans volition, il n’y a pas de kamma.


Intention et Ignorance

Ici, il ne faut pas confondre absence de volition avec absence de connaissance. La première représente un état mental non délibéré, involontaire, tandis que la deuxième représente l’ignorance. Dans n’im­porte quelle action, l’ignorance peut exister à trois niveaux : On peut être en colère, mais, sans savoir qu’on est en colère ;. sans savoir que la colère n’est pas bonne ;. sans connaître la réalité des choses. On peut également être en colère tout en sachant qu’on est en colère, et tout en sachant que la colère n’est pas bonne. Pourtant, personne ne peut être en colère tout en connaissant la réalité des choses. Car, la colère ne se produit pas chez celui qui a compris la réalité des choses. Cela signifie qu’il n’y a pas de cohabitation possible entre la colère et la connaissance de la réalité des choses. Ainsi, au plus haut niveau doctrinal, le terme « ignorance » (avijja) désigne la non-connaissance de la réalité des choses et dans la coproduction conditionnée*, c’est cette ignorance qui fait naître les compositions mentales (avijja paccaya sankhara) dont nous avons parlé plus haut. Dans la doctrine des kam­mas, les actions méritoires (puñña), déméritoires (apuñña) ou neutres (aneñja) sont classées sous le titre de compositions mentales (sankhara). De cette façon, les kamma ont leur place dans la coproduc­tion conditionnée


L’absence d’intention

Dans le cas d’une « faute » qu’on a commise, l’absence d’intention signifie qu’il n’y pas eu de kamma mauvais. Autrement dit, pour qu’une action soit un mauvais kamma, l’intention doit nécessairement être mauvaise’ . Ici, nous utilisons le terme « intention » au sens de la loi des kammas, et non pas dans son sens socio-juridique. Par exemple, ima­ginons que l’on vole avec l’intention de donner aux pauvres. A premiè­re vue, l’intention est bonne, car subvenir au besoin des pauvres est une bonne chose. Mais, la loi des kammas juge le cas différemment. Elle distingue deux actions : voler et pratiquer la charité. Au moment où l’on vole, on a la volonté de voler. Lorsque l’on donne aux pauvres on a la volonté de donner. Puisqu’il y a deux actions différentes, il y aura aussi deux sortes de résultats.

Donc, dans le cas d’une « faute », l’absence d’intention signifie tout simplement l’absence d’une mauvaise volonté au moment où l’action est accomplie. Imaginons que j’aie besoin d’un stylo. Je prends le stylo de ma petite soeur, dans sa chambre, pendant son absence. Evidemment, cela ne constitue pas un vol, car je n’ai aucune intention de voler le stylo en question, bien que je le prenne sans la permission de ma soeur. Pendant mon action, aucune inquiétude, aucune hésita­tion, aucune [série de] pensées concernant un vol ne se produit en moi. Puisque je n’ai aucune intention de voler, ce stylo n’est pas un objet indûment obtenu. Ainsi, sans intention de voler, n’ayant pas produit une série de pensées motivées par l’avidité, c’est un simple acte qui ne donne aucun effet kammique. Imaginons en revanche que j’aille au Supermarché du voisinage et que je mette délibérément un stylo dans ma poche afin de partir sans payer. Cela constitue bien entendu un vol et donc un mauvais kamma, car à chaque étape de mon action, j’ai eu l’intention de voler un stylo et j’ai été conscient de prendre cet objet contre le gré et à l’insu du commerçant. Ainsi, une longue série de pen­sées se produit en moi pendant cette action et ces pensées constituaient une volonté influencée par l’avidité : l’avidité de posséder un stylo et l’avidité pour l’argent non dépensé.

Nécessité d’une bonne intention

Cependant, dans le contexte d’un bon kamma, l’absence d’intention signifie soit que l’on n’a pas une idée claire de la valeur de sa propre bonne action, soit tout simplement l’absence d’une bonne intention. Or, pour qu’une bonne action soit un bon kamma, il faut nécessairement qu’il y ait non seulement l’absence d’une mauvaise intention mais aussi la présence d’une bonne intention. Imaginons que je donne quelque chose à quelqu’un. Dans cette action, si j’ai l’intention de donner vrai­ment, sans aucune arrière-pensée, cela signifie qu’une série de pensées se déroule en moi, et que ces pensées constituent une volonté influen­cée par la générosité (dana cetana) dépourvue d’avidité et d’aversion. L’action que j’effectue sur cette situation mentale est un bon kamma qui peut produire d’heureux résultats kammiques. Cependant, dans ce contexte, la bonne volonté n’est pas le seul facteur nécessaire ; il faut aussi une idée claire sur l’action qu’on va commettre ou qu’on est en train de commettre. En effet, une bonne intention mêlée à l’égarement (moha) peut produire des effets négatifs qui peuvent affaiblir la valeur de la bonne action. Autrement dit, pour qu’une action soit un bon kamma, la situation mentale employée dans cette action doit être dépourvue d’égarement et de confusion . Par exemple, si je donne à un malade très souffrant un médicament avec beaucoup de compassion et de générosité, mais sans réfléchir au danger des médicaments, et sans savoir que ce malade est allergique au médicament en question, le résultat immédiat est catastrophique, et évidemment cette action ne constitue pas un bon kamma. Lorsque je vois ce que j’ai fait, je com­mence à regretter et cette insatisfaction et ce remords constituent les mauvais résultats immédiats de mon action. Cela veut dire que pour qu’un don soit un bon kamma, il faut non seulement la générosité, mais aussi une certaine intelligence.

Source de ces Extraits (du livre de Mohan Vijayaratna : "Au delà de la mort"): anussati



Lire aussi : le Kamma dans la canon pali : "Action intentionnelle": ICI


Extraits du kammavibhanga Sutta ( La petite analyse de l'action)

J'ai entendu qu'en une occasion le Béni du Ciel se trouvait près de Sâvatthi dans le Bosquet de Jeta, le monastère d'Anathapindika.

Alors Subha l'étudiant, le fils de Todeyya, alla au Béni du Ciel et, en arrivant, échangea de courtoises salutations avec lui. Après un échange de salutations amicales, et de courtoisies, il s'assit sur un côté. Comme il était assis là, il dit au Béni du Ciel: "Maître Gotama, quelle est la raison, quelle est la cause de ce qu'on voit parmi les êtres humains et parmi la race humaine et la bassesse et l'excellence? Car on peut voit des gens de longue et de courte durée de vie, des gens malades et des gens en santé, des laids et des beaux, certains qui n'ont aucune influence et d'autres beaucoup, des pauvres et des riches, des mal-nés et des bien-nés, des gens stupides et des gens de discernement. Quelle est donc la raison, quelle est donc la cause, pour laquelle on peut voir parmi les êtres humains, parmi la race humaine et la bassesse et l'excellence?"

"Etudiant, les êtres sont propriétaires de leurs actions, héritiers de leurs actions, nés de leurs actions, mis en relations par leurs actions, et ont leurs actions pour arbitre. L'action est ce qui différencie les êtres en termes de bassesse et d'excellence."

"Je ne comprends pas le sens détaillé de l'exposé que Maître Gotama vient de faire en bref sans en expliquer le sens détaillé. Il serait bon que Maître Gotama m'enseigne le Dhamma de sorte que je puisse comprendre le sens détaillé de son bref exposé." "Dans ce cas, étudiant, écoute et sois très attentif. Je vais parler." "Comme vous voudrez, Maître Gotama," répondit Subha l'étudiant.

Le Béni du Ciel dit: "Il y a le cas, étudiant, où une femme ou un homme est un assassin d'êtres vivants, brutal, aux mains pleines de sang, adonné à tuer et assassiner, sans merci pour les êtres vivants. Du fait d'avoir adopté et accompli ce genre d'actions, au moment de la dissolution du corps, après la mort, elle/il réapparait dans le plan de la privation, la mauvaise destination, les domaines inférieurs, l'enfer. Si au moment de la dissolution du corps, après la mort -- au lieu de réapparaître dans le plan de la privation, la mauvaise destination, les domaines inférieurs, l'enfer -- elle/il revient à l'état humain, alors elle/il a une vie brève
partout où elle/il renaît. C'est là le chemin qui mène à une vie brève: être un assassin d'êtres vivants, brutal, aux mains pleines de sang, adonné à tuer et assassiner, sans merci pour les êtres vivants. "

Mais ensuite, il y a le cas où une femme ou un homme, ayant cessé de tuer des êtres vivants, s'abstient de tuer des êtres vivants, et demeure à bâton posé, à couteau posé, scrupuleux, miséricordieux et sympathique au bien-être de tous les êtres vivants. Pour avoir adopté et conduit de telles actions, au moment de la dissolution du corps, après la mort, elle/il réapparait dans une bonne destination, dans un monde céleste. Si au moment de la dissolution du corps, après la mort -- au lieu de réapparaître dans une bonne destination, dans le monde céleste -- elle/il revient à l'état humain, alors elle/il a une vie longue partout où elle/il renaît. C'est là le chemin qui mène à une vie longue: avoir cessé de tuer des êtres vivants, s'abstenir de tuer des êtres vivants........



.... "Donc, étudiant, le chemin qui conduit à la vie courte fait que les gens ont une vie courte, le chemin qui conduit à la longue vie fait que les gens vivent longtemps; le chemin qui conduit à la maladie fait les gens maladifs et le chemin qui conduit à la santé fait les gens sains; le chemin qui conduit à la laideur fait les gens laids, le chemin qui conduit à la beauté fait les gens beaux; le chemin qui conduit au manque d'influence fait les gens sans influence, le chemin qui conduit à l'influence fait les gens influents; le chemin qui conduit à la pauvreté fait les gens pauvres, le chemin qui conduit à la richesse fait les gens riches; le chemin qui conduit à une basse naissance fait que les gens soient de basse naissance, le chemin qui conduit à une haute naissance fait que les gens soient de haute naissance; le chemin qui conduit à la stupidité fait les gens stupides, le chemin qui conduit au discernement fait que les gens on du discernement.

"Les êtres sont propriétaires de leurs actions, héritiers de leurs actions, nés de leurs actions, mis en relations par leurs actions, et ont leurs actions pour arbitre. L'action est ce qui différencie les êtres en termes de bassesse et d'excellence."

Lorsque ceci eût été dit, Subha l'étudiant, le fils de Todeyya, dit au Béni du Ciel: "Magnifique, Maître Gotama! Magnifique! Tout comme s'il avait redressé ce qui était renversé, qu'il avait révélé ce qui était caché, qu'il avait montré le chemin à celui qui était perdu, ou porté une lampe dans l'obscurité de sorte que ceux qui ont des yeux puissent voir les formes, de même, Maître Gotama - - grâce à plusieurs lignes de raisonnement -- a éclairci le Dhamma. Je vais auprès du Maître Gotama pour mon refuge, auprès du Dhamma, et de la Communauté des moines. Puisse le Maître Gotama se rappeler de moi comme d'un disciple laïc qui a pris auprès de lui refuge, à partir de ce jour, pour la vie."


Sivaka sutta : Les actions et leurs résultats:

(15.1) Une fois, le Bienheureux séjournait à Kalandakanivapa, dans le parc des Bambous, près de la ville de Rajagaha. Un jour, le Paribbajaka Moliya-Sivaka rendit visite au Bienheureux. S'étant approché du Bienheureux, il échangea avec lui des politesses et des paroles de courtoisie. Puis il s'assit à l'écart sur un côté.

(15.2) S'étant assis à l'écart sur un côté, le Paribbajaka Moliya-Sivaka dit au Bienheureux: Il y a, ô vénérable Gotama, des religieux et des brahmanes qui ont cette opinion et disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé." A ce sujet qu'avez-vous à dire, ô vénérable Gotama?

(15.3) Le Bienheureux dit: O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause de la bile. Vous pouvez savoir par votre propre expérience qu'il y a aussi des sensations qui se produisent à cause de la bile. Le fait de l'existence des sensations qui ont la bile pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai.

(15.4) Dans ce cas-là, ô Sivaka, les religieux et les brahmanes qui disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé", vont trop loin des faits qu'on peut connaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. A cause de cela, je dis que l'opinion de ces religieux et de ces brahmanes n'est pas correcte.

(15.5) O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause du flegme. Vous pouvez savoir par votre propre expérience qu'il y a aussi des sensations qui se produisent à cause du flegme. Le fait de l'existence des sensations qui ont le flegme pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai.

(15.6) Dans ce cas-là, ô Sivaka, les religieux et les brahmanes qui disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé", vont trop loin des faits qu'on peut connaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. A cause de cela, je dis que l'opinion de ces religieux et de ces brahmanes n'est pas correcte.

(15.7) O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause du souffle. Vous pouvez savoir par votre propre expérience qu'il y a aussi des sensations qui se produisent à cause du souffle. Le fait de l'existence de sensations qui ont le souffle pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai.

(15.8) Dans ce cas-là, ô Sivaka, les religieux et les brahmanes qui disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé ", vont trop loin des faits qu'on peut connaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. A cause de cela, je dis que l'opinion de ces religieux et de ces brahmanes n'est pas correcte.

(15.9) O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause de l'union des humeurs du corps. Vous pouvez savoir par votre propre expérience qu'il y a aussi des sensations qui se produisent à cause de l'union des humeurs du corps. Le fait de l'existence de sensations qui ont l'union des humeurs pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai.

(15.10) Dans ce cas-là, ô Sivaka, les religieux et les brahmanes qui disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé ", vont trop loin des faits qu'on peut connaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. A cause de cela, je dis que l'opinion de ces religieux et de ces brahmanes n'est pas correcte.

(15.11) O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause du changement des saisons. Vous pouvez savoir par votre propre expérience qu'il y a aussi des sensations qui se produisent à cause du changement des saisons. Le fait de l'existence des sensations qui ont le changement des saisons pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai.

(15.12) Dans ce cas-là, ô Sivaka, les religieux et les brahmanes qui disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé ", vont trop loin des faits qu'on peut connaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. A cause de cela, je dis que l'opinion de ces religieux et de ces brahmanes n'est pas correcte.

(15.13) O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause d'incidents irréguliers. Vous pouvez savoir par votre propre expérience qu'il y a des sensations qui se produisent à cause d'incidents irréguliers. Le fait de l'existence des sensations qui ont des incidents irréguliers pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai.

(15.14) Dans ce cas-là, ô Sivaka, les religieux et les brahmanes qui disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé", vont trop loin des faits qu'on peut connaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. A cause de cela, je dis que l'opinion de ces religieux et de ces brahmanes n'est pas correcte.

(15.15) O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause d'accidents soudains. Vous pouvez savoir par votre propre expérience qu'il y a des sensations qui se produisent à cause d'accidents soudains. Le fait de l'existence des sensations qui ont des accidents soudains pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai.

(15.16) Dans ce cas-là, ô Sivaka, les religieux et les brahmanes qui disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé ", vont trop loin des faits qu'on peut connaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. A cause de cela, je dis que l'opinion de ces religieux et de ces brahmanes n'est pas correcte.

(15.17) O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause de la maturation des actions. Vous pouvez savoir par votre expérience qu'il y a des sensations qui se produisent à cause de la maturation des actions. Le fait de l'existence des sensations qui ont la maturation des actions pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai.

(15.18) Dans ce cas-là, ô Sivaka, les religieux et les brahmanes qui disent: "Toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé ", vont trop loin des faits qu'on peut connaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. A cause de cela, je dis que l'opinion de ces religieux et de ces brahmanes n'est pas correcte.

(15.19) Cela dit, le Paribbajaka Moliya-Sivaka dit au Bienheureux: Merveilleux, ô vénérable Gotama, merveilleux, ô vénérable Gotama. C'est (vraiment), ô vénérable Gotama, comme si l'on redressait ce qui a été renversé, découvrait ce qui a été caché, montrait le chemin à l'égaré ou apportait une lampe dans l'obscurité en pensant: "Que ceux qui ont des yeux voient les formes"; de même, le vénérable Gotama a rendu claire la doctrine de maintes façons.

(15.20) Je prends refuge dans le vénérable Gotama, dans le dhamma (l'Enseignement) et dans le sangha (la Communauté). Que le vénérable Gotama veuille bien m'accepter comme disciple laïc de ce jour jusqu'à la fin de ma vie.