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samedi 27 juin 2009

Les empêchements à la méditation

Depuis quelques temps déjà je ne médite plus tous les jours et comme par hasard les douleurs liées à une ancienne sciatique sont revenues. Et j'ai même craqué cette nuit en prenant des antalgiques.

L'esprit nous joue des tours et le corps en paye les conséquences.

Cette nuit je me suis laissée emporter et même dépasser par la douleur car je n'ai pas réussi à l'observer sereinement.

Je désirais tellement que la douleur s'en aille qu'elle est restée.

Si le retour de la douleur est liée à la Non médiation, je suis dans l'impasse car si je médite de nouveau, ce sera indirectement Pour que la douleur disparaisse et bien sûr, dans ces conditions, elle ne disparaîtra pas.

Et surtout méditer pour obtenir quelque chose c'est faire fausse route.

Méditer ce n'est pas seulement s'assoir sur son tapis de méditation, méditer c'est reprendre le chemin emprunté par le Bouddha.

Si s'assoir les yeux fermés pour pouvoir mieux observer mon corps et mon esprit est indispensable à la débutante que je suis, cela ne me suffit plus, peut-être est-ce pour cela que je m'en suis éloignée?

Je réalise que les années les plus faciles sont les premières années car on est porté par l'ivresse du débutant, pour ne pas dire l'ignorance du débutant.

Plus les années passent plus les obstacles sont subtiles et plus on trouve de raison pour s'éloigner du chemin.

L'esprit nous emprisonne.

Lorsque des empêchements s'installent il faut les observer et s'en servir pour franchir une nouvelle étape. Etre conscient de la présence des ces obstacles c'est très important car comment lutter contre quelque chose qu'on ignore.

Les empêchements à la méditation portent bien leur nom....


Kathy, le 27 juin 2009





mardi 7 avril 2009

Douleur

La douleur l'empêchait de dormir tellement elle était forte et elle pouvait dire,  "Il y a de la douleur en moi". Mais elle ne voulait pas prendre d'antalgique, endormir la douleur pour pouvoir s'endormir à son tour et ne pas comprendre pourquoi la douleur était revenue.

Prendre des antalgiques, c'était comme nier la douleur, la fuir. Mais si on fuit la douleur on fuit la vie puisque qu'il y a de la douleur dans la vie. 

Pourtant elle avait comprit que douleur et souffrance ce n'était pas la même chose. La douleur était physique, la souffrance surtout mentale. Elle essayait tout simplement de ne pas ajouter de la souffrance à sa douleur, non, pas à "sa" douleur mais à "la" douleur.  Et elle répêtait mentalement pour ne pas devenir la douleur , "il y a de la douleur en moi, mais je ne suis pas la douleur, ce n'est pas "ma" douleur, c'est juste une douleur qui passe dans ce corps et qui en sortira tôt ou tard puisque rien n'est permanent"

Si on observe sans cesse la douleur on verra que par moment elle augmente tellement, qu'on ne peut plus respirer, puis, elle diminue de nouveau pour devenir supportable... ensuite elle augmente de nouveau et on crie intérieurement. La douleur est en mouvement et change d'endroit et d'intensité. 

Penser que la douleur est la nôtre c'est créé de la souffrance justement.. 

la position en demi-lotus qu'elle prenait pour méditer devenait de plus en plus difficile à maintenir et elle devait s'allonger pour méditer, ou marcher, rester debout ou couché mais surtout pas assise.


Observer la douleur, mais il n'y avait plus que la douleur à observer. Son principal objet de méditation c'était la douleur. C'est la douleur qui était devenue le centre, le centre de la vie, le début de sa renaissance.

Pourtant en observant davantage elle pouvait voir qu'il y avait d'autres objets à observer mais la douleur les cachait. c'est ainsi qu'il  y avait aussi  "la colère" mais surtout "la peur". 

tant qu'il y aura de la peur en elle, elle ne sera pas guéri, guéri de l'avidité et du désir, du terrible désir de vivre qui est la cause de toute souffrance.

Ne plus désirer vivre ne veut pas dire désirer mourir, car il s'agit là encore d'un désir. Ne plus désirer vivre,  c'est vivre enfin sereinement, paisiblement sans peur, sans souffrance. 

Quand il n'y aura plus de désir de vivre en elle, elle sera enfin arrivé sur l'autre rive, elle sera guérie.

Kathy- avril 2009

dimanche 28 septembre 2008

Transcender la douleur

J'ai déjà abordé dans de nombreux messages la douleur physique et les différentes manière de la percevoir et de la "recevoir", que ce soit durant une retraite, durant une séance de méditation ou durant la vie de tous les jours, en toutes circonstances. La douleur physique fait partie de notre vie et nous devons apprendre à lâcher prise. Plus facile à dire qu'à faire.

Il s'avère que je connais très bien la douleur physique puisque durant des années, j'ai souffert de douleurs chroniques très fortes liées à mes différentes hernies discales, tant lombaire que cervicale. Depuis 2 ans environ, je ne souffre presque plus et surtout je ne prend plus de médicaments antalgiques.
Si il m'arrive encore de temps en temps (mais de moins en moins) de ressentir des douleurs, au lieu de me jeter sur une boite de comprimés, je ferme les yeux et je médite. 
J'observe alors l'aversion que j'éprouve encore à l'encontre de la douleur, mais de plus en plus j'en suis consciente, je veux dire par là que je commence à être moins ignorante et grâce à cette "connaissance", à cette "attention", je peux commencer à voir les choses comme elles sont.

Je ne pourrais pas vous dire si c'est la douleur physique qui a diminué considérablement où si c'est le fait d'avoir une approche différente de la douleur qui a changé ma vie. Sans doute un peu des deux. 

Une nouvelle épreuve m'a permis récemment de pratiquer davantage et en toutes circonstances. Je n'ai pas écris "Hélas une nouvelle épreuve.. " car je suis persuadée que c'est une opportunité pour progresser sur le chemin.  
J'accepte dorénavant tout ce qui arrive dans ma vie comme une opportunité.

Trop souvent nous éprouvons de l'aversion à l'encontre de la douleur et nous souhaitons qu'une seule chose : que la douleur s'en aille et qu'elle ne revienne jamais.
Lâcher prise revient au contraire à penser sincèrement : peu importe qu'elle reste ou qu'elle parte. Lâcher prise c'est en quelque sorte apprendre à vivre dans l'équanimité.

A la douleur physique vient alors s'ajouter la souffrance mentale qui amplifie la douleur.

Avant de savoir lâcher prise, il y a une situation intermédiaire si je puis dire, qui consiste à être au moins conscient de cette aversion et à l'observer. C'est grâce à l'attention que nous apportons à tout ce qui se passe dans notre corps et dans notre esprit que nous arriverons, un jour, à lâcher prise, à vivre dans l'équanimité.

Rare sont les personnes qui n'éprouvent pas d'aversion à l'encontre de la douleur, rare sont les personnes éveillées....


Pour rappel, d'autres messages de ce blog parlant de la douleur :
Ci après, vous trouverez des extraits d'un enseignement d'Ajahn Brahmavamso sur la douleur-Enseignement Traduit par Luc Guillard
Il s'agit d'un Discours donné le 2 juin 2006 à la « Buddhist Society of Western Australia » dont le Titre original est Dealing With Pain.

Le Vénérable Ajahn Brahmavamso est né à Londres, sous le nom de Peter Betts, en 1951. Issu des classes laborieuses, il a étudié la physique à l’université de Cambridge. Après avoir obtenu ses diplômes et enseigné pendant un an, il est partit en Thaïlande où il a prononcé ses vœux monastiques. Il est resté pendant 9 ans moine auprès du célèbre Ajahn Chah dans un monastère retiré de la jungle. En 1983, il a créé, avec d’autres moines, le Bodhinyana Monastery sur un petit terrain dans la banlieue de Perth en Australie. Il en est devenu l’abbé depuis 1994. Il consacre beaucoup de temps aux malades et aux personnes en fin de vie mais aussi en tant que visiteur spirituel aux prisonniers et, tout simplement, aux moines et aux laïques du monastère Bodhinyana. ( Bouddhist Society of Western Australia)



Quelle est l’attitude bouddhiste face à la douleur physique et face aux expériences douloureuses de la vie ?

Je suis rentré hier de Singapour avec une intoxication alimentaire. J’ai été très malade la nuit dernière et, en ce moment-même, j’ai encore beaucoup d’acidité dans l’estomac. Quelqu’un m’a demandé, il y a quelque temps : « Quelle est l’attitude bouddhiste face à la douleur physique et face aux expériences douloureuses de la vie ? »

Je crois que ce sera un excellent sujet pour ce soir. Il n’y a rien de négatif à parler de la douleur car, qui que nous soyons et quel que soit notre mode de vie, même si nous pensons être en bonne santé, il y a forcément des moments où nous tombons malades et où nous faisons l’expérience de la douleur ou de situations douloureuses.

Un jour quelqu’un m’a dit : « Vous êtes moine, vous méditez, vous avez un mode de vie très éthique, donc vous ne devriez pas tomber malade. » Comme si un moine ne pouvait ni être malade ni mourir ! Il n’y a rien d’anormal à être malade de temps en temps, pour un moine comme pour tout le monde. Par contre, ce qu’il y a de merveilleux quand on est moine, c’est que l’on a toute une panoplie de techniques à sa disposition pour gérer la douleur physique et les difficultés de la vie.

Ainsi la douleur ne nous rend pas négatifs ou dépressifs ; elle est, au contraire, l’occasion d’apprendre à la dépasser, à la transcender, à se situer au-delà d’elle — de sorte que nous pouvons être en pleine forme même si nous avons reçu un coup dans l’estomac !

Que dit le Bouddha à propos de la douleur ? Il souligne qu’il y a deux aspects à notre malaise — et c’est, à mon avis, l’une des clefs de son enseignement pour comprendre ce qu’est la douleur et s’en libérer.
Le Bouddha dit que la douleur a deux aspects : l’un qui est physique et auquel on ne peut pas grand-chose ; et l’autre qui est mental et sur lequel on peut agir. Or c’est l’aspect mental qui est le plus important.

En fait, l’attitude de l’esprit vis-à-vis de la douleur physique est parfois si puissante qu’elle peut faire s’évaporer complètement la douleur. Je pense que vous connaissez tous ces histoires de sportifs qui se cassent une jambe ou un bras mais qui continuent à jouer, ne réalisant qu’après un certain temps qu’ils se sont blessés. J’ai pu moi-même faire l’expérience, maintes fois dans ma vie, de la puissance de l’esprit et constater comment la douleur physique est considérablement influencée par notre attitude. (...)

changer d’attitude peut nous guérir. C’est la partie mentale de la douleur qui est la plus importante.

Que font les gens qui ont mal quelque part? Ils dirigent leur esprit vers cet endroit et se crispent dessus. Je pense que tous les médecins savent que nous réagissons exagérément à la douleur. Bien sûr, il y a une cause interne, mais le fait de tendre tous nos muscles autour de cette douleur amplifie le traumatisme.

La plupart du temps, il nous suffit de nous ouvrir et de nous détendre pour que la douleur physique diminue de manière significative. On comprend alors que, plus on combat la douleur, plus on lui envoie de la négativité. Plus vous lui dites : « Va-t-en ! Tu n’as rien à faire ici », plus elle devient aiguë et se transforme en une énergie dure et insoutenable.

En tant que moine bouddhiste, j’ai appris à aller dans la direction opposée à la tendance habituelle. Quand on a mal, la tendance habituelle consiste à essayer d’échapper à la douleur. (...) Quel que soit le problème, on a cette tendance automatique qui, très souvent, fait empirer la situation.

Dans ma vie, au lieu de chercher à m’éloigner de cette douleur, de cet inconfort lié aux difficultés physiques ou mentales, j’ai appris à aller dans la direction opposée. Si l’esprit va simplement à la rencontre de la douleur au lieu de s’en éloigner aussitôt, il va se familiariser avec cette sensation plutôt que s’y opposer, il lui donne de l’amitié plutôt que de la haine.

Voilà un principe général pour toute votre vie : faire la paix et non la guerre. Etre pacifiste, non seulement vis-à-vis de la guerre dans le monde mais aussi de la guerre que vous menez, dans votre vie, contre la réalité ; cette guerre que vous menez contre la douleur, la maladie et quelquefois aussi contre des problèmes d’ordre mental ou social. Nous faisons la guerre à tout cela : « Les choses n’auraient pas dû se passer ainsi … Cela ne va pas arriver, je vais le résoudre … Va-t-en douleur ! Va-t-en, maladie ! Va-t-en, stress ! »

C’est cette négativité qui nourrit la douleur et la renforce. Mais il y a une autre voie : « Sois la bienvenue, douleur ! Merci d’être là. Je peux être ton ami. Je vais t’apprécier comme ma meilleure amie, douleur. »

J’ai appris cette façon de faire du temps où j’étais jeune moine en Thaïlande. La vie auprès de mon maître, Ajahn Chah, était dure. Il n’aurait pas toléré de moines douillets ! Nous vivions dans un monastère de la jungle, au nord de la Thaïlande, où le climat est très chaud et humide. Et la pire des choses était les moustiques — des centaines de moustiques ! 

Le soir, pendant la méditation assise, sous les arbres, juste après le coucher du soleil, c’était comme si un écriteau pour moustiques annonçait soudain : « Restaurant ouvert ». Nos têtes rasées étaient des pistes d’atterrissage de choix pour les moustiques ! Et puis, ils semblaient savoir que nous étions non violents et que n’allions pas les écraser comme l’auraient fait d’autres gens ! J’étais l’un des premiers moines occidentaux dans ce monastère et les moustiques se régalaient de cette nourriture venue de l’ouest. (Rires) Je suis sûr qu’ils disaient à tous leurs copains moustiques : « Eh ! Venez dans cette forêt ! Il y a de la nourriture occidentale ! » (Rires)

Ils étaient terribles. Un jour je les ai comptés sur mon bras : ils étaient plus de cinquante — et je n’exagère pas ! Un seul moustique provoque une certaine irritation, alors imaginez cinquante ou soixante moustiques en même temps ! Pas de protection, pas de moustiquaire, pas de pommade calmante … Les moines thaïlandais n’étaient pratiquement pas piqués, tandis que nous, les moines occidentaux, nous l’étions tout le temps. 

Alors, un jour, nous sommes allés voir Ajahn Chah et nous lui avons demandé de changer l’heure de la méditation pour éviter les moustiques. Pour toute réponse, il nous a rappelé la signification du terme « ajahn » — mot qui signifie professeur ou enseignant. « A partir de maintenant, a-t-il dit, vous avez un nouveau professeur. Votre enseignant ne sera plus Ajahn Chah mais Ajahn Moustique. » Quelle brillante leçon cela a été pour nous ! Et nous avons dû apprendre d’Ajahn Moustique …

On apprend beaucoup plus à partir d’expériences telles que celle-ci que dans les livres, à l’université ou en venant écouter des discours. On apprend de la vraie vie comment gérer les difficultés et les douleurs. On comprend que, plus on s’inquiète, plus on se crispe et plus le problème s’aggrave. Quand on se détend vraiment et qu’on lâche prise, tous les problèmes disparaissent.

Ce que je pris alors l’habitude de faire — et qui m’a vraiment appris à méditer correctement — c’est de me concentrer réellement sur ma respiration. Quand on se concentre, on ne peut plus s’inquiéter ou penser à autre chose ; par contre, dès que l’esprit perd sa concentration, on retrouve tout de suite ses douleurs et ses maux de tête. 

Après quelque temps, j’ai appris comment entrer dans cette méditation profonde où on ne sent plus son corps mais où on ressent une grande paix, et une chose étrange est survenue : quand je sortais de ces états, de ces méditations, les moustiques avaient dû s’endormir car il n’y avait aucune piqûre sur mes bras. Au début, j’ai cru que la méditation avait le pouvoir de guérir le corps mais, quelques années plus tard, j’ai compris que les moustiques sont attirés par l’oxyde de carbone qui sort de nos pores. Plus notre métabolisme est actif, plus les moustiques détectent notre présence. Autrement dit, plus nous nous inquiétons, nous nous crispons et nous nous énervons à cause des moustiques qui nous piquent, plus nous leur disons : « Venez par ici ! Je suis là ! » Par contre, plus nous nous détendons et nous lâchons prise, plus notre métabolisme se ralentit et moins les moustiques détectent notre présence.

J’ai calmé mon métabolisme en me relaxant, en faisant la paix, en ne m’inquiétant de rien, en étant simplement très attentif à ma respiration … et je suis devenu invisible pour les moustiques ! C’est parce qu’ils ne me voyaient pas qu’ils ne me piquaient plus. Ce fut une grande leçon. Ils m’ont appris à méditer et ce fut également l’occasion pour moi de découvrir tous les bienfaits de la relaxation dans des circonstances irritantes et douloureuses. 

Dès que l’on se relaxe, toutes les tensions se dissipent. Parfois, quand on a mal quelque part, on se crispe autour de ce point et, au lieu de visualiser cette douleur et de lui donner de l’espace, on essaie de s’en débarrasser. Or procéder ainsi, c’est créer de l’énergie négative. Mieux vaut, au contraire, diffuser cette douleur dans le corps entier et aller en sens inverse de la pratique habituelle qui consiste à chercher à s’en débarrasser.

Pourquoi vais-je diffuser la douleur de mon estomac, par exemple, dans tout mon corps, mes bras, mes jambes et même ma tête ? Parce que, quand on crée une expansion, on libère les tensions ; la douleur se répand sur une zone plus grande mais elle est plus diffuse, moins dure. Quand on crée cette expansion, au début on la ressent comme un cube de glace puis comme un nuage dans le ciel, lequel devient de plus en plus léger et finit par remplir tout l’univers ; ensuite, il devient si subtil qu’il finit par disparaître.
 J’ai trouvé là une manière très efficace de surmonter la douleur, parce qu’elle ne va pas à contre-courant des choses mais dans leur sens.

Quand vous êtes concentré sur votre respiration, la douleur est perçue comme étant à l’extérieur. (...)

Ce que je vous dis là est de la psychologie et c’est la vérité. Si vous comprenez cela, vous pouvez comprendre une seconde manière de dépasser la douleur : porter son attention sur un autre objet et mettre cet objet d’attention au centre de votre conscience. Pour moi qui pratique la méditation depuis longtemps, c’est la respiration que je place au centre de mon attention … et la douleur se retrouve à l’extérieur ! Bien sûr elle est toujours présente, mais elle est à l’extérieur. Et puis vous maintenez votre attention, encore et encore, le plus longtemps possible, et à un certain moment — vous ne savez pas quand c’est arrivé mais vous savez que c’est arrivé — la sensation de douleur a disparu. (...)

Il y a des fois où la douleur est tellement présente qu’il semble impossible de s’en extraire — nous en avons tous fait l’expérience un jour ou l’autre. Dans ce cas, on n’essaie pas d’être avec la douleur mais de s’en évader. Je ne parle pas d’un rhume ou de petites douleurs d’estomac mais de douleurs chroniques, par exemple, qui ne disparaissent pas facilement, qui sont là continuellement heure après heure, après heure et que la médecine est parfois impuissante à soulager. 

Alors, si vous avez compris mes explications sur les deux aspects de la douleur, que se passe-t-il ? Nous avons vu qu’il y a la douleur mentale et la douleur physique. La douleur mentale est celle qui dit : « J’en ai assez de souffrir ! Va-t-en ! Pourquoi dois-je passer par cette épreuve ? » — comportement qui ne fait qu’empirer et accroître la douleur. Si, réellement, vous lâchez prise et abandonnez cette résistance mentale, il devient incroyablement plus facile de traiter la douleur physique. 

De ces deux formes de souffrance, la réaction mentale à la douleur représente quatre-vingt-dix pour cent du problème et la douleur physique seulement dix pour cent.

Donc si nous pouvons apprendre à faire face à la souffrance mentale, nous allons énormément progresser vers la paix et même apprécier la vie au lieu la passer dans la résistance et le stress. Nous devons nous dire : « Que fais-je de ma douleur ? Quelle est ma réaction ? Quelle est mon attitude envers cette sensation physique ? »

Souvent nous nous disons : « Je ne devrais pas avoir mal, cela ne devrait pas m’arriver » et nous nous sentons coupables. C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de faire un petit test. Je demande à une assemblée : « Combien de personnes ici n’ont jamais étés malades ? Levez la main ! » Bien entendu, personne ne lève la main. Nous avons tous été malades de temps en temps et c’est normal — même si notre société moderne n’accepte plus la maladie et nous fait croire qu’il est anormal d’être malade, ce qui montre bien notre attitude mentale envers la douleur, la maladie et la difficulté : dès le départ, nous les jugeons mauvaises, et c’est là notre erreur.

Les gens qui ont le cancer se sentent coupables, ils ont l’impression d’avoir commis une faute. Comment se fait-il que nous nous sentions coupables des douleurs et des maladies que nous rencontrons dans la vie ? C’est une souffrance mentale qui vient s’ajouter à ce qui arrive tout naturellement. Vous pouvez toujours manger du riz complet, méditer régulièrement, faire de l’exercice ou ne manger que des légumes, mais vous n’échapperez peut-être pas au cancer et certainement pas à la mort !

(...) Quand vous avez un comportement négatif vis-à-vis de la douleur, vous ne faites que l’empirer. Dites-vous qu’il est normal d’être malade, qu’il est normal d’avoir le cancer, qu’il est normal que les gens meurent, qu’il est normal d’avoir des douleurs de temps en temps. Ne pensez pas que c’est anormal, ne pensez pas que c’est une erreur, ne pensez pas que c’est mal.

 Acceptez mentalement cet aspect de la vie et vous pourrez lui faire face et apprendre à le gérer. Remarquez que, quand vous fuyez, vous êtes dans la direction opposée au danger : vous ne pouvez donc même pas voir ce qui vous fait fuir ! Quand vous faites face au problème, vous pouvez le voir et, en le voyant, vous découvrez des choses incroyables, notamment, comment réussir à le gérer, le dépasser, le transcender et être libre.

L’une des manières de gérer les problèmes consiste à utiliser la base même de la méditation : la conscience du moment présent. Quand vous faites face à la douleur, vous voyez les problèmes et vous constatez aussitôt combien la peur du mental concerne le futur : 
« Je ne peux pas rester ainsi plus longtemps. » Vous êtes là, maintenant, dans ce moment présent, mais ce qui rend la douleur insupportable, c’est la pensée quelle va continuer de minute en minute, d’heure en heure et de jour en jour. C’est ce mouvement du mental vers le futur qui rend la douleur insupportable

Parfois c’est aussi le souvenir de douleurs passées qui fait craindre que cela va recommencer. Toutes les fois où vous évaluez ce moment présent en fonction du passé ou en anticipant le futur, c’est la part mentale de la douleur que vous renforcez et qui rend la situation très difficile à supporter. Mais nous pouvons, au contraire, apprendre à rester dans le moment présent avec la douleur physique de l’instant.

Je vous ai déjà raconté une histoire classique à ce sujet, celle d’un moine de notre monastère qui avait de très mauvaises dents. Je ne sais pas quel était son problème mais il en avait assez d’aller voir le dentiste et, un jour, il s’est arraché lui-même une dent. Nous lui avons demandé : « Comment as-tu pu faire cela ? » Il a répondu : « Une fois que j’ai décidé de le faire moi-même, cela n’a pas été très difficile. J’ai eu mal pendant deux secondes et c’était fini ! »
C’est la pensée de se faire arracher une dent qui fait peur : en marchant dans la rue pour aller chez le dentiste on a déjà mal, on grimace rien qu’en y pensant. Là, on est confronté à la douleur mentale puisqu’on ne ressent encore rien. C’est l’occasion de vraiment comprendre que la part mentale est la plus importante : deux secondes de douleur c’est beaucoup mieux qu’une ou deux heures d’angoisse avant le rendez-vous chez le dentiste, non ?

Ce qu’il y a d’intéressant avec la douleur physique, c’est qu’on ne sait pas ce qui va se produire le moment suivant. Beaucoup de gens, notamment dans les retraites de méditation, ont des expériences étonnantes où de grosses douleurs disparaissent soudainement. (...)

  Il y a des moments dans la vie où on est désespéré, où la douleur est insupportable. Il n’y a rien à faire et pourtant on se dit que l’on ne pourra pas supporter cela plus longtemps. Ces moments sont très importants dans la vie, ils sont la clé qui permet de nous éveiller spirituellement. (...)

 Quelquefois, dans la vie, on se bat contre un mur, contre la douleur, et la seule chose à faire est de laisser tomber, de lâcher prise. (...)
Quand on lâche vraiment prise, cela fonctionne immédiatement. Une minute vous souffrez affreusement et la minute suivante … plus rien ! 

(...) beaucoup de gens disent qu’ils lâchent prise — « Je lâche ! Je te dis que j’ai lâché !!! » (en criant) — et puis s’étonnent que cela ne fonctionne pas.  (...) Le problème est que vous n’avez pas vraiment lâché prise, vous n’avez fait qu’utiliser une nouvelle technique pour vous débarrasser de la douleur. Ce n’est pas le lâcher prise, c’est une autre manière de contrôler la douleur. 

Pour vraiment s’abandonner, il faut pouvoir dire quelque chose comme : « Douleur, tu peux rester ici pour toujours, si tu veux » — et bien en comprendre le sens. « Tu peux même t’aggraver si tu le désires, la porte de mon cœur t’est complètement ouverte quoi que tu fasses. Tu peux rester, empirer … je t’accueille. » C’est une chose très difficile à faire, qui demande beaucoup de courage et même de la compassion — de la compassion envers la douleur, pour accueillir la douleur en réalisant qu’elle fait partie de la vie.

Tout cela n’a rien d’anormal. Pourquoi faire de la discrimination envers la douleur et dire : « Je ne veux pas de toi ! » Quand vous la laissez être, la laissez venir et rester, vous avez vraiment laissé tomber la part mentale de la douleur. On lâche cet esprit négatif qui se complaît dans les lamentations et, de ce fait, l’esprit se libère, le corps se détend et la douleur disparaît. C’est une expérience fascinante. 

Bien entendu, si on l’a vécue une fois, il est très facile de comprendre comment gérer la douleur quand on n’a pas d’autre choix. On ressent une douleur et, plutôt que la combattre et créer des tensions qui vont engendrer encore plus d’énergie négative, on lâche prise, on se familiarise avec cette douleur, on est gentil avec elle, on a de la compassion.

Si vous le faites correctement, à cent pour cent, vous serez impressionné par l’effet que cela peut avoir. La partie mentale de la douleur est la plus dure à supporter. Mais, un jour, vous aurez peut-être une douleur qui vous tuera. Vous serez mort. Pour la plupart d’entre vous ce ne sera pas un moment très plaisant. Mais si vous apprenez maintenant à faire face à la douleur, vous aurez une mort douce, tranquille. Vous êtes là, dans la souffrance et vous souriez, vous appréciez la vie et vos derniers instants avec vos proches. 

J’ai vu cela maintes fois, spécialement avec des méditants qui connaissaient un peu le Dhamma (l’enseignement du Bouddha mais aussi la loi de la nature, la vérité qui nous entoure) et qui savaient comment l’esprit et le corps sont reliés. Certains d’entre eux étaient même à l’agonie et les médecins ne comprenaient pas ce qui se passait. Mais ces personnes vivaient leurs derniers instants dans la paix. C’est beau de voir cela, c’est inspirant et cela montre tout ce que l’esprit peut faire. (...)

D’après ma compréhension des textes bouddhiques anciens — et je les ai souvent lus — le Bouddha parle des flux qui parcourent le corps. Quand ces flux se bloquent, un problème apparaît ; c’est ce que dit la médecine indienne traditionnelle. Je me rappelle un article où le médecin personnel du Dalaï Lama avait été invité dans un hôpital aux USA. Les scientifiques voulaient savoir comment se font les diagnostics dans une médecine basée sur la médecine traditionnelle indienne. On lui présenta des malades sans aucune explication préalable et son diagnostic était toujours précis mais expliqué avec des mots différents. Il parlait de flux d’énergie bloqués dans telle ou telle partie du corps. En médecine chinoise cela s’appelle le « chi ».
Quand vous êtes malade, des canaux d’énergie se bloquent mais vous en bloquez encore plus quand vous vous crispez. Vous n’êtes pas détendu, vous résistez aux douleurs de la vie, de sorte que le processus naturel de guérison du corps ne peut pas fonctionner. 

Mais le contraire est vrai ; je l’ai vu en méditation de nombreuses fois. Dans les retraites, je dis aux participants de vraiment, vraiment se détendre et de méditer, de ne pas faire la méditation de manière forcée, d’être doux et ouverts, d’ouvrir la porte de leur cœur. Et certains sentent des points de chaleur dans leur corps. 

C’est incroyable quand cela arrive. Un jour, une méditante est venue me voir pour me dire : « Ma méditation était vraiment très paisible mais mon dos est soudain devenu brûlant, que s’est-il passé ? » Je lui ai répondu : « N’avez-vous jamais eu un problème avec votre dos ? » Toute surprise, elle m’a dit : « Ajahn Brahm, vous lisez dans mes pensées. Comment savez-vous que j’ai eu un accident il y a deux ans ? »

Je n’avais pas lu dans ses pensées, elle venait de me le dire ! Voilà ce qui arrive. Vous avez eu un accident du dos mais vous ne vous relaxez pas ; vous ne vous relaxez pas suffisamment pour donner une chance à votre corps de se guérir lui-même. Pendant la retraite, elle était très détendue et l’énergie de son corps s’est dirigée vers cette zone ; elle en a senti la chaleur. Après coup, on se dit que c’était très agréable ; c’est un processus de guérison. Quand vous lâchez vraiment prise, la douleur et les difficultés ont tendance à s’alléger et à s’évaporer.  

Il y a aussi l’histoire de cet homme qui participait à l’une de mes retraites. Les gens venaient se plaindre de lui car, pendant la méditation, il avait une respiration vraiment très forte tout le temps et c’était très gênant pour tout le groupe. Après ces plaintes j’ai dû faire une annonce : cet homme avait un cancer du nez en phase terminale. Il n’y avait plus aucun traitement possible, plus aucun espoir du côté de la médecine, c’était sa dernière chance. Bien sûr, dès que j’ai annoncé cela, plus personne n’est venu se plaindre. Et puis, tout à la fin de cette retraite, l’homme est venu me voir et il m’a dit : « Il m’est arrivé quelque chose d’incroyable : pendant la méditation j’étais vraiment très détendu et j’ai senti quelque chose se décoincer dans mon nez ». C’était la première fois, depuis des semaines, qu’il pouvait respirer par le nez mais, après quelques minutes, cela s’est refermé. Je pensais qu’il était mort ensuite mais je l’ai revu quelques années plus tard à Sydney. Il est venu vers moi : « Vous vous souvenez de moi ? J’ai eu une rémission complète de mon cancer. » Maintenant il enseigne la méditation !

C’est incroyable ce qui peut arriver et comment cela arrive. Quand vous êtes vraiment, vraiment détendu, l’énergie du corps peut opérer une auto-guérison et aussi nous libérer de la douleur. Je ne vous raconte pas d’histoires : quand j’ai commencé à vous parler, ce soir, j’avais une énorme boule de douleur dans l’estomac et maintenant je la sens à peine, elle est en train de partir. C’est incroyable comme il est possible de gérer sa douleur si on a cette belle attitude qui consiste à ne pas s’inquiéter du passé, à être simplement ici, dans l’instant présent. Ne pas se battre, arrêter la résistance mentale et quatre vingt dix neuf pour cent de la douleur disparaît — parfois même cent pour cent.

Et ceci est tout aussi valable pour les difficultés de la vie : un licenciement, une séparation, une disparition, un suicide … Faites attention à la part que joue le mental dans ces occasions. Si vous arrivez à gérer cela, le reste ira bien.

 
Source : ehi passiko (blog de mon ami isara) 




lundi 10 mars 2008

Plaisir et souffrance



J'ai déjà publié dans ce blog, des extraits du livre du Vénérable Dhiravamsa "La Voie du Non Attachement " : ICI
En voici d'autres, que j'ai scanné sur un livre acheté d'occasion car à ce jour ce livre n'a pas été réédité. Par ailleurs, comme d'habitude, j'ai ajouté des titres (qui ne sont pas dans le livre)

Extraits du chapitre 7 intitulé : Plaisir et souffrance



Notre vie s'écoule invariablement dans l'alternance plaisir-souffrance

Notre vie s'écoule invariablement dans l'alternance plaisir-souffrance, même si, en apparence, elle est différente pour chacun de nous. Notre tache est donc de comprendre comment vivre dans l'équanimité et pour cela, apprendre à tirer les leçons de notre vécu.

(...) selon le bouddhisme, il nous faut considérer et observer la vie dans ses aspects contraires. Car, en ne voulant en voir qu'un pôle, nous tombons dans le piège des extrêmes et de l'aveuglement.


Dans ses manifestations, la vie est tant bienfaisante que néfaste, bonne ou mauvaise.

La compréhension de cette loi est ce qui établit en nous harmonie et équilibre. Sans elle, nous oscillons entre l'attraction,l'aversion et l'ennui (...)


Quel est le sens profond de la vie ?
Il n'est pas dans le particulier fixé par la pensée, mais dans l'équilibre et dans la plénitude,
dans le fait de la voir et de la comprendre t'elle qu'elle est réellement.


La vie vécue à travers les idées et les connaissances n'est qu'abstraction

(...) Nombre d'entre vous se demandent peut-être par où ils doivent commencer leur investigation de la vie. De là, bien sûr, où ils sont. Ne cherchez pas le ciel alors que vous ne comprenez pas la vie terrestre.


La souffrance existe-t'elle en soi, c'est à-dire indépendamment des sens?

Nous souffrons, cela est un fait Mais, qu'est ce la souffrance ? Existe-t'elle en soi, c'est à-dire indépendamment des sens? La sensation désagréable nous la nommons souffrance.

Supposons qu'après être restés assis un certain temps sans bouger, vous sentiez une douleur dans le corps. La douleur n'est au départ que sensation. Si maintenant vous l'observez, vous vous surprenez peut-être entrain d'y réagir. C'est la réaction, le sentiment qui donne à la sensation son aspect pénible. Dans ce cas, observez votre réaction t'elle qu'elle est et vous la verrez s'atténuer à mesure ainsi que la sensation pénible. (...)



Conformément à la loi de causalité, des effets et des causes on ne peut échapper à la souffrance tant que sa racine est en nous

La douleur n'est qu'un symptôme. Conformément à la loi de causalité, des effets et des causes on ne peut échapper à la souffrance tant que sa racine est en nous, tant qu'elle agit à travers notre activité physique ou psychique, consciemment ou inconsciemment.

Qu'est ce que cette racine? Peut-être croyez vous qu'elle est dans les gens, les circonstances ou les choses, en un mot dans le monde extérieur. En fait, les situations de la vie, n'expliquent pas à elles seules la souffrance.
Deux personnes peuvent vivre le même évènement déplaisant et l'effet produit sur l'une et l'autre être différent. L'une garder sa sérénité, parce qu'elle sait observer son espace intérieur, c'est-à-dire comprendre ses réactions et les conditions qui se jouent en elle. L'autre être aveugle, et par conséquent réagir par la souffrance (...)


La cause première de la souffrance réside dans les conditions intérieures

Nous avons là une preuve comme quoi la nature de l'expérience n'est que la condition apparente de la souffrance et que sa cause première réside en fait dans les conditions intérieures. Quelles sont-elles ? Il appartient à chacun de trouver par lui même non pas intellectuellement mais par le regard intérieur (...)

  • A SUIVRE....

mardi 4 mars 2008

Ressentir la douleur et la colère (Sallatha Sutta: La flèche)




Dans ce sutta, (publié ci dessous)Le Bouddha raconte l'histoire d'un homme qui reçoit une flèche et ressent de la douleur et de la colère parce qu'il a reçu cette flèche. Par conséquent, il ressent deux douleurs : une douleur physique et une douleur mentale. C'est comme si l'homme avait reçu une première flèche et immédiatement après une seconde flèche. Il éprouve la douleur de deux flèches.

De la même façon, nous nous torturons quand nous n'acceptons pas ce qui arrive ou que nous n'acceptons pas les autres. La seconde flèche atteint un endroit déjà blessé par la première flèche, ce qui augmente la douleur car lorsque l'on est touché au même endroit c'est pire.

En fait, nous refusons tout simplement d'accepter la première flèche. Nous lançons nous-mêmes la seconde flèche.

La rigidité par rapport à nos attentes engendre des désirs spécifiques et très précis. Nous désirons la réussite ou la reconnaissance, et nous nous torturons nous-mêmes. Nous nous créons des désirs et nous tentons de les réaliser. Mais il y aura inévitablement des échecs entraînant des tourments et de la peine.

Ceci n'est pas accepter les circonstances avec sagesse, car au lieu de regarder ce qui nous arrive objectivement, nous remuons le couteau dans la plaie.

Nous ne savons pas comment faire face aux blessures. En fait, il faut simplement observer les faits, regarder la réalité et non pas nos désirs.

Le Bouddha complète son histoire au sujet des deux flèches en imaginant que la personne ne reçoit pas la seconde flèche. Elle est touchée par une flèche et ne ressent aucune tristesse ou colère, elle ne se lamente pas. Elle ne souffre que d'une douleur : la douleur physique et non mentale.

Tout ceci se réfère à l'acceptation. C'est voir les choses telles qu'elles sont, sans rejeter, condamner, réagir. C'est seulement en acceptant que nous pouvons agir utilement.

L'acceptation n'est pas la passivité, c'est le point de départ de toute action sage. C'est comprendre que les choses sont comme ça, les reconnaître, ne pas se torturer à leur sujet, et de là, en tenant compte de la situation, l'action peut être juste. Nous pouvons agir efficacement et guérir notre souffrance et celle des autres. Nous ne rajoutons pas de la souffrance à celle qui existe déjà et nous laissons la paix se manifester.



SALLATHA SUTTA 

Moines, une personne ordinaire sans instruction ressent des sensations de plaisir, de douleur, de ni-plaisir-ni-douleur. Un disciple bien instruit des nobles personnes ressent aussi des sensations de plaisir, de douleur, de ni-plaisir-ni-douleur. Alors, quelle différence, quelle disctinction, quel facteur de discrimination y a-t-il entre le disciple bien instruit des nobles personnes et la personne ordinaire sans instruction?

-- Pour nous, monsieur, les enseignements ont le Bienheureux pour racine, pour guide et pour arbitre. Il serait bon que le Bienheureux lui-même nous explique le sens de cette phrase. L'ayant entendu de la bouche du Bienheureux, les moines s'en souviendront.

-- En ce cas, ô moines, écoutez et soyez attentifs. Je vais parler.

-- Comme vous voudrez, monsieur, répondirent les moines.

Le Bienheureux dit:
Lorsqu'une personne ordinaire sans instruction est touchée par une sensation de douleur, elle se lamente, se plaint, et chagrine, se frappe la poitrine, et elle s'angoisse. Ce qui fait qu'elle ressent deux douleurs, la physique et la mentale. Tout comme si on devait tirer une flèche sur un homme, et juste après, lui en tirer une autre, de sorte qu'il ressentirait la douleur de deux flèches. De la même manière, lorsqu'elle est touchée par une sensation de douleur, la personne ordinaire sans instruction se lamente, se plaint, et chagrine, se frappe la poitrine, et elle s'angoisse. Ce qui fait qu'elle ressent deux douleurs, la physique et la mentale.

Quand elle est touchée par cette sensation de douleur, elle y résiste. Toute obsession de résistance par rapport à cette sensation de douleur l'obsède. Touchée par cette sensation de douleur, elle se complait dans le plaisir sensuel. Pourquoi cela? Parce que la personne ordinaire sans instruction ne voit pas d'autre échappatoire à ses sensations de douleur, à part dans le plaisir sensuel. Quand elle se complait dans le plaisir sensuel, elle est obsédée par toute passion-obsession par rapport à cette sensation de plaisir. Elle ne discerne pas, telle qu'elle est présente en réalité, son origine, sa disparition, son allure, ses écueils, ni d'échappatoire à cette sensation. Quand elle ne discerne ni son origine, ni sa disparition, ni son allure, ni ses écueils, ni d'échappatoire à cette sensation, alors elle est obsédée par toute ignorance-obsession en rapport à cette sensation de ni plaisir-ni-douleur.

En ressentant du plaisir, il le ressent comme s'il y était joint. Ressentant de la douleur, il la ressent comme s'il y était joint. Ressentant ni-plaisir-ni-douleur, il le ressent comme s'il y était joint. C'est ce qu'on appelle une personne ordinaire sans instruction, jointe à la naissance, au vieillissement, et à la mort; à la peine, aux lamentations, à la détresse, et au désespoir. Elle est jointe, vous dis-je, à la souffrance et au stress.

Là, le disciple bien instruit des nobles personnes, lorsqu'il est touché par la sensation de douleur, ne se plaint pas et ne se lamente pas, il ne bat pas sa coulpe ni ne s'affole. Il ressent donc une douleur; physique, mais non pas mentale. Tout comme si on tirait une flèche sur un homme, et que, juste après, on n'en tirait pas une autre, il ne ressentirait donc que la douleur d'une seule flèche. De la même manière, lorsque touché par la sensation de la douleur, le disciple bien instruit des nobles personnes ne se plaint pas et ne se lamente pas, il ne bat pas sa coulpe ni ne s'affole. Il ressent une douleur; physique, mais non pas mentale.

Comme il est touché par cette sensation de douleur, il n'y résiste pas. Il n'est en rien obsédé par la résistance à la sensation de douleur qui le touche. Touché par cette sensation de douleur, il ne se complait pas dans le plaisir sensuel. Pourquoi cela? Parce que le disciple bien instruit des nobles personnes discerne qu'il y a moyen d'échapper à la sensation de douleur à côté du plaisir sensuel. Comme il ne se complait pas dans le plaisir des sens, il n'est obsédé d'aucune passion-obsession par rapport à la sensation de plaisir. Il discerne, telle qu'elle est réellement présente, l'origine, l'extinction, l'allure, le contrecoup et l'échappée à cette sensation.. Comme il discerne l'origine, l'extinction, l'allure, le contrecoup et l'échappée à cette sensation, aucune ignorance-obsession en rapport à cette sensation de ni-plaisir-ni-douleur ne l'obsède.

Ressentant du plaisir, il s'en sent disjoint. Ressentant de la douleur, il s'en sent disjoint. Ressentant une sensation de ni-plaisir-ni-douleur, il s'en sent disjoint? C'est ce qu'on appelle un disciple bien instruit des nobles personnes disjoint de la naissance, de la vieillesse et de la mort; des chagrins, des lamentations, des douleurs, des détresses et des désespoirs. Il est disjoint, vous dis-je, de la souffrance et de l'angoisse.

C'est là la différence, c'est là la disctinction, c'est là le facteur de distinction entre les disciples bien instruits des nobles personnes et les personnes ordinaires sans instruction."

Ceux qui ont du discernement, qui sont instruits
Ne ressentent pas une sensation (mentale) de plaisir ou de douleur:
C'est là la différence de capacités
Entre un sage et une personne ordinaire.

Pour une personne instruite
Qui a sondé le Dhamma
Voyant clairement ce monde et l'autre,
Les choses désirables ne charment pas l'esprit,
Et les désirables ne causent aucune résistance.

Son acceptation
et son rejet sont éparpillés,
Allés à leur fin,
Ils n'existent pas.

Connaissant l'état sans poussière et sans chagrin,
Il discerne correctement
Il est allé, au-delà du devenir,
Jusqu'à l'autre rive.

source : canonpali



jeudi 31 janvier 2008

Douleur et Méditation




* Pour en savoir plus, cliquer sur les mots surlignés en bleu


Remarques préalables :

J'ai déjà évoqué, à plusieurs reprises dans ce blog, le thème de la "douleur " pendant et après la méditation.

En observant la douleur, nous allons apprendre à la connaître mais surtout pas à la combattre.

Si nous méditons dans le but de faire disparaître la douleur nous avons perdu d'avance.

La douleur est un phénomène comme un autre, qui peut-être mental ou physique et à ce titre nous l'observons comme tous les autres phénomènes, qu'ils soient agréables, désagréables ou neutres.

L'observation doit conduire à la compréhension des phénomènes ou "objets" d'observation.

En observant la douleur, avec beaucoup de patience, grâce à
vipassana , on finira par voir ce qu'elle est réellement : la douleur est dukkha, anatta et anicca

1- La douleur est dukkha:
Elle provoque de la souffrance, de l'insatisfaction ect..

2- La douleur est anatta:
Ce n'est pas "notre douleur", en ce sens qu'elle apparaît et disparaît sans notre intervention, elle ne nous appartient pas. Il ne suffit pas de dire: " je" ne veux pas avoir mal, pour ne plus avoir mal..

3- La douleur est anicca :
Elle est
impermanente : elle change d'endroit, elle est limitée à une certaine durée, elle varie d'intensité, elle disparaît puis reviens,

En observant la douleur de manière attentive nous verrons très clairement ces trois caractéristiques.


"Vouloir que la douleur disparaisse", c'est finalement la même chose, le même processus que; "vouloir qu'une sensation "agréable" apparaisse ou reste".
L'aversion et le désir c'est la même chose : désirer que quelque chose s'arrête ou désirer que quelque chose arrive c'est toujours du désir. Les deux sont causes de souffrance ( c'est la 2e
Noble Vérité)

La douleur ( physique et morale ) est au centre de l'enseignement du Bouddha, elle fait partie de la
Première Noble Vérité découverte par le Bouddha et qui est, plus largement : dukkha

Une fois de plus, nous voyons que tout est lié dans le Bouddhisme.


La méditation sans la douleur n'existe pas, et plus vous ressentez de la douleur, plus vous avez de chance de progresser car vous avez un objet d'observation "magnifique".
Je veux dire par là, que nous pouvons apprendre énormément de la douleur et que de cet "apprentissage", basé essentiellement sur son observation attentive peut naître la "claire compréhension".

Pour observer la douleur nous devons avoir de la compassion : si nous nous énervons contre elle, si nous éprouvons de l'aversion et de la peur, elle augmentera.
Nous devons alors observer cet état d'esprit, l'état d'esprit dans lequel nous sommes quand nous observons la douleur.


La douleur nous permet d'observer plusieurs choses : la douleur physique d'une part et les sensations corporelles qu'elle provoque, mais aussi notre état d'esprit à son encontre, ce qu'elle provoque sur notre mental.

Lorsque vous éprouvez des douleurs durant la méditation au lieu de vous lamentez, réjouissez vous car vous allez pourvoir observer toutes ces choses.
Sinon observer au moins votre état d'esprit entrain de se lamenter..
Il y a toujours quelque chose à observer grâce à la douleur..

(Bien évidemment cela ne veut pas dire que si la douleur est liée à une maladie, nous ne devons pas la soigner)

Kathy



Ci après, des extraits d'un enseignement : "Le développement de la vision intérieure", donné par Achaan Naeb, nonne thaïlandaise née au début du siècle.






Achaan Naeb commence généralement par demander aux visiteurs de s'asseoir confortablement, puis de ne plus bouger. Bientôt, naturellement, l'un des visiteurs change de position. « Arrêtez, ne bougez pas. Pourquoi bougez-vous ? Attendez pour bouger. » L'enseignement d'Achaan Naeb s'adresse naturellement à la source de souffrance la plus évidente : notre corps. Si nous nous contentons de rester assis, en essayant de ne pas bouger, la douleur apparaît puis augmente, et nous voulons changer de position. La plupart des actions que nous accomplissons dans la journée se déroulent selon le même schéma.
Jack Kornfield - Dharma Vivant


Être attentif à la douleur


Si le méditant est attentif à une position, celle-ci doit tôt ou tard devenir douloureuse.

Lorsque la douleur apparaît, il doit être attentif à la douleur sans tenter de la faire disparaître. Il en est de même en ce qui concerne l'attention portée à l'esprit qui vagabonde. Si nous nous concentrons sur la douleur pour supprimer la douleur, le désir s'installe et remplace l'attention à l'objet.

Le facteur mental correct pour la voie moyenne de l'équilibre mental est absent, car notre conscience est tournée vers un sentiment de plaisir ou d'aversion. Vouloir que la douleur disparaisse est encore une marque d'attachement. Et lorsque nous éprouvons un sentiment de déplaisir parce que la douleur n'a pas encore disparu, nous ressentons de l'aversion.

Si la douleur disparaît comme nous l'avions souhaité, nous voici encore davantage soumis à l'attachement, et telle n'est pas la bonne pratique : nous ne percevons pas l'objet « présent » puisque nous nous projetons dans le futur. Nous nous écartons alors de la voie moyenne.
Nous constatons qu'il n'est pas facile d'atteindre à l'équilibre de cette voie.

C'est pourquoi il est essentiel de comprendre dès le départ ce dont il s'agit. Nous devons réaliser que la vision intérieure ne dépend pas seulement de nos efforts ou de l'intensité de notre concentration, mais aussi de la justesse de la prise de conscience.

Si nous ne parvenons pas à ce type de prise de conscience, quels que soient nos efforts de concentration, nous ne parviendrons pas à la sagesse. (...) Si vous avez la juste perception et la juste compréhension, vous pouvez méditer en tous lieux sur la « réalité présente » (ce qui existe indépendamment de nos désirs).


Réaliser la nature de la souffrance

Pourquoi devons-nous être attentifs à notre posture ? Pour pouvoir réaliser la nature de la souffrance. (...)

Lorsque nous changeons de position, si nous n'avons pas conscience du fait que la posture précédente était pénible, la nouvelle posture peut dissimuler la réalité de la souffrance.

Nous devons donc toujours être sur le qui-vive et utiliser notre sagesse pour comprendre la raison de ce changement de position. Si nous découvrons cette raison avant de changer, la nouvelle posture ne dissimulera pas la réalité de la douleur.

Si nous sommes toujours conscients de la posture, nous nous apercevons que la douleur n'apparaît qu'après un certain temps, et que ce n'est qu'à ce moment-là que nous souhaitons changer de position.

Lorsque nous souffrons dans une posture donnée, nous n'aimons pas cette posture, et lorsque nous n'aimons pas cette posture, parce qu'elle est inconfortable, tout désir de l'adopter disparaît. Lorsque le désir de l'adopter disparaît, il se peut que l'aversion vienne prendre la place du goût que nous éprouvions initialement pour elle. Lorsque l'aversion envahit l'esprit, le désir s'attache aussitôt à une nouvelle posture, parce qu'elle paraît confortable.

Nous constatons donc qu'il y a de l'attachement ou de l'aversion attachés à toutes les positions. Cependant, la plupart du temps, le méditant ne reconnaît pas cela. Pour être conscient d'une position, il doit comprendre que, avant d'en changer, il doit savoir à tout moment la raison pour laquelle il doit procéder à ce changement. Si nous ne connaissons pas la cause de ce changement, nous ne pouvons pas reconnaître la douleur en tant que douleur.


Souffrance et impermanence

Envisageons maintenant la question sous un autre angle.

Est-il possible d'adopter une position et de ne jamais en changer ? Naturellement, la réponse est non. Même si nous ne voulons pas en changer, nous y sommes obligés.

Auparavant, nous disions que nous nous asseyions parce que nous voulions nous asseoir, ou nous nous tenions debout parce que nous voulions être debouts. Mais pouvons-nous dire maintenant que nous voulons changer de position parce que tel est notre souhait ? Nous pouvons dire maintenant que nous changeons de position à cause de la douleur, parce que nous sommes mal à l'aise. (...)

Nous devons maintenant comprendre pleinement les raisons pour lesquelles nous sommes contraints à changer de position. Est-ce uniquement à cause de la douleur ? Si nous répondons que nous changeons pour nous sentir plus à l'aise, cette réponse est fausse, car elle fait appel à une distorsion de l'idée de bonheur.

La réponse juste est que nous bougeons pour éliminer la douleur, et non pour être heureux. Et si nous ne comprenons pas bien pourquoi nous changeons de position, les états mentaux négatifs se manifestent immédiatement.

Si les changements de position sont destinés à éliminer la douleur, cela revient à dire que nous devons sans cesse remédier à une situation mauvaise. C'est comme si nous devions prendre des médicaments en permanence. Comme si nous étions en train de soigner une maladie. Or nous ne considérons pas comme le bonheur le fait de se soigner.

Il est facile de constater la douleur dans une posture que nous tenons depuis un certain temps, mais cela devient plus difficile dans la nouvelle posture adoptée. Mais la sagesse nous permet de le faire. Sans la sagesse, le désir se manifeste sans cesse.

C'est pourquoi nous devons être capables de reconnaître la souffrance dans la nouvelle posture. Comment ? En réalisant que nous avons changé de posture à cause de la douleur, nous sommes forcés de comprendre que la douleur est présente dans toutes les postures.

Etre assis devient douloureux, se tenir debout devient douloureux, et c'est pourquoi nous changeons.

Toutes les postures deviennent douloureuses à un moment donné, et c'est pourquoi nous changeons. (...) Nous comprenons alors que ce que nous appelons le bonheur finit toujours pas disparaître. La sagesse est ce qui permet de comprendre que la douleur est inhérente à toutes les formations de l'esprit et de la matière.
(...)

Pour information : La version intégrale de cet enseignement de Achaan Naeb, a été publié dans le livre de Jack Kornfield « Dharma vivant »

  •  Lire la version intégrale : "Le développement de la vision intérieure" sur Vivre le dhamma : ICI

mercredi 30 janvier 2008

La Guérison du corps et du cœur...





Périls et Promesses de la Vie Spirituelle de Jack Kornfield


Extraits du chapitre : Une Guérison nécessaire


Plan de ce message :
  • La Guérison du corps
  • La guérison du cœur
  • La guérison du mental
  • Méditation guidée : Développer l'attention qui guérit


(...)

LA GUÉRISON DU CORPS


La séance de méditation commence souvent par des exercices qui ont pour but de nous amener à être conscients de notre corps ; cette conscience est particulièrement importante dans une culture comme la nôtre, qui néglige la vie physique et instinctive.(...)


(...) En méditation, nous avons la possibilité de ralentir notre fonctionnement et d'accueillir tranquillement ce qui apparaît.

Quand nous sommes activement conscients, nous pouvons cultiver l'intention de nous ouvrir sans résistance aux expériences physiques, d'habiter réellement notre corps, ce qui nous permettra de ressentir plus clairement ses plaisirs et ses douleurs.


Nous ne savons pas observer la douleur

Notre conditionnement nous ayant appris à éviter et à fuir la douleur, il s'ensuit que nous la connaissons mal.

Pour guérir le corps, nous devons étudier cette douleur. Si nous nous penchons avec attention sur nos maux physiques, nous allons remarquer qu'il en existe plusieurs sortes.(...)

(...)La plupart du temps, le genre de douleur qu'on rencontre au cours de l'attention méditative n'est pas le signe de problèmes médical. Ce sont des manifestations physiques douloureuses de nos refoulements et de nos crispations aux plans psychique, physique et spirituel (...) Ce sont les régions du corps qui se sont contractées maintes fois dans des situations éprouvantes afin de nous protéger des inévitables difficultés de l'existence.

(...)


LA GUÉRISON DU CŒUR


De même qu'on permet au corps de s'ouvrir et qu'on le guérit en percevant ses rythmes et en l'entourant d'une attention profonde et bienveillante, on peut ouvrir et guérir d'autres dimensions de son être.

Le cœur et les émotions connaissent un processus de guérison similaire lorsqu'on leur offre notre attention afin de découvrir leurs rythmes, leur nature, et leurs besoins.


Ouvrir son cœur consiste à s'ouvrir aux souffrances occultées

La plupart du temps, ouvrir son cœur consiste tout d'abord à s'ouvrir aux souffrances occultées que l'on a accumulées pendant toute une vie - Tant les souffrances personnelles que les souffrances universelles de la guerre, de la vieillesse, de la maladie et de la mort. (...)

(...) Le plus souvent, les blessures les plus intimes, le sentiment d'abandon, la douleur sont ressentis comme des larmes retenues. Les bouddhistes parlent d'une mer de larmes humaines plus vaste que les quatre grands océans.

Lorsqu'on prend la place qui est la nôtre et que l'on cultive l'attention méditative, le cœur s'offre tout naturellement à la guérison. Le chagrin des souffrances et des espoirs anéantis, retenu en nous si longtemps, s'exprime alors.

Nous pleurons sur nos traumatismes passés et sur nos peurs présentes, sur toutes les émotions que nous n'avons jamais osé ressentir consciemment.(...)
La souffrance liée à la petite enfance et à la famille, blessures liées au père ou à la mère, la solitude, tout mauvais traitement physique ou sexuel, tout cela est emmagasiné dans notre cœur. (...)

(...) Refus de la réalité, colère, sentiment de perte ou de chagrin, ce travail sur la douleur engendre un profond renouveau.(...)



LA GUÉRISON DU MENTAL



Nous ne contrôlons pas nos pensées

(..) Lorsque nous observons nos pensées durant la méditation nous réalisons que nous ne les contrôlons pas (...)

La source même des mouvements du mental est l'insatisfaction (...)

(...) La nature dualiste de la pensée constitue une des causes de notre souffrance (...)


La guérison de l'esprit s'opère de deux manières:

On porte d'abord son attention sur le contenu des ses pensées et on apprend à les canaliser plus habilement en faisant appel à une réflexion lucide (...)
Si nous voulons que ces conflits soient guéris, nous devons cesser de nous identifier à eux (...)

Dés lors que nous comprenons que la nature même du mental est de penser, de diviser, de faire des projets nous sommes capables de nous libérer de la puissante emprise de son séparatisme et de nous établir paisiblement dans le corps et dans le cœur (...)


Au delà des pensées il y a un silence doux et apaisant

Lorsque nous allons au delà de cette effervescence de la pensée, nous découvrons un silence doux et apaisant (...)

(...)




MEDITATION GUIDÉE: Développer l'attention qui guérit


Asseyez-vous confortablement et tranquillement. Laissez votre corps se détendre. Respirez doucement.

Abandonnez toutes vos pensées, passé, avenir, souvenirs, projets. Contentez-vous d'être présent.

Laissez parler votre précieux corps afin qu'il vous révèle lui-même les endroits qui ont le plus besoin de guérison.

Permettez aux douleurs, aux tensions, aux maladies, aux blessures physiques de se manifester. Portez à ces endroits douloureux une attention délicate et bienveillante. Lentement, consciencieusement, ressentez leur énergie physique.

Observez ce qu'ils renferment dans leur profondeur - pulsations, élancements, tension, picotements, sensation de chaleur, contraction, irritation, mal diffus, tout ce que nous rangeons sous le nom de douleur.

Prenez le temps de les ressentir pleinement, de les envelopper d'une attention réceptive et bienveillante.

Ensuite, devenez conscient de la région du corps qui entoure ces points douloureux. Notez calmement les contractions ou crispations éventuelles ; respirez légèrement et laissez-les se détendre.

Puis, de la même manière, prenez conscience d'une aversion, d'une résistance éventuelle de votre esprit. Constatez son existence avec la même attention paisible, sans refus, en lui permettant d'exister telle qu'elle est et de se détendre quand bon lui semblera.

Observez maintenant les pensées et les peurs qui accompagnent la douleur que vous explorez : "ça ne passera jamais", "c'est insupportable", "je ne mérite pas ça", "c'est trop difficile", trop compliqué, trop profond", etc.

Offrez à ces pensées une attention bienveillante pendant quelque temps, puis revenez doucement à votre corps physique.

A présent, laissez votre conscience s'approfondir et s'adoucir. Ressentez à nouveau les différentes zones qui entourent l'endroit douloureux et permettez à chacune d'elle, à mesure qu'elle se relâche, de se déplacer, de s'intensifier ou de se dissoudre à son gré.

Penchez-vous sur votre douleur comme sur un enfant que vous voudriez doucement réconforter, la tenant toute dans une attention tendre et rassurante. Envoyez doucement votre respiration à l'intérieur de cette douleur, acceptant tout ce que vous voyez avec une bonté apaisante.

Continuez cette méditation jusqu'à ce que vous vous sentiez relié à toutes les parties de votre corps qui réclament votre attention, jusqu'à ce que vous vous sentiez en paix.

A mesure que cette attention thérapeutique se développe, vous pouvez la diriger régulièrement vers des régions particulières de votre corps affectées par une maladie ou une douleur. Vous pouvez ensuite explorer ce corps pour voir s'il réclame la même douceur de votre attention en d'autres points.

De la même manière, vous pouvez porter une attention thérapeutique à des blessures psychiques profondes. Le chagrin, le regret, la rage, la solitude, la peine peuvent tous être ressentis en premier lieu dans le corps.

Une attention délicate et bienveillante vous permettra d'aller au cœur de ces blessures. Demeurez tranquillement avec elles. Au bout de quelque temps, respirez doucement et ouvrez votre attention à chaque zone de contraction, d'émotions et de pensées qui accompagne ces blessures.

A la fin, vous pouvez laisser tous ces mouvements se calmer à leur tour, comme si vous réconfortiez doucement un enfant, en acceptant tout ce qui est, jusqu'à ce que vous vous sentiez en paix.

De cette manière, vous pouvez prendre soin de votre cœur, aussi souvent que vous le souhaitez.

Souvenez-vous que la guérison de votre corps est déjà là ; elle n'attend que votre attention compatissante.

(...)

  • D'autres enseignements de Jack Kornfield sur ce blog : ICI

Remarques:

  • Pour tous les "Extraits de livres" publiés dans ce blog, j'ai utilisé un scanner (Voir liste des livres ICI )
  • VOIR tous les "Extraits de livre" publiés sur ce blog (21 à ce jour) ICI

mercredi 5 septembre 2007

Savoir observer et accepter la douleur et les sensations désagréables



Vous trouverez ci après :


1) des Extraits de l'Enseignement du Vénérable U Pannathami , à propos des sensations désagréables
Enseignement donné au cours de la retraite intensive vipassana de juin 2007.
Récit de la retraite

2) Expérience personnelle de l'observation de la douleur

3) Stratégie pour gèrer la douleur par Sayadaw U Pandita ( extraits de son livre "Dans cette même vie"

4) La concentration

5) La seconde flèche

6) Autres messages de ce blog sur la douleur




1) Extraits de l'Enseignement ou "dhamma talk" du Vénérable U Pannathami

En posture assise, le méditant va commencer par expérimenter les sensations désagréables. Plus il sera attentif, plus il verra ces sensations clairement. Il verra des torsions, des pulsions, des picotements.

Si on ne pratique pas vipassaná, on recherche le confort et si une sensation désagréable se manifeste, on change de posture sans être attentif. Ceci veut dire qu'on ne comprend rien, qu'on ne sait rien de la nature des sensations.

Lorsque l'on pratique en posture assise, pour comprendre la véritable nature des sensations, on doit rester immobile car si on bouge souvent, on ne peut pas développer l'attention.
Sans attention, la concentration ne va pas s'approfondir. Sans concentration, vous ne verrez pas les choses telles qu'elles sont réellement.

C'est pour cela qu'en posture assise, on doit maintenir le dos bien droit et avoir les jambes croisées, sans changer de position, alors tôt ou tard, les sensations désagréables vont
se manifester.
Vous ressentirez de la fatigue dans le dos parce que vous n'avez pas l'habitude de rester assis dans cette posture sans bouger, pendant une heure.
Vous aurez également des douleurs dans la région des fesses, des chevilles, des jambes.
Vous ressentirez à tous les points de contact de la dureté.
Tout cela ce sont des sensations douloureuses.

Au début de la séance, ces sensations ne sont pas très claires, vous ne les sentirez même pas, c'est pourquoi vous choisissez d'observer les mouvements de soulèvements et d'abaissement de l'abdomen comme objet primaire.

Mais, dès que ces sensations douloureuses vont s'intensifier et devenir claire, vous devez les prendre comme objets primaires d'attention et abandonner l'abdomen.

Vous aurez besoin de beaucoup d'énergie mentale pour faire face à la douleur. Vous devrez l'observer attentivement et le plus longtemps possible. Lorsqu'elle va devenir très forte, il est même possible que vous capituliez et que vous changiez de position sans attention. Vous ne vous êtes pas montré suffisamment patient.

C'est pour cette raison qu'on recommande toujours aux méditants de faire preuve de patience, vis-à-vis de la sensation désagréable. Si vous avez de la détermination, vous arriverez tôt ou tard à surmonter la sensation désagréable.

Si vous arrivez à rester immobile pendant une heure, malgré les sensations désagréables, la confiance va commencer à apparaître en vous. Vous vous direz : « je pensais que je ne pourrais jamais y arriver, mais pourtant j'y suis arrivé ». À la séance suivante, la sensation douloureuse ne vous affectera plus autant. Vous commencez à vous familiariser avec elle.

Au début, vous ressentez une sensation douloureuse, sans plus. Mais lorsque vous devenez capable de maintenir votre attention, vous allez voir que la douleur peut se transformer
en une autre sensation; en chaleur, en picotement, en dureté, et cela change de place. Et si vous êtes très courageux et que vous observez avec beaucoup d'attention, vous pourrez voir de plus en plus de sensations douloureuses différentes les unes des autres.

Pourquoi êtes-vous devenu capable de voir tout cela ; parce que vous observez très attentivement la sensation douloureuse.

Comprendre la nature des sensations cela ne veut pas dire qu'il faille qu'elles disparaissent. Qu'elles disparaissent ou qu'elles ne disparaissent pas n'a pas beaucoup d'importance. Le Bouddha nous dit : ce corps est souffrance; et vous le réalisez maintenant, directement par vous-même, dans votre propre corps. Ceci c'est la sagesse.Ce qui est important c'est de comprendre la nature, et vous avez dorénavant une certaine compréhension de la nature des sensations douloureuses.

C'est cela le bénéfice que l'on obtient, par l'observation attentive des sensations douloureuses.

Si vous avez une bonne concentration, vous allez apprécier ce type de sensations, vous allez même aimer avoir des sensations douloureuses, parce qu'elles vous permettent d'avoir une bonne méditation.

Lorsque l'esprit sera capable d'une forte attention et d'une forte concentration, même si il est assis sans coussin, à même le sol, le méditant se sentira très à l'aise et très confortablement installé. Il ne sera même pas à quel endroit se manifeste la sensation douloureuse. Il ressentira la sensation douloureuse à l'état pur.

Nous devons comprendre que nous sommes des puthujjana; des êtres ordinaires, des êtres non illuminés. Nous avons encore en nous lobha (l'avidité) et nos esprits sont confus. Nous avons des vues fausses. Mais si nous pratiquons la méditation vipassaná de façon assidue, comme je l'ai expliqué, en pratiquant les quatre établissements de l'attention, nous allons être capable
d'observer les sensations à l'état pur. Nous aurons alors, dépasser les concepts.

En revanche, si nous ne pratiquons pas ainsi, lorsque nous ressentirons une sensation
douloureuse nous allons réagir en nous disant, par exemple :
« J'ai si mal au dos » ou : « mon genoux me fait mal », nous n'aurons alors pas encore réussi à éliminer le concept. Le concept c'est la forme, comme : le dos, la main, la jambe, cette personne, moi, lui.

Donc, si vous arrivez à observer la douleur avec attention, vous aurez laissé de côté la forme et vous expérimenterez simplement une sensation, vous aurez surmonté le concept.
Vous comprendrez alors les paroles du Bouddha.

Le Bouddha a parlé de la Noble vérité de dukkha. Il a dit que l'attachement aux cinq agrégats est souffrance. À moins d'avoir atteint l'état d'arahanta (libre de tout attachement et de toute souffrance), il n'est pas possible de ne pas avoir d'attachement pour le corps et l'esprit.
Les êtres ordinaires sont très attachés à leur corps et à leur esprit.

En posture assise, suivre les mouvements de soulèvement et d'abaissement de l'abdomen, c'est rúpa khandhá (l'agrégat ou groupe de la matière). Le fait de noter les mouvements de l'abdomen, c'est viññána khandhá (le groupe de la conscience).
Les êtres ordinaires ; les puthujjana sont attachés aux cinq khandhá (agrégats).

Lorsque vous pratiquez vipassaná, vous devez être patient et faire de puissants efforts. Mais si vous êtes très sensible à la douleur, si vous avez peur d'avoir mal, vous ne pourrez pas facilement rester assis immobile. Votre esprit sera très
agité parce que vous avez peur.

Les douleurs vous apparaissent alors plus fortes qu'elles ne le sont en réalité.
Mais vous voulez comprendre le dhamma, vous voulez progresser dans votre méditation. Vous devez donc écouter et suivre les recommandations du Bouddha. Il nous demande de faire preuve de patience, sans patience, il est impossible de progresser.

Lorsque la douleur va se manifester, il faut l'observer attentivement il ne faut pas changer de posture et essayer de rester calme. Si vous arrivez à faire cela, tôt ou
tard vous comprendrez la nature des sensations désagréables. Même si la douleur ne disparaît pas au moment où vous l'observez, vous aurez compris sa nature.

La nature de la sensation désagréable c'est d'augmenter d'intensité, puis de diminuer d'intensité. Parfois, elle fini par disparaître.

Mais pour voir que la sensation désagréable disparaître, il faut que l'attention soit déjà très développée.
Ceci n'est pas possible au début. Parfois vous verrez que cette sensation désagréable change de place, qu'elle se transforme. Plus votre attention est développée, plus vous comprenez la nature de la sensation douloureuse: c'est la
compréhension.

s'il y a des douleurs qui se manifestent en vous, cela va affecter votre esprit. Vous essayez de ne pas bouger, de ne pas changer de posture. Vous observez attentivement cette sensation douloureuse, mais petit à petit la colère s'infiltre dans votre esprit, le mécontentement, le ressentiment.

Il y a toutes sortes de choses qui peuvent se manifester dans votre esprit à cause de cette sensation désagréable, surtout lorsqu'elle s'intensifie. Vous devez alors prendre cet état
d'esprit comme objet d'attention, vous devez l'observer ; puisque le principe de base de vipassaná, c'est d'observer tout ce qui se manifeste dans le corps et dans l'esprit.

Vous devez observer les états d'esprit qui apparaissent à cause de cette sensation douloureuse,
comme: l'inquiétude, la colère, le mécontentement. Alors vous les verrez s'atténuer progressivement et peut être même disparaître selon le degré d'intensité de votre attention.

La douleur va peut-être également disparaître et vous pourrez alors expérimenter la disparition de la douleur. Si vous réussissez à voir disparaître la sensation désagréable, la joie va se manifester en vous.

Les yogis qui ont réussi à observer la douleur avec beaucoup d'attention et qui ont réussi à la surmonter expérimentent un confort et un bonheur indescriptibles. « C'est incroyable » se disent ils. Ils ont expérimenté la disparition de la sensation douloureuse grâce à leur attention. Ils se sentent alors très à l'aise lorsqu'ils méditent. La posture est très confortable. Le confort qu'ils expérimentent après avoir surmonté la sensation désagréable est très agréable. Ils sont très calmes et très paisibles et ils ne désirent plus arrêter leur pratique.

Un yogi qui a réussi grâce à son attention, à surmonter les sensations douloureuses, va réussir à voir très clairement tout ce qui se passe en lui. Il va se souvenir plus facilement de certaines choses et il n'observera pas qu'une seule sensation, il sera capable d'observer des sensations dans le corps tout tout entier et dans son esprit. Tout cela parce que son attention est devenue très forte. Il a réussi à surmonter les douleurs, les engourdissements et il sait comment gérer ces sensations désagréables.

Dorénavant il se dit que la douleur est son amie. Il n'en a plus peur tout simplement parce qu'il a réussi à lacomprendre.

Mais le yogi n'aura qu'une seule chose en tête à la séance suivante : retrouver la même qualité de méditation. Mais les douleurs vont probablement revenir, alors il est déçu.

Essayez de ne rien espérer, de ne rien rechercher, de ne rien attendre. Mais cet état d'esprit est très difficile à maintenir en général. Si cet état d'esprit se manifeste en vous, vous
devez immédiatement l'observer. Le yogi doit observer tout ce qui se manifeste en lui.

Les yogis qui pratiquent de façon assidue et qui observent et notent les sensations douloureuses de manière attentive, vont réussir à surmonter toutes les difficultés.

On pourrait penser que la pratique des quatre établissements de l'attention est quelque chose de facile. Mais dès que nous aurons compris de quoi il s'agit réellement, nous ne penserons plus de la même façon.
Une fois que nous pratiquons réellement nous pouvons constater que c'est très difficile.
Le méditant a tant de douleur qu'il voudrait arrêter....

Le méditant qui a réussi à surmonter ces difficultés, va commencer à ressentir des sensations
agréables lorsqu'il sera en posture assise. Il expérimentera alors sukha vedaná (sensation de bonheur).....




2) Expérience personnelle

Lorsque j'ai rencontré le dhamma et commencé la pratique , je souffrais depuis des années d'une hernie discale cervicale. La douleur était si forte que je n'arrivais plus à dormir.

En 1999 j'ai déjà été opérée d'une hernie discale lombaire, il s'agissait donc pour moi d'une deuxième opération du rachis, mais cervicale cette fois.

Une opération avait été fixée et je me disais que cette opération et l'arrêt de travail qui s'en suivrait me permettrait d'avoir plus de temps pour la pratique.

Je me rendais régulièrement à des sessions d'étude et méditation dans la tradition de l'école de la Forêt, mais également à des sessions
vipassana dans la tradition Mahasi.

J'effectuais des retraites vipassana de 2 jours seulement, à cause de la douleur.

Chez moi je méditais quotidiennement 2 heures le matin très tôt et 1 heure le soir.

Puis, j'ai commencé à observer ma douleur : une douleur fulgurante à la base du cou et dans tout le bras (douleur classique de la hernie discale cervicale).
Au début, Cette douleur s'intensifiait, dés que je l'observais et c'était intenable.

Je ne pouvais pas m'assoir en lotus alors je prenais une chaise et les jours où la douleur était trop forte, je méditais en position allongée.

Je ne sais toujours pas pourquoi mais progressivement la douleur s'est atténuée pour disparaître complètement, de telle sorte que l'opération a été annulée.

Il n'y a rien de miraculeux et c'est sans doute liée au fait que j'ai dû, relâcher toutes mes tensions, durant la méditation, même si le but de la méditation n'est en aucun cas la relaxation.


Tout ça pour dire que
l'observation de la douleur peut avoir, parfois, des effets bénéfiques.



Extrait de mon
Récit 2e jour:

J'ai rencontré trois sortes de douleurs durant la méditation assise:

1-Les douleurs dites méditatives, qui sont liées à la position (on est pas habitué à rester en demi lotus ou jambes croisées, pendant 1 heure), ce sont les plus nombreuses, mais les plus faciles à observer et à noter. Une fois la méditation assise terminée il peut rester quelques " courbatures", mais c'est très supportable.

2-Les anciennes douleurs (qui sont liées à des maladies ou handicaps anciens ou même très anciens). Ces anciennes douleurs reviennent à votre conscience. Elles cessent dès que la méditation assise est terminée.

3-Les douleurs liées à des maladies ou handicaps actuels: Et bien curieusement, je n'ai pratiquement pas ressenti de douleur liées à des maladies actuelles comme mon hernie discale cervicale.

J'ai pu observer de manière très claire la peur et l'inquiétude qui accompagnent souvent les douleurs. La peur et l'inquiétude augmentent considérablement la sensation de douleur



Extraits de mon
Récit 5e jour:

Maintenant j’arrive à ACCUEILLIR de manière calme, les sensations désagréables (de toute manière ce serait peine perdue de vouloir les fuir ,) et le bruit qui me gênait au début fait partie de ma méditation.
Il m’arrive d’avoir une sensation de bonheur intense , de paix intérieure mais qui ne dure pas : tout est "impermament", je peux le voir par moi même.

C’est à partir du cinquième jour que sont venues s'ajouter, en plus des douleurs dites "méditatives”, des douleurs provenant d'anciennes maladies ou traumatismes.

Pour les douleurs liées à la position assise (donc douleurs dites "méditatives"), je commence à les observer de manière plus détachée : Certaines douleurs sont des « engourdissements », d’autres des « crampes » ou encore des « fourmillements ». Je fais bien la différence entre les différentes douleurs.
J'essaie de porter toute mon attention sur le centre de la douleur, d'observer son étendue, sa forme. Parfois j’observe de la chaleur, d’autres fois je peux observer clairement que la douleur augmente ou diminue. Mais je n'ai pas encore réussi à voir la douleur disparaître au moment où je l’observe et la note.
Toutefois, il m'est arrivé de réaliser que la douleur a changé de place et d'intensité, mais je n'ai pas encore réussi à observer le changement, au moment même où il se produit.

J'observe aussi mon état d'esprit par rapport à la douleur. La douleur peut provoquer de la peur, de l'angoisse ou de l'inquiétude. J’observe alors la douleur physique (objet physique) mais également mon état d’esprit. (objet mental). Et si en plus d’observer, je note, j’observe mon esprit qui note (objet mental). Il y a alors trois objets observés : la douleur, l’état d’esprit et l’esprit qui note.

Lorsqu'une douleur est observée de manière attentive, ce n'est plus qu'une douleur, qu'un objet physique à observer parmi d'autres. Mais, à partir du moment où l'observation cesse ou devient superficielle, la douleur reprend le dessus.
Parfois je réalise que mon observation est devenue superficielle et cela devient un nouvel objet à observer. Je m’observe entrain d’observer de manière trop superficielle. C’est incroyable le nombre d’objets que l’on peut observer lorsque l’on est attentif. Cette observation devient alors une véritable souffrance et vous réalisez, une fois de plus, que le bouddha a raison lorsqu’il dit que le corps est dukkha.



Extraits de mon
récit 8,9 et 10e jours:

La douleur est devenue, au fil des jours, un objet très présent. Si les premiers jours, elle n’apparaissait que vers la fin, depuis quelques jours la douleur apparaît très peu de temps après le début de l’assise, parfois elle est même présente dès le début de l’assise.

La douleur n’a pas changé, c’est mon attitude à son encontre qui a changé. Au lieu d’en avoir peur, je la considère comme quelque chose de bénéfique car je sais que grâce à elle, je vais progresser dans la compréhension de sa vraie nature.

Je pense avoir commencé à observer que la douleur change non seulement d’intensité, mais de place, tout comme les démangeaisons.

Lors d’un entretien avec le Vénérable, j’ai expliqué que parfois, les démangeaisons changeaient si rapidement d’endroit, que je n’avais pas le temps d’observer l’envie de gratter et, effectivement, l’envie de gratter avait disparu, il ne restait que la démangeaison. Or, la démangeaison sans l’envie de gratter devient presque agréable, c’est l’envie de gratter qui est pénible, pas la démangeaison elle-même . J’avais alors l’impression que c’est le souffle du vent qui parcourait tout mon corps.

Avec la douleur c’est pareil, parfois il n’y a que la douleur, d’autrefois il y a la douleur plus l’envie qu’elle cesse (par exemple), ce qui fait deux objets à observer : un objet physique et un objet mental.

Quand la douleur est trop forte, j’expire mentalement au centre de la douleur : ainsi si la douleur est située dans le bas du dos, j’expire mentalement dans le bas du dos et j’observe cela sans faire de note mentale. Je ressens alors comme un souffle d’air froid à l’endroit exact où j’ai expiré mentalement, ce qui me permet de me relaxer, de me détendre pour mieux observer la douleur. C’est une technique empruntée à la relaxation, mais parfois il est utile d’arriver à se détendre, à se calmer pour être mieux à même d’observer les phénomènes.

Une autre attitude lorsque la douleur devient trop intense, je reviens à l’observation de l’abdomen.

Il m’est arrivé, au cours de ces derniers jours, d’observer la douleur comme si elle ne faisait plus partie de mon corps, c’est l’impression que j’avais lorsque je n’observais que la douleur physique sans la présence de la peur ou de l’envie que ça s’arrête.
Une fois de plus je ne trouve pas les mots pour décrire ce que j’ai observé à propos de la douleur.

Et puis chaque yogi ressent les choses différemment.

J’ai donc pu observer que la douleur varie d’intensité qu’elle n’est jamais constante, parfois on peut observer clairement ces changements d’autre fois moins. Lorsque la douleur change de place, c’est si rapide qu’on ne sait pas trop ce que l’on a vraiment expérimenté, c’est une impression étrange.


Mais attention tout de même de ne pas aller trop loin, je veux dire par là, qu'il vaut mieux méditer moins longtemps plutôt que de souffrir inutilement à cause de la position assise.

Personnellement ce n'est pas la méditation en elle même qui m'a fait souffrir, ce sont mes douleurs liées à mon hernie. Mais comme j'avais mal tout le temps, je n'avais pas "plus" mal durant les assises, simplement je voyais la douleur différemment.

En revanche, vouloir rester assis en lotus ou semi-lotus, alors que la position devient insupportable ne sert à rien. Ne pas bouger pour des petites douleurs, OK, mais si les douleurs deviennent insupportables, penser à vous lever tout doucement en étant attentif à vos moindres gestes.
D'où l'intérêt de la marche méditative entre deux assises.

La méditation ne doit pas devenir "souffrance", il faut savoir prendre soin de soi, éprouver de la compassion pour soi-même. On ne doit pas se faire violence.
Ici encore c'est une question d'équilibre.


Afin de faire la balance entre ce qui est supportable et ce qui ne l'est pas, je vous conseille de lire un article sur "
Méditation et douleur"à propos notamment du Zen : ICI
dont voici quelques extraits :


S'il est vrai que la douleur modifie notre rapport au monde - on pourrait la qualifier de soustraction, soustraction à son être, aux perceptions - elle ne peut conduire à l'état de samâdhi. Je parle bien entendu d'une douleur totale, envahissante, non les simples crampes qu'on ressent parfois. La confusion psycho-corporelle (qu'est-ce que le temps, qu'est-ce l'espace pour l'homme souffrant ?) qu'induit un corps douloureux va à l'encontre d'un état de tranquillité et d'apaisement. La méditation nous introduit à un nouveau rapport avec nous-même, essentiellement non-violent. La douleur, au contraire, est toute entière faite de violence. Violence contre soi, violence contre autrui. Dans de nombreux centres, elle est en fait le signe d'une contrainte, celle de la soumission au groupe. Une contrainte qu'on s'inflige mais surtout, puisqu'elle est consentie, que le groupe inflige. Elle implique le méditant dans une relation interactive. La douleur n'est pas juste une sensation, elle est avant tout signification. Ce point est rarement élucidé. Marquant la chair, la douleur matérialise l'appartenance des corps....

... N'oublions pas que la douleur n'est pas qu'une simple réaction physiologique. Les perceptions, les réactions, les manifestations de la douleur vont se modifier selon l'histoire personnelle, relationnelle et culturelle. "Même si le seuil de sensibilité est proche pour l'ensemble des sociétés humaines, le seuil dolorifère auquel réagit l'individu et l'attitude qu'il adopte dès lors sont liés essentiellement au tissu social et culturel.". A ma connaissance, il n'existe pas d'étude comparée sur le vécu méditatif des orientaux et des occidentaux mais on peut supposer que l'acuité, l'appréciation et l'intégration de la douleur dans un contexte japonais est largement différent du notre..

.... Ce qui ne veut pas dire qu'il faille arrêter de méditer à la moindre crampe, il s'agit plutôt d'apprendre à gérer ses difficultés. L'effort nécessaire doit trouver son juste milieu.







3) Stratégie pour gèrer la douleur, par U Pandita

La vision pénétrante de la véritable nature des phénomènes dépend directement du niveau de
concentration que nous aurons réussi à développer.
Plus l'esprit est concentré, plus il pénètre et comprend la réalité.

Ceci est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit de sensations douloureuses. Si la concentration est faible, l'inconfort qui est toujours présent en nous ne sera pas très clairement ressenti.
Mais lorsque la concentration commence à s'approfondir, la moindre petite sensation physique d'inconfort devient très claire comme si elle était agrandie, accentuée.

On pourrait dire, que les êtres humains souffrent bien souvent de myopie.

Avec les lunettes de la concentration le monde qui apparaissait flou ou brumeux et indistinct devient clair et précis. Ce ne sont pas les objets qui ont changé mais plutôt l'acuité de la vision. Lorsque vous regardez une goutte d'eau à l'oeil nu, vous ne voyez pas grand chose, mais si vous mettez un échantillon de cette eau sous un microscope, vous pourrez voir toutes sortes de choses..

Si au cours de votre méditation vous réussissez à mettre les lunettes de la concentration vous
serez surpris de voir comme les choses changent; ce qui vous apparaissait comme une sensation douloureuse solide et inintéressante va commencer à vous captiver.

Plus la concentration s'approfondit, mieux vous comprenez la douleur.Votre enthousiasme va encore grandir car vous verrez de plus en plus clairement que ces sensations douloureuses sont en état de flux permanent....





4) La concentration


...Le but principal de la méditation Vipassana consiste à surmonter les sensations désagréables. Lorsque le méditant y parvient, il a parcouru la moitié du chemin Vipassana.

Les méditants qui s’efforcent de surmonter les sensations douloureuses ont trois types d’attitude :

Ils pratiquent dans le but de faire disparaître les sensations désagréables
Ils adoptent une attitude agressive afin de se débarrasser de ces sensations désagréables
Ils méditent pour réaliser la nature intrinsèque des sensations désagréables

Si vous observez dans le but de faire disparaître les sensations désagréables, c’est parce que vous désirez être à l’aise et vous débarrasser de cette souffrance. Ce désir, c’est lobha, l’avidité. Mais si vous méditez, est-ce pour vous libérer de l’avidité ou pour l’accroître ?

Si vous adoptez cette attitude qui consiste à vouloir faire disparaître les sensations désagréables, lobha, l’impureté va surgir et chaque moment d’attention contiendra une impureté. Vous n’obtiendrez pas la vision pénétrante et vos progrès seront lents. Vous ne devez donc pas adopter cette attitude qui consiste à observer les sensations douloureuses dans le but de vous en débarrasser.

Le méditant qui adopte une attitude agressive, souhaitant se débarrasser des sensations désagréables a une attitude de haine, et s’il n’y parvient pas, le mécontentement et la colère se manifesteront. Si vous méditez, est-ce pour diminuer la colère et la haine ou pour les augmenter ? Vous méditez dans le but de les éradiquer et cette attitude rendra impossible le développement de la sagesse. Vous ne progresserez que très lentement. Cette attitude n’est pas non plus recommandée.

L’attitude correcte consiste à observer dans le but de comprendre la nature intrinsèque de la sensation douloureuse. Ce n’est qu’en percevant la nature intrinsèque des sensations qu’il est possible de voir les apparitions et les disparitions des phénomènes. Ce n’est qu’en percevant les apparitions et les disparitions des phénomènes qu’il est possible de voir anicca, l’impermanence, dukkha, la souffrance et anatta, le caractère incontrôlable des phénomènes. Et enfin, ce n’est qu’en percevant anicca, dukkha et anatta, qu’il est possible d’atteindre les réalisations les plus élevées.

Voilà pourquoi, lorsque vous observez les sensations désagréables, vous devez chercher à percevoir leur nature intrinsèque. Pour y parvenir, il faudra tout d’abord être patient. La patience est fondamentale, sans elle, il est impossible d’atteindre nibbana. Lorsque vous pratiquez Vipassana, essayez de rester calme. Votre seul devoir, c’est d’observer. Telle est l’attitude que vous devez adopter.

Lorsque la douleur s’intensifie, le méditant à tendance à se contracter. Il se tend à la fois physiquement et mentalement. Il ne faut pas laisser ceci se produire. Vous devez essayer de vous détendre un peu et porter votre attention sur la douleur; essayez de l’observer avec précision tout en cherchant à savoir à quel endroit précis elle se localise : est-ce au niveau de la peau ou est-ce dans la chair, est-ce plus profondément dans les os ?
Comment se manifeste-t-elle, quelle est son étendue ? Analysez tout cela tout en notant deux ou trois fois: « douleur ». Lorsque vous pourrez maintenir votre attention sur la sensation douloureuse et en analyser l’étendue, votre concentration aura atteint le niveau nécessaire pour réaliser la véritable nature de la sensation.

L’observation ne doit être ni superficielle ni trop rapide mais pénétrante de façon à en voir la nature changeante. Si vous maintenez votre observation, vous verrez peut-être la douleur atteindre un paroxysme pour ensuite commencer à diminuer d’intensité.

Le méditant qui poursuit sa pratique va encore approfondir sa concentration, et lorsqu’il notera la douleur, elle disparaîtra. La sensation désagréable sera surmontée par la conscience attentive. L’esprit ne sera plus perturbé. Vous aurez réussi à éliminer la tendance à l’aversion.

L’esprit est difficile à contrôler, il se pose où il veut et ne connaît aucune frontière. Il est possible de se rendre mentalement n’importe où. Il est possible de voyager en imagination et de nous rendre dans n’importe quel pays et personne ne peut nous en empêcher. Personne ne peut empêcher notre esprit de pénétrer dans son pays. Il n’existe aucune barrière qui puisse arrêter l’esprit.

La nature de l’esprit est d’apparaître et de disparaître très rapidement. A un moment, nous sommes heureux, l’instant d’après nous sommes tristes. Nous sommes joyeux maintenant, tout à l’heure, nous serons en colère. L’esprit réagit aux différents objets sensoriels et change rapidement. Il se pose où il veut. Il est difficile de le maintenir sur l’objet. Au début de la pratique, lorsque le méditant s’efforce de maintenir son attention, son esprit s’échappe constamment, il vagabonde ici et là. Il se retrouve parfois au supermarché, parfois au bureau, partout sauf là où il faut.

Il faut faire beaucoup d’efforts pour se concentrer. Nous devons nous motiver en pensant à la brièveté de la vie, à l’opportunité que nous avons de nous trouver dans le plan humain, ce qui est précieux et très rare et de la chance d’avoir accès aux enseignements du Bouddha. Nous devons méditer avec effort pour atteindre le Dhamma dans cette vie même. Sinon, nous pourrions reprendre naissance dans les mondes inférieurs où la souffrance domine et où les gens pleurent de désespoir et de remords.

En étant attentifs, nous nous protégeons des impuretés mentales -les kilesas- nous créons beaucoup mérites -de kusalas- que nous emporterons avec nous, et nous nous libérons de la souffrance.
source : vipassanasangha
Pour écouter ce texte sur la concentration, en entier au format MP3: ICI



5) La seconde flèche


Tout d'abord commençons par une histoire de la mythologie se rapportant à un homme qui volait et ensuite torturait ses victimes. Il les allongeait sur un lit et si la personne était trop petite, il tirait sur ses jambes jusqu'à ce que ses pieds arrivent au niveau des pieds du lit, et si la personne était trop grande, il coupait ce qui dépassait. La chance pour les victimes d'être à la bonne taille était très mince.

Ce mythe a un sens très profond. En fait, nous faisons comme cet homme dans la vie. Nous avons, nous aussi, des attentes très précises pour nous-mêmes et dans nos relations. Nous nous torturons nous-mêmes quand les choses ne correspondent pas à nos attentes.

Nous aimerions par exemple être heureux, ne jamais nous mettre en colère, mais ce n'est pas la réalité, car parfois nous sommes malheureux, parfois nous sommes en colère, parfois nous ne nous acceptons pas et parfois nous n'acceptons pas les autres. Nous sommes en fait rigides dans nos attentes.

Le Bouddha raconte également l'histoire d'un homme qui reçoit une flèche et ressent de la tristesse et de la colère parce qu'il a reçu cette flèche. Par conséquent, il ressent deux douleurs : une douleur physique et une douleur mentale. C'est comme si l'homme avait reçu une première flèche et immédiatement après une seconde flèche. Il éprouve la douleur de deux flèches.

De la même façon, nous nous torturons quand nous n'acceptons pas ce qui arrive ou que nous n'acceptons pas les autres. La seconde flèche atteint un endroit déjà blessé par la première flèche, ce qui augmente la douleur car lorsque l'on est touché au même endroit c'est pire.

La seconde flèche est quand on condamne ou qu'on juge. En fait, nous refusons tout simplement d'accepter la première flèche. Nous nous posons en victimes et nous lançons nous-mêmes la seconde flèche.

La rigidité par rapport à nos attentes engendre des désirs spécifiques et très précis. Nous désirons la réussite ou la reconnaissance, et nous nous torturons nous-mêmes. Nous nous créons des attentes et nous tentons de les réaliser. Mais il y aura inévitablement des échecs entraînant des tourments et de la peine.

Ceci n'est pas accepter les circonstances avec sagesse, car au lieu de regarder ce qui nous arrive objectivement, nous remuons le couteau dans la plaie.

Nous ne savons pas comment faire face aux blessures. En fait, il faut simplement observer les faits, regarder la réalité et non pas nos désirs.

Le Bouddha complète son histoire au sujet des deux flèches en imaginant que la personne ne reçoit pas la seconde flèche. Elle est touchée par une flèche et ne ressent aucune tristesse ou colère, elle ne se lamente pas. Elle ne souffre que d'une douleur : la douleur physique et non mentale.

Tout ceci se réfère à l'acceptation. C'est voir les choses telles qu'elles sont, sans rejeter, condamner, réagir. C'est seulement en acceptant que nous pouvons agir utilement.

L'acceptation n'est pas la passivité, c'est le point de départ de toute action sage. C'est comprendre que les choses sont comme ça, les reconnaître, ne pas se torturer à leur sujet, et de là, en tenant compte de la situation, l'action peut être juste. Nous pouvons agir efficacement et guérir notre souffrance et celle des autres. Nous ne rajoutons pas de la souffrance à celle qui existe déjà et nous laissons la paix se manifester.


Source : vipassanasangha
Ecouter ce texte au format MP3 : ICI



6) Autres messages de ce blog sur la douleur


  • La guérison du corps et du coeur : ICI
  • Douleur et Méditation : ICI